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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Groupe Kabay - cours n°2

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - cours n°2   Dim 04 Nov 2018, 12:06


Voilà, c’est ça.

Ils sont dans le temps. Tous les deux. Elle tourbillonne si lentement qu’on peut voir la poussière que son mouvement soulève, et le scintillement irisé des minuscules gouttes de sueur qui volent. Il s’enroule autour d’elle si doucement que c’est aussi léger qu’un pas de danse. Le monde sembla avoir ralenti sa course rien que pour cet instant. Une seconde.

Une éternité.

Et puis…  tout recommence.
Le monde tourne à nouveau.
Reprend son souffle.




*



Ils se figèrent à nouveau, tremblants, pantelants, serrés dans une étreinte mortelle. Elle l’aurait été s’ils avaient possédé de véritables armes… et ils auraient sacrément douillé tous les deux. Syndrell aurait été méchamment coupée au niveau des côtes. Jamais en reste, elle aurait quand même rendu la pareille à son adversaire, car dans son improbable torsion qui l’avait fait se retourner, elle avait soudain replié son bras, le ramenant à sa poitrine pour laisser passer la lame juste sous son aisselle – la pointe était appuyée dans l’aine d’Erhan, lourde de sens.

C’était un joli match nul !

Enfin, pas vraiment. La première, Syndrell rompit l’échange, salua son élève d’un signe de tête… et se laissa glisser au sol. Elle s’allongea sur le dos, à bout de souffle. Un instant plus tard, il était couché à son côté. Comme elle avait toujours du mal à formuler quelque chose, elle trouva la force de lui donner un léger coup de coude. Il voulait tout dire et elle espérait que le message était passé.

Bien joué, Erhan Arfas !

Alors que seul le bruit de leurs respirations rapides s’élevait dans la pièce, un rugissement retentit soudain, couvrant même le bruit de la pluie qui tambourinait presque aussi fort que leur cœur dans leur poitrine :


- Alors ça, c’était carrément trop terrible !!!



*



Ollie avait un nouveau héros, et celui-ci s’appelait Erhan ! Il passa le déjeuner à raconter à sa famille comment le jeune homme bougeait, ça faisait « pfffuit et vlan et tchac et pffffuit encore plus vite » et c’était décidément très, très impressionnant. Derfan bouda, déçu d’avoir raté le spectacle, et Tanank aussi, un peu, parce qu’il aimait bien être le (seul) héros de son fils.

Manger quelque chose redonna des forces aux deux marchombres. Avant de descendre, ils avaient étiré soigneusement leurs muscles pour éviter de vilaines courbatures. A présent, l’après-midi se déroulait tout aussi lentement que la matinée, tandis que dehors la tempête poursuivait sa mission de désolation. Syndrell accorda un peu de temps à Erhan. Elle devinait qu’il avait besoin d’intégrer les progrès réalisés tant dans sa manière de combattre que d’appréhender le monde, et puis, elle avait besoin de parler à son ami.

Elle retrouva Tanank dans son atelier. Il était occupé à travailler quand elle entra dans la pièce envahie par l’odeur du bois et de la cire, aussi commença-t-elle par déambuler tranquillement, son regard vif attiré par une figurine, par un meuble ou une création inachevée. Elle réalisa que tailler le bois, c’était parfois presque comme souffler le verre : minutie, patience, rigueur et délicatesse étaient de mise dans cet artisanat qui, à la manière d’un dessinateur, faisait basculer dans la réalité un éclat d’imagination.


- Qu’est-ce que c’est ? s’enquit-elle en se penchant par-dessus l’épaule de l’éleveur.
- Un cheval. Le cinquantième, au moins, mais Derfan en raffole.
- Tu as une famille merveilleuse.


Lentement, Tanank posa sa pièce de bois et son couteau, puis il pivota sur son tabouret et leva les yeux vers elle. Cora était la femme de sa vie, l’évidence se passait de mots. Toutefois, il savait que pour l’éternité il était condamné à ressentir ce minuscule pincement au cœur quand il regardait Syndrell. Il avait été amoureux d’elle. Son avenir s’était un jour coloré d’or et de bleu, quand elle était venu se réfugier chez lui après avoir quitté Dolce.

Mais elle était repartie.


- Ton Erhan n’est pas mal non plus.

Il s’amusa de trouver, dans l’expression de Syndrell, le même genre de ravissement que lorsque lui-même évoquait ses enfants.

- Je suis content de te retrouver, murmura-t-il enfin.
- Moi aussi, Tan'.

Ils savaient tous les deux qu’elle s’était éloignée pour la simple et bonne raison que si elle était restée ici, leur amitié aurait changé. Dans le bon sens ou pas, ce n’était pas la question ; Syndrell avait tout simplement pris son envol, et Tanank l’avait laissée regagner sa liberté. C’était une belle preuve d’amour, dans les deux cas, et forcer était de constater que cela avait consolidé des liens déjà puissants.

- Installe-toi ! proposa Tanank en désignant un autre tabouret. Et à présent, dis-moi ce qui te tracasse.
- Qu’est-ce qui te dit que…


Il lui jeta un regard qui la mettait au défi de s’engager sur cette voie, aussi la marchombre leva-t-elle les mains, paumes tournées vers lui, et s’assit en riant.

- D’accord ! Tu as gagné ! Pas la peine de me tirer les vers du nez, je vais t’expliquer.

Ça dura un petit moment.

Si elle avait d’abord envisagé de rester brève et d’aller à l’essentiel, Syndrell s’ouvrit finalement bien plus que prévu, encouragée par l’attention dont son ami faisait preuve et rassurée par sa présence. Elle ne trahit bien sûr aucun des secrets de sa guilde, ni n’insista sur les événements qui l’avaient conduite dans le nord, sur un champ de bataille en compagnie d’Envoleurs et de Mentaïs.

En revanche, elle lui parla beaucoup de Lyke et des métamorphes. Tanank en savait déjà beaucoup, en réalité. Par le passé, il avait eu l’occasion de rencontrer Erwan, lorsque celui-ci avait sauvé Syndrell d’extrême justesse après qu’elle fut tombée dans un piège tendu par Vanora ; il n’avait pas vu le jaguar, mais dans les délires de la fièvre, Syndrell l’avait évoqué à plusieurs reprises.


- Attends, attends, intervint-il pour la première fois en fronçant les sourcils. Lyke est un métamorphe, lui aussi ?
- Oui.
- Ouah.
- Comme tu dis ! Ce n’est pas tout : il n’est pas contraint par une seule forme, il peut choisir.
- C’est incroyable…
- Mais c’est vrai. Le problème, c’est qu’il n’est plus en sécurité. Des gens en veulent aux métamorphes, c’est ce qui m’a conduite sur les traces de Kunst, la maman de Lyke, et c’est comme ça que je suis arrivée là-bas, à Ezadrah…

Tanank frissonna. Il n’avait eu qu’un rapide aperçu de ce qu’avait pu vivre la marchombre dans le Désert des Murmures et ça lui suffisait amplement. Les esclaves avaient toutefois été libérés et Onku, le principal responsable, avait péri de la main de Syndrell…

- D’où vient le danger, alors ?
- De partout. C’est difficile à expliquer… Onku n’oeuvrait pas seul, il avait pris soin de transmettre ses principes tordus à d’autres personnes. Ce sont ces personnages qui traquent Lyke aujourd’hui, ainsi que tous les gens capables de se changer en animal. Les miens sont sur le qui-vive.
- Toi aussi.
- Oui.


L’éleveur soupira. Il comprenait mieux d’où venait l’ombre qui voilait parfois le regard de son amie.

- Je ne peux sans doute pas faire grand-chose, mais si tu as besoin de moi, n’hésite pas, déclara-t-il. S’il faut cacher Lyke…
- Je ne mettrai jamais ta famille en danger,
souffla Syndrell.
- Je sais ! Mais si la tienne l’est, je veux t’aider. Et je le ferai. Compris ?

Syndrell se mordit la lèvre et hocha la tête.

- La nuit tombe. Je peux t’emprunter ton ombre le temps de m’occuper des bêtes ?

Son ombre… Un sourire illumina le visage de Syndrell et chassa les dernières traces d’inquiétude. Elle trouvait que c’était une belle façon de parler d’Erhan. Encore que.

- Pas ombre, murmura-t-elle, le cœur battant. Marchombre.



*



- Suis-moi.

Après mangé, ils s’étaient à nouveau réunis devant la cheminée, cette fois-ci pour jouer aux cartes, et la soirée s’était déroulée dans la joie et la bonne humeur. Ollie n’avait pas quitté Erhan d’une semelle. Les deux garçons étaient ensuite partis se coucher, laissant les adultes discuter tranquillement autour d’une infusion, et puis Tanank et Cora étaient partis dormir à leur tour.

Mais Syndrell n’avait pas encore sommeil.

