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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 ♫ ♪ I put a spell on you ♪♫

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AuteurMessage
Tianwen Til'Loam
Maître Envoleur à l'essai
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Nombre de messages : 10
Date d'inscription : 18/02/2018

Feuille de personnage
Age: 32 ans
Greffe: Contact qui brûle
Signe particulier: Tian peut se métamorphoser en un superbe tigre blanc fem

MessageSujet: ♫ ♪ I put a spell on you ♪♫   Mer 21 Fév 2018, 07:05

IDENTITE


Nom : Til'Loam
Prénom : Tianwen, mais on la surnomme souvent Tian
Âge : 32 ans
Camp : Envoleuse
Greffe : La température de sa peau peut avoisiner celle d’un fer chauffé à blanc, c’est-à-dire plus de mille degrés. Contact qui brûle.

Particularité : Tian est métamorphe. Son homologue est un imposant tigre blanc femelle d’environ trois mètres d’envergure pour à peu près deux cent cinquante kilos.

Lieu de naissance :La jeune femme a vu le jour par une belle journée d’automne ensoleillée, dans un petit hameau isolé du reste de l’Empire, sur les contreforts des Dentelles Vives et aux abords du lac Chen.




DESCRIPTIONS

Famille :
Tianwen ne connaît pas ses parents. A vrai dire, elle ne les a jamais connus ! Ils sont morts bien avant qu’elle ne puisse en garder un quelconque souvenir, bien avant qu’elle ne fasse ses premiers pas, bien avant que ne se tissent dans son esprit les noms de « papa » et « maman ». Seuls leurs noms, découverts tout à fait par hasard au détour d’un rapport officiel alors qu’elle était adolescente, sont restés gravés en sa mémoire : Cerdhan Til’Loam et Lounaëlle Sangreal. Une mention écrite en caractères gras et majuscules précisait alors qu’ils avaient été tous les deux assassinés. Ce n’est que bien plus tard que la jeune femme a appris qu’ils avaient été tués pour leur amour interdit ; en effet, pour une Envoleuse comme sa mère, aimer un Marchombre était considéré comme une véritable hérésie.

Tian fut donc recueillie tout bébé, par un grand-père dont la tyrannie n’avait d’égal que son cœur de pierre, et par une grand-mère aigrie par une vie entière régie par les principes de bienséances que lui imposaient son statut et son rang. Asriel et Lyrah Til’Loam avaient toujours fréquenté les hautes sphères de la société. En fait, ce vieil homme tyrannique que Tian était tenue d’appeler Monsieur, n’était autre que le cousin de l’Empereur en personne. Le couple maîtrisait à merveille toutes les subtilités des jeux de pouvoir et si l’éducation qu’ils avaient donné à leur seule petite fille était exemplaire, c’était bien dans ce domaine. Dans ce monde de prédateurs que constituait la noblesse Alavirienne, les grands-parents de la jeune femme étaient sans doute l’une des plus grosses fortunes de l’Empire et personne ne saurait sans doute jamais le tiers du quart des agissements crapuleux d’Asriel – et évidemment, l’Empereur fermait les yeux à chaque fois sur ses entorses multiples à la loi.

Tianwen n’a aucune autre famille. Juste un fils, qui doit à présent avoir fêté ses quatorze ans. Elle l’a abandonné, sans jamais se retourner, aux portes d’une petite confrérie de Rêveur, dans l’espoir de lui offrir un avenir meilleur que celui qu’elle ne pourrait jamais lui donner.

Description de caractère :
Etant fille de Marchombre et d’Envoleuse, Tianwen a toujours été – et sans forcément s’en rendre compte – sur le fil d’un équilibre parfois toujours un peu vacillant. Si sa formation d’Envoleuse a contribué à développer ses capacités et à affiner ses sens, la jeune femme ne niera jamais être humaine. Ni plus ni moins qu’une femme, avec ses qualités comme avec ses parts d’ombre et ses insécurités. Avec ses forces et ses faiblesses.

S’il est bien un trait de caractère que Tian a hérité des Til’Loam, c’est son côté calculateur. Dans un monde où l’hypocrisie est reine et où tout n’est que machinations, la jeune femme a appris dès son plus jeune âge à ne jamais rien laisser au hasard. Dans les hautes sphères de la société, c’est quasiment un art. Et même une question de vie ou de mort. Les plus faibles – bien souvent les plus naïfs, qui n’ont aucun sens de l’anticipation – ne durent jamais longtemps au milieu des hyènes, assoiffées de pouvoir et de richesses. Redoutable stratège – art qu’elle a apprivoisé par le biais de longues et ennuyeuses parties d’échecs – Tianwen a ainsi presque toujours un ou deux coups d’avance sur ses rivaux. De même, elle sait obtenir ce qu’elle veut, par n’importe quel moyen que ce soit. Quitte à user d’une manipulation sournoise et insidieuse, car pratiquement imperceptible. Eh oui ! Sous son visage d’ange se cache en fait une véritable tigresse !

Depuis sa plus tendre enfance, Tian s’est révélée d’une nature extrêmement calme et posée. C’est comme un masque invisible qu’elle arbore en permanence, ce qui lui donne souvent un air un peu distrait et rêveur. Sauf que c’est une fine observatrice sous ses traits doux et angéliques. Oh bien sûr, elle est humaine et cela lui arrive de céder à des accès de rage et de colère, mais elle sait les extérioriser quand il le faut, parfois dans la violence, afin que ces émotions négatives ne prennent pas le dessus sur son sang-froid et sa lucidité. Dans le monde où elle a grandi, il est particulièrement dangereux de se laisser emporter par ses émotions car cela peut donner un précieux avantage à ses ennemis. C’est donc tout naturellement que la jeune femme garde beaucoup de choses pour elle. Un peu comme un animal sauvage, il est rare qu’elle se laisse apprivoiser trop facilement.

