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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 La traque [Narek]

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Bastian Derue
Mentaï
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MessageSujet: La traque [Narek]   Mer 18 Avr 2018, 19:08

"Quand on traque une proie, mieux vaut prendre son temps, ne rien dire et, aussi sûr que deux et deux font quatre, elle finira par céder à la curiosité et se montrer."
[Harper Lee, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur]



Une simple maison en pilotis, non loin d’Al-Chen, perdue dans la fraîcheur des eaux dérivées du lac.

Ici terre et eau se mêlaient dans un univers idyllique et paisible, le quotidien des hommes et des femmes vivant ici marqué par le rythme tranquille de la pêche et de l’entretien des roseaux. Le temps semblait n’avoir aucune emprise en dehors de ce tempo naturel ; la guerre contre les Raïs au nord, les attaques de pillards dans les collines, les esclaves du Désert des Murmures, tout était si loin de cet endroit qu’on aurait dit un écrin, un havre de paix où seule l’harmonie était reine.

Mais, alors que la nuit étendait son voile et que la lune argentée veillait, reflétant son image sélène sur l’onde apaisée, déjà le murmure d’une menace se profilait.

L’eau se teinta de rouge sous la maison en pilotis. Un seul cri se fit entendre, pourtant, nombreuses furent les vies qui s’envolèrent, arrachées en une fraction de seconde par l’acier mortel d’un ange blond. Celui-ci essuya la lame de son poignard et plissa les yeux, sondant l’obscurité de la maison. Un homme ordinaire n’aurait rien vu de plus que de vagues ombres faciles à confondre avec des meubles. Lui, il était capable de distinguer jusqu’aux poils du nez des trois hommes qui se tenaient immobiles devant lui. La greffe avait cela d’intéressant, surtout lorsqu’elle affectait les yeux…
Le dernier homme s’effondrait dans une mare de sang lorsque la voix jaillit dans son esprit, ferme, sans condition. La voix de Bastian.

Galaad !
Ouais, ouais…


L’interpelé quitta la pièce macabre et s’engouffra dans le couloir. Il courut sur deux mètres avant de plonger pour éviter la chaîne qui frôla ses cheveux blonds. A genoux, il glissa sur le parquet, effectua une roulade pour se rétablir et bondit aussitôt, véritable feu-follet aussi insaisissable qu’un souffle de vent. Aussi dangereux qu’un ouragan. Face à lui, la marchombre déploya toutes sa science. Elle était jolie, songea l’envoleur en esquivant une parade vive et légère. Il l’aurait volontiers mise dans son lit s’il n’avait reçu l’ordre de la tuer. Contrairement à Bastian, Galaad n’avait pas érigé de mur inviolable entre « le camp ennemi ». Il avait simplement choisi le sien, et un boulot qui lui plaisait bien. En dehors de ses missions, cette histoire de Chaos et d’Harmonie ne l’affectait que très peu. Bastian, en revanche…

Magne-toi, tu veux ?

Le blondinet grogna ; la marchombre venait de lui griffer la joue.

Tu m’aides quand tu veux, mon pote.
Je suis occupé.
D’accord, alors c’est toi qui va te magner et venir me filer un coup de main !
Fais juste ton boulot, Gal.
Ouais, ouais. Une minute.


Quarante-sept secondes, en réalité. Quand la marchombre s’effondra, elle avait un couteau planté dans le cœur. Galaad vérifia qu’elle avait bel et bien succombé, puis il s’essuya le front, récupéra son arme et quitta la pièce. Bastian le rejoignit à ce moment précis. Ils étaient généralement bien coordonnés, d’ailleurs, ils ne prirent pas la peine d’échanger sur la suite des événements ; ils remontèrent le couloir côte à côte. Galaad arrivait tout juste à l’épaule de Bastian. Ses cheveux blonds s’échappaient dans tous les sens du bandeau qui les retenaient tandis que ceux de Galaad, courts et bruns, étaient dissimulés sous la capuche éternellement ramenée sur sa tête. Gal souriait quand Bastian demeurait inexpressif, la quasi-totalité de son visage masqué par une coule aussi noire que le reste de sa tenue. Les yeux verts pétillaient de malice, les yeux gris auraient gelé sur place n’importe qui. Pouvait-on faire plus disparates que ces deux-là ?

Une silhouette menue se laissa tomber devant les deux hommes. C’était une jeune fille, elle n’avait pas plus de dix-huit ans et devait peser quarante kilos toute mouillée. Elle se jeta sur eux la rage au corps, une dague dans chaque main. Galaad se tendit par réflexe, prêt à réagir. Bastian fut plus rapide. Il se glissa derrière la gamine. C’était l’apprentie de la marchombre qu’il venait de tuer, réalisa Galaad alors que son ami la désarmait en seulement quelques passes.

Sans se retenir.

La gosse vola à travers le couloir. Dix secondes plus tard, la lèvre éclatée, les deux yeux pochés, le nez brisé, les bras aussi, elle était plaquée contre le mur par un Bastian imperturbable. C’était un maître assassin, un tueur qui avait fait couler le sang de trop de personnes pour que l’on puisse établir un compte raisonnable. Pourtant, la jeune fille leva le visage vers lui. Elle l’implora de son regard où la souffrance brillait à l’état pur. Que vit-il, lui ? Galaad se posa la question, et comme de coutume celle-ci demeura sans réponse ; Bastian était un mystère à lui tout seul. La lame transperça la gamine au niveau de la gorge et la cloua au mur. Bastian ne prit pas la peine de la récupérer. Il se détourna et quitta la maison, suivi de près par son compagnon.

Des nuages voilaient désormais la lune.


*


Epuisé après cette nouvelle nuit sans repos, Bastian poussa la porte de ses quartiers et la laissa se refermer dans un cliquetis familier. Il rangea son manteau, sa coule, ses mitaines, ôta sa ceinture et prit le temps de nettoyer ses lames, avec soin et précision, avant de nourrir les gommeurs. Il dessina quelques flammes supplémentaires afin d’accompagner le feu de cheminée qui avait brûlé toute la nuit, mais qui était incapable de repousser le froid régnant en maître dans les cachots. Peu frileux mais fatigué, il se servit un verre de Langue de Feu qu’il but à petite gorgée en s’asseyant à son bureau. Il attrapa le premier papier de la pile, le froissa et le jeta dans l’âtre où il se ratatina complètement avant de brûler.

Marchombre tuée : mission accomplie. Au suivant.

Bastian attrapa le papier qui trônait désormais au sommet de la pile et plissa les yeux en lisant le nom de sa prochaine cible.

Narek Liam.


*


Bastian ouvrit la fenêtre et s’accouda pour profiter de la fraîcheur du soir. Il était mentalement épuisé après cette réunion qui avait duré plus de quatre heures, dans l’aile réservée aux mentaïs. Non seulement il faisait beaucoup trop chaud ici, mais en plus il devait être concentré en permanence afin de lire sur les lèvres de ses interlocuteurs. De plus, Galaad était absent : parti en mission tout à fait au nord de l’Empire. D’ordinaire, il accompagnait toujours son ami lors de ces réunions, officiellement pour traduire à Bastian ce qu’il se disait, officieusement pour le distraire. Si encore les mentaïs pouvaient communiquer par la pensée lors de ces temps de discussion ! Mais non. C’était contre la règle. En principe, s’introduire dans les pensées d’autrui était considéré comme un viol de l’esprit. Le protocole traditionnel, qui consistait à demander toutes sortes d’accords et de permissions, était beaucoup trop long et complexe pour être réalisé à chaque fois qu’une pensée était transmise. Donc, les réunions se faisaient de vive voix. Et Bastian devait faire avec.

Une main tapota son épaule et lui fit tourner la tête : c’était Daen, un jeune mentaï prometteur. Il lui tendit un message, probablement tout juste arrivé à la volière du Domaine. Après avoir remercié le garçon d’un signe de tête, Bastian déroula le morceau de papier et parcourut rapidement ce qui y était griffonné. Ses sourcils se froncèrent. Sa cible avait échappé à l’embuscade tendue dans l’est, non loin des montagnes. Voilà qui était contrariant. Son premier réflexe fut de songer à envoyer Galaad, puis il se souvint que son ami ne reviendrait pas avant un mois, au minimum. Cela ne lui laissait plus vraiment le choix. Il ferma la fenêtre et regagna son cachot pour préparer ses affaires.

Il partait en voyage.


*


Al-Chen

Le Zoanne profitait de la chaleur des premiers rayons de soleil d’un été qui s’annonçait prometteur : sur la terrasse, des passants venaient prendre un verre entre amis et les conversations joyeuses s’entremêlaient sous les feuilles des tilleuls qui bordaient l’établissement.

Sefan était en train de nettoyer une table avec l’énergie qui le caractérisait naturellement, son stylo coincé sur son oreille droite, son calepin sous sa ceinture, par-dessus le tablier qui était un peu roussi au niveau des manches. Son instinct, pétri par le quotidien qui rythmait ses journées depuis qu’il avait accepté de tenir l’auberge avec son ami – et patron, lui fit lever la tête au moment où le nouveau venu franchissait l’arche de l’entrée de la terrasse, plantée de glycine mauve et parfumée.

Il fronça les sourcils. Cet homme était immense et entièrement vêtu de noir, sa démarche fluide, son regard d’acier vif et perçant. Un étrange frisson glissa le long de sa colonne vertébrale. Il se força toutefois à se redresser pour accueillir le client avec le sourire.

- Bienvenue au Zoanne ! Qu’est-ce que je vous sers ?

Les yeux gris se posèrent sur lui et le sondèrent jusqu’à l’âme. Du moins c’est l’impression que cet échange silencieux donna au jeune serveur ; puis l’étranger pointa du doigt des clients qui savouraient leur boisson.

- Une bière ? Elle arrive dans une seconde.

Sefan fila à l’intérieur de l’auberge ou la fraîcheur retenue par la pierre était déjà agréable. Il passa derrière le comptoir et attrapa une chope tout en suivant, du coin de l’œil, le trajet de l’homme en noir jusqu’à sa table. Il avait choisi un endroit reculé par rapport à la terrasse et s’était installé dos au mur, son regard magnétique balayant la salle avec attention. Pourquoi ne parlait-il pas ? Sefan posa la chope pleine sur un plateau avec la commande d’une autre table. Il la déposa devant l’homme sombre, annonça le prix d’un ton cordial et tendit la main pour récupérer les pièces qui furent déposées sur la table.

Mais alors, une main ferme se referma sur son poignet.
Etreinte d’acier à laquelle il était impossible d’échapper.
Absolument impossible.

- J’aimerai voir le maître des lieux.
- Il… est absent,
lâcha Sefan, hypnotisé malgré lui par le regard gris tempête de cet homme qui lui faisait froid dans le dos.

Il avait articulé ses mots comme s’il les arrachait de sa bouche, d’un ton disgracieux et d’une voix grippée, comme si elle ne servait jamais. En un éclair, Sefan comprit que cet homme était sourd. Cette prise de conscience lui permit de se détendre un petit peu : elle expliquait bien des choses.

Mais pas le pressentiment qui l’aiguillonnait depuis que ce type était entré dans l’auberge.

- Quand revient-il ?
- Je ne peux pas vous le dire, il est en déplacement…


Un instant complètement fou, Sefan crut que l’homme allait lui briser le poignet. Et puis soudain, la pression disparut ; il récupéra son bras, se redressa, s’ébroua. Il n’était pas sûr de ce qu’il venait de se produire. La menace était passée tellement subtilement…

- Bonne journée, monsieur.

Il s’éloigna, déposa son plateau sur le comptoir et passa dans la cuisine ou chaleur et vapeur s’entremêlaient joyeusement. Là, il s’appuya contre le mur et poussa un profond soupir. Puis il se redressa, glissa quelques mots à une serveuse qui venait tout juste de prendre son service, se débarrassa de son tablier et grimpa à l’étage, où il vivait.

Il s’installa aussitôt à son bureau, tira un bout de parchemin, prit une plume et griffonna quelques mots.


*


L’oiseau vole, il suit une trajectoire invisible mais aussi évidente pourtant que les instincts primaires qui l’animent. Rien ne saurait le détourner de son but.

Rien, excepté ce sifflement qui l’affole un instant.

Il vire, se lisse porter par un courant qui ébouriffe les larges plumes du bout de ses ailes, descend vers la rangée d’arbres qui bordent la belle cité d’Al-Chen. Parfaitement maîtrisé, son atterrissage se fait en douceur sur le bras ganté de l’homme. Celui-ci lève son autre main et en quelques gestes défait le lien qui maintient le petit tube à la patte du rapace. Il déplie le papier, lit les quelques mots griffonnés à la hâte. Esquisse un sourire satisfait. Tranquillement, il enroule le message, le range dans le tube qu’il fixe à nouveau à la patte de l’oiseau, puis il tend le bras et laisse celui-ci prendre son envol.

Il dessine avec soin et précision sans se départir de son sourire. Là-haut, l’oiseau bat des ailes sans se rendre compte qu’une traînée blanche, aisément prise pour un nuage, s’échappe du tube attaché à sa patte.

Le mentaï remonte sa coule sur son visage, rabat sa capuche sur sa tête.

Et se met en route.

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Narek Liam
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MessageSujet: Re: La traque [Narek]   Jeu 19 Avr 2018, 04:18

Le ciel est sombre alors que Narek, ayant laissé Caradoc à l'entrée du village, se penche sur le jeune corps en soupirant.

Une vraie boucherie.

Lui qui avait voulu rendre visite à l'une des rares amies qu'il s'était fait à l'académie, il se retrouvait à suivre la trace de la jeune apprentie pour retrouver ce spectacle d'horreur qui lui rappelait un peu trop le sort de sa propre famille d'antan.

Il ferma les yeux de Mira d'une main et lui plaça les mains sur le torse, autour du manche de ses dagues, avant de se relever. Ce qui avait commencer comme une visite joyeuse après ses retrouvailles avec Milo était devenu un deuil, se dit-il avec un grognement, sortant de l'endroit.

