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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Groupe Uklin - Cours n°2

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Kaünis Gil'Ozh
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MessageSujet: Groupe Uklin - Cours n°2   Dim 17 Juin 2018, 19:01

Un soupir franchit les lèvres de Kaünis alors qu’elle laissait son regard voguer sur l’horizon.
Cela faisait maintenant plus d’un mois qu’elle n’avait pas retrouvé son apprenti – pas quelque chose d’habituel. Avant que Syles ne réapparaisse, elle était avec lui pratiquement tous les jours, avec des pauses d’une semaine ou deux, pas plus.

Il avait progressé, évidemment. Au-delà de ce que quiconque aurait pu prévoir ;  Pas elle. Elle en demandait toujours plus, toujours plus loin, toujours plus fort. Tellement de choses pouvaient être à la portée de celui qui avait la volonté, qui savait pourquoi il faisait les choses, quels étaient ses objectifs.

Elle le savait, car elle était dans cette situation.
Auparavant, elle se contentait souvent de ce qu’elle était ; elle aimait se surpasser, oui, aller plus loin, apprendre plus… Oui.

Mais cela avait pris une autre dimension quand son compagnon avait disparu ; et qu’elle était persuadée que c’était voulu. Elle n’était pas seulement devenue plus forte, plus rapide, plus souple ; elle repoussait ses limites au-delà du raisonnable chaque jour.
Juste pour oublier.
Juste pour vivre une autre vie.

Syles était revenu depuis quelques mois, maintenant. Et elle sentait qu’elle avait déjà ramollis son entraînement ; Kei ne manquerait pas de le remarquer quand il arriverait.
Alors, quoi, maintenant ?

Elle était parvenue au niveau supérieur. Elle cherchait sans cesse des personnes, des combattants, d’autres gens, plus forts qu’elle dans un domaine ou un autre ; juste pour apprendre. Repousser ses limites, pas seulement d’elle-même, mais avec les autres ; se mettre les points sur les i et les barres sur les t seule, se rendre compte que non, ce n’était pas parce que 98% des gens étaient moins rapides qu’elle, avaient moins d’expérience, qu’elle ne pouvait pas mourir demain en prenant un risque inconsidéré.

Elle n’avait plus eu peur de mourir.
Plus depuis deux ans et des brouettes.
Pourquoi avoir peur de crever ? Elle ne laisserait plus rien derrière elle. Ses parents ? Ils vivraient sans elle. Ses apprentis ? Ils trouveraient un autre Maître, sans doute plus conciliant qu’elle.

Et maintenant ?
Maintenant, Syles était de retour.
Et elle ne voulait plus jamais l’oublier ; elle ne voulait pas qu’il l’oublie. Lui, dans sa torture, avait pensé à elle, elle était sa bouée de sauvetage. Et elle ? Elle l’avait mis dans ce coffre, au fond de sa tête, et oublié ce qu’il y avait dans le coffre. Le coffre était là, oh oui. Mais ce qu’il y avait dedans ? Elle ne l’avait plus su.

Et maintenant ?
Elle n’avait toujours pas peur de la mort. Ni de s’abimer pour apprendre toujours plus.
Elle avait juste peur de ce qu’elle laisserait derrière elle. Des conséquences, pour Syles.
Si c’était pas du ramolissage !

Elle secoua la tête, avant de passer les deux jambes par-dessus la rambarde où elle était perchée, et se laissa tomber le long du mur du Domaine.
Une seconde.
Elle ferme les yeux.
Deux secondes.
L’air battait dans ses cheveux, coulait le long de son corps ; la sensation de tomber, de voler, était puissante.
Trois secondes.
Ses doigts crochetèrent une prise, mais elle ne s’y attarda pas ; plutôt que d’essayer d’arrêter sa chute, elle la guida, la ralentit en quelques prises, et ses pieds heurtèrent le sol avec un peu trop d’élan ; l’impact se réverbéra dans ses os et ses hanches, et elle s’en débarrassa en sautant, dissipant son énergie cinétique contre la gravité.  

En fait, Kei était là, et il  l’attendait.
Elle lui adressa un sourire.
- Prêt ?

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Keilan Fil'Areen
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MessageSujet: Re: Groupe Uklin - Cours n°2   Dim 17 Juin 2018, 20:54

J’ai pris goût à la course.

Peut-être est-ce parce que je suis plus endurant, ou bien alors c’est mon corps qui est devenu dépendant, n’empêche qu’il me faut ma dose quotidienne, sans quoi je n’apprécie pas ma journée de la même manière. Et quelle dose ! Quand j’ai commencé à suivre Dolce, je n’étais pas capable de tenir le rythme plus de trente minutes sans point de côté gênant ni crampes douloureuses. Désormais je respire convenablement, et je peux courir une heure et demie avant de sentir mes muscles tirailler.

