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 Une question de vie ou de mort [LIBRE]

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Seth Jol
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MessageSujet: Une question de vie ou de mort [LIBRE]   Lun 11 Juin 2018, 16:17

Epuisé et à bout de force, Seth se laissa prudemment glisser sur le sol. Le jeune homme vacilla dangereusement, avant de se raccrocher in extremis à l’encolure de sa jument. Tornade secoua quelques secondes sa grosse tête, tandis qu’elle emboîtait le pas de l’apprenti Marchombre ; elle aussi était fatiguée, après ce rythme infernal que lui avait imposé le garçon durant ces dernières vingt-quatre heures. Le souffle court, la respiration affreusement saccadée, le cœur battant à toute pompe, Seth trébucha et tomba lourdement sur les genoux. La rivière Gour était là, enfin ! A quelques mètres à peine ! Ce bras du Pollimage serpentait au cœur des Montagnes de l’Est, et ajoutait un charme un peu sauvage à cette région pratiquement déserte de l’Empire. Quelques éclats de voix lui parvinrent, à la fois si loin et terriblement proche. Le garçon lâcha un gémissement rauque, alors qu’il s’écroulait sur les galets – à bout de forces.




Quelques heures plus tôt



L’air sombre, l’humeur morose, l’apprenti Marchombre serrait son précieux paquet contre son torse. Après les funérailles de la petite quelques jours plus tôt, Seth avait pris la décision de disperser ses cendres près de l’endroit sa mère reposait à jamais, elle aussi. Oh, ni Nwëlla ni Atal n’avaient tenté de le dissuader, malgré le profond chagrin que leur causait la mort de leur petite nièce. Ils s’étaient tous les deux préparés à cette tragique éventualité lorsque, au cœur de l’hiver, un Rêveur leur avait annoncé que Soahary ne vivrait sans doute pas plus de quelques mois car elle était atteinte d’insuffisance cardiaque. Cela avait été un véritable coup de massue, surtout après la mort de Naïs, qui avait ébranlé tout le monde ! L’apprenti Marchombre soupira quelques secondes pour tenter d’évacuer la boule de chagrin qui lui bloquait la gorge en permanence. Il était terriblement partagé entre la colère, l’incompréhension et la tristesse. Il ne savait plus trop s’il avait envie d’hurler, de frapper ou de pleurer – peut-être un peu des trois.

La journée tirait sur sa fin lorsque le jeune homme s’engouffra dans la forêt profonde des hauts plateaux. Sur le coup, il ne se souvint pas vraiment des recommandations d’Atal et Nwëlla. Qu’avaient-ils dit déjà ? Ne valait-il pas mieux contourner cet endroit et plutôt longer le Pollimage ? Cependant, Seth était bien trop perdu dans ses pensées pour se souvenir de quoi que cela soit ! Le ciel gris et bas, commençait désormais à former un épais brouillard et alors que la nuit commençait à tomber, Seth décida de bivouaquer au pied d’un imposant chêne centenaire. Rompu par l’habitude, l’apprenti Marchombre aménagea un agréable petit camp de fortune et entrepris d’allumer un feu. Comme les nuits pouvaient être fraîches en cette région, cela lui tiendrait chaud, en plus de tenir éloigner les éventuels prédateurs.

Seul avec lui-même et ses idées maussades, Seth n’avala que quelques noix en guise de repas : il avait perdu l’appétit depuis ces derniers jours. Impossible d’avaler quoi que cela soit, tant son estomac était noué ! Vaincu par la fatigue et l’épuisement, Seth finit par s’endormir au bout de quelques longues heures. Avant d’être brusquement réveillé, au cœur de la nuit, par plusieurs éclats de voix. Fronçant les sourcils, l’apprenti rassembla ses affaires. Il devait se préparer à toute éventualité ! Sa belle jument grise avait, elle aussi, braqué toute son attention sur l’origine de bruit. Tous ses sens en éveil, le jeune homme décida d’en savoir un peu plus sur ceux qui l’avaient tiré du sommeil. Il évolua avec prudence entre les arbres, quittant le chemin principal pour éviter de se faire remarquer. Parfaitement sur ses gardes, il parcourut ainsi quelques centaines de mètres avant d’apercevoir un groupe d’une dizaine d’hommes. Des bandits, sans aucun doute ! Ils n’avaient pas l’air très organisés, ni très futés, mais Seth jugea tout de même plus prudent de ne pas traîner dans les parages plus longtemps…