Elle passa devant Erhan et monta dans la salle de jeu, désormais sombre et silencieuse. Elle attrapa une couverture pelucheuse et, sans un mot, ouvrit l’une des fenêtres du toit ; elle s’y faufila pour se hisser souplement sur les tuiles encore humides. La pluie s’était enfin arrêtée, les rafales s’étaient changées en brise, la tempête avait perdu son souffle. Poussés par le vent toute la journée, les nuages avaient déserté le ciel.

Syndrell s’assit et leva les yeux vers la voute éthérée et piquetée d’étoiles. Elle attendit qu’Erhan se soit assis près d’elle pour rabattre la couverture sur eux. Leurs épaules, leurs hanches et leurs genoux se touchaient, mais elle ne perçut pas la tension habituelle chez son élève, soit parce qu’il avait trop froid pour refuser un peu de chaleur, soit parce qu’il avait aussi fait un bond en avant dans sa façon d’appréhender l’autre.


- Demain, on reprend la route.

Elle avait parlé doucement, les yeux toujours perdus dans les étoiles. Maintenant que la tempête était finie, rien ne les retenait plus ici.

- Nous allons mettre le cap sur Al-Chen.

Ce n’était pas une destination très exotique, mais Erhan devait déjà avoir compris que voyager en sa compagnie rendait tout un peu moins banal ! Elle sourit, imaginant déjà ce qu’elle allait lui enseigner dans les jours à venir, mais son expression redevint grave quand elle baissa la tête afin de regarder droit devant elle, dans les ombres de la plaine.

- Ahn-Ju, murmura-t-elle alors. Tu sais ce que c’est ?
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Erhan Arfas
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - cours n°2   Lun 05 Nov 2018, 10:39

Épuisé, il se laisse tomber sur le plancher, le regard tourné vers une des fenêtres sans même la voir. Il a tout donné, mais une égalité, c’est tout ce qu’il aurait pu espérer. Un agréable sentiment de réussite a envahi son esprit bien malgré lui ; il ne se souvient pas d’avoir ressenti ça depuis bien longtemps.

Il en est certain maintenant.

Cette nouvelle vie qui s’offre à lui, il veut l’explorer sous tous les angles. L’hésitation qui le titille depuis qu’il a commencé à arpenter la Voie disparaît, remplacé par la volonté de définitivement mettre fin à ses doutes.

« Marchombre ».

Il sourit, et continue de le faire quand un petit coup de coude-compliment vient lui tapoter les côtes.



***


Erhan a été suivi par Ollie toute la journée dans ses moindres allers-retours dans la maison. Le garçon semble s’être pris d’admiration pour lui après l’avoir vu à l’œuvre contre Syndrell. Même s’il trouve ça bizarre de sa part — lui aurait plutôt été fan du style insaisissable de son maître —, il ne peut s’empêcher de se sentir flatté.

— Hé, dis, tu m’apprendras à faire le coup comme ça, là, le vlaaan-bam !

Ollie mime maladroitement un coup d’épée avec ses bras. Erhan sourit :

— Oui, si tu veux. Mais je ne suis pas si…
— Et le tchac, comme ça ? Paf !
— Attention-
— Tu m’apprendras, hein ?
— Oui, oui… lâche Erhan, rassuré d’avoir rattrapé in extremis le vase qu’Ollie a envoyé valser sans s’en rendre compte.

Inutile de lui expliquer qu’il est un bien piètre professeur ; l’admiration du petit garçon fait plaisir à voir mais ne semble pas autoriser Erhan à briser ses rêves. De toute façon, lui avouer ça n’aurait sans doute rien changer à sa façon un peu trop héroïque de le voir.

Comme la pluie et le vent continuent de tomber et de souffler à l’extérieur, il n’y a pas grand-chose à faire. Ollie invite Erhan et Derfan à aller dans la salle de jeu ; le garçon les suit sous le regard amusé de Cora.

Plutôt fatigué, Erhan met toutefois un peu de cœur à l’ouvrage quand il est censé jouer le chevalier alors que Derfan a été choisi pour faire le méchant pirate ; Ollie, lui, est perché sur un des fauteuils et donne des ordres en riant comme un petit fou, accaparé par son rôle. Rôle qui consiste à dire aux deux autres quoi faire et comment.

Erhan a l’impression d’être en train d’obéir à l’organisateur d’un combat de chiens, mais qu’importe ; il s’amuse un peu, et les jumeaux aussi.

C’est finalement Tanank qui met fin au rude combat juste avant que Derfan n’égorge fictivement Erhan ; le jeune homme se relève, laisse tomber ses déguisements, et suit le père de famille qui requiert de nouveau son aide.

Même si c’est du travail qui l’attend, il ne peut s’empêcher de se dire que ce sera moins épuisant que de nouveaux duels à l’épée.



***


Le soir est tombé, et la maisonnée s’est endormie ; Erhan a retenu de nombreux bâillements dans la soirée, et il aurait bien envie lui aussi de s’endormir. Mais quand Syndrell lui demande de le suivre, il sent à son ton que c’est important ; et même si ça ne l’avait pas été, il aurait obéi.

Ils rejoignent la salle de jeu. Erhan craint pendant un instant qu’il ne doive subir un autre entraînement. Mais Syndrell attrape une couverture et en quelques mouvements, se hisse par une fenêtre ouverte dans le toit. Alors que les cheveux bleus de la marchombre disparaisse pour être remplacé par le ciel nocturne, Erhan grimpe à son tour.

Elle est assise sur les tuiles, le regard levé vers les étoiles. Erhan suit son regard et ses pupilles se perdent quelques secondes dans les volutes d’une belle nébuleuse ; avant qu’il ne secoue la tête pour se réveiller et s’installer près de son maître.

La couverture virevolte et se rabat sur eux deux. Il l’accueille avec joie en se rendant compte à quel point il fait froid. Le tissu lui donne l’impression d’être dans une couette, et la chaleur de Syndrell lui rappelle un instant le feu de cheminée qui l’attend en bas, mais il est déterminé à essayer de garder les yeux grands ouverts.

— Demain, on reprend la route. Nous allons mettre le cap sur Al-Chen.

Surpris, il tourne la tête vers elle, et aperçoit dans la pénombre ses yeux dorés. Al-Chen.

La seule grande ville qu’il connaît un peu s’il exclue Al-Far. C’est là-bas qu’il a rencontré Lohan, une rencontre assez musclée d’ailleurs, et là-bas qu’il a aidé Hièlstan pour un accouchement — et de ça, il s’en souviendra longtemps.

Il est à la fois rassuré de retourner dans un endroit connu, et déçu de ne pas voyager plus loin. Mais finalement, ça importe peu. S’il peut continuer à explorer la Voie, n’importe quel endroit lui convient.

Il tourne son regard vers le ciel étoilé, rêveur et imaginant difficilement ce qui peut encore l’attendre.

— Ahn-Ju, chuchota-t-elle. Tu sais ce que c’est ?

Il fronce les sourcils ; et répond à son tour dans un murmure.

— Non…
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - cours n°2   Lun 05 Nov 2018, 18:51

- Un autre bond en avant. Ne fais pas cette tête-là ! Je vais t'expliquer :

L'Ahn-Ju c'est d'abord une évaluation. Trois maîtres marchombres proposent chacun une épreuve à l'apprenti qui se présente, et ils l'évaluent. Inflexibles, intransigeants, ils sont à l'affût des failles et à la recherche de l'excellence.

C'est ensuite un choix : l'Ahn-Ju n'est pas une épreuve obligatoire ni un passage obligé dans la formation. Le marchombre qui ne souhaite pas la tenter ou qui échoue est et sera toujours un marchombre. C'est toutefois la seule façon d'accéder un jour au rang de maître afin de guider un apprenti.

C'est aussi un risque énorme. Les épreuves sont rudes, dangereuses, parfois mortelles.

Enfin, c'est un moyen : celui d'obtenir le droit de solliciter la greffe.

Tu me suis ?

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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - cours n°2   Lun 05 Nov 2018, 19:47

- Je me vois mal devenir maître, mais... pourquoi pas...

Une... greffe ? Qu'est-ce que c'est ?
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - cours n°2   Lun 05 Nov 2018, 20:42

- Je me disais la même chose quand mon maître m'a parlé d'enseigner ! Heureusement que la vie m'a donné tort, nous ne nous serions jamais trouvés, sinon...

La greffe c'est... difficile à mettre en mots. Certains marchombres te parleront d'opportunité unique, d'autres évoqueront l'apanage de l'élite ; moi, je te dis simplement que c'est une page très jolie dans l'aventure d'une vie, et que cette page, une fois tournée, change un marchombre dans l'histoire même de son âme.

Je sais, je sais ! De la poésie, encore et toujours ! La Voie des Marchombres en est pavée, Erhan, parce que les mots nous offrent cette chance d'ouvrir des porte sur l'infini...

