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 [-18] Dulce et exusta est mortis [ Gil ]

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Lëroya Palabré
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MessageSujet: Re: [-18] Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Mer 31 Jan 2018, 20:51

- Taratatata !

[ L'arrête en levant la main ]

- D'une, j'ai une seule main. De deux, j'ai envie de te prendre dans ma bouche. De trois... C'est MOI qui te fatigue.
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-18] Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Mer 31 Jan 2018, 21:42

Bon sang.

C’est la seule et unique pensée lucide qui traversa l’esprit de Gil au moment où les paroles de Lë explosèrent dans sa tête. L’instant d’après, il l’attrapait vivement par la taille et l’attirait dans ses bras pour s’emparer de ses lèvres. Elles dégageaient une chaleur qu’il n’avait pas remarqué avant de la voir cracher une boule de feu explosive, et cette idée attisa davantage le brasier qui se consumait au creux de son ventre. Il grogna en se sentant durcir davantage et s’obligea à reculer de quelques millimètres pour murmurer contre sa bouche :

- Je ferai attention à ta main. Et j’approuve les deux propositions.

Quelles propositions ! Dans leur singulière simplicité, elles l’excitaient tellement qu’il dut fermer les yeux pour relâcher un peu la pression. Quand il les rouvrit, il regarda Lëroya avec une intensité soulignée par l’éclat sauvage de son regard. Il avait envie d’elle. Sans la quitter des yeux, il la hissa dans ses bras, la laissant nouer ses jambes autour de ses hanches pour assurer sa position, et traversa la pièce pour aller s’asseoir sur le lit défait. Le bassin de la jeune femme pressait presque douloureusement son érection à travers le pantalon, mais il glissa ses mains dans son dos et empoigna ses fesses pour l’empêcher de se dégager. Il voulait l’embrasser encore, goûter le feu de sa langue, littéralement jouer avec le feu en envisageant que d’une seule expectoration elle pouvait lui cramer la tronche. Il n’y avait qu’un fou pour s’amuser autant d’une telle possibilité ! Gil ne laissa pas à Lë le temps de reprendre son souffle. Il attrapa sa lèvre inférieure entre ses dents et glissa ses mains sous son haut. Il mordillait et caressait en même temps, se régalant à la fois de ce qu’il goûtait, de ce qu’il touchait et de ce qu’il ressentait. Le frémissement de son ventre quand il fit courir ses doigts. La texture de sa lèvre quand il y planta le bout de ses dents.

- Cela dit… souffla-t-il avant de l’embrasser encore. Cela dit, je… Et il l’embrassa de nouveau… Je suis assez curieux de voir… Oh, cette bouche… comment tu vas t’y prendre pour… me fatiguer !

Il sourit entre deux baisers, d’un sourire radieux qui ne laissait aucun doute quant à l’idée qu’il avait en tête. C’était un défi, un de plus, lancé avec cet attrait pour le jeu qui était à l’origine de leur rapprochement ; ils s’amusaient, ne s’emmerdaient pas à se poser des questions, à s’inventer des conséquences qui, de toute façon, n’avaient pas leur place puisqu’ils ne faisaient que jouer. Comme des enfants qui découvrent de nouveaux horizons. Comme des jeunes avides de nouvelles sensations. Comme deux adultes qui avaient simplement besoin de faire une pause. Gil était fasciné de se sentir aussi détendu et insouciant. Il n’y était pas encore habitué, mais avec Lë, ça lui paraissait si simple qu’il se sentait presque ridicule. Ses problèmes paraissaient devenir minuscules. Son angoisse volait en éclats. Il vivait pleinement l’instant présent, une femme foutrement sexy et foutrement intéressante dans les bras. Comme la première fois, il se laissa complètement aller, lâchant la bride à la retenue dont lui aussi, mine de rien, faisait preuve. Il grogna à nouveau, sauvage, et pencha la tête pour la lécher dans le cou. Exactement comme il avait rêvé de le faire tout l’après-midi.

Sous la barrière de tissu, ses mains s’enhardirent, remontèrent le long des côtes, prirent en coupe les seins qu’il caressa du bout du pouce. Il taquina les tétons jusqu’à ce qu’ils se dressent sous ses doigts. Il savait que Lëroya n’allait pas tarder à prendre le contrôle, qu’elle pouvait le faire à tout moment, mais il voulait d’abord la rendre dans le même état que lui. Sans la passion du jeu et l’envie terrible de la savourer, il l’aurait prise avec toute la sauvagerie dont il était capable. Plus tard. Bien qu’éperdu de désir, il était très attentif à ses réactions. Elle avait été sérieusement blessée, sa main devait commencer à la tirailler, il n’était pas question qu’il lui fasse le moindre mal. Seules ses dents se plantaient par moment dans la chair tendre, au niveau de la jonction entre le cou et l’épaule, ou bien mordillaient le lobe de son oreille. C’était une violence langoureuse et entêtante, une lente escalade du plaisir qui ne cessait de croître en lui. Les muscles des cuisses de Lë se tendirent imperceptiblement. Aussitôt il s’écarta, le souffle court, et croisa son regard, un sourire malicieux dessiné sur ses lèvres gonflées.

- D’accord, d’accord, à toi de jouer !

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"Mon passé est un champ de ruines et mon présent est un vrai bordel. D'où me vient ce fichu espoir pour l'avenir, alors ??"

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Lëroya Palabré
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MessageSujet: Re: [-18] Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Jeu 01 Fév 2018, 01:42

Je te ferai valser sur des tangos et vibrer les côtes
Tanguer sur des îlots d'un nouveau monde à l’autre
Je te ferai l'amour comme on ne le fait plus
J'ai chuchoté si fort qu'tu m'as entendu

Un sourire étire mes lèvres quand il me dit qu’il approuvait les deux propositions. Bien, mon grand. Tu peux aussi voir de quoi je suis capable ! Avec tes cheveux en bataille, ton pantalon à moitié défait et ton torse nu, tu es brûlant et attirant, c’est clair. Je ne vais pas me laisser distraire ; mon but c’est de te faire perdre la tête.
Et pas qu’un peu.
Plutôt complètement.

- Je suis assez curieux de voir… comment tu vas t’y prendre pour me fatiguer !

Je me contente d’un sourire alambiqué alors qu’il ne cesse de m’embrasser ; il me mord et je grogne pour lui faire tourner la tête ; je joue de ma langue sur la commissure de ses lèvres.
J’ai vraiment l’impression de découvrir quelque chose de nouveau, que j’aurais dû explorer il y a déjà des années. C’est une sorte d’adrénaline vive qui boue dans mes veines, et emporte sur son passage tout plein de choses.

C’est fou de sentir que j’ai envie de lui, alors que je sais déjà ce qu’il peut faire. C’est fou de me dire que si ça continue, ça sera la deuxième fois que ça m’arrive avec le même homme, et de mon propre chef. Les clients, dans la maison close, étaient réguliers – ou pas -  mais ce n’était pas mon choix ; mon choix à moi à ce moment-là était de survivre pour pouvoir saisir une chance de m’en aller, de m’enfuir. Mes priorités n’étaient pas les mêmes, et puis je n’appréciais juste pas. D’ailleurs, je sais parfaitement que même si Zukrii a déjà apporté du plaisir à mon corps, mon esprit n’a jamais suivi. C’est peut-être ça aussi qui me rend toute chose, avec Gil, là tout de suite.

Je sens ses doigts sur ma peau, sous mon débardeur. Ils sont brûlants eux aussi, tracent des sillons sur mon épiderme, provoquent des frissons sur mes côtes et mes seins. Je me mords la lèvre, laisse ma tête basculer en arrière quand il s’enhardi pour me mordiller dans le cou, la nuque.
Oh, ça, c’est délicieux.
Mon souffle se raccourcit, je m’oblige à prendre une profonde inspiration. Je le laisse s’amuser encore un peu, se monter la température seul, plus ou moins. Son excitation m’excite, c’est dingue. Je comprends enfin pouvoir faire des bruitages ou tendre ses muscles excite tellement les hommes : parce qu’ils pensent que leur partenaire est excitée elle aussi, et que ça leur plait.