Parce que l’on a toujours exigé de la jeune femme qu’elle donne le meilleur d’elle-même, Tianwen est devenue très intransigeante envers elle-même. C’est ancré en elle, au plus profond de sa peau – à grands coups de ceinturon. Elle ne supporte pas l’échec ! Et encore moins la faiblesse ! Même si elle a appris à relativiser de ce côté-là, au cours de sa formation d’Envoleuse, elle reste encore très rude envers elle-même. C’est sans doute ce qui la rend si déterminée et obstinée à réussir tout ce qu’elle entreprend.

Malgré tout ce qu’elle a traversé, tout ce qu’elle a vécu, Tian reste quelqu’un de très simple et naturelle. Pour qui a appris à la connaître, on sent brûler en elle une profonde joie de vivre. Elle s’amuse. Rit. Profite de l’instant présent. Elle aime la vie, tout simplement, et elle goûte pleinement et entièrement à chacun de ses petits plaisirs. Sa sensibilité, son empathie et son ouverture d’esprit lui confère un côté un peu plus humain. Plus accessible, en tout cas.

Description physique :
Sans être une beauté fatale, Tianwen ne passe jamais inaperçue. Oh non pas par sa taille – elle mesure à peine un mètre soixante pour pas plus de quarante-huit kilos ! Ni par la courbe de ses formes, loin d’être particulièrement affriolante ! En fait, avec ses longues jambes galbées et sa musculature toute en finesse, elle dégage clairement quelque-chose de magnétique. Son aura littéralement féline, que lui confère son homologue tigre, ajoute encore à son charme un peu sauvage et indomptable. Et puis, elle sait très bien que son petit déhanché, à la fois si naturel et sexy en diable, a tendance à attirer tout particulièrement le regard des hommes. Alors elle s’en amuse. Elle en joue, comme un chaton avec sa pelote de laine.

De sa mère, Tian a hérité d’une longue crinière rousse qui lui tombe jusque dans le creux des reins. Dès qu’elle le peut, elle aime les laisser libre, cascadant dans son dos. Mais pour une question pratique, elle les attache le plus souvent en une queue de cheval haute, ce qui accentue son port altier et lui donne une allure raffinée. Lorsqu’elle est nerveuse, ou agacée, la jeune femme a une affreuse tendance à entortille une mèche de sa chevelure de feu autour de son index. Sa peau de porcelaine, sensible aux brûlures du soleil, est clairsemée de centaines de tâches rousseurs et particulièrement au niveau des articulations, au niveau des coudes, des genoux, des mains et des pieds, mais aussi entre les seins et sur le nez.

De son père, la jeune femme tient plutôt des traits fins et bien dessinés. En effet, Tianwen a un visage très doux, presque angélique. Ses pommettes hautes lui donnent l’air rieur presque en permanence. Lorsqu’elle mordille ses lèvres fines, elle rendrait fou de désir n’importe quel homme. Son petit nez en trompette ajoute encore à la délicatesse de ses traits. Et même jusque dans sa posture et sa manière de se tenir, de se déplacer, l’on sent en elle une certaine noblesse. Toutefois, la forme allongée de son visage, et sa mâchoire légère saillante vient redonner un peu de caractère et de piquant à la douceur de ses traits.  

Son regard, tout à fait étonnant, est un parfait mélange de ses deux parents. Profondément argenté, il brille d’une lueur parfaitement indéfinissable, entre l’espièglerie et la mélancolie. Si son œil droit est pailleté d’un vert émeraude vif, au contraire son œil gauche tire plutôt sur des nuances bleu turquoise tout autour de l’iris. C’est un regard que l’on oublie rarement, non seulement pour leur couleur si particulièrement mais aussi pour la palette d’émotions intenses qu’il exprime.

Rares sont ceux qui le savent et qui l’ont vu, mais Tianwen est bardée de cicatrices dans le dos. Des dizaines. Souvenirs des châtiments corporels qu’elle subissait quand elle était enfant. Elle n’en parle toutefois jamais.

Côté vestimentaire, Tian n’a pas réellement de style bien défini. En fait, adapte juste ses tenues à ce qu’elle a prévu de faire. Ainsi, quand elle voyage – pour des missions, ou autre – elle opte souvent pour une combinaison de cuir sombre, avec un décolleté plongeant affolant qui révèle la naissance de ses seins et qui descend jusqu’à son nombril. Par de fortes chaleurs, la jeune femme apprécie de porter des vêtements au tissu fin, qui ne cachent jamais grand-chose de son corps sculpté. En hiver, elle agrémente le plus souvent ses tenues d’une cape de fourrure assortie à ses yeux ainsi que de bottes fourrées.
Accessoires et animaux :
Zéphyr est la plus fidèle compagne de route de la jolie rouquine, depuis un peu plus de huit ans. Environ un mètre quarante au garrot, c’est une belle jument robuste, à la robe d’un gris clair tirant presque franchement sur le blanc. D’une docilité et d’une intelligence peu commune, elle semble toutefois toujours un peu nerveuse en présence de sa cavalière – sans doute est-ce dû au double félin de l’Envoleuse.  