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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - cours n°2   Lun 05 Nov 2018, 21:09

(sourire)

- Je... je vois. Toujours aussi énigmatique, mais... si c'est une étape de plus sur la Voie, je suppose que j'essaierai.

Je n'ai plus très envie de faire passer mes doutes avant mes envies, je veux mieux comprendre ce que c'est, qu'être marchombre...


(pique du nez avant de sursauter)

Cette journée était bien remplie...
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - cours n°2   Mar 06 Nov 2018, 11:06

Syndrell éclata de rire.

- Au dodo alors ! Des journées comme celles-ci nous attendent, entre les deux il faut récupérer un peu !

Elle se croyait aussi épuisée qu’Erhan, pourtant, quand ils se blottirent sous leurs couvertures près de la cheminée, la marchombre mit longtemps à trouver le sommeil. Allongée dans la pénombre, elle réfléchissait, l’esprit tourmenté par mille pensées. Une pointe d’inquiétude la taraudait. Elle avait parlé de la greffe à Erhan, sans entrer toutefois dans les détails, et elle se demandait si elle avait bien fait, étant donné que pour l’heure, l’accès au Rentaï était fermé.

Sans y faire attention, elle caressait la peau lisse de son avant-bras gauche. La greffe. Fondement ou ouverture ? Nécessité, ou possibilité ? Elle n’avait pas menti tout à l’heure : son histoire n’était plus tout à fait la même depuis que le Rentaï lui avait accordé la greffe. Elle plissa les yeux pour retrouver les souvenirs de son passage à l’Ahn-Ju. Miss lui avait insufflé tellement de confiance.

Parviendrait-elle à donner ce même élan à Erhan ? Sans réponse, elle écouta un moment la respiration calme et légère de son élève. Finalement, elle se roula en boule, les genoux repliés contre sa poitrine, et ses pensées obliquèrent vers Narek. Un sourire dansa sur ses lèvres.

Elle s’endormit.




*



- Debout, marmotte ! fit Syndrell en secouant doucement son apprenti par l’épaule. Tanank t’attends au pré. Je vais faire nos sacs. On se retrouve derrière la maison !

Elle se redressa et se dirigea vers la cuisine pour aider Cora à préparer le petit-déjeuner. En chemin, elle croisa Ollie, les cheveux en pétards et les yeux encore brillants de sommeil.

- Il est où Erhan ? demanda-t-il, plein d’espoir.

Pour toute réponse, Syndrell désigna le salon du pouce, dans son dos, et ricana en voyant le garçon filer dans la direction indiquée. Si Erhan avait commis l’erreur de se rendormir, il allait vite le regretter !


- Qu’est-ce qui t’amuse à ce point ? s’enquit Cora quand elle la rejoignit dans la cuisine.
- Ton fils.
- Lequel ? Le gros dur, ou le petit tendre ?
- Le petit tendre, celui qui a un faible pour Erhan !


Cora rit à son tour sans cesser de verser de l’eau chaude dans des tasses. La pièce sentait bon le pain et les épices. Une marmite chauffait doucement le repas du midi. Syndrell attrapa un couteau et commença à couper quelques tranches d’une miche aux céréales.

- Vous allez leur manquer.
- C’est réciproque ! Ils sont chouettes, vos enfants.


Un peu brusquement, Syndrell se rappela de sa discussion animée avec Narek, la dernière fois qu’ils s’étaient vus. Elle lui avait avoué souhaiter devenir maman, un jour. Sans préciser quand. Il lui avait fallu digérer cette nouvelle avait d’en faire son projet à son tour… Le souvenir colora les joues de la marchombre et la distraction qu’il causa fit ralentir les mouvements du couteau. Fine observatrice, Cora sourit.

- Je vais t’aider à préparer un sac de vivres, proposa-t-elle gentiment. Tu aimes les galettes de niam ?

L’éclat de gourmandise qui flamboya dans le regard de Syndrell parla pour elle.



*



Tanank attendait Erhan en chargeant du fourrage dans les mangeoires extérieures. Il maniait sa fourche avec dextérité, précis dans ses gestes et efficace dans sa méthode. Galmore bondissait à ses côtés, chassant un papillon qui avait eu l’audace de venir se poser sur sa truffe pendant sa sieste matinale. Jujula et Anili, les deux vaches les plus âgées du troupeau, observaient l’éleveur travailler d’un air placide en agitant la queue pour éloigner les mouches les plus agaçantes.

Galmore oublia le papillon quand il aperçut Erhan. Il galopa à sa rencontre et jappa de bonheur avant de s’asseoir sur son arrière-train et de pencher la tête sur le côté – son astuce pour glaner quelques caresses. Tanank leva les yeux au ciel, toujours un peu fasciné par les stratégies de son chien, et posa sa fourche avant d’essuyer son front d’un revers du bras.


- Bien dormi ? Tu as vu ce lever de soleil ? Rien à voir avec le sale temps d’hier, hein !

Le ciel s’était littéralement enflammé. Les quelques nuages qui glissaient paresseusement sous l’effet d’une brise légère avaient pris des teintes extraordinaires, du rose le plus tendre au rouge le plus vif ; l’horizon était une ligne de feu qui s’agrandissait de seconde en seconde alors que la lumière du jour repoussait les ombres de la nuit, sans parvenir encore à éteindre les dernières étoiles au-dessus de leur tête.

Tanank attrapa sa brouette et fit signe à Erhan de le suivre. Ils nettoyèrent les stalles, remplirent d’autres mangeoires, organisèrent les réserves de foin dans la grange, soignèrent les bêtes ; le silence enveloppait leurs gestes, qu’ils effectuaient dans un bel ensemble, comme s’ils le faisaient depuis toujours. C’est qu’en seulement deux jours passés en sa compagnie, Erhan avait réellement progressé. Tanank lui montra comment prendre soin d’une selle et quelles herbes il fallait choisir ou bien éviter pour nourrir un cheval.

Quand ils retournèrent au pré, le soleil s’était enfin levé. C’était une belle journée qui s’annonçait ! L’air était vif, le vent tranquille, la pluie partie dans les contrées du sud. Le cheptel de Tanank était là, déployé dans l’immensité du domaine qu’il avait bâti et entretenu à la sueur de son front. Des chevaux magnifiques, en pleine santé, élevés dans le respect et la douceur. Tanank ouvrit une barrière et laissa passer Erhan, puis il la referma dans le dos du garçon avant de s’appuyer sur la porte, les bras croisés, le regard tranquille.


- Choisis-en un.

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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - cours n°2   Mar 06 Nov 2018, 21:46

— Debout, marmotte !

Erhan entrouvre les yeux. Il remarque que les premiers rayons de soleil sont déjà en train d’éclairer le salon ; et il entend les voix lointaines de Cora et des jumeaux. Syndrell est au-dessus de lui, ses cheveux bleus s’agitant au-dessus de son visage.

Surprenant qu’il ne se soit pas réveillé comme à son habitude, lui qui a un sommeil si léger. Mais il faut dire que la journée précédente a été épuisante. Exténuante, même.

— Tanank t’attends au pré. Je vais faire nos sacs. On se retrouve derrière la maison !

Il grogne quelque chose, sans réussir à articuler une réponse claire. L’envie de se recoucher lui paraît presque irrésistible, mais… il doit aider Tanank, c’est la moindre des choses. Il se fait déjà logé, et voilà qu’il s’essaye à la grasse matinée. Il n’aime pas l’idée de manquer de respect à ses hôtes.

Il se redresse sur son matelas, passe une main dans ses cheveux ébouriffés… et une tornade s’arrête devant lui en lui criant des choses d’un air tout excité. Pendant un instant il se dit que c’est Syndrell qui lui propose une épreuve quelconque, mais la tornade est trop petite et la voix trop criarde.

— Ollie ?
— On pourra faire une course autour de la maison, hein, dis ? Derfan dit qu’il va te battre mais je suis sûr que non !
— Euh, oui pourquoi pas… mais je dois aller aider ton père avant…
— Ouiii ! Derfan, Erhan va te battre, j’en suis sûr !

Et la tornade s’engage dans les escaliers pour rejoindre le frère réfugié à l’étage. Erhan lâche un soupir mais garde le sourire aux lèvres en entendant les bruits de pas sur le plafond. Même s’il n’est pas resté bien longtemps ici, il se rend compte qu’il s’est un peu attaché à ce garçon. C’est presque dommage qu’ils doivent partir dans la journée, mais… qui sait, peut-être qu’Erhan repassera par ici à l’occasion. Ce n’est pas si loin de l’Académie, après tout, surtout qu’il s’est déjà plusieurs fois dit qu’il essaierait de voyager à l’occasion.

Au détour de ses futurs cheminements sur la Voie, peut-être qu’il retournera dans cette ferme qui lui donne l’impression d’être chez lui.