Il envoya un message anonyme décrivant ce qui s'était passé en ces lieux à la caserne de garde la plus proche ainsi qu'à la guilde, le second atteignant sa destination bien avant l'autre selon ses calculs et le moment auquel il les relâchaient.

Le marchombre n'avait ni le temps ni l'envie de subir un interrogatoire, mais il n'avait pas non plus l'intention de laisser son amie et la maître de la jeune femme sans un enterrement digne de ce nom, se dit-il en rabattant sa capuche sur son crane et en montant sur son cheval.

Il avait cette impression lancinante que quelque chose n'allait pas, avec la guilde, entre le rentaï qui était attaqué et cette sordide affaire en plein désert des murmures...

Le garçon se lança au galop vers l'est, il voulait vérifié quelque chose dans les montagnes et, sans certitudes, il ne se sentait pas prêt à en parler à la guilde, ni même à Syndrell.

Après tout, ils n'avaient que faire de suppositions.


Sick and tired of what to say,
No one listens anyway,
Sing...

That's all you can.

Rambling years of lousy luck,
Ya miss the smell of burning turf,
Dream...

That's all you can.

Le jeune homme marchait tranquillement, sa monture était cette fois restée à l'académie où il avait fait un détour pour s'assurer de la réception de son message puisque ce pauvre Caradoc aurait été peu utile sur ce terrain rocheux.

Il faisait une pause repas quand il l'aperçu et abandonna son repas en jurant.

Un oiseau messager... Qui traînait derrière lui le seul nuage encore présent dans le coin.

Dire qu'il y avait de cela moins d'un an, il ne se serait pas plus méfier que cela...

...Depuis Ezadrah, il avait appris, se dit-il, qu'un bout de tissu rouge sur une branche pouvait représenter un groupe d'assassins... Alors un nuage, qui savait ce que ça pouvait représenter...

Au moins, se dit le jeune homme, il avait encore un peu d'avance sur le piaf, et surtout, il avait un arc.

Prenant position, se concentrant tel que Syndrell lui avait apprit, il étudia le vent, ajusta sa flèche, inspira un grand coup...

...Puis tira.

La flèche vola un moment, puis rata l'oiseau de peu.

Si peu que le tube à sa patte se détacha dans la panique de l'animal de sentir la vibration.

Narek soupira de contentement en voyant le nuage tombé juste avant la sortie des bois.

L'oiseau le rejoignit bientôt et, si le garçon aurait dut se sauver, il resta sur place en retournant l'oiseau sans message. À quoi bon s'il pouvait être intercepter, se dit celui-ci en attendant.

Il pensait à la horde de mercenaires qui pouvaient se cacher dans les arbres. Ou déjà être en vue sous le couvert d'un dessin.

Pourtant, trop sûr de lui, trop fou ou bien simplement trop puissant pour s'en faire avec ça, un seul homme habillé de noir sortit du petit bois, à environ huit cent mètres du garçon.

Un homme qui s'arrêta un instant pour l'observer, était-il surprit que Narek l'attende ainsi..?

Peut-être.

Le jeune marchombre, lui, supposait déjà le pire.

Un homme.

Seul.

Envoleur... Ou Mentaï..?

D'une façon ou d'une autre, le garçon ne put s'empêcher de lui sourire de son perchoir, un peu en amont, entre les petits pics de pierres qui longeaient les montagnes.

Après tout, ils s’apprêtaient à jouer à cache-cache, se dit il en reculant doucement...

...Juste assez pour disparaître derrière un rocher...

...Puis courir.

S'il devait combattre cet homme, il ne comptait pas le faire sur un terrain inégal en plus, se dit-il. Un plateau s'étendait à moins de trois cents mètres, dernier avant les terrains insondables de la frontière de roche que formaient les monts de la région.

C'était là qu'il l'attendrait, se dit-il en sautant par dessus un rocher de taille moyenne, apercevant bientôt son but.

Il fit environ deux cent mètres dans le plateau qui devait en faire cinq cents quelque chose de large.

Puis se retourna.

Juste à temps pour voir l'étranger approcher, remarqua-t-il en s'asseyant sur un rocher de taille respectable, attendant que l'homme n'approche.

Il sortit un couteau et une pomme de son manteau, ayant laisser le plus gros de ses affaires de voyages dans son campement improvisé, et coupa la pomme en deux.

Aussitôt l'homme assez près, il lui en lança la moitié et mordit dans la moitié qu'il gardait pour lui.

Après tout, pourquoi tenter de se tuer sans d'abord apprendre à se connaître un peu..?


J'ai comme l'impression que tu ne me diras pas grand chose, alors j'aimerais une petite réponse à deux tout aussi petites questions.

Qui ou quoi t'envoie et pourquoi.

Ah, non, trois c'est vrai...


Le garçon jeta le coeur de la pomme de côté et sauta sur ses pieds en s'étirant les épaules légèrement, plus sérieux que jamais.

Qu'est-ce que tu veux que j'écrive sur ta tombe..?

Envoleur ou mentaï, celui-là n'était pas du type à parler longtemps, se dit le garçon, et il avait cette façon de marcher qui montrait bien qu'il ne comptait pas perdre de temps ni prendre de chances...

...En d'autre mots, se dit-il, il était mal barré.

Surtout si c'était un mentaï, puisqu'il n'en avait vaincu qu'un seul et ce avec l'aide de Syndrell, et encore, Onku avait battu en retraite plutôt que de vraiment être vaincu.

Le garçon inspira profondément, apprécia le vent sur son visage un moment...

...Puis sourit.

Il n'était pas seul.

Avec lui, à ses côtés, derrière lui, des générations de marchombres se tenaient en défi au chaos.

Plus invisible que toutes les illusions.

Plus réelles que le plus éternel des dessins.

Il pris sa position de combat en sentant le souffle fantomatique de Syndrell à ses côtés et celui, improbablement réel à ses yeux, taquin de Zoanne, Erwan, Milo, Hope... Même Mira.

Il n'était pas seul.

Et si ce type voulait en découdre sur le plancher de danse du diable, il lui offrirait cette danse.

Et s'il voulait utiliser l'imagination, le mec?

Bah il avait qu'à bien se tenir, se dit Narek, un barde, ça gagnait son pain avec l'imagination..!


The apple now is sweet,
Oh much sweeter than it ought to be.

Another little bite,
I don't think there is much hope for me.

The sweat beneath her brow,
Travels all the way,
An' headin' south.

This bleedin' heart's crying,
Cause there's no way out...

...Well swing a little more,
Little more o'er the merry-o.

Swing a little more,
A little more next to me.

Swing a little more,
Little more o'er the merry-o.

Swing a little more, on the Devil's Dance Floor.

__________________________________________


Spoiler:
 

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Bastian Derue
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MessageSujet: Re: La traque [Narek]   Sam 21 Avr 2018, 23:59

I’m about to hunt you down through
The big black hole right behind you
And I’m about to cut your wings away…

[Within Temptation, The Unforgiving]


La traque, Bastian avait ça dans le sang. Il était capable de parcourir des lieues sans s’arrêter ni pour manger ni pour dormir, son organisme rôdé depuis des années à une discipline de fer et dominé par un mental d’acier ; il connaissait son corps et ses limites, lesquelles se trouvaient si loin que parmi les siens l’on évoquait parfois ses talents dans un murmure empreint d’admiration. Astreint à un rythme de vie que peu de gens jalousaient tant il était sévère, le mentaï pouvait donc aisément suivre l’oiseau à la trace, guidé par le léger voile blanc qu’il laissait dans son sillage.

Il courait à une allure régulière, dans une foulée déliée qui lui faisait avaler les distances sans trop puiser dans ses réserves. Son endurance était la clé. Il avait tendance à très peu dessiner pour économiser ses forces ; en l’occurrence, il s’était seulement autorisé de faire jaillir un pont de l’Imagination afin de franchir un gué trop violent pour être traversé. L’œil fixé sur son objectif, il atteignit, au bout de deux jours de traque, un petit bois planté de feuillus à quelques empans du Gour. L’oiseau messager avait longtemps suivi le fleuve avant de bifurquer vers les montagnes qui se profilaient à l’horizon.

Bastian avait pris deux heures de repos en fin de matinée, mais il devait s’arrêter pour faire le plein d’eau et pour grignoter quelque chose. Il choisit de traverser le bois. Dès qu’il franchit la lisière, l’ombre du sous-bois lui apporta fraîcheur et réconfort ; si la veille une pluie fine l’avait suivi tout au long de la journée, le soleil régnait depuis qu’il s’était levé et diffusait une chaleur qui rendait sa mission un peu plus pénible. Le noir de ses vêtements n’arrangeait pas la situation. Impossible toutefois de lui faire porter une autre couleur : Galaad faisait une tentative tous les trois ans environ, sans succès…

Le mentaï s’accroupit près d’un ruisseau qui filait entre les hautes herbes. Les mains en coupe, il s’aspergea d’abord le visage d’eau claire, puis il remplit sa gourde et but longuement. Quelques étirements plus tard, il avala trois galettes de blé et mordit dans une pomme verte, acide à souhait. Il en avait ramassé quelques-unes en passant dans un verger aux alentour de midi. Le fruit dans la main, il reprit sa route d’un pas plus tranquille, estimant pouvoir repérer la trace de l’oiseau une fois sorti du bois.

Il était sur le point de quitter l’ombre bienfaitrice des derniers arbres quand il vit le « nuage » dégringoler. Ce fut comme si con corps réagissait avant son esprit. Il lâcha la pomme, bondit en arrière, à couvert, s’accroupit et scruta le ciel. En un clin d’œil il évalua l’angle du tir, et son regard se posa à l’endroit précis où se dressait une silhouette dans la lumière aveuglante du soleil.

Bastian plissa les yeux. Si l’homme avait sciemment visé cet oiseau, cela ne pouvait signifier qu’une seule chose.

Il avait trouvé sa cible.

L’appel du sang faillit le faire jaillir de sa cachette comme un beau diable.

Faillit seulement.

Si l’assassin qui sommeillait en lui avait développé un besoin naturel de tuer pour survivre, le maître qu’il était devenu dans cet art exigeait à la fois rigueur, discipline et précision ; il ne tolérait pas qu’une mission soit bâclée. C’est dont parfaitement calme qu’il se dévoila au grand jour. Calme et prudent, même si sa démarche semblait clamer son assurance. Il était sûr de lui, mais pas au point de se précipiter au-devant d’un marchombre.

Marchombre qui lui apparaissait de plus en plus clairement dans la lumière. Grand, mince, de longs cheveux noirs ; il s’appelait Narek Liam et, pour avoir choisi le mauvais camp, il allait bientôt mourir. Pour l’heure, il reculait doucement vers les rochers qui donnaient l’étrange impression d’avoir dégringolé des montagnes jusqu’ici. Bastian continua d’avancer.

Et soudain, le marchombre disparut.

Ce n’était pas un tour de magie ni une stratégie ahurissante ; il entamait juste une partie de jeu qui fit naître un rictus sur les lèvres de Bastian. Le jeu du chat et de la souris. Son préféré. Parce que cela pimentait un peu la traque, parce que cela mettait ses nerfs à rude épreuve, sa patience surtout, et parce que l’issue était très alléchante. Un éclat traversa le gris métallique de ses yeux : la chasse continuait...

Quand le marchombre ralentit, Bastian comprit qu’il allait s’arrêter et lui faire face. Il n’y en avait pas deux pareils et pourtant, ils se ressemblaient tous un peu. Cette fougue, il l’admirait, surtout lorsqu’il s’apprêtait à la réduire en fumée. Il ralentit à son tour, s’approcha doucement. Devant lui, un gamin qui jouait au grand. C’était comme ça qu’il fallait vivre après tout. Comme ça qu’il s’était hissé au rang de grand méchant loup…

Le jeune homme avait un couteau dans la main mais il s’en servit pour couper une pomme en deux. Le fait qu’il ne s’esquinte pas la main au passage prouvait qu’il avait des nerfs solides. La plupart se seraient blessés, incapables de maîtriser les réactions de leur corps alors que leur assassin se trouvait à seulement deux mètres d’eux.

Bastian attrapa le morceau de pomme au vol. Sans quitter Narek des yeux, il écrasa le fruit dans sa main gantée. Il venait d’en manger une et puis, il n’était pas suicidaire. En un clin d’œil le chat pouvait devenir la souris si d’aventure il se laissait apprivoiser. Du reste, il n’avait pas le talent de Voïmakas pour déceler les poisons.

Le marchombre lança quelques paroles qu’il lut sur ses lèvres. La provocation ne lui tira aucune réaction. La coule de soie qui masquait son visage laissait seulement passer le regard vif, aussi acéré qu’une lame. S’il dessinait maintenant, le gosse mourrait sans avoir eu le temps de finir sa pomme. Parce qu’il détesterait être tué avant d’avoir fini la sienne, Bastian décida de lui accorder ce petit répit. Après l’avoir traqué pendant plus de deux jours, il était prêt à patienter quelques secondes supplémentaires.

Le garçon se mit en garde. Une position franche, des appuis stables, aucune fioriture. En face de lui Bastian l’imita. Il n’avait pas envie d’en finir trop vite, il fallait bien l’avouer. Faire durer le plaisir était quelque chose qu’il aimait faire durant ses missions. Hélas, la plupart étaient souvent expédiées, faute de temps et de moyens… Il ne fallait pas songer à la pile de dossier qui stagnait sur son bureau, ni aux réunions qui l’attendaient dans l’aile des Mentaïs.

Il fallait simplement croquer l’instant présent comme l’on pouvait croquer dans une pomme.

Et il fallait effacer le sourire tranquille de ce jeune homme.

Bastian entra en action.