Un changement radical qui affecte toute mon anatomie. Ma silhouette déjà mince s’est affinée, mes muscles se sont raffermis, tonifiés. Je suis loin d’égaler les élèves en fin de formation mais l’on ne peut plus me prendre pour le nouveau venu.

C’est grâce à elle. Kaünis. Depuis que je m’entraîne à ses côtés, j’ai l’impression de vivre pour de vrai ; chaque jour est un nouveau défi que je relève sans en sortir indemne. Il y a toujours un bleu, une bosse, une fracture, un changement. Des fois c’est une conviction neuve, parfois c’est une certitude qui se renforce. Chaque leçon entraîne une évolution.

Non, une révolution.

Et surtout, il y a des réponses à mes questions. D’accord, la plupart des réponses font naître une dizaine de nouvelles interrogations, ne serait-ce que parce que mon maître n’est pas exactement aussi claire qu’une encyclopédie – je la soupçonne même de faire exprès d’être aussi sibylline. Sauf que j’apprends. J’apprends et je n’ai jamais fini d’apprendre.

Quand je ne vois pas Kaünis, je m’entraîne seul, reproduisant ces rituels qui ont prit une place importante dans ma vie. Je cours, je m’étire, je m’assouplis, je me muscle, j’affronte, j’observe, je prends des coups, j’en donne autant, je nage, je grimpe, je pense. Il y a certaines choses que je faisais déjà avant. Maintenant que j’ai une direction à suivre, c’est plus simple.
Et nettement plus intéressant.

Je voyage, aussi. Poussé par ma curiosité, j’explore mon monde et je rencontre des gens. Explorer est plus facile que rencontrer. J’ai découvert une île, au large du grand Océan. J’ai rencontré une fille qui s’appelle Khamill. Son visage est brûlé. Je suis parti visiter la Passe de la Goule, mais je n’ai croisé aucune goule. J’ai contemplé les Dentelles Vives. J’ai sillonné Ombreuse. J’ai trouvé deux passages secrets dans le Domaine, dont un qui m’a permis d’échapper à ce connard de Teig et à sa bande. Il m’a cassé le bras ce jour-là. Je n’ai pas pu m’en servir avant deux mois.

J’ai rencontré Lwin.

Ce type c’est un squatteur, il n’y a pas d’autre mot ; il a commencé par envahir mon espace personnel et puis il s’est mis à s’inviter à mes séances de course en solitaire. Comme ça. J’étais d’abord ennuyé, ce genre de relation ça me fiche toujours trop de nervosité d’un seul coup. J’ai craqué une fois ou deux. Dix fois peut-être, en vérité. Quand je craque ça fait des dégâts. Ce qui est étrange, c’est que Lwin n’a jamais renoncé, quand d’autres auraient abandonné dès ma première crise.

Non, lui, il a simplement continué de me parler. Il a fini par trouver la distance qui ne me met pas en danger, et la fréquence qui ne me donne pas la sensation d’étouffer. Il surgit toujours dans des moments impromptus, mais il fait en sorte que je le voie arriver. Il ne me tombe pas dessus par surprise. Au Domaine, en dehors de Kaünis, il est la seule personne que je côtoie sans violence mal placée.

Ce matin par contre, je cours pour sauver ma peau.

Ça a l’air d’un entraînement comme ça, surtout à quelques pas du Domaine, mais si je m’arrête, je risque beaucoup plus qu’une ou deux courbatures… si je m’arrête, je meurs. C’est aussi simple que ça. Et c’est de ma faute, j’ai été imprudent, j’ai relâché mon attention cinq minutes – une éternité dont a profité mon ennemi juré. Je n’ai rien contre ce type, vraiment. Il est juste très con sur les bords, et on aurait très bien pu vivre en s’ignorant complètement s’il n’avait pas décidé de me les briser dès le premier jour.

Ça s’est passé juste avant que je parte pour mon entraînement matinal. Je quitte généralement le dortoir deux heures avant l’aube. Teig est un lève tard, et il était supposé être avec son maître depuis deux semaines, raison pour laquelle j’ai baissé ma garde. Erreur fatale. Si Teig est aussi dangereux que pénible, c’est parce qu’il n’agit pas seul. L’un de ses amis a versé quelque chose dans ma gourde.

Point positif : je ne suis pas mort sur le coup.

Point négatif : si mon rythme cardiaque baisse trop, je vais mourir.

Alors je cours. Je cours depuis bientôt trois heures. Je fais la même boucle en espérant que Lwin finisse par se pointer. Quand il m’a vu, il a compris immédiatement. Il aura terminé sa formation d’ici peu, à mon avis, il s’y connait bien en poisons. Je m’accroche à cette idée parce que s’il revient les mains vides ou s’il n’existe pas d’antidote, je ne verrai pas le soleil se coucher.