Pour une question pratique, Tian ne s’encombre que du strict nécessaire. Un petit coutelas ne quitte jamais sa botte gauche, ce qui crée toujours la surprise lors d’un corps à corps au combat. Elle possède également une longue épée fine, qu’elle garde attachée près de sa scelle. Particulièrement légère et de riche manufacture, il s’agit du seul vestige de sa vie passée à côtoyer les plus hautes sphères de la société. Du reste, les armes de prédilection de la jeune femme restent ses deux lames rétractables, trempées dans l’un ou l’autre des poisons qui ne quittent jamais sa ceinture. Facilement dissimulables, elles lui permettent de jouer sur l’effet de surprise en combat rapproché.
 






HISTOIRE

Chapitre  1 : Un souffle de vie



10 mois



Le front posé sur son avant-bras, appuyé sur l’immense vitre glacée de son bureau, Asriel suivait du regard le cavalier qui arrivait, au loin. Ses sourcils froncés creusaient profonde ride du lion sur son front, qui accentuait encore son visage terriblement anguleux, et lui conférait un air toujours extrêmement sévère. Grand – très grand, il frôlait facilement les deux mètres de hauteur – de musculature sèche, les cheveux d’un gris presque blanc, malgré ses soixante-cinq ans passés, cet homme en imposait. Littéralement. Observateur, stratège hors pair, mais surtout rusé, incroyablement manipulateur, et surtout sans scrupules, le cousin de l’Empereur n’était pas quelqu’un qu’il valait mieux se mettre à dos. Il était parfaitement capable de ruiner la vie de quiconque se mettait en travers de son chemin !

Soupirant profondément, avec les lèvres pincées en une grimace de mécontentement, le maître des lieux recommença à faire les cent pas. Avec ses mains croisées dans le dos et son air franchement agacé, il ressemblait presque à un lion en cage. Il avait appris la nouvelle quelques jours plus tôt, par une brève missive. Non pas que la mort de Cerdhan l’ait énormément chagriné – son fils et unique héritier avait fui les responsabilités qui lui incombaient bien des années plus tôt. En fait, il y avait bien longtemps qu’il ne considérait plus ce sale gamin ingrat comme son fils – depuis qu’il avait décidé de courir les routes de l’Empire comme un vulgaire vagabond, à la recherche d’une liberté illusoire qu’il chérissait tant.

Sauf que dans la mort, Cerdhan laissait derrière lui une petite fille. Un tout petit bébé insignifiant. Si, à la rigueur, l’enfant était né mâle, il aurait pu lui servir. Il aurait pu devenir son parfait héritier. Mais c’était une fille. Juste une fille. Encore une fois, ce sale gosse n’avait pas été fichu de faire les choses correctement ! Non seulement il s’était entiché d’une vulgaire roturière, pire encore, il l’avait engrossé sans même réfléchir à sa réputation ! Plissant le nez, avec une moue contrariée, Asriel fulminait de savoir que son propre sang avait été ainsi souillé. Et puis, qu’allait-il bien pouvoir faire d’une petite braillarde ?

*



5 ans



Debout, le menton baissé, la petite fille n’avait pas prononcé un seul mot depuis que son grand-père, le seigneur Asriel Til’Loam, lui avait infligée une correction des plus sévère. Cruelle, même. Soilhiane ne se ferait décidément jamais au comportement tyrannique et extrêmement violent de cet homme. Comme était-il seulement possible de traiter ainsi une enfant ? Comme était-il possible de témoigner aussi peu d’amour envers son propre sang ?

Secouant toute seule la tête, la nourrice se mordit la lèvre presque jusqu’au sang. Son cœur se serra un peu plus à la vue des marques rougies, qui zébraient le dos de Tianwen. Au fil des années, la jeune femme s’était prise d’amour et d’affection pour cette enfant si étonnante, d’une intelligence et d’une vivacité d’esprit peu commune. Ses grands yeux d’argent observaient et analysaient le monde avec toujours la même curiosité, mais aussi avec une justesse incroyable pour son jeune âge.

Une larme silencieuse roula sur la joue droite de Soilhiane. Du haut de ses cinq ans, la petite ne pleurait pas. Ni n’avait pleuré. La femme ignorait ce qu’il pouvait bien se passer dans la tête de cette pauvre gamine. Mais alors qu’elle lavait les plaies à vif de la fillette, la nourrice eut soudain très envie d’attraper Tian, de l’emmener très loin d’ici. De cet endroit maudit ! Sans doute était-ce son instinct maternel qui se réveillait en présence de cette enfant maltraitée.

Pourquoi avait-elle été punie déjà ? Rien que d’y songer, la jeune femme frissonna d’horreur. Et ferma les yeux un instant pour s’enlever de la tête l’image du fouet, claquant sèchement sur le dos de la fillette. Une boule se formant dans sa gorge, il lui fallut un effort surhumain pour retenir un sanglot étranglé. En vain.

- « Pourquoi tu pleures, dis ? » demanda Tianwen, sans même se retourner.

Essuyant sa joue d’un revers de main, la nourrice soupira imperceptiblement.

- « Ce n’est rien ma puce » la rassura-t-elle.

La gamine ne répondit rien, mais au fond Soilhiane savait très bien qu’elle n’était pas dupe. La petite héritière de la puissante famille des Til’Loam était bien plus clairvoyante que bon nombre de ses aînés. Elle était loin d’être une enfant comme les autres. Orpheline, élevée par un grand-père tyrannique et une grand-mère acariâtre, elle grandissait beaucoup plus vite qu’elle ne le devrait.


