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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 In case we never meet again ; I'll remember you... (PV GIL)

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Tsukia Til'Werin
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MessageSujet: In case we never meet again ; I'll remember you... (PV GIL)   Mar 01 Jan 2019, 08:54

J'entre dans la maison, ma respiration sifflant dans l'air du matin.

Nora est presque immédiatement à mes côtés, je ne l'entends pas, mon coeur bat trop fort, dans mes oreilles.

Je soupire simplement le nom de Gil et, dès qu'elle s'assure que je m'assoie en déposant le cadavre que j'ai sur le dos en plein milieu de la table de la cuisine, elle sort par la porte en courant.

Moi j'écrase mon crâne sur la table alors que les souvenirs m'attaquent.

Pourquoi le passé me rattrape-t-il toujours dans un bain de sang..?


Let us always remember our first, shy smiles,
Our hearbeats resounding together in solidarity.

In case we never  meet again,
I'll burn your image into my mind.


In case we never  meet again,
I make this promise here and now.


In case we never meet again,
You must keep moving forward...


...And I will remember you.

Gil as attendu.

Et il as écouter.

Toute l'histoire, sans m'interrompre. Son souffle se modelant à mon récit. Je crois avoir détecter un arrêt courroucé quand j'ai mentionner le nom de Rybris, peut-être qu'il le connais, au fond, aucune idée.

Moi, je préférerais ne jamais l'avoir rencontrer, là.

Pendant que je racontais, Nora m'étudiais avec soin, même si je lui ais souffler que je n'avais rien. Elle as même appliquer un de ses onguents qui sentent la fleur pas fraîche sur mes paumes, légèrement brûlées par la corde sur laquelle je me suis laisser glisser en m'échappant, il y as de ça quelques jours.

Ça fait environ cinq minutes que j'ai finis mon récit quand Gil bouge enfin.

Pour m'attraper et m'emmener dans la chambre la plus proche, où il me fiche dans le lit sans me demander mon avis.

J'ai pas dormis depuis un moment, en effet... Je suppose que ça ne pourrait pas faire de mal.


People say that bad memories hurt the most...
...In reality, it's the good ones that'll drive you insane...

Je m'éveille en criant malgré moi, m'attrape la tête entre les mains alors que Gil et Nora défoncent presque la porte pour entrer.

Mon souffle est cours, saccader. J'attrape mes genoux et les serres pour tenter de changer quelque chose, de faire disparaître son visage, de ne plus entendre sa voix, de ne plus penser à lui, à ses derniers mots, à sa dernière requête, au fait que j'ai désormais le sang de deux des personnes qui m'aimaient le plus sur les mains, au fait que je suis bien pire qu'une envoleuse, car j'ai tuer sans but, sans récompense, sans plaisir.

J'ai tuer pour tuer, ni plus ni moins.

Je ne sais pas trop ce qui ce passe, je crois que Gil s'est approché, sinon c'est peut-être Nora, ou même Mak, tout ce que je sais c'est que j'ai frapper quelqu'un, puis qu'on m'as retenue et, pour finir, que j'ai respirer quelque chose qui était fichu sous mon nez avant de retomber dans l'inconscience.


“The reality is that you will grieve forever.
You will not ‘get over’ the loss of a loved one.

You will learn to live with it.
You will heal and you will rebuild yourself around the loss you have suffered.

You will be whole again but you will never be the same.

Nor should you be the same,
Nor would you want to.”

― Elizabeth Kubler-Ross and David Kessler

Quand j'ouvre de nouveau les yeux, étrangement calme, d'un sommeil sans rêves, c'est au son de quelqu'un entretenant une arme.

De la pierre frottant sur la lame pour l'aiguiser, plus précisément.

Je tourne légèrement la tête et aperçois Gil, un des bandages de Nora sur son visage confirme ce que je croyais ; C'est lui que j'ai frapper en plein pif.

Je fixe de nouveau le plafond.

Il me connais et je le connais.

Il sait que je suis éveillée, il reconnaîtrait la différence dans mon souffle en pleine tempête.

Ma voix est trop rauque et trop faible, pourtant, quand je lui parle, il arrête d'aiguiser sa lame une seconde.


...J'aimerais que tu cherche du bois... Pour le bûcher...

...Je crois qu'il le mérite.


Pas de réponse vocale, il ne me dis même pas de me rendormir, malgré les étoiles que j’aperçois par la fenêtre.

Il recommence simplement son travail alors que je sombre de nouveau dans le sommeil en prononçant une seule phrase de plus.


Je suis... Vraiment désolée...

Me dernière pensée, avant de me rendormir, avant de succomber aux charmes de cette nuit, va droit pour Rybris.

Pour une fois, Gil ne risque pas d'avoir à m'empêcher de me suicider par chagrin.

Pas avant que je n'ais arracher le coeur de ce type avec les dents s'il le faut.


No more tears,
No, 'cause nothing else matters,
I've been closing my eyes for too long,
Only vengeance will make me feel better,
There's no rest till I know that it's done...

...You've been playing my mind through my wishes,
You can feel that we're haunting the truth,
Don't know why,
Can't hold on,
Always losing control..!

In the middle of the night,
I don't understand what's going on,
It's a world gone astray,
In the middle of the night.

I can't let it end,
So I'll keep searching,
In shadows,
Your death,
I won't let it be in vain...

...In the middle of the night..!

__________________________________________



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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: In case we never meet again ; I'll remember you... (PV GIL)   Mar 01 Jan 2019, 15:47

Gil amorça un virage, dérapa dans son élan, se reprit de justesse, s’engouffra dans la ruelle… et se figea en apercevant le groupe d’hommes visiblement prêts à en découdre. Oups… mauvaise rue ! A la plus grande surprise de tout ce petit monde réuni, il éclata de rire et rebroussa chemin à toute allure. Il courait entre les passants sidérés qui n’avaient que le temps de faire un pas de côté pour l’éviter ; la situation n’aurait su être plus dramatique et pourtant, il souriait. Il s’amusait ! Quand ses poursuivants étaient pratiquement sur ses talons, il se dérobait brusquement en tournant à droite ou à gauche, puis accélérait l’allure et les semait presque… avant de ralentir ostensiblement. Il se paya même le luxe, en passant près d’un étal de petits pains tout juste sortis du four, d’en attraper un dans lequel il mordit à pleines dents tout en pivotant pour envoyer une poignée de sous en direction du boulanger estomaqué. Son petit-déjeuner dans la main, Gil traversa ainsi la moitié de la ville. Evidemment, les choses se corsèrent un peu quand la garde se mêla à la course-poursuite. Cela ne fit que nourrir l’hilarité de l’envoleur : un malfrat poursuivi par des malfrats poursuivis par des soldats… Amusé, il se prêta au jeu en laissant l’écart se réduire et le danger grandir. Désormais, il ne leur échappait plus que d’un doigt, s’amusant de sentir les poings glisser le long de son tabard et se refermer sur du vide.

Au détour d’une allée, il bondit sur une pile de caisse et se hissa souplement sur le toit d’une maison. Quelques carreaux lancés dans sa direction frôlèrent son bras et sa hanche, prouvant que la situation prenait un nouveau tournant. En hauteur cependant, il était aussi à l’aise qu’à terre, sinon davantage, et il n’eut aucun mal à sauter d’un promontoire à un autre pour gagner à nouveau du terrain sur ses poursuivants. Sa vitesse augmenta même considérablement. Il franchissait parfois le gouffre d’une rue et se réceptionnait d’une roulade parfaitement maîtrisée avant de se remettre à courir, ignorant l’équilibre précaire offert par les toits et les plaques d’ardoises parfois glissantes. Quand ils avaient le temps d’apercevoir plus que son ombre volant au-dessus de leurs têtes, les passants poussaient des exclamations de surprise mêlée d’admiration. Un petit garçon le pointa du doigt, fasciné et rêvant déjà de se mouvoir de cette façon. Tout en contournant une large cheminée, Gil jeta un coup d’œil par-dessus son épaule et sourit en voyant les malfrats s’éparpiller, désormais la cible des gardes qui préféraient s’occuper de proies plus faciles à attraper. Lui, il était arrivé à destination. Il accéléra l’allure et plongea… droit par l’ouverture d’une fenêtre grande ouverte. Il roula sur le tapis moelleux et heurta dans son élan une étagère pleine de flacons qui dansèrent dangereusement… mais demeurèrent sagement en place.

- Giliwyn SangreLune, gronda Nora, les bras croisés sur la poitrine,j’espère que tu as une excellente raison de débarquer de cette façon dans ma réserve !

Etendu sur le dos, la poitrine agitée après cette longue course à travers toute la ville, Gil leva un doigt. Une minute.

- J’attends !

D’accord. Dix secondes, alors.

Il se tortilla pour tirer une petite boîte de sa poche et Nora écarquilla les yeux en la reconnaissant.

- Nom d’une enjôleuse enjôlée ! Tu l’as trouvée !
- C’était… facile…
haleta l’envoleur en se redressant péniblement.

A genoux, il ouvrit le petit coffret, dévoilant l’anneau qui y était soigneusement rangé, puis regarda l’herboriste éberluée.

- Nora, ma chérie, me ferais-tu l’immense honneur… de mieux veiller sur les affaires de ton aïeule ?

La scène était tellement cocasse que Nora éclata de rire, bientôt imitée par Gil. Elle lui sauta au cou et l’embrassa sur la joue, avant de lui asséner une tape sur le sommet du crâne.

- Tu t’es encore mis dans de beaux draps, n’est-ce pas ?
- Pas du tout !


Des cris montèrent de la rue. Nora se redressa et jeta un coup d’œil par la fenêtre. Elle avisa les gardes qui semblaient fouiller les environs puis tourna vers Gil un regard soupçonneux. Il se leva à son tour et se passa la main dans les cheveux, exactement comme Mak quand il avait fait une bêtise.

- D’accord, j’ai peut-être légèrement dérangé la guilde des voleurs. Et deux ou trois membres de la garnison. Trois fois rien en somme.
- Gil !
- Détends-toi beauté,
dit-il d’un ton goguenard en lui enlaçant la taille, avec mon charme et ton intelligence, on va… Ouffff !