Connard de Teig.

Mes talons claquent sur le sentier forestier, ma respiration résonne dans l’air frais, le sang bat dans mes veines. Me maintient en vie. Combien de temps, encore ?

Combien de foulées ?

Un sifflement strident. Je lève la tête, aperçois Lwin, perché sur une branche d’arbre ; à mon approche, il se laisse tomber en arrière, seulement suspendu par les genoux, et tend un bras vers le sol. Je passe. Sa main laisse tomber quelque chose dans la mienne. Sans interrompre mon rythme vif, je regarde de quoi il s’agit : c’est une pilule orange.

- Avale !!!

Je m’exécute, fais encore quelques pas puis ralentit et m’arrête enfin. Je n’en peux plus. Mon cœur cogne dans ma poitrine, la sueur m’aveugle, je pose mes mains sur mes genoux pour retrouver mon souffle. Soudain, un haut-le-cœur me déchire le ventre. Je me penche davantage et dégobille dans l’herbe. Ça dure. C’est chiant.

Quand je me redresse, Lwin se tient devant moi. Il me tend une serviette et une outre d’eau.

- C’est fini ?
- Je crois.


J’attrape la serviette et m’essuie le visage, puis la laisse sur mes épaules et porte l’outre à mes lèvres. J’ai soif comme jamais.

- Doucement, vieux…

Je l’ignore et bois tout mon soûl. Ça fait du bien. Ça fait du bien d’être encore en vie !

- Cette fois-ci, il faut lui rendre la monnaie de sa pièce.
- Non.
- Comment ça, « non » ?! Il a essayé de te tuer !


Je ferme l’outre et contourne la flaque de vomi pour faire quelques pas un peu raides. Lwin me rejoint au bout d’un moment.

- Tu vas le laisser te pourrir la vie combien de temps, encore ?
- Pas encore le bon moment.


Lwin ouvre la bouche, prêt à argumenter… et la referme. Ça, c’est ce que j’apprécie avec lui : il sait que quand j’ai quelque chose en tête, ce n’est pas la peine de me faire changer d’avis. En fait, il est curieux, je le sens.

- Où tu vas ? finit-il par demander, son pas s’accordant au mien.
- J’ai faim, dis-je simplement.


* ~ * ~ *



J’ai mangé comme quatre, ce qui est sans doute normal après avoir couru trois heures pour ne pas crever, et puis je suis allé me laver et me changer. Quand je suis passé dans le hall d’entrée, j’ai entraperçu un mouvement furtif, un éclat de cheveux noirs qui m’a fait faire demi-tour. Je suis remonté à toute vitesse au dortoir et j’ai fait mon sac. Je ne possède pas grand-chose, mais il m’est impossible de laisser quoi que ce soit, ici – pas si c’est quelque chose auquel je tiens. J’attrape mon arc et enfile mon carquois. J’ai fait leur acquisition en revenant de mon dernier voyage, au marché d’Al-Jeit ; je m’entraîne chaque jour à tirer sur les cibles qui jouxtent l’arène, sans parvenir réellement à progresser.

Pour finir, j’attache mes cheveux en une queue de cheval qui chatouille ma nuque, laissant quelques mèches trop courtes encadrer mon visage, enfile ma cape de voyage et dévale les escaliers. Je m’arrête dans la cour, regarde autour de moi… puis lève les yeux. Si Kaünis débarque, ce sera forcément de là-haut.

Gagné.

- Prêt ? lance-t-elle quand elle atterrit à mes côtés.

Je croise son regard un peu plus longtemps que d’ordinaire, j’y arrive un peu mieux à présent. Tiens, elle a l’air ennuyée par quelque chose. Je suis assez bon observateur pour le remarquer, mais pas assez empathique pour aller plus loin. Ma réponse ne se fait pas attendre, elle jaillit, force vive et spontanée, haute et clair dans l’air frais et piquant du matin :

- Prêt !

Il y a une heure, j’ai failli mourir.
A présent, je ne pense plus qu’à une seule chose.

Où va-t-on ?

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Kaünis Gil'Ozh
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MessageSujet: Re: Groupe Uklin - Cours n°2   Lun 18 Juin 2018, 20:14

Kaünis sourit en coin quand Kei la fixa plusieurs secondes dans les yeux. Un léger soupir franchit ses lèvres, alors qu'il indiquait qu'il était prêt.
Parfait.
Elle hocha du menton, et se dirigea directement vers les écuries. Ils allaient voyager, et loin, cette fois.

- Prépare un cheval.

