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Le Pacte VS L'Ordre
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 Dulce et exusta est mortis [ Gil ]

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Lëroya Palabré
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MessageSujet: Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Dim 17 Déc 2017, 02:59

Mal. J’ai mal.
J’ai tout le corps qui pulse au rythme de mon pouls qui s’amenuise peu à peu. J’essaye de respirer, mais je sens des bulles se former sur le coin de mes lèvres. Je veux prendre une inspiration, mais mes poumons protestent, j’ai envie de tousser, mais je n’ai plus  assez de forces. Un râle franchit ma bouche entrouverte.
J’essaye de voir où je suis. Ce qu’il y a autour de moi. Une plaine. Une immense plaine. Des herbes partout. Des herbes tachées de sang. Mon sang ? Je cligne des paupières. Même ça, ça envoie une onde de souffrance terrible dans toutes mes terminaisons nerveuses. Ma prochaine inspiration est toujours très hésitante, mais comme elle est moins profonde, c’est plus facile. J’ai toujours envie de tousser, mais mon diaphragme n’est pas du tout d’accord.

Je ferme les yeux. Comment j’en suis arrivée là déjà ?


* *

Je bondis sur le côté, évite une flagelle électrique de quelques millimètres seulement. Un cri aigu vient me vriller les tympans et me déséquilibre. Je dois rouler rapidement sous la masse énorme du Brûleur qui tente de m’atteindre… Puis de m’écraser sous sa masse.
Dans une dernière inspiration, je laisse la boule explosive se former dans ma gorge, avant de la cracher violemment sur le cuir plus fin du ventre du monstre. Il se remet à hurler, mais d’un son plus vibrant et qui fait moins mal aux oreilles ; je parviens à me dégager, mais alors que je me redresse sur mes pieds, me jette sur le côté pour éviter une autre flagelle… Un autre cri retentit derrière moi. Alors que j’ai le Brûleur dans mon champ de vision !

Mon sang ne fait qu’un tour dans mes veines. Je fais volte-face pour découvrir un autre monstre qui se précipite sur moi… Sur moi ou sur le Brûleur ? Je ne suis même pas sûre, mais il est presque deux fois plus grand que celui que je suis déjà en train d’affronter – et qui veut apparemment faire de moi son déjeuner.
Je prends une inspiration. Okay, il faut vraiment que je trouve une solution pour me sortir de ce merdier.

La bestiole que j’ai atteinte de ma Greffe est en train de couiner à cause du trou dans son ventre – et connaissant les boules de feu, ça a explosé dans son corps et sans doute fait pas mal de dégâts internes. Il faut que j’arrive à les mettre l’un contre l’autre et à me carapater.
Je passe ma langue sur mes lèvres. Il faut que je me concentre ; je sais que ça va être chaud, d’autant qu’ils viennent tous les deux de se tourner vers moi.

Une flagelle jaillit vers moi du plus petit des deux Brûleurs et je roule en arrière pour l’éviter. Sauf que je me prends les pieds dans une racine, ce qui coupe complètement mon élan. Ils sont là, sur moi. Je vais mourir, c’est sûr… Mais pas sans vendre chèrement ma peau !
Je tente de ramper précipitamment en arrière, mais c’est peine perdue. Les deux monstres se liguent contre moi, et je n’ai plus vraiment d’options.
Un coup électrique m’atteint violemment au milieu du dos, me paralysant une seconde. Je vois des dents s’approcher de moi et se refermer sur mon bras – toutes ces rangées de dents !! Je prends une inspiration, vite vite, que cette boule de feu se forme… Je crache avec les lèvres serrées pour donner une bonne impulsion, je vois la boule briser les dents de la créature qui est en train de m’entailler le bras gauche et je ferme le poing pour ne pas que…

HA BORDEL ÇA CRAME !
Je sens mon poing serré frire sur l’extérieur, mais le Brûleur cabre brusquement en ouvrant la bouche tandis que la boule vient d’exploser au fond de sa gorge. Le sang gicle de l’intérieur de sa bouche, mais aussi de ses yeux ; ça a dû atteindre le cerveau… Si je suis chanceuse. Quand je le vois s’écrouler trop proche de moi – aille mes jambes, c’est lourd ce truc, et il me bloque complètement ! – je sais qu’il est mort.
Mais l’autre est juste là, et profite de cette occasion sans doute pour avoir sa chance d’avoir un truc à manger lui aussi. Une de ses flagelles touche mon bras droit alors que j’essaye de me dégager, mais ma main gauche me fait trop mal, malgré l’adrénaline, et je tombe sur les coudes.
Je tourne la tête en enroulant ma langue sur elle-même, et j’attends presque patiemment que le Brûleur s’approche un peu plus. Il est un peu plus prudent que l’autre, mais finit par s’approcher suffisamment pour se pencher au dessus de moi. Je crache en ouvrant grand la bouche cette fois, mais je tourne vivement la tête alors que la boule explose contre le palais du monstre.

Il s’écroule sur le côté instantanément – lui, il a pas eu le temps de cabrer.
Je tente de me relever, de repousser le corps du Brûleur qui est en travers de mes jambes. Mais l’adrénaline reflue brusquement quand je me mets à tousser, crachant du sang.
Je me sens basculer dans l’inconscience.
Et merde !


* *

Mal. J’ai mal.
J’ai tout le corps qui pulse au rythme de mon pouls qui s’amenuise peu à peu. J’essaye de respirer, mais je sens des bulles se former sur le coin de mes lèvres. Je veux prendre une inspiration, mais mes poumons protestent, j’ai envie de tousser, mais je n’ai plus  assez de forces. Un râle franchit ma bouche entrouverte.
J’essaye de voir où je suis. Ce qu’il y a autour de moi. Une plaine. Une immense plaine. Des herbes partout. Des herbes tachées de sang. Mon sang ? Je cligne des paupières. Même ça, ça envoie une onde de souffrance terrible dans toutes mes terminaisons nerveuses. Ma prochaine inspiration est toujours très hésitante, mais comme elle est moins profonde, c’est plus facile. J’ai toujours envie de tousser, mais mon diaphragme n’est pas du tout d’accord.

C’est sans doute un effet secondaire des coups chargés d’électricité. Et du corps tellement lourd qui m’écrase les jambes. Je n’arrive même pas à relever le menton pour regarder.

Je vais mourir là.
Aucune chance que quelqu’un passe par là. Même si je suis à quelques dizaines de mètres de la route principale entre Fériane et Al-Chen, c’est pas un endroit fréquenté.

