AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  RèglementRèglement  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Le Pacte VS L'Ordre
Bienvenue sur Chaos VS Harmonie !

Tu pourras ici incarner un personnage de ton choix, Marchombre ou Mercenaire, et le faire évoluer dans l'univers du forum.
Cours pour améliorer les capacités de ton personnage, aide en RPG, Hors RPG et jeux, tu ne peux que t'amuser avec nous !

Si tu ne connais rien à Gwendalavir, cela ne t'empêchera pas de te joindre à nous, car un récapitulatif de tout ce qu'il y a à savoir est disponible dans le contexte

En espérant te compter très bientôt dans nos rangs,
L'équipe
Cours Envoleurs
Cours Marchombres
Panneaux
Votez (1)
Votez (2)
Votez (3)
Votez (4)
Tops Sites


Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

Une majorité de membres prennent un an !

En ce début d'année, merci de consulter ce sujet !

Si d'ici deux semaines, vous n'avez pas ajouté l'année à votre personnage,
vous serez sorti de votre groupe.
Si d'ici un mois cela n'est toujours pas fait, cela sera un avertissement !


Seuls les derniers inscrits (depuis Septembre 2017) ne sont pas concernés,
donc n'oubliez pas de poster pour nous notifier de vos modifications !



Partagez | 
 

 L'ambre et la glace [Gil]

Aller en bas 
AuteurMessage
Kanaëkhian Kwaekoanok
Maître Marchombre
avatar

Nombre de messages : 55
Date d'inscription : 24/02/2016

Feuille de personnage
Age: 31 ans
Greffe: Regard paralysant
Signe particulier: Insensibilité au froid - Léger accent quand elle parle

MessageSujet: L'ambre et la glace [Gil]   Dim 28 Jan 2018, 23:35

Longtemps. Trop longtemps. Cela faisait de longs mois que Khia n’avait plus eu aucun apprenti à charge. Cela avait bien sûr ses bons côtés, car elle était libre d’arpenter l’Empire à sa guise sans que personne ne l’attende. Pas d’obligations. Pas de responsabilités. Rien. Alors elle continuait de vivre comme elle l’avait toujours fait, en nomade. Toujours. Tout le temps. Elle vivait simplement. Librement et entièrement. Le regard d’un bleu acier de la jeune femme coula sur l’horizon ; le ciel explosait en une multitude de couleurs orangées, roses, rouges. Des teintes vives et pétillantes, que la jeune femme prit le temps d’apprécier jusqu’à ce que le soleil disparaisse par-delà les plaines qui s’étendaient au nord d’Al-Chen. La ville marchande se découpait dans la lumière décroissante et se dressait majestueusement. Soupirant imperceptiblement, la jolie blonde donna une légère impulsion à Loki, qui se lança dans un galop puissant.

~ * ~ * ~


Il régnait à l’Orchidée sauvage une atmosphère tout à fait exotique. C’était une petite auberge, nichée au creux d’une charmante petite ruelle pavée, au cœur de la ville. Une bonne odeur de feu de bois imprégnait jusqu’à chaque recoin de cet endroit, mêlée à celle, plus subtile, des épices. Secouant sa longue crinière dorée, la Marchombre s’avança vers le bar d’un pas tranquille et serein. Cette auberge était radicalement différente de toutes celles qu’elle avait pu fréquenter à travers l’Empire tout entier. Il semblait à la jeune Aoki de débarquer dans un autre monde, croisement entre la taverne pirate des îles du sud et une jolie petite maison de famille. La froideur des murs en vieille pierre était rehaussée un peu partout par un bois chaud aux couleurs tirant parfois sur des teintes un peu plus miel, et même carrément ambrées.

- « He dààj ! » salua Naë d’un ton enjoué, tandis qu’elle s’accoudait sur le comptoir en bois massif de karabé, un arbre tropical, dont le tronc se paraissait d’une teinte légèrement ambrée, qui ne poussait que dans les Alines.

Aussitôt, une jolie femme à peine plus âgée qu’elle s’approcha, bloc note à la ceinture et crayon maintenu derrière l’oreille. Avec sa peau caramel, son regard profondément doré et ses longs cheveux d’un noir de jais, elle dégageait quelque-chose de magnétique. Littéralement. Leurs regards se croisèrent un instant et la tenancière – avec toute cette assurance qui émanait d’elle, il ne pouvait en être autrement – décocha un sourire rayonnant qui devait déjà en avoir fait fondre plus d’un.

- « Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? » demanda-t-elle, poing sur la hanche. Une étincelle éclairant son regard doré.

~ * ~ * ~


Un homme passablement beau avait offert un verre à Khia. Visiblement intéressé par l’idée de voler une nuit avec la jolie Marchombre, le pauvre homme n’avait récolté qu’une danse en guise de remerciement. C’était le moins qu’elle avait pu faire, mais elle n’en voulait pas plus. Il fallait bien avouer qu’il n’avait pas l’air bien finaud celui-là : il roulait des pectoraux avec ses amis, dans un coin de la salle, mais ne valait sans doute pas grand-chose en réalité. Haussant les épaules toute seule, la jeune femme observait la petite scène qui avait été installée. Apparemment, chaque soir se produisait là un spectacle différent : musique, théâtre, acrobaties… Les animations étaient sacrément variées et divertissante. Elles contribuaient, d’une certaine manière, à fidéliser la clientèle de cette petite auberge qui avait ouvert ses portes quelques semaines auparavant.