Elle-même s'occupa de Voyage. Elle ne l'avait pas emmenée sur le champ de bataille avec Syles, ni nulle part depuis un moment et la jument piaffait d'impatience d'enfin pouvoir sortir du Domaine. Elle la comprenait. Rester ici, c'était un peu déprimant quand même.

Quand elle fut harnachée et prête, Kaünis conduisit sa jument à l'extérieur, laissant Kei les rejoindre quelques instants plus tard. Se hissant souplement sur le dos de sa monture, l'Envoleuse adressa un sourire à son apprenti.

- En route !

*

Une fois sortis de Ombreuse par le Nord, Kaünis laissa les chevaux se cadencer dans un bon trot alors qu'ils pénétraient les Plateaux d'Astariul.
Un frisson la traversa quand elle pensa au champ de bataille. Heureusement, ils ne devraient pas passer près de cet endroit ravagé. Elle se demanda un instant où était Syndrell, avant de secouer la tête : elle s'en fichait au fond, non ? Poussant un soupir, elle se tourna légèrement vers Kei, observant sa posture à cheval, et le corrigea presque aussitôt.

- Les épaules en arrière, les talons vers le bas. Contracte tes abdos pour suivre le mouvement de ton cheval. Voilà. Allez, mets-toi en équilibre sur tes étriers, et suis-nous.
D'un claquement de langue, elle mit Voyage au galop, et la laissa prendre un peu de vitesse sur la longue route qui fuyait vers Al-Poll.... leur première destination.

Alors qu'ils galopaient, Kaünis repéra quelques troncs et buissons sur le côté du chemin, et engagea Voyage sur les obstacles, jetant un coup d'oeil dans son dos pour voir comment Kei s'en sortait.
- Reste souple sur tes chevilles et tes genoux, engage tes abdos, dos droit. Déplie les coudes, tu arraches la bouche de ton cheval là !

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MessageSujet: Re: Groupe Uklin - Cours n°2   Mer 20 Juin 2018, 22:11

Un cheval ? Je hoche la tête, étrangement galvanisé par la perspective qu’un tel ordre laisse entrevoir. Si nous partons à cheval, c’est que nous partons pour un grand voyage. C’est bien. J’ai besoin d’abandonner le Domaine quelques temps. Lwin a sans doute peur de me froisser en s’exprimant franchement mais je sais qu’il me voit comme un pleutre. C’est sans doute pour ça qu’il reste avec moi. Il pense me protéger de Teig et des autres, comme ça. C’est vrai que je lui dois beaucoup, sans lui je serai en train de mourir empoisonné… mais Lwin se trompe.

Je n’ai pas peur.

Mon regard erre sur les hauts murs de la bâtisse tandis que je file vers l’écurie. Je me suis habitué à cet endroit sans m’y attacher pour autant. Je ne m’attache jamais. Si j’ai besoin d’air, c’est surtout parce qu’ici je commence à me sentir à l’étroit. Kaünis m’offre des horizons différents et une liberté à laquelle je goûte bien plus volontiers qu’en étant seul ici. Je n’ai pas encore toutes les réponses à ce sujet mais la réflexion est intéressante…

Préparer un cheval. J’ai beau avoir mis de côté quelques économies, je n’ai pas encore assez d’argent pour m’acheter ne serait-ce qu’une selle. Le Domaine a toutefois cet avantage de proposer un certain nombre de montures à l’usage des apprentis, avantage dont je profite peu ; je sais monter, j’ai appris quand j’étais petit, mais ce n’est pas au cheval que je pense en premier lorsque je dois me déplacer.

Pourtant, mon relationnel avec ces animaux est différent de celui que j’entretiens avec les hommes. Le cheval ne cache pas ses réactions, voilà pourquoi. Je n’ai pas besoin de deviner ce qu’il a dans la tête, ni de me méfier parce qu’il est peut-être en train de dissimuler quelque chose ; je n’ai pas besoin de lui parler avec des mots, et je ne suis pas mal à l’aise quand je croise son regard.

Mes pas me conduisent vers le box de Thunder, la jument mouchetée de gris que j’ai montée lors de mes premières leçons avec Dolce. C’est une bête douce et tranquille qui approche sa grosse tête et souffle dans mes cheveux. J’entre dans son espace, elle m’observe sans cesser de mâchonner son foin. Mes gestes sont lents, calmes, posés. Je suis très précis et méticuleux dans mon travail, tandis que je la prépare.

Lorsque nous sortons tous les deux, Kaünis est déjà là. Sa manière de se mettre en selle, d’un bond souple et gracieux, force ma curiosité. Evidemment, je suis plus lent et plus pataud dans ma tentative, mais une fois en selle je retrouve des sensations qui me sont familières. Je prends le temps de régler les étriers avant de suivre mon maître.