Je range cette information dans un coin de mon cerveau, je me contente de pousser un soupir quand il s’écarte presque brutalement, mais je croise son regard malicieux.
- D’accord, d’accord, à toi de jouer.
Un sourire mutin étire mes lèvres, et ma main intacte glisse sur le bord de son torse pour que mes doigts se glissent sous son pantalon à moitié défait.
- Prépare-toi à la meilleure pipe de ta vie… Je ris en me mordant la lèvre quand un éclat surpris scintille dans son regard. Ma bouche va à la rencontre de sa glotte, la mordille un instant, alors que je tortille mon postérieur tout en le tenant hors de portée de ses mains, et ma langue trace un chemin entre les poils de son torse.

Arrivée à l’orée des poils de son pubis, je souffle dedans doucement, lui tirant sans doute un frisson de chatouillement. Ma main indemne se glisse le long du rebord de son pantalon et le tire légèrement vers le bas pour dégager son sexe, qui se dresse soudain juste devant mon menton.
Je lui jette un regard frondeur.

J’ai dit la meilleure pipe de ta vie.
J’ai l’envie ; et les compétences.
Accroche-toi.

Je lève mon verre à la chaleur de l'épiderme
Aux enfants de coeur, aux brutes épaisses
Qui se donnent la réplique sans avoir lu leur texte
Je lève mon verre à nos succès, à nos échecs
A nos victoires, à nos défaites


Me redressant, je passe ma langue sur mon menton pour attraper une goutte blanche qui veut se faire la malle, et fixe un Gil complètement à l’ouest, allongé de tout son long sur le lit, la respiration hachée, le corps encore parcouru de tremblements incoercibles, les abdos congestionnés, des perles de transpiration au front.
Mmm ! Je me mords la lèvre encore une fois.
Il ne va pas être opérationnel pour un long moment, je le sais, et je m’en amuse.

Parce que quand son sexe se ramollit, je plonge à nouveau vers lui pour le titiller de ma langue et le prendre aussi dans ma bouche sans effort. Il essaye de se débarrasser de moi – sans doute trop de stimulation tue la stimulation – et je m’amuse à le provoquer en l’effleurant exactement à l’endroit qui est devenu trop sensible, juste devant le frein.

Et alors qu’il se redresse pour vraiment essayer de me pousser – ou alors de m’attraper pour m’empêcher de continuer – je me coule hors de sa porte dans un rire clair.
- Quoi ? T’as pas l’air encore assez épuisé. Je t’aide ! ris-je en secouant ma masse de cheveux.

C’est alors que retentissent trois coups distincts contre la porte de la chambre, et je pouffe de rire entre mes mains – aïe ! – en me rapprochant de lui pour lui remonter le pantalon sur les fesses et au moins cacher mes méfaits.

Raté, le Rêveur entre trois secondes plus tard, alors que je suis au dessus du bas-ventre de Gil.

Je me mords la lèvre et me redresse, m’asseyant innocemment sur ses cuisses.
- Moui ?
L’homme est écarlate comme une écrevisse, je retiens un pouffement de rire.
- Vous devriez vous reposer plutôt.
- Oh, on a fini. Mais c’est surtout lui qui a besoin de repos maintenant !
dis-je en désignant Gil du menton. Il a l’air de reprendre un peu ses esprits. Et donc ?
- Je venais refaire le pansement. Ça vous dérangerait de mettre un pantalon ?
- En fait, il va falloir m’aider parce qu’avec une seule main c’est compliqué !

Il rougit encore plus – je suis surprise que ça puisse être possible, mais il tourne vers le cramoisi là.
- Peu importe. Asseyez-vous, et montrez-moi ça.
J’opine de la tête et lance un regard à Gil, pour aller m’asseoir sur le bord du lit, mes fesses se callant contre sa hanche tandis que le Rêveur défait mon pansement.

J’essaye de ne pas le montrer, mais je suis morte de rire intérieurement.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-18] Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Sam 03 Fév 2018, 12:59

A l’instant précis où les lèvres de Lëroya se refermèrent sur lui, Gil sut qu’elle disait vrai. Assis au bord du lit, il prit appui sur ses coudes pour ne rien manquer du spectacle – et de fait, ce qu’il voyait le ravissait. Elle oeuvrait tranquillement, comme si le monde pouvait attendre, un éclat mutin au fond des yeux ; elle établissait le contrôle, donnait ses propres règles avec un amusement qui lui plaisait. Il aimait se dire qu’elle aussi profitait de cet instant brûlant. Le cœur battant, il la regarda lécher une goutte de liquide pré-séminal qui perlait au bout de son sexe, juste avant de reprendre ses taquineries sur son membre tandis que ses abdos se contractait sous la malice de ses caresses. Elle jouait avec son désir, l’amenant au plus proche de la délivrance pour laisser retomber la vapeur en le stimulant autrement ; elle ne manquait pas d’imagination ni de ressources ! Très vite, Gil se sentit vibrer dans sa bouche. Un gémissement animé lui échappa quand elle modifia sensiblement le rythme, raffermissant la succion et sa prise autour du sexe qui se gonflait encore. Il bascula en arrière, ses bras ne le soutenaient plus – il tremblait trop, délicieusement propulsé vers les affres du plaisir qu’elle créait pour lui. Il avait enfoui ses mains dans les boucles de sa chevelure pour mieux s’accrocher à elle et accompagnait ses mouvements par un balancement des hanches de plus en plus prononcé.

Elle avait une bouche merveilleuse, des lèvres incroyables et une langue qui le rendait fou. Jusqu’alors, il avait compté quelques bonnes fellations mais aucune qui n’ait duré aussi longtemps. Cela dit, il n’était pas sûr du temps qui s’écoulait tandis que Lëroya s’affairait autour de lui : il avait débuté un voyage hors de toute norme, dépassé des limites insoupçonnées et flottait désormais dans un univers de chaleur humide. Chaque fois qu’il sentait l’extrémité de son sexe cogner contre les amygdales de son amante, une explosion d’étoiles se produisait quelque part dans son esprit. C’était un véritable feu d’artifice. Le tiraillement des muscles se resserrant dans son aine le ramenèrent sur terre, ou plutôt sur ce lit sur lequel il se tortillait désespérément ; indomptables, des muscles sans nom spasmèrent, et le flot de sa semence commença. Il n’y eut aucune vague perceptible, pas de pulsation rythmique, juste une pression puis une seule échappée. Secoué par un orgasme démentiel, Gil poussa un rugissement qui envahit la chambre, tandis que son dos s’arquait sur le lit en une tension ultime, improbable, libératrice. Il se sentit retomber sur le matelas, mais toute pensée cohérente avait déserté son cerveau. Il ne savait même plus comment respirer normalement. Il n’en avait plus tellement besoin, à présent. Seule comptait l’ivresse des sens et cette douce plénitude qui le gagnait, comme s’il était allongé sur un nuage de coton.

Un petit bout de langue frôla la pointe ultra sensible de son sexe encore agité de frémissements erratiques. Ça ne le gêna pas vraiment mais les muscles de ses abdos réagirent et il agita mollement la main pour chasser la caresse taquine. Qui reprit de plus belle. Cette fois, Gil sursauta et un grognement sourd lui échappa. Il se redressa à demi, voulut attraper cette créature qui le cherchait avec effronterie, ne rencontra évidemment que du vide. Elle sautillait déjà hors de sa portée, fière d’elle.

- Quoi ? T’as pas l’air encore assez épuisé. Je t’aide !