Les quatre musiciens qui animaient cette soirée étaient tous originaires des Alines, et proposaient une musique rythmée et entraînante, qui échauffait les esprits et rapprochait les corps. Le cœur de Khia s’emballait parfois au tempo donné par les percussions, tandis que ses pensées s’évadaient vers l’océan du sud au son de l’harmonica. Un autre jouait de la guitare avec une habileté époustouflante, tandis que le dernier, un flutiste qui arborait un air mutin, donnait à la mélodie un côté espiègle et joyeux.

Tandis qu’elle sirotait sa liqueur d’orange, rehaussée d’un soupçon de piment doux et d’une pointe cannelle – mélange étrange et original qui portait un nom aux consonnances toutes aussi exotiques, La Naïs – le regard de la jeune Aoki fut attiré par une silhouette. Grande – plus grande qu’elle, ce qui n’était pas toujours monnaie courante en Gwendalavir – fine, mais carrée. Un homme, indéniablement, qui s’attabla dans un coin de la salle. Seul. Il arborait une mine absolument épouvantable et avait l’air de porter sur ses épaules tout le malheur du monde. Oh, il n’avait pas spécialement l’air triste, ou malheureux, mais juste fatigué. Profondément fatigué. Cela fit froncer les sourcils de la jeune femme, qui finit d’une rasade la dernière gorgée de son verre. En fait, il le faisait littéralement penser à un loup solitaire. Le genre de type un peu sauvage, mais au fond terriblement attachant. Il n’avait pas l’air de l’avoir remarquée au milieu de tout ce monde, et de l’animation ambiante.

Aérienne et légère, Khia se leva et serpenta entre les tables gracieusement. S’arrêta, alors que son regard d’un bleu glacier tombait sur le petit instrument de musique qui gisait au sol. Là. Juste là. Une flûte, sculptée dans un bois clair. Usée. Ramassant l’instrument, la jolie blonde le fit rouler un instant entre ses doigts, songeant que décidément que les Alaviriens étaient radicalement différents de son peuple. Avant d’arriver en Gwendalavir, elle ne connaissait pas la musique. Du moins, la seule qu’elle connaissait n’était pas aussi diversifiée et mélodieuse. Les seules notes qui tintaient dans ses souvenirs étaient celle des percussions de toutes sortes, qui rythmaient les fêtes et cérémonies des Aokis. Haussant les épaules toute seule, la Marchombre continua son chemin à travers la salle.

Alors que son regard croisait celui, bleu et marron, de l’inconnu solitaire, la jeune femme lui tendît la flûte sans aucune hésitation. Elle affichait un sourire rayonnant. Et son regard glacier brillait de mille feux. Sa longue crinière blonde flottait dans son dos, chatouillant le creux de ses reins. Son corset de feutrine bleu rehaussait son regard aux nuances si profondes et sa jupe dévoilait de longues jambes galbées. Bon, elle portait tout de même des bottes fourrées qui montait jusqu’à la moitié de son mollet ; mais tout de même, ainsi vêtue, en plein cœur de l’hiver, il n’était pas rare qu’on la prenne pour une folle ou une nymphomane. Ou peut-être les deux.

- « He dààj ! » salua-t-elle avec bonne humeur « Je crois que tu as fait tomber ceci… » affirma-t-elle en tendant l’instrument à son propriétaire.

__________________________________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Giliwyn SangreLune
Maître Envoleur
Créateur de psychopathes
avatar

Nombre de messages : 1045
Date d'inscription : 28/03/2011

Feuille de personnage
Age: 39
Greffe: Aiguilles jaillissant du dos de ses poignets, d'une dizaine de centimètres de long
Signe particulier: Son prénom est celui de son père, son nom de famille celui de sa mère. Yeux vairons.

MessageSujet: Re: L'ambre et la glace [Gil]   Mer 31 Jan 2018, 19:42

En général, Gil s’estimait plutôt endurant, quel que soit le domaine concerné : course, bagarre, boisson, sexe… entre une volonté d’acier et une forme digne d’un guerrier bien entraîné, il laissait peu de place au découragement et à la fatigue. Mais là, il était épuisé. Littéralement. Les trois derniers mois avaient été trop riches d’émotions et d’emmerdes pour qu’il ne pousse pas son corps jusqu’à des limites déjà bien loin sur l’échelle de la santé du commun des mortels ! Déjà mince, il avait perdu quelques kilos ; comme il avait renoncé à couper sa barbe, elle lui mangeait les joues et allongeait d’autant plus son visage aux traits marqués. Ses yeux cernés lui donnaient un air peu commode. Tant mieux. Ça éloignait les indésirables, mais paradoxalement il avait besoin d’eux pour se nourrir, puisqu’il n’avait même pas la force de chasser correctement. En fait, si l’un de ses nombreux ennemis lui tombait dessus maintenant, il n’aurait qu’à lui souffler au visage pour le faire tomber. C’était ridicule et dangereux. Encore lucide sur ces deux points, Gil s’était donc arrêté à Al-Chen, alors qu’il avait prévu de contourner la ville pour remonter plus vite vers la jungle d’Hulm. Il fallait qu’il se repose s’il voulait avoir une chance d’offrir sa selle à Makeno.