Alors, je ferme les yeux. Laisse mon pouls prendre la place de chacun de mes sens.
Je pulse avec lui. Je compte.
Bientôt, ça sera fini.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Dim 17 Déc 2017, 23:20

Le premier cri, plutôt lointain, n’avait pas inquiété Gil outre mesure. Il avait tendu l’oreille, estimé la distance, réfléchi à un contournement qui l’obligerait à se rapprocher d’Al-Chen mais qui lui garantirait un chemin plus prudent, et il avait continué sa route tranquillement. Chante-Brume, quant à elle, avait agité une oreille puis la tête, mais rassurée par la main de son cavalier contre son encolure elle n’avait pas cessé d’avancer. C’est alors qu’un deuxième cri avait retenti. Bien plus proche et bien plus belliqueux. Cette fois-ci, Gil dut faire preuve d’incroyables réflexes pour ne pas se retrouver projeté à terre, tant sa jument se cabrait de peur. Il finit par réussir à la calmer mais elle refusait tout net d’avancer. Il pouvait la comprendre. Ce qui était à l’origine d’un bruit pareil n’était pas un prédateur comme les autres. Lui-même porta la main à sa ceinture, là où se trouvait son épée courte. Il scruta les alentours, aux aguets, prêt à détaler si le moindre Brûleur pointait le bout électrique de son flagelle.

- On devrait filer, souffla-t-il à l’attention de Chante-Brume.

Elle renâcla, il prit ça pour un oui et lui fit tourner bride. Avec un peu de chance le Brûleur courait après un lapin et ce lapin n’était pas lui. Mais soudain, il fronça les sourcils, fit ralentir Chante-Brume et s’arrêta carrément. Quelque chose clochait. Le cri du Brûleur n’était plus le même, on aurait dit… un cri d’agonie. Brutale et douloureuse. Gil frissonna. Quelle créature pouvait faire autant souffrir un Brûleur ? Intrigué malgré lui, il tourna la tête, scrutant à nouveau le sous-bois avec application. Il hésitait. Il savait que s’il faisait demi-tour il allait encore une fois plonger tête la première dans les ennuis. Si ça se trouve, cette fois il allait même carrément mourir pour de bon, or se faire tuer par un Brûleur l’enchantait moins, curieusement, qu’une mort due à un coup de sabre ou de flèches. Même l’empoisonnement valait mieux, songea-t-il en passant machinalement les doigts sur les marques laissées par la Silencieuse. Fais pas l’con, susurra la Petite Voix de sa Conscience. Tu sais ce qui va ENCORE se passer si tu y vas. Oui, ces derniers temps, Petite Voix avait tendance à donner pas mal de leçons… Sur le point d’être raisonnable et de relancer Chante-Brume pour qu’elle l’éloigne du danger, il prit sa décision sur un coup de tête quand un nouveau cri de rage mêlée de souffrance pure jaillit d’entre les arbres, faisant s’envoler tout une floppée d’oiseaux affolés.

Gil avait déjà sauté à terre. C’était plus fort que lui, il fallait qu’il aille voir… Sa curiosité allait sans doute le perdre, mais s’il s’en allait maintenant il était certain de le regretter. Il n’avait pas idée… D’une claque, il fit partir Chante-Brume. La jument commença à s’éloigner mais, fidèle jusqu’au bout des sabots, elle ralentit et s’arrêta pour le regarder. Sidéré, Gil s’échina à lui faire peur pour qu’elle s’éloigne pour de bon. Elle n’irait sans doute pas très loin mais il préférait qu’elle puisse partir si jamais il ne survivait pas à cette connerie monumentale… Enfer, on ne vit qu’une fois, râla-t-il pour lui tout seul en tirant son épée de son fourreau. C’est pas pour éviter chaque phénomène de ce monde ! Il se passait quelque chose d’anormal, et il voulait en avoir le cœur net. Conscient que son arme était ridicule face à un Brûleur, il se faufila dans l’ombre des arbres. Une odeur lui assaillit les narines et lui fit froncer le nez. De la fumée ? C’était l’odeur qu’il reconnaissait mais… Perplexe, il s’approcha encore. Devant lui, les arbres s’espaçaient pour laisser place à une petite clairière plantée d’herbe humide. Alors, Gil se figea.

Deux Brûleurs gisaient au beau milieu de la clairière. Le plus grand était énorme. Ses flagelles crépitaient encore, mais il était aussi mort que le premier. Incapable de les quitter des yeux, Gil plaqua un bras sur son nez, écoeuré par l’odeur de chair brûlée qui empestait les lieux. Les doigts serrés sur la poignée de son épée, il compta jusqu’à cent puis osa s’avancer prudemment. Il avait moins peur des cadavres encore « frais » que de ce qui les avait mis dans un état pareil. C’était tout simplement sidérant. Pas à pas, il contourna la première créature, celle qui était véritablement immense, évitant soigneusement ses flagelles. Son regard tomba alors sur le deuxième Brûleur. Celui-ci avait un trou à la place de l’estomac, mais ce n’est pas ce qui retint l’attention de Gil. Là, sous le corps du monstre, il y avait un être humain ! Il faillit lâcher son épée tant la surprise fut grande – mais pas question de s’en séparer tant qu’il se trouvait à proximité de ces deux affreuses créatures – et se précipita vers le corps qui émergeaient de sous le cadavre du Brûleur. Etait-ce seulement possible qu’il soit encore en vie ? Gil en doutait, mais cela ne l’empêcha pas de se pencher pour vérifier. Pauvre gars ! Mourir là, coincé sous un monstre pareil… Un gars ? Non, une fille, corrigea-t-il en dégageant la masse de cheveux qui retombait sur son visage. Empoissée de sang, cette masse de cheveux ne lui parla pas.

Le visage, par contre…


*


Non !


- Lëroya !!!

L’épée tomba, cette fois. Et il n’en eut rien à fiche. Un poing glacé venait de se referme sur son cœur, le même dont il avait pu sentir les doigts lorsque Naïs était morte dans ses bras. A genou dans l’herbe tâchée de sang, il acheva de repousser les cheveux de la jeune femme en arrière, dégagent son visage. Il glissa un bras sous sa nuque et se pencha. Il cria son nom une nouvelle fois, refusant qu’elle puisse mourir elle aussi. C’était injuste, terriblement injuste ! C’était une fille bien, une fille qu’il… Battement imperceptible. Souffle inespéré. Lëroya était encore en vie ! Elle respirait à peine, visiblement gênée par quelque chose. Ses jambes étaient coincées. Gil la reposa délicatement puis s’arc-bouta contre le corps de la bête et laissa libre court à toute la puissance dont il était capable. Il réussit à soulever le cadavre de quelques centimètres et du bout de son pied, il déplaça les jambes de l’envoleuse sur le côté. Il était à bout de forces quand il relâcha la pression. Mais il ne gaspilla pas plus de trois secondes à reprendre son souffle. Il attrapa Lëroya sous les aisselles et la tira en arrière à l’écart des deux Brûleurs.

Il ne souciait plus du tout de la créature responsable de ce massacre, et qui pouvait encore se tapir dans l’ombre. Il fallait sauver la jeune femme. Rien ne comptait davantage ! Gil allongea Lëroya sur le côté pour qu’elle ne risque pas de s’étouffer avec sa langue. Elle était en état de choc et tremblait convulsivement. Son bras gauche était lacéré, couvert de suie et de sang, le droit zébré d’une brûlure qu’il savait causée par un flagelle. Oh, Lë, qu’est-ce que tu as fait… ? S’était-elle crue capable d’affronter seule une créature aussi dangereuse ? Ou bien alors elle s’était trouvée au mauvais moment, au mauvais endroit ?