Si rapide que lorsqu’il revint à sa place le marchombre n’avait pas encore bougé. Il avait dû sentir sa mâchoire trembler, pourtant. C’était un coup « léger » qui pouvait tout de même briser quelques dents si par malheur la mâchoire était complètement fermée. Comme ce n’était visiblement pas le cas, le mentaï visa les côtes cette fois-ci.

Il ne ménageait pas son adversaire. Jeune ou pas, c’était un marchombre fort d’une expérience dont il ne connaissait pas tous les tenants et les aboutissants. Un marchombre greffé qui n’avait pas hésité à le provoquer. Alternant souplesse et puissance, Bastian engagea un combat qui gagna très vite en intensité. Poing contre poing, genou contre genou, pied contre pied ; le corps était une arme dont ils se servaient l’un et l’autre.

Mais le premier sang versé fut celui de Narek Liam.

L’arcade sourcillière explosa. Le choc avait été suffisamment violent pour que Bastian le sente dans ses phalanges. Il ne laissa pas le temps au jeune homme de se reprendre et lui balança son coude en plein plexus. Puis il tourna sur lui-même et son pied le faucha à la nuque, l’envoyant à terre.

L’achever maintenant ?

Bastian observa le garçon qui pissait le sang devant lui.

Non.

Il voulait s’amuser encore un peu.

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Narek Liam
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MessageSujet: Re: La traque [Narek]   Dim 22 Avr 2018, 03:16

Narek s'essuya le menton, où parlait une folle goûte de sang, puis ne put empêcher un petit rire en se replaçant en garde devant son adversaire. Il n'y allait pas de main morte et ça l'avait surprit, certes...

...Mais à date, ce type était encore à un niveau qu'il pouvait suivre, il était même moins rapide que Gil, se dit le garçon en finissant d'essuyer sa blessure, sourire toujours aux lèvres.

Il avait souvent éviter la baston pour une raison aussi folle que simple : Il adorait ça.

Aimer se battre, c'était quelque chose d'effrayant quand la perception du monde n'était pas adaptée.

Mais le garçon inspira un grand coup et ne put s'empêcher de complimenter son adversaire.


Joli.

Très joli.

Finalement, peut importe qui t'envoi, c'est bien, ils ont bien choisis...

...Si tu m'avais trouver il y as trois mois, peut-être même deux, je n'aurais eu aucune chance...

...Mais tout ça tu sais...

...Ça ne doit pas atteindre les sphères émotives...


Ceci ne doit pas atteindre les sphères émotives.

Adversaire plus que doué, assassin d'expérience, sûrement pas son premier rodéo, ne sous estimeras pas mes connaissances, je ne suis pas le premier marchombre qu'il traque, je ne serais probablement pas le dernier.

Calme et serein, ne répondra pas à la provocation, il ne me parleras pas, faudra causer avec les poings.

Mon avantage : Ma greffe, inconnue à ses yeux.

Son avantage : À peut près tout le reste.

Ma faiblesse : Le mystère de sa technique de combat et de ses capacités, le mystère de ses potentielles armes, connais probablement les styles de combats les plus utiliser chez les marchombres.

Sa faiblesse : Je connais une technique qui ne provient pas d'un marchombre...

Il as un sol moins sûr sous les pieds, il est sûr de lui, mais ne risqueras pas de me sous estimer ou de me laisser cet avantage, va utiliser sa vitesse pour changer d'endroit, le seul permettant une attaque sans risquer de s'emmêler les pieds, la violence et la vitesse de l’assaut qui arrive pourras être utiliser contre lui, va commencer par un crochet droit, puis tenter un--

His advantage, my injury. My advantage, his rage. Incoming assault feral, but experienced. Use his momentum to counter.

Come now, you really think you're the only one who can play this game..?

Le garçon plissa légèrement les yeux, il avait l'impression que son adversaire, avec son regard d'acier, était en train de faire exactement le même genre d'étude de combat que lui, en fait il avait l'impression que ce type était en train de faire ses propres réflexions et de venir MODIFIER les prédictions du marchombre.

Trap arm, target weakness. Follow with haymaker.

Ah, there we find the boxing champion of Cambridge.


Competent, but predictable. Now, allow me to reply.

Très bien, puisque tu veux tenter un coup improbable, ainsi soit-il, coup de pied qui ruine complètement l'effort apporté pour changer d'endroit, appliquer un blocage de coude pour se glisser dans les sillage de son poing qui me défonce la gueule à droite du coup de poing tenté, celui-ci me frappe l'épaule gauche, pas un coup grave, frapper de la main droite vers le menton...

...Trop rapide pour moi, il sort sa dague et me transperce la mâchoire, tiens ma vie dans sa main. Je tente de le faire lâcher prise et il se contente de tourner la lame.

...Éviter le coup de dague de justesse grâce à la rapidité apprise avec Syndrell, mon arsenal se vide et le sien semble toujours plein, continuer le coup de poing par la mâchoire, celle-ci résonne et le désoriente légèrement, en profiter pour un second coup à la poitrine, sa main droite, sans arme, s'enfonce dans la blessure à mon sourcil, il sait comment faire souffrir même à partir d'une si petite blessure...

Arsenal running dry. Adjust strategy.

Wound taking its toll.

As I feared. Injury makes defense untenable. Prognosis, increasingly negative.

...Il décide d'en finir, la dague tourne et me transperce la crâne.

... Le repousser avant qu'il ne finisse son coup, sa dague frappe mon bras à la place, il me tire vers lui et se sert de sa main libre pour me briser les cervicales.

Analyse des autres scénarios...

...Issue certaine : ma mort...

...À moins que...

Let's not waste any more of one another's time. We both know how this ends.

Conclusion: inevitable. Unless...

Le jeune marchombre observa la scène qu'il venait d'étudier en même temps qu'elle se produisit, à quelques détails près, puis senti la lame de l'homme approcher son bras plus qu'il ne la vu, activa sa greffe à la dernière seconde.

La dague s'enfonça dans le bras, sans toutefois s'y agripper, et le jeune homme attrapa sa seule chance, donnant un coup de pied en tournant sur lui même en plein torse de l'homme...

...Puis réalisa son erreur.

Il avait surpris celui-ci, certes, mais il n'avait pas pris en compte le terrain et leurs mouvements sur le plateau.

Les deux hommes étaient dangereusement proches du bord du précipice s'étendant auparavant à plus de deux cents mètres à leur gauche.

Une erreur de débutant de sa part, pourtant l'homme, surpris, trébucha sur une roche et commença une chute à l'insu incertaine.

Narek s'élança sans penser, même s'il entendit une lance sortie de nulle part lui frôler l'oreille.

Attrapa de justesse l'assassin.


M'regarde pas comme ça idiot de Mentaï! Si tu veux m'tuer tu t'y prends très bien et j'suis à court de cartes alors tu t'en occuperas, mais laisse moi d'abord te tirer sur ce foutu plateau! Il est pas question que je m'abaisse au niveau de te tuer simplement parce que tu as des ordres!

Peut-être était-ce stupide de tenter de résonner avec un homme faisant partie du groupe que Syndrell décrivait comme des tueurs sanguinaires et sans mercis, suicidaire, même, sûrement, surtout qu'il lui avouait être à court de cartes surprises...

...Mais voilà, il ne comptait pas s'abaisser au niveau de ce type.

S'il voulait tuer par plaisir, parfait, qu'il le fasse APRÈS s'être assurer de rester en vie..!

Le jeune homme observa l'autre, qui n'avait toujours pas dit un mot, droit dans les yeux.

Des yeux froids et calculateurs, mais où quelque chose ressemblant vaguement à de la curiosité avait brillé un instant.

Une épée se matérialisa dans la main libre de l'homme et Narek se contenta de grincer des dents en continuant de tirer pour le ramener sur le plateau.

Bien sûr il pouvait toujours utiliser sa greffe pour éviter la lame mais...

...Mais s'il faisait ça, il devrait lâcher le type pour ne pas s’exténuer à utiliser ce don du rentaï.

Et il n'avait aucune envie de lâcher cet homme.

Même si c'était ce type, au final, qui avait vraiment cette décision entre les mains...

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Bastian Derue
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MessageSujet: Re: La traque [Narek]   Dim 22 Avr 2018, 19:17

Les hommes se jugent à leurs chutes. Toute chute qui ne donne point à l'homme tombé un ressort pour remonter, ou pour s'élever plus haut, ne fait que le remettre à sa place.
[Auguste Guyard, Quintessences]



Le marchombre parlait trop. C’était assez fréquent, cette réaction instinctive qui permettait à un individu effrayé de se rassurer avec sa propre voix. Mais en l’occurrence, Bastian devina que le caractère de son adversaire était à l’origine de cette discussion à sens unique. Tout en le traquant puis en se battant, il ne cessait d’observer, mettant à profit des sens exacerbés par l’inutilité de son ouïe.

A son maintien, à la rapidité de ses réflexes et à la force de ses coups, il situa Narek à la fin de sa formation. Peut-être celle-ci était déjà achevée – mais pas depuis très longtemps. A sa façon de froncer les sourcils, de serrer et desserrer les poings, il comprit que le jeune homme réfléchissait à toute allure, les rouages de son cerveau probablement en train de fumer sous l’effort. Il ne cherchait pas à s’enfuir. Il voulait tourner la situation à son avantage.

Courageux.

Et complètement idiot.

Une dague apparut dans la main droite de Bastian. Il ne l’avait pas dessinée ; elle provenait de sa manche. En un éclair il fut sur Narek. Son objectif : l’œil gauche. Son but : blesser sévèrement. La mort viendrait lentement, douloureusement. A moins que le marchombre réplique. Bastian décida que, s’il parvenait à parer ce coup-là, il lui accorderait une fin plus rapide. C’était de bonne guerre.

Trop vive pour être esquivée, la lame scintilla dans la lumière du soleil et s’enfonça dans le bras du garçon…

… comme dans du beurre.

Non, encore mieux que cela : comme dans du vide. L’arme ne rencontra aucune résistance, elle traversa tout simplement le bras et en ressortit parfaitement intacte, tout comme le membre du jeune homme : pas une seule goutte de sang !

Greffe.

Le mot traversa l’esprit de Bastian à l’instant même où le pied du marchombre frappait au niveau de sa poitrine. Il avait eu l’instinct de ramener ses bras contre son torse, protégeant ainsi ses côtes, mais il avait surestimé ses appuis ; en équilibre précaire au bord du vide, il se sentit vaciller. Puis glisser, happé par le vide qui s’ouvrait sous ses pieds.

Alors, une main se referma solidement sur la sienne.


*


Qu’est-ce que tu fous ??
Je te sauve la vie, connard.


L’insulte était plus mordante que d’ordinaire ; Galaad était toujours en colère. Bastian et lui s’étaient disputés. Cela se produisait souvent depuis que le garçon aux yeux gris suivait la même formation que celui aux yeux verts. Leur amitié était mise à rude épreuve par leur combattivité : la compétition tacite qui se jouait entre eux déclenchait de violentes réactions de la part de l’un comme de l’autre.

Gal, arrête ! Tu vas nous tuer tous les deux !
Si tu n’avais pas muselé ton don, on en serait pas là !


Museler son don.

A peine avait-il découvert celui-ci que Bastian avait été astreint à des règles très fermes : son « maître à penser », comme il le surnommait, ne souhaitait pas lui enseigner l’art de l’Imagination avant que son esprit soit aussi affûté que sa lame. Autrement dit, Bastian devait d’abord suivre la même formation que Galaad.

Et la réussir.

Les deux garçons glissaient de plus en plus. Ils se trouvaient sur un à-pic vertigineux, balayé par un vent glacial ; les rafales charriaient de la neige qui les aveuglait et brûlait la moindre parcelle de peau à découvert.

Dessine, bon sang !
Pas question.
Bastian, tu me gonfles !
Lâche-moi, dans ce cas. Je suis trop lourd. Pas la peine que tu tombes avec moi.


Rictus mi-amusé, mi-désespéré.

Galaad resserra sa prise sur le poignet de Bastian.

Ouais, ouais. Compte là-dessus.

Bastian savait ce que dessiner dans ces conditions représentait : il allait être éliminé de l’épreuve.
Mais c’était la seule et unique façon de sauver Galaad d’une mort pitoyable.

L’épée apparut dans sa main libre et…


*


… se planta fermement dans la paroi essentiellement constituée ici de masse argileuse. Bastian vit l’étonnement briller un instant dans les étranges yeux du marchombre. Oui, il avait bel et bien envisagé de la lui passer en travers de la gorge, mais à quoi bon ? La greffe de Narek Liam lui permettait visiblement une dématérialisation de son corps ; sa lame trancherait le néant.

Savoir tirer parti de chaque situation.

Bastian banda sa puissante musculature. Aidé de l’appui de son épée et surtout de la traction effectuée par Narek sur son bras, il parvint à se hisser sur le plateau. A la seconde même où il fut en sécurité, il se dégagea de la prise du jeune homme, roula prestement pour se placer à une distance respectable et se redressa lentement.

Et maintenant ?

Il s’était promis d’accorder une mort rapide au garçon s’il était capable de parer son dernier coup. Tel avait été le cas, juste avant que le jeune Liam ne lui sauve la vie. Bastian refusait d’y voir autre chose qu’une stratégie efficace, menée par la volonté de survivre ; en agissant ainsi le marchombre espérait peut-être que sa vie serait épargnée.

Le mentaï demeura parfaitement immobile.
Parfaitement indécis.

C’était une première.

En mission, il exécutait toujours froidement ses cibles. Il n’y avait aucune place pour la merci dans son monde, pas le moindre espoir de clémence de la part d’un homme qui avait fait du meurtre sa profession. Si les rôles avaient été inversés, si c’était Narek qui avait glissé… Bastian ne l’aurait pas rattrapé.

Voilà, elle était là, la différence majeure, fondamentale entre ce garçon et lui : ce n’était pas seulement une rivalité ancestrale ou encore une affaire de mission à régler, c’était bien plus simple encore… ils n’avaient pas du tout la même mentalité. Leurs aspirations étaient contradictoires, leurs valeurs opposées.