Sans un regard en arrière.



* ~ * ~ *



- Les épaules en arrière, les talons vers le bas. Contracte tes abdos pour suivre le mouvement de ton cheval.

Aussitôt dit, aussitôt fait.

Nous venons de franchir la lisière d’Ombreuse, la sombre et gigantesque forêt qui abrite le Domaine – entre autre chose… Devant nous s’étalent les plaines verdoyantes d’Astariul. Le nord, donc. Kaünis est restée vague sur notre destination mais cela m’est égal : je la suis. Je voyage.

J’apprends.

Et je m’applique. Bien installé sur ma selle, attentif aux commentaires de Kaünis, je rectifie ma posture, cherchant à y mettre du sens pour mieux les retenir. Sans doute parce qu’elle a deviné cette manière de fonctionner, elle précise ses indications, et moi je l’observe, cherchant à copier sa posture, son maintien, impeccables tandis qu’elle chevauche à mes côtés.

- Allez, mets-toi en équilibre sur tes étriers, et suis-nous.

Elle s’élance au galop, je m’élance dans son sillage. Thunder fait quelques bonds un peu désordonnés avant d’adopter un galop plus régulier. On dirait que quelque chose la retient mais…

- Reste souple sur tes chevilles et tes genoux, engage tes abdos, dos droit.

Je détends mes chevilles et mes genoux, redresse les épaules pour faire bouger mon bassin, étend ma colonne vertébrale. Je fais tout ça mais je sens que…

- Déplie les coudes, tu arraches la bouche de ton cheval là !

Ma réaction est brutale. Fauchée en plein élan par cette remarque et les conséquences qu’elle dessine, je lâche pratiquement les rênes. Déboussolée, Thunder fait un brusque écart et je glisse sur la selle, déséquilibré.

Je ne tombe pas.

Je ne tombe pas mais ce n’est pas passé loin. Thunder trotte encore quelques mètres puis s’arrête, les flancs agités, nerveuse. Je suis aussi essoufflé qu’elle alors que je n’ai pas couru. Une dizaine de théories mathématiques tourbillonnent dans ma tête. Je sens, je sais que j’ai les yeux écarquillés et les pupilles dilatées. C’est un peu comme quand je fais une crise de panique, sauf que là ce n’est pas le cas : je ne panique pas vraiment, je suis juste… dépassé.

- Qu’est-ce que… je dois faire ?

Vide. Total et inédit. Plus de théories, plus de calculs, plus d’hypothèses.
Ma tête est vide et je regarde Kaünis.

Apprends-moi…

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MessageSujet: Re: Groupe Uklin - Cours n°2   Dim 24 Juin 2018, 22:48

Un soupir franchit les lèvres de Kaünis quand Kei lâche complètement les rênes. Bon, okay, c’était peut-être à cause des mots employés, n’empêche c’était la vérité.
Il fallait qu’il module juste un peu plus ses réactions…

Parce que là, l’effet boule de neige fut tel qu’il en tomba presque de sa selle, laissant une Thunder complètement surprise sur place.
- Qu’est-ce que… je dois faire ?

L’Envoleuse fronce les sourcils. C’est la première qu’elle entend sa voix vaciller de manière si hésitante. Et son expression lui met la puce à l’oreille, aussi.
Se passant une main dans les cheveux, Kaünis secoua la tête une seconde, avant d’approcher Voyage de Thunder.

- File-moi le bout de ta longe.

Elle attendit qu’il défasse le nœud de sécurité de la longe qui entourait l’encolure de sa jument, puis en prit un bout, lui laissant l’autre.
D’abord, la corde était complètement détendue. Puis, elle commença à la tendre en mettant un léger contact.

- Comme ça, ça doit être ce genre de tension que tu dois avoir pour diriger ta jument. A toi.

Elle relâcha son bras pour le laisser tester la tension.
Quand il y parvint, elle hocha la tête.

- Quand tu auras ton propre cheval, tu pourras avoir des codes beaucoup plus subtils et précis que ça. Là, Thunder est bien dressée, mais elle a beaucoup de cavaliers. Ta posture est importante, mais c’est surtout ce qui te lie à la jument qui doit la guider. Ton intention.

Elle secoua la tête un instant.

- Allez, on repart.


* *

- C’est mieux ! Maintenant, c’est la pratique qui améliorera les choses.

Elle ralentit sa jument en s’asseyant dans sa selle, capta le regard de Kei qui l’observait – et elle n’avait pas besoin de toucher ses rênes pour la repasser au pas. Elle hocha la tête pour elle-même, laissant les chevaux respirer et redescendre en pression – et calmer leur respiration.