… Toutefois, au moment exact où le garçon s’apprêtait à rebrousser chemin, il sentit son cœur rater un battement. Une lame, froide et acérée, le menaçait désormais à la gorge. Une silhouette apparut dans sa vision périphérique, et Seth dût plisser les yeux pour tenter de reconnaître celui – ou celle – qui le tenait en respect, dans l’obscurité. Le garçon retint son souffle, tandis que son adversaire – une femme vraisemblablement – ricanait de façon inquiétante.

- « Tiens, tiens… Mais qu’avons-nous là ? » susurra la femme « Ne t’avais-je pas prévenu, gamin, que si jamais j’apprenais que tu m’avais menti, je te retrouverais et je te tuerais ? » ajouta-elle en révélant indirectement son identité.
- « Zahine… » souffla Seth, figé de stupeur.

Oh non ! Ce n’est pas vrai !

- « C’est bien, tu te souviens de moi » ricana l’Envoleuse « Sauf que, cette fois, je ne te laisserai pas t’en sortir aussi facilement ! » gronda-t-elle en pressant un peu plus la lame contre la gorge du jeune homme.

Seth réfléchissait à toute vitesse. Il fallait qu’il se sorte de ce merdier, et vite ! Des dizaines d’idées lui traversèrent l’esprit, mais qu’il repoussa presque immédiatement – trop insensées, trop folles, trop suicidaires ! Il n’était pas de taille à affronter cette femme, rompue à l’art du combat depuis bien plus longtemps que lui. Il n’aurait aucune chance s’il l’affrontait au corps à corps. Même s’il avait acquis en force, en réflexes et en technique, ce ne serait largement pas suffisant. Et il n’avait sûrement pas l’intention de mourir ! Il devait juste trouver un moyen de distraire son attention pour prendre la tangente. Cependant, à court d’idées, Seth fit la seule chose qui lui paraissait possible : frapper ! Frapper pour déstabiliser son adversaire, la surprendre ! Ce qui, heureusement pour lui, fonctionna ; Zahine ne devait apparemment pas s’attendre à ce qu’il réplique aussi habilement et recula de quelques pas légèrement vacillants. Ce qui procura juste assez de temps au jeune homme pour se glisser sous la garde de l’Envoleuse.

Mais pas assez pour s’enfuir, car la guerrière lui faisait déjà face en fulminant. Ses deux bras avaient laissé place à deux longues lames d’un acier redoutablement tranchant. Eh merde ! Une Greffe ! Je vais me faire découper en rondelles ! Seth déglutît soudain avec difficulté, mais reprit contenance en moins d’un quart de seconde. Pas question de paniquer ! Son regard se durcit et il raffermit sa garde : il était prêt à vendre chèrement sa peau !




Epuisé et à bout de force, Seth se laissa prudemment glisser sur le sol. Le jeune homme vacilla dangereusement, avant de se raccrocher in extremis à l’encolure de sa jument. Tornade secoua quelques secondes sa grosse tête, tandis qu’elle emboîtait le pas de l’apprenti Marchombre ; elle aussi était fatiguée, après ce rythme infernal que lui avait imposé le garçon durant ces dernières vingt-quatre heures. Le souffle court, la respiration affreusement saccadée, le cœur battant à toute pompe, Seth trébucha et tomba lourdement sur les genoux. La rivière Gour était là, enfin ! A quelques mètres à peine ! Ce bras du Pollimage serpentait au cœur des Montagnes de l’Est, et ajoutait un charme un peu sauvage à cette région pratiquement déserte de l’Empire. Quelques éclats de voix lui parvinrent, à la fois si loin et terriblement proche. Le garçon lâcha un gémissement rauque, alors qu’il s’écroulait sur les galets – à bout de forces.