Il faillit s’allonger dans la paille de l’écurie où il laissa Chante-Brume et Frénésie. Sans le refus catégorique de la bonne femme qui s’occupait de soigner les montures, il serait déjà en train de ronfler entre les jambes de sa jument… Indécrottable, la palefrenière lui indiqua l’auberge attenante. Allez mon vieux, plus que quelques pas. Sans jeter un seul coup d’œil à l’enseigne, il poussa la lourde porte et pénétra dans l’atmosphère chaleureuse et accueillante de l’établissement. Ça lui était vaguement familier, ce mobilier et ces couleurs, mais il n’avait pas envie de fouiller ses souvenirs maintenant. D’autant que bien souvent, il s’agissait de souvenirs qu’il aurait préféré oublier complètement. Ignorant le poids des regards qui tombèrent sur lui, attirés par ce grand échalas à la mine patibulaire, Gil choisit une table reculée et se laissa tomber sur sa chaise. Il ne repoussa pas sa cape en dépit de la chaleur du feu de cheminée. Il lui restait tout juste de quoi se payer une chambre et un repas frugal. En d’autres circonstances, il aurait gardé cet argent pour plus utile, mais il lui fallait d’urgence un bon lit et quelque chose de chaud dans le ventre.

Le simple fait de s’être assis lui faisait du bien. C’était vraiment rare qu’il se sente aussi faible, au point qu’il se demandait s’il ne couvait pas quelque chose, mais il était plus probable que son état pitoyable soit la conséquence de tout ce qui lui était tombé dessus ces dernières semaines. Il y avait eu Kaü, Syles et Rybris, avec leur échappée belle des mains de tortionnaires plutôt pervers et de la Légion Noire, puis Theia, cette drôle de gamine qui avait sans doute un peu de sang thül dans les veines, pour qui il avait massacré tout un clan de mercenaires. Il avait ensuite fallu tirer Brindille des griffes de la pègre du Pollimage, puis sauver Tsukia d’une petite cuite au poison. Rien que de repenser à cette course contre la mort, il frissonna. Après quoi il était tombé sur les restes encore fumants de deux Brûleurs… et d’une Lëroya à moitié vivante et très amochée. Nouvelle frayeur avant le soulagement. A force de faire le yoyo, son cœur allait finir par déclarer forfait ! C’était une réalité. Il avait beaucoup tiré sur la corde, à se démener pour protéger tout ce petit monde, s’oubliant volontiers pour mieux remplir son rôle. Il ne regrettait pas ce choix, puisqu’il n’avait perdu personne. Si c’était à refaire, il n’hésiterait pas, même s’il râlerait fort. Il ne voulait plus perdre qui que ce soit, c’était comme ça. Résultat, tu vas mourir de fatigue avant d’avoir atteint la moitié de ta vie !

Si tel était son destin, il n’était pas contre. Mais ce qui marquait un profond changement en lui, c’était ceci : il n’était pas pressé. Plus autant qu’avant. Il avait fait l’amère expérience de survivre à sa fille et à sa meilleure amie, pourtant, après une descente aux enfers plutôt vertigineuse en compagnie de l’Anarysine, il avait remonté la pente. Désormais, il se faisait un devoir de vivre, de se donner à fond pour honorer la mémoire de ceux qui n’étaient plus. Il avait trouvé le moyen d’avancer encore un petit peu. Perdre Lib avait été la claque qu’il aurait dû recevoir bien plus tôt : ça l’avait enfin fait réagir, ouvrir les yeux sur la bête qu’il était en train de devenir ; il avait décidé de se reconstruire. C’était long. Ça prenait du temps. Réparer les autres était une chose, se réparer soi-même en était une autre… Petit à petit, il commençait à apprivoiser cette sauvagerie qui faisait partie de lui. Il avait compris que plus il luttait contre cette brutalité, plus elle gagnait du terrain et faisait des dégâts. L’accepter, s’accepter, c’était un premier pas vers l’homme de demain…

Mais d’abord, il fallait s’occuper de l’homme d’aujourd’hui ! Celui qui était avachi sur sa chaise, la tête basse et les épaules voûtées, déjà à moitié endormi quand une ombre se dessina sur le bois de la table l’obligeant à lever les yeux. A les lever très haut. Enfer ! Cette femme est immense ! Elle le surplombait de toute sa hauteur d’un air amusé. Curieusement, en dépit de son énorme lassitude, cet amusement le vexa. Il y a des choses qui ne changent pas. La femme prononça quelque chose qu’il ne comprit pas. Sans doute trop fatigué pour ça. Agacé, il s’apprêtait à lui faire signe de dégager quand elle lui tendit sa flûte. Et cette fois-ci, il comprit ce qu’elle disait. Gil haussa un sourcil et attrapa l’instrument. C’était bien la sienne, oui. Il ne l’avait pas sentie tomber. Il fallait qu’il pense à resserrer sa ceinture d’un cran supplémentaire avant de perdre tout ce qui y était fixé… L’inconnue garda la flûte dans sa main quelques secondes supplémentaires, comme si elle désirait prolonger l’instant. Quand elle la lui abandonna enfin, il hocha la tête, agitant les mèches noires et grises au niveau de ses tempes, qui s’éparpillaient follement autour de son visage. Il avait besoin d’une bonne coupe. Et d’un bon bain. Et de trois nuits de sommeil.