Asymétrie.

Totale et inéluctable.

L’épée qu’il tenait dans son poing retourna à l’Imagination. Ce fut comme si on lui avait soufflé la réponse. Il se redressa, rompant la tension en détendant sa garde, et tendit sa main gantée vers Narek, le doigt pointé dans sa direction.

Toi.

Bras toujours tendu, il releva la main, plia ses doigts à l’exception de l’index et du majeur.

Deux.

Puis il pointa seulement son index vers le soleil.

Deux jours.

C’était le délai qu’il lui accordait.
Le temps d’avance qu’il lui laissait. Dans deux jours, il reprendrait sa traque et cette fois-ci, il se montrerait impitoyable.

Un instant plus tard, le mentaï dessinait un pas sur le côté et disparaissait.


[Tu dis si quelque chose ne te va pas ! Je te laisse occuper ces deux jours comme tu le souhaites Very Happy]

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Dernière édition par Bastian Derue le Sam 28 Avr 2018, 18:49, édité 1 fois
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Narek Liam
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MessageSujet: Re: La traque [Narek]   Dim 22 Avr 2018, 20:27

Deux jours.

Certains auraient dits que c'était trop court.

Narek estima que c'était juste assez.

Il devrait se procurer un cheval et voyager à bride abattue... Utiliser toutes ses habiletés pour arriver à temps.

Mais il savait exactement où cette prochaine confrontation devait prendre place.

Il sourit à pleines dents et se mit en chemin immédiatement, ne prenant pas le temps de récupérer les rares affaires laissés à son campement, d'aucune valeur de toute façon.

L'académie aurait offert un répis, mais c'était trop risquer de laisser le Mentaï la trouver et, de plus, il aurait vite décider de ne pas s'attaquer à autant de marchombres sans aide.

La jungle par contre, recelait un prédateur dont presque personne ne connaissait l'existence, dont il savait que la chaos ignorait tout de par sa confiance en celui-ci.

Il était temps de rendre cette seconde visite à Dil'Duran.


Born underground,
Suckled from a teat of stone.

Raised in the dark,
The safety of our mountain home.

Skin made of iron,
Steel in our bones.

To dig and dig makes us free,
Come on brothers sing with me..!

Le forgeron frappait de façon égale sur le morceau de métal.

Cette nouvelle fibre, tirée des mines de cristaux non loin, était véritable une révolution.

Chauffée, elle devenait presque aussi dure que la Vargellite.

Refroidie de la bonne façon, elle devenait aussi flexible que le cuir.

Il observa la pièce chaude du matériel en question et la déposa dans une solution prévue à cet effet, puis attrapa la lame qui rougeoyait sur le côté, peux de gens pouvaient forger la Vargellite, et ce principalement à cause d'une de ses particularités ; Le métal noir devenait bien sûr rouge lorsque chauffé, puis brûlait et devenait grisâtre.

Mais s'il ne brûlait pas, le métal devenait si cassant qu'un enfant aurait briser la lame.

S'il brûlait trop, même résultat.

Il fallait un art unique, parfait, pour atteindre la balance qui permettait de faire le trempage de l'arme ou l'armure sans ruiner le travail.

L'énorme épée frappa l'alcool combinée à de l'huile dans un grésillement et une fumée infernale à l'odeur âcre de la réussite.

Satisfait, Dil'Duran installa la garde et le manche, fortifiant le tout de rivets, et observa l'arme qui était gigantesque, plus grande que même lui s'il posait la pointe par terre, si lourde qu'elle semblait impossible à manier.

Parfaite pour lui, se dit-il en souriant.

Puis il commença à aiguiser celle-ci en soulevant un sourcil.

Ce bruit de pas, il le connaissait depuis peu.

Pourquoi diable Narek Liam revenait-il dans le quoi si tôt, et qu'est-ce qui le faisait courir ainsi..?


The sunlight will not reach this low,
Deep, deep in the mine.

Never seen the blue moon glow,
Dwarves won't fly so high.

Fill a glass and down some mead,
Stuff your bellies at the feast,
Stumble home and fall asleep,
Dreaming in our mountain keep...

Le garçon, assis depuis quelques heures, une choppe à la main, soupira.

Il n'était plus si sûr de son choix, pourtant, au mot ''Mentaï'', Dil'Duran avait lever une main et souffler ''N'en dit pas plus''.

Il avait combattu les servants du Chaos par le passé et les rares qui avaient survécus avaient étés considérés fous, racontant des histoires ridicules de démon en forme d'homme qui traînait des armes plus grandes que lui et sur qui aucune illusion n'avait d'effet.

Certains disaient qu'il dessinait sans le savoir.

Dil'Duran avait passer le test une fois, par curiosité.

Il n'avait aucun don pour le dessin.

Pire, ses examinateurs avaient étés effrayés par sa seule existence, puisque l'homme n'avait tout simplement aucune présence dans l'imagination. L'un d'eux avaient tenter de dire que peut-être était-il si doué en dessin qu'il était simplement impossible de le classer, mais le test, qui avait laisser l'espèce de papier truc-muche vide, avait balayé cette idée.

Il n'avait aucune emprise sur l'imagination.

Et pour une raison inconnue, elle n'avait aucune emprise sur lui.

Dil'Duran était un homme simple et ne prétendait pas comprendre, tout ce qu'il savait, c'est que cela rendait les combats beaucoup plus intéressants.

Il ressentait le moment où quelqu'un accédait aux spires, pouvait voir les illusions s'il le souhaitait, mais s'en débarrassait et pouvait même supprimer l'illusion tout aussi facilement qu'on pouvaient caresser la tête d'un chiot apprivoisé.

Peut-être était-ce pour ça que, après un long moment sûrement passé à traquer du marchombre, il ne put s'empêcher de sourire en voyant l'homme habillé de noir arrivé.

Pas bête, le type, se dit-il en l'observant approcher sous le couvert d'une illusion toute simple.

Il avait décider de faire sa besogne rapidement... Se camoufler d'un dessin, approcher, trancher la gorge de Narek, puis partir en laissant le vieil homme en train de chercher l'assassin... Ou alors en le tuant aussi, se dit-il.... En ricanant.

L'attaque fut vive.

Si vive que même sans l'illusion, le Marchombre n'aurait eu aucune chance.

La lame frappa tout bonnement une arme d'un noir reluisant, énorme, tendue d'une seule main par le vieil homme qui sirotait une choppe de l'autre main.


Tu auras mis le temps, nous t'attendions justement...

...Mentaï.


L'illusion avait été brisée dans la surprise de l'homme que son coup soit bloqué, Narek observait l'épée, à un cheveux de son visage, avec une surprise énorme.

Il avait eu raison.

Même à l'académie, il n'aurait sûrement pas été protégé aussi bien qu'ici...

Le forgeron envoya le reste de sa bière au fond de sa gorge et se leva doucement alors que l'assassin reculait d'un pas.

Il ressentit cette drôle de vibration si familière et ne put s'empêcher de sourire en voyant toute lumière être détruite d'existence.

Une technique favorite des mentaïs, lui semblait-il, annihiler la vue de l'ennemi.

Bande de gamins stupides, se dit-il, se concentrant à peine et voyant d'un coup le voile d'ombre se dissiper aussi rapidement qu'il était apparu, ricanant en voyant le Mentaï soudain sembler décontenancer, s'arrêtant dans son mouvement pour tirer son autre dague.


Gamin, tes petits trucs c'est joli, mais j'ai bouffé plus gros que toi au p'tit déj.

T'as deux choix.

Tu pars, tout de suite, sans demander ton reste, et tu fiche la paix à Narek. Si j'apprend qu'il as ne serait-ce qu'était mystérieusement blesser, et je l'apprendrais, je débarque chez toi et je m'occupe personnellement de me débarrasser, de façon lente et douloureuse, de tout ce qui te tient à coeur avant de mettre fin à ton existence.

Ton autre choix, tu tente ta chance en attaquant, j'te botte les fesses, et on en retourne au même résultat.

Vit ou crève...

...Fait ton choix.


Born underground,
Grown inside a rocky womb.

The earth is our cradle,
The mountain shall become our tomb.

Face us on the battlefield,
You will meet your doom.

We do not fear what lies beneath,
We can never dig too deep..!

L'homme avait choisit de prendre sa chance.

Un vrai gamin, se dit le forgeron en bloquant les trois premières tentatives plutôt brouillons d'attaquer Narek.

Sérieux, ce type était très doué, probablement parmi l'élite de ses pairs, mais il manquait d'expérience.

Il devait bien sûr avoir combattu bon nombre de marchombre, peut-être même d'autres mentaïs et envoleurs, mais il n'avait apparemment que peu d'habitude à se battre contre quelqu'un qui avait vu des guerres et qui utilisait un style aussi inconnu qu'improbable.

Le forgeron lança le serpent que son arme était devenue vers son adversaire et attrapa les bras de celui-ci dans l'attaque qui suivi, les écartant tel une formalité.


Bon essai gamin, mais un vrai forgeron as pas besoin de ses armes pour te flanquer une baffe.

Il évita souplement le coup de pied qui suivit, attrapa le membre au vol et laissa échapper un cris puissant en projetant l'homme vers un arbre avec une puissance insoupçonnée.

Puis il approcha en marchant lentement, le type se relevait tant bien que mal après chaque assaut, cette rage folle au fond des yeux.


Dis moi petit...

...As-tu déjà danser avec le diable, sous la pâle lumière de la lune..?


Tell me kid...

...You ever danced with the devil in the pale moonlight..?

- The joker, Detective Comics/Batman -

Il n'abandonnait pas.

Ce type devait déjà avoir deviner qu'il était inutile de continuer, pourtant il combattu pendant près d'une heure, couvert de sueur et de convictions.

Finir sa mission ou mourir pour le chaos hein..?

Le forgeron renifla.

Il détestait ce genre de pantin programmé.

Mais il détestait encore plus les programmeurs.

Sa main descendit avec une telle vitesse qu'elle en était casi-invisible.

Le coup derrière la nuque ne laissa à l'assassin que le temps de penser ''Et merde''.


I burned your world away,
Devoured by my conviction,
I left you home afraid.

While mother's ventured out,
Don't cry when lanterns fade.

Soon we'll be awakened,
But it breaks my heart to say...

...No one will save you now...

I could be your own avenging angel,
But this dream is ending soon...

...Don't you scream when all the wolves come find you,
Underneath this bleeding moon...

Le souffle de l'homme changea légèrement et Dil'Duran tira sur sa pipe alors que celui-ci réalisait qu'il était attaché dans un lit.

Le forgeron attendit que l'homme ne l’aperçoive, dans une chaise, pour parler.


J'te préviens, si tu t'échappe de ces chaînes, j'vais être obliger de t’assommer de nouveau, de toute tu devrais quand-même pouvoir t’asseoir.

Comme je devine que t'es sourd, oh regarde moi pas comme ça, c'est simple à voir, on va faire simple : Tu peux me parler dans la tête tout comme tu peux le faire pour Narek aussi, t'as notre permission.

De toute façon, si tu tente un truc, j'te fiche chez les poissons aussi rapidement que ton illusion tout à l'heure, tu pige..?


L'homme supposa que le fait de s'asseoir sur le rebord du lit était une forme de la phrase ''Je suis d'accord'' de la part du Mentaï et attendit patiemment que celui-ci se décide à faire autre chose que sa meilleure imitation de merlan-fris.

Ah bah voilà, il avait enfin finit d'étudier la pièce toute simple de l'atelier où il se trouvait...

...Le dernier qui s'était pointé dans le coin il s'appelait comment déjà? Shu? Shun? Kunjunbun?

Peut importe, se dit l'homme, il espérait que ce crétin ci était moins crétin que l'autre crétin.

Il se voyait mal offrir une ceinture de pics à Narek, après tout.

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Bastian Derue
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MessageSujet: Re: La traque [Narek]   Sam 28 Avr 2018, 18:46

« L’esprit véritable peut surmonter tous les mensonges, toutes les illusions, sans être perturbé. Le cœur véritable peut affronter le poison de la haine sans être empoisonné pour autant. A l’origine des temps, les ténèbres prospéraient dans le néant, mais elles ont toujours succombé à la lumière purifiante. » [Avatar, le dernier maître de l'air - La tortue lion expliquant à Aang la Maîtrise de l’Énergie]



Bastian se remit rapidement de cet épisode inédit : il employa ces deux jours à recouvrer toutes ses facultés, à commencer par le mental d’acier qui ne lu avait jamais fait défaut. La méditation était le meilleur moyen d’y parvenir. Assis dans l’herbe, en tailleur et le dos bien droit, les coudes lâches, les poings joints entre ses cuisses, il fermait les yeux et cherchait le Vide. C’était un endroit qu’il avait découvert très tôt, avant même d’avoir conscience de son don pour arpenter les Spires ; enfant, il s’y réfugiait lorsqu’il avait peur de quelque chose. Aujourd’hui, il s’agissait d’un endroit où il puisait la force de faire peur aux autres.

Deux jours plus tard, il se leva à l’aube et reprit sa traque.

Celle-ci le conduisit par-delà les montagnes, en direction de l’est. Narek Liam avait sans doute tenté de mettre la plus grande distance possible entre eux, et bien sûr il s’en était allé à l’opposé de l’Académie. Ce garçon était foncièrement intègre et loyal. Il n’aurait pas sauvé la vie de son ennemi sans être dominé par ces traits de caractère, mais cela n’avait pas suffi à le protéger lui-même d’une menace qui, en deux jours, avait eu le temps de grandir, de grossir, passant d’une simple mission de routine à un objectif prioritaire.

Bastian allait trouver Narek Liam et, cette fois-ci, il allait l’assassiner.