- Meurs pas, ordonna-t-il à son amie tout en palpant son corps pour évaluer les dégâts. Tu me dois une autre nuit de folie, tu te souviens ? Ou bien juste une nuit à se taper la discute. Ça me va aussi. Mais si tu meurs je te tue.

C’était ridicule, il en avait conscience, sauf qu’il ne pouvait pas s’arrêter de lui parler. Il ne savait pas si elle l’entendait, juste, ça le rassurait. Il lui parlait parce qu’elle vivait. Il lui parlait pour qu’elle s’accroche. Son dos aussi était touché, de la même façon que son bras droit. A cause des flagelles, elle avait reçu une décharge puissante dans le corps, assez pour qu’elle se tétanise ; voilà pourquoi elle peinait à respirer, et pourquoi elle était très raide contre lui. Gil agit à l’instinct. C’était la première fois qu’il avait affaire à ce genre de blessure. Sans cesser de lui parler, il attrapa Lëroya et la cala contre lui, dans ses bras. Doucement mais fermement, il entreprit de déplier ses poings serrés. Sa main passait dans son dos, évitant la blessure mais détendant les muscles qu’il massait énergiquement. Quand il sentit qu’elle se décrispait, il la souleva et l’emporta.

Loin de cet épouvantable endroit.


*


Lëroya survécut au trajet jusqu’à Fériane. Gil avait réussi à récupérer Chante-Brume – qui était restée à portée de voix – et avait galopé à bride abattue jusqu’à la Confrérie. Là, on prit l’envoleuse en charge et on déploya des trésors de patience pour calmer un envoleur terriblement anxieux (et donc fort mal luné). Quand on lui annonça enfin que son amie était hors de danger, Gil se sentit littéralement vidé. Il entra dans la chambre où Lëroya se reposait, ses deux bras bandés, ferma la porte à clé pour qu’on leur foute la paix et se laissa lentement glisser le long du battant contre lequel il avait appuyé son dos. Epuisé, il releva les jambes contre sa poitrine et posa la tête entre ses bras. Il ne dormit pas – ou alors très peu, se contentant de somnoler bizarrement, jusqu’à ce qu’un son le tire en sursaut de sa léthargie. Il leva les yeux vers le lit.

- Lë ? chuchota-t-il.


[voilà ! Tu dis si quelque chose te convient pas ! Moi j'vais m'coucher, du sommeil à rattraper avant d'entamer une nouvelle semaine de folie ^^]

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Lëroya Palabré
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MessageSujet: Re: Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Lun 18 Déc 2017, 18:30

[ Naaan c'est parfait Very Happy ]



La douleur est étrangement sourde. Presque complètement disparue. C’est ça, la mort ? Se retrouver dans un état engourdi pour l’éternité ? Avec des voix lointaines, alors qu’une sorte de lueur diffuse éclaire l’arrière des paupières ?
Mais les voix deviennent de plus en plus proches ; je ne sais pas si elles sont plus proches ou si c’est que mon ouïe s’habitue à leur présence. Étrangement, je peux entendre distinctement les mots prononcés, mais j’ai vraiment du mal à leur donner un sens.

- Les dégâts internes sont réparés au mieux, je crois.
- Elle a eu de la chance que quelqu’un la trouve…
- Il reste juste sa main ; elle est plus que brûlée. Pour essayer de faire cicatriser les tissus il faut s’y mettre à plusieurs.


Est-ce que je peux bouger ? J’essaye de déplier les doigts. Un ensemble de bruits de surprise s’élève autour de moi. C’est vraiment bizarre cet état. Peut-être que je ne suis pas morte, finalement ? Mais avant que je ne puisse essayer de me redresser un peu, je me sens à nouveau basculer dans l’inconscience.

* *  

Je fronce les sourcils en m’éveillant, mais je n’ouvre pas les paupières.
J’essaye de comprendre. Quelqu’un m’a-t-il trouvée ? C’est tellement improbable. Pourtant, je me sens vivante. Je sens mon cœur battre à grands coups réguliers. Je n’ai qu’une trace diffuse de la douleur qui m’avait secoué le corps entier. Ma main gauche me fait toujours mal, je me demande si c’est vraiment ma main ou si c’est juste un résidu de celle-ci… Parce que je me souviens de ma boule qui avait explosé trop proche de mon poing à peine fermé. Peut-être avais-je réussi à protéger les structures internes en fermant les doigts à temps ? J’essaye d’abord de bouger les doigts de ma main droite. Ça va. Alors, dans un souffle un peu plus saccadé, je tente de faire de même du côté gauche. Je sens que ça bouge, malgré la douleur qui arrive en une pique brûlante. Et en fait, il y a une grosse résistance.

Je fronce les sourcils une nouvelle fois. Et j’ouvre les yeux. Je dois en avoir le cœur net.
Mon bras me répond, et m’obéit, quand je le lève à la hauteur de mon visage. Ma main est bien là, empaquetée dans une sorte de bandage rigide. Ah, il y a des sortes d’atèles dedans. Je pousse un soupir de soulagement, et laisse tomber mon bras.
Et je sursaute vivement quand un son s’élève proche de moi.

- Lë ? Une longue contraction se diffuse dans mon dos quand j’entends ce diminutif. Peut-être que je suis morte, finalement, si ma mère est là… Mais non, je suis juste sonnée, c’est une voix d’homme. Alors, je fronce encore les sourcils, et me tourne doucement pour…
Découvrir qu’en fait, c’est Gil qui est là, contre la porte. Son attitude est presque prostrée, ce qui me fait tiquer. Je cligne des paupières, j’essaye de rassembler mes pensées. Il est là… pourquoi ?

- Gil…  Je prends une inspiration, expire vivement. Je me redresse lentement, à l’affût du moindre signe de douleur, mais en fait ça va. Juste, ma main pulse toujours, mais ça reste gérable. C’est toi qui… ? Je secoue la tête. Tu m’as sauvé la vie. Cette fois-ci, ce n’est pas une question, mais bien une affirmation. Sans lui, je ne serai pas là. Je le sais. Je lui adresse un sourire, et commence à palper doucement l’emplâtre autour de mon poignet de ma main. J’ai dû vraiment m’esquinter pour que les Rêveurs ne puissent pas complètement guérir ma main. Je sentais pas trop le porc cuit ? Je tente un peu d’humour, parce qu’il a l’air accablé.

Mais je finis par me lever, sans même vaciller, et m’approcher de lui.  Je tapote son nez une fois du bout de mon index encore valide et souris.
- J’ai une dette envers toi ! Je me mords la lèvre, et m’assois en tailleur à cinquante centimètres de lui, lui faisant face. Je souris. C’est étrange d’avoir quelqu’un à ses côtés dans une chambre de confrérie. Il m’est arrivé de devoir ma vie à des parfaits inconnus qui m’avaient retrouvée au hasard. Bon, okay, ça ne n’est arrivé que deux fois. Mais personne n’était là quand je m’étais réveillée. Et quand j’ai la force de me traîner jusqu’à un endroit où on pourrait me réparer, je suis seule aussi.