Et qu’on lui foute la paix.

Une autre ombre rejoignit le dessin de la première sur la table – bien plus petite, cette fois-ci. De moins en moins patient, Gil se tourna vers la nouvelle venue, prêt à l’envoyer balader, mais il se figea dans son élan. C’était la serveuse. Non, la tenancière. Sa tête arrivait à peine à l’épaule de la grande blonde, mais ce n’est pas ce qui frappa Gil – le percuta de plein fouet, même. De pâle à cause de la fatigue, il devint carrément livide.

- Naïs…

Son murmure fut noyé dans le bruit des conversations environnantes et la musique enjouée du groupe qui assurait l’ambiance dans la salle, mais les deux femmes se trouvaient trop près pour ne pas l’avoir entendu. Gil ferma les yeux quelques secondes, puis les rouvrit. Bien sûr que ce n’était pas Naïs. Abusé par l’épuisement, il avait cru… Mais l’or de ce regard était moins vif, et c’était un regard qui voyait vraiment. Les cheveux étaient légèrement plus courts, la peau légèrement moins foncée. Ce n’était pas Naïs. Il s’était trompé. Le cœur au bord des lèvres, Gil se leva brusquement. Un peu trop sans doute, car des petits points obscurcirent la périphérie de sa vision et il se sentit chanceler. Il posa la main sur la table pour rétablir son équilibre.

- Laissez-moi passer, marmonna-t-il à l’attention de ces dames.

Il ne sut pas si elles lui obéirent. Le sol se déroba soudain sous ses pieds et il sombra dans un noir absolu.


*


Quelqu’un chantait. Dans l’obscurité qui l’enveloppait, Gil l’entendait : c’était une voix féminine, grave et chaude, très mélodieuse ; il ne comprenait pas un traître mot de ce que la chanson racontait mais ce n’était pas grave. Il appréciait. Ça l’apaisait. Il ne souffrait pas, ne semblait pas avoir été blessé, ce qui changeait de son habitude. Quand il leva son bras droit, il le trouva lourd et engourdi. Ses doigts découvrir un linge humide posé sur son front, dont la fraîcheur lui faisait du bien. Il s’enhardit, voulut ouvrir les yeux, mais la lumière l’aveugla et c’est alors qu’une douleur épouvantable lui déchira le crâne. Il eut un haut-le-cœur, se pencha sur le côté du lit et vomit sur le plancher. Quand il retomba sur les oreillers, faible et le corps agité de spasmes, une main douce vint remplacer la fraîcheur du linge sur son front. Sans chercher à comprendre, Gil ferma les yeux et laissa la fièvre l’emporter dans un nouveau délire.


*


Cette fois, ce fut le chant de la pluie qui tira Gil du sommeil. Il ouvrit un œil prudent, se souvenant très bien des cinq ou six dernières fois où lumière et migraine s’étaient liguées contre lui. A son grand soulagement, rien ne se produisit. Alors il ouvrit son deuxième œil et fixa le plafond. A part les crampes et l’impression d’avoir été écrasé par un troupeau de buffles, il se sentait bien. Non, il se sentait mieux que cela : il n’était plus fatigué. C’était une chose qui ne lui était pas arrivée depuis si longtemps qu’il se sentit pousser des ailes, et une furieuse envie de se lever ; quand il se redressa, toutefois, il réalisa à quel point il s’était affaibli. Les forces lui manquèrent, il retomba en arrière, sidéré. Eh ben quoi ? Surpris, il laissa son regard balayer la pièce dans laquelle il se trouvait. C’était une petite chambre agréable, pourvue d’une cheminée dans laquelle brûlait un bon feu. Un large fauteuil était avancé près du lit où il se trouvait allongé. Personne n’y était assis, mais une couverture froissée témoignait du récent passage de quelqu’un. Qui ? Perplexe, Gil continua son inventaire, frustré de ne pas pouvoir se lever. La fenêtre était ouverte et laisser entrer l’air frais de la nuit. Dehors, il pleuvait des cordes. C’est idiot de laisser ouvert alors qu’un feu est allumé, songea Gil en fronçant les sourcils. Mais quand il se rappela ses nausées et sa fièvre, il révisa son jugement. La pièce était aérée, il n’était pas du tout couché dans son vomi et sa sueur, mais couché dans un lit propre, sous une montagne de couvertures. Celui ou celle qui avait pris soin de lui n’avait pas fait les choses à moitié. Qui ? se demanda-t-il encore, trop peu habitué à ce qu’on s’occupe de lui quand c’était son rôle, d’habitude.

La porte s’ouvrit doucement. Gil se redressa autant qu’il put contre son oreiller et regarda son visiteur entrer, pressé de découvrir son identité. C’était une femme d’une trentaine d’années, toute menue et mignonne avec ses longs cheveux noirs et sa peau mate. Son regard doré était franc et rieur, son sourire lumineux et amical, mais Gil ne la confondit pas avec Naïs, cette fois-ci.