***


Erhan se penche pour caresser affectueusement Galmore.

Tanank, une fourche à la main et le front déjà perlé de sueur, l’accoste près des mangeoires.

— Bien dormi ? Tu as vu ce lever de soleil ? Rien à voir avec le sale temps d’hier, hein !
— Oui, ça n’a plus rien à voir… répond Erhan en levant la tête vers le ciel ensoleillé.

Le ciel parfaitement dégagé est teinté de couleurs chaudes que l’aube étale sur les quelques nuages qui se prélassent dans les hauteurs. Toute trace de pluie et de tempête est oubliée ; peut-être que la journée va être chaude. Erhan sent déjà les rayons du soleil lui picoter la peau, et ce n’est pas pour lui déplaire.

Commençant à connaître les habitudes et les méthodes de Tanank, Erhan aide le père de famille à nettoyer et nourrir les bêtes. De sa vie, il n’a jamais éprouvé d’affection pour des animaux — mis à part peut-être quelques chiens et chats errants à Al-Far — mais il comprend à force de s’en occuper qu’il prend plaisir à côtoyer ceux de Tanank. La vie de fermier, bien que physique et répétitive, lui a révélé certaines choses qu’une vie passée loin des champs n’aurait sans doute pas pu lui offrir.

Après une petite heure de labeur dans un silence assidu, Erhan suit finalement Tanank dehors, pour constater que le soleil est enfin bien réveillé. Erhan s’étire discrètement dans le dos du père de famille, satisfait que ses muscles échauffés continuent de travailler même en dehors du cadre de sa formation.

Tanank ouvre une barrière, s’effacé pour laisser passer Erhan en premier et referme derrière lui. En se retournant, Erhan constate
qu’il est resté de l’autre côté.

— Choisis-en un.

Il désigne du menton les chevaux qui broutent à proximité. Erhan reste un instant immobile, et croit deviner où il veut en venir.

— Comment ça, tu ne veux quand même pas me…
— Choisis, répète sereinement Tanank.

Une lueur de malice syndrellienne semble avoir subrepticement brillé dans ses yeux. Erhan se retourne vers les chevaux. Il n’est pas certain d’avoir bel et bien compris le but de la démarche, mais peu importe.

Il hésite à peine. Parmi les bêtes, seule une jument a particulièrement été affectueuse envers lui. C’est celle qui a notamment servi à Tanank pour lui montrer comment curer des sabots.

— Salut, Ivoire, souffle Erhan en tendant la main vers la jument.

Avec sa couleur d’un blanc cassée et sa crinière plus sombre que son pelage, elle tape facilement dans l’œil au milieu des autres. Bien qu’un peu trop énergique dans ses coups de tête pour quémander des caresses, Erhan s’est un peu habituée à elle. Elle lui fait un penser à Ollie quand il se jette sur lui, finalement !

La tirant par la bride vers Tanank, il se rapproche de la barrière, la jument renâclant avec force à ses oreilles.
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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - cours n°2   Mer 07 Nov 2018, 15:23

Tanank sourit. Il aurait parié sur Ivoire ! Comment passer à côté d’une complicité naissante entre ces deux-là ? Et puis, il connaissait bien son métier, il avait reconnu les signes. Et il approuvait ce choix. Quand Erhan se fut rapproché de lui, il hocha la tête puis se détacha de la barrière afin d’ouvrir le portillon pour les laisser passer.

- Cette jument est jeune et dynamique, dit-il en laissant l’intéressée fourrager dans le creux de sa main comme si elle espérait y trouver quelque chose à manger. Je t’ai suffisamment observé pour te la laisser avec l’assurance que tu sauras prendre soin d’elle. Tu entends ça, ma belle ? murmura l’éleveur, flattant son encolure. C’est un brave garçon. Puisses-tu le porter vite et loin !

Il jeta un coup d’œil à Erhan et devina sa perplexité. Il aurait fallu être aveugle pour ne pas avoir remarqué sa gêne face à trop d’effusions, ou bien l’éclat à la fois surpris et heureux dans ses yeux quand Cora lui passait une main dans les cheveux, comme elle le faisait avec les garçons ; Erhan était un enfant qui avait manqué d’attention.

- Je compte sur toi pour me donner de ses nouvelles, lança-t-il alors qu’ils se dirigeaient vers le corps de ferme. Le mieux, c’est encore que tu passes nous voir quand tu en auras l’occasion !

Voilà, c’était aussi simple que ça. Tanank appuya son invitation d’un clin d’œil, puis il fournit au jeune homme l’équipement complet d’Ivoire. Après quelques ajustements de sangles, Ivoire était fin prête, alors ils rejoignirent Syndrell qui patientait… en croquant une pomme. Son regard s’illumina quand elle vit apparaître son élève et la jument qu’il tenait par la bride. Elle se laissa tomber du muret de pierre sur lequel elle s’était perchée et s’approcha d’eux, tout sourire.

- J’en étais sûre ! Tu as fait cette tête ce matin, Tanank, au petit-déjeuner…
- J’ai fait « une tête » ?!
- Oui, oui, cette tête que tu fais quand tu mijotes quelque chose. Je le savais ! Nom d’une framboise, qu’elle est belle !


Un coup de tête acheva de faire fondre la marchombre. Elle câlina Ivoire jusqu’à ce que Vagabond, jaloux, lui rappelle sa présence d’un puissant hennissement. Il ne partageait pas sa cavalière, non mais ! Tanank éclata de rire et entreprit de les présenter l’un à l’autre. Il fit cela dans la douceur et la patience, si bien que Vagabond cessa rapidement de bouder pour redresser fièrement le poitrail et frapper le sol de son sabot.

- Modère tes ardeurs, mon vieux ! s’exclama Syndrell, ce qui fit rire les jumeaux à leur tour. C’est une demoiselle, montre donc un peu plus de subtilité !

Le moment du départ rendu plus joyeux grâce à cet épisode, il n’y eut que quelques larmes dans les yeux d’Ollie. Son attachement pour Erhan était aussi puissant que sincère : il avait trouvé un grand frère. Tanank le prit dans ses bras et salua les deux marchombres qui s’éloignaient. Il était confiant : si Erhan ne revenait pas pour leur donner des nouvelles d’Ivoire, il reviendrait pour voir Ollie !



*



Syndrell s’étira comme un chat, laissant pendre les rênes de Vagabond qui, de toute façon, connaissait le chemin. Il avançait dans un pas tranquille à côté d’Ivoire ; tous les deux offraient un contraste étonnant, lui noir comme un corbeau, elle blanche comme une colombe, et ils étaient aussi beaux l’un que l’autre.

La marchombre remua sur sa selle. Elle s’efforçait de ne pas penser aux galettes de niam rangées dans la sacoche de voyage. Pour s’éviter une gourmande tentation, elle choisit plutôt d’observer son élève. Erhan avait gagné en assurance : à présent qu’ils étaient seuls, ce qu’elle appréciait, ce détail lui sauta aux yeux : ce n’était pourtant pas si flagrant mais sa posture, son maintien, ses gestes aussi témoignaient d’une force intérieure nouvellement acquise. Ce n’était déjà plus le Erhan qui s’était présenté à elle quand elle avait repris le flambeau de Zoanne !

Elle se demanda s’il avait oublié la bille. Et retint de justesse le réflexe qui manqua de trahir son emplacement. Elle la portait toujours par devers elle, et le défi lancé lors de leur première leçon continuait : s’il parvenait à la subtiliser, il aurait gagné ! Mais, pour l’heure…


- Voyons ce que la demoiselle a dans le ventre ! Tu vois cet arbre mort, là-bas ? Le dernier arrivé est une face de Raï !

Un claquement de langue fit s’élancer Vagabond. Il était ravi de se dégourdir les jambes et si elle ne l’avait pas retenu, il aurait filé à toute allure ! Mais une course n’était intéressante que si elle était honorable ; Syndrell attendit qu’Erhan soit arrivé à son niveau pour laisser son étalon prendre de la vitesse. Il adopta aussitôt un galop puissant et rapide. Couchée sur son encolure, sa cavalière l’encouragea de quelques cris joyeux et se laissa emporter par toutes les sensations grisantes d’une épique chevauchée.



*



- Tiens, Face de Raï, attrape ça ! Tu m’en diras des nouvelles ! fit Syndrell en lançant une galette de niam à son apprenti.

Ils faisaient une halte dans les ruines d’un vieux château. Un peu avant midi, Syndrell avait choisi de quitter la route menant à Al-Chen pour remonter vers le nord ; ce n’était pas le trajet le plus court, loin de là, mais elle avait envie de faire durer ce voyage et de faire découvrir tant de choses à Erhan !