Je continue de le fixer, un sourire dans le creux de la joue, sans me rendre compte que je suis en train de me grignoter la lèvre inférieure.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Mar 19 Déc 2017, 20:53

Comment décrire le soulagement qui le traversa quand il découvrit qu’elle était réveillée ? Gil aurait beau prendre du recul, il serait toujours incapable de définir avec exactitude cette émotion qui l’étreignit brusquement. Simplement, il avait trop l’habitude de perdre ce qui lui était cher, alors la Petite Voix de l’Espoir en lui avait tendance à se faire oublier. Il ne la sollicitait pratiquement plus, blasé par celle de Désillusion qui pointait généralement le bout de ses trémolos nasillards afin de l’enfoncer davantage dans sa tristesse. Hé là, une minute. Est-ce que je viens de penser que Lëroya m’est « chère » ? Gil cligna des yeux. Il regarda l’envoleuse s’adapter à la réalité. Il aurait sans doute laissé échapper un rire s’il n’avait pas été aussi fatigué, parce que c’était amusant de la voir observer ses mains tour à tour, comme si elle craignait de les avoir perdues. Il ferma brièvement les yeux, soudain rattrapé par l’image de son poing en charpie, et songea qu’elle avait eu une chance incroyable de ne pas se retrouver estropiée pour le restant de ses jours…

- Je sentais pas trop le porc cuit ?
- A peine…


Quand il les rouvrit, elle était devant lui. Cette femme venait de voir la mort de près après avoir s’être mêlée à un affrontement entre Brûleurs, et elle gambadait déjà comme si c’était le printemps ! Bon, c’était sans doute un peu exagéré d’affirmer qu’elle gambadait. Avec ses traits tirés et son teint un peu plus pâle que la normale, elle aurait probablement fait pitié aux Rêveurs qui l’avaient soignée – et ils l’auraient renvoyée dans son lit en moins de temps qu’il ne le faut pour dire « Fériane ». Sauf que Gil n’était pas un Rêveur (encore heureux d’ailleurs). C’était un envoleur, tout comme elle. Et tout comme elle, il était souvent passé par la case « gros bobo ». Il savait qu’à sa place il serait incapable de rester sagement dans son lit, que le fait de se sentir vivre était une prise de conscience bien trop énorme pour être ainsi refoulée, que l’immobilité, enfin, était plus dangereuse qu’une petite balade à jeun. Il réagit à peine quand elle lui tapota le nez du bout de son doigt. Il se sentait bizarrement anesthésié, comme si c’était lui qu’on avait dû fourrer dans ce lit pour raccommoder. Alors elle s’assit en face de lui. Elle dit quelque chose, il écouta à peine. Il la regardait en silence. Il réalisait.
Elle était sauvée.

Il avait réussi…

- J’ai eu peur, lâcha-t-il soudain d’une voix blanche. J’ai cru que…

Il blêmit soudain en sentant ses tripes se tordre avec violence, mais il parvint à réprimer la nausée qui l’avait assaillie et à refouler les larmes qui lui montaient aux yeux. Par contre, il lâcha bride à sa colère. A ce jour, c’était son seul et unique moyen de défense face aux émotions qui le prenaient par surprise…

- Tu comptais dresser ces monstres pour tuer le temps ? T’as pas vu qu’ils étaient un peu plus dangereux que des lapins ? Ils étaient…

Gil se figea, coupé dans son élan par un infime détail : Lëroya venait de se mordiller la lèvre. C’était un geste machinal, un tic qui la prenait souvent – pour ce qu’il en savait. Et ça, ce truc vraiment très simple, c’était assez puissant pour souffler sa colère comme on souffle une bougie. Radical ! Un peu bête, il marmonna quelque chose et baissa les yeux. Merde, songea-t-il en fixant ses bottes avec application. C’est malin, maintenant j’ai envie de l’embrasser… Il se traita de crétin et se redressa dans le même temps. Toujours appuyé contre la porte, il passa une main nerveuse dans ses cheveux puis attrapa la première pensée qui lui traversait l’esprit :

- J’vais pisser… heu, et te chercher à manger.

WA-OUH.
C’était Gil, mesdames et messieurs.
On peut l’applaudir.


*


Il fallut vingt minutes à Gil pour… faire ce qu’il avait à faire, et dénicher quelque chose à grignoter. Fériane était à l’image des autres confréries : un véritable dédale de couloirs, de portes closes, d’accès interdits par des Rêveurs aussi aimables que des Raïs et d’escaliers qui n’en finissaient pas. Quand il regagna la chambre où se reposait Lëroya, Gil avait les nerfs en pelote et les jambes en compote. Il soupira et entra quand même.

A pas de loup, au cas où elle dormirait…

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MessageSujet: Re: Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Mer 20 Déc 2017, 02:54

Je ne peux pas m’empêcher d’incliner la tête sur le côté quand il blêmit brutalement. Il a cru que… j’étais morte ? En même temps, je ne devais pas en être loin. Je me souviens d’avoir compté les battements de mon cœur en étant persuadée que c’était la fin. On ne peut pas vraiment faire plus proche, je crois.
Par contre, je fronce les sourcils quand un éclat de colère traverse ses prunelles, et j’ai un petit mouvement de recul. Je détaille Gil, qui s’est penché en avant dans son élan de rage, mais il s’arrête aussi brusquement qu’il a commencé. Je ne peux pas m’empêcher de cligner des paupières plusieurs fois, avant de me rendre compte que je suis encore en train de me mordiller la lèvre.
Il recommença à marmonner et je dus faire un gros effort pour ne pas rire.
Si je n’avais qu’à faire ça pour le calmer, je n’allais pas m’en priver. Enfin, je sais que c’est un tic qui perturbe beaucoup les hommes, mais je le fais sans m’en rendre compte dans n’importe quelle situation. Je crois que c’est quand je me mets à réfléchir, en fait. Après oui, il y a toujours des moments où je le fais délibérément, mais la majorité du temps c’est involontaire.

- J’vais pisser… heu, et te chercher à manger.

Je l’observe se redresser vivement et disparaitre derrière la porte, un sourire en coin sur les lèvres. Je lâche le rire dans ma gorge quand il a disparu ; hé ben c’est des drôles de retrouvailles. Je me demande même s’il va vraiment revenir avec quelque chose à manger.
Je secoue la tête : c’est pas si grave s’il ne revient pas. Ou avec rien à me mettre sous la dent. Je n’ai rien à attendre de lui, en réalité. Mais c’est vrai que je crois que j’ai sacrément faim.

Je me redresse, avec prudence quand même. J’ai l’impression qu’un immeuble m’est tombé dessus – non, juste un Brûleur, patate – mais je n’ai pas si mal que ça. Juste oui, ma main est vraiment douloureuse, et plus je me sors de la léthargie bizarre dans laquelle j’étais plongée, et plus ça devient vif et difficile à supporter.  Dans un soupir, je me passe la main droite dans mes boucles toutes emmêlées et je sens un brin de désespoir s’abattre sur mes épaules en sentant des nœuds partout. Ça va me prendre des heures à tout défaire !!
Je grogne toute seule, reviens vers le lit dans lequel j’étais allongée. Mon sac de cuisse est posé juste à côté, et je farfouille dedans rapidement. Je vois avec soulagement que mon petit flacon n’est pas cassé et l’ouvre délicatement, avant d’y plonger les doigts.