Il se plia en deux, terrassé par le coup de coude bien senti que Nora venait de lui envoyer en plein estomac. Elle en profita pour se dégager, s’affairant déjà dans l’arrière-boutique tandis qu’on frappait déjà à la porte de son magasin.

- Tu as raison, dit-elle en attrapant un large voile pourpre. Ton charme et surtout mon intelligence suffiront pour cette fois !

Et voilà comment, moins de dix minutes plus tard, Nora et sa cousine sortaient de l’herboristerie en riant comme deux demoiselles écervelées. Un soldat s’approcha d’elles, la mine dure et la main sur la poignée de son sabre.

- Nous recherchons un dangereux individu qui a disparu dans les environs, l’auriez-vous aperçu ?
- Un dangereux individu, ici ? Ciel !
s’exclama Nora, une main sur la poitrine.
- Dois-je comprendre que c’est un non ?
- Lylia, ma chère, nous n’avons croisé personne, n’est-ce pas ?


Lylia battit exagérément des cils sous son voile, trop occupée à maintenir ses jupons en place. Le soldat les observa attentivement puis les salua et les laissa passer. Nora glissa son bras sous celui de sa… cousine… et elles filèrent sans s’attarder. Elles riaient déjà aux éclats alors même qu’elles n’avaient pas tourné au coin de la rue. Et riaient encore à s’en briser les côtes quand Mak ouvrit la porte de leur maison, une vingtaine de minutes plus tard.

- Papa… ? Mais qu’est-ce que tu as encore fichu ??

Gil ôta son voile et essuya maladroitement son visage peinturluré par les soins de Nora. Il riait tellement qu’il en pleurait. A n’en pas douter, cette histoire de travestissement inopiné traverserait les âges ! Nora était de toute façon déterminée à la transmettre aux générations futures. Le monde devait savoir jusqu’où le grand Gil SangreLune était prêt à aller pour récupérer un vieux bijou de famille dérobé une semaine plus tôt. A travers ses larmes de rire, il fallait l’admettre, elle était émue ; cette bague, elle l’avait crue définitivement perdue. Gil s’était immédiatement lancé à sa recherche, refusant de baisser les bras quand elle-même s’était avouée vaincue. Elle le regarda en train de se débattre dans ses jupes ; sentant poindre un nouveau fou-rire, elle s’exila dans la cuisine. Mak avait déjà épluché les légumes pour le repas du soir. C’était tout lui : chaque fois qu’il pouvait rendre service, il le faisait et il y mettait du cœur. Comme son père, songea Nora en attrapant un couteau pour se mettre à l’ouvrage. Elle venait de mettre les légumes dans l’eau quand on tambourina à la porte.

- Gil, prévint-elle, redevant soudain sérieuse.

Il disparut à l’étage et elle alla ouvrir la porte, imaginant déjà quel bobard elle allait pouvoir servir à ceux qui recherchaient un dangereux indiv…

- Tsukia ?!



*



- Gil…

D’un geste, Gil fit taire le murmure à peine esquissé de Nora. Il ne quittait pas Tsukia des yeux, incapable d’oublier la présence du corps sur la table ni l’odeur du sang, mais attentif à la moindre de ses paroles. Elle n’avait rien dit, encore. Elle allait parler pourtant. C’était pour ça qu’elle était venue ici. Elle était rentrée – avec un mort sur le dos et le regard éteint, mais… elle était rentrée. Immobile, tendu à l’extrême, Gil attendait qu’elle s’explique. Il fallait qu’elle raconte, même si ça lui coûtait de le faire et même si cela impliquait de revivre cet enfer. Il savait ce que c’était. Une petite part de lui avait envie de la secouer, de lui arracher des informations pour aller trouver les enfoirés qui étaient responsables de ce carnage. Il la fit taire tout comme il avait fait taire Nora. Pour l’heure, Tsukia n’avait besoin que d’une oreille attentive, non pas d’une brute assoiffée de vengeance.

Il serait cette brute plus tard.

- Tu te souviens, quand je t’ai parlé de mon frère… ?

Voilà comment Tsukia commença son histoire.

L’aube était proche quand elle s’acheva. Au cours de la nuit, Nora avait servi son potage et caressé doucement les cheveux de Tsukia pour l’encourager à en boire un peu. Mak s’était endormi sur sa chaise. Il avait lutté vaillamment mais quand Nora le prit dans ses bras pour aller le coucher, il ne broncha pas. Gil, lui, était demeuré aussi immobile qu’une statue. Les bras croisés sur la poitrine, le regard dur, il avait écouté Tsukia jusqu’au bout sans jamais l’interrompre. Sa mâchoire s’était serrée quand des larmes avaient roulé sur les joues de la gamine et à la mention du nom de Rybris, il avait grincé des dents. A la fin de ce triste récit, dans son esprit, cet enfoiré était déjà mort. Il n’allait pas tarder à l’être, en tout cas. Sur cette promesse silencieuse, Gil se leva enfin. Il contourna la table sur laquelle était toujours étendu le corps de Sylvan et souleva Tsukia. Il la posa sur son épaule comme un sac de pommes de terre… et elle se laissa faire. Plus assez de force pour le repousser ou même l’envoyer paître. Elle dormait déjà quand il l’allongea dans son lit. Il la couvrit puis passa la main dans ses cheveux, le cœur en vrac ; il ne supportait pas de la voir aussi mal.

Quatre heures plus tard, elle s’éveilla en hurlant. Il s’était assoupi depuis seulement dix minutes. Bondissant dans un juron, il se prit un coup de poing en pleine figure et ce fut finalement Nora qui parvint à calmer Tsukia. Une main sur le nez, Gil la regarda endormir la jeune fille ; l’herboriste recoucha celle-ci, la borda puis se retourna et secoua la tête.

- Oh, Gil… viens là.

Le nez n’était pas cassé mais il fallut à Nora beaucoup de patience pour endiguer l’hémorragie. Gil se laissa faire, un peu sonné. Il retourna s’installer près du lit de Tsukia dès qu’elle eut terminé. Quand il sentit l’impatience le gagner, il s’employa à nettoyer ses lames jumelles. Et à les aiguiser soigneusement. Il était en train d’imaginer mille et une façon de les passer à travers le corps de Rybris quand il perçut le changement de souffle de Tsukia. Il lui jeta un coup d’œil, mais resta silencieux. Ce fut elle qui trancha le silence d’une voix qui ne lui ressemblait pas. Beaucoup trop fragile pour être la sienne.

- J’aimerais que tu cherche du bois… pour le bûcher… Je crois qu’il le mérite.
- Déjà fait.


Ses mains dansaient sur ses lames, habiles et déterminées. Il n’avait pas pu laisser le corps sur la table de la cuisine. Ça lui avait demandé du temps et pas mal d’efforts mais Nora l’avait aidée ; à deux, ils avaient érigé un bûcher digne de ce nom. Digne de Sylvan ? Gil ne le connaissait qu’à travers le récit poignant de Tsukia mais il mesurait à quel point il avait compté pour elle.

- Je suis… vraiment désolée…

Gil passa un doigt sur la lame et observa la goutte de sang qui perlait au bout de son doigt.

- C’était pas ta faute, dit-il en sachant très bien qu’elle s’était rendormie. Alors arrête de t’excuser et reprends des forces.

Il porta son doigt à ses lèvres. Le goût ferrugineux fit briller un éclat sauvage dans ses yeux.

Tapie dans son ventre, la Bête ronronna.



*



- Gil ?

Il faisait nuit. Debout sur le seuil de la chambre, Nora n’osait pas faire un pas de plus. Tsukia dormait toujours, terrassée par le choc, le chagrin mais apaisée par sa décoction et ses soins. Gil avait terminé de préparer ses lames. Elle le regarda les rengainer lentement, dans un chuintement qui lui glaça le sang. Elle avait peur de ce qu’elle pressentait. Peur du regard de cet homme, si différent de celui qui avait accepté de prendre l’apparence d’une femme pour échapper aux gardes, la veille ; c’était un regard qu’il n’avait encore jamais pris en sa présence et qui le rendait tellement dur, tellement dangereux que les paroles du soldat lui revinrent en mémoire avec violence.

Nous recherchons un dangereux individu.

Il tourna la tête dans sa direction puis se leva lentement, déployant sa haute stature parfois si maladroite qu’elle finissait par oublier à quel point il était différent des autres. Il fit un pas vers elle. Elle fit un pas en arrière. Puis un autre quand il avança encore. Est-ce que c’était un jeu ? Est-ce qu’elle craignait quelque chose ? Le cœur battant, Nora recula jusqu’à sentir dans son dos le mur du couloir. Gil s’arrêta juste devant elle. Il faisait noir, elle ne voyait pas bien son visage mais elle n’osait pas rompre le silence pour lui poser cette question qu’elle s’était souvent posée. Qui es-tu… ? Il ne répondit pas, c’était un secret qu’il ne pouvait pas lui révéler, mais il pencha la tête et, les deux mains à plat sur le mur, de chaque côté de son visage, il l’embrassa. C’était la première fois. Nora ferma les yeux, bouleversée, chamboulée par une tempête d’émotions et de sensations. D’un geste brusque, il la souleva et l’emporta dans la chambre de l’herboriste. Elle ne lutta pas. Trop troublée. Quand il la renversa sur le lit, elle s’accrocha à lui. Et quand il entra en elle, elle comprit. Alors elle le serra et lui rendit son étreinte passionnée, sachant pertinemment que ce qu’il lui offrait n’était ni plus ni moins qu’un au revoir.

- Je reviendrai, souffla la nuit quand Nora ferma les yeux.

Lorsqu’elle les rouvrit, la chambre était vide.



*



La brume matinale s’enroulait autour des cimes et l’air frais piquait les poumons à chaque inspiration. Juché sur le dos de Chante-Brume qu’il avait arrêtée à la lisière d’Ombreuse, Gil souffla et un petit nuage se forma devant ses lèvres. Il songea qu’il n’allait pas tarder à neiger. De fait, il avait enfilé sa première chemise de la saison sous son tabard de cuir. Un carquois rempli de flèches dans son dos, son arc rangé contre sa jambe, ses lames dormant sagement dans leurs fourreaux à sa ceinture et les mitaines secrètes de Dil’Duran aux mains, il semblait prêt à partir au combat… La dureté de son regard ne trompait pas. Chante-Brume renâcla soudain et agita les oreilles ; il la calme d’une main sur l’encolure et regarda le cavalier trouer la brume pour venir dans leur direction. Mince, sec, impeccable dans sa tenue d’un rouge vif, Ecarlate fixée entre ses omoplates, Seren arrêta sa monture à côté de celle de celle de Gil et planta ses yeux gris dans ceux de son ancien élève.