Cet endroit était intéressant. Il n’était pas lugubre ni froid en dépit des maigres restes de ce qui avait été autrefois un vaste domaine : la végétation avait poussé, reprenant ses droits sur la folie des grandeurs des hommes et donnant un aspect à la fois curieux et joli aux derniers morceaux du château, éparpillés un peu partout. Deux colonnes étaient encore debout, quoi que l’une penchait sévèrement, ainsi qu’un pan de mur et l’arche arrondi d’un passage.

Après le passage pluvieux de la veille, le sol était humide et boueux, alors ils s’étaient perchés sur les restes d’un muret pour se partager un déjeuner léger. Tout en se léchant les doigts, Syndrell observa un vol de crissanes qui filaient vers le sud.


- L’hiver ne sera pas en retard cette année…

Ils se remirent en route, chevauchant côte à côte dans l’immensité verdoyante de la plaine. Les collines les plus hautes dessinaient des bosses herbeuses et creusaient de minuscules vallées jonchées de buissons. Parfois, un rocher émergeait, arrivé là par mystère et apportant une touche d’originalité au paysage. Ils aperçurent des renards et des biches. De temps à autre, Syndrell désignait une empreinte dans la terre molle et expliquait comment identifier son propriétaire.

Au beau milieu de l’après-midi, ils atteignirent un petit bois planté de hêtres et d’érables qui avaient revêtu leur manteau d’automne vif et coloré. Ils s’engagèrent sous les premiers arbres, à pied, chacun tenant son cheval par la bride ; Syndrell leva brusquement la tête et donna un petit coup de coude à Erhan pour lui désigner sans bruit l’écureuil qui faisait sa toilette sur une branche. Ils s’immobilisèrent pour le regarder un moment, avant de continuer leur chemin.

Elle lui montra quelques variétés de champignons et lui fit retenir celles qui étaient mortelles. Au final, la liste des champignons à éviter était deux fois plus grande que celle concernant les espèces à cuisiner absolument ! Ils avaient au moins le mérite d’embaumer l’air, proposant des fragrances qui se mêlaient aux senteurs boisées et au parfum unique de la pluie. L’hiver était déjà une promesse murmurée mais l’automne s’égayait tout autour d’eux, pour le plus grand plaisir des sens !

Une rivière, petite sœur du Gour qui filait plus au nord, serpentait au milieu du bois. Elle était trop large pour être traversée sans l’aide d’un pont. Syndrell, qui connaissait ce bois, savait très bien où il s’en trouvait un, mais elle s’arrêta et attacha les guides de Vagabond au tronc d’un arbre. Il ne s’agissait pas d’une halte pour se reposer cette fois ! Tranquillement, elle détacha de la selle de son cheval les deux parties de son arc, qu’elle assembla en une poignée de secondes, puis attrapa une flèche dont elle lécha malicieusement le bout de la plume sous l’air attentif de son élève.

Elle coinça la flèche entre ses dents pour se libérer une main et ainsi sortir de sa sacoche un rouleau de corde. Celle-ci était plutôt fine mais incroyablement résistante ; elle en avait fait l’acquisition dans un marché d’Al-Vor. L’homme qui la lui avait vendue avait affirmé qu’un dessinateur était à l’origine du chanvre utilisé pour cette corde, ce qui expliquait, selon lui, son extrême solidité. Depuis, Syndrell avait eu l’occasion d’en éprouver la valeur et elle était tout à fait disposée à croire les dires du marchand !

Consciente qu’Erhan épiait ses faits et gestes, et ce probablement en se posant quelques questions, elle noua l’extrémité de la corde à la flèche. Elle s’assura que le nœud ne manquait pas de se défaire avant de dérouler la corde. Elle se plaça en suite face à la rivière et chercha sa cible des yeux ; quand elle l’eut trouvée, un éclat scintilla dans l’or limpide de son regard. Elle effectua les mouvements qu’elle avait enseignés à Erhan, encocha la flèche, leva son arc, pinça la corde, l’amena à sa joue puis à son oreille… et tira. La flèche s’envola au-dessus de l’eau et se planta profondément dans l’écorce dure d’un tronc mince, mais costaud.

La marchombre tira sur la corde pour tester sa solidité, puis elle déposa son arc dans l’herbe et recula, déroulant la corde jusqu’à atteindre le tronc épais et noueux d’un chêne, dont elle fit le tour deux fois avant de faire un nœud.


- Et voilà, y’a plus qu’à !

Mains sur les hanches, elle regardait la rivière, tête penchée sur le côté, satisfaite. La corde était tendue entre les deux berges et frôlait presque la surface de l’onde, agitée par un puissant courant. Syndrell leva une jambe, attrapa sa botte et l’ôta avant de faire la même chose avec la deuxième. Elle commença à se dévêtir, dénouant la ceinture puis la tunique qu’elle fit glisser le long de sa peau. Erhan était de nature silencieuse, mais elle n’avait pas besoin de se tourner vers lui pour deviner son désarroi soudain.

- Il fait trop froid pour nager habillée, je serai contente tout à l’heure d’enfiler des vêtements secs !

Oui, elle avait bien dit « nager ». Et « froid », aussi. Nue, ses longs cheveux bleus tombant comme un voile dans son dos sans parvenir à dissimuler complètement la marque de sa captivité, elle entra dans l’eau. Léger frisson.

Et puis, elle plongea.

Glissa dans l’étau glacé qui se referma sur elle et chercha à l’emprisonner.
Eprouva la caresse des tourbillons et des remous puissants.
Remonta comme une flèche, creva la surface.
Au beau milieu de la rivière.

Qui grondait, poussait, bousculait, voulait faire ployer, chuter, briser, noyer.
Syndrell répondit par le jeu. Elle pivota d’un côté puis de l’autre, tournoya un instant, se baissa, fit mine d’être happée par la force d’un courant, en trouva un autre plus intéressant, ondoya, ondula et dansa. Chaque fois que la rivière semblait sur le point de l’attraper elle se faufilait hors de sa portée. Son rire planait parfois au-dessus du bouillonnement furieux.

Au bout de deux ou trois minutes, elle s’immergea à nouveau et regagna la rive, aussi à l’aise qu’un poisson. Elle sortir de l’eau et s’emmitoufla aussitôt dans la chaleur de sa serviette.


- Brrrr ! Tu vas voir, c’est vivifiant !

La mine d’Erhan amusa Syndrell.

- Eh bien quoi ? Tu ne me crois pas ? Vas-y alors. Va jouer avec la rivière, jeune apprenti !

Elle se sécha pendant qu’il se déshabillait, essorant soigneusement ses cheveux qu’elle tressa à la hâte pour leur éviter de friser comme la toison d’un mouton.

- Utilise l’énergie de la rivière, dit-elle avant qu’Erhan n’entre dans l’eau. Trouve-la et comprend-la mais ne cherche pas à la dompter ; tu n’y gagneras que des bobos ! Ouvre-toi à elle. Et n’aie pas peur : la corde est là pour te servir de guide.

Attentive à son hésitation parfaitement logique, Syndrell posa la main entre ses omoplates et exerça une légère pression. Ce qu’il s’apprêtait à faire n’était pas simple, du moins pas au début ; il avait besoin d’un élan qu’elle était disposée à lui donner, et aussi d’une certitude : elle n’était pas loin de lui. Il pouvait se lancer !

__________________________________________

Murmure dans le vent
Qui file sur les toits
Marchombre



Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Erhan Arfas
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - cours n°2   Jeu 08 Nov 2018, 14:02

— Je reviendrais, lâche Erhan en souriant devant la mine attristée d’Ollie.

Le visage de l’enfant s’éclaire de nouveau. Le jeune homme se juche sur le dos d’Ivoire alors que Syndrell est déjà montée sur Vagabond, et ils s’éloignent en faisant des signes de la main à la petite famille rassemblée au bord de la route. Erhan finit par se retourner pour regarder devant lui.

Il est peu triste, oui, mais aussi excité par l’avenir et ce qui va se présenter à lui.



***


— Tiens, Face de Raï, attrape ça ! Tu m’en diras des nouvelles !

Erhan attrape la galette de niam qui file dans sa direction. Il croque dedans avec appétit, et oublie rapidement sa défaite. Leur course improvisée a un peu fatiguée les bêtes, et ils profitent maintenant d’une petite pause méritée dans des ruines. Malgré la boue et les pierres recouvertes de plantes grimpantes, l’endroit ne manque pas de charme. Et ne ressemble en rien à quelque chose qu’Erhan a déjà vu.

Il existe décidemment des endroits bien étranges en Gwendalavir. Il a déjà squatté des maisons abandonnées, ou dormi dans des entrepôts ou des granges désaffectés, mais il n’a jamais imaginé un seul instant que des constructions aussi imposantes, en plein campagne, peuvent tomber ainsi dans l’oubli.