Chapitre  2 : Eveil




9 ans



Dissimulée derrière un imposant pilier de marbre, Tianwen observait avec un intérêt non feint le cours de maître Fil’Thien. Ex-légionnaire un peu bourru, au service de l’Empereur, il était chargé de former les jeunes nobles aux subtilités de l’art du combat. Fronçant son petit bardé de tâches de rousseur, la jeune fille ne perdait pas une miette du spectacle. Elle n’était pas peu fière d’avoir réussi à échapper aux sermons terriblement ennuyeux de maître Jiyan, son précepteur. C’était bien plus intéressant d’écouter Ezhin Fil’Thien rouspéter après ses bons à rien d’élèves. Et puis, cela avait quelque-chose de terriblement excitant d’enfreindre les règles ; certes, elle risquait toujours un sévère châtiment corporel si son grand-père découvrait sa bêtise, mais si elle parvenait à être assez futée pour ne pas se faire prendre, elle en ressortait toujours grandie. Et plus forte aussi.

Plissant ses beaux yeux argentés, la petite rouquine malicieuse retint de justesse un ricanement dans le creux de sa main, alors que le légionnaire assénait une tape à l’arrière du crâne d’un jeune garçon, qui devait avoir un ou deux ans de plus qu’elle. La gamine de neuf ans se figea de tous ses muscles tandis que le regard de Fil’Thien se braquait sur elle, remarquant enfin la présence de la petite intruse. Fronçant les sourcils dans une moue franchement contrariée, l’homme se désintéressa purement et simplement de son élève pour s’avancer à grand vers Tian, qui se contenta de le regarder s’approcher sans ciller. Il se dressa devant elle, de toute sa hauteur, poings sur les hanches. Parmi l’assemblée de ses jeunes apprentis, le silence régnait.

- « Tiens, tiens ! Qu’est-ce qu’une gamine dans ton genre peut bien fiche ici ? » gronda sourdement le maître d’arme.

Menton levé fièrement en signe de défi, Tian ne répondit pas à la provocation. Elle était bien plus maligne que cela et savait que cela ne servirait qu’à mettre en colère Fil’Thien.

- « Une petite minute ! Tu n’es pas la petite fille des Til’Loam ? » reconnu-t-il avant de continuer « Si ton grand-père apprend que tu traînes par ici, il risque de m’arracher la tête ! »

- « Ça m’étonnerait » répliqua alors la petite rouquine « Mon grand-père se fiche pas mal de ce qu’il peut m’arriver, du moment que je ne salie pas sa réputation à la cour de l’Empereur »

La jeune fille laissa quelques secondes de silence s’agrainer tandis qu’Ezhin Fil’Thien penchait la tête légèrement sur le côté, surpris par la répartie de cette gamine étonnante, pas plus haute que trois pommes et aussi épaisse qu’un fil de fer.

- « En plus, votre enseignement, maître Fil’Thien, est très instructif. Au contraire de maître Jiyan qui m’ennuie terriblement avec ses grandes leçons de morale et ses parties d’échec interminables. Ça fait bien longtemps que je le bats à plate couture à chaque fois »

Affichant un sourire tout fier, la gamine plongea son regard d’argent dans celui de l’ex-légionnaire. Qui soupira profondément en se massant les tempes. Que pouvait bien il répliquer contre de tels arguments ? Agacé, l’homme pointa un index menaçant à l’égard de la jeune fille.

- « D’accord, mais je te préviens, je ne veux pas t’entendre. Et si tu perturbe mes garçons, tu dégages de là ! Vu ?! »

Un sourire rayonnant sur les lèvres, le regard brillant de joie, Tian opina en silence tandis que l’animation de l’enseignement de maître Fil’Thien reprenait son cours.

*


16 ans



L’acier chuintait de sa mélodie si particulière, dans la petite cour pavée où se déroulait habituellement les enseignements de maître Fil’Thien. Les deux combattants se rendaient coups pour coups, à force parfaitement égale. Nul n’aurait su deviner qui de la fille ou du jeune garçon allait avoir le dessus ! Sourcils froncés, lèvres pincées en une moue terriblement concentrée, Tianwen virevoltait de manière impressionnante. Sa longue queue de cheval rousse ne la gênait nullement ; au contraire, ses cheveux tournoyaient autour d’elle, comme une parfaite continuité de ses mouvements précis. Elle était d’une férocité incroyable, qui la poussait sans cesse à se dépasser, poussée par une espèce de colère grandissante dans son ventre – une colère qui ne demandait qu’à être libérée, entièrement et complètement. Sans aucune demie mesure.

Elle ne savait pas d’où ce sentiment lui venait, ni comment il était né. Rien que de penser à cette force incontrôlable au fond de ses entrailles, cela lui fichait parfois la trouille. Heureusement, jusqu’à présent, elle avait toujours été capable de lâcher un peu de cette bride invisible, extériorisant ainsi tout ce qu’elle ne parvenait jamais à exprimer. Colère. Rage. Amertume. Révolte. Rébellion. Autant d’émotions intenses, qui contribuaient à nourrir toujours ce même rêve, depuis maintenant de longues semaines. Un instant décontenancée, la jeune fille secoua toute seule la tête pour s’enlever de la tête ce tigre blanc qui hantait ses nuits.

Hessiam profita alors de ce cours moment de déconcentration pour s’engouffrer dans la faille que lui offrait la jeune héritière des Til’Loam. Redoutable d’efficacité, le jeune homme se glissa sous la garde de l’adolescente pivota sur ses talons pour frapper du coude au niveau de ses côtes flottantes. Le souffle coupé, la rouquine se plia littéralement en deux. Sans lâcher sa fine épée, elle lâcha un râle de douleur.

- « Toi, tu es encore en train de penser à autre chose ! » remarqua le jeune noble, dont les mèches cendrées tombant devant ses yeux lui conféraient un charme fou.