- Il faut que l’affaire soit sérieuse pour que tu daignes me demander un coup de main, fit-il remarquer sans parvenir à effacer un sourire goguenard de ses lèvres.
- Même un vieux schnoque dans ton genre peut-être encore utile.
- Je t’emmerde, mon grand. Alors, on y va ? Tu me raconteras ta vie en chemin !
- Non.
- Comment ça non ?
- On l’attend.
- On attend qui ?


Gil ne répondit pas. Il regardait la silhouette qui émergeait à son tour du brouillard. Seren en fit de même et haussa un sourcil en découvrant la cavalière. Une gamine aux cheveux noirs et au regard farouche… Un katana et une flasque à portée de main… Aile de Corbeau ?

- Tu plaisantes, j’espère ? grogna-t-il en plissant les yeux.

Gil se contenta de saluer Tsukia d’un signe de la tête. Elle avait l’air d’avoir récupérer. Il avait laissé une note sur sa table de chevet pour qu’à son réveil, elle sache où le retrouver. Pas besoin de lui demander son avis ni même de s’expliquer : c’était évident. Il allait chercher les ennuis avec elle. Non, c’était Rybris qui les avait cherchés en commettant l’erreur monumentale de blesser Tsukia. Il allait se prendre un cabochard dans la tronche, pour la peine.

Et c’était tant pis pour lui.

- Maintenant, on y va.


[Bon sang ! Quand Gil est comme ça je crains toujours le pire... ! Je n'aimerais pas être ç la place de Rybris. Sérieusement. Bref... c'est reparti pour un tour, comment mieux démarrer l'année ? ]

__________________________________________

"Mon passé est un champ de ruines et mon présent est un vrai bordel. D'où me vient ce fichu espoir pour l'avenir, alors ??"

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Tsukia Til'Werin
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MessageSujet: Re: In case we never meet again ; I'll remember you... (PV GIL)   Mar 01 Jan 2019, 19:30

Je m'éveille doucement.

Normalement, je chercherais probablement Gil, soit pour m'excuser, soit pour autre chose.

Pourtant je me contente de me lever, de bouger mes articulations.

Elles auraient besoin d'un décrassage matinal, comme dirait Gil, mais je me contente de me lever, passer mes vêtements noirs, signature de ma ''seconde personnalité'', puis d'attraper mes armes.

Je m'apprête à sortir quand j’aperçois le bandeau, déposé sur un petit bureau juste à la sortie de la chambre, et serre les dents en l'attrapant, le visage de Sylvan, rieur, ce fichu truc au front, me revenant en mémoire.

Je le passe autour de ma tête puis sort de la chambre.

Je m'apprête à dire quelque chose à Nora, qui semble bouleversée, en me voyant passer, mais elle me sourit doucement et hoche la tête en pointant une flasque et une note, sur la table, que j'attrape pour lire en partant.

Ouais, moi aussi, je reviendrais...

...Même si je le voulais pas, Gil m'y forcerait.

Mais d'abord, il est temps de chasser un enfoiré imbécile. Il as toujours aimer faire des blagues, se moquer des gens...

...On va voir comment il aime la blague finale de Sylvan, me dis-je en agrippant malgré moi la paire de gants sans doigts de celui-ci, que j'ai subtiliser à son corps avant de venir retrouver Gil, ça me sert le coeur de les passés, mais plus que tout, ça me rappelle que je n'ais plus le droit de mourir.

Parce que d'abord, je dois tuer Rybris.
Puis Stenam.

C'est pas héroïque, c'est plutôt ridicule, il doit y avoir des centaines de gamines comme moi, là, dehors, mais voilà, moi...

...Moi je n'oublierais jamais.

Et l'ironie d'étrangler Rybris avec les gants qu'il as lui même offerts à Sylvan pourrait presque me faire sourire alors que je monte sur ma jument.

Presque, parce que d'abord, je veux qu'il comprenne, qu'il souffre, qu'il ais peur.

Il veux tuer mes amis, alors je vais tuer les siens.

Il as tuer une partie de ma famille, alors je vais tuer la sienne.


Here we are again...

Just me and you comedian, right..?

With your lightning, your golden eyes.

You should better be prepared because soon...

...Your last hour strikes..!

One step left now, it's almost time,
Show you what my determination has still left for you to get back to.

You should prepare to just die,
Like all your friends you'll have a really bad time...

Je sors doucement de la brume, la flasque de Nora à ma ceinture.

J'entends d'ici Gil et un inconnu parler, dans le silence matinal.

Puis un ''Tu plaisante, j'espère?'' qui me fais serrer les dents malgré moi et lever les yeux sur l'inconnu, qui ne se gêne pas pour m'étudier de haut en bas comme s'il tentait de décider si je vais survivre dix minutes.


Hep, vieillard...

L’intéressé grince légèrement des dents, c'en est presque Gil-esque.

Si tu arrive pas à suivre, on t'attendras pas...

...C'est pas un camp de vacances, on as de l'ex-mentaï à chasser.


Ses yeux grandissent un moment.

Ah bon, Gil lui avait pas dit? Enfin, il croyait peut-être que j'étais pas au courant, faut dire je savais pas au début, mais il n'y as pas trente six possibilités avec ce que je l'ais vu faire et ce que je sais de lui.

Je claque de la langue et commence lentement la chevauchée, les deux hommes me suivent, à ma droite. Je suppose que je devrais leur donner notre destination, parce que juste chevaucher vers le sud ouest, c'est pas très précis.


Il y as une tour, dans les dentelles vives. Très bien gardée, il y as un petit bois au pied de la montagne souvent patrouiller par des gardes et des chiens.

Quelqu'un là bas sait quelque chose, probablement un des commandants, donc ceux qui ont de beaux vêtements restent en vie.

Pour les autres...

...Tuons les tous...

...La dame décideras qui est coupable plus tard.


Sylvan était comme un frère, un peu comme Gil, un peu comme Mërl, un peu comme personne d'autre.

C'est pour lui que je suis devenue une vagabonde, pour lui que je suis devenue plus forte, pour lui que je me suis forcée à survivre pendant des années, pour un jour le retrouver et lui apprendre à payer l’intérêt sur ses dettes.

La première fois, je n'ais pas osé... Non, je n'ais pas eu l'occasion de venger mon frère.

Cette fois, je vendrais mon âme au diable pour en avoir la chance.


But guys like you are always just fools,
Come at me, try to kill me with your fancy tools...

...Let's go, now the room gets chiller...

...Let's go, you dirty brother killer..!

Quand nous arrivons à la tour, il est déjà trop tard.

Cet enfoiré as pris ses précautions, me dis-je en marchant doucement dans les couloirs, étage par étage, suivie de Gil et de l'autre type - C'était quoi son nom? Feren? Teren? Seren? - qui observent avec moi le carnage.

Quelqu'un, ou quelque chose, est passer ici.

Et c'était un carnage, parce qu'il ne semble rester que des cadavres et des restes brûlés de papier ici et là.

Nous grimpons, un étage à la fois, prenant le temps de s'assurer qu'il n'y ais rien d'utile à chaque fois. On as pas échanger un mot depuis notre arrivée, jusqu'au dernier étage, où nous remarquons tous un bruit. Je défonce la porte, suivie de près par mes compères, dont un, serremachinchouette, est déjà prêt à défoncer des crânes, à croire qu'il est juste là pour la chance de se battre, quand je laisse mes bras tomber malgré moi en apercevant la nana, au bout de la salle, qui se retourne d'un coup et s'élance vers nous, des protections en métal aux poings.

Je soupire malgré moi en bougeant la main pour indiquer à mes ''Associés'' de ne rien faire alors que je retire mon masque et fixe la jeune femme, qui stop son élan à un centimètre de mon visage en écarquillant les yeux.

Moi je me pince l'arrête du nez, ça m'en donne mal au crâne cette histoire.


Giliwyn, machin chouette, je vous présentes Angelica Crowe.

La folle dingue originelle.


Je l'évite d'un pas à gauche quand elle s'élance vers moi et elle se vautre au sol en criant ''TSUUUUU!'' avant de se frotter les fesses comme si c'était douloureux...

...Alors qu'elle s'est pris le plancher en pleine poire, ses fesses vont très bien.


Je crois que j'ai une contusion...

...Tu regarderait pas pour moi, dis, Tsu-chérie..?


Je devine d'ici le nombre de question des deux hommes, de chaque côté de moi, et ça me fait grogner de façon Sangrelunesque.

C'est à en croire que tout mon passé me reviens à la figure. C'est quoi la prochaine, on me révèle que tout ça était une blague de mauvais goût imaginer par Angie..?

Bon, cela dit, j'ai à la fois envie de lui demander ce qu'elle fiche ici, lui ficher un poing sur la tempe...

...Et de demander à seretruc ce qu'il as trouver pour étudier un papier qui semble sans importance aussi attentivement.

...Un papier qu'est pas brûler.

Bon bah il semble que notre folle dingue était l'équipe de ménage, ça explique au moins une chose, me dis-je en soupirant.


T'as trouver un truc..?

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: In case we never meet again ; I'll remember you... (PV GIL)   Mar 01 Jan 2019, 23:31

- Hep, vieillard… si t’arrives pas à suivre on t’attendra pas…

Seren cligna des yeux sans répondre, puis jeta un coup d’œil suspicieux en direction de Gil.

- C’est elle qui t’a fait ça, n’est-ce pas ? demanda-t-il en désignant les contusions sur le nez de l’envoleur.

Celui-ci haussa les épaules et Tsukia en profita pour continuer.

- C’est pas un camp de vacances, on a de l’ex-mentaï à chasser.

Cette fois-ci Seren tiqua. Ah oui… ça, songea Gil en faisant avancer Chante-Brume d’une pression des genoux. Ce n’était pas la partie la plus simple de cette histoire, en effet. Pas sûr que Seren eut accepté sa proposition s’il avait été en possession d’un détail de ce genre. En fait, il pourrait même tourner les talons et prendre la poudre d’escampette, c’était parfaitement son style ; mais contre toute attente, l’ancien mentor de Gil mena sa monture à leur hauteur.