Ils repartent assez vite, pour emprunter des routes qu’Erhan ne connaît pas ; en tout cas, ce n’est pas par ici qu’il est passé pour aller à Al-Chen et en revenir. La nature est partout autour d’eux, plantes et éboulis, animaux sauvages et champignons écarlates parsèment leur route. Syndrell lui apprend des choses sur ces derniers, que beaucoup sont vénéneux et immangeables. Il écoute avec attention, bien qu’il se serait douté de quelque chose devant les parures trop colorées de certains d’entre eux.

Alors que Syndrell arrête leur marche dans une forêt, elle lui monte silencieusement un petit animal qu’il a rarement aperçu, et qu’il devine être un écureuil. Ils l’observent pendant quelques secondes avant qu’il ne disparaisse dans la cime d’un feuillu ; et Erhan se sent dépaysé par ces paysages et ces bois qu’il n’aurait jamais arpenté en restant dans les villes. Ces lieux dégagent quelque chose d’inattendu, une sorte d’âme dont il n’a pas soupçonné l’existence avant de se laisser happer par l’inconnu.

Ils s’arrêtent près d’une rivière un peu agitée. Syndrell attache Vagabond à un arbre, et son élève l’imite tranquillement en flattant Ivoire.

Il comprend très vite que c’est une nouvelle étape, en voyant la marchombre monter son arc et accrocher une corde à une flèche. Curieux, il l’observe chercher une cible des yeux, de l’autre côté du cours d’eau.

La flèche se plante solidement dans un tronc, avant que Syndrell l’attache le bout de la corde à un arbre situé sur leur rive. La corde, tendue à quelques centimètres au-dessus de l’eau, lui fait froncer les sourcils. Il ne va quand même pas devoir jouer l’équilibriste là-dessus ?

— Et voilà, y’a plus qu’à !

Erhan penche la tête sur le côté, intrigué, et s’apprête à poser une question. Mais voilà que Syndrell commence à se déshabiller. Surpris plus que gêné — ça paraît tellement soudain et saugrenu ! — elle se retrouve alors au bord de l’eau, complètement dévêtue.

— Il fait trop froid pour nager habillée, je serai contente tout à l’heure d’enfiler des vêtements secs !

Avant même de pouvoir rétorquer quoi que ce soit, il la regarde s’enfoncer dans l’eau, puis plonger sans hésitation. Il frissonne en imaginant la morsure du froid si ça avait été lui. Mais il sent que ce sera son tour.

Un coup d’œil en amont de la rivière le fait pâlir. Ça n’en a pas l’air, mais pourtant les courants ont l’air assez forts. Il n’est pas spécialement bon nageur, et même assez mauvais. De sa vie de voleur, il n’a jamais pris le temps de se baigner ou d’apprendre, et c’est seulement depuis son arrivée à l’Académie que parfois, il a pris le temps d’aller au lac avec Yohan. Il sait faires de brasses et a appris à ne pas couler… dans un lac, pas un torrent !

Syndrell émerge des flots. Avec ses longs cheveux bleus, elle paraît presque née de la rivière, comme une sorte de nymphe que la nature indomptable ne parvient pas à faire couler.

Stupéfait, il l’observe se maintenir en équilibre malgré les courants. Les vagues et les remous, les creux et les éclaboussures… elle paraît les éviter, danser avec eux, et même se jouer d’eux. Ses mouvements, aussi fluides que le liquide qui enrage tout autour d’elle, paraissent si faciles. Si évidents.

Tenir debout dans la rivière paraît déjà compliqué à Erhan, mais faire ça…

Après une poignée de minutes, elle ressort de l’eau et s’enroule dans sa serviette.

— Brrrr ! Tu vas voir, c’est vivifiant !

Erhan, encore abasourdi, ne peut s’empêcher d’appréhender un peu. Syndrell paraît presque rire de sa réaction.

— Eh bien quoi ? Tu ne me crois pas ? Vas-y alors. Va jouer avec la rivière, jeune apprenti !
— … d’accord…

Il retire ses vêtements, ne gardant que sa chaînette autour du cou. N’étant pas très pudique, il est moins gêné par le regard de Syndrell que par le risque de mourir de froid dans l’eau de la rivière. Distraitement, en s’approchant du bord, il passe une main sur la petite cicatrice verticale, de quatre ou cinq centimètres, qui balafre sa poitrine de haut en bas. Il y pense à peine en sentant l’eau froide lécher ses orteils.

— Utilise l’énergie de la rivière, dit Syndrell. Trouve-la et comprend-la mais ne cherche pas à la dompter ; tu n’y gagneras que des bobos ! Ouvre-toi à elle. Et n’aie pas peur : la corde est là pour te servir de guide.

Il jette un œil à la corde ; il est vrai qu’il pourra facilement s’y rattraper s’il se rate.

L’eau lui monte aux chevilles. Il frissonne.

La main de Syndrell s’applique contre son dos et le pousse doucement dans la rivière. Il comprend qu’il ne sert à rien de douter plus longtemps, il faut se lancer.

Il s’enfonce dans le torrent.

Il y plonge complètement comme l’a fait son maître. Complètement immergé, il se rend compte que ce n’est pas si froid que ça ; mais il ressort la tête et sent que la différence. Il a intérêt à vite s’accoutumer à résister à la rivière s’il ne veut pas congeler sur place et se transformer en statue de givre.

Il avance un peu. La force du courant le fait vaciller. Il garde la corde pas très loin, à portée, mais se retient de s’en servir pour le moment. Il a compris qu’il ne s’agissait que d’une sécurité, et s’y agripper n’aurait sans doute aucun sens.

Il se tourne pour observer la rivière arriver sur lui. Elle lui paraît insaisissable, imprévisible et bien plus forte que lui. Les remous, les vagues, les courants virevoltent de partout, s’écharnant à le faire chavirer, lui ôter son équilibre, et saper ses forces.

Il résiste, titube, et fait des moulinets avec les bras pour ne pas dégringoler. Il s’imagine sur le rebord d’un toit d’Al-Far. Il a un bon équilibre, il le sait. Tout voleur qui se respecte sait s’enfuir dans les hauteurs et jouer le funambule sur les toitures pentues.

C’est un peu comme se retrouver sur un toit, mais avec une tornade et des vents incontrôlables en guise de partenaires.

Syndrell lui a demandé de comprendre la rivière, pas de la dompter.
Ça aurait été présomptueux, sans doute. Comment dompter un phénomène naturel que rien ne semble capable d’arrêter, ni même de ralentir ?

Le courant s’intensifie. Erhan sent son pied déraper dans la vase. Équilibre brisé, il tombe, s’enfonce dans l’eau, et lève un bras. Sa paume trouve la corde avant qu’il ne se fasse emporter. Il sort de la tête de l’eau, toussote et s’éloigne à nouveau de la corde. Il a froid et claque un peu des dents. Le torrent n’est pas son seul problème ; à trop se concentrer sur elle, il en a oublié où il se tient. Sur le lit de la rivière, un sol tout aussi traître et complexe que l’eau.

Il retrouve sa place à quelques distances de la corde. Se décale pour se positionner sur un endroit un peu plus stable. Tout en luttant contre cette tornade qui tourbillonne autour de ses hanches. Ce froid mordant lui évoque les griffes d’une goule, ces êtres mystérieux rampants dans les plateaux d’Astariul, et au cœur de nombreuses histoires à faire peur dans les ruelles d’Al-Far. À la différence près que l’étau glacé de la rivière, il est censé pouvoir jouer avec.

Et cette idée lui paraît complètement folle, à l’image de Syndrell qui a pourtant réussi à bouger et danser comme si de rien n’était.

« Comprend-la »

Il observe les remous, tente d’en éviter, de glisser vers eux, ou de les accompagner dans leur passage. Il ne récolte rien d’autre que des pertes d’équilibres, que ses réflexes parviennent tout juste à corriger pour l’empêcher de sombrer encore. La moindre erreur est punitive, il l’a déjà compris.

La rivière, taquine et joueuse, le domine pourtant, et il le sent.



***


Il se rattrape à la corde pour la quatrième fois. Il ignore combien de temps ça a duré, mais il a l’impression d’être dans l’eau glacée depuis longtemps. Sans doute que le froid et sa concentration trompent ses sens, cependant.

Il se redresse, trempé et retenant ses tremblements. La rivière est indomptable, c’est certain.

Mais elle lui paraît encore difficile à comprendre. Jouer avec elle n’est peut-être pas à sa portée ? Il a surtout l’impression que c’est elle qui s’amuse de ses essais infructueux.

Hésitant, il ne lâche pas la corde tout de suite. Ce torrent lui paraît maintenant plus intimidant qu’auparavant. Cette épreuve lui semble impossible.

Pour la première fois depuis qu’il a goûté à la Voie, il a l’impression d’affronter non pas une haie à franchir, ou une barrière à escalader, mais un véritable mur.