Attrapant un dispositif sur le côté de sa selle, elle l’envoya à Kei rapidement, en attrapant un autre. Elle l’enclencha sous ses yeux, et les bouts de bois assemblés devinrent un bâton de un mètre cinquante de long.
Bondissant au sol, laissa sa jument s’arrêter pour brouter à l’abri d’un bosquet, elle invita son apprenti à descendre de sa selle lui aussi.

- Tu sais faire quoi avec un bâton ?

Un sourire étira ses lèvres.

- Okay, on va commencer par : tu essayes de me toucher. Je pose le mien.

Elle lança le sien à deux mètres de ses pieds, puis fit rouler sa tête sur ses épaules, avant de faire face à son apprenti.
- Quand tu veux.

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MessageSujet: Re: Groupe Uklin - Cours n°2   Lun 25 Juin 2018, 23:48

- File-moi un bout de ta longe.

Il me faut plusieurs secondes pour réagir et, lorsque je m’exécute enfin sous le regard vert et intrigué de Kaünis, mes doigts tremblent. Je déglutis pour ravaler mon appréhension. Il arrive que je me retrouve coincé ainsi, bloqué par l’incompréhension, menacé par le doute ; quand je suis dans cet état, certains choisissent de s’emporter, de hurler pour se faire entendre. D’autres restent calme et me tendent une main secourable.

Kaünis fait partie de cette seconde catégorie.

Sans rien dire, elle attrape le lien que je lui tends et le laisse pendre lâchement entre nous, puis elle tire tout doucement, exerçant une tension qui raffermit le lien sans à-coup ni violence. Les yeux fixés sur ses doigts fins qui recommencent la manœuvre, je ne me rends pas compte que ces quelques secondes de silence apaisaient les battements frénétiques de mon cœur.

- Comme ça, ça doit être ce genre de tension que tu dois avoir pour diriger ta jument. A toi.

La tension se relâche, le lien retombe, seulement maintenu par ses extrémités. Je tire dessus, délicatement, attentif à ne pas aller trop vite ni trop fort. Au bout de trois essais qui s’avèrent plutôt concluants, Kaünis me rend la longe et hoche la tête :

- Quand tu auras ton propre cheval, tu pourras avoir des codes beaucoup plus subtiles et précis que ça. Là, Thunder est bien dressée, mais elle a beaucoup de cavaliers. Ta posture est importante, mais c’est surtout ce qui te lie à la jument qui doit te guider. Ton intention. Allez, on repart.

Mon intention ?

Elle s’engage au pas sur le sentier mais je ne l’imite pas immédiatement, focalisé sur cette idée. Mon regard va de mes mains, qui tiennent les rênes à la tête de Thunder, laquelle agite une oreille, visiblement impatiente de rejoindre les autres. Je finis par la laisser avancer. Mes doigts sont fermes, mais la pression est légère sur le lien qui me permet de la guider. Doucement, délicatement, je module cette tension et ma souplesse toute neuve semble plaire à ma compagne, car elle piaffe de joie.

Mon intention.

Celle qui me pousse vers l’horizon, qui me donne envie de me dépasser, de donner mon maximum ; celle qui me laisse tantôt vif, tantôt songeur et que je place dans la confiance qui me lie à Thunder. Elle perçoit le changement, son pas est plus serein.
Mon souffle aussi.

- C’est mieux ! Maintenant, c’est la pratique qui améliorera les choses.

Je comprends que, si je souhaite progresser dans ce domaine, je dois monter plus souvent ; je m’en fais la promesse, de retour à l’école, Thunder et moi partirons régulièrement en balade.

Mon maître et moi chevauchons un moment à travers la plaine. Un vent chaud danse dans les cheveux qui chatouillent mon cou et agite mes vêtements. Je sens mes muscles qui travaillent, mais moins que tout à l’heure : je suis plus décontracté. Pas complètement mais comme l’a dit Kaünis : c’est mieux qu’avant. Je la regarde changer sa position et aussitôt sa monture ralentit son allure. C’est absolument fascinant.

Et un petit peu agaçant, aussi.

Je ramène Thunder au pas en appliquant la douceur nouvellement acquise, puis j’attrape au vol ce que mon maître me lance sans sommation – un bâton. Un bâton fait de trois parties qu’il faut assembler pour obtenir la forme finale. Je l’imite dans sa manœuvre, mais ne parviens pas à mettre pied à terre avec la souplesse et la grâce dont elle fait preuve à chaque instant.

- Tu sais quoi faire avec un bâton ?

Je hausse un sourcil. C’est une véritable question ?

- Donner des coups.

C’est ce qui me vient d’abord en tête, même si d’autres idées s’ajoutent rapidement à la première : prendre appui pour frapper des deux pieds, prendre appui pour sauter par-dessus un espace large…

- Okay, on va commencer par : tu essayes de me toucher. Je pose le mien.