- Les mentaïs ont la peau dure, marmonna-t-il. Qu’est-ce que tu as fait à celui-ci ?
- C’est lui qui a fait de vilaines choses.


Seren regarda tour à tour Tsukia puis Gil. Il secoua la tête.

- Je vois. Donc, tu entraînes ton élève là-dedans sans la moindre hésitation. Je croyais t’avoir enseigné la prudence.
- Tu dois confondre avec la folie.
- Hum. La raison, alors ?
- Toujours pas, non.
- Diantre, à quoi est-ce que je pensais alors ?
- A me tuer.
- Ah oui…


Malgré lui, Gil esquissa un fantôme de sourire. Seren croyait que Tsukia était son apprentie. Il n’avait pas cherché à le détromper, à la fois parce que ce n’était pas vraiment faux et parce qu’il ne valait mieux pas dévoiler la véritable nature de la jeune femme à l’envoleur. Seren était un véritable tueur de marchombres. Il n’hésiterait pas à assassiner Tsukia et, pour impressionnante qu’elle était, celle-ci n’était absolument pas de taille à rivaliser avec un vieux renard comme Seren Til’Sylverin. A supposer quel quelqu’un l’était, ce dont il doutait fortement.

- Alors, où est-ce qu’on va ?
- Il y a une tour, dans les Dentelles Vives…



*


Les Dentelles Vives.
Véritable écrin de roche et de glace mêlées, mince frontière entre deux régions, infranchissable bastion naturel, la chaîne de montagnes s’élevait devant eux. Tsukia avait raison ; il y avait, dans le bois qui recouvrait les flancs escarpés, une haute tour délabrée et quelques baraquements qu’ils trouvèrent éventrés. Ils avaient été doublés, comprit Gil en mettant pied à terre, imité par ses compagnons. Sur le qui-vive, il déambula parmi les restes de la bataille : des pans de bâtiments brûlés et défoncés soulignaient la violence de l’attaque, la disposition des corps et leurs blessures indiquaient que celle-ci avait été brutale. Ceux qui vivaient là n’avaient rien vu venir. Voyant Tsukia se diriger vers la tour, Gil la rejoignit et Seren ferma la marche. Ils empruntèrent un escalier en colimaçon et prirent le temps de fouiller minutieusement chaque étage. Ils atteignaient le dernier quand un bruit les arrêta un instant. Echange de regards.
Décision.

Tsukia fut la première à débouler dans la pièce, suivie de très près par un Seren bouillonnant, prêt à en découdre avec n’importe qui désireux d’engager la lutte. Gil fut le dernier à atteindre le palier. Il s’attendait à trouver les responsables du carnage de l’extérieur, mais en découvrant la silhouette au milieu de la pièce, il haussa les sourcils, surpris. Tsukia, elle, fondit littéralement sur la silhouette et lui balança un direct au menton. Seren poussa un petit sifflement admiratif. Gil secoua la tête. Toujours pas la délicatesse qui l’étouffait, celle-là… La victime de ce joli coup de poing était un beau brin de femme, comme en témoigna le nouveau sifflement de Seren, plus appuyé. Gil leva les yeux au ciel. Fallait-il vraiment lui rappeler de quel bord il était ?

- Giliwyn, machin chouette…
- Seren !
- … je vous présente Angelica Crowe. La folle dingue originelle.


Il y avait une tension dans la voix de Tsukia qui mit la puce à l’oreille de Gil ; il ferma à demi les poings, prêt à réagir dans la seconde s’il le fallait. Contrairement à Seren, qui salua la nouvelle venue avec l’exagération qui le caractérisait, lui se contenta de la sonder de son regard dépareillé. Il n’avait aucune confiance en elle. En fait, il la tenait pour responsable de l’état des lieux. Angelica Crowe… Angie ? Celle du récit de Tsu ? Perplexe, il la regarda faire son petit manège tandis que Seren, lassé d’être ignoré, se mettait à fureter dans la pièce. Quand il ramassa un bout de papier, le regard de la fameuse Angelica changea.

- T’as trouvé un truc… ?
- Canevas, brin, linge…
lut Seren en fronçant les sourcils. On dirait une liste de blanchisserie.

Gil allait lui rétorquer une réplique gouailleuse mais il remarqua alors l’expression d’Angelica Crowe.

- C’est ça. C’est un indice.
- Comment ça, un indice ! Il n’y a que le nom d’un tisserand, un certain…
- Stenam.
- Oui ! Comment le sais-tu ?


Angelica bondit avant que Gil ou Tsukia aient eu le temps de répondre. Elle sauta par la fenêtre et se mit à descendre à toute vitesse.

- Alors qu’il suffit de prendre les escaliers ? s’étonna Seren.
- C’est toi qui vas prendre les escaliers, fit Gil avant de s’élancer vers la fenêtre à son tour. Et garde ce papier ! On se retrouve en bas.

En les voyant tour à tour disparaître, Seren secoua la tête et soupira.

- Les jeunes…


*

- Crowe !

L’interpelée leva les yeux et faillit perdre l’équilibre en voyant Gil la rejoindre aussi aisément que s’il se trouvait sur la terre ferme. Tsukia n’était pas loin. Elle jura et regarda en bas. Sauter ? D’aussi haut ? C’était très risqué mais…

- Rybris est un traître !

Elle se figea.

Quoi ??

- Salut, fit alors Gil en s’arrêtant près d’elle, et il se paya même le luxe de lui tendre la main, ignorant sans doute à quel point son geste était inconcevable alors qu’ils étaient suspendus au-dessus du vide. Moi c’est Gil. Si tu prends la peine de nous écouter, tu comprendras que toi aussi tu t’es fait avoir. Et si tu ne veux pas terminer comme Sylvan, je te conseille de le faire…

Gil parlait peu mais il parlait bien… Une poignée de minutes plus tard, ils rejoignirent Seren qui les attendait tranquillement en bas, assis sur un bloc de pierre. Gil entraîna ce dernier à l’écart pour laisser les deux jeunes femmes discuter entre elles. Tsukia devait elle-même lui raconter son histoire, sans quoi son amie ne la croirait pas. Elle était sans doute le seul moyen qu’ils avaient de mettre la main sur Rybris. Celui pour trouver Stenam se trouvait entre les lignes du papier que Seren tenait dans sa main.

- Elle se trouve où cette blanchisserie ?
- Varenz. Je connais ce bled, au sud de la Passe de la Goule… T’as du linge à laver, SangreLune ?
- Tu te rappelles de l’auberge d’Albiron ?
- Un peu, oui ! Quelle bagarre mémorable ! Oh ! Je vois… tu veux dire que la blanchisserie dissimule autre chose ? Comme l’auberge d’Albiron ?
- Ouais. Ce Stenam, c’est une belle ordure. Il doit se planquer là-bas. Qui soupçonnerait une blanchisserie ?

- Certainement pas moi…

Gil hocha la tête. Il observait les deux filles en train de discuter. La voix de Seren le ramena à la réalité.

- Et l’autre type ? Celui que vous avez juré d’écorcher vif ?

Le regard de Gil glissa vers Seren, qui haussa les épaules.

- Hé, on lit en vous deux comme dans un livre. Tu devrais lui apprendre à mieux dissimuler ses émotions. Enfin, c’est ton apprentie, pas la mienne.

Gil fronça les sourcils, mais reporta son attention sur Tsukia.

- Ce n’est plus un mentaï, dit-il en la regardant agiter les bras, visiblement plongée dans son récit.
- Soit il l’est toujours, soit il ne l’a jamais été, corrigea Seren d’un ton égal. Y’a pas de demi mesure.
- C’est un malade. Il est plus dangereux que toi et moi réunis.
- C’est encourageant, vraiment…
- Rybris, ça te dit quelque chose ?


Gil mit plusieurs secondes à réaliser que seul un silence pesant lui répondait. Quand il jeta un coup d’œil vers Seren, celui-ci avait déjà retrouvé son masque impassible. Il savait dissimuler ses émotions, lui.

- Vaguement.
- Que sais-tu sur lui ?
- Le mot « vaguement » échappe-t-il à ton vocabulaire ?


S’il aurait bien aimé envoyer son poing dans la figure de son ancien mentor, comme Tsukia tout à l’heure, Gil s’abstint : les filles revenaient. Il haussa un sourcil en regardant Tsukia, une question silencieuse au fond des yeux : avait-elle réussi à convaincre Angelica de les aider ?

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Tsukia Til'Werin
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MessageSujet: Re: In case we never meet again ; I'll remember you... (PV GIL)   Mer 02 Jan 2019, 07:45

Quand on connais bien Sylvan, il y as certaines évidences qui s'installent.

D'abord, il ne paie jamais ses dettes, à une exception près.
Ensuite, c'est... C'était un joueur éternel, parieur comme pas deux.
Mais surtout, surtout, son bandeau ne le quittait jamais.

Il dormait avec, se lavait avec, au fond, me dis-je, il devait sûrement même baiser avec.

Quand mes mains ont simplement ramener mes cheveux derrière ma nuque, sans rien dire, elle semblait se demander à quoi je jouais.

Puis elle l'as vu.

Le bandeau, toujours aussi soigné que le premier jour, il en prenait tellement soin, ce bougre.

Et elle as compris avant même que je commence mon récit.

Désormais, j'ai fini de parler.
Désormais, nous restons silencieuses, le temps qu'elle réponde.

Et moi j'observe ce Seren, du coin de l'oeil.
Quand il m’aperçoit en train de le fixer, il me fait signe de la main de façon presque moqueuse, comme si la vie était une blague.

Sait-il qu'en ce moment, je ne pense qu'à une chose..?

Sait-il qu'en ce moment, je me dis simplement qu'il me faut trouver un moyen de devenir plus forte que Rybris, même si ce n'est qu'une poignée de secondes, pour pouvoir le vaincre..?

Sait-il qu'il semble être un partenaire d'entrainement qui ferait vastement l'affaire..?

Gil voudrais sûrement m’assommer, s'il m'entendais penser. Mais voilà, je suis trop faible pour marcher à ses côtés, à l'encontre de Rybris, je suis aussi trop faible pour ma vengeance.