Affreusement agacée, Tian plissa son petit bardé de tâches de rousseur. Lorsqu’elle se redressa, elle lança un regard noir à son compagnon d’entraînement – l’intéressé lui adressa un sourire en coin provocateur, ce qui ne fit qu’amplifier la contrariété de la jeune fille. Malgré tout, il existait entre ces deux-là une amitié tout à fait particulière, fondée sur une taquinerie mutuelle et des joutes verbales plutôt musclées. La mine renfrognée, Tianwen se remit en garde pour toute réponse. Le regard profondément bleu du jeune homme brilla d’un amusement non feint. Par le roi des Raï, mais il se fout de moi ! Rien que cette pensée fit fulminer l’adolescente qui se précipita au-devant de son adversaire. Sans réfléchir…

… Et elle mordit la poussière. C’était inévitable ! Trop de choses parasitaient son esprit ; alors elle en devenait trop lisible. Trop prévisible ! Poussant un long soupir résigné, la jeune fille se redressa sur un coude en poussant un grognement de mécontentement. Son meilleur ami ricana, et Tianwen haussa un sourcil interrogateur.  

- « Quoi ? » finit-elle par lâcher au bout de plusieurs longues secondes, nettement sur la défensive.

- « C’est encore ce rêve qui te perturbe ? » demanda simplement Hessiam, sans se formaliser le moins du monde de la mauvaise humeur de son amie.

Mais de quoi j’me mêle ? S’asseyant sur ses fesses, la jolie rouquine failli lancer une réplique acerbe. Alors qu’elle ouvrait déjà la bouche Tian hésita un instant. Pour se raviser aussitôt. Elle n’avait pas le cœur de jouer à ce jeu-là aujourd’hui. Le jeune homme avait vu juste : ce rêve la terrifiait. Pas seulement parce qu’il la hantait maintenant depuis plusieurs semaines, mais plutôt parce qu’il semblait terriblement réaliste. Elle ne savait absolument pas pourquoi cet impressionnant tigre blanc lui apparaissait en songe chaque nuit ; toutefois, elle avait l’étrange impression que l’imposant félin trouvait un écho dans chacune de ses émotions, comme s’il faisait partie d’elle-même.

Cependant, elle n’avait pas nécessairement envie d’en parler maintenant, surtout qu’Hessiam n’allait pas manquer de la taquiner. De l’embêter. Sans réaliser qu’il n’allait faire qu’aggraver le mal-être de son amie. Aussi, l’adolescente haussa simplement les épaules.

- « Ouais » avoua-t-elle, d’un ton parfaitement laconique.

Sans rien ajouter, Tianwen rangea sa fine épée dans son fourreau et pivota sur ses talons. Pour disparaître dans les couloirs du palais. Plantant Hessiam, purement et simplement. Quelque peu habitué, le jeune homme secoua tout seul la tête, un sourire amusé sur les lèvres. Il n’en avait pas l’air, mais il était tout de même un peu inquiet pour la jeune fille.

*



La colère grondait dans son ventre et Tianwen failli lâcher un feulement menaçant. Littéralement. Mâchoire contractée à l’extrême, bras croisés sur sa poitrine, elle toisait son grand-père du haut de se ridicule petit mètre soixante. Pourtant, elle n’avait aucunement peur du châtiment qui lui pendait au nez. Mais là, c’en était vraiment beaucoup trop et l’adolescente ne comptait pas se laisser faire sans avoir chèrement défendu ses intérêts. Il en allait même de sa vie ! Epouser Sohan Sil’Afian ? Définitivement, quelque-chose ne tournait plus rond chez Asriel ! D’une part, Sohan avait au moins une bonne grosse dizaine d’années de plus qu’elle, d’autre part c’était un malade mental à qui l’empereur avait promis le trône s’il se trouvait une épouse de noble lignée. Il était largement connu, dans les hautes sphères de la société, pour son attitude clairement misogyne. Il faudrait carrément l’enchaîner pieds et poings liés pour la forcer à épouser ce pervers !

- « Et si je refuse ? » défia la jeune fille d’un ton glacial.

- « Ne t’imagine surtout pas que je te laisse le choix, sale petite ingrate ! » gronda le seigneur des lieux, l’air parfaitement menaçant.

Tianwen recula d’un pas, mais elle reprit très vite contenance. D’abord vexée, elle était surtout déterminée à ne plus jamais se laisser dominer par ce tyran sans cœur. Elle avait la ferme intention de reprendre sa liberté et de vivre comme elle l’entendait. Au diable les bonnes manières ! Peu importait le temps que cela lui prendrait, elle était bien décidée à briser ses chaînes dorées.

- « Il y a bien longtemps que ton petit numéro ne me fait plus peur, Vieillard ! » répliqua Tianwen, sans trembler « Tu ne peux plus me retenir ici indéfiniment » ajouta la jolie rouquine sans sourciller.

Asriel ouvrait à peine la bouche pour s’indigner de l’insolence de cette sale gamine mal élevée, qu’elle lui tournait déjà le dos en s’éloignant à grandes enjambées. Comment osait-elle ?! Il lui avait offert un nom, un toit ! Une éducation des plus distinguées ! Et maintenant la promesse d’une vie prospère ! Il s’apprêtait à lui donner le trône sur un plateau d’argent et, malgré tout, elle s’obstinait à refuser ce mariage qui ferait d’elle la future impératrice de Gwendalavir. En cet instant, elle lui rappelait étrangement Cerdhan. Pinçant les lèvres d’un air contrarié, le vieil homme haussa tout seul les épaules. Qu’importait ! Il ne lui laissait pas le choix !
*


- 16 ans:
 


*


18 ans

La jeune fille délirait dans son sommeil, et sa fièvre ne diminuait pas. Cela faisait plusieurs jours qu’Hoöna veillait sur cette gamine, sans relâche. Elle semblait si jeune – à peine plus âgée que son seul et unique garçon, qui l’avait trouvé trois jours plus tôt.