Tout son corps n’était plus que douleur lancinante. Il n’avait plus la moindre énergie pour lutter, ou ne serait que se relever ; il allait mourir ici, seul et sans personne, comme un idiot ! Seth était à la limite du collapsus et, étrangement, tout ce qu’il trouva pour résister encore contre l’inconscience qui menaçait de l’envahir tout entier, il focalisa son esprit sur son corps. Cette méchante plaie qui lui barrait l’abdomen du côté droit saignait vraiment beaucoup ; il avait probablement une ou deux côtes cassées qui lui comprimaient la cage thoracique, rendant sa respiration un peu plus douloureuse à chaque minute qui passait ; il venait probablement de se démettre l’épaule en chutant un peu plus tôt ; et tout son corps était perclus de multiples contusions. Lorsque la voix de Zahine retentit à quelques mètres de là, sans qu’il ne la voit vraiment, le jeune homme sut que c’en était fini de lui.

- « Maintenant, achève-le, jeune apprenti, qu’on puisse se tirer d’ici ! »

Quelque part entre conscience et inconscience, l’apprenti Marchombre n’attendait désormais plus que la mort. Comme une petite éternité...

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Une question de vie ou de mort [LIBRE]   Jeu 14 Juin 2018, 23:43

Il fallut dix jours à Syndrell pour atteindre la confrérie de Fériane.
Dix jours de chevauchées intenses et de courtes nuits.
Dix journées épuisantes et humides.

Il n’avait pas cessé de pleuvoir un seul instant. Les routes étaient inondées car les ruisseaux et les petits ruts débordaient dans les prairies ; le sol était spongieux, la boue omniprésente, et les visages fermés des alaviriens qui subissaient ce temps pluvieux depuis la fin de l’hiver témoignaient d’une profonde lassitude.

Et pourtant une tempête n’aurait pas arrêté la marchombre. Si elle ménageait Vagabond pour lui épargner des douleurs inutiles, elle multipliait les courtes haltes et réduisait ainsi considérablement son temps de sommeil. Il lui arrivait donc de somnoler sur sa selle, un luxe qu’elle s’offrait dans la mesure où elle avait pleinement confiance en son fidèle compagnon.

Après la bataille pour le moins éprouvante à laquelle elle avait participé, il aurait sans doute été plus logique qu’elle se repose, mais s’il était un principe auquel la jeune femme était incapable de déroger, c’était l’amitié. C’était également une source inépuisable de motivation : chaque fois qu’une averse avait réduit son moral à zéro, l’idée de retrouver ses amis l’avait poussée à avancer encore et malgré tout.

Ainsi, Syndrell atteignit la confrérie au crépuscule du dixième jour. Ce fut un jeune aspirant qui la découvrit sur le perron, trempée et grelottante dans les dernières lueurs du couchant, et il eut bien du mal à trouver les mots pour l’accueillir alors qu’il était subjugué par ses yeux dorés et ses cheveux bleus. Pragon Fliboise, le rêveur qui était un vieil ami de la marchombre, arriva à point nommé pour tirer son apprenti de l’embarras.

- Par le Dragon et sa Dame ! Rentre, Syndrell, tu vas prendre froid !

Il n’était pas surpris de la trouver là, bien sûr : il avait depuis longtemps réalisé que Syndrell et Ciel n’étaient jamais très loin l’un de l’autre. D’un geste vif, il déposa une épaisse couverture sur les épaules de la jeune femme, puis il la prit par le bras, demanda à l’aspirant de s’occuper de Vagabond, et conduisit Syndrell jusque dans la cuisine.

- Je sais pourquoi tu es là, dit-il en la faisant asseoir sur une chaise, mais tant que tu n’as pas mangé un peu et tant que tu ne t’es pas réchauffée, je ne te veux pas ailleurs que dans cette pièce.