Et surtout, je ne suis pas encore assez habituer à me battre contre quelqu'un mille fois plus fort que moi sans aide.

Peut-être est-ce de la folie, pourtant, quand je m'approche d'eux, suivie par une Angie en réflexion intense, je n'ais qu'une chose, à leur dire.


Ce n'est... Pas la première fois... Que je me retrouve cible d'un mentaï.

Ce n'est pas la première fois que l'un d'eux lève une arme si près de moi...

...Connaissez-vous un Mentaï muet?

Il parle dans la tête des gens, il traite tout le monde de cible, ou bien il parle d'une liste...

...Pas sûr que ce soit son vrai nom, mais il s'est nommer Bastian...


Leur façon de réagir me dis que oui, ils le connaissent.

D'abord parce que Gil semble inconfortable de savoir que je me suis retrouver dans son collimateur.

Ensuite parce que ce Seren, lui, plisse les yeux très légèrement, m'étudiant une seconde fois à la vitesse de l'éclair, mais sous un autre angle cette fois.

Sous le même angle que ce mentaï.

Et quand je m'assois doucement avec eux, je réalise ce qu'il doit se demander en ce moment même...

...''Pourquoi ce mentaï là chasserait-il une simple apprentie envoleuse..?''

Et qu'il doit donc avoir des doutes, parce qu'il semble être bien des choses, mais pas un idiot.

Mais surtout parce que pendant un instant, il m'étudie comme j'étudiais mes cibles, en tant qu'aile de corbeau.

Il m'étudie comme une proie.

Mais s'il veut jouer au chasseur, qu'il attende son tour, on verras APRÈS que Rybris soit six pieds sous terre.


Move fast baby,
Don't be slow.

Step aside, reload,
Time to go.

I can't seem to control,
All this rage that's inside me.

Hold it fast,
They've been dancing on this,
Branded by fire on the abyss.

Red hot temper,
I just can't resist,
All this vengeance inside me.

J'ai aucune idée de ce que cache la blanchisserie, mais je sais au moins une chose ; Rybris était particulièrement insistant sur le fait que PERSONNE ne devait être au courant de son existence...

...Si quelqu'un l'apprenait, je devais lui faire un rapport direct quand il communiquerait avec moi ce soir.

AVANT que vous ne me demandiez où, il ne communique jamais ses ordres de façon physique.

Toujours par l'imagination.


Angie soupire.

Bon, elle as pas grand chose qui puisse nous aider, mais c'est pas comme si on y pouvait quelque chose, me dis-je en lui enfonçant le nez sans cérémonie alors qu'elle tente de m'agripper la poitrine par derrière.

Cette fille as beau être devenue cents fois plus douée, elle n'as pas changer niveau attitude... Et, surtout, Rybris ne lui as appris que le minimum, il me semble.

Moi c'est plutôt le contraire, je suis l'apprentie qui bastonne avec les maîtres simplement parce qu'ils sont là.

C'est la seule façon que je connais de continuer à avancer, de m'améliorer.

J'ai besoin de me dérouiller les articulations, d'ailleurs, me dis-je en frappant légèrement l'épaule de Gil.

Geste anodin qui est notre façon de dire ''J'ai b'soin de taper sur un truc et ce truc ça va être toi.''

C'est pratique, et puis ça défoule.

Quand je me bas, en général, je fais exprès de pas TROP me donner à fond, surtout à l'académie, ou en cours en général.

Parce que c'est pas super bien vu, en général, l'apprentie marchombre qui non seulement aime se battre, aime faire couler le sang...

...Mais qui aime aussi la violence pure et simple.

Peut-être qu'au fond, j'aurais été comme Rybris, si les choses avaient été différentes, me dis-je en prenant place. Gil arrête pas de me dire que je devrais apprendre à me donner à 100% dans mes combats, en tout temps, mais voilà, une partie de moi crois toujours que le point de non retour, il serait exactement là.

Contre lui, cependant, nous avons établis quelque chose, une règle.

On commence simple et on augmente le rythme, jusqu'à ce que l'un de nous deux passe vraiment à deux cheveux de tuer l'autre, ou que l'un de nous ais tout simplement surpasser l'autre sur tout les points, donc que ce soit inutile de continuer.

Je ne l’atteins pas encore, ne le pousse pas à devenir vraiment sérieux, mais chaque fois j'approche, de quelques secondes de plus, du moment où je pourrais enfin le forcer à être sérieux.

Peut-être que ça prendras des années, peut-être que j'y arriverais jamais.

Mais j'ai encore espoir que, un de ces jours, je repousse cette peur, en moi, du fait que j'aime me battre.

Et que ce jour, je réussisse enfin à lui forcer la main, qu'il m'assomme non pas pour m'empêcher de gigoter, mais bien parce qu'il n'as pas d'autre choix.


Here Standeth the Bird of Hermes,
Eating my own wings to keep myself tame...

...When hope is gone,
Undo this lock,
And sent me forth,
On a moonlit walk...

-''The bird of hermes''
''The Ripley Scroll''
Slightly Modified Quote. -
*Voir le HRP au besoin pour une explication de ceci.

Je suis crevée, Gil semble plus essoufflé que la norme aussi.
Faut dire, j'y ais mis pas mal de rage, cette fois, pour tenter de calmer mes envies de tuer tout ce que je vois jusqu'à trouver Rybris.

Je lève ma tête malgré moi, quand un léger bruit attire mon attention... Apparemment qu'on faisaient un meilleur spectacle que je le croyais, parce qu'Angie et Seren sont là, à nous regarder, sourire aux lèvres, à applaudir de façon carrément sarcastique, selon moi.

D'un coup je corrige ce que je pensais plus tôt.

Seren se doute de rien. Angie non plus.

Si l'un d'eux savaient qu'ils viennent de voir une apprentie marchombre se battre contre un maître envoleur, ils demanderaient sûrement pourquoi il y as deux survivants et pas de cadavre.

Et ils auraient raison tout en ayant tord.

Parce que je ne suis pas vraiment marchombre.

Parce qu'il n'est pas aussi envoleur qu'il aime le penser.


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MessageSujet: Re: In case we never meet again ; I'll remember you... (PV GIL)   Jeu 03 Jan 2019, 22:02

A l’instant même où Tsu ouvrit la bouche Gil sut qu’elle allait faire une connerie. C’était comme un sixième sens, une intuition très fine, un vif pressentiment – pire : une certitude absolue. Et trois, deux, un…

- Ce n’est… pas la première fois… que je me retrouve cible d’un mentaï. Ce n’est pas la première fois que l’un d’eux lève une arme si près de moi…

Bingo, soupira Gil en se pinçant l’arête du nez tandis que Seren plissait les yeux. Il allait la tuer. Avant Seren, de préférence, ce qui n’arrangeait que de peu l’énorme problème de Tsukia puisqu’elle allait un peu moins souffrir avant de mourir. Sérieusement, c’était quoi le plan ? Laisser un petit mot à Rybris avec une bravade du genre « désolée vieux, j’ai déjà été massacrée mais c’était sympa, salut ! » ? Il avait fait le choix d’impliquer Seren dans cette histoire pour la simple raison qu’il ne pouvait pas se permettre de lâcher la bride à sa bestialité sans personne pour l’arrêter. Seren était la chaîne dont il aurait besoin si jamais les choses dérapaient. Il avait compté sur la discrétion de Tsukia pour taire sa nature mais visiblement, celle-ci avait décidé de ne PAS être discrète DU TOUT. Sentant poindre une formidable migraine, Gil ferma les yeux. Les rouvrit au nom de Bastian. Enfer, dites-moi que je rêve… Hééééélas non. Il suffisait de regarder Tsukia pour se rendre compte qu’elle ne plaisantait pas. Bastian Derue ? L’enfoiré qui passait son temps à lui assigner des missions tordues ? Et à lui demander des comptes ? Ce mentaï-là ?

- T’en as d’autres des surprises de ce genre ?

Contre toute attente, ce fut Angelica qui répondit.

- Elle me désire de tout son corps mais elle refuse de se l’avouer !

Voilà, voilà. C’est comme ça que pendant que Tsukia réglait son compte à la folledingue originelle sous le regard perçant d’un Seren trop silencieux, Dame Migraine fit son entrée fracassante sous le crâne de Gil.


*


- Je n’ai aucune idée de ce que cache la blanchisserie, mais je sais au moins une chose ; Rybris était particulièrement insistant sur le fait que PERSONNE ne devait être au courant de son existence… Si quelqu’un l’apprenait, je devais lui faire un rapport direct quand il communiquerait avec moi ce soir.

Gil ouvrit la bouche…

- AVANT que vous ne demandiez où, il ne communique jamais ses ordres de façon physique. Toujours pas l’Imagination.

… et la referma dans un grognement. Cette fille l’agaçait avec sa façon d’accentuer certains mots comme si elle les prenait tous pour des demeurés. Il se remit à faire les cent pas sous l’œil impavide des trois autres. Ils s’étaient un peu éloignés des ruines et depuis quelques minutes, chacun y allait du sien pour tenter d’y voir plus clair. Autant dire que ce n’était pas gagné.

- Ce Rybris n’est pas un bleu.
- Depuis que nous…
commença Angelica avant de jeter un bref coup d’œil en direction de Tsukia – depuis que je travaille avec lui, je n’ai jamais vu personne réussir à lui tenir tête. C’est le meilleur.

Gil donna un coup de pied dans un caillou puis se laissa tomber sur une roche plate et se prit la tête entre les mains. Oui, il le savait ! Il n’avait pas énormément croisé cet énergumène, mais il ne lui avait guère fallu plus de quelques minutes à ces côtés pour mesurer l’énorme puissance de cet homme. Pouvaient-ils cependant le laisser agir à sa guise ? Jamais, murmura l’éternel rebelle en lui. Pas question d’offrir à cet enfoiré la moindre chance de briser encore une vie comme il s’amusait à le faire. Ils ne valaient sans doute pas mieux que lui mais c’était personnel, désormais ; aucune chance d’empêcher Gil de mener à bien cette mission. Ils allaient trouver ce fumier et lui faire payer ses atrocités. Un coup sur son épaule le tira de ses sombres songeries et il leva les yeux pour croiser le regard frondeur de Tsukia. Il savait lire dans ces yeux-là et le message qu’il perçut était très clair. Quoi, maintenant ? Nouveau coup de poing, plus dur, plus sûr. Oui, maintenant. Gil soupira à nouveau… et répliqua avec une telle énergie que même Seren sursauta.