Un mur trop haut pour être franchi.
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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - cours n°2   Sam 10 Nov 2018, 14:01

Implacable, Syndrell laissa Erhan « jouer » avec la rivière sans intervenir une seule fois. Elle le regarda frissonner, disparaître sous la surface, se relever avec effort, se cramponner à la corde, tenter de la lâcher, de tenir bon, de comprendre, et tomber encore… ce n’est qu’au terme d’une bonne demi-heure que la marchombre lui fit signe de regagner la rive. Elle l’enveloppa aussitôt dans sa serviette et le frictionna vigoureusement jusqu’à ce que ses lèvres et ses joues aient repris des couleurs, et qu’il ne claque plus des dents.

- Pour une première, j’ai trouvé ça intéressant, dit-elle en reculant d’un pas pour le laisser enfiler ses vêtements. Tu as pris un sacré bain de sensations, n’est-ce pas ?

Elle sourit en devinant sa déception. Erhan était un perfectionniste, si elle ne l’avait pas sorti de l’eau il s’y trouverait encore !

- Il m’en a fallu pas moins de six pour comprendre, ajouta-t-elle en se rappelant des bains forcés de Miss. Comprendre que d’innombrables forces gravitent autour de nous et agissent sur notre environnement. Le marchombre qui a conscience de ces forces peut s’immerger en elle et les renverser. Cela demande de la patience… et de la persévérance.

Il y aurait d’autres bains de ce genre, évidemment ! Pour l’heure, il fallait se remettre en route. Syndrell donna une galette de niam à son élève pour qu’il récupère de son éprouvant exercice, puis ils se mirent en selle et franchirent cette fois-ci la rivière en empruntant le pont. La marchombre récupéra flèche et corde, et ils quittèrent la forêt en devisant tranquillement.



*



Le jour déclinait déjà quand ils aperçurent Al-Chen. Suivant la chute du soleil, la température avait baissé et un petit vent glacial s’était levé, porteur des premières neiges en train de s’installer au nord. Syndrell avait rabattu son capuchon sur sa tête pour protéger ses oreilles du froid mordant, laissant seulement s’échapper quelques mèches bleues.

Erigée au large des vastes plaines, la cité aux lignes élégantes s’étendait jusqu’au gigantesque lac Chen, où s’ébauchait un quartier portuaire bourdonnant d’activité. Que l’on soit un habitué ou non, les monumentales arches rondes, les tours vertigineuses et la multitude de passerelles qui s’enchevêtraient dans les airs avaient de quoi couper le souffle.

Ils laissèrent Ivoire et Vagabond dans une écurie, aux abords de la ville, puis se mêlèrent aux passants qui déambulaient dans les rues. La plupart des gens étaient en quête d’un endroit ou passer un moment agréable, à l’abri du froid qui s’installait alors que la nuit prenait ses droits.

C’était le cas de Syndrell. Elle conduisit Erhan dans une petite auberge où ils goûtèrent la chaleur et le réconfort d’un repas chaud. Elle en profita pour louer une chambre, mais alors qu’ils entamaient le dessert, Syndrell se pencha vers son élève afin de lui murmurer quelque chose :


- J’ai un nouveau défi pour toi ! Tu vois l’homme qui est accoudé au comptoir, celui avec les moustaches rousses en train de discuter avec la tenancière ? Dans la poche de son manteau se trouve une bague. Il l’a dérobée à la femme qui est assise de l’autre côté de la salle, près de la fenêtre, quand nous commandions notre plat. C’est un voleur particulièrement doué puisqu’elle ne s’en est pas encore aperçue – et lorsqu’elle constatera la disparition de son bijou, il sera déjà trop tard. Je veux que tu récupères cette bague sans attirer l’attention, et que tu la retournes à son propriétaire.

Elle prit le temps de savourer une bouchée de gâteau à la crème avant d’ajouter, mystérieuse :

- Etre visible est parfois le meilleur moyen de ne pas être vu. Je vais commander une infusion en attendant que tu aies terminé.

Ça, c’était un moyen de lui signifier qu’elle en avait terminé avec ses consignes et ses conseils, et qu’il pouvait y aller ! A lui de trouver la meilleure façon de procéder. Il ne s’agissait pas de recourir à la force pure et c’était justement ce qui rendait l’exercice intéressant…

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Murmure dans le vent
Qui file sur les toits
Marchombre



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(Wëlle, merci... tout simplement)
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Erhan Arfas
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - cours n°2   Lun 12 Nov 2018, 11:11

Le soir tombant n’enlève rien à la beauté d’Al-Chen et aux ponts suspendus qui s’entrecroisent entre ses tours. Les couleurs rougeoyantes du ciel font luire les aiguilles et illuminent les toitures de mille feux. La belle cité, toujours aussi resplendissante, semble accueillir ses deux voyageurs à bras ouverts.

Syndrell guide Erhan vers une écurie, pour y laisser leurs chevaux ; il reconnaît celle où Hièlstan y avait laissé sa propre monture, lors de leur rencontre. C’est bien l’un des seuls endroits de la cité qu’il connaît un peu ; mais il se doute qu’elle est bien trop grande pour que le hasard les conduise encore vers un lieu qu’il a déjà visité.

Ils se rendent finalement dans une auberge. Le repas paraît excellent, et l’ambiance assez festive, mais pas trop agitée. Bien qu’un peu tendu par la présence de tous ces gens dans son dos alors qu’il termine un gâteau trop sucré, il se surprend à apprécier ce moment. L’auberge a l’air accueillante, et les gens aussi. La perspective d’une attaque surprise dans son dos ne le laisse pas complètement à l’aise, mais il arrive à faire avec ; comme quoi ses habitudes de voleur peuvent quand même être combattues.

— J’ai un nouveau défi pour toi ! annonce Syndrell sans préambule. Tu vois l’homme qui est accoudé au comptoir, celui avec les moustaches rousses en train de discuter avec la tenancière ?

Erhan tourne la tête dans sa direction. Il hoche la tête, curieux.

— Dans la poche de son manteau se trouve une bague. Il l’a dérobée à la femme qui est assise de l’autre côté de la salle, près de la fenêtre, quand nous commandions notre plat. C’est un voleur particulièrement doué puisqu’elle ne s’en est pas encore aperçue – et lorsqu’elle constatera la disparition de son bijou, il sera déjà trop tard. Je veux que tu récupères cette bague sans attirer l’attention, et que tu la retournes à son propriétaire.

Erhan se fige de surprise. Voler ?

Il ignore s’il s’agit là d’une bonne ou d’une mauvaise surprise.  Syndrell aurait-elle compris ce qu’il a été ? Non, peut-être pas. C’est probablement un hasard. Quoique, difficile à dire, avec elle.

En tout cas, après l’échec de la rivière, il imagine que c’est l’occasion de lui montrer qu’il y a certaines choses pour lesquelles il sait se montrer doué. Il a fait ça toute sa vie, après tout. Même si voler un voleur est plus difficile que n’importe qui d’autre.

— Être visible est parfois le meilleur moyen de ne pas être vu. Je vais commander une infusion en attendant que tu aies terminé.
— Compris.

Sa réponse le fait tressaillir une folle seconde. Il espère ne pas avoir donné l’impression de répondre à son supérieur. Chaque mission de ce type que lui a donné Galok autrefois se terminait par ce simple mot en guise de réponse, avec ce même ton mécanique. Il sent ses joues rougir légèrement et tourne la tête vers l’homme aux moustaches rousse, imaginant une approche.

Il faut récupérer la bague sans attirer l’attention, et la rendre à cette femme. La seule chose qu’il n’a jamais faite, c’est de rendre un bijou volé à quelqu’un, mais ce n’est sûrement pas si compliqué.
Le manteau du voleur est assez épais, et même si ses poches sont étroites, elles sont ouvertes. Passer la main dedans discrètement ne serait pas difficile. Erhan a les doigts fins, et si en plus il trouve le moyen de distraire l’attention de cet homme quelques secondes… ou de remplacer la bague par autre chose, histoire qu’en tâtonnant distraitement sa poche il continue de croire qu’il possède l’objet de valeur…

Erhan, toujours assis à sa place, cherche quelque chose des yeux ; les allers et venus à l’extérieur ont bien dû amener quelques cailloux sur le sol de l’auberge. Il en aperçoit un, de la bonne taille, à moins de deux mètres de leur table. Il n’a qu’à se pencher et tendre le bras pour le récupérer ; tout en sentant le regard de Syndrell, qu’il évite par crainte d’y lire quoi que ce soit de déstabilisant.

Il se lève enfin et se dirige vers le comptoir. Il y a plusieurs places de libre, mais la tenancière discute toujours avec le voleur ; ça ne paraîtra pas anormal de s’installer au plus près de lui pour commander quelque chose.

Mais commander quoi, au juste ? Il n’a plus très faim et se voit mal commander de l’alcool, dont il n’a jamais raffolé.