Le grommellement mi-amusé, mi-irrité de Gil fut couvert par trois coups frappés contre le battant clos de la chambre. Avant que Gil ait eu le temps de réaliser quoi que ce soit, Lëroya était à califourchon sur lui, en train de le rhabiller. Elle eut le temps de rentrer son sexe dans son pantalon mais pas de le fermer, ni d’essuyer les vestiges de leurs ébats : un Rêveur entra. Gil fronça les sourcils. Il se rappelait pourtant avoir verrouillé la porte… Si ça se trouve, il n’avait pas correctement enclenché le verrou. Ou bien alors ces types étaient doués pour crocheter les serrures. Tout à sa réflexion – plutôt lente et engourdie, étant donné qu’il reprenait seulement conscience de la réalité – il ne vit pas le nouveau venu s’empourprer vivement ni ne l’entendit demander à sa patiente d’enfiler un bas. Celle-ci se dégagea des hanches de Gil et s’assit presque trop sagement au bord du lit. Tandis que le Rêveur, la figure toujours rouge, entreprenait de refaire le pansement de sa main, Gil se redressa sur un coude et en profita pour reluquer le dos de sa compagne. Ses boucles folles retombaient en cascade désordonnée sur ses omoplates en un véritable appel aux caresses. Il tendit la main qui ne supportait pas son poids et tirailla une mèche innocemment.

Ses pensées ayant retrouvé un semblant de lucidité, il analysa la situation. Cette petite canaille avait pompé une grande partie de son énergie mais elle avait raison : il n’était pas fatigué. L’excitation demeurait, surtout à la vue des fesses de Lë callées contre lui. Délaissant ses cheveux, il fit courir ses doigts le long de son dos, rendant plus délicat son objectif de ne pas éclater de rire. Lorsque ses chatouilles se rapprochèrent de sa culotte, elle remua, comme si elle changeait de position… ou bien l’invitait à poursuivre sa passionnante exploration. Placé comme il était, le Rêveur ne voyait pas ce qui se passait en bas des reins de la jeune femme, d’autant qu’il s’appliquait à rester soigneusement concentré sur sa tâche. Gil le comprenait : qu’il était difficile de se contenir en présence d’une jolie minette, alanguie, les lèvres gonflées et le regard encore luisant de gourmandise, comme si elle attendait de laper un autre bol de lait… ! Lui, il ne résista pas. Ses doigts jouèrent un instant avec le bord de la culotte avant de se glisser sous le tissu. Il éprouva la douceur de sa peau et la fermeté de ses muscles, mais il ne pouvait pas bouger beaucoup étant donné qu’elle était assise. Il retira sa main lorsque le Rêveur se leva enfin, et roula hors du lit pour se redresser à son tour.

- Quand faudra-t-il changer à nouveau le pansement ?
- Demain matin.
- Je veux le faire. Inutile de revenir avant demain midi.


Le Rêveur se retourna sur le seuil.

- Mes confrères n’approuvent pas ce genre de chose, vous savez…
- Je m’en doute.


Et je m’en fiche, mon vieux !


- Le repos est fortement recommandé, cela dit…
- Cela dit ?
- Je la trouve en bien meilleure forme, tout comme vous.


C’est peu de le dire, songea Gil, incapable de retenir un sourire ravi.

- Vous nous trouverez dans la salle commune si vous avez besoin de quoi que ce soit.

Est-ce que c’était un genre de bénédiction ? Surpris, Gil haussa un sourcil, auquel le Rêveur répondit par un léger hochement de tête avant de se détourner. Pensif, l’envoleur repoussa le battant et ferma la porte. Il verrouilla soigneusement puis, par mesure de précaution, attrapa la chaise qu’il inclina contre le battant, le dossier calé sous la poignée. Voilà.

- Il était plutôt sympathique celui-là, commenta-t-il, avant de poser les mains sur les hanches et de regarder Lëroya en penchant la tête sur le côté. Alors, où est-ce qu’on en était déjà ? Ah oui…

Il s’approcha lentement d’elle, une lueur sauvage au fond des yeux.

- … c’est à moi de te fatiguer un peu !

Il se laissa tomber à genoux et se glissa entre ses jambes, qu’il écarta d’un geste franc. Sans attendre son accord, il se pencha et embrassa son sexe à travers le tissu de la culotte. Presque aussitôt, il leva la tête et la regarda intensément.

- On a jusqu’à demain midi. Je parie que tu rendras les armes avant moi.

Oh, le fripon défi ! Avec quelle malice il avait jeté les bases d’un nouveau jeu, plus excitant encore que les précédents ? Quand il tira sur le sous-vêtement pour aller savourer sa chaleur, Gil se rappela à quel point il aimait gagner.

Game on !


*


Frisson sous ses doigts.

Fusion sous sa langue.

Lëroya se tordait en silence. Il savait qu’elle ne crierait pas. La première fois, ça l’avait inquiété, puis intrigué. Mais il commençait à la décrypter, à lire en elle tandis qu’il s’acharnait à lui montrer les étoiles que lui-même avait croisé un peu plus tôt. Il y avait le dilatement des pupilles, le changement de souffle, la contraction des muscles, autant d’infimes détails qui indiquaient à Gil quand ralentir ses caresses pour n’être plus que frôlement frustrant de légèreté, quand faire danser sa langue et ses doigts pour attiser les flammes d’un désir chaque fois plus grand, quand s’enfoncer plus loin encore dans le velours brûlant de son bas-ventre. Il sentit l’instant précis où elle vint contre sa bouche, aussi agrippa-t-il fermement ses cuisses pour l’empêcher de lui échapper, prolongeant sa caresse jusqu’à la sentir se détendre complètement. Il s’amusa à taquiner le bouton offert et sensible, de la même façon qu’elle avait essayé de l’agacer après sa propre jouissance.

- Un partout ? lança-t-il en se redressant.

Le goût de Lë s’attardant sur ses lèvres, il y passa la langue d’un air gourmand et satisfait.

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Lëroya Palabré
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MessageSujet: Re: [-18] Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Ven 09 Mar 2018, 17:26

- Non ! Stop !

Je ferme les genoux brusquement en repoussant Gil par les épaules. Sa première caresse surprise sur ma culotte m'a complètement prise au dépourvu, mais là tout de suite, une floppée de souvenirs tente de refaire surface brutalement.
Le souffle saccadé, je m'éloigne inconsciemment de Gil et me referme sur moi-même l'espace d'un instant. Le temps de replacer ces murs, de remonter les briques, de souffler les mémoires sensorielles de mon cerveau avant qu'elles ne prennent possession de mon corps.

Je sens la gangue de ma protection se refermer vivement sur moi. Sans doute que mon imagination est la cause de ce "pop" qui atteste de ma réussite ; et je me redétends presque immédiatement. Je réalise alors que j'ai fui de l'autre côté du lit, telle un singe apeuré et acculé.
Je secoue la tête dans une grande inspiration, et relâche mon souffle lentement. Okay. Bon. Mon cerveau se reclarifie, je cligne des paupières... Et je finis par adresser un sourire timide à Gil.

- Pardon de ma réaction violente. Je ne m'attendais pas à ça. Désolée, mais c'est un non.

Je me mords la lèvre, indécise quand à l'attitude que je dois avoir vis-à-vis de Gil. Et surtout, méfiante de son attitude à lui. Ce n'est pas du tout que j'ai peur ; loin de là. Je sais absolument ce qui fait partie de mes souvenirs, et ce qui n'en fait pas partie. Je sais aussi que certaines de mes mémoires sont physiques et que je peux avoir des réactions instinctives violentes, qui ne me correspondent pas forcément. C'est pas la fin du monde. Ça peut devenir ennuyeux, mais ça ne fait pas de mal physiquement, et je sais me séparer de ces souvenirs assez efficacement : cela ne m'a pris que quelques secondes.

Tout ça, c'est derrière moi. Ça a fait de moi qui je suis. Ça ne veut pas dire que c'est oublié, dépassé ; ça veut juste dire que ça a exister, et nier cette existence c'est me renier moi-même : un truc que je n'ai jamais fait, et ça ne commencera pas aujourd'hui.

Me redressant, je glisse mes jambes sur le bord du lit pour me rapprocher de Gil ; je crois qu'il a besoin d'être rassuré. Alors, je me penche vers lui et frotte mon nez contre la barbe de son menton et plonge mes yeux dans les siens.
- Ne t'inquiète pas, c'est pas toi. Je lui souris doucement, et pose ma joue contre la sienne, avant de passer mes bras autour de ses épaules. Mes seins affleurent son torse, et je pousse un soupir de contentement. Ça, c'est mieux, dis-je en plantant mes dents dans sa clavicule gauche.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-18] Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Ven 09 Mar 2018, 20:57

- Non ! Stop !