Syndrell hocha la tête ; impossible ne serait-ce que d’envisager de s’opposer à Pragon Fliboise ! Pelotonnée dans sa couverture, elle se laissa donc servir un potage de légumes bien chaud et une miche de pain de noix, appréciant la chaleur du four à pain et les odeurs d’épices qui flottaient dans la salle. Elle échangea quelques paroles avec le rêveur et pourtant parla peu, trop occupée à se rassasier et à se réchauffer. Elle aurait volontiers fermé les yeux si elle l’avait pu.

Mais dès qu’elle eût terminé son repas, elle se leva.


- Comment te sens-tu ?
- Bien mieux, merci. J’ai beau avoir voyagé dans tout Gwendalavir, jamais je n’ai savouré de potage aussi bon qu’ici.
- Le secret se trouve dans sa simplicité ! Allez, viens. Je devine ton impatience.


Syndrell avait retrouvé des couleurs quand elle emboîta le pas au vieil homme. Elle avait détaché ses cheveux pour qu’ils sèchent et ils cascadaient en longues mèches ondulées et humides dans son dos.

- Je vais te trouver des vêtements secs et te préparer une chambre, dit le rêveur en marchant dans le couloir à ses côtés, puis il lui jeta un coup d’œil et ajouta, vaguement navré : je vais aussi te préparer un baume pour toutes ces contusions qui marbrent ta peau. Y a-t-il d’autres lésions que je ne vois pas ?
- Pas que je sache, non…


Pragon Fliboise secoua la tête, puis il s’arrêta devant une porte close.

- C’est ici.
- Merci,
souffla Syndrell, reconnaissante, avant de frapper doucement contre le battant.

Il y eut quelques secondes de silence pendant lesquelles Pragon Fliboise s’éclipsa, puis la porte s’ouvrit et le visage de Ciel apparut. Dès qu’il découvrit celle qui se tenait dans le couloir, son visage s’illumina et un instant plus tard, les deux amis s’étreignaient avec force.


- Je me disais bien que j’avais cru entendre la cloche de l’entrée, murmura Ciel.
- Avec toute cette pluie qui fait un raffut insupportable, je me demande bien comment tu as fait pour entendre quoi que ce soit !

Comme pour lui donner raison, les gouttes qui martelaient les carreaux de la fenêtre redoublèrent de vigueur. Syndrell glana encore quelques instants dans les bras réconfortants de son ami, puis elle se dégagea doucement et se tourna vers le lit. Aeden dormait. En s’approchant, Syndrell lui trouva meilleure mine que lorsqu’elle l’avait vu la dernière fois, agonisant dans le giron de Ciel.

- Il s’est réveillé il y a cinq jours. Les rêveurs ont fait un travail remarquable et affirment que la cicatrice ne sera même plus visible d’ici un jour ou deux. Ils lui ont sauvé la vie.
- Non, c’est toi.


Le regard doré de Syndrell plongea dans le vert clair des yeux de Ciel et y demeura jusqu’à ce qu’il acquiesce dans un sourire. Oui, en effectuant un pas sur le côté, le dessinateur avait sauvé son amant. Soulagée, Syndrell se pencha et déposa un baiser de papillon sur le front d’Aeden. Elle aurait préféré qu’il n’en soit rien, mais ce simple contact éveilla le convalescent ; il frémit, battit des paupières et l’observa un instant.

- Oh, coucou. Ne me dis pas que tu es ici parce que tu as été blessée toi aussi…
- Du tout ! J’ai été prudente moi, contrairement à certains !
- Je vois. On se moque des victimes. C’est affligeant.
- C’est Syndrell,
rappela Ciel, amusé.
- Dis, maintenant que tu es réveillé, je peux te faire un câlin ?

Une seconde plus tard, à peine, Aeden sourit à Ciel par-dessus l’épaule de Syndrell.

- T’as raison, dit-il, les yeux brillants. C’est Syndrell.



*



Rassurée sur le sort de ses amis, Syndrell récupéra sereinement des forces sous la bienveillance des rêveurs de Fériane. Cependant, elle restait préoccupée par ce qu’elle avait découvert dans le fort que la troupe formée par et dirigée par Syles avait investi deux semaines plus tôt ; cette liste de noms sur laquelle figurait celui de Lyke, au beau milieu d’une flopée de métamorphes, inquiétait la jeune femme.