- Wow,souffla Angelica alors que le duel prenait des proportions hallucinantes. Ils sont toujours comme ça ?
- Elle je ne sais pas, mais lui c’est la première fois que je lui connais une telle détermination,
répondit Seren, visiblement songeur.

Angelica aussi observa la scène avec un grand intérêt. C’était curieux, mais ce Gil lui rappelait énormément Sylvan alors que physiquement ils n’avaient pas grand-chose à voir… était-ce la façon dont Tsu le regardait qui lui donnait cette impression ? Ce regard dont elle avait toujours été jalouse ? Elle serra les poings en sentant un élan de colère noire bouillonner à l’intérieur de ses veines. Si cet homme disait vrai, et si Tsu ne lui avait pas menti, alors Rybris les menait en bateau depuis le début. Comment n’avait-elle pas remarqué son manège ? Comment avait-elle pu se montrer aussi idiote ?

- Elle a le même défaut d’appuis que lui, commenta Seren avec amusement, toujours accaparé par le combat qui se déroulait sous leurs yeux. Y’a pas à dire, ils font vraiment la paire…

Gil se foutait pas mal de ses appuis. Comme il se foutait pas mal aussi de leurs spectateurs. Comme chaque fois qu’il se battait avec cette frapadingue, une bulle les enveloppait dans sa gangue, les coupant du monde et de tout ce qui pouvait interférer dans leur échange. Oh, il voyait bien ce nourrissait la rage de Tsu, et il voyait encore mieux ce qui l’empêchait de tout laisser exploser. Tu veux pas lâcher prise, hein ? Poussé par son propre désir de se laisser aller, Gil ne retint pas ses coups. Il faillit la tuer trois fois et si elle n’avait pas encore atteint son niveau, elle le menaça très sérieusement aussi. Ce qu’elle accomplit là, elle ne l’avait encore jamais osé auparavant ; bien qu’il l’ignorât, Gil était le seul capable de lire en cette drôle de femme, et de lui donner le loisir de toucher ses limites. De les repousser pour enfin démontrer ses véritables capacités. Quand il la sentit proche de son point de rupture, il lui décocha un formidable coup de pied circulaire qu’elle para de justesse, mais qui la laissa sur le carreau. Pas mal essoufflé, il se laissa tomber près d’elle.

- Joli jeu de jambes… mais ton revers est encore bourré de failles, stupide morveuse.

Le sourire qui barrait son visage nuançait ses paroles. Il disparut quand des applaudissements retentirent.

- Enfer, marmonna-t-il en se redressant péniblement. Je les avais oubliés ces deux-là.

Seren était aussi enthousiaste qu’Angelica mais Gil n’était pas dupe.

- Magnifique ! s’écria ce dernier. Tsukia, tu es douée. Très douée même. Gil, espèce de morveux stupide, c’était quoi ce revers perclus d’ouvertures ?!
- Oh, la ferme,
bougonna Gil en ayant la désagréable impression d’être revenu des années en arrière.

Il épousseta son tabard et fit rouler les muscles de ses épaules.

- Bon, c’est bien beau tout ça mais on fait quoi, maintenant ?
- Rybris ne sait pas qu’on sait pour la blanchisserie. C’est notre atout.
- On va se séparer,
fit Gil en frottant sa mâchoire endolorie. Si Rybris contacte Angelica ce soir alors on doit pouvoir le surprendre. Mais s’il parvient à filer, il faut assurer nos arrières.
- Toi et moi ?
s’enquit Seren. Comme au bon vieux temps ?
- Nan. Tu vas rester ici avec Angelica. Tsu m’accompagne à la blanchisserie.
- Pas d’accord ! Je veux être avec Tsu ! Je serai sage !
- Seren est le seul qui est capable d’affronter Rybris, et Tsukia connait Stenam, elle saura le trouver. On fait comme j’ai dit.


Angelica se mit à bouder comme une gamine, mais cela ne les empêcha pas de se séparer selon l’idée de Gil.

- On suit le plan et on se retrouve dans deux jours au sud des Dentelles Vives, dit-il en se juchant sur le dos de Chante-Brume.

Seren hocha la tête. Il gratifia son ancien apprenti d’un regard que celui-ci ne parvint pas à déchiffrer puis laissa filtrer un rictus.

- Tu sais que tes plans foirent toujours ?
- Ouais.


Chante-Brume se cabra et s’élança pour suivre la monture de Tsukia qui filait déjà à toute allure. Est-ce que c’était parti pour foirer ? se demanda Gil, couché sur l’encolure de sa jument, les yeux rivés sur la jeune femme. Est-ce que les dés étaient déjà jetés ? Il n’avait pas pu se résoudre à quitter Tsu. C’était impossible pour lui de la laisser seule alors qu’elle était venue chercher son aide. Mais il venait de perdre son garde-fou en laissant Seren derrière lui… Mieux valait que la situation ne dérape pas. C’était pourtant très simple : trouver Stenam et lui faire bouffer ses dents. Rybris allait être plus difficile à attraper, mais s’il fallait s’y prendre en plusieurs fois, pas de souci ! Il rattrapa enfin Tsukia et se plaça à sa hauteur. Ce bandeau lui allait plutôt bien, se dit-il brusquement. Il avait sans doute le même rôle que le bracelet de cuir qui ornait son propre poignet : un témoin du passé qui permettait de vivre à fond l’instant présent, et de continuer à avancer…

Que laisseraient-il derrière eux s’ils venaient à tomber ?

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MessageSujet: Re: In case we never meet again ; I'll remember you... (PV GIL)   Sam 05 Jan 2019, 08:24

Je le sens pas, ce plan.

Je sais pas pourquoi, mais pas du tout, pourtant, l'hors de notre première pause, sur le chemin de la blanchisserie, pour manger un truc, j'avoue mes doutes à Gil... D'une certaine façon.


Hep Gil...

...J'ai remarquer l'arme de ce Seren... Tu veux bien m'expliquer à peut-prêt comment il s'en sert..?

...J'ai le mauvais pressentiment que je vais me retrouver à l'affronter, et pas en bon termes...


Et puis en plus je me sens bizarre, je sais pas ce que j'ai, mais j'ai mal au crâne et puis j'ai une drôle de sensation, comme un point vraiment pas plaisant au milieu du dos...

...Pas le meilleur moment, si je dois me sauver d'un maître envoleur d'expérience...


The secret side of me,
I never let you see,
I keep it caged,
But I can't control it...

Rybris

L'homme soupira en observant l'état du dernier étage de la tour.

Angelica devait avoir été surprise pendant sa besogne, car c'était loin d'être bien fait, comme ménage.

Il se déplaçait rarement, mais le genre d'information qu'il avait reçu n'était pas quelque chose qu'on laissaient comme ça, au vent, sans s'en occuper.

Il était curieux, ce qui était rare chez lui, de savoir ce qui avait causer tout ces revirements. Il était également curieux de savoir pourquoi il avait reçu un rapport décrivant Seren, Giliwyn et Tsukia ensembles.

Giliwyn et Seren, il voulait bien.

Mais cette jeune écervelée..? Giliwyn était assez tendre pour l'apprécier, mais ses dossiers ne décrivaient pas Seren comme un homme plein de bonne volonté envers les marchombres, disons, peut-importe à quel point ces marchombres étaient près d'être des envoleurs, au fond de leur âme.

C'est sur cette pensée qu'il fit le cour pas sur le côté qui l'amena au hall de la tour, sortant par la grande porte en soulevant un sourcil quand il aperçu Angelica et Seren - Il n'y avait pas de doutes sur son identité de si près - Armes au clair, l'attendant.

L'homme était bien doué, se dit-il, pour détecté sa présence dans la tour même s'il était arrivé par l'imagination et n'avait fait presque aucun bruit.

Il soupira donc en soulevant les mains, il n'avait pas l'intention de se battre pour rien... Surtout qu'il devait d'abord confirmé quelque chose.


Je me serais attendu à n'importe quelle traîtrise, n'importe quel chasseur...

...Mais, si je puis me permettre, depuis quand un maître de si bonne réputation parmi les mentaïs s'amuse-t-il à aider une apprentie marchombre..?


Une milliseconde.

Ce fut tout le temps que pris l'éclat de questionnement, puis de réalisation, pour passer dans le regard du maître envoleur.

Ce fut tout ce dont le mentaï avait besoin pour confirmer que l'homme n'était pas au courant. Giliwyn n'avait rien dit.

L'homme respectait l'ancien maître de Syles, mais si celui-ci avait ainsi porter Tsukia à sa perte, il l'aurait sûrement étrangler. Il y avait des limites à ce qu'il était prêt à pardonner de la part des autres, se dit-il en disparaissant pour l'imagination. Il lui restait encore une chose à confirmer, se dit-il en soupirant et en vérifiant ses armes, dans le bureau caché à la blanchisserie de Stenam.

Comme il le pensait, l'homme n'était pas présent et il semblait avoir déguerpit rapidement. Il devait avoir reçu une alerte de la part d'un des gardes de la tour.

Rybris Torasil était un combattant d'exception, ayant vécu sa vie entre les champs de batailles, les tentatives de meurtres, d'arrestation, de trahison et le tout par des êtres souvent de rangs, statu et habiletés s'approchant de ceux de Voïmakas.

Il n'avait atteins un âge avancé que par une ténacité sur-humaine et une chance juste assez grand pour lui fournir les ouvertures dont il avait besoin.

Mentaï greffer, rare combinaison, il avait apprit à utiliser de tout ses atouts pour amplifier le pouvoir de sa greffe électrisante, lui permettant d'utiliser celle-ci pour se donner un petit coup d'éclair à soit-même, augmentant ses réflexes au prix d'une douleur intense et durant longtemps.

Malgré cela, il n'eut presque pas le temps de faire apparaître la lame et le bouclier pour repousser l'attaque double qui fonça sur lui au moment où la porte vola en éclat.

Tsukia, à sa droite, avait frapper sa lame de ses dagues avec un regard presque dément et une force et rapidité insoupçonnée.