*


Lorsqu’il émergea du couvert des arbres aux troncs épais et noueux, la nuit tombait, plongeant la Jungle d’Hulm dans une obscurité qui étouffait les sons tout en accentuant certains bruits plus menaçants, comme le grognement d’un tigre ou encore le sifflement d’un serpent. S’il ne les entendait pas avec ses oreilles, Bastian était capable de « ressentir » la présence de ces prédateurs. Il lui suffisait de poser la main à plat sur le sol pour que les vibrations dessinent comme des silhouettes dans son esprit. Pourtant, cet endroit ne l’effraya pas un seul instant. En fait, la jungle comptait cette nuit un prédateur de plus…

… Bastian se figea en apercevant le garçon aux cheveux longs. La brusque montée d’adrénaline qui l’envahissait chaque fois qu’il s’apprêtait à tuer le secoua violemment. Dans le même temps son regard glissa vers la forge dont la masse imposante se dressait dans le dos du jeune marchombre. De la fumée s’échappait avec indolence de la cheminée, mais le forgeron se trouvait assis sur les marches de son perron, une chope à la main. Interrompu dans une discussion amicale ? Bastian reporta son attention sur Narek Liam. C’était lui, sa cible. Pour peu que le vieillard ne bouge pas, il ne lui arriverait rien. Une fois le marchombre mort, Bastian rentrerait au Domaine. Ce n’était plus qu’une question de secondes.

Sa main vola au fourreau pendu à sa ceinture, ses doigts se refermèrent sur le manche d’un de ses wakisashi, son corps se déplaça, une seule poignée de secondes s’envola. Rapide n’était même pas un terme suffisant pour qualifier Bastian.

Comment qualifier, alors, la vitesse de l’homme capable de contrer son action ? Démentielle ? Impossible ? Irréelle ? Et pourtant.

Pourtant, quand Bastian cligna des yeux, ce fut pour graver dans sa mémoire un instant unique, plus frappant encore que la main de Narek se refermant sur son poignet pour l’empêcher de tomber : lui, figé dans son mouvement, sa lame étincelant dans un éclat de lune. Et devant lui, à l’endroit où s’était tenu le jeune marchombre, il y avait ce vieil homme qui buvait toujours tranquillement sa bière d’une main.

De l’autre, il tenait une épée longue et solide, aussi noire que la nuit. Le wakisashi était bloqué par cette lame, sa volonté de mort stoppée dans l’élan par une volonté insolente.

Coup de chance ?

Bastian recula. Il n’entendit pas les paroles du forgeron, mais elles dansèrent sur ses lèvres charnues et s’achevèrent dans un sourire goguenard. Mentaï. Oui, c’est bien ce qu’il était. Et non, il n’allait pas décevoir une attente aussi impatiente. Bastian s’élança dans les Spires. Il s’y déplaçait comme une ombre, vive et leste, glaciale et mortelle, choisissant avec instinct ce dont il avait besoin. La nuit qui bascula dans la réalité affecterait seulement les yeux du vieux bougre, l’aveuglant un instant. Ce serait l’ouverture de Bastian. Une fois l’intrus écarté, il pourrait se concentrer sur…

Glissement.

Le dessin dérapa comme sur une plaque de verglas et s’évanouit aussi vite qu’il était apparu. Cueilli par la surprise, Bastian recula à nouveau. Cette sensation… Il fronça les sourcils, perplexe. Il connaissait bien cette sensation pour l’éprouver chaque fois qu’il se baladait avec Bart sur l’épaule. Aucune chance qu’un gommeur se trouve dans les parages, cependant ! Le cœur battant, Bastian tira son autre lame, fermement décidé à en finir au plus vite : la situation s’engageait dans une direction qui lui déplaisait.

Vis ou crève ?

Facile.

Vis et crève.


*


Bastian vola dans les airs et s’écrasa contre un arbre. Aussitôt, il se redressa sur ses jambes et reprit l’assaut, ses lames fermement serrées dans ses poings, la rage au corps ; de multiples égratignures le recouvraient, anodines mais de plus en plus nombreuses, et il s’essoufflait.

Jamais il n’abandonnerait.

Ses yeux gris avaient cessé de chercher Narek. Sans faire totalement abstraction du marchombre qui pouvait encore se joindre au combat afin de le prendre en traître, Bastian se focalisait sur le vieux forgeron qui lui faisait face. Cet homme, c’était un roc. Un mur immense, inviolable, dressé entre sa cible et lui. Un obstacle qu’il ne parvenait pas à franchir. Ni même à fatiguer. Oh, de la sueur perlait au coin de la tempe du vieillard, et le sens de l’observation précis de Bastian lui appris qu’à sa façon de se tenir, il souffrait de douleurs à la hanche et au genou gauche. Des informations précieuses qu’il ne parvenait pas à utiliser, tout simplement parce qu’il lui était pour l’heure impossible de s’approcher. Le mur était trop bien défendu.

Jamais il n’abandonnerait.

La mission dont il était investi suffisait à justifier ce mantra mais, bien au-delà d’un simple devoir, il s’agissait d’une façon d’exister : Bastian ne supportait pas le goût de l’échec. Il était né pour gagner. Sa vie était un immense jeu d’échec, la partie qui avait débuté trente ans plus tôt s’était avérée difficile au début, souvent pénible, toujours douloureuse, mais le mentaï, en apprenant à ne pas renoncer, avait continué d’avancer. Il était arrivé si loin, un simple forgeron ne pouvait pas l’arrêter !

Cet homme…

Un simple forgeron ? Bastian cherchait à comprendre. A plusieurs reprises il se lança dans l’Imagination, montant dans les Spires les plus hautes pour tenter des illusions très dangereuses et puissantes. A chaque fois, son dessin glissa comme sur une planche de savon. Comment était-ce seulement possible ? Ce vieillard cacochyme n’était pas un dessinateur, Bastian en était sûr, parce qu’il ne sentait pas sa présence dans les Spires et aussi parce que ce dernier ne dessinait pas. Il se contentait de… repousser les illusions. D’une certaine façon, et même si cela était complètement invraisemblable, ce vieux forgeron était un gommeur pour lui-même…

Bastian plissa les yeux.

Il n’abandonnerait jamais.


*


Treize ans plus tôt…

Si tu abandonnes, mec, je te tue.
J’apprécie ces encouragements…
Ouais, ouais, je sais.


Bastian plisse les yeux et essuie la sueur qui perle à son front. Physiquement parlant, il est à bout de forces ; c’est la raison pour laquelle Galaad, en dépit des règles, s’emploie à utiliser leur lien psychique pour le titiller. Le pire, c’est que cela fonctionne : le jeune homme redresse son bouclier et reprend sa position.

En face de lui, un monstre. Impossible de qualifier autrement cet homme qui dépasse largement les deux mètres de hauteur et le quintal. Bastian a beau frôler le mètre quatre-vingt-cinq, il n’a pas encore achevé sa croissance et sa musculature fait pâle figure à côté de ce colosse. L’enjeu est grand, pourtant. S’il remporte ce combat, il aura fait un sacré bond en avant. Encore un vers la réappropriation de son don.

On lui a retiré celui-ci pour le former au combat et à l’assassinat. Son « maître à penser », Uwey, affirme que les apprentis mentaï ne sont rien sans les Spires. Et si Bastian risque sa vie chaque jour depuis deux ans, c’est pour devenir quelqu’un.

Sans l’Imagination.

Cherche son côté droit. Il se remet d’une blessure entre la deuxième et la troisième côte.
Je sais, merci !
De rien, mon chou. Oh, sinon j’ai des nouvelles de Talina. Elle m’a dit de te dire que tu lui manques.
Gal…


Bastian évite de justesse un coup qui aurait pu le décapiter.

Oui ?
Je suis un peu occupé, là.
Ouais, ouais, je sais, c’est pour ça que j’en profite pour te dire tout ça. Tu ne peux pas me refaire le portrait parce que tu as déjà les mains prises.



Sous le coup de la surprise, Bastian dérape, se rétablit, bloque une frappe titanesque et grimace en sentant les muscles de son bras protester avec virulence. Il parvient à repousser le colosse et à remettre une distance sécuritaire entre eux.

Comment ça, te "refaire le portrait" ?
Talina. Elle était avec moi quand elle m’a dit ça.
… et ?


Clong.
Le métal s’abat sur le bouclier.
Bastian manque de le lâcher.

Elle était avec moi, mec. Dans mon lit, je veux dire.

… voilà voilà ! Oh, attention au…


Le coude du monstre explose la pommette de Bastian. Le choc le fait partir en arrière. Il sent l’os qui cède, la douleur qui irradie son visage, de petits points noirs dansent devant ses yeux. Il voit trouble. Assis sur les fesses, il se jette sur le côté pour éviter d’être coupé en deux, roule dans la poussière, se redresse en vacillant.

Où es-tu ?
Heu, en haut de la tribune, pas loin d’Uwey.
D’accord. Je termine le boulot et je viens m’occuper de toi.
Tal n’est pas contre une partie à trois, si ça peut te faire changer d’av…
Non.


La colère augmente son rythme cardiaque. Il se fout royalement de Talina, c’est une emmerdeuse qui cherche toujours à se faire remarquer, mais l’idée que Galaad puisse l’avoir baisée à son insu le met en rogne. C’est suffisant. Ignorant le rire de son ami qui résonne dans son esprit, Bastian se rue en avant. Il bondit, laisse fuser son bras armé. Dans le même temps, il plonge dans les Spires, fait sauter le verrou que l’on a imposé à son esprit et déchaîne son don.

Lorsqu’il retombe à terre, un genou dans la poussière, du sang perle de sa lame.
Dans son dos, le colosse bascule. Il n’a plus de tête. Il n’a plus de torse non plus.

L’immense couperet disparait.

Bastian ne sait pas que la foule a frémi. Il n’a pas pu voir les yeux de Galaad s’écarquiller, ni Uwey pâlir brusquement. Il n’a aucun moyen de savoir qu’à son niveau, faire sauter un verrou par la simple volonté est tout simplement impossible.

Il pense avoir échoué – et il serre les dents, luttant pour rester debout quand son corps veut simplement se mettre en veille.

Aveuglé par le sang, la fatigue et l’inquiétude, il ne se rend pas compte qu’une ombre s’est faufilée derrière lui. La main qui s’abat sur sa nuque le plonge dans l’inconscience avant même qu’il s’effondre dans le sable.


*


Bastian prit conscience de ses chaînes avant même d’ouvrir les yeux. Il sursauta, se redressa et, instinctivement, il mobilisa un dessin de protection – une sorte d’armure à peine visible à cause de son chatoiement qui le recouvrit de la tête aux pieds. Le souffle court, il balaya la pièce du regard, passant rapidement sur les rouleaux de parchemin, l’assiette à moitié pleine de pomme et de fromage posée sur une pile de livres qui semblaient traiter de métal et d’alchimie, la fenêtre entrouverte sur la nuit ou encore l’imposant coffre entreposé en dessous ; son regard d’acier vint se poser sur la silhouette anguleuse de l’homme assis sur une chaise.

C’était le vieux forgeron. Quel âge pouvait-il avoir ? Soixante-cinq ? Soixante-quinze ? Le temps avait laissé sa marque en burinant et parcheminant sa peau, mais les muscles qui jouaient dessous étaient indubitablement entretenus quotidiennement. Son regard était peut-être sans âge, mais son sourire goguenard et sa posture le rapprochaient bien plus d’un adolescent mal éduqué que d’un vénérable grand-père. Les yeux de Bastian glissèrent vers les larges mains tranquillement posées sur ses genoux. Enfin la gauche, parce que la droite tenait une longue pipe. Un peu plus tôt, ces mains avaient tenu une épée et l’avaient maniée avec une dextérité que Bastian n’avait jamais éprouvée en dehors du cercle très restreint de l’Ordre.

Qui était cet homme ?

Serrant les poings, Bastian observa ses chaines. Elles le reliaient au lit par des fers solidement bouclés autour de ses poignets, assez lâches pour lui permettre de s’asseoir, mais pas de se lever. En dessinant, il pouvait sans doute trouver le moyen de se libérer de ses entraves. A cet instant-là, le vieil homme agita une main pour attirer son attention, et lorsqu’il parla, ce fut en le regardant pour que Bastian puisse lire sur ses lèvres.

- J’te préviens, si tu t’échappes de ces chaînes, j’ais être obligé de t’assommer de nouveau, de toute tu devrais quand même pouvoir t’asseoir. Comme je devine que t’es sourd, oh regarde moi pas comme ça, c’est simple à voir, on va faire simple : tu peux me parler dans la tête tout comme tu peux le faire pour Narek aussi, t’as notre permission. De toute, si tu tentes un truc, j’te fiche chez les poissons aussi rapidement que ton illusion tout à l’heure, tu piges.. ?

Bastian réfléchit. Rares étaient les personnes qui lui parlaient sur ce ton – et qui étaient encore de ce monde. Galaad étant le seul à avoir ce privilège. L’envie de faire avaler sa langue trop pendue à ce vieux schnoque le brûlait, mais pour l’instant la situation ne jouait pas en sa faveur. Il lui faudrait saisir sa chance au bon moment. En attendant, il estima qu’il pouvait ronger son frein en distrayant son « hôte ».

Il s’assit donc, passant ses longues jambes sur le côté du lit pour s’asseoir tout au bord. Profitant de son inconscience, le vieux l’avait dépouillé de son manteau, de sa tunique et de sa chemise ; son torse nu et musclé dévoilait les tatouages qui s’entremêlaient sur tout le côté droit. Les chaînes cliquetèrent dans son mouvement. Il s’immobilisa et fixa le forgeron.

Longtemps.

Qui es-tu ?


*


Qui es-tu ?

Dil’Duran regarda le mentaï qui, enfin, venait de s’exprimer. Un bien drôle de bougre, cet oiseau-là ! Fort comme un bœuf, beau comme un dieu et con comme un manche à balai ! Enfin, c’était subjectif, et purement fondé sur les dernières heures. En vérité, Dil’Duran soupçonnait ce garçon d’avoir plus d’un tour dans son sac. Les chaînes n’étaient pas une entrave très solide. Il fallait rester prudent.