Elle s’en ouvrit à Ciel. Le dessinateur n’avait pas de nouvelles du garçon lui non plus. Quand il essaya de le contacter par un lien mental, il échoua.


- Tu es la seule personne avec qui cela fonctionne vraiment, avoua-t-il si piteusement que Syndrell éclata de rire avant de lui planter une bise sur la joue.
- Ça me fait plaisir que tu aies essayé, Prof.
- Qu’est-ce que tu comptes faire, alors ?
- Je vais le chercher, et je vais le retrouver.


Ça, c’était le ton et le regard de la marchombre qu’il connaissait bien. Il ne douta pas de la certitude qui enveloppait les paroles de son amie.

- Azur l’a vu partir de l’Académie, un peu après Ylléna.
- Oui, ils sont partis tous les deux ; Yll a laissé un message à son père à ce propos.
- Des enfants de marchombres élevés dans un repère de marchombres… à mon avis, ils ne risquent pas grand-chose.
- Je suis d’accord, sauf que les dangers sont multiples au sein de l’empire, et celui contre lequel nous luttons depuis plusieurs mois est différent de ceux que nous avons affronté jusqu’alors.
- Lyke n’est pas un métamorphe. Tu penses qu’il est en danger ?
- C’est justement parce qu’il n’en est pas un que cela m’inquiète… Ciel ? Je sais que tu veilles sur Aeden et cela m’ennuie de solliciter ton aide maintenant, mais pourrais-tu faire un pas sur le côté à Ervengues ?
- Je peux oui. N’oublie pas que Lyke est mon ami. Je dois veiller sur lui aussi, tu ne crois pas ?


Sourire échangé, puissant dans l’absence de mots qui souligna l’importance des liens solidement tissés entre Lyke et eux.

- Pourquoi Ervengues ?
- Ce sera un début, pour le moins… Ervengues fait partie des endroits qui comptent pour Lyke et moi. Je n’ai pas d’autre piste pour l’instant, alors…
- … alors je vais t’emmener là-bas.


Syndrell accepta de passer une nuit supplémentaire au sein de la confrérie, vaincue par la force de persuasion de Pragon Fliboise, lequel tenait absolument à ce qu’elle se repose véritablement. Et de fait, la marchombre se sentait en pleine forme quand elle prépara ses affaires, deux jours après avoir gagné Fériane ; des nuits complètes et sereines avaient gommé toute trace de fatigue, et ses retrouvailles avec Ciel et Aeden avaient chassé l’angoisse qui pesaient lourds sur ses épaules depuis quelques jours.

Vagabond allait rester à la confrérie jusqu’à ce que Ciel le ramène avc lui à Al-Chen. Syndrell s’occupa donc de son étalon ce matin-là, démêlant sa crinière, brossant son crin, curant ses sabots et le gâtant de mille caresses qu’il s’amusa à quémanda tantôt en lui donnant des coups de têtes, tantôt en soufflant dans ses cheveux.

La marchombre avait revêtu l’armure légère confectionnée par Dil’Duran. Elle passait inaperçue tant elle était subtile. Elle ceignit son baudrier et y fixa Epine, sa rapière, incapable de la laisser en arrière. Il fallait en outre qu’elle s’accoutume à son poids, léger lui aussi mais peu familier, et qu’elle continue de s’entraîner à la manier si elle voulait se montrer digne du talent de Dil’Duran. Elle passa ensuite sa besace en bandoulière ; Pragon Fliboise avait pris soin de compléter son nécessaire de premiers soins. Elle y ajouta ensuite une miche de pain de noix, deux pommes et une gourde, puis glissa son carquois sur son autre épaule et attrapa son arc à la main.

Ainsi parée, elle attendit Ciel dans la cour intérieure de la confrérie. Il la rejoignit accompagné d’un Aeden encore faible sur ses jambes, mais fermement décidé à lui souhaiter bonne chance ; Syndrell le serra dans ses bras en prenant garde de ne pas lui faire mal.