Gil s’était déjà rejeté en arrière. Les bras écartés, les mains relevées, paumes tournées vers elle, il dévisagea Lëroya avec surprise d’abord, puis inquiétude :

- Lë… ça va ?

Elle ne répondit pas tout de suite. Il lui fallut pour cela à peu près une minute – mais pour Gil, cela dura bien plus longtemps ! En appui sur ses talons, le souffle court et le cœur battant, il attendait. Et forcément, une avalanche de questions dégringolait dans sa tête. Je t’ai fait du mal ? Ce sont tes blessures ? Tu n’as pas aimé ça ? Je te fais peur ? C’est ma faute ? C’était nul ? Mince, il n’osait même plus bouger, là. Il ne comprenait pas. Elle allait lui dire, n’est-ce pas ? Elle allait lui parler… Il fallait qu’elle lui parle. Sinon il allait devenir dingue. C’était déjà dur de ne pas la toucher, alors qu’il tremblait de désir. C’était encore pire de la voir trembler dans son coin, et pas pour la même raison. Merde, songea-t-il en blêmissant brusquement, mais qu’est-ce que j’ai fait bordel ??

- Pardon de ma réaction violente. Je ne m’attendais pas à ça. Désolée, mais c’est un non.
- D’accord,
lâcha-t-il sans y penser, trop heureux qu’elle brise enfin le silence – et qu’elle sourit.

Mais il fronça les sourcils. C’était bien de sa faute, alors ? Il avait été trop brutal ? Il baissa les yeux vers ses jambes, là où il avait posé ses grandes mains, en quête des preuves de son dérapage. Il avait cru s’être contrôlé, mais… son cœur s’emballa soudain et il ferma les yeux. Non. Je peux pas avoir déconné. Elle ne s’est pas réveillée ! Il pressa une main sur son ventre. La Bête frémit seulement, mais ça ne le rassura qu’à moitié : et s’il ne se rendait plus compte quand il perdait les pédales ?? La voix de Libertée s’éleva dans sa mémoire, vive et douloureuse : « j’ai peur de toi, maintenant ». Gil se mordit violemment la lèvre. Non, c’était impossible, il n’avait pas…

Contact.

Si impromptu qu’il sursauta et ouvrit brusquement les yeux : Lëroya s’était rapprochée de lui et frottait son visage contre le sien, doucement.

- Ne t’inquiète pas, c’est pas toi.
- Je… J’ai…


Et merde, ça y est, il avait perdu le fil. De ses pensées. Il suffisait qu’elle soit contre lui pour qu’il s’emmêle les neurones, c’était dingue ! En même temps, tout allait trop vite, là. Elle avait eu peur d’un truc, il avait eu peur de lui avoir fait peur, en fait c’était pas lui, donc elle n’avait pas vraiment peur, et donc… donc ? Que fallait-il en conclure ? Juste pas faire ça ? Perplexe, il referma les bras sur elle, un peu gauchement il fallait le dire, n’osant pas trop y croire en fait : elle ne le repoussait pas alors ? Il pouvait rester là ? Ils pouvaient continuer ? Il laissa échapper un drôle de hoquet quand elle planta ses dents dans sa peau. Soit elle s’amusait de la situation en jouant avec ses émotions, soit – et il était certain que c’était le cas – elle signifiait simplement ce qu’elle aimait, et ce qu’elle n’aimait pas. Ce n’était pas habituel pour lui, ça. En réalité, il s’était toujours soucié de ses partenaires sans jamais se poser vraiment la question. Comment dire ? Il n’avait encore jamais vraiment déçu quiconque. Alors il regarda d’abord tristement son égo écrabouillé à ses pieds. Puis il se dit que si elle n’aimait pas ça, c’était peut-être lié à un souvenir désagréable. Pas le moment d’en parler en tout cas. Il avait juste envie de lui redonner le sourire. Il ne voulait plus la blesser. C’est vrai que la première fois, il avait été frappé par la spontanéité de Lë à lui dire ce qu’elle aimait qu’il lui fasse. Elle lui avait dit ce qui lui faisait envie, et il s’était prêté au jeu. Et si…  

- Lë ? chuchota-t-il contre son oreille. Dis-moi. Dis-moi ce que tu veux.

Et n’hésite jamais à me dire ce que tu ne veux pas.

Les mains de Gil effleuraient la peau nue de la jeune femme, caresse légère qui faisait naître des trésors au bout de ses doigts. Il pencha la tête et l’embrassa doucement dans le cou. Son cœur martelait toujours sa poitrine. Il n’avait plus du tout envie d’être brutal, sauvage et possessif. Il voulait juste continuer à la toucher de cette façon, même si c’était tout ce qu’ils faisaient cette nuit-là.

- Qu’est-ce que tu aimerais que je fasse ?

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Lëroya Palabré
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MessageSujet: Re: [-18] Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Ven 27 Avr 2018, 19:54

Je peux entendre les tambourinements de son coeur contre ma poitrine, alors que je me presse doucement contre lui. Et son pouls rapide, dans son cou, quand j'y passe ma langue. Je me dis un instant que ma réaction brutale l'a bien secoué ; mais je ne vais pas m'excuser une seconde fois. Alors, je me sépare doucement de lui pour prendre un peu de recul.

Ce que je veux ?
Je pousse un soupir, passant ma langue entre les lèvres.

A vrai dire, c'est une bonne question. Là, tout de suite, maintenant, je me contenterais bien de ces quelques caresses, sans aller plus loin. Je penche la tête sur le côté, indécise. Clairement, ça a complètement fait retomber mon excitation, cette histoire. Mon cerveau va avoir besoin d'un peu de temps avant de pouvoir repartir dans le lâcher-prise. Je n'ai pas envie de frustrer Gil, mais je sais que là, ma santé mentale passe avant lui et ses réactions.

Je vis avant tout pour moi-même, pas pour les autres.

Alors, je ramène mes jambes contre ma poitrine et pose ma joue contre son torse.
- Mmm. J'ai plus du tout envie d'aller plus loin. Les caresses, juste comme ça, c'est bien. Je hoche du menton pour moi-même et me blottis un peu contre lui.

Un instant, je me tends, ne sachant pas si les souvenirs vont tenter de revenir m'assaillir. Mais étonnamment, ils restent sages derrière ma barrière protectrice, alors je me détends et pousse un petit soupir. Mes doigts se glissent sur la peau de Gil, dessinant le contour de ses muscles avec légèreté. Ma main pansée reste sage, sur le haut de mes cuisses.

Je crois que c'est comme ça que je m'endors.


* *


Je me réveille avec une drôle de sensation dans le ventre. Un rayon de soleil me chatouille la joue, et je gigotte un peu pour essayer de m'en débarasser, sans succès évidemment. Je me tourne sur la couchette... le lit ? Je fronce les sourcils, les yeux toujours fermés.

Je prends le temps de rassembler mes pensées. Ah oui, encore la confrérie ! Je me secoue doucement, et je sens un souffle contre ma joue qui me fait ouvrir les yeux et tourner légèrement la tête. Avant que je réalise que le bras de Gil est jeté par dessus ma taille et lui blottit contre mon dos.
Je pousse un soupir, grogne, gigotte encore, et me relève sur un coude pour le réveiller lui aussi.
- Allez, la belle au bois dormant, on se réveille. J'ai faim !

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-18] Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Sam 28 Avr 2018, 20:31

Elle se dégagea doucement, mais sûrement de son étreinte, juste pour prendre un peu de distance. Gil la laissa faire. Il était tendu mais attentif, inquiet mais patient. Il n’avait pas envie de tout foirer maintenant. Lëroya n’était pas Libertée, il n’était absolument pas engagé dans quoi que ce soit avec elle, si ce n’était une amitié qui, dès les premiers instants, les avait rapprochés ; là, il voulait simplement qu’elle lui parle. Qu’elle s’ouvre à lui. Pas sexuellement parlant, hein. Pour une fois, et même si son sexe gonflé lui faisait mal, il était distrait par autre chose que le désir. C’était cette ombre étrange, dans les yeux de Lë, qui l’intriguait : il l’avait déjà vue auparavant, elle était visiblement associée à des souvenirs mais cette fille, c’était un peu comme un coquillage qui se refermait chaque fois qu’il tentait d’en découvrir davantage.