- Bonjour. Heu, ou alors bonsoir ?
- Oh !


Surprise par le son de sa voix (qu’il trouva drôlement éraillée, comme s’il avait passé des jours entiers à brailler), elle avait fait un bond terrible et le plateau qu’elle tenait entre ses bras avait bien failli valdinguer à travers la pièce.

- Vous m’avez fait peur ! s’exclama-t-elle en secouant sa longue tignasse de nuit.
- Désolé.
- Non, il ne faut pas ! Je suis contente que vous ayez enfin émergé. Comment vous sentez-vous ?
- Ça irait mieux si tu me tutoyais.


La belle s’empourpra mais posa le plateau sur la table de chevet et se pencha vaillamment au-dessus de lui pour tâter son front d’une main tiède.

- Plus de fièvre, c’est bon signe.
- J’ai été malade combien de temps ?
- Trois jours !
- Enfer…


Malade ! Il pouvait compter sur les doigts de la main le nombre de fois où ça lui était arrivé de manière aussi violente. La Silencieuse mise à part, ça faisait peu, mais il rattrapait visiblement la quantité par la qualité…

- Merci pour tout.
- De rien, mais c’est Kanaëkhian qu’il faut remercier, elle a passé ces trois jours et toutes les nuits qui vont avec à veiller sur vous !
- Kana… quoi ?
s’exclama Gil, trop surpris par le nom pour relever le vouvoiement persistant.

A ce moment précis, la porte s’ouvrit de nouveau, laissant entrer une autre femme. C’était la blonde immense, celle qui lui avait rendu sa flûte, juste avant qu’il ne s’évanouisse ! Sa taille peu commune mettait en valeur une paire de jambes interminables, galbées au niveau des cuisses et surmontées de hanches bien dessinées. Sa taille mince était soulignée par un corset bleu qui offrait une vue intéressante sur la naissance de sa poitrine. Tout son corps était en muscles fermes et déliés, et à la lueur des flammes, il paraissait animé d’une force sauvage. Ses cheveux étaient longs et d’un blond très clair, à tel point que Gil les crut blancs l’espace d’un instant. Elle avait un visage fin et des traits délicats, éclairés par un regard aussi bleu que son corset. C’était un regard étonnant. En le croisant, Gil eut l’impression de plonger dans un océan de glace. Il cligna des yeux et passa la main dans ses cheveux dans un tic qui n’échappa pas à la femme aux cheveux noirs.

- Bon, vous reprenez des couleurs, un peu, alors je vais redescendre. Vous avez faim ?
- Enfer, je suis affamé !
- Parfait ! Je vais vider mes placards, alors. Si vous avez besoin de quoi que ce soit…
- Un nom et un « tu ».


Elle rit et face à ce déploiement de charmes, rendit les armes de bonne grâce.

- Tu peux m’appeler Athénys.

Quand elle passa devant la blondinette, elle lui dit quelque chose qui leur tira un petit rire complice. Au fond de son lit, Gil fronça les sourcils. Pas parce que deux femmes étaient en train de pouffer en sa présence, mais parce qu’un nouveau problème se posait à lui.

Et merde.

J’ai envie de pisser.

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kanaëkhian Kwaekoanok
Maître Marchombre
avatar

Nombre de messages : 55
Date d'inscription : 24/02/2016

Feuille de personnage
Age: 31 ans
Greffe: Regard paralysant
Signe particulier: Insensibilité au froid - Léger accent quand elle parle

MessageSujet: Re: L'ambre et la glace [Gil]   Ven 02 Fév 2018, 19:29

Bon, à bien y regarder, cet homme avait vraiment une mine affreuse ! Sans se départir de son petit sourire mutin, la jeune femme détailla du regard ce drôle de gaillard, qui mit un certain temps avant de percuter que, oui, c’était bien à lui qu’elle s’adressait. Une étincelle malicieuse brilla dans le regard glacier de la jolie Marchombre et l’étrange inconnu dût le remarquer car il sembla se renfrogner encore plus qu’il ne l’était déjà. Avec ses cheveux sombres qui retombaient en mèches folles devant ses yeux vairons, sa barbe hirsute qui lui mangeait la moitié du visage et ses traits creusés, il n’avait pas franchement l’air commode. A vrai dire, il ressemblait un peu à un animal blessé.

Soudain, alors que la tenancière de l’Orchidée sauvage s’approchait de la table, l’homme blêmit. En une demi-seconde à peine, il perdit toutes ses couleurs alors qu’il aperçut la femme à la peau mate. On aurait dit qu’il venait de voir un fantôme. Littéralement. Fronçant légèrement les sourcils, Khia échangea un bref regard avec la jeune femme aux yeux dorés, qui parût complètement tétanisée alors que le murmure du pauvre bougre se perdait dans l’air. Naïs, exactement comme le nom de cet étrange cocktail qu’elle avait siroté un peu plus tôt. Etrange… Vraiment étrange… Plissant le nez, la jolie blonde n’eut même pas le temps d’ouvrir la bouche pour exprimer son incompréhension, que dans un réflexe ahurissant elle rattrapa in-extremis l’homme alors qu’il sombrait dans l’inconscience.