- Je suis contente que tu ailles bien.
- Oui, moi aussi ! C’est gentil d’être venue jusqu’ici. Tu feras gaffe là-bas, hein ?
- Chef, oui chef
!

Aeden lui ébouriffa les cheveux, qu’elle avait laissés détachés pour une fois, puis il se tourna vers Ciel et pressa ses lèvres contre les siennes.

- Reviens vite.
- En un clin d’œil,
promit le dessinateur avant de lui rendre son baiser.

Aeden s’assit précautionneusementsur la margelle en pierre d’une fontaine. Il cligna des yeux.

Ciel et Syndrell avaient déjà disparu.




*



Ervengues.

Syndrell gonfla ses poumons de l’air piquant du sous-bois, puis expira profondément, et se mit en route, empruntant un sentier forestier qui serpentait joyeusement parmi les broussailles. Chaque forêt était différente, et Ervengues était plantée d’imposants rougeoyeurs qui étendaient leurs longues branches au-dessus de sa tête. Des ornières gorgées d’eau prouvaient que la pluie était également passée par ici, mais le ciel était bien dégagé et le soleil réchauffait doucement l’atmosphère, laissant filtrer quelques rais lumineux que Syndrell s’amusait à traverser.

Elle songea qu’il y avait bien longtemps qu’elle n’avait pas voyagé seule, et cette pensée la secoua de ce frisson que seuls les aventuriers connaissent.
Puis elle pensa à Narek, et la solitude lui grignota un peu le cœur.
Ce fut l’image de Lyke qui s’imposa toutefois dans son esprit. Elle avait tendance à se le représenter tel qu’elle l’avait rencontré la première fois, petit garçon timide mais très curieux ; pourtant il était déjà plus grand qu’elle, et la dernière fois qu’elle l’avait vu il était occupé à tailler les premiers poils de son menton avec application. Ce n’était pas encore un homme, et ce n’était plus vraiment un enfant.

Il avait besoin d’elle, cette certitude ne la quittait pas depuis qu’elle le savait loin de l’Académie. Voir son nom sur cette liste avait renforcé cette idée fixe. Il fallait qu’elle les retrouve, Ylléna et lui. D’ailleurs, n’aurait-elle pas dû demander à Erwan de l’accompagner ? Syndrell sauta par-dessus un minuscule ruisseau et dans le même temps abandonna cette perspective. Elle savait son ami fort occupé et puis, c’était le père d’Ylléna ; il devait déjà être en train de la chercher, elle aussi.

Pas un pour rattraper l’autre !

La journée défila tranquillement. Syndrell marchait à bonne allure, pas le moins du monde gênée par son armure souple qui se mouvait sur son corps au gré de ses mouvements, à l’instar d’une seconde peau nuancée de gris. Un peu après midi, elle atteignit le refuge de chasseurs dans lequel Lyke et elles s’étaient abrités, des années plus tôt. Elle inspecta les lieux mais détermina rapidement que le garçon n’était pas là. Nul n’était venu ici depuis un bon moment.

Elle reprit donc sa route et s’approchait de la lisière quand l’écho d’une bataille parvint à ses oreilles. Elle se figea, attentive, pencha la tête sur le côté pour mieux percevoir la situation, estima un nombre relativement léger de combattants, hésita. Il n’était pas toujours bon de se mêler des affaires des autres.

Oui, mais voilà.

Syndrell était affreusement curieuse.

Elle se coula sans bruit dans les broussailles.




*



- Maintenant, achève-le, jeune apprenti, qu’on puisse se tirer d’ici !

L’acier scintille dans un rayon de soleil.
Courbe mortelle.
Qui n’achève pas sa course.

Une flèche siffle et vient se planter dans la main du jeune homme, transperçant la paume au niveau des carpes. La douleur est telle qu’il lâche son arme et se fige, la bouche ouverte, incapable de produire le moindre son. Déjà une autre flèche fend l’air et se fiche dans le sol, aux pieds de la femme qui se fige à son tour.