- Mmm. J’ai plus du tout envie d’aller plus loin.
- D’accord.
- Les caresses, juste comme ça, c’est bien.


Elle se pressa un tout petit peu plus contre lui, et il inspira un grand coup. Oui, c’était putain de bien, c’est sûr, mais ça ne l’aidait pas à se calmer, hein ! Il ferma les yeux et posa son menton sur le crâne de l’envoleuse. Il passa la main dans son dos, et comme elle ne le repoussa pas, il se contenta de la frotter doucement. Ils restèrent un moment comme ça, blottis l’un contre l’autre, dans un silence tranquille qui les apaisait l’un et l’autre. Et puis le souffle de Lë se fit plus lent, son corps plus lourd contre lui. Elle s’endormait. Lui-même était littéralement épuisé. Le plus délicatement possible, il allongea Lëroya sur le lit. Ce fut long et laborieux mais au prix d’une patience infinie (et de quelques jurons murmurés pour lui-même), il parvint à s’allonger aussi. Il était coincé entre le mur et elle. C’était à la fois divin et horrible, parce qu’il ne pouvait plus du tout bouger. En même temps, il n’avait pas envie de s’en aller.

Il s’endormit comme une souche, son amie dans les bras, et ne bougea pas d’un cheveu jusqu’à ce qu’à ce que…

- Allez, la belle au bois dormant, on se réveille. J’ai faim !

Sans blague ? Les yeux clos, Gil remua vaguement et grogna. Il était bien, là, dans la chaleur du lit et de cette fille. Il grogna de plus belle et resserra légèrement sa prise autour d’elle.

- Encore cinq minutes…

On aurait dit un enfant qui négociait son réveil ! Lë allait-elle craquer ? Jouant le tout pour le tout, Gil ouvrit les yeux et fit une mimique attendrissante, entre la moue et le sourire contrit, celui du petit garçon qu’il avait été et que l’on retrouvait parfois sur le visage de Mak.

Encore cinq minutes au lit avec toi, dis, je peux ?

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MessageSujet: Re: [-18] Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Dim 29 Avr 2018, 22:29

Je sens le bras de Gil qui se referme sur moi et je ne peux pas m'empêcher de glousser. Je roule mes
épaules pour détendre l'étreinte de l'envoleur, et soupire.

- Encore cinq minutes...

Là, je ne peux pas m'en empêcher, j'éclate d'un rire sonore. Je me ne laisse pas démonter et me tourne vers lui comme si j'étais ensausissonnée. Hum. Vu mes pensées, je suis vraiment affamée là.
Quand les yeux dépareillés de Gil s'ouvrent dans une moue chapotée, je glousse une fois de plus... et j'attrape son nez entre mes doigts.

- Naaaan !! J'ai ton nez ! Faut l'attraper !

Et je bondis hors du lit sans prévenir, sautille sur place pour garder mon équilibre alors que mon estomac grogne de toute sa force. Un tour sur moi-même, le pouce coincé entre les doigts, je ris aux éclats.

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MessageSujet: Re: [-18] Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Lun 30 Avr 2018, 13:19

Gil était sincère quand il souhaitait avoir encore quelques minutes supplémentaires, mais quand le rire de Lëroya envahit la pièce, cela le réveilla complètement. Il se redressa au moment où elle lui pinçait malicieusement le nez avant de bondir hors du lit pour sautiller comme une gamine. Soufflé par cette vision d’elle en train de danser dans la lumière du jour, à moitié nue, ses longs cheveux foncés cascadant dans son dos au gré de ses mouvements, l’envoleur se figea brusquement. Il n’avait encore jamais goûté ce bonheur simple. C’était terriblement nouveau pour lui, au point de lui serrer le cœur ; quand réapprendrait-il à vivre ainsi ? L’ombre qui voila un instant son regard s’évapora lorsqu’il rencontra celui, lumineux, de Lëroya. Amis, amants, qu’importe ? Elle était le rayon de soleil dont il avait cruellement manqué et qui le ramenait petit à petit à la vie…

- Voleuse, marmonna-t-il sans pouvoir dissimuler totalement son sourire.

Sans crier gare, il jaillit hors du lit. La course-poursuite qui s’ensuivit fut mémorable. Quelques oreilles volèrent, la tasse de tisane se brisa, une chaise tomba. Des rires explosèrent comme un million d’étoiles dans le ciel. Gil finit par attraper sa proie. Dans un rugissement barbare, il la souleva dans ses bras.

- Il est temps de te nourrir un peu, femme, déclara-t-il en l’emportant dans les couloirs.

Pauvres Rêveurs, après avoir surpris ces deux-là en train de batifoler joyeusement, ils avaient eu droit à la cacophonie matinale et à présent, ils voyaient passer un homme torse nu portant une femme hilare dans ses bras. Par égard pour eux, ils auraient probablement dû se montrer plus sérieux, mais Gil n’avait pas envie de redevenir grave. Pour une fois, il voulait passer une journée à faire le con avec une fille sympa, qui n’était pas là pour lui rappeler tout ce qu’il avait fait de mal ; il voulait abandonner ses soucis, quitter ses démons, oublier ses torts, laver ses fautes. Profiter d’une journée de plus sur cette terre. Son précieux fardeau dans les bras, il ouvrit la porte d’un bon coup de pied et découvrit une cuisine piteusement sobre. En dépit de toute cette bonne humeur, ils se trouvaient au sein d’une confrérie d’hommes et de femmes qui vivaient dans la sobriété… Enfin, ils ne devaient quand même pas se laisser mourir de faim ! Décidé, Gil déposa Lë sur la table. S’il envisagea une folle seconde de l’allonger sur le bois lisse pour lui faire l’amour, leurs ventres affamés qui grognèrent de concert l’empêchèrent de mener à bien un fantasme qu’il gardait toutefois pour plus tard. Il fouilla quelques placards, dénicha de quoi faire du pain perdu, força sa mémoire à se souvenir de la façon dont sa mère le préparait quand il était petit, renonça dans un juron. Une main bandée vint lui prêter main forte. A deux, les envoleurs parvinrent à se confectionner un petit-déjeuner qui saccagea la cuisine, mais qui fit le bonheur de leurs estomacs ! Quand le rêveur qui avait soigné Lëroya entra, il observa les dégâts d’un air vaguement désespéré, puis il soupira longuement. Une lueur amusée scintilla derrière les verres de ses lunettes.

- Je suppose que cet appétit de lion est bon signe. Comment vous sentez-vous ce matin ?

Gil avala une rasade de jus de fruits frais tout en observant Lëroya qui se soumettait de bonne grâce à une auscultation rapide du rêveur. Elle avait retrouvé des couleurs et paraissait plus reposée. Difficile de croire qu’elle avait tenu tête à deux brûleurs seulement quelques heures plus tôt… !

- Vous pouvez rentre chez vous, affirma enfin le rêveur. Sans trop vous agiter pendant quelques jours encore, et en continuant d’appliquer le baume sur la main.

Face à tant de gentillesse, Gil proposa son aide pour ranger tout le désordre dont Lë et lui étaient coupables, mais on les pria poliment de n’en rien faire. En fait, les rêveurs n’attendaient qu’une seule chose : que ces deux-là déguerpissent !

- Je te dépose quelque part ? demanda Gil d’un ton léger quand ils se retrouvèrent dehors.

Chante-Brume, qu’il tenait par les rênes, piaffait d’impatience et Frénésie, juste à côté, était dans le même état.

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MessageSujet: Re: [-18] Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Ven 08 Juin 2018, 01:01

- Comment vous sentez-vous ce matin ?
- Ça va mieux maintenant que j'ai mangé !
Je souris en échangeant un regard avec Gil. C'est vrai qu'on a fait un sacré carnage dans cette cuisine... Mais bon. Un carnage de cuisine, c'est pas trop mal comme prix pour autant d'amusement !