Joignant le geste à la parole, elle abandonne son arme et me fait face. Je reste perplexe un bref instant, me demandant si je dois tenir le bâton en son milieu ou bien vers le bas, à la manière d’un sabre. L’objet est assez léger : vitesse et précision seront donc de mise dans cet exercice.

- Quand tu veux.

A peine a-t-elle achevé sa phrase que je bondis en avant. J’ai travaillé mon jeu de jambes en son absence, sachant comment avancer sans perdre de vitesse en « fioritures » gestuelles, comment planter mes pieds dans le sol pour solidifier mes appuis, comment pivoter le buste pour que la rotation des hanches donne suffisamment d’élan à la frappe… Le bâton siffle en passant près de la tête de l’envoleuse.

J’ai dit « près » ?

Il y avait un monde entre le bois de mon arme et le front de mon maître. Un monde creusé par l’inexpérience et le manque d’audace. Si le temps comblera la première, je m’occupe du second en ne perdant pas de temps à réfléchir : encore dans mon élan, je fais pivoter le bâton, que je tiens au milieu des deux mains, et le laisse glisser entre mes paumes. Son autre extrémité frôle cette fois-ci le menton de Kaünis. Et cette fois c’est sûr.

Il y avait moins d’un monde.

Je me replace et plisse les yeux, attentif. Je suis sûr qu’il y a un moyen de la toucher pour de bon. Je l’observe un instant, et tout s’éclaire quand je repense à ses conseils. Mon intention ! J’ignore si c’est la bonne réponse mais en tout cas, il y a une clé à convoiter dans cette idée. Je fait tourner le bâton entre mes mains, me place en garde.

Vitesse.
Précision.
Intention.

Je bondis à nouveau et cette fois, lorsque ma première tentative échoue de la même manière que la dernière fois, je grogne et sépare mon arme en deux. Désormais armé de deux bâtons plus courts au lieu d’un long, je pivote à toute vitesse. Celui que je tiens dans la main droite est aisément paré. Celui que je tiens dans la main gauche donne un petit coup dans l’épaule de Kaünis.

Touchée !

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MessageSujet: Re: Groupe Uklin - Cours n°2   Mar 25 Sep 2018, 17:34

Un sourire sur les lèvres, Kaünis observe avec attention les mouvements de Kei. Oui, tout se joue dans l’intention. L’intention de surprendre autant que l’intention d’un mouvement ; le corps entier peut la clamer, ou seulement les yeux. Apprendre à jouer de ses intentions, de ses propres intentions, ça devient vital, surtout dans un combat.

Amusée par l’audace de son apprenti, l’Envoleuse lâche un éclat de rire en attrapant le bout de bâton à sa gauche, s’amuse de voir la lueur de satisfaction dans les yeux de Kei, mais le temps que le deuxième bout de bâton vienne taper contre son épaule, elle a relevé le coude et saisi l’arme en plaquant son poignet contre, utilise son élan pour tourner et tourbillonner, entraînant un instant son apprenti toujours accroché au bout de bois.

Faisant tourner le bâton entre ses doigts, elle observe Kei, et hoche la tête.
- Pas mal.
Il s’est entraîné pendant son absence, ça lui plait. Encore une fois, ce gamin n’est pas de ceux qui se laissent porter par le fil de la vie ; il l’empoigne et décide de vivre son monde ; de natter sa propre corde sur laquelle il allait danser.

Kaünis lance le bout de bâton à son apprenti et attrape le sien. Un léger sourire sur les lèvres, elle lui fait un signe du menton pour lui demander de lâcher son assemblage, et elle se met en position d’attaque.

- Prêt ?
Un pas.
Un geste.
Touché.

Elle romp le pas, recommence.
Oh, il va se retrouver avec tout plein de bleus. Elle s’en fiche. Agir, c’est bien. Réagir, c’est différent. Alors, elle frappe, et elle n’y va pas de main morte.


* *  


- Okay, j’arrête. Elle laisse le bout de son bâton redescendre vers le sol, pousse un soupir. Du bout du pied, elle fait rouler la seconde arme vers Kei. Attrape. Défends-toi.

Ouais, ça fait une heure qu’elle le pousse. Et alors ?
‘Faut bien pousser l’endurance. Mentale et physique.

C’est loin d’être fini.

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MessageSujet: Re: Groupe Uklin - Cours n°2   Ven 05 Oct 2018, 06:44

« Prêt ? »

Jamais j’aurais pu imaginer que ce mot-là, je le détesterais un jour. C’est bel et bien le cas pourtant : je hais ce terme, je l’exècre à l’excès tandis que je lutte pour rester debout – et pour parer les frappes de Kaünis. Il y a un moment que mon maître me tape dessus. Vingt minutes ? Plus, j’en suis sûr, beaucoup plus, mais j’ai perdu le compte. Et je ne parle pas du nombre de coups reçus depuis le début.