L’odeur de la noix de coco embaume mes mains et le lit. J’inspire avec un sourire satisfait, avant de m’attaquer à ma tignasse sauvage. Je m’approche de la fenêtre pour me regarder dans son reflet, et entreprends avec patience de démêler chaque nœud. Ça me prend une éternité.
A vrai dire, passées les cinq premières minutes, Gil est complètement sorti de mon esprit : il a dû filer maintenant qu’il avait fait sa bonne action et que j’étais vivante. Ça me pince un peu la gorge, mais je repousse cette sensation d’un revers de pensées. C’est un grand garçon, et il est libre de faire ce qu’il veut. Je suis en train de défaire le dernier nœud, dans ma nuque, alors que mes mèches sont toutes reparties en boucles lisses et folles – mais sans nœuds – quand la porte s’ouvre.

Je reste interdite un instant quand, au lieu du Rêveur auquel je m’attends, c’est Gil qui fait irruption… Tout doucement. Je fronce les sourcils. Je suis toujours assise sur le lit, en tailleur, les doigts dans les cheveux. J’attends de finir patiemment de défaire ce dernier nœud, avant de pousser un soupir et de relâcher mes bras devant moi.
- Tiens, tu es resté ? Je cligne des paupières et me mordille la lèvre inférieure sans le faire exprès. L’odeur de la noix de coco m’entoure maintenant, l’huile étant dans mes cheveux. Je me tourne pour lui faire face et lui adresse un sourire.
- Oh, tu as vraiment récupéré quelque chose à manger ? C’est quoi ?
Mon estomac se met à gronder effrontément, et je tapote sur mon ventre pour essayer de le calmer – genre, ça va faire quelque chose. Je me glisse sur le bord du lit, et désigne à Gil la place à côté de moi. Je le vois hésiter et je fronce les sourcils. Quoi, je lui fais peur ?
- Je te fais peur ? Je ne vois pas pourquoi je ne devrais pas le demander. Je veux dire. C’est bizarre, comme réaction.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Mer 20 Déc 2017, 19:16

Lëroya ? Dormir après s’être quasiment fait tuer par des monstres gigantesques ? Haha ! La bonne blague. Bien sûr que non, tiens, elle était en train de faire un truc avec ses cheveux. Gil referma la porte et s’y appuya de nouveau, son plateau dans les bras. Ne sachant pas ce qu’elle aimait, il avait pris un peu de tout ce qui lui était tombé sous la main. Les Rêveurs d’ici avaient un drôle de régime. Il n’était pas certain que tout se mangeait, du coup, mais au moins ça allait remplir leurs estomacs qui criaient famine… Y’a pas que l’estomac, réalisa Gil quand son regard plongea dans celui de la jeune femme. Assailli par des sentiments contradictoires, il choisit pour l’instant de ne pas bouger. Après tout, elle était occupée à lisser sa tignasse. Peine perdue, à son avis. Il faudrait bien un mois pour défaire tous ces nœuds… mais ce n’était clairement pas son domaine. Non, lui, sa spécialité c’était…

- Tiens, tu es resté ?

… La lâcheté ?

Il plissa les yeux. Il n’était pas d’accord avec cette idée. Plus maintenant, en réalité : voilà quelques mois déjà qu’il avait à cœur d’affronter chaque situation plutôt que de filer en douce. Ouais, il était resté – partir ne lui avait même pas effleuré la pensée. Il ne comptait pas s’en aller avant d’être certain que Lëroya ne risquait plus rien. Elle avait lâché ça comme ça, à sa manière, c’est-à-dire avec une légèreté qui montrait bien le peu de cas qu’elle faisait d’une telle idée (du moins en apparence) ; pourtant cette remarque blessa Gil, écorchant l’orgueil qu’il était en train d’essayer de reconstruire. Lë ne le connaissait pas, enfin, pas vraiment… Ils ne s’étaient vus qu’une seule fois. Certes, ils avaient partagé beaucoup, et pas seulement des fluides corporels, mais ça lui flanquait un coup de se dire qu’on pouvait peut-être deviner quel genre d’homme il était d’un simple coup d’œil. Que cette lâcheté qui l’avait longtemps caractérisé et qui lui avait fait perdre Libertée (entre autre) puisse se voir, même alors qu’il tentait de se racheter. Mince, il ne se forçait pas à rester non plus ! Il resta donc silencieux, absorbé par ses pensées tourmentées tandis que Lëroya, elle, continuait de babiller tout en triturant sa chevelure emmêlée.

- Oh, tu as vraiment récupéré quelque chose à manger ? C’est quoi ?

Il secoua lentement la tête, hésitant entre l’agacement (bien sûr qu’il lui avait ramener à bouffer, elle croyait qu’il lui fallait vingt minutes pour pisser ??) et l’amusement (on aurait dit une gamine à qui l’on tendait une corbeille remplie de sucreries). Il baissa les yeux sur le plateau. C’est pas vraiment une corbeille de sucreries, songea-t-il un peu piteusement. Mais ils s’en contenteraient, vu les bruits qui émanaient du ventre de l’envoleuse ! Elle se tapota l’estomac et s’assit au bord du lit avant de l’inviter à s’asseoir aussi. Il fronça les sourcils et son hésitation, forcément, ne passa pas inaperçue :

- Je te fais peur ?

Gil cligna des yeux, surpris – il ne s’attendait pas du tout à cette question. Puis il éclata de rire. Bon sang ! ça faisait un bien fou… alors que tout à l’heure ses nerfs l’avaient poussé à la colère, voilà qu’il craquait pour de bon en laissant échapper un rire sonore, un peu éraillé, comme s’il n’avait pas l’habitude de le faire. C’était le cas. La dernière fois que ça lui était arrivé, c’était justement avec Lëroya. Décollant son dos de la porte, Gil vint s’assoir sur le lit et posa le plateau entre eux.

- C’est tout le contraire, avoua-t-il avec une facilité qui l’étonna. Je n’ai pas assez peur, disons…

Il soupira, soulagé après que son rire eût évacué une grande partie de son anxiété, gommé sa fureur et repoussé sa fatigue.

- Désolé pour tout à l’heure. J’étais un peu à cran. Je supporte pas que mes amis souffrent. Et je supporte encore moins les confréries !

Est-ce qu’elle comprenait ? Il y aurait tant de choses à dire, à expliquer, à raconter – la naissance de Makeno, la mort du premier-né de Libertée, l’amputation de Mak, sans parler des nombreuses fois où Kaünis et Syles avaient failli lui claquer entre les doigts… Il frissonna. Inutile de parler de ça. Cet endroit lui flanquait la chair de poule mais sans lui, Lëroya ne serait pas là ! Gil attrapa au hasard un grain de raisin sur le plateau et l’approcha des lèvres de la jeune femme, une lueur espiègle au fond des yeux :

- Allez hop, ouvre-moi cette bouche au lieu de la mordiller !