Un mur, répondit-il avec aisance quand bien des gens avaient du mal à formuler une pensée aussi ciselée, du moins au début. Un mur entre toi et le gosse.

J’ai bien compris. Marchombre ?
Moi ? Non. Pas intéressant.
Je vois…


Le forgeron laissa échapper un petit rire.

Oh, ça m’étonnerait franchement ! Enfin, sinon tu peux m’appeler Dil’Duran. A qui ai-je l’honneur ?
Bastian Derue.
Charmant.
Merci.


Eh bien, eh bien… En dehors de ce regard d’acier qui flanquait la chair de poule, ce bonhomme avait de l’humour ! Un humour aussi noir que son âme, sans aucun doute, mais bon, ça l’amusait quand même. Il tira une bouffée de son tabac et cracha un nuage de fumée âcre.

Qui t’envoie ?
Personne. Je choisis personnellement mes cibles.
Pourquoi Narek ?
C’était le suivant sur ma pile.


Ma pile. Malgré lui, Dil’Duran se raidit légèrement. Il savait que ce n’était pas des paroles en l’air, destinée à lui faire peur ou à l’impressionner : ce type-là, c’était un tueur. Une chance que le gosse ait pu arriver jusqu’ici. Pour prometteur qu’il soit, Narek n’était pas capable de s’affronter un assassin de cette trempe.

Du moins, pas encore.

T'abandonneras jamais cette mission, n’est-ce pas ?

Le tueur se contenta de hocher la tête. Dil’Duran soupira. Bon sang de bois. Parti comme il était, Narek allait se faire des ennemis un peu partout dans l’Empire, comme la petite loutre… ! Pas un pour rattraper l’autre, hein !

Je te propose un marché, dans ce cas.

Dil’Duran attendit que l’homme ait planté son regard d’acier dans le sien avant de poursuivre.

Accorde deux jours supplémentaires à Narek.
J’ai déjà accordé assez de…
Dans deux jours, il te défiera en duel.


- L’Al-Tenraï, prononça le forgeron à voix haute.

Aussi connu sous le nom de « duel des fous ».


*


- Dans le temps, on pratiquait l’Al-Tenraï pour déterminer qui allait devenir chef de clan. C’est une coutume ancestrale forgée dans la tradition de ce foutu pays, tu comprends ? Personne peut la décliner sans conséquences. L’honneur est précieux pour les guerriers comme ce mentaï.

Dil’Duran tira pensivement sur sa pipe éteinte. Narek et lui étaient installés dehors, sur les marches du perron. La nuit s’étiolait déjà pour laisser place au jour.

- Deux jours c’est fichtrement court, je sais. Mais c’est mieux que rien et si tu te débrouilles bien, t’as une chance de t’en tirer.

Comment ? Dil’Duran sourit et précéda la question du jeune homme.

- J’vais t’aider. J’vais t’entraîner. Mais j’te préviens, à côté des deux jours que tu vas passer avec moi, ce duel va être du pipi de chat ! J’vais pas te ménager. Tu dormiras peu. Tu mangeras peu aussi. Tu dois être prêt à te tenir droit dans tes bottes face à ce tueur de marchombres, tu piges ?

L’Al-Tenraï était un duel à mort qui n’autorisait qu’un seul type d’arme. Narek allait donc devoir choisir entre toutes celles qu’il possédait. C’est lui qui imposerait ce choix au mentaï, puisque c’est lui qui le défiait.

- Alors ? T’es prêt à lui faire mordre la poussière, mon grand ?

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Narek Liam
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MessageSujet: Re: La traque [Narek]   Dim 29 Avr 2018, 01:37

Une racine.

Simple, évidente, facile à éviter.

Une racine dans laquelle Narek se prit les pieds, tombant à l'avant, mais s'agrippant à un arbre au passage pour se remettre droit et continuer de courir.

La racine eu la vengeance du marchombre une seconde plus tôt quand elle fut écrasée par le poids considérable du brûleur sauvage qui lui courrait après.

Dil'Duran avait apparemment décidé de le tuer avant le Mentaï, se dit le garçon en sautant pour attraper une liane qui lui permit de passer une ouverture considérable dans le sol de la jungle, une genre de fissure sûrement causée par un tremblement de terre des siècles plus tôt, et attérire de l'autre côté pour continuer de courir.

Il était exténuer, n'avait pas d'armes, et se retrouve poings et torse nus pour tenter d'échapper à un Brûleur de plus en plus déterminé.

Le peu d'espoir qu'il lui restait était la promesse du forgeron : Une arme se trouvait dans la jungle, à un point précis dont il approchait rapidement.

Elle serait sûrement bientôt en vue se dit le garçon en évitant tant bien que mal un carreau d'arbalète - Le vieux fou n'avait même pas retiré ses pièges du chemin ! - et montant rapidement une colline.

Il avait dit à Dil'Duran qu'il choisirait une arme exotique qu'il avait vue dans l'atelier - Une ''Haladie'' semblait-il - pour le Duel, il avait donc une bonne idée de ce qu'il trouverait dans la clairiè--

Le marchombre s'arrêta presque en apercevant l'arme, maudissant le forgeron en pensées et continuant malgré tout à courir, grinçant des dents en levant le poids considérable qui le força à ralentir un peu l'allure et, selon lui, le condamnait.

Qui diable aurait donner une épée à deux mains, surtout si gigantesque, à quelqu'un qui était habitué d'utiliser des dagues!?

Un des fouets mortels rattaché à la créature qui tentait de faire de lui son prochain repas le frôla de peu.

Chair et os, il ne pouvait même pas compter sur sa greffe.

Il se promit, s'il s'en sortait, de retourner au Mentaï pour aller lui apprendre à donner des dons qui ne fonctionnaient qu'à moitié.

Non loin, sur une branche, un forgeron fumait doucement la pipe, se demandant combien de temps ce sale gamin comptait tourner en ronds en traînant un poids qui, dans la fuite, était aussi inutile que dangereux.

Franchement, se dit l'homme en grinçant des dents, c'était à se demander ce qu'il avait appris, avec la p'tite loutre..!

Il s'était trop concentré sur ses courbes, peut-être, une erreur qu'il ne commettrait pas avec lui, se dit-il en ricanant.


Aware, aware, you stalk your prey,
With criminal mentality.

You sink your teeth into the people you depend on,
Infecting everyone,
You're quite the problem...

Fee-fi-fo-fum,
You better run and hide,
I smell the blood of a petty little coward..!

Na, be lethal, Na, be slick
Bastian'll leave you lonely dying in a filthy ditch...

Alors ce serait comme ça..?

Le jeune homme, épuisé, couvert de sueur, observait la créature, devant lui, qui grognait doucement, satisfaite d'avoir enfin rattraper sa proie, elle semblait vouloir faire durer ce plaisir de tuer si incompréhensible pour le garçon.

Celui-ci avait délaisser l'arme trop lourde un peu plus tôt, quelle idiot, se dit-il en observant l'arme, juste derrière le brûleur.

Maintenant il était sans défense et n'avait plus la possibilités de courir.

Il s’apprêtait à fermer les yeux, à avoir une dernière pensée pour Syndrell avant de sombrer...

...Aperçu, dans son esprit, l'air déçu d'un homme qui avait un cigare à la bouche.

Ouais, une illusion de ce qu'il aurait pu être, se dit-il, si seulement ce salopard de Mentaï ne l'avait pas cibler...

...Puis il se corrigea.

L'odeur n'était pas dans son esprit.


Power comes in answer to a NEED.

NOT a desire.

- Son Goku, Dragon Ball Z -

Le brûleur descendit sa grosse patte griffue dans un grognement de victoire, sûr de son prochain repas.

Hésita un instant en ne sentant pas de résistance quand il aurait dut écraser le garçon.

La où une crêpe humaine aurait du être, il n'y avait plus trace de sa proie.

Cela prit plus de trois secondes à la créature pour que son instinct lui indique la présence, à sa droite.

Sautant sur sa gauche en se tournant, l'animal observa l'étrange garçon qui ramassait des fleurs.

Ce miracle qui l'avait sauver n'arriverait pas deux fois, il regretterait de l'avoir utiliser pour des herbes stupides.

Dil'Duran, dans son arbre, ne put s'empêcher de sourire.

Ce brûleur n'était pas du tout parmi les plus gros de la jungle, mais il était presque aussi rapide que Bastian.

Et pendant un instant, Narek était devenu bien plus rapide, assez pour atteindre cette herbe qu'il ramassait tranquillement.

Le forgeron ne savait pas trop ce que c'était, mais il reconnaissait là une des herbes que les rêveurs aimaient tant lui acheter, l'hors de ses rares sorties hors de la jungle.

C'était une herbe à l'odeur étrange, se rapprochant de la menthe, et s'il n'avait aucune idée de ce que Narek lui voulait, à cette plante, il venait de prouver qu'il avait le potentiel.

Maintenant, il fallait qu'il l'applique en entièreté à casser la gueule de ce brûleur.

Toute légende devait commencer quelque part, après tout.


“Welcome, to the end of your Life...

...And I promise you ;

It’s going to hurt.”

Le tentacule s'élança vers la forme humaine qui avait marcher lentement, sans même se méfier de son assaillant, avec une vitesse hallucinante, tel la promesse de mort dédiée à un jeune marchombre qu'il était.

Frappa une énorme épée noire derrière laquelle le dit marchombre sortait tranquillement un briquet de sa poche, allumant le bout du tube d'herbes qu'il venait en confectionner et le plaçant entre ses lèvres.

Mordant le bout de ses dents, le garçon observa le soleil.

Il ne restait plus bien longtemps à l'avant midi, le second jour arrivait donc à grand pas.

Quand la bête attaqua à nouveau, Narek ne tenta pas de lever l'arme.

Il se contenta de s'en servir pour sauter plus haut, exécutant une pirouette...

...Puis utilisa tout son poids alors qu'il retombait pour basculer la lame dans un mouvement qui trancha net la grosse patte velue qu'il avait à peine évitée.

L'animal blessé hurla à en glacer le sang, baissant son regard sur la créature qui lui avait causer tant de douleurs.

Narek, le regard vide de la peur qui le marquait auparavant, se tenait tranquillement adossé à sa propre lame, plantée dans le sol, tirant doucement sur le cigare improvisé qu'il tenait entre les lèvres, appréciant le goût de presque menthe.

Quand il leva les yeux vers le monstre qui le fixait avec toute sa haine en hurlant, préparant une attaque, il n'y avait, à la surprise légère de Dil'Duran qui observait le tout, pas la moindre goutte d’animosité pour la bête qui lui faisait face au fond de son regard.

En fait, il radiait un calme et une indifférence si calculée qu'on auraient pu croire qu'on faisaient face à l'équivalent marchombre d'un mentaï.

Le prédateur devenu proie sans le savoir attaqua.

Narek n'aurait, avant, jamais eu le temps de bouger.

Il ne donna pas l'impression de bouger.

Pourtant il avait bien sauter, évitant souplement l'attaque et lançant, dans le même mouvement, deux couteaux parfaitement ajustés qui s'enfoncèrent dans les yeux de la créature.

Aveuglée, celle-ci cria de douleur et de rage, mais cette fois-ci, il y avait autre chose.

De la peur.

Une peur si profonde que quand Narek commença à bouger, le simple bruit de feuilles écrasés suffit à faire taire et reculer la bête.

Il avait ré-inventer et établi l'ordre sacré qu'était la chaîne alimentaire.

Le brûleur hésita un instant, tenta de faire peur à l'humain en grognant. Quand le garçon lui répondit, il se gela malgré lui sur place.

Le son était doux mais rude, beau mais laid, inconcevablement possible.

Le chant marchombre pris d'assaut le monstre et ses tentacules au plus profond de son âme.

Quand la bête s'ébroua enfin hors de cette emprise, elle ne tenta pas de détecter si le garçon était toujours là.

Elle utilisa ses jambes pour courir.

Aussi vite que possible.

Trop lentement pour être achevée par un Dil'Duran souriant très content des progrès de son élève.

Le gamin serait épuisé d'avoir utiliser ses capacités si longtemps et si durement, mais il venait d'atteindre un niveau plus qu’impressionnant.

Un vide complet.

Son style de combat basé sur l'analyse était influençable, puisque tout changeait en permanence, dans un combat, mais ce style là, c'était un contraire total.

Ça se basait purement et simplement sur quelque chose que ce gamin n'utilisait pas assez : L'instinct.


En entrant dans la maison de Dil'Duran, Narek ne porta que peu d'attention à Bastian, en passant devant lui, allant à la salle d'eau se couler un bain...

...Puis revint sur ses pas et se positionna droit devant l'homme, un regard d'acier dans le sien, et déposa sur la petite table devant celui-ci les griffes de brûleur qu'il avait pris de la patte coupée de la créature, laissant le Mentaï observé les griffes une seconde avant d'établir le contact mental par lui même, comme Danir le lui avait montré par le passé, le temps de laisser à l'homme une phrase toute simple.


Je dois savoir...

...Est-ce qu'une machine dans ton genre est capable de ressentir la peur..?


L'homme le fixait toujours, avec un drôle d'éclat au fonds des yeux.

La garçon laissa passer une poignée de secondes et termina sa pensée en répondant au ''Pas de toi'' qui n'avait pas été émit mais était évident avant de partir vers la salle où un bain l'attendait.


On va régler ce défaut de fabrication après demain.

Let me ask you, Android, can a machine like you feel fear..?

(...)

...Let's fix that shall we..?

- Vegeta, Prince of all Saiyans, Dragon Ball Z -

HRP:
 

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Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: La traque [Narek]   Lun 30 Avr 2018, 12:02

"L'art du guerrier consiste à équilibrer la terreur d'être un homme avec la merveille d'être un homme"
[Carlos Castaneda]



Qu’est-ce que l’Al-Tenraï ?

Uwey arrête sa marche silencieuse pour jeter un coup d’œil curieux à son élève.