Ma lèvre saigne. Ah, je n’ai pas été frappé à cet endroit-là, même si elle n’épargne pas le visage (en témoignent mon œil gauche qui se ferme et mon menton sensible) ; c’est juste que je me la mords chaque fois que je rate une parade. Le goût du sang, c’est le goût de mon échec : âcre et ferrugineux. Oui, mais tant que je suis encore debout, l’échec n’est pas total, n’est-ce pas ? Sinon, elle aurait arrêté depuis longtemps déjà.

Ses gestes sont précis, économes. Elle ne se perd pas en fioritures ni en paroles inutiles, son regard parle pour elle. Je réalise un peu bêtement qu’en plein combat, je n’ai aucun mal à croiser son regard, à plonger dans le vert marécageux de ses yeux frangés de longs cils noirs… peut-être parce que mon attention est ailleurs. Vers ses mains qui manient le bâton avec une redoutable dextérité. Vers ses jambes qui ne trahissent jamais le moindre mouvement.

Vers le bâton.

C’est lui que je dois appréhender. Si je persiste à utiliser mon corps pour le bloquer, je vais finir par me briser les os. Kaünis ne semble pas du genre à s’arrêter pour ce genre de « broutille ». Il faut que je me débrouille, et vite ! Nouvelle frappe. Mon épaule irradie de douleur et je vacille, avant de me replacer en garde.

Il faut que je me débrouille.

Cette fois-ci, quand le bâton vient chatouiller mes côtes, je pivote sur mes talons et la frappe devient une simple caresse. Une pièce du puzzle est en train de se mettre en place, je fronce les sourcils et… je recule, sonné par le coup qui vient de me percuter au niveau de la tempe gauche. Je vois deux Kaünis maintenant. C’est mal parti.

Mon souffle est rapide, mais je ne suis pas en train de cracher mes poumons comme la dernière fois, preuve que mon entraînement à la course commence à porter ses fruits ; j’ai mal partout, voir mon maître en double n’arrange pas les choses et les trois prochaines frappes sont franchement douloureuses, mais ce n’est pas grave. Je viens de comprendre quelque chose.

C’est essentiel.

De nouveau, elle vient vers moi. Je plonge sur le côté, roule, me relève en glissant et me replace face à elle. Oui ! J’ai compris ! Je peux esquiver certains coups, j’en suis capable ; mon corps mince et ma rapidité qui gagne du terrain depuis le début de ma formation me permettent ce genre de parade : il me suffit de partir au bon moment. D’anticiper légèrement le coup en me basant sur la posture de Kaünis. Ce n’est pas aussi lisible qu’il le faudrait et je suis sûr qu’elle me laisse volontairement quelques indices, mais tant pis, je prends.

J’ai une opportunité, je la saisis !


* ~ * ~ *


- Okay, j’arrête.

Quoi ?

Incrédule, j’essuie d’un revers du bras la sueur qui emperle mon front. Déjà ? D’accord, je dois avoir piètre allure, couvert de bleus et de bosses, mais interrompre l’exercice alors que je viens à peine de comprendre comment…

… le bâton vole dans ma direction.

- Attrape. Défends-toi.

A peine mes doigts ce sont-ils refermés sur le morceau de bois qu’elle passe à l’action, beaucoup plus vive qu’auparavant. Mince, je ne pensais pas que c’était possible, ça. Du coup, je me mange un premier coup dans les côtes. Elles protestent énergiquement, déjà trop sensibles, à tel point que respirer me demande un effort certain.

Une drôle de colère flambe alors dans mes veines, mêlée à une excitation que je n’éprouve que dans ces moments de formation à la dure. Est-ce le plaisir du défi ? L’ivresse du combat ? L’adrénaline ? Notre échange prend de la hauteur tandis que les ombres s’étirent doucement. Je trébuche sur un méplat, me rattrape de justesse, parvient à bloquer le bâton qui fuse aussitôt vers ma tête… Mes actions semblent désespérées, mais je peux affirmer qu’elles sont déjà moins brouillonnes que la dernière fois. C’est plus propre, tout ça.

Plus franc.

Pour éviter une nouvelle attaque, je laisse tomber un genou à terre et ploie mon corps tout entier. Je l’ai déjà vue faire ça, j’ai eu envie d’essayer. Son bâton frôle mon visage et le bout défait écorche ma joue au passage. C’est pas parfait, mais ça a été utile quand même. Satisfait, je roule dans l’herbe et me redresse, prêt à en démordre encore.

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