Je laisse le Rêveur s'occuper de moi rapidement. Il change mon pansement, me remet une bonne couche de sa crème qui pue, m'enroule encore le poignet dans une bande. Ma peau pulse toujours douloureusement quand j'y pense, mais si je ne me focalise pas dessus, ça va, c'est pas insurmontable.

- Vous pouvez rentre chez vous. Sans trop vous agiter pendant quelques jours encore, et en continuant d’appliquer le baume sur la main. Je hoche la tête : J'ai plutôt envie de retrouver l'entière mobilité de ma main, donc oui je me tiendrai à carreaux... Dans la mesure du raisonnable.

*


- Je te dépose quelque part ?

Je lève les yeux vers le visage de Gil, perché sur son cheval. Un sourire étire mes lèvres, et je hoche du menton, me hissant avec précision sur le dos du second cheval qu'il transporte.

- J'ai besoin de passer par Al-Chen, si c'est sur ta route ! lui dis-je en lui adressant un clin d'oeil. Il faut que je récupère mes commandes et flacons spéciaux chez mon herboriste préférée de tout l'Empire - avec des connaissances improbables.

Je cligne des yeux, un sourire flottant sur mes lèvres. Me penchant en avant sur l'encolure de ma monture, je l'encourage d'un murmure, et on s'élance dans un galop effréné. Je ris aux éclats, me redressant sur mes étriers, une main sur la couture de mes rênes et l'autre, bandée, levée vers le ciel.

Libre.


*


On s'est arrêtés près d'une rivière alors que le soleil se couche à l'horizon. Les Rêveurs n'avaient que de frugales réserves, et rien à nous donner pour nous sustanter après être partis, il va donc falloir chasser quelque chose.
Un instant, je caresse du bout des doigts l'idée de lancer une partie de chasse à qui ramènerait le plus gros tribu, mais je laisse tomber rapidement alors que ma main est plus douloureuse que ce matin.

Je sens le sang pulser au bout de mes doigts. Je sais que c'est bon signe, ça veut dire que le processus de guérison est bien lancé, mais ça tire un peu quand même.

M'agenouillant sur le sol, je commence à rassembler des grosses pierres d'une seule main pour dessiner un foyer. Je frissonne, j'ai un peu froid, et je me redresse pour aller chercher mon sac que j'avais accroché sur la selle de ma monture. J'en tire mon épaisse cape de fourrure d'ours et la passe sur mon dos, sans rabattre pour autant le crâne et les dents sur ma tête. Ahh, ça fait du bien, j'ai instantannément plus chaud !
Un frisson me traverse et je me ré-agenouille devant les cailloux en bazard pour en faire quelque chose de plus ordonné.

Relevant le menton, je remarque que Gil me fixe avec un air bizarre. Je ne peux pas m'empêcher de lui faire une grimace.
- Tu veux pas aller chercher à manger, plutôt que de rien faire, Homme ? je plaisante tout haut. Avant d'éclater de rire.[/color]

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-18] Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Sam 20 Oct 2018, 18:39

Gil soupira quand Lëroya enfourcha Frénésie. Al-Chen ? Non, pas du tout sur sa route. Mais bon, il était disposé à faire un détour. Il préférait encore avoir mademoiselle à l’œil plutôt que de la craindre à nouveau en tête à tête avec une bête colossale et mortellement dangereuse. Bon, la véritable raison c’était qu’il n’était pas pressé de la quitter, exactement comme la première fois qu’ils avaient passé du temps ensemble. Alors il tâcha de ne pas trop penser à la jungle d’Hulm, et il fit volter Chante-Brume. Un bras en l’air, il s’éloigna en saluant les Rêveurs qui, il s’en doutait, les observaient par les fenêtres de la confrérie. Déjà énorme, la dette qu’il avait envers eux venait encore de s’alourdir… Aucun regret n’habitait son cœur, toutefois, lorsqu’il piqua des deux pour rattraper Lë.


*


- Tu veux pas aller chercher à manger, plutôt que de rien faire, homme ?

Ce fut son rire, plus encore que ses paroles, qui tira Gil de sa stupeur. Il avait senti sa bouche s’assécher un paquet de fois dans la journée, tandis qu’ils voyageaient de concert ; il suffisait que Lë passe sa langue dans un tic ravageur sur ses lèvres pour lui faire perdre un ou deux neurones d’un seul coup. Là, c’était différent. Elle était affublée d’une peau d’ours et, accroupie devant son petit tas de pierres, elle délimitait ce qui allait être leur feu. C’était une vision tellement primitive qu’il lui fallut bien deux minutes pour arriver à s’en remettre, et encore, quand il s’éloigna en quelques pas incertains dans le sous-bois, il n’avait pas les idées franchement claires… Cette fille, bon sang, il la désirait ! Mais il avait remarqué comment elle plaçait sa main, évitant de l’utiliser parce qu’elle devait lui faire mal en cette heure avancée de la journée. Cette chevauchée depuis la confrérie devait l’avoir fatiguée. Enfer, j’ai quand même envie de te prendre avec rien d’autre que cette peau sur le dos, songea-t-il en ronchonnant à voix basse.

Il était parti sans arc. Le couteau glissé à sa ceinture, contre ses reins, ferait l’affaire. Pour le reste… Il retroussa ses manches et dévoila ses poignets.


*


Moins d’une heure plus tard, il rejoignit Lëroya d’un pas tranquille, un marcassin de bonne taille sous le bras. Chasser avait eu le mérite de lui changer les idées et surtout d’apaiser sa frustration, mais bien sûr, quand il posa les yeux sur Lë, il sentit son sang s’échauffer. La nuit était tombée pour de bon, et le feu qu’elle avait fait éloignait les ombres sur quelques mètres autour d’eux. Côte à côte, ils se préparèrent à manger dans un silence non pas gêné, mais appréciateur : ils évoluaient sans besoin de se concerter, leurs gestes empreints d’une grande habitude, l’un et l’autre rompus aux voyages en solitaire à travers l’empire. Autrefois, Gil aurait préféré faire tout ça tout seul. Là, il était heureux d’avoir chassé pour quelqu’un d’autre. C’était sans doute un peu primitif ça aussi, et il haussa les épaules alors qu’ils mettaient la viande à cuire. Il fallait attendre, à présent. En appui sur les coudes, il étendit ses longues jambes et plissa les yeux pour observer leurs grillades en dépit de la forte luminosité du feu.

- Pas trop mal à la main ?

Il espérait qu’elle allait attendre qu’ils aient mangé avant de refaire son pansement ; sa pommade sentait tellement fort qu’elle était capable de lui retourner l’estomac et de lui couper l’appétit !



[Niaaah, j'avais complètement zappé qu'il n'était pas terminé celui-là ! Du coup ma réponse est bof, désolée ^^]

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MessageSujet: Re: [-18] Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Mer 24 Oct 2018, 18:03

Il est revenu en moins de deux vingtaines de minutes au camp, et je ne me retiens pas de pousser un soupir : oh, j’aurais pu chasser, même avec une seule main, mais quand même c’est plus pratique comme ça, surtout vu le temps que j’ai mis à foutre trois pierres en cercle. Mais bon, c’est comme ça, et surtout j’ai besoin de cette main, alors je vais en prendre soin pour ne perdre aucune mobilité ; ça serait le pompon !

Le silence dans lequel on est plongé est paisible, et je l’apprécie à sa juste valeur. Je peux devenir bavarde, mais le calme et le silence sont des choses que j’aime particulièrement également. Le marcassin est bon, même si un peu plus de cuisson ne lui aurait pas fait de mal, mais j’avais trop faim pour attendre une heure de plus.

Je sens mon sang pulser douloureusement dans mon avant-bras jusque dans le bout de mes doigts. Ça pique, c’est franchement pas agréable. Je n’arrête pas d’essayer de fermer les doigts et de me reprendre au dernier moment en sachant que si je bouge, ça va être pire à cause des débuts de cicatrisation.
Apparemment Gil a remarqué mon manège, car il me demande si j’ai mal.
Je me contente de hausser les épaules.