Pourquoi poses-tu cette question ?
J’en ai entendu parler.
Mmh.


Le mentaï choisit de ne pas interroger davantage le garçon sur la manière dont il a « entendu parler » de l’Al-Tenraï. Bastian ne cesse de l’étonner. Sa question n’est pas anodine et il le sait ; comment y répondre de sorte que cet enfant ne se mette pas en danger inutilement ?

A l’heure actuelle, c’est un défi que tu es incapable de relever. L’Al-Tenraï est un duel entre deux guerriers. Il consiste en un affrontement à mort. Tous les coups sont permis, mais celui ou celle qui lance le défi choisit les armes qui seront utilisées durant le combat. Arbitre et témoins sont nécessaires pour entériner la victoire du plus fort.

Coup de vent glacial. Ils se trouvent l’un et l’autre au sommet d’un pic enneigé. Le blizzard qui souffle n’empêche pas Bastian de suivre son « maître à penser », ni de lui poser toutes sortes de questions depuis qu’ils se sont lancés dans cette périlleuse randonnée.

Je sais me battre. Je sais tuer.
Tu ne sais pas estimer correctement tes capacités.
Mais…


Uwey se retourne vivement et Bastian lui rentre dedans.

Dessine une flamme.
Maintenant ?
Oui.


En soupirant Bastian se met à l’œuvre. Une flamme ? C’est enfantin ! Il se glisse dans les Spires…
… pour en être aussitôt éjecté.

Je ne peux pas dessiner.

Uwey fait glisser son sac de son épaule et l’ouvre devant les yeux de Bastian. Celui-ci esquisse un mouvement de recul, dégoûté par l’aspect repoussant de la limace gélatineuse qui se trouve à l’intérieur.

Ceci est un gommeur. Il empêche l’accès aux Spires dans un rayon de plusieurs mètres. C’est un outil mais aussi une gêne : tu es privé de ton don.
Il me suffit de liquider le gommeur.
Non. Tu dois apprendre à fonctionner avec. Vois-tu, l’Al-Tenraï est un duel d’hommes de lame, pas d’homme de l’esprit : dessiner est interdit. Seul l’acier parle. L’acier et les poings.

Les yeux fixés sur la créatures amorphe, Bastian grave ces mots dans sa mémoire.



*


Voilà pourquoi ils surgissaient du passé avec autant de précision ! Immobile, assis en tailleur sur le lit, les yeux clos, la respiration lente, Bastian explorait le Vide depuis plusieurs heures déjà. Il y cherchait la puissance et la sérénité dont il allait avoir besoin au cours de son duel. Les paroles d’Uwey éclairaient une sombre réalité : il ne pourrait pas dessiner. Soit, c’était faisable : Narek Liam n’était pas un guerrier de la trempe de ce Dil’Duran.

Mais il était formé par lui.

C’était suffisant pour pousser Bastian à se montrer prudent. Il avait commis deux erreurs monumentales depuis le début de cette mission, la première en accordant un répit à Narek au lieu de le tuer immédiatement, la seconde en venant ici, droit dans la gueule du loup qui tenait cette forge… Hors de question qu’il commette un troisième impair. Cette fois-ci, il allait estimer justement ses capacités, ainsi que celles de son adversaire.

Et il allait gagner.


*


Il ouvrit les yeux pour croiser le regard noir moucheté de rouge de Narek Liam. Le garçon se tenait dans l’encadrement de la porte, et rien qu’à sa posture, Bastian devina un récent mais profond changement. Ce n’était pas le même marchombre qui s’était dressé face à lui trois jours plus tôt.

Je dois savoir… Est-ce qu’une machine dans ton genre est capable de ressentir la peur… ?

Le regard de Bastian parla pour lui.

On va régler ce défaut de fabrication après demain.

Narek tourna les talons, et Bastian le suivit des yeux, pensif.
Il était bel et bien une machine, oui.

Quant à la peur, il y avait bien longtemps qu’elle l’avait quitté.


*


A l’aube du troisième jour, Bastian s’extirpa de sa méditation pour voir le vieux forgeron planté devant lui.

J’te retire ces machins. Si tu tentes quoi que ce soit avant le début de ce duel…
J’ai compris.


Un bref instant, les deux hommes s’affrontèrent du regard, puis Dil’Duran déverrouilla les fers du mentaï. Celui-ci se redressa de toute sa hauteur, son impressionnante carrure écrasant celle du vieillard. Il aurait été tellement simple de le tuer ici et maintenant, puis d’aller régler son compte au marchombre…

Bastian suivit son hôte à l’extérieur du bâtiment, dans la vaste clairière entourée d’arbres et de plantes exotiques. Pour la plupart, il s’agissait d’enjôleuses d’Hulm, avoisinées par des spécimens plus gros et visiblement plus dangereux encore ; voilà qui délimiterait leur zone de combat. Le regard de Bastian ne laissa rien au hasard. Il évalua le terrain, repéra les creux, les bosses, les racines, les ornières, détermina le sens du vent, l’humidité de l’air, la luminosité encore faible ; autant de détails en apparence insignifiants mais qui, une fois sa vie en jeu, seraient d’une importance capitale.

Narek Liam était déjà là. En l’observant dans la pâle lueur de l’aube, Bastian comprit qu’il avait sans aucun doute mésestimé le niveau de ce garçon. Il était moins frêle qu’il en avait eu l’air quand il l’avait déniché, aux abords des montagnes. Il était écorché de partout, preuve qu’il n’avait pas passé ces deux derniers jours à dormir. Après autant de temps passé assis ou allongé sur son lit, Bastian se sentait plein d’une énergie bouillonnante. Se réfugier dans le Vide l’avait aidé à la contenir, mais il se demandait si, en plein combat, il serait capable de se maîtriser.

Il s’agissait d’un combat à mort, faillait-il vraiment qu’il garde le contrôle ?

- Moi, Dil’Duran, je suis l’arbitre et le témoin de l’Al-Tenraï qui va opposer Narek Liam et Bastian Derue. Les règles : pas de quartier, pas de dessin, pas de coups bas. L’honneur des guerriers est roi. Je rajoute que si vous cassez ma baraque, je vous explose le crâne à coups de pioche, vu ?

Sans attendre l’assentiment des deux hommes, le forgeron se tourna vers Narek.

- C’est à toi de choisir l’arme qui sera utilisée pendant le duel. Alors ?

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Narek Liam
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MessageSujet: Re: La traque [Narek]   Lun 30 Avr 2018, 19:33

L'entrainement de Dil'Duran était plus un enfer qu'autre chose.

Au fond, se dit Narek, il aurait de loin préféré répéter l'expérience du premier jour, un brûleur, ce n'était rien à côté de ce qu'il avait endurer.

En contre partie, il avait apprit et avait augmenter ses habiletés à un niveau de fou... Même s'il n'avait pas pu développer son endurance assez pour tenir le dit niveau très longtemps.

Il avait prévu utiliser la Haladie, pour le combat, mais quand son adversaire arriva, quand Dil'Duran s'approcha du garçon qui avait un cigare à la bouche, quand le mentaï l'observa avec ce regard d'aigle observant une proie, il ne put s'empêcher de serrer la mâchoire.

Pas de peur, mais bien parce qu'il devait se l'avouer, cette façon d'exister le foutait en rogne.

Contre tout ce que le chaos représentait, mais pas contre Bastian.

On ne blâme pas un enfant qui ne fait que ce que ses parents lui ont montrer.


Gamin..?

... Les poings.

Dil'Duran soupira.

Il avait bien penser qu'un truc du genre se produirait, Narek voulait, plus que tout, apprendre à Bastian qu'une marionnette, on pouvaient lui couper les fil.

Par deux fois, le mentaï avait manqué à sa mission.

S'il y manquait une troisième fois, en étant vaincu en plus, se dit Dil'Duran, cela remettrait en question beaucoup de choses. Un pantin du genre devait croire qu'il lui était impossible de perdre, pour bien fonctionner, il devait avoir la certitude que sa mission était nécessaire, surtout, et qu'il n'avait simplement pas d'autres choix à considéré.

Et Narek Liam était l'opposé simple et précis de ce fait en chair et en os.

Le forgeron déclara le début du combat en s'installant confortablement.

Le gamin avait une véritable chance...

...Et ce Mentaï aurait une surprise, se dit-il en souriant.


“He who believes is strong;
He who doubts is weak.

Strong convictions precede great actions.”

—Louisa May Alcott

Prêt?

Son adversaire souleva un sourcil, comme s'il se demandait si le marchombre lui donnait vraiment le temps de se préparer. Narek se contenta de tirer une dernière fois sur son cigare et de le jeter par terre.

Son pied l'écrasa en même temps qu'il ne bloquait du bras gauche un coup de poing audacieux, visant sa gorge.

Son adversaire avait tenter d'en finir rapidement...

...Mais surtout il semblait surpris de ne pas avoir réussit.

Un échange de coups tous plus rapides les uns que les autres s'en suivit, Narek se contenta principalement de bloquer les coups.

L'homme était rapide, certes, mais à côté de son maître des deux dernier jours, il était facile de voir ses mouvements, de les anticipés.

Après environ une minute à observer la technique de son adversaire, le marchombre attrapa les deux poings de l'homme et bloqua d'une jambe le coup de pied qui suivi, pris ainsi non loin de son adversaire, il le fixa une seconde...

...Puis lui envoya un merveilleux coup de boule qui le prit par surprise, le faisant reculer et brisant un instant l'affrontement.


Prêt, pas prêt...

...J'arrive.


''Lord Beerus, Sir, do you have anything you would like to say..?''

''... He's coming.''

- Whis & Beerus, DBSuper -

Le sourire de Dil'Duran s’agrandit.

Le mentaï s'était sûrement attendu à une vitesse digne d'un élève en fin de formation, une formation qui l'avait généralement protégée du vrai danger.

Seulement voila, deux jours dans cette jungle, chassé par les brûleurs et un Dil'Duran qui ne comptait pas lui faire de cadeaux?

Ça devait bien valoir deux ans d'entrainement ''De chochotte'' hors de cette jungle, se dit l'homme.

Le poing de Narek envoya la tête de Bastian à sa gauche et celui-ci, semblant surprit au plus haut point, commença à bloquer la suite de cette assaut.

Voilà son progrès, se dit Narek.

Certes, il bloquait toujours... Sauf qu'il n'avait pas encore répliquer.

Et ça, ça voulait dire beaucoup.


“Make up your mind that no matter what comes your way, no matter how difficult,
No matter how unfair,
You will do more than simply survive...

...You will thrive in spite of it.”

—Joel Osteen

Le forgeron tira un bon coup sur sa pipe, en mordant le bout.

Le combat avait été rapide, court...

...Décevant, se dit-il en retenant un grognement, en se retenant d'intervenir.

En observant le mentaï approcher du marchombre qui avait un genou par terre.

Il ne savait pas trop pourquoi, mais l'homme avait eu un drôle de sourire carnassier un instant en observant le jeune homme devant lui, puis recula le bras pour le mouvement qui scellerait le destin du garçon.

Puis le forgeron remarqua que le garçon, bientôt cadavre, avait agrandit les yeux et serrait les poings. Quand ses lèvres bougèrent, Dil'Duran dut tour à tour tendre l'oreille puis se les boucher pour entendre sans se les faire casser par le son.


De... De quoi parle tu..?

...Tu parle de Syndrell..?

...JE NE TE PERMETTRAIS PAS DE PARLER DE SYNDRELL?!


Le coup aurait dut être fatal, le jeune homme était à bout de souffle.

Mais, le forgeron se dit-il, peut importe si c'était le garçon qui entendait des voix ou l'homme qui avait fait une menace en l'air pour tenter de briser le mental du garçon, ça avait eu un effet plus profond que même ces deux jours d'entraînement.

Le poing avait été bloquer, non, attraper... Et le garçon se relevait lentement.


...Espèce de monstre sanguinaire, sans morale, sans honneur...

...Tu va payer pour ça. Je vais... Te faire souffrir...

Et merde, Bastian, tu m'as ficher en colère..!


Le poing qui siffla dans l'air aurait du être bloquer par la garde remontée de Bastian.

Pourtant, il se glissa dans le trou laisser par ce mouvement pour se protéger et frappa l'homme droit au ventre avec une force insoupçonnée.

Le forgeron se ramassa sur lui même, il aurait peut-être à intervenir après tout.

Parce que le garçon était dans un état qu'il avait vu trop souvent sur les champs de batailles, un état qui devait être inconnu au mentaï.

Cette genre de transe que certains soldats atteignaient quand ils étaient au bord de la mort.

C'était plutôt commun chez les Thüls, pas rare chez les frontaliers, mais pour un alavirien..?

Atteindre ce genre d'état était habituellement réserver aux soldats de longue date qui relâchait tout contrôle sur leur rage meurtrière.

Le forgeron savait cependant ce qui avait causer ce changement chez le garçon. C'était la première fois de toute sa vie que Narek voulait tuer quelqu'un à ce point.

Pas pour lui, pas pour une raison égoïste, simplement s'il perdait ici, ce serait la loutre qui serait la suivante, puis une armée de Mentaïs attaqueraient la forge...

...En gros, se dit l'homme, le marchombre avait enfin réaliser qu'il n'avait tout simplement pas le droit de perdre.

Et cette réalisation avait monter son niveau d'adrénaline assez pour qu'il tente une dernière fois de finir ce combat.

Quand le mentaï tomba par terre, s'étant pris les pieds dans une racine en reculant devant cet assaut aussi surprenant que violent, et que le garçon lui sauta sur le torse, emprisonnant ses bras avec les jambes et levant un poing qu'il descendit à toute allure vers la gorge du mentaï, le forgeron se dit qu'il devrait intervenir.

Pourtant la main du garçon, plutôt que d'écraser la trachée de son adversaire, lui ficha une énorme claque bien ressentie qui fut suivie d'un coup de crâne alors que le garçon fixait l'autre dans les yeux et engageait la conversation télépathique lui même pour la première fois.