Il s’assoit en constatant du coin de l’œil que son voisin à moustaches s’est interrompu et le dévisage avec prudence ; oui, c’est certainement un bon voleur.

— Un gâteau à la crème, s’il vous plaît, lâche le garçon alors que la tenancière se décale d’un pas vers lui en haussant les sourcils, comme une question silencieuse.
— Tout de suite, mon garçon.

La femme s’éloigne par une porte dérobée pour se rendre à l’arrière de l’auberge, sûrement la cuisine. Erhan se tortille pour sortir une pièce de la poche trop serrée de son pantalon, et la poser en évidence sur le comptoir, devant lui. Un coup d’œil de biais lui apprend que l’homme semble épier ses mouvements ; mais il ne semble pas représenter une proie, surtout avec une seule pièce même pas sortie d’une quelconque bourse à sa ceinture. Il ne semble pas non plus ouvert à la discussion. Peut-être que sa conversation avec la tenancière n’a été entamée que dans le but de lui voler quelque chose, elle aussi ?

Elle revient et dépose le gâteau devant Erhan avant de récupérer sa pièce avec un sourire. Le garçon, qui n’a plus très faim, fait semblant d’en manger un morceau alors que le voleur reprend sa conversation avec la femme.

Erhan reste là, avec un air faussement distrait, et grignote son gâteau du bout des dents. Le voleur n’a peut-être pas de mauvaises intentions avec la tenancière, difficile à dire. En tout cas, il n’a pas eu l’air de considérer Erhan comme dangereux ou capable de voler. Il se rend compte que le gâteau à la crème y est peut-être pour quelque chose. Quel voleur aguerri commanderait cette chose au taux de sucre anormalement élevé ?

Reposant son gâteau à peine entamé dans la petite assiette qui va avec, il se promet d’aller le ramener à Syndrell dès qu’il aura récupéré cette bague. Ça a l’air d’être son point faible, les sucreries.

La tenancière écoute attentivement le voleur lâcher des anecdotes sur une taverne voisine, et elle lui répond parfois en levant les yeux du comptoir où elle rince des verres et les empile avec des gestes experts.

Erhan saisit l’occasion, alors que le voleur à moustaches hausse la voix pour imiter un tavernier colérique, et sans tourner le buste dans sa direction, sa main file en direction de la poche.

En un geste rapide et discret, le caillou a remplacé la bague.

L’opportunité a été parfaite pour réitérer ce geste habituel, qu’il a peaufiné au fil des années dans Al-Far. Il se sent assez fier de pouvoir mettre à profit ces années plutôt sombres ; si ça peut servir pour devenir marchombre, alors tout va pour le mieux.

Ce n’est toutefois pas encore terminé. Erhan se retourne et fait semblant de chercher des yeux une place ; car après tout, ce comptoir manque de confort. Il attrape son gâteau et file en direction de la femme au fond de l’auberge. D’un coup d’œil en arrière, il apprend que son départ n’a pas alerté le voleur, et tant mieux.

— Excusez-moi ?

La dame, une trentenaire aux cheveux blonds et bouclés, lève le visage vers lui, surprise.

— Oui ?
— C’est à vous ?  Je l’ai trouvée par terre.

La femme aperçoit la bague dans sa paume tendue, et, un peu affolée, regarde sa main en constatant que c’est bien le cas.

— Oh, merci ! Nom d’un Raï, si je l’avais perdue… merci beaucoup.
— De rien.

Sans plus un mot, il laisse récupérer le bijou et s’éclipse vers la table de Syndrell, installée devant son infusion. Il se rassoit en posant le gâteau devant lui, et lâche un petit soupir à la fois satisfait et soulagé.

— Si tu veux le manger, je n’ai plus faim, dit-il en désignant son dessert. Sinon, je crois que… c’est réussi ?

Sa vengeance sur la rivière le rassure un peu ; une telle épreuve a été ce qu’il faut pour retrouver un peu de confiance après cette défaite provisoire.
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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - cours n°2   Sam 17 Nov 2018, 09:40

Au lieu de se précipiter, de foncer tête baissée dans l’exercice, Erhan prit le temps d’observer la configuration des lieux et la silhouette de l’homme à la moustache, comme s’il esquissait toutes les situations possibles dans sa tête. Syndrell ne bougea pas. Elle demeura immobile quand il se pencha pour ramasser un caillou logé entre les rainures inégales du parquet. Elle resta impassible lorsqu’il alla s’accouder au comptoir pour engager la discussion, son épaule touchant presque celle de sa cible.

Ce n’est qu’à l’instant précis, Ô combien furtif, où les doigts lestes du garçon glissèrent dans la poche de l’homme, qu’un sourire apparut sur les lèvres de Syndrell. Elle se laissa aller contre le dossier de sa chaise, suivit des yeux son apprenti qui alla rendre la bague à sa propriétaire évidemment soulagée. Il revint s’assoir en face d’elle, dans l’attente de son verdict.

Inquiet.


- Tu veux que je devienne aussi grosse qu’une baleine ? demanda-t-elle, unique réponse à sa question anxieuse. Bon, je le mange mais c’est bien parce que c’est toi…

Piètre excuse dont elle se contenta dans un clin d’œil amusé et brillant de gourmandise. Toutefois, elle se pencha vers Erhan. Ce qu’elle voulait lui dire n’était pas pour les oreilles indiscrètes, encore que les curieux ne comprendraient sans doute pas grand-chose à tout ceci. C’est au moment d’ouvrir la bouche qu’elle comprit que les mots étaient précieux. Prononcés, ils risquaient de se perdre. De la pointe de son couteau, elle traça donc quelques lignes dans le bois de la table. Offertes à Erhan, elles demeureraient insignifiantes au reste du monde.


Subtilité de l’instant
Geste qui dans l’univers se fond
Harmonie




*



- L’homme à la moustache s’appelle Urviel Fonque, expliqua néanmoins Syndrell quand ils déambulaient tranquillement dans une rue passante. Je l’observe depuis des semaines, parce qu’il s’agit de l’un des plus grands maraudeurs de la ville. Nombreuses sont les missions qu’un marchombre se voit confier par le Conseil : déjouer les complots, protéger des convois, guider un apprenti sur la Voie… mais voler pour son propre compte ? Jamais.

Elle pouvait deviner sa tension à sa façon de l’écouter, d’être suspendu à ses lèvres. Le doute brillait au fond de ses prunelles. Syndrell posa la main sur son bras.

- J’ai vu tes capacités le jour même de notre rencontre et je devine leur origine. J’imagine que le réseau des voleurs d’Al-Far est à peu près similaire à celui d’Al-Jeit.

Quelques mots, quelques phrases pour le rassurer et lui rappeler qu’elle venait du même monde : celui dans lequel des enfants livrés à eux-mêmes doivent lutter pour survivre.

- Je te transmets mon art, Erhan, parce que je sais que tu as en toi suffisamment de respect et d’altruisme pour le faire vivre. Tu es doué dans ton domaine et c’est ce qui fait de toi un homme exceptionnel. N’oublie jamais ça.

Elle se remit en marche, à peine étonnée qu’il la suive avec un léger temps de retard. Si elle n’était pas avare en compliments, jamais encore elle n’avait dit ce qu’elle pensait de lui avec autant de force et de conviction. Un sourire dansait sur ses lèvres. Il était déjà temps de passer à autre chose. La nuit était belle et le sommeil encore loin !

Ils se faufilèrent dans un enchevêtrement de ruelles. Syndrell connaissait l’endroit comme sa poche. Elle guida Erhan sans manquer de lui indiquer le meilleur tailleur, le meilleur pâtissier ou encore le meilleur bouquiniste… Le Dôme, enfin, se dressa devant eux, immense construction renfermant l’art des plus grands Dessinateurs d’Al-Chen. La bâtisse tenait son nom de son toit en forme de coupole irisée qui s’élevait à des mètres du sol. Ils firent le tour, trouvèrent un passage désert, plongé dans le noir…

… Syndrell se tourna vers Erhan.


- Rendez-vous là-haut ! Attention aux alarmes placées sur la coursive du premier mur, à mi-hauteur. Elles sont réglées par les Dessinateurs donc très sensibles. Il faut être aussi léger qu’un souffle pour ne pas les déclencher. Méfie-toi aussi de la coupole : son ascension est rendue compliquée par sa forme et sa paroi très glissante.

Ses yeux dorés brillaient comme ceux d’un chat dans le timide éclat de la lune ; avec pareille malice, difficile de savoir si elle exagérait ou non. Elle s’en amusait beaucoup, comme Miss avant elle ! La jeune femme recula pour laisser Erhan grimper le premier. Elle le suivrait avec attention, assez loin pour le laisser se débrouiller seul, assez près pour intervenir en cas de problème. Elle le savait à l’aise dans ce domaine, encore une fois grâce à son enfance, mais le Dôme était un défi de taille que son élève aurait tort de prendre à la légère…

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