Lorsque Thiliô l’avait découverte, gisant inconsciente aux abords du lac Chen, elle respirait tout juste faiblement. Avec tout ce sang qu’elle avait perdu, difficile de réaliser qu’elle était toujours en vie. Le corps de cette petite portait clairement les marques d’une grossesse récente – très récente même – et l’herboriste secoua la tête toute seule en observant la malade du coin de l’œil. La peau de son ventre, qui ressemblait un peu à un élastique complètement distendu, et sa poitrine gonflée de lait en témoignaient. Mais alors, où était son bébé ? Peut-être avait-elle fait une fausse couche ? Cela restait tout de même quelque-chose d’assez courant. Enfin, dans tous les cas, Hoöna restait persuadé qu’une sacré bonne étoile veillait sur cette jolie rouquine.

Un faible gémissement, à peine audible, s’éleva soudain dans l’air, attirant presque immédiatement l’attention de la femme. Tianwen papillonna des paupières quelques secondes. Elle referma les yeux un instant, le temps de soupirer longuement et calmement, afin de juguler cet affreux mal crâne qui l’avait tirée du sommeil.

Lorsqu’elle rouvrit son regard d’argent, la jeune noble analysait déjà son environnement en réfléchissant à toute vitesse. Elle ne comprit d’abord pas ce qu’elle faisait dans cet endroit qu’elle ne connaissait pas, plein de senteurs qui lui envahissaient les narines, titillant les sens du félin dans son ventre. Le tigre… Brusquement, tous ses souvenirs s’emboîtèrent un à un, pour reconstruire le puzzle complexe de sa mémoire. Des centaines d’images s’imposèrent à elle avec violence : l’accès de colère de Sohan, l’imposant prédateur qui prenait possession de son être et se jetait sur son époux, le déchiquetant de ses puissants crocs, la fuite désespérée et effrayante, la naissance de son enfant au beau milieu de nulle part par une nuit d’orage, le nourrisson qu’elle abandonnait aux portes de Fériane et puis, plus rien. L’inconscience. Le néant.

Tian eut un mouvement de recul, alors qu’une femme d’un certain âge s’asseyait sur le rebord de son lit. Une lueur de panique s’alluma dans son regard si particulier. Et elle se recroquevilla sur elle-même ; tout en s’asseyant, elle replia ses genoux contre sa poitrine. Elle dégageait quelque-chose d’un peu sauvage, là, tout de suite.

- « Ne m’approchez pas ! » lâcha-t-elle, d’une voix un peu plus aigü qu’elle ne l’aurait voulu « Je ne veux pas vous blesser… »

Son homologue animal remua en elle ; le félin sentait clairement sa nervosité. Pourtant, la femme aux cheveux grisonnant ne tint pas compte de son avertissement et caressa la joue de la jolie rouquine du dos de la main. Elle ne semblait pas avoir peur. Pourtant, elle le devrait ! Elle était un monstre ! La tigresse s’agita un peu plus ; Tianwen était sur le point de perdre tout contrôle à nouveau. Son regard d’argent changea littéralement de couleur, tandis que la voix de l’herboriste s’élevait dans l’atmosphère. Apaisante.

- « Shhht, ne t’inquiètes pas, tu es en sécurité ici » dit-elle d’une voix douce et rassurante « En plus, tu ne me feras aucun mal… »

Un sourire énigmatique s’afficha sur les lèvres de la femme et Tian fronça les sourcils sans comprendre. Soudainement, la silhouette de la femme se brouilla, pour laisser place à un chat roux tigré qui ronronnait gaiement. Dans sa surprise, Tianwen ne prêta même pas attention au tigre blanc qui feula méchamment au fond de son ventre. Cette femme… Elle était comme elle ! Cette pensée se frayant un chemin dans son esprit, la jeune fille se calma lentement.

Inconsciemment, elle su qu’elle pouvait lui faire confiance.


Chapitre  3 : Envol



20 ans


Tianwen ne le savait pas encore, mais cette belle journée ensoleillée de printemps allait marquer un tournant radicale dans sa vie. Cela faisait maintenant deux ans qu’elle avait trouvé en Hoöna et Thiliô sa véritable famille de cœur. Ils prenaient plaisir, tous les trois, à s’occuper et à entretenir l’herboristerie familiale du petit hameau de Panao, situé à quelques encablures seulement d’Al-Chen. C’était une petite boutique hors du temps, et l’on aurait presque dit qu’Hoöna lui avait jeté quelques sorts. La femme, d’une cinquantaine d’années, lui avait appris tout ce qu’elle savait en matière de plantes et de poisons. D’ailleurs, elle possédait en la matière une bibliothèque plutôt impressionnante, que Tian avait déjà dévoré dans son intégralité une demi-douzaine de fois au moins, ce qui étonnait toujours autant la cinquantenaire.

Lorsque la clochette de la boutique tinta, la jolie rouquine était assise sur le rebord du comptoir, plongée dans la lecture d’un ouvrage qui s’intitulait Art et décoctions – d’un certain Gregor Sil’Kallahan. La jeune femme leva à peine un sourcil pour regarder arriver d’un œil paresseux le nouveau client – correction, la nouvelle cliente. Toutefois, l’allure magnétique de la femme acheva de lui faire relever la tête : elle était intriguée, et même la tigresse dans son ventre remua. Cette femme dégageait quelque-chose de félin, et de vraiment dangereux, mais Tianwen ne put s’empêcher de la détailler de son regard d’argent. Cette femme était incroyablement belle, avec son beau regard doré qui ne voyait pas et qui contrastait joliment avec le teint caramel de sa peau.