~ * ~ * ~


Il faisait beaucoup trop chaud dans cette petite chambre ; le feu de la cheminée continuait de crépiter joyeusement dans l’âtre. Pas étonnant que la fièvre de l’inconnu persiste encore, même après de longues heures. Se mordant la lèvre inférieure, la jeune Aoki passa une main fraîche sur le front bouillant de l’homme ; il venait de vomir à nouveau sur le plancher. Le contact de sa paume, sur la chaleur de sa peau apaisa presque instantanément les convulsions du malade. Prisonnier de ses délires, il gémissait souvent – il avait même crié à s’en arracher la gorge une ou deux fois. Il prononçait parfois quelques noms dans son sommeil : Khia ne savait pas qui étaient Naïs, Libertée ou encore Suviyo, mais une chose était certaine, aux yeux de la Marchombre, cet homme devait supporter un fardeau bien trop lourd pour ses épaules. Sans doute fragile psychologiquement, son corps avait fini par lâcher. Littéralement.

La jolie blonde soupira imperceptiblement. Il fallait qu’elle aère cette pièce ; ce n’était pas bon de baigner ainsi dans les germes et les microbes. Cela n’allait pas aider à faire baisser la fièvre de l’homme, bien au contraire. Se levant souplement, en prenant soin de ne pas poser le pied dans la flaque de vomi au pied du lit, la jeune femme traversa la chambre, batailla un instant avec la poignée de la fenêtre, et inspira une grande bouffée d’air frais et humide alors qu’elle ouvrait les fenêtres. Son regard de glace se perdit quelques secondes sur l’horizon monotone qu’offraient les toits d’Al-Chen. Il régnait un temps maussade depuis déjà deux jours ; le ciel était gris et bas, les ruelles désertes, et la pluie battait les pavés sans discontinuer.

Khia se sentait bien malgré tout. Soupirant d’aise, elle s’assit sur le rebord de la fenêtre et, adossée contre le mur, elle replia ses jambes contre sa poitrine. Laissant son esprit vagabonder librement, la jeune femme commença à entonner une douce mélodie, aux accents graves, presque mystiques. Aussi loin que remontaient ses souvenirs, sa mère avait l’habitude de lui chanter cette chanson, qui racontait l’histoire des premiers pêcheurs de son clan. Le clapotis incessant de la pluie semblait battre le rythme de la chanson. Fermant les yeux, la jeune femme se laissa envahir toute entière par ce sentiment de bien être que lui procurait le souvenir de sa lointaine terre natale. Sa voix se fit plus vibrante d’émotions à mesure que la chanson se déroulait dans le temps. Lorsque les dernières notes s’élevèrent dans l’atmosphère froide et humide, alors seulement la Marchombre rouvrit ses yeux profondément bleus. Lorsqu’elle les posa sur le malade, il dormait d’un sommeil tranquille, comme apaisé par le son de sa voix. Cela arracha à la jolie blonde un sourire presque attendri.

~ * ~ * ~


Lorsqu’elle ouvrit la porte de la chambre du bel endormi, Khia eût la bonne surprise de constater qu’il était en vérité bien éveillé. Bon, il n’avait pas l’air nécessairement très frais – c’était même plutôt le contraire, on pourrait presque croire qu’il aurait pris la pire cuite de sa vie. Mais il semblait aller bien mieux, ce qui décocha un sourire lumineux à la Marchombre. A peine avait-elle pénétré dans la pièce, que le regard étonnant de son protégé se braqua sur elle, et la jeune femme eût l’impression d’être scannée de haut en bas… Littéralement ! Elle se sentait sondée au plus profond d’elle-même. Pas le moins du monde intimidée, la jolie blonde s’avança de quelques pas et croisa le regard malicieux d’Athénys. La sœur de Naïs, lui avait-elle avouée au détour d’une conversation autour d’un thé à l’extrait de rougoeyeur et au gingembre. Pas étonnant donc, que l’homme l’ai confondue avec sa propre sœur.

- « Je me demande quelle tête il va faire quand il se rendra compte qu’il est complètement nu sous ses couvertures… » gloussa la jeune femme à la peau mate à voix basse, en passant près de la Marchombre.

Le regard de la jolie blonde brilla d’amusement l’espace d’un instant et elle pouffa de rire à son tour, tandis qu’Athénys disparaissait dans le couloir. Secouant la tête toute seule, la jeune Aoki vint s’asseoir en tailleur sur le bord du lit. Sans prévenir, elle posa le dos de sa main sur le front de son protégé quelques secondes et, satisfaite, elle la retira en hochant la tête toute seule. Oh, elle avait bien conscience que ça pouvait paraître très bizarre, voire complètement surréaliste cette manière d’agir, de se comporter, alors même qu’ils ne se connaissaient pas le moins du monde. Mais elle était juste elle, entière et brute de décoffrage. Posant ses deux mains sur ses jambes, Khia décocha un sourire lumineux à l’homme.