- La prochaine se logera entre tes jolis yeux si tu fais le moindre geste.

Ce n’est pas une menace, c’est une promesse et la femme l’entend bien ainsi. Sans bouger, elle regarde l’importune qui a osé blesser son élève et gâcher une leçon importante. Des cheveux bleus et des yeux d’or…

- Syndrell Ellasian, crache-t-elle en se raidissant.
- On se connaît ? demande l’intéressée en s’approchant doucement.
- Non. Mais j’ai entendu parler de toi.
- Ah bon ?
- Ouais. On raconte pas mal de choses à ton sujet d’ailleurs. Syndrell Ellasian, la libératrice d’esclaves, celle qui couche avec des Envoleurs et qui leur enseigne la traîtrise…


Au tour de Syndrell de se raidit imperceptiblement. Elle continue d’avancer lentement et finit par se placer entre la femme et Seth, toujours à terre. Quand elle l’a reconnu, son sang n’a fait qu’un tour dans ses veines. Elle devine toute sa souffrance tandis qu’il tremble de douleur et d’épuisement mais elle s’oblige à ne pas le regarder. Si elle quitte la femme des yeux, ce sera terminé.

- Est-ce que tu vas être vexée si je t’avoue que je n’ai absolument aucune idée de qui tu es ?
- Non.
- Tant mieux. Ecoute, ton apprenti est blessé et si tu tentes quoi que ce soit, je tire. Je ne le ferai pas si tu t’en vas maintenant.


Hésitation.

La femme reste parfaitement immobile mais ses yeux passent de Seth à son apprenti, qui serre les lèvres pour contenir un gémissement, son bras serré contre lui, la flèche toujours plantée dans la main. Puis elle reporte son attention sur Syndrell.


- Je te ferai payer ça.
- Si tu veux. En attendant, va-t’en et ne te retourne pas. Tu n’auras pas deux chances.


L’envoleuse soutint le regard de Syndrell une poignée de secondes supplémentaires, puis eut un rictus et pivota.

- Ramène-toi, lança-t-elle à son apprenti, qui ne se fit pas prier.

Son arc toujours bandé, Syndrell les regarda s’éloigner. Elle attendit qu’ils aient complètement disparus, puis attendit encore, tous ses sens en alerte, prête à réagir. Quand elle fut certaine qu’ils ne couraient plus de danger immédiat, elle relâcha doucement la corde et baissa son arme. La flèche retourna dans le carquois. Elle posa un genou à terre et aida Seth à s’asseoir.

- Dans quoi est-ce que tu t’es fourré cette fois ? demanda-t-elle en palpant délicatement, mais avec assurance, le corps tout abimé du garçon.

Les lésions étaient nombreuses, mais la blessure la plus inquiétante était la plaie qui barrait son abdomen. Syndrell n’hésita pas. Elle déboucla le haut de son armure et se débarrassa de la simple chemise qu’elle portait dessous, se retrouvant en brassière et dévoilant la patte de loup tatouée sur son ventre. D’un geste vif, elle déchira quelques bandes de tissu et s’en servit pour bander la plaie.


- C’est un pansement grossier mais c’est tout ce que je peux faire pour le moment et il faut qu’on décampe au plus vite… Voilà. Maintenant, lève-toi. Allez Seth, debout !

Son ton était ferme pour sortir le jeune homme de sa torpeur et l’empêcher de s’évanouir. Elle le soutint quand il se redressa et ils avancèrent vers son cheval. Syndrell dut presque porter Seth pour qu’il se hisse en selle. Elle grimpa derrière lui, passa les bras de chaque côté de sa taille et l’aida à se cramponner aux rênes. Il n’était pas en état de monter mais il allait devoir le faire quand même. C’était une question de survie !

- Je te tiens, lui souffla-t-elle avant de faire avancer leur monture.

Elle le tenait et elle n’allait pas le lâcher de sitôt !

__________________________________________

Murmure dans le vent
Qui file sur les toits
Marchombre



Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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