Subjuguée, la jolie rouquine ne put qu’ouvrir la bouche bêtement alors que la femme s’accoudait sur le comptoir de façon presque nonchalante.

- « Salut » fit-elle avec un sourire.

- « Euh… Bonjour… Je peux vous aider ? » s’empressa alors de demander la jeune fille en sautant souplement sur ses deux pieds.

- « Oui, je crois » opina la femme à la peau foncée, en faisant mine de réfléchir quelques secondes « En fait, tout à fait entre nous, je cherche un poison »

Ah ?

- « Quelque-chose de puissant, de douloureux mais sans être trop fulgurant. Un conseil peut-être ? »

- « Là, tout de suite, je peux vous proposer la Petite Mort. Redoutablement efficace et la mort ne survient qu’au bout de plusieurs jours. Il doit nous en rester une fiole ou deux en stock justement » proposa alors Tian, tout naturellement, comme si elle discutait de la pluie et du beau temps.

La femme haussa un sourcil, étonnée.

- « Eh bien, tu as l’air de savoir de quoi tu parles, je vais donc judicieusement suivre ton conseil. Mais dis-moi, tu n’es pas un peu jeune pour en savoir autant ? »

- « Non » répliqua Tian, sans vraiment savoir à qui elle s’adressait, évidemment « Je suis de nature curieuse, et, en plus, j’apprends vite »

- « Tu m’as l’air d’avoir tout le potentiel pour en apprendre beaucoup plus » susurra la femme, avec un demi sourire mystérieux.

- « Que voulez-vous dire ? »

- « Tu sais quoi, je resterai dans les environs d’Al-Chen quelques jours. Si tu le souhaite, rejoins-moi là-bas, et je pourrais t’amener dans un endroit qui répondra à toutes tes questions »

Au fond d’elle-même, tout fond, sa décision était déjà prise lorsque la femme sortit de la boutique de sa démarche féline. Oh, c’était loin d’être un coup de tête, bien au contraire ! La belle inconnue dégageait tellement de force et de puissance, de confiance, que Tianwen l’enviait presque jalousement. Elle voulait lui ressembler, et imposer autant de respect, comme elle. Elle ne voulait plus jamais se sentir faible, comme elle l’avait été face à Sohan, mais aussi face à Asriel.

Deux jours plus tard, elle faisait ses aurevoirs à Hoöna et Thiliô, partant à l’aventure avec pour seul bagage, son épée finement forgée, une ceinture pleine de fiole de poison à la taille, et une petite sacoche. Une semaine après, elle découvrait le Domaine et rencontrait celle qui allait devenir son maître durant trois longues années d’un apprentissage difficile et exigeant. Serena Hel était nulle autre que celle qui s’apprêtait à la guider sur le chemin du Chaos.


*


23 ans

Passant pensivement la pulpe de ses pouces sur chacun de ses doigts, Tianwen songeait à ces quelques dernières minutes. Cela avait été très impressionnant de passer devant un Mentaï, surtout pour une greffe qui récompensait très justement sa formation d’Envoleuse. Elle ne savait pas vraiment ce que l’homme avait pu lui accorder comme don, mais cela ne la tracassait pas plus que cela en vérité. Elle le découvrirait sans doute bien assez tôt.

Non, ce qui la perturbait plutôt, c’était un nom. Elle l’avait aperçu quelques instants plus tôt, gravés en lettres majuscules, sur l’une des portes jouxtant le bureau du Mentaï qui venait de la recevoir. Aussi insignifiant qu’un petit tas de poussière sur le sol, et pourtant terriblement familier. Machinalement, Tianwen se remit à marcher. Fit quelques pas. Et s’arrêta à nouveau. Juste devant une porte sur laquelle elle pouvait clairement lire : Asriel Til’Loam. Dans son esprit, les questions se bousculaient par dizaines.

La jeune Envoleuse coula un regard à droite, puis à gauche, avant de tourner prudemment la poignée de la porte. Presque timidement, elle passa la tête dans l’entrebâillement. Personne !

Instinctivement, elle se hâta alors d’entrer dans la pièce, avant que quelqu’un ne la surprenne à fouiner dans des affaires qui ne la regardait pas. Un bureau, placé au centre de l’espace, aménageait la pièce de façon plutôt spartiate. Toutefois, à travers quelques petites touches, elle pouvait sans mal reconnaître l’empreinte de son grand-père – tout y était disposé, rangé de façon rigoureusement militaire. Tian en resta interdite quelques secondes, comme abasourdie par cette révélation : ainsi, Asriel Til’Loam, son grand-père et cousin de l’Empereur en personne, était un Mentaï. Décidément, il cachait bien son jeu !

Fronçant son petit nez bardé de tâches de rousseur, la jolie rouquine s’empressa de passer derrière le bureau pour y ouvrir un à un chacun des tiroirs. Elle ne découvrit rien de bien intéressant, à part quelques ordres de missions d’une banalité à mourir. Enfin, jusqu’à ce que son regard soit littéralement aimanté par deux noms – deux noms auprès desquels apparaissait une seule et unique mention. Cibles éliminées ; et les victimes en question n’étaient autre que Cerdhan Til’Loam, Marchombre, et Lounaëlle Sangreal, Envoleuse. Le cœur de Tian manqua soudain de rater un battement. Alors qu’elle se passait une main sur le visage pour tenter de reprendre contenance, la jeune femme fut prise d’un vertige qui la força à s’asseoir dans le large fauteuil de cuir sombre.