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MessageSujet: Re: Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Jeu 21 Déc 2017, 00:34

Ah ! Son éclat de rire me rassure étrangement et je sens mes épaules se relâcher. Je souris aussi, mais je lorgne un peu trop sur le plateau qu’il a ramené : je meurs de faim maintenant que je vois de la nourriture, c’est tout !
Je ne peux pas m’empêcher de froncer les sourcils quand il me répond, mais je décide de ne pas m’en faire pour ça : pas assez peur de moi ? Ma foi, je ne sais pas trop quoi en penser, alors j’en pense rien.
C’est à mon tour de cligner des yeux lentement quand il s’excuse de son attitude de tout à l’heure. Je secoue la tête, moussant mes boucles autour de ma tête. Je passe ma main droite dans mes cheveux, et une douleur fulgurante me traverse le bras gauche à ce moment précis, me tirant un soupir de douleur.

- J’aime pas les confréries non plus, mais sans elles, il y aurait beaucoup plus de morts débiles qu’il n’y en a déjà. Donc je suis reconnaissante que des trucs détestables comme ça existent ! Je glousse, me mordillant la lèvre alors qu’il s’installe à côté de moi.
- Allez hop, ouvre-moi cette bouche au lieu de la mordiller ! Je crois que je prends une expression coupable un instant quand il me dit ça et relâche doucement ma lèvre avant de plonger mon regard dans celui de Gil.

Il amène un raisin jusqu’à ma bouche, et je l’attrape délicatement entre mes dents, refermant mes lèvres sur ses doigts en dardant ma langue malicieusement.
Mais le raisin m’appelle trop, et je ne m’attarde pas sur les doigts de Gil. Je crois que je suis affamée que n’importe quoi aurait un goût divin et quand le jus du raisin gicle dans ma bouche je pousse un soupir de satisfaction. C’est bon !

Et ça y est.
J’ai commencé, et je ne peux pas m’arrêter avant d’avoir l’estomac plein. Avec un soupir de rassasiement, je me laisse allée en arrière sur le lit et m’allonge la tête proche du bord, ma main droite sur mon ventre qui trace des cercles. Ça fait du bien.
Mais alors que je sens Gil bouger sur le matelas, on toque à la porte et je cherche son regard un instant, un creux de sourire dans les joues.

- Oui ? Vous pouvez entrer !
La porte s’ouvre sur un Rêveur qui semble envoyer un regard noir à Gil, mais je me redresse et tapote le dos de sa main doucement.
- Comment vous sentez-vous ? Je prends une inspiration et le temps de bouger mes épaules.
- Ça va. Juste, ma main me fait vraiment très mal…
L’homme hoche la tête et m’apporte un sac en tissus où le crissement caractéristique des plantes médicinales séchées me tire un petit frisson. Je lève les yeux vers lui.
- C’est de l’anti-douleur. Il y en a pour une dizaine de jours. Il faut le boire en infusion deux fois par jour. Et voici une crème à appliquer d’ici deux jours, quand vous pourrez enlever la bande.
- Il ne faut pas que je nettoie ?

Le Rêveur secoue la tête doucement.
- Dans deux jours seulement. On y a déjà mis un emplâtre et des traitements forts pour que ça cicatrise correctement. Faites cependant attention ; quand vous enlèverez la bande il faudra bien nourrir la peau, sinon les cicatrices vont restreindre votre mobilité.
Je hoche la tête et attrape la crème qu’il me tend pour la fourrer dans ma sacoche de cuisse.

- Monsieur, vous nous avez dit que vous l’aviez retrouvée dans cet état pitoyable. Madame, est-ce que vous vous souvenez de quelque chose ?

Je me mords par réflexe l’intérieur de la joue. J’échange un regard avec Gil, je ne sais pas s’il a parlé de plus de détails. Je crois que je vais me contenter de mêler vérité et improvisation.
- Je me souviens de ce Brûleur qui m’a attaquée pour faire de moi son déjeuner. Mais après les premiers coups, j’avoue que je ne me souviens de rien.
- C’est vraiment étrange. Votre main était complètement brûlée sur tout l’extérieur. En principe, un Brûleur peut électrocuter – ce qu’il s’est sans doute passé d’après ce qu’on a trouvé sur vos organes internes qui vont maintenant bien – mais une brûlure ?

Je me mords la lèvre inférieure en haussant les épaules.
- Aucune idée…
Il me fixe d’un regard suspicieux, mais je soutiens son regard. Il finit par abandonner en secouant la tête, et à ressortir. Mais il s’arrête dans l’encadrement de la porte.
- Reposez-vous encore aujourd’hui. Demain vous pourrez partir.

Je hoche la tête et jette un coup d’œil par la fenêtre : on doit être en début d’après-midi, d’après la course du soleil. Je pousse un long soupir et me tourne vivement vers Gil.
- Je suis coincée ici encore un moment. Et si on jouait à un jeu ?

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MessageSujet: Re: Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Jeu 21 Déc 2017, 22:06

Une petite étincelle scintilla dans les yeux dépareillés de Gil quand les lèvres mutines de Lëroya se refermèrent sur le bout de ses doigts. Et c’était la même chose dans son regard à elle. Mais ensuite, ce fut une faim primitive qui les mobilisa intensément, un impérieux besoin de se nourrir qui s’éteignit une fois le plateau entièrement vide. Tandis que Lëroya se laisser aller en arrière à la manière d’un petit chat repu, Gil songea qu’il ne fallait pas se fier aux apparences : tout ce qu’il avait goûté l’avait enchanté. Peut-être parce qu’il était affamé, ceci dit ; des émotions pareilles, ça creusait son homme ! Lui aussi laissa traîner sa main sur son ventre, avant de se débarrasser de ses bottes pour venir s’allonger près de l’envoleuse. La deuxième chaussure venait à peine de s’envoler à travers la pièce quand quelques coups frappés contre le battant résonnèrent dans la chambre. Gil échangea un regard avec Lë. Elle avait l’air de trouver ça drôle. Lui, il se redressa en ronchonnant et rendit son regard noir au Rêveur qui entra tranquillement. Il allait devoir trouver le moyen de bloquer cette satanée porte s’ils voulaient obtenir un peu d’intimité…

De l’échange qui suivit, il ne perdit pas un mot. Il nota dans sa mémoire les recommandations médicales du Rêveur, puis celui-ci évoqua les circonstances de « l’accident ». Assis en tailleur sur le lit, Gil posa son coude sur son genou et appuya son menton contre son poing. Quand il avait débarqué avec Lëroya, il était resté évasif sur le sujet, sa priorité étant qu’on la sauve ; mais depuis il avait eu le temps d’y réfléchir, notamment quand il avait longuement erré dans la confrérie en quête d’un truc à grignoter. Il avait trouvé Lë coincée sous un Brûleur. Celui-ci était mort, tout comme l’autre, et l’on pouvait penser que les deux créatures s’étaient entretuées ; il avait rejeté cette hypothèse immédiatement. Les deux Brûleurs portaient de sévères traces de brûlures, l’un au niveau de l’abdomen, l’autre au niveau de la mâchoire. Or le bras gauche de Lëroya aussi avait été soumis à une violente source de chaleur, avant ou après avoir été légèrement mâchouillé. C’était comme un puzzle qui se mettait lentement en place. Gil avait une petite idée de ce qui avait réellement pu se passer mais bien sûr, il n’en fit rien savoir au Rêveur. Il se contenta d’observer la scène, sa joue sur son poing, et d’invoquer mentalement ses connaissances en matière de soins en cas de brûlures. La meilleure solution restant la prévention, il se promit de faire très attention à ne pas trop… échauffer… Lëroya. Puis il sourit malicieusement. Parce que bon, c’était quand même bien tentant !

Enfin, le Rêveur quitta les lieux. Dès qu’il ferma la porte, Gil sauta sur ses pieds et alla bloquer le verrou. Pas de pansement à changer pendant deux jours ? Pas besoin de soigneurs alors ! Il n’avait plus envie qu’on les dérange.

- Je suis coincée ici un moment, fit Lëroya après avoir jeté un coup d’œil au soleil d’après-midi qui éclairait doucement la chambre en se glissant audacieusement à travers les interstices des rideaux. Et si on jouait à un jeu ?

Gil pencha la tête sur le côté, évaluant la proposition.

- Pourquoi pas. Enfin, ça dépend… une idée en tête ?


[Haha bon ben je fais rien avancer du tout désolée xD - mais je suis aussi curieuse que Gil, j'attends de voir ce que Lëroya va proposer !]

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MessageSujet: Re: Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Sam 23 Déc 2017, 01:10

- Tu donnes une idée, je donne une idée, et on fait un shifumi !

[Éclate de rire ]

- Mon idée : l'un de nous commence avec un mot, et l'autre le répète en ajoutant un autre mot. On continue comme ça, jusqu'à soit se tromper, soit finir l'histoire.

[ Se mord la lèvre ]

- Et toi c'est quoi ton idée ?

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MessageSujet: Re: Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Sam 23 Déc 2017, 10:00

- Te retirer un vêtement chaque fois que tu mordilles ta lèvre.

[Regard étincelant]

Bon, sinon on peut utiliser mon idée et la tienne en une seule : chaque fois que l'un de nous se trompe, on retire une couche.

[Grand sourire innocent]

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MessageSujet: Re: Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Ven 05 Jan 2018, 19:43

[ Hausse un sourcil et sourit en coin ]


- Tu te jettes déjà sur moi ? T'es pas très patient, comme gars !

[ Se mordille la lèvre ]

- Cultivons l'attente, petit chou. On peut faire le compromis, mais personne ne touche personne. Ça te va ?

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MessageSujet: Re: Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Dim 07 Jan 2018, 20:15

Un sourire charmant sur les lèvres, Gil inclina la tête et leva les mains, paumes tournées vers Lëroya. D’accord, j’ai compris : pas toucher. Il allait avoir un mal fou à s’y tenir et son esprit galopait déjà à la recherche d’une façon malicieuse de contourner cette insupportable interdiction. Il ne pouvait pas oublier les la nuit torride qu’ils avaient passé ensemble, tout comme il ne pouvait pas nier qu’en dépit de ses bandages et de sa mine fatiguée, il la trouvait attirante. Vraiment très attirante. Surtout quand elle mordillait sa lèvre. Enfer, je suis sûr qu’elle le fait exprès pour m’exciter, songea-t-il en la fusillant du regard pile poil au moment où elle eut recours à son satané tic. Il s’installa sur une chaise, le dossier coincé sous ses bras croisés, et fronça les sourcils un instant. Ils jouaient à quoi déjà ?? Ah oui. Mémorisation. C’était son truc, généralement, mais si Lë avait suggéré ce jeu en particulier c’est qu’elle ne devait pas être mauvaise non plus.

Le défi promettait d’être intéressant !


*


Hum.

Pieds nus et vêtu seulement de son pantalon auquel il avait retiré un bouton pour ne pas se retrouver nu comme un ver beaucoup trop vite, Gil fronça les sourcils. Il était en train de se prendre une râclée.

- Attends, attends, dit-il pour gagner un peu de temps. Heu, alors. Brûleur, pluie, illusionniste, singe, flûte, gingembre, manteau, tic, orgasme…

Il secoua la tête, amusé. Qui l’avait sorti déjà, celui-là ?

- … danse, chaos, orage, cheminée…

Le plus dur était de ne pas la regarder. Non pas qu’elle avait ôté beaucoup de couches depuis le début de la partie, mais parce que l’amusement qu’il pouvait lire dans ses yeux le vexait et l’excitait tout à la fois. Un drôle de mélange qui ne pouvait mener qu’à une…

- … catastrophe. A ton tour !

Des coups résonnèrent contre la porte à ce moment-là. La première idée de Gil fut d’envoyer paître ce Rêveur qui les interrompait en pleine partie de jeu de mémoire, mais Lëroya ayant besoin de soins, il s’obligea à se lever. Il déverrouilla la porte et l’entrebâilla. Sans prendre la peine de reboutonner son pantalon ni même de jeter son tabard sur ses épaules. Il crut entendre l’envoleuse pouffer dans son dos mais n’en fut pas certain car ce son fut couvert par le hoquet de surprise du Rêveur.

- Heu… je viens pour…
- L’infusion ? Merci. Je m’en occupe. A demain !


Gil attrapa la tasse et referma la porte sur le visage sidéré du pauvre homme. D’accord, ils ne devaient pas avoir l’habitude d’héberger des adolescents. Enfin, des adultes en pleine rechute, plutôt. Gil pivota et courut poser la tasse sur la table de chevet de Lëroya en poussant des petits « aïe » alors que le récipient, bouillant, lui meurtrissait les doigts. Par acquis de conscience, il en flaira le contenu. Après tout, un Rêveur ne lui avait-il pas refilé une tisane un peu louche, par le passé ? Ne reconnaissant pas les fragrances bien particulières du breuvage qui l’avait expédié dans un monde enchanté, il retourna s’asseoir, les mains sagement fourrées dans les poches. Son sourire se figea quand il réalisa qu’il avait complètement perdu le fil de la chaîne de mots.

Adieu, poches.

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MessageSujet: Re: Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Sam 13 Jan 2018, 21:39

[ C'est super court, désolée ! ]



- Heu, alors. Brûleur, pluie, illusionniste, singe, flûte, gingembre, manteau, tic, orgasme… danse, chaos, orage, cheminée… Catastrophe !

Ça devient chaud, là. Mon cerveau beugue sur quelques mots déjà, et un peu aussi sur le torse nu de Gil. J’ai l’impression d’avoir le visage en feu et le ventre dur comme de la pierre à force de rire. J’ai mal aux abdos. Est-ce que c’est ça, être insouciant ? Parce que là, purée… Ça reste inédit, même pour moi.

Je me mords la lèvre inférieure, repassant les mots dans ma tête pour ne pas les oublier. Je connaissais le nom des clients par cœur, quand j’étais encore dans cet endroit ; et chaque nouveau nom devait être mémorisé dans l’instant pour faire comme si on criait leur nom.

Mais les coups sur la porte me déconcentrent, et je serre mes poings pour ne pas perdre tout ce qu’on vient de dire. Gil est torse nu avec presque plus rien sur lui, et moi il me reste encore mon haut et ma culotte. Mais c’est en sachant que j’ai rien sur les seins – avec mes œufs au plat j’ai pas besoin de quoi que ce soit. Donc il me reste deux vêtements, et lui… un ou deux. J’arrive pas à me décider s’il a quelque chose sous son pantalon.
C’est un Rêveur – évidemment, couillonne, tu es toujours dans une confrérie même si tu n’y penses plus – et je ne peux m’empêcher d’étouffer un rire quand je vois Gil qui a ouvert presque à poils.

Quand il se tourne vers moi avec la tasse entre les doigts, j’ai l’impression que je vais mourir de rire. Mais au lieu de ça, je m’approche de lui et attrape la tasse entre ses doigts, pour la porter à mes lèvres en levant les yeux vers son regard. Ma langue teste la température du breuvage, et je bois une petite gorgée avant de revenir vers le lit gracieusement.
Oh, j’ai parfaitement conscience des yeux de Gil sur mes fesses, et je m’en amuse.
M’asseyant sur le lit, je souffle un peu sur ma tisane… Et me rends compte que ça y est, j’ai oublié.

- Euh… Brûleur… Pluie ? Et merde. Je sais plus.

Alors, j’enlève quoi maintenant, hein ?
J’ai du mal à me décider, parce que je sais que quoi que j’enlève, ça risque de dégénérer. Je me mords la lèvre pour mieux réfléchir, mais le regard que Gil me lance ne m’aide pas en fait.

Roh, et puis mince.
Je fais passer mon haut par-dessus ma tête, faisant attention à ne pas m’accrocher ma main cramée. Posant le tissus replié sur le bord du lit, je relève le menton pour défier Gil de tenter quoi que ce soit, provoquante et amusée en même temps.

- On recommence. Mmm. Je me mordille la lèvre, réfléchissant, avant d’avoir une idée. Disons… Tisane. Je lève ma tasse comme pour trinquer à sa santé et porte la décoction à mes lèvres pour y boire une nouvelle gorgée. C’est pas très bon, alors ça a intérêt à être efficace, ce truc !

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MessageSujet: Re: Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Sam 13 Jan 2018, 23:04

Lëroya se planta. Pour le coup, Gil haussa un sourcil surpris ; il lui semblait qu’elle menait plutôt le jeu, qu’est-ce qui pouvait bien la distraire ? Il songea au Rêveur. Ouais, sans doute l’intervention de ce dernier avait-elle mis fin de manière décisive à cette manche. Beau joueur, Gil s’apprêtait à proposer une nouvelle partie, sans perte ni profits… il se figea en voyant l’envoleuse se tortiller sur son lit pour ôter son haut. Enfer. De. Bordel. Le ridicule bout de tissu échoua sur le lit. En dessous, il n’y avait rien. Rien d’autre que la peau nue et mate de Lëroya. La bouche sèche, Gil cligna des yeux avec la certitude qu’une nouvelle génération de neurones venait de griller instantanément. Le corps de Lë était superbe. Sa taille mince, ses muscles bien dessinés, ses tout petits seins aux pointes dressées, elle était comme un festin dont se régalait indécemment son regard. Elle l’observa avec amusement par-dessus sa tasse, n’essaya pas de cacher quoi que ce soit mais le mit au défi, d’un geste du menton, de briser les règles du jeu en s’approchant. Stupides règles. Il n’avait pas envie que Lëroya perde sa culotte. Il voulait la lui ôter lui-même.

- On recommence. Mmm. Disons… Tisane.

Dans le silence qui suivit, Gil réalisa brusquement plusieurs choses : de une, c’était à son tour de jouer. De deux, les mots qui se bousculaient dans son esprit n’étaient pas de ceux que l’on prononce normalement dans une confrérie de Rêveurs. De trois, il était vraiment, vraiment très à l’étroit dans son pantalon. Il s’agita sur sa chaise, sortit les mains de ses poches, tressaillis lorsque le bout de ses doigts fut saisi de fourmillements, les replaça dans son pantalon, à l’abri de toute tentation. Il n’arrivait plus à détacher son regard de la poitrine de Lëroya. A force, il allait se mettre à baver… est-ce que je bave ?? s’inquiéta-t-il soudain en portant une main à ses lèvres, juste pour vérifier. Non. Mais son geste fut à nouveau ponctué par l’écho d’un rire léger. Gil parvint à s’apaiser. Un peu. Il aimait bien le rire de Lë, un peu rauque et si spontané. Par un effort monumental, il parvint à lever les yeux vers son visage. Il tomba d’abord sur ses lèvres. Forcément. Puis vinrent les joues, vaguement roses, et il se demanda si elle s’empourprait parce qu’il ne pouvait pas s’empêcher de la mater, ou bien si c’était la chaleur de sa boisson qui causait cet effet physique. Enfin, il bascula dans le vert orangé de ses yeux. Allez mon vieux, concentre-toi.

- Tisane, répéta-t-il. Et…

Réfléchis, réfléchis, réfléchis.

Et ne regarde pas en bas, putain !


- Vertige, lâcha-t-il, persuadé que s’il s’arrachait au regard de Lëroya, il allait tomber dans le vide.

Un vide délicieusement sulfureux. Les poings serrés au fond de ses poches, le bas-ventre douloureux, le souffle court, il ne la quitta donc pas des yeux une seule seconde. Ça lui laissa le temps de les compter, d’en éprouver toute la longueur – c’est long, une seconde, terriblement long, bien plus long que ce qu’on imagine, finalement. Et pendant tout ce temps, il se demanda pourquoi il était si sage. Ça ne lui ressemblait pas. C’était intéressant, amusant même, mais sage ? Lui ? D’ailleurs, elle non plus n’avait pas le sérieux au corps. Dans son souvenir, c’était même elle qui aimait jouer, sans doute plus que lui. Alors ? Allait-il sérieusement se faire damer le pion par un mot mal placé ? Allait-elle attendre qu’il craque le premier ? C’est ça ton véritable défi, pas vrai Lë ?

Eh bien, soit.

Dans un mouvement souple, il se leva de sa chaise, fit un pas en avant, posa une main sur le bord du lit, glissa l’autre derrière la nuque de l’envoleuse et posa ses lèvres sur les siennes. Il l’embrassa sans rien retenir de la force du désir qui l’animait, impérieux, impatient, et sentit aussitôt une puissante décharge parcourir son corps tendu à l’extrême. Mais il s’obligea à s’écarter, ne serait-ce que pour qu’ils puissent reprendre leur souffle, et c’est avec un grand sourire qu’il s’assit sur sa chaise.

- Mince, dit-il d’un air qui n’était absolument pas désolé, j’ai perdu. Alors, on joue à quoi maintenant ?

Il prenait grand soin de ne regarder que ses yeux. S’il regardait ailleurs, il allait perdre le peu de sang-froid qu’il lui restait encore.

Alors c’est ça, avoir le vertige…


[Ouais, moi c'est pas plus long en fait xD]

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."


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