À sa gauche, Sangrelune démontrait toute son habileté en ayant frapper, et percer, le bouclier qu'il avait fait apparaître de façon rapide. Ses lames avaient frôler de peu son bras, derrière sa protection improvisée, et il semblait tout aussi, sinon plus, dément encore que la jeune femme.

Autant dire que tenter de parler à ces deux là était peine perdue, se dit-il en continuant de bloquer coup après coup, avec plus de difficulté qu'il ne voulait bien l'admettre.

Ces deux là étaient tellement synchroniser que ça en faisait peur, c'était bien pire que se battre contre un maître et son élève, ce qu'il avait déjà fait par le passé à multiple reprises et pour plusieurs raisons, sans pour autant avoir cette symbiose pourtant facile à parer qu'on obtenaient en combattant un couple.

Il s'agissait là de quelque chose de plus sauvage, de plus direct, de bien pire.

Chaque coupures qu'il ouvrait sur les bras ou les jambes d'un pour tenter de les calmer faisait redouble d'ardeur les attaques de l'autre. Pourtant, ils ne venaient pas vraiment à la rescousse l'un de l'autre, respectant leur espace acquis.

C'était deux prédateurs attaquant la même proie, se dit-il, dans une alliance aussi dangereuse que potentiellement temporaire.

C'était comme si chaque coup signé marchombre de la jeune femme était doublé d'un coup envoleur de l'homme.

Comme si chaque fois que celui-ci rappelait son père dans ses mouvements, sa compagne de combat devenait une envoleuse à part en tiers.

Il réussissait à leur tenir tête, bien sûr, mais seulement parce qu'il avait l'habitude des situations désespérés. Ils avaient un potentiel franchement effrayant, se dit l'homme. Si l'autre maître envoleur avait été présent, il se serait fait découpé en rondelles, sûrement.

Pourtant, sa dose de chance habituelle s'installa au moment où il en avait le plus besoin, une ouverture minime dans la garde de la jeune femme.

Il s'y engouffra de tout son être, lui frappant l'estomac d'un coup violent en pensant une seconde qu'il lui suffisait de faire apparaître une lame pour qu'elle meurt...

...Réalisa que quelque chose clochait quand elle attrapa son bras de ses deux mains.

Compris ce que c'était quand il entendit l'acier de Giliwyn, à qui elle avait apparemment refiler une de ses dagues, fouetter l'air.

Il n'avait au plus qu'une seconde pour se dégager, repoussant la frontalière de toute ses forces en tournant son bras dans un angle improbable, la faisant lâcher en tordant sa propre articulation sur près de 360 degrés, puis disparu comme il était venu, serrant les dents dans la plaine qu'il avait visionner pour son pas sur le côté.

Le mentaï mordit son manteau en grinçant des dents pour replacer son bras qu'il avait dut disloquer lui même. Il aurait aimer continuer le combat pour leur parler...

...Mais sa seule chance de tourner les choses en sa faveur aurait résidé dans le meurtre d'un des deux jeunes, et il n'avait pas vraiment envie de les tuer, se dit-il en prenant la direction d'Al-Jeit...

...Il avait grand besoin de repos et la ville n'était qu'à quelques heures, s'il avait bien calculer son pas.

Il était quand même intriguer, car pendant une seconde, Tsukia et Giliwyn avaient passer de proie à chasseurs...


Flowers with their names forgotten,
Trampled into dust they’re fallen,
Birds with broken wings are crying,
Wind can never take them flying...

Waste your precious moments praying,
But god’s not here and nothing’s changing,
If you want to fix your fate then,
Change it with determination.

Pigs will sneer at the steadfast,
As we climb o’er the dead keep advancing ahead,
Live your life in peace like you’re just a sheep but,
Wolves will never lose their freedom..!

Tsukia

Ma respiration est haletante.

Le patron de la blanchisserie n'as pas pris longtemps à nous indiquer la salle arrière, quand on l'as menacer un peu, mais on croyaient y trouver Stenam, un noble pas bien effrayant quoi, on as foncer pour le prendre par surprise...

...Dire qu'on est tomber sur Rybris, me dis-je en me tenant toujours le ventre, là où il m'as frapper, putain que ça fait mal, il est plus fort qu'il en as l'air, sérieux, merde...

...Je me ressaisit en grognant un peu, attrape la dague que Gil me tends - marrant, puisque c'est son nom, dessus - Et la passe à ma ceinture.

On s'observent un peu, tout deux mécontent d'avoir raté notre coup, notre chance d'en finir plus tôt que prévu.

Puis on se séparent pour regarder chacun de notre côté, tenter de trouver une piste. On y passent un long moment sans rien dire, mais en ouvrant un tiroir je trouve enfin une enveloppe qui semble avoir été ouverte récemment, sur lequel il y as une adresse d'envoi.

Je l'attrape donc et la soulève en relevant ma tête pour signaler à Gil que--

Oh. Pu. Tain.

La salle tourne comme une foutue toupie et je tente de agripper au bureau sans succès, j'entends Gil crier mon nom alors que je m'effondre par terre et qu'un voile noir se dépose sur mes yeux...

...J'étais pourtant pas blesser, me dis-je avant de tomber dans les pommes.


Ridin' through this world,
All alone.

God takes your soul,
You're on your own...

...The crow flies straight,
A perfect line...

...On the devil's back,
Until you die...

J'ouvre difficilement un oeil, puis l'autre, ma tête est lourde et résonne comme une cloche.

Un type en robe - Robe, tunique, peut-importe, le truc des rêveurs, là - Apparaît devant mes yeux.

Ah, j'ai encore été un poids lourds à porté pour Gil hein, me dis-je alors qu'il m'aide à me redresser.

J'entends un vacarme, juste hors de la chambre, on diraient Gil qui est prêt à tout défoncer.

Le rêveur devant moi ne s'en formalise pas et sa voix, douce, chuchote doucement, m'atteignant à peine.


Votre compagnon de voyage et fort énergique, il n'as pas voulu quitter votre chevet avant que nous ne le fichons à la porte pour pouvoir nous concentrer sur vos soins, vous savez...

...Pour être franc, votre état n'est pas bien grave et je n'ais pas besoin de beaucoup de concentration...

...Mais je crois qu'il est du choix de mes patients de révélé ou non leur état à autrui... Nous allons donc nous parler, ensuite vous déciderez s'il as besoin de savoir.


Mais d’où vient,
L’émotion étrange,
Qui me fascine,
Autant qu’elle me dérange..?

Je frissonne,
Poignardé par le beau,
C’est comme,
Dans l'âme le couteau.

La blessure traverse mon cœur,
Et j’ai,
La joie dans la douleur,
Je m’enivre de ce poison,
À en perdre la raison..!

Le jeune rêveur sortit de la chambre, arrêtant par la même occasion la cohue qui se produisait derrière la porte, le compagnon de la jeune femme se taisant soudain comme attendant confirmation qu'elle allait bien.

Vous pouvez entrer, elle vous attends.

Le jeune homme sourit quand l'autre, qui semblait être son aîné de quelques années, se jeta presque par la porte, puis il s’éclipsa doucement pour aller rejoindre ses compères.

À l'intérieur de la chambre, pendant ce temps, je grogne doucement. Ça va faire effet, cette fichue herbe, pour le mal de crâne, oui ou merde... C'est que j'ai un connard à assassiné moi, pas le temps de me tenir la tête parce qu'elle as décidée de me faire chier, hein.

J'ouvre un oeil en entendant Gil s'approcher et ça me fais chier de savoir que le fait que je sois ici l'empêche, lui aussi, d'être à la poursuite de Rybris.


Manque de sommeil, il parait, je devrait être sur pieds dans pas trop longtemps, dès que je peux marcher, ce soir, on s'cassent et on traquent cet enfoiré...

...T'as l'enveloppe..?


I suppose everyone tells little white lies.

Quite often they're necessary to make someone feel better,
Or prevent feelings from being hurt.

The big ones? The ''Whoppers''?

Now, those are dangerous.

And they'll usually boomerang...

- Richard Chamberlain -

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: In case we never meet again ; I'll remember you... (PV GIL)   Sam 05 Jan 2019, 11:47

- A qui la faute ? grogna Gil en mâchant distraitement un bout de pain aux herbes. Tu lui as pratiquement dit que tu étais une marchombre en apprentissage, si tu te retrouves avec Ecarlate en travers du gosier, tout ce que je pourrai faire c’est lâcher un « j’te l’avais bien dit » !

Il gronda de plus belle. Apprendre à contrer le sabre de son maître ? C’était du suicide. D’un autre côté, ce n’était pas n’importe qui que cette idée saugrenue avait traversée ; c’était Tsukia. La reine du suicide. Peut-être que… Il secoua la tête. Non. Peut-être que rien du tout : il ne laisserait pas Seren toucher un cheveu de son amie. C’est lui qui affronterait l’envoleur et son arme redoutable s’il le fallait.

- Mange, marmonna-t-il avant de se claquemurer dans ses pensées.


*

Songeur, Seren glissa lentement Ecarlate dans son fourreau, entre omoplates. Il fallut qu’Angelica répète sa question pour qu’il réagisse enfin.

- Mmmh ?
- Je disais : qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Je vous avais dit de vous planquer pour que Rybris me parle, mais vous ne m’avez pas écoutée, clairement c’est vous qui donnez les ordres ici, alors… maintenant, quoi ?
- Si tu me poses la question c’est que tu ne sais pas quoi faire, mieux vaut que je m’en occupe alors, n’est-ce pas ?


Soufflée, la jeune femme ne pipa mot. L’envoleur tourna la tête vers le sud-ouest.

- On a des morceaux à récupérer.
- Des… morceaux ?
- Oui, de cabochard et de cette fille. Ne traînons pas.


Il se mit en selle et attendit qu’elle le rejoigne pour piquer des deux.

- S’ils ne sont déjà plus à la blanchisserie ? demanda Angelica.
- Pas un problème. Je traque des marchombres depuis bientôt cinquante ans. Je les trouverai.

Je la trouverai.