- « Eh ben, t’as une mine affreuse bel endormi, mais au moins la fièvre est tombée. C’est une bonne chose » déclara la Marchombre, d’un ton enjoué « Moi, c’est Kanaëkhian, mais tu peux m’appeler Khia » ajouta-elle en envoyant un clin d’œil malicieux à l’homme.

Il allait sans doute avoir plein de questions, Khia y était préparée et cela ne la dérangeait pas du tout, bien au contraire. Mais avant, il faudrait qu’il mange et qu’il reprenne des forces ; depuis trois jours, il n’avait pratiquement rien avalé et manger un bon repas l’aiderait à récupérer complètement sa forme. D’ailleurs, ce fut précisément au moment où son estomac à elle se manifesta sourdement, que la jeune femme se rendit compte qu’elle avait assez peu pris de temps pour elle ces derniers jours. Et elle avait une faim de loup…

__________________________________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Giliwyn SangreLune
Maître Envoleur
Créateur de psychopathes
avatar

Nombre de messages : 1045
Date d'inscription : 28/03/2011

Feuille de personnage
Age: 39
Greffe: Aiguilles jaillissant du dos de ses poignets, d'une dizaine de centimètres de long
Signe particulier: Son prénom est celui de son père, son nom de famille celui de sa mère. Yeux vairons.

MessageSujet: Re: L'ambre et la glace [Gil]   Sam 03 Fév 2018, 20:20

Sans crier gare, la grande et jolie blonde s’installa sur son lit, l’obligeant à se pousser pour lui faire de la place. Il l’observa d’un air curieux, cette femme au regard polaire qui faisait penser au froid du nord et qui, pourtant, réchauffait l’atmosphère par sa seule présence. C’est qu’une vitalité peu commune semblait l’animer, un genre de feu intérieur qu’il devinait sous sa mine de gosse malicieuse, insatiable et dévastateur. Elle tendit la main pour toucher son front et, comme Athénys un peu plus tôt, hocha la tête, visiblement satisfaite.

- Eh ben, t’as une mine affreuse bel endormi, mais au moins la fièvre est tombée. C’est une bonne chose.

Que j’aie une sale tronche ou que j’aille mieux ? se demanda Gil en haussant un sourcil.

- Moi, c’est Kanaëkhian, mais tu peux m’appeler Khia.
- Va pour Khia.


C’était à lui de se présenter mais Gil ne le fit pas immédiatement. Ses pensées vagabondaient. Il se rappelait que cette femme lui avait tendu sa flûte, juste avant qu’il ne perde connaissance. D’après Athénys, elle avait veillé sur lui pendant trois jours ; tant de dévouement, ça forçait le respect… et la curiosité.

- Giliwyn, dit-il enfin, mais tu peux m’appeler Gil. Et, heu… merci.

Simple, mais sincère. Il ne faisait jamais dans l’excès de zèle, d’autant qu’en général ses yeux parlaient pour lui… Elle avait une drôle d’allure, cette fille au nom étrange. A bien y regarder, elle n’avait pas les traits que l’on retrouvait chez les Alaviriens. Avec ses cheveux blonds, presque blancs, et cette force brute qui émanait de sa personne, elle lui faisait penser aux farouches guerriers nordiques dont on parlait dans les histoires. Terre à terre, il n’y avait jamais prêté grande attention… jusqu’à maintenant. Il remua un peu dans le lit. Comme elle ne semblait pas pressée de bouger, il passa une main dans ses cheveux et tiqua en les sentant rêches sous ses doigts. On aurait dit de la paille. Puis il banda ses muscles et sa volonté pour se redresser.

- Est-ce que… Hum. Tu veux bien m’aider à me lever ?

Oui. Heureusement parce que seul, il n’aurait pas eu la force de se traîner plus de deux pas. Pressé de se soulager autant que de se dégourdir un peu, Gil balança ses jambes hors des couvertures, repoussa celles-ci… et découvrit qu’il était nu. Totalement. Son corps bardé de cicatrices, sec et musculeux, apparut dans l’éclat du feu de cheminée. Ah. Il fut un peu déconcerté à l’idée que ces dames, apparemment, avaient poussé leur dévouement jusqu’à le déshabiller entièrement. Mais au souvenir des violentes nausées qui l’avaient secoué et de la fièvre qui l’avait terrassé, il leur en était plutôt reconnaissant. De fait, il n’était pas un homme spécialement pudique, sauf qu’il était dans une auberge. Il ne pouvait pas se promener dans le plus simple appareil ici, c’était évident. Sous le regard amusé de Khia, qui paraissait apprécier ce qu’elle voyait, il parvint à enfiler son pantalon fraîchement lavé, mais il n’eut pas le courage de chausser ses bottes et c’est pieds nus qu’il sortit de la pièce, un bras autour des épaules de la jolie blonde pour assurer son équilibre. Il se sentait aussi faible qu’un faon et ça l’agaçait franchement !


*


De retour dans la chambre, Gil se laissa tomber sur le lit, mais au lieu de se recoucher sous les draps, il arrangea les oreillers contre le mur, transformant le tout en un genre de canapé. Ça lui semblait plus pratique pour manger… et puis comme ça, Khia pouvait à nouveau s’installer. A peine avait-il terminé qu’Athénys revint, un plateau garni entre les bras. Il y avait de tout : de la soupe, de la viande, du pain, du fromage, de la purée, des fèves, du raisin et même un peu de vin.