- Si, ça fait mal. Mais je survivrai hein.

J’attrape le dernier bout de viande dans mon plat pour l’avaler tranquillement sans pouvoir m’empêcher de jeter un regard à Gil par-dessous mes cils.
Il se passe quelque chose, là, dans mon corps. Un truc qui ne s’est jamais vraiment produit avant ; j’en ai entendu parler sans pour autant l’expérimenter ou le comprendre. J’en avais une idée sans pour autant connaître les réelles sensations.
Dans une petite inspiration, j’avale ma dernière bouchée de nourriture avant de laisser retomber mes bras et mes mains sur mes genoux.
Mes sourcils se froncent ; mais qu’est-ce que c’est que ça ?

Ça fait tout chaud dans le ventre ; ce n’est pas que de l’attirance là tout de suite.
Ça fait tout chaud dans le ventre et dans la poitrine. Ça fait palpiter mon cœur sans pour autant emballer ma respiration. C’est ça, tout basiquement, le désir ? Cette pulsion qui pousse vers l’autre, sans penser trop, sans retourner les choses dans sa tête pour savoir comment s’y prendre, comment se comporter… ?

Je m’ébroue un instant.
Pourtant, là, je suis en train de penser trop ; mais en même temps c’est ma manière de faire, habituellement.

Ça pue, ça.

Je lève les yeux vers Gil, franchement cette fois, pour me plonger dans son regard bicolore. J’ai cette impression prenante de dériver pendant plusieurs minutes, happée par les reflets chatoyants du feu dans les iris de l’Envoleur. Un long soupir franchit finalement mes lèvres, je fais rouler ma tête sur mes épaules.

Baissant le menton, je touche les doigts de ma main blessée avec mon autre main. La sensation est très éloignée de ce que cela devrait être ; je me sens toute engourdie, avec des fourmis partout dans l’avant-bras jusqu’au bout des doigts. Il faut que je refasse mon pansement et que je le serre moins ; c’est comme si j’avais la circulation coupée.

Je secoue la tête de gauche à droite pendant un court instant, avant de relever le nez.

- Tu m’aides ? Je pense que c’est trop serré, en plus, il faut moins tirer sur la bande cette fois.

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MessageSujet: Re: [-18] Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Mer 24 Oct 2018, 23:59

Gil hocha la tête. Tu m’étonnes que ça fait mal, t’as fait cramer ta main, quand même… Il était à la fois sidéré, impressionné et dépité qu’on puisse s’infliger ça pour sauver sa peau. Décidément, cette nana était unique en son genre ! Et pas très patiente, ajouta-t-il en la voyant attraper sa viande encore saignante. Il la regarda mordre dans la chair grillée à pleines dents, laissa échapper un juron… et se servit à son tour. Comme s’il était plus patient qu’elle, franchement ! Bon, ça allait. Le marcassin aurait mérité de cuire plus longtemps mais elle lui avait donné une faim de loup, alors il dévora sa part sans plus se soucier de rien. C’était agréable, de ne penser à rien ! Et pas possible, en fait. Il y avait toujours une pensée ou deux qui se baladaient dans son crâne. Cependant, il ne se prenait pas la tête, et ça, c’était bien ! Lëroya, par contre, avait l’air songeuse. Il l’observa du coin de l’œil tout en rongeant un os. Mouais, elle était partie loin, là. Il haussa un sourcil en voyant plusieurs émotions passer sur son visage. A quoi pouvait-elle bien penser, là ?

Elle leva soudain la tête et croisa son regard. Longtemps. Il s’y perdit bien volontiers. Il aimait la nuance changeante de ses yeux, la frange de cils épais dont ils étaient ourlés, la ligne bien dessinée des sourcils, juste au-dessus, capable d’un simple frémissement d’ancrer mille expressions différentes dans ce regard… Bon, là, il était trop las pour arriver à déchiffrer le message. Ou bien alors il n’était pas habilité à le comprendre. Dans tous les cas, cet échange lui fit perdre toute notion du temps, si bien que quand il se rompit enfin, Gil se demanda un bref instant où était passée sa viande. Avant de se rappeler qu’il l’avait mangée. Ha, ha. Il marmonna quelque chose, posa sa gamelle, agita le foyer du bout de sa botte. Le vent s’était calmé mais la nuit avait amené une froideur humide qui allait peut-être les gêner dans leur sommeil. Il allait falloir veiller à ce que le feu reste vif et haut. Une nuit, pensa-t-il en fixant les flammes qui dansaient dans un crépitement familier. Ensuite, il déposerait Lë à Al-Chen et mettrait les voiles. Le temps de se refaire en vivres, et…

- Tu m’aides ?
- Mmh ?


Tiré de ses pensées, il se tourna dans sa direction et la vit palper sa blessure avec hésitation.

- Je pense que c’est trop serré, en plus, il faut moins tirer sur la bande cette fois.

Dans le feu, une branche craqua violemment. Gil se leva. Il prit son sac, dans lequel se trouvait de quoi s’occuper de l’envoleuse, puis s’installa en face d’elle, à califourchon sur le même tronc renversé, et se rapprocha jusqu’à pouvoir l’embrasser. Ce qu’il ne fit pas, c’était juste… une possibilité qu’il envoya balader dès qu’elle s’imposa à lui. Il n’était plus un ado en rut, bordel ! Un peu de tenue ! Il attrapa la main de Lëroya et commença à dérouler la bande, jusqu’à découvrir la peau. Ça avait l’air sensible, mais au moins c’était en bonne voie de guérison ! Sans un mot, il appliqua le baume puant, le plus délicatement possible, à l’écoute de la moindre tension de la part de la jeune femme. Il déroula ensuite une bande propre et entreprit de refaire le pansement, en prenant garde cette fois de ne pas trop serrer la main blessée. Ses gestes étaient sûrs, mais doux. Ce n’était pas son premier pansement, et certainement pas le dernier ! Une fois le nœud terminé, au lieu de lâcher la main pour vaquer à d’autres occupations sans doute plus prudentes, Gil fit courir ses doigts le long du poignet. Il remonta le long de l’avant-bras, doucement, précautionneusement. Tentative de séduction ? Caresse érotique ? Nope ! Massage maison, tout simplement : il s’appliqua à dénouer la tension nichée dans les muscles, permettant en même temps au sang de mieux circuler. De l’avant-bras, il passa aux biceps, aux triceps puis au deltoïde. Toute la journée, Lë avait adopté des postures un peu moins naturelles pour soulager sa main, ce qui causait toute cette tension douloureuse le soir venu.

- Tu as l’air de te démener avec tes pensées, dit-il d’un ton calme, en remontant jusqu’à la nuque. Un souci ?

Il lui semblait que la main n’en était plus vraiment un, surtout si elle suivait à la lettre les recommandations des rêveurs… D’un autre côté, il n’avait pas envie de la brusquer. Il l’avait déjà vue se fermer comme une huître et il ne souhaitait pas que cela arrive de nouveau. Ses doigts jouèrent sur l’omoplate de Lëroya. Eh oui, il pouvait être délicat quand il s’appliquait, le bougre !

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Lëroya Palabré
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MessageSujet: Re: [-18] Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Ven 11 Jan 2019, 17:35

Le massage me fait un bien fou. Évidemment, la journée a été longue et je n’ai pas cessé d’essayer de trouver des postures moins inconfortables pour ma main, donc forcément ça se ressent dans les tensions nichées au creu des muscles de mon bras.
Je pousse un petit soupir de contentement et ferme les paupières pour aider activement le massage à être plus efficace en faisant l’effort conscient de relâcher mes muscles où les doigts de Gil se posent.

Mon esprit dérive à ce contact sur mon deltoïde. Je sens mon souffle s’accélérer un peu et le ralentit en utilisant mon ventre. J’ai envie de me coucher en position foetale et de me blottir contre le dos de l’Envoleur. Non, mauvaise idée ma vieille. La sensation dans mon ventre grandit, et je secoue la tête pour essayer de la chasser ; je crois qu’en fait j’ai pas envie de l’analyser, ça m’effraie.
Et si ça m’effraie, c’est exactement ce pour quoi je dois creuser dessus. Est-ce que j’ai envie de le faire là ce soir ? En fait, je n’arrive même pas à comprendre ce qui pourrait m’effrayer. Mmm. Si, peut-être finalement. J’ai mon inconscient qui tente de me parler, ça gratte à l’arrière de ma tête.

- Tu as l’air de te démener avec tes pensées. Un soucis ?

J’ouvre les yeux en cherchant le regard de l’Envoleur à côté de moi. Prenant une inspiration, je reste muette plusieurs secondes, essayant de bouger mes doigts sous le bandage pour voir si la sensation de pression était gérable et que ma circulation n’est pas coupée.
Ça a l’air d’aller.
Alors, je remonte le regard sur le menton de Gil, sur ses lèvres entrouvertes, avant de me plonger dans ses yeux en inspirant un peu trop rapidement.

Une idée que je ne veux pas accepter est en train de faire son chemin dans ma tête. Je cligne des paupières, fronce le nez, détourne le regard pour le poser sur le feu. Je ferme les yeux un instant, essayant de me recentrer, alors que la panique fait battre mon coeur la chamade, que mes doigts commencent à trembler, que mon souffle s’accélère brusquement.
Mes lèvres s’entrouvrent une seconde, je me passe ma langue dessus car elles sont subitement affreusement sèches. Ma bouche entière s’est subitement asséchée en fait. Ma prochaine inspiration est saccadée, j’essaye de secouer la tête.

- Il faut croire. Mais ça se passe dans ma tête, et j’ai besoin de démêler tout ça. Ça va aller. Je lui souris timidement, mais me détourne rapidement quand même pour attraper ma peau d’ours et m’en envelopper. La nuit va être froide et humide, j’en aurais besoin.
- On devrait dormir.
Je lui souris, plus franchement cette fois. Aucune invitation là-dedans, juste de la gratitude. Parce qu’il a été là pour moi toute la journée et depuis que ces deux couillons de Brûleurs me sont tombés dessus.
- Merci pour ton aide, Gil. Ça compte beaucoup pour moi !

Mes doigts caressent un instant la pommette de l’Envoleur, avant que je me détourne pour aller me coucher près du feu.

*

Quand je me réveille au milieu de la nuit, la lune brille doucement, entourée de sa batterie d’étoiles. Gil semble toujours dormir, et je souris doucement en me levant sans bruit. Telle une ombre, je prépare mes affaires et mon cheval sans le réveiller malgré mon handicap avec ma main.
Seulement quand je suis enfin prête à partir, je me penche au dessus de lui pour repousser une des petites mèches de cheveux qui lui tombent sur le front, effleurant sa peau au passage.
- Tu es quelqu’un comme on en rencontre rarement, Gil. Prends soin de toi. Je lui dépose un petit baiser sur la tempe avant de monter sur mon cheval.

Avec juste un petit regard en arrière.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-18] Dulce et exusta est mortis [ Gil ]    Ven 11 Jan 2019, 20:31

Il commençait à mieux la connaître, à la comprendre un peu… et dans sa façon de détourner le regard, de se tendre à nouveau, de chercher ses mots, il eut déjà un élément de réponse. Conscient qu’il était lié au problème, d’une façon ou d’une autre, Gil interrompit son massage et recula très légèrement. La petite partie en lui qui crevait d’envie de renverser cette femme sur le sol pour se plonger en elle ne faisait pas le poids face à celle qui se souciait de son état ; Lëroya comptait désormais beaucoup trop pour cela. Chez lui, cela signifiait deux choses : un, il ne se laissait plus dominer par ses instincts primaires, preuve que la sauvagerie bestiale qui l’avait animé par le passé s’était définitivement apaisée et deux, une nouvelle faiblesse était née. Qu’on s’en prenne à lui à travers la jeune femme et il était cuit. Evidemment, cette idée ne lui plaisait pas du tout : il n’aimait pas se sentir aussi vulnérable, surtout pas à cause de quelqu’un, mais les faits étaient bien là.

Il se serait jeté dans hésiter dans la gueule d’un brûleur pour aller la récupérer.

- Il faut croire. Mais ça se passe dans ma tête, et j’ai besoin de démêler tout ça. Ça va aller.

Gil hocha la tête, la regarda s’emmitoufler dans sa peau d’ours. D’une certaine manière, et même s’il n’avait pas toutes les cartes en main, il voyait ce qu’elle voulait dire : il avait dû lui aussi passer plus d’une fois par cette phase, pénible et néanmoins essentielle, d’introspection. Bien sûr que ça allait aller, oui ! Tout comme sa main se remettait doucement, mais sûrement, Lë allait retrouver son chemin dans les méandres de ses pensées et de ses émotions. Il baissa les yeux vers ses doigts qui le picotaient depuis qu’ils avaient rompu leur contact avec la peau de l’envoleuse. Lui aussi, il n’était pas complètement en paix avec lui-même. Plus serein, plus confiant et surtout plus humain, certes ! Mais en paix, c’était encore compliqué. Il essayait toujours de s’adapter à ce besoin de la présence de l’autre, lui qui s’était contenté de la solitude si longtemps…

- On devrait dormir.
- Ouais.


Il comprenait sa fatigue, après les derniers événements et cette journée de voyage. Lui-même se sentait un peu las ce soir. Il allait se lever du tronc pour aller s’installer quand elle leva soudain la main et effleura sa joue, le statufiant en un quart de seconde. C’était presque magique comme réaction en chaîne : contact, souffle court, battements affolés, frissons, bien-être. Tout ça en une seule fois et d’une façon qui le rendait franchement con. Il resta donc immobile sous le regard reconnaissant de Lëroya. Immobile et terriblement vulnérable.

- Merci pour ton aide, Gil. Ça compte beaucoup pour moi !

Il pouvait compter sur les doigts le nombre de fois où on lui avait offert ces mots ! Tant et si bien qu’entre le geste de Lë et ses paroles, Gil eut un mal fou à réagir. Il dut se racler la gorge pour laisser passer sa réponse, et encore, son amie s’était déjà levée.

- Pas d’quoi.

Son éloquence lui tira une grimace et il s’administra une gifle mentale tandis que Lëroya s’installait. Quelle profondeur. Bravo, mon vieux. Il lui jeta un coup d’œil, sourit en constatant qu’elle dormait déjà. Pas qu’un peu fatiguée, la cracheuse de feu… Gil se leva à son tour et s’étira, puis il contourna le feu et s’accroupit près d’elle. Il observa ses traits détendus par le sommeil, écouta un moment son souffle calme et régulier, tendit une main… et la ramena à lui avant d’avoir fait quoi que ce soit qui puisse la déranger dans ses rêves. Plus tard. Pas maintenant. Elle avait besoin de récupérer. Il s’installa à ses côtés, pas trop près, juste assez pour que sa présence soit un baume réconfortant. Les mains croisées derrière la nuque, il s’abîma dans la contemplation des étoiles. Se demanda si Mak les regardait lui aussi. S’endormit sur cette drôle de question.

Un souffle chaud le tira du sommeil, mais il grogna et se roula en boule. Persistant, le souffle se perdit dans son cou avant que de lèvres veloutées ne viennent taquiner son front et fourrager dans ses cheveux. Chante-Brume… la petite maligne avait dû se détacher. Elle lui donna un coup de tête qui le fit sourire malgré lui.

- T’es sérieusement gonflée, ronchonna-t-il avant d’ouvrir un œil.

Pas besoin de se retourner pour deviner que Lëroya était partie : il le savait. C’était une drôle de certitude doublée d’une pointe de regret qu’il repoussa de la même façon qu’il repoussa la grosse tête de sa jument pour s’asseoir. Plus tard, alors qu’il chevauchait tranquillement sous une pluie diluvienne, il se rendit compte qu’il souriait toujours. Lë était partie et il avait à faire de son côté, mais… ils se recroiseraient.

Bientôt.

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[-18] Dulce et exusta est mortis [ Gil ]
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