*


Ils avaient eu une chance sur deux, au bout du compte, réalisa Gil quand la porte s’ouvrit sur Rybris. Et dans la vie, il fallait s’attendre à ce genre de manque de bol pour le retourner à son avantage. C’était même crucial. Mais comment faire pencher la balance en leur faveur quand l’homme qui se tenait devant eux était aussi puissant ? Ne pas lui laisser le temps de faire mumuse avec l’Imagination, décida-t-il en s’élançant, ses lames entre les mains. Tsukia l’imita et le combat qui s’engagea fut violent. Très violent. Parce que ce vieux renard n’était pas né de la dernière pluie, parce qu’il n’était pas surpris de les voir – Seren ne les avait quand même pas balancés, si ?? – et parce que c’était un combattant qui avait déjà roulé sa bosse… Cela dit, Tsukia était le genre d’adversaire qui surprenait autant qu’il faisait des dégâts. Rybris ne l’avait pas vue depuis un moment, il devait la trouver changée et pour cause : depuis son passage dans sa bande, elle avait bondit d’une voie sur l’autre pour finalement décider de tracer la sienne, ce qui lui allait bien puisqu’elle se battit comme jamais encore elle ne s’était battue.

Gil, de son côté, avait pris la décision de ne pas se retenir à l’instant où son regard avait croisé celui de Rybris. Et un Gil à pleine puissance, c’était un monstre de rapidité et d’audace. Il bougeait si vite que ses mouvements étaient flous. Rybris comprit dès les premières secondes que ce combat était inégal et qu’il allait devoir rivaliser d’imagination, dans tous les sens du terme, pour se sortir de là. Il joua de sa lame aussi bien que celles de ses adversaires et Gil grimaça en sentant l’acier mordre sa chair au niveau de la cuisse. Il y eut un choc et l’une de ses épées s’envola. Dessin ou manœuvre habile ? Au train où allaient les choses, c’était impossible à dire avec exactitude. Quand Rybris le désarma pour la seconde fois, Gil serra les poings et laissa ses griffes artificielles trancher les chairs. Le grondement qu’il poussa était celui d’un redoutable prédateur, né de sa volonté de faire payer cet enfoiré et de la bestialité de la chose qui se réveillait en lui. Son regard était déjà plus sombre. Rybris sentit le vent tourner. Il s’engouffra dans la brèche et comprit trop tard que c’était un piège. Qui se referma aussi sûrement que fatalement. Gil attrapa la dague de Tsukia au vol, pivota…

Baissa lentement son bras. Rybris n’était plus là. Le souffle court, il resta en garde une minute encore, tendu comme un arc, prêt à riposter s’il s’agissait d’une ruse pour les prendre par surprise. Quand il fut persuadé que Rybris était bel et bien le lâche qu’il avait supposé, il se détendit légèrement et scruta Tsukia du regard. Elle était pâlichonne, sans doute encore secouée par cet échange musclé. Il lui dirait plus tard à quel point elle avait bien géré ce combat. Pour l’heure, il se contenta de faire danser la dague entre ses doigts pour la lui tendre, manche en avant. Il ne fit aucun commentaire quant au nom gravé sur l’arme qu’elle récupéra silencieusement, mais son cœur fit tout de même une petite embardée. Ils se séparèrent pour fouiller les lieux. Pas de trace de Stenam, celui-ci avait dû filer avant leur arrivée. Refusant d’avaler un deuxième échec, Gil examina chaque pièce avec attention. Il avait eu raison : la blanchisserie n’était qu’une couverture, les sous-sols abritant tout un réseau de contrebande dont les fonds devaient remplir les poches et la panse de Stenam et de Rybris. Gil était en train de retourner un tiroir quand un bruit incongru attira son attention.

- Tsu ?

Il rebroussa chemin, prudent, les sens en alerte, et faillit lui marcher dessus. Elle était étalée de tout son long. Et quand il cria son nom, quand il la secoua, quand il lui colla une baffe pour la réveiller, elle ne bougea pas d’un cil. Enfer, non, pas encore… Avec la certitude qu’elle finirait par le tuer d’inquiétude, il affronta la situation avec sa pugnacité légendaire : quand il menaça le patron de la blanchisserie, celui-ci finit par lui indiquer où il pourrait trouver un dessinateur capable de faire un pas sur le côté. Celui-ci résidait de l’autre côté de Varenz. Sa maison, bâtie à l’écart des autres, était tellement mal fichue que Gil hésita un bref instant avant de tambouriner à la porte. Il s’apprêtait à la défoncer quand le battant s’ouvrit enfin. Sur le visage courroucé d’une femme aux cheveux noirs en pétard et aux yeux d’un vert tendre, derrière les verres de lunettes toutes rondes, qui lançaient des éclairs furieux.

- Quoi ??
- C’est pour une urgence,
fit Gil en réajustant la position de Tsukia dans ses bras.
- Non, l’urgence c’est que vous vous achetiez une bonne conduite. Au revoir.

La porte claqua. Gil jura vertement et cette fois-ci, défonça bel et bien le battant. Il déboula dans le minuscule salon encombré de l’idiote, qui se planta devant lui, les mains sur les hanches.

- Dites, vous ne savez pas ce que ça veut dire, « non » ? Faut que je vous fasse un dessin peut-être ?
- Oui, c’est pour ça que je suis là. Emmenez-moi jusqu’à une confrérie.
- Dans vos rêves, abruti !!!
- Ton prix sera le mien.


Il était passé au tutoiement sans s’en rendre compte. En fait, sa colère fondait comme neige au soleil. Il n’avait conscience que du poids léger de Tsukia dans ses bras. Il sentait qu’elle avait besoin de soins et que c’était une question de minutes désormais.

- Il faut la sauver… murmura-t-il alors.

La drôle de femme l’observa un instant derrière ses lunettes. Quand même, il exagérait : défoncer une porte pour exiger un voyage par l’Imagination, est-ce que c’était des manières ? Certainement pas ! La moutarde lui monta au nez à nouveau. Elle était extrêmement susceptible. Il voulait qu’elle fixe son prix ? Très bien.

- De la chitine de Ts’Liche, dit-elle sans réfléchir.
- D’accord. On peut y aller ?

Comment ça, « d’accord » ? Il avait écouté, au moins ? Elle plissa les yeux, chercha l’embrouille, ne la trouva pas. Il se contentait d’attendre, debout au milieu de son salon et des débris de porte, sa protégée dans les bras. Alors, elle soupira.

- Et tu me répareras cette porte, aussi, ajouta-t-elle en passant également au tutoiement.

Comment faire dans la civilité avec un type qui piétinait celle-ci sans hésiter ?

- Une confrérie de préférence ?

Il secoua la tête. Elle soupira encore, posa la main sur son bras et se concentra. Saperlotte ! Elle n’avait pas fait ça depuis des lustres, et si elle les faisait apparaître dans le Pollimage ? Ou au sommet du mont Kur’N’Raï ? Concentre-toi ma fille. Allez, comme t’as appris à l’école. Ondiane. Pas le Pollimage. Ondiane !


*


Gil faisait les cent pas devant la porte. On l’empêchait d’entrer. Mobilisant toute sa volonté pour ne pas tout défoncer, il bougeait pour tromper l’impatience et la frustration. Tsukia était une dure à cuire et il n’avait trouvé aucune blessure sérieuse sur elle ; il ne cessait de revivre leur combat pour tenter de percevoir ce qui avait pu lui échapper, en vain. Et plus il cherchait plus l’angoisse grandissait. Si jamais c’était irréversible ? Si les rêveurs étaient impuissants ? Si Tsukia ne se réveillait jamais ? A bout de nerfs, il flanqua un coup de poing dans le mur.

- Ah, bravo. Tu casses tout chez tout le monde ou bien c’est juste pas ton jour ?

Il se retourna ; la dessinatrice était toujours là. Elle ne ressemblait pas à une dessinatrice, en fait, avec ses cheveux coiffés en une sorte de choucroute qui laissait filer des mèches un peu partout, et ses grosses binocles qui lui donnaient l’air d’une intello ; elle portait un pantalon bouffant et d’un rouge pétant, une tunique cintrée du même noir que ses cheveux et une veste violette, très courte et pourvu d’une capuche qu’elle ne devait pas utiliser bien souvent à cause de sa coiffure. Cette fille n’avait aucun goût. Gil se força à se calmer. Sans elle, il ne serait pas arrivé jusqu’ici aussi rapidement.

- C’est pas mon jour, bougonna-t-il.
- Vu ta tronche, je m’en doute…
- Tu veux qu’on parle de la tienne ?
- Hé, sois poli si t’es pas joli !
- C’est toi qui me sautes à la gorge depuis tout à l’heure.
- T’as massacré ma porte d’entrée.
- Tu me l’avais claquée au nez.
- On se demande bien pourquoi !!!


Gil avait envie de lui faire bouffer ses lunettes. En même temps, cette altercation insensée détournait un peu son attention de l’état de Tsukia. Quand il s’en rendit compte, il haussa un sourcil et observa plus attentivement la dessinatrice. Elle portait tout un tas de bracelets à ses poignets, qui faisaient du bruit dès qu’elle bougeait, et de larges anneaux dorés pendaient à ses oreilles. Enfer, elle ne ressemblait franchement à rien du tout.

- Je plaisantais pas pour la chitine, dit-elle brusquement.
- Moi non plus.

Ce fut à son tour de le détailler en plissant les yeux comme pour mesurer s’il disait la vérité. Impossible de lui donner un âge exact avec sa moue de petit garçon boudeur, les muscles qui se dessinaient sous sa peau et ses tempes grisonnantes. Il saignait un peu partout sans que cela ne semble l’émouvoir. En fait, en dehors du sort de cette nana, il se fichait de tout. Elle soupira, puis tendit sa main dans un cliquetis de bijoux.

- Yaëlle Nil’Kchindra.
- Giliwyn SangreLune.


Il abandonna sa main dans la sienne, surpris de son ascendance noble alors qu’elle vivait dans un trou à rat, et la lâcha pour pivoter d’un bond quand la porte s’ouvrit enfin.

- Vous pouvez entrer, elle vous attend.

Sans un regard en arrière, Gil s’engouffra dans la chambre.


*


Seren se baissa, toucha le sang qui marquait le sol, l’étala sur ses doigts. Encore relativement frais. Pas en assez grande quantité pour que Gil ou Tsukia puisse s’être entièrement vidé, mais ces deux-là étaient introuvables, alors il fallait retracer les événements avec les éléments qui s’offraient à lui. Il y avait eu un combat. Pas contre Stenam mais contre Rybris