Alors écoute moi bien, ENFOIRÉ.

Je me refuse catégoriquement à t'enlever la vie juste parce que t'es trop CON ou trop AVEUGLE pour voir que y'as autre chose dans la vie qu'un nom sur un bout de papier et ton petit ordre de salopards qui vénèrent le chaos!

Alors ce duel va être FOUTREMENT nul parce que t'es aussi fatiguée que moi et on le sais tout les deux!

Et si tu veux finir la PUTAIN de besogne, faudra t'y reprendre un autre jour!

Et que ce soit le cas ou non, j'vais te garder une SALOPERIE de bouteille de mon meilleur alcool au Zoanne jusqu'à ce que tu vienne prendre un verre juste comme ça entre potes.

Ouais, tu m'as bien compris salopard, toi et moi on va être meilleurs potes parce que tu connais personne à qui tu peu faire autant confiance qu'au mec qui te dit en pleine face qu'il veux t'arracher la tête avec les dents, compris!?


N'attendant pas de réponse, le garçon ficha un dernier coup à son adversaire, se leva et se retourna pour quitter l'endroit.

Il ne se retourna pas quand il entendit l'arme de Dil'Duran bloquer un pieu venu de nulle part, dessiné par réflexe, surement.

Le vieil homme observa le mentaï, qui semblait avoir oublié un instant ce qu'il était en train de faire.


Pas de dessins.

T'as perdu, bonhomme, c'est pas bien de tricher.


Puis il replongea le mentaï dans l'inconscience d'un unique coup bien placé.

Quand celui-ci s'éveilla, il était dans la forge, étendu sur le lit, sous le regard de Narek et Dil'Duran, ce dernier attendant que le contact ne se fasse pour envoyer sa pensée à l'homme.


Rends nous service, à toi et moi, et ne me mentionne pas, dans ton rapport.

Si le bruit de mon existence s'étale chez tes oiseaux de malheurs de chefs, j'vais être forcé de choisir mon camp, et ça me ferait royalement chier tu vois, parce que certains de mes meilleurs potes sont de ta clique.


Pas de chaînes cette fois...

...Parce que le forgeron le testait.

Il voulait voir s'il n'y avait vraiment pas la moindre touche d'humanité, dans ce corps de grande gueule silencieuse.

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Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: La traque [Narek]   Mar 01 Mai 2018, 00:34

Il love the voices in my head
You think I'm running of the edge
You wanna fix me ? But maybe I like me broken...




Il arrivait parfois que Bastian n’aie pas besoin de regarder les lèvres de son interlocuteur pour deviner sa réponses, ni même de l’entendre dans son esprit ; il savait.

Il savait que Narek Liam allait se passer d’arme, parce que c’était la meilleure chose à faire face à un assassin. Placer une lame entre les mains de Bastian aurait été une erreur. Il avait appris à tuer avec des objets aussi anodins qu’une paire de lunettes ou encore un cure-dents. Le meurtre était ce pourquoi il était formé depuis l’instant précis où le Chaos avait refermé son emprise sur lui, quatorze ans plus tôt. Soit à peu près cent mille heures passées à s’entraîner dans le seul et unique but d’ôter la vie.

En utilisant ses poings, le marchombre équilibrait le duel. Il était plus jeune, sans doute plus endurant et plus audacieux que Bastian ; par ailleurs, il pouvait se vanter de respirer encore, alors que Bastian l’avait déniché cinq jours plus tôt ! En fait, c’était la seule cible qui aie jamais survécu aussi longtemps.

- Prêt ?

Bastian haussa un sourcil.
Puis décida qu’un geste valait mieux qu’une parole – ou, dans son cas, une pensée.

Il bougea.

Son poing fusa, mortellement rapide et puissant, visant directement la glotte de son adversaire afin d’en finir rapidement. Bastian espérait être rentré au plus vite. Mais c’était sans compter les réflexes aiguisés de Narek : le marchombre bloqua son bras avec le sien, surprenant de vivacité et de force là où il avait justement pensé trouver une ouverture facile.

Ce petit avait été bien formé.

Par qui ?


*


La salle n’est pas pleine : il manque du monde. Il manque toujours du monde, en fait, puisque la plupart des envoleurs sont en mission pour le Chaos, ou en train d’enseigner quelque part dans l’empire de Gwendalavir. Voir même au-delà.

Très curieusement, les mentaïs ont tendance à se retrouver d’un côté de la pièce, tandis que les envoleurs siégent de l’autre. Personne n’a décidé cela. C’est comme ça. Certains voient peut-être une forme de hiérarchie, d’autre une volonté de séparer les hommes d’action des hommes de stratégie… des conneries. C’est seulement une question d’affinité. Les mentaïs hantent les bureaux tandis que les envoleurs se croisent dans la salle d’armes, le réfectoire, l’arène… Chacun chez soi, finalement. Des groupes se font et se défont, mais placés dans une même pièce, ça fait toujours au moins deux.

Côté mentaï, donc, il y a Tendra, Voïmakas, Taram, Gulyn et Bastian. Ce dernier se tient légèrement en retrait, non pas pour marquer son désintérêt mais parce qu’il faut qu’il soit placé à cet endroit précis s’il veut pouvoir suivre efficacement les conversations qui vont se dérouler. Tendra est aussi ténébreuse que d’ordinaire, cheveux, yeux et lèvres noirs sur peau de nacre. Taram caresse pensivement sa barbe blanche, écoutant d’une oreille attentive les paroles de ce bellâtre de Gulyn. Quant à Voïmakas, il a cet air contrarié qui le quitte rarement.

Côté envoleur, c’est tout aussi disparate : Galaad est là, bien sûr, ses yeux verts pétillant de malice dissimulant très mal son amusement, comme chaque fois qu’il participe à ce genre de réunion ; Bastian pourra compter sur lui pour détendre l’atmosphère de quelques boutades légères. Seren, tout juste revenu d’une mission périlleuse tout à fait au nord de l’empire, échange quelques mots avec Gracieuse. Hienovarainen, dite Hien, est plongée dans la lecture d’un parchemin ; elle croque dans une pomme verte d’une main et, de l’autre, jongle distraitement avec un couteau sans paraître se préoccuper un seul instant de son tranchant.

Au bout d’un moment, Taram prend la parole. Là par contre, il est bien question de hiérarchie, et surtout d’ancienneté. Après les usages de présentation et de salutation vient l’ordre du jour : un rappel des missions en cours, un état des lieux des formations puis, en dernière position, un point budgétaire. Entre les plaisanteries de Galaad, les ronchonnements de Hien et les tentatives de Gulyn pour attirer l’attention de Gracieuse, Bastian voit défiler le temps très lentement. Une bonne heure s’est déjà écoulée lorsque la porte s’ouvre sur Giliwyn SangreLune, la peau nue sous son tabard alors que l’eau gèle dehors, les cheveux en pétard comme s’il vient de se réveiller – ce qui est sans doute le cas. Taram ne prend d’ailleurs pas la peine de récapituler l’heure passée.

- Huuwol a fait parvenir son rapport dans la matinée, dit le mentaï tandis que le retardataire se laisse tomber avec inélégance sur une chaise. La marchombre aux cheveux bleus court toujours.
- Comment elle s’appelle déjà ?
intervient Hien.
- Syndrell Ellasian.
- Un sacré bout de femme,
commente Galaad en souriant.
- Huuwol est nul. Envoie-moi à sa place, Taram, et je te rapporte sa tête avant la prochaine lune.
- Syndrell Ellasian ? C’est pas la marchombre qui fraie avec des métamorphes ?[/color]
- Elle a dézingué Onku,
confirme Galaad, l’air tellement ravi que Bastian le soupçonne de rêver de rencontrer un jour cette jeune femme.
- Onku est nul aussi.
- Etait, du coup.
- Est-ce qu’on peut continuer ?
demande Taram en se pinçant l’arête du nez pour contenir son impatience.

Bastian hoche la tête.

- Bien. Syndrell Ellasian court toujours, c’est la mauvaise nouvelle. La bonne, c’est qu’on a plus ou moins localisé deux de ses élèves. Le premier est en route vers le Rentaï. Hien ?
- C’est comme si c’était fait.
- Et où est le deuxième ?
- Il se trouve qu’il gère un établissement à Al-Chen, le… Zoanne,
indique Voïmakas après avoir jeté un coup d’œil à sa paperasse. Il s’appelle Narek Liam.

Bastian claque des doigts pour attirer l’attention et fait quelques gestes rapides avec ses mains.

- Il est déjà sur sa liste, traduit aussitôt Galaad. On s’en occupe après avoir trouvé Alzoren.
- Dans ce cas, chacun sait ce qu’il a à faire, je considère donc cette réunion comme étant terminée.
- Enfer, c’était bien la peine que je vienne,
marmonne Giliwyn.


*


Distrait par ses souvenirs, Bastian comprit trop tard la manœuvre de Narek. Le coup de tête qu’il se prit l’assomma assez pour le faire chanceler en arrière. S’ensuivit une série de coups de poings rapides et précis qu’il bloqua chaque fois de justesse. Clairement, il avait sous-estimé cet homme, le prenant à tort pour un gamin à peine sorti de sa formation ; aussi invraisemblable que paraisse une telle idée, Bastian lui prêtait un niveau approchant celui de Galaad. De fait, il y avait du génie dans les coups de ce garçon, exactement comme il y avait du génie dans le moindre geste exécuté par son meilleur ami.

Ça aussi, c’était vaguement perturbant.

Fatigué de seulement se protéger, Bastian décida d’empêcher ses pensées de trop dériver ; il pivota sur lui-même et frappa Narek au niveau du genou, puis termina d’un coup de poing solide au niveau des côtes flottante et enfin, d’une frappe du tranchant de la main juste sou la gorge. Trois attaques quasiment simultanées qui jetèrent le marchombre à terre – enfin.

Toi d’abord. Syndrell Ellasian sera la suivante.

La réaction de Narek fut, un bref instant, celle escomptée par Bastian : un anéantissement vertigineux, comme si le mentaï venait de lui passer une épée en travers du corps. Le lien qui unissait un maître et son apprenti était à ce point sensible que, si l’on blessait l’un, on blessait inévitablement l’autre dans la foulée.

Mais ensuite, la situation dérapa. Un incendie s’alluma dans le regard de Narek, et l’ultime frappe de Bastian, fatale, fut stoppée nette par une poigne d’acier. Le garçon se mit alors à crier. C’était une évidence, même si Bastian ne pouvait pas entendre le moindre son ; c’était comme si les mots s’enfonçaient en lui à la manière de lames incandescentes. Narek lui envoyait à la figure tout le verre pilé de sa fureur. Il était hors de lui.

La vache, tu parles d’un lien…

L’on pourrait trouver curieux que Bastian n’ait pas songé à une éventualité aussi énorme qu’un coup de foudre entre deux marchombres, mais pour sa défense, ce dernier était déjà bien occupé à ne pas mourir bêtement en plein duel de l’Al-Tenraï. En face de lui, Narek était comme fou. Il aurait dû s’effondrer d’épuisement, pourtant. Non seulement la colère le maintenait sur ses jambes, mais en plus elle lui prodiguait toute la force dont il avait besoin pour renverser la situation.

Bastian trébucha. Une racine qu’il n’avait pas vue, un mouvement de recul face à un adversaire désormais redoutable… Il n’eut pas le temps de se dégager et se retrouva coincé sous quelques kilos de muscles et une tonne de fureur à l’état pur. Quand le bras de Narek descendit vers sa gorge, il soutint son regard sans ciller. Il n’avait pas peur de mourir, même si c’était un peu con. Il se dit même que Galaad allait pouvoir se lâcher sur son épitaphe, du genre « ci-git Bastian Derue, peu causant mais marrant, tué par les racines de sa propre connerie… ».

Une claque.
Et ce fut tout.
Elle résonnerait longtemps dans sa mémoire.
Tout comme les paroles d’un savon tel qu’il ne s’en était pas pris depuis des années.


*


Le pieu traversa les Spires et fusa dans la réalité, lancé de toute la force de sa volonté. Il s’écrasa contre le mur qui se dressa de nouveau, immense, vertigineux, inviolable et sacrément pénible.

Pas de dessin. T’as perdu bonhomme, c’est pas bien de tricher.

J'ai perdu ?

Ce fut la dernière question que se posa Bastian avant de basculer dans l’inconscience.


*


Il ouvrit les yeux dans ce même lit où il avait passé les deux derniers jours. Sauf que cette fois-ci il n’était pas enchaîné. Quelle différence ? Il avait un goût amer dans la bouche. L’échec avait une bien piteuse saveur…

Dil’Duran était là. Ce fut lui qui noua le contact mental et qui engagea la conversation, mais le regard de Bastian était fixé sur Narek Liam.

J’ai triché, oui, mais je n’ai pas perdu.

Dans l’esprit, sa voix était grave et claire, profonde et puissante.

Je ne suis pas mort.

Ou bien alors il s’était trompé de paradis.

Le gris métallique de ses yeux quitta un instant le marchombre pour venir se poser sur le vieux forgeron.

Je ne fais pas de rapport. Ma mission n’est pas encore terminée.

Un assassin.
Une cible.
Deux hommes.

Tant que les deux respiraient, la mission se poursuivait.
Tout comme l’Al-Tenraï.

Le gris retrouva le noir piqueté de rouge.

Cette première manche est pour toi, marchombre. Un jour, nous trinquerons, toi et moi. Peut-être au Zoanne. Quand tu mourras, le dernier verre sera pour moi.


Ce n’était pas une menace, ni même une promesse.

C’était un défi.

Le duel était en suspens mais le jeu continuait. Bastian se leva lentement. Il récupéra ses affaires, entreposées sur une chaise, conscient des regards posés sur lui, de la tension presque palpable qui flottait dans la pièce, et des battements de son cœur dans sa poitrine.

Puis il dessina un pas sur le côté et disparut en un clin d’œil.

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