Elle traversa une tempête d’émotions plus intenses les unes que les autres : anéantissement, tristesse, douleur, incompréhension, amertume, colère. Ainsi Asriel avait-il participé à l’assassinat de son propre fils ! Non mais quel genre de monstre fallait être ? Comment pouvait-il encore se regarder dans un miroir, chaque jour, en sachant qu’il était responsable de la mort de son propre enfant ? Décidément, elle ne comprenait pas : cet homme au cœur de pierre était encore plus abject qu’elle ne se l’était imaginé !

Lorsque l’Envoleuse parvint enfin à détacher son regard d’argent du morceau de parchemin usé, une détermination toute nouvelle y brillait. Dangereuse ! Redoutable ! Et au fond de son ventre, son homologue félin feula.

*


Il était là. Dormant paisiblement, la respiration sereine, il ne l’avait pas entendue pénétrer dans la pièce. N’avait même pas remué lorsque le léger chuintement de l’acier avait retenti faiblement. Il ne sentait même pas non plus les draps de soie s’imbiber lentement du sang de sa femme, gisant égorgée à côté de lui. Sans doute la faute au puissant somnifère qu’elle lui avait administré quelques heures plutôt, dans son thé à l’extrait de rougeoyeur.

Un espèce de bonheur à l’état pur coulait à l’état pur dans les veines de Tianwen, en cet instant précis. Ce tyran se retrouvait enfin à sa merci et elle ne comptait pas le laisser s’en sortir indemne. Oh elle ne comptait pas le tuer immédiatement, mais plutôt de laisser la Petite Mort se répandre dans son corps entier, dans une douleur insoutenable. Il agoniserait deux ou trois jours durant, dans d’atroces souffrances. C’était tout ce qu’il méritait !

Sans la moindre émotion, ou peut-être juste de la jubilation, la jeune Envoleuse passa le fil de son poignard sur la joue de son grand-père, qui remua à peine les paupières. A la lumière de la lune, le poison commençait déjà à créer une marbrure stylisée sur la peau du vieil homme. D’ici quelques heures, il serait pris d’une fièvre intense et de tremblement incontrôlables. Le jour suivant, il s’éteindrait dans une douleur indicible.

Un drôle de sentiment s’empara de la jolie rouquine – sans était-ce ce qu’il existait de plus proche au soulagement. Une fois mort, cet homme n’aurait plus jamais le loisir de peser sur sa vie. Sur ses choix. Il ne ferait plus jamais de mal à personne ! Et il finirait tôt ou tard par être oublié de l’histoire Alavirienne. Du moins, elle ne comptait sûrement pas le laisser lui gâcher la vie, même dans la mort ! Il n’était rien d’autre qu’une page qu’elle tournait, pour continuer à écrire sa vie comme elle l’entendait. Elle était libre. Forte. Et Envoleuse !

Avec un petit sourire satisfait, Tian tourna les talons et disparu dans la nuit.

*


32 ans


Cela fait désormais bien longtemps que Tianwen sert fidèlement la cause du Chaos, balançant souvent sur le fil d’un équilibre un peu fragile. Ses différentes expériences, ses contrats, ont contribué à lui forger une vision du monde bien à elle, que l’Ordre n’approuve pas toujours. Mais aujourd’hui, la jeune femme revient au Domaine avec une envie toute nouvelle.

Et pourquoi pas, enseigner ? Guider de jeunes apprentis sur cette voie du Chaos qui l’avait profondément séduite par cette liberté absolue qui en émanait, par cette puissance et cette force qui s’en dégageait. Elle ne voulait plus seulement être un pion sur l’échiquier, mais bien participer à cette cause qu’elle avait juré de servir.




AUTRES
Devinez qui revoilà ? Very Happy


Dernière édition par Tianwen Til'Loam le Sam 03 Mar 2018, 21:51, édité 6 fois
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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: ♫ ♪ I put a spell on you ♪♫   Sam 24 Fév 2018, 06:28

Re-bienvenue ! Very Happy

Je crois que j'ai ma petite idée, mais je vais sans doute la garder pour moi pour l'instant Razz En tout cas un début de fiche très intriguant ! On attend la suite !

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Tianwen Til'Loam
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MessageSujet: Re: ♫ ♪ I put a spell on you ♪♫   Sam 03 Mar 2018, 21:52

Ayéééé, enfin terminé ma fiche Very Happy

J'espère que tout est bon ^^

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Kaünis Gil'Ozh
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MessageSujet: Re: ♫ ♪ I put a spell on you ♪♫   Sam 03 Mar 2018, 22:37

Haaah !

J'adore. Je valide. Tout ça ! Very Happy
Et j'ai Erwan qui m'a dit qu'il voulait un RP. Ça commence bien xD

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Tianwen Til'Loam
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MessageSujet: Re: ♫ ♪ I put a spell on you ♪♫   Dim 04 Mar 2018, 06:58

Yeah, merciii Very Happy
Tian m'a l'air plutôt d'accord pour rencontrer Erwan x)

Par contre, juste un détail, mais ce serait possible d'ajouter la greffe de ma petite Envoleuse à son profil ? marteau

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Kaünis Gil'Ozh
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MessageSujet: Re: ♫ ♪ I put a spell on you ♪♫   Dim 04 Mar 2018, 18:05

Je le fais dès que je suis sur un pc oui !

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