- Vas-y doucement, le prévint toutefois la jeune femme aux yeux dorés avant de retourner s’occuper de ses clients.

Avertissement inutile : Gil mangea du bout des lèvres. Son appétit était féroce mais il n’avait pas repris assez de forces pour manger davantage qu’un bout de viande et de raisin. La soupe lui fit du bien, trois gorgées de vin colorèrent ses joues et firent briller ses yeux vairons. Il se laissa retomber contre les oreillers, détendu, épuisé.

Apaisé.

- Et si tu me racontais qui est Khia ?

A travers ses yeux à demi fermés, il l’observait avec intérêt. Ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre une fille du nord…

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kanaëkhian Kwaekoanok
Maître Marchombre
avatar

Nombre de messages : 55
Date d'inscription : 24/02/2016

Feuille de personnage
Age: 31 ans
Greffe: Regard paralysant
Signe particulier: Insensibilité au froid - Léger accent quand elle parle

MessageSujet: Re: L'ambre et la glace [Gil]   Lun 12 Fév 2018, 20:07

Qui est Khia ?


La question résonnait encore dans l’air tandis que la jolie Marchombre finissait sa tartine de fromage – un fromage au lait de brebis excellent d’un petit fermier originaire des abords du lac Chen, selon Athénys. Avec un demi sourire amusé, la jeune femme ferma les yeux un instant, prenant le temps de réfléchir. Ce n’était pas vraiment la première fois qu’on lui posait cette question. Mais qu’avait-elle de si différent des Alaviriennes ? Kanaëkhian était juste elle ; libre et fière, affichant clairement ses convictions et assumant ses contradictions, avec ses origines et ses expériences. L’air un peu songeuse, la jeune Aoki effleura du bout des doigts son totem – un hajj, symbole de sagesse auquel elle s’était finalement habituée.

Lorsque Khia releva enfin le menton pour planter son regard de glace dans celui, si particulier de Gil – c’était donc ainsi qu’il s’appelait, son bel inconnu – le bleu de ses yeux brillait d’une lueur à la fois joueuse et mystérieuse. Avec ce petit sourire en coin qui la caractérisait si bien, elle glissa une mèche rebelle derrière son oreille. Secouant fièrement sa longue crinière, qui tombait jusque dans le creux de ses reins, la jeune femme prit une légère inspiration.

- « Et si tu me disais plutôt comment tu l’imagines ? » répondit la Marchombre en retournant sa question à son protégé.

Et voilà ! Ses mots étaient tout à son image ; un brin de mystère, un zeste de folie et un soupçon de séduction. Khia, dans toute sa splendeur. Fronçant légèrement les sourcils, la jeune femme, reposa sa tasse de soupe encore fumante sur le plateau et, sans crier gare, s’approcha de l’homme si près qu’elle pouvait presque sentir son trouble. Elle arborait désormais une mine très concentrée, ce qui contrastait étonnement avec le sourire lumineux qu’elle affichait quelques secondes auparavant. La Marchombre n’était plus qu’à quelques centimètres de Gil lorsqu’elle passa son pouce juste à la commissure de ses lèvres, là où un reste de fumet lui dessinait un joli bouc sous la lèvre inférieure. Satisfaite, la jeune femme reprit sa place initiale, comme si de rien n’était. Et pour un peu, elle aurait presque éclaté de rire devant l’air complètement interdit qu’affichait son protégé.

- « J’ai une idée » s’exclama-t-elle avec son accent prononcé si particulier « Tu aimes jouer ? » demanda Khia le plus simplement du monde.

La jolie blonde réfléchissait à toute vitesse, tandis que Gil la dévisageait – visiblement sans comprendre. Elle cherchait dans sa mémoire des mots qui pourraient bien expliquer clairement ce qu’elle avait en tête. Même si cela faisait désormais assez longtemps qu’elle vivait en Gwendalavir pour qu’elle ait apprivoisé toutes les subtilités de la langue Alavirienne, il subsistait toutefois certains concepts difficiles à traduire. Tandis qu’elle enroulait une mèche blonde autour de son index, la Marchombre se râcla légèrement la gorge.

- « Chez moi, on appelle ça Aktië vart Tarkus. C’est une sorte d’action ou vérité je crois, tu connais ? » expliqua-t-elle comme elle le put, en espérant que c’était assez clair pour Gil « Mais on peut y ajouter d’autres règles pour pimenter un peu le jeu. Partant ? » proposa-t-elle enfin.

Khia décocha un sourire lumineux à son beau protégé, et, avec un clin d’œil de glace malicieux, secoua sa longue crinière blonde. Elle rayonnait. Littéralement.

__________________________________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: L'ambre et la glace [Gil]   

Revenir en haut Aller en bas
 
L'ambre et la glace [Gil]
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Socle de glace
» Le Feu et la Glace réunies... [PV Goupixa]
» MOIS DE GLACE
» Please, forgive me ♣ Ambre
» ~ Avouer ses fautes, poser une question ~ # Pv : Etoile d'Ambre #

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Pacte VS L'Ordre :: A l'extérieur :: Le Sud :: Al-Chen-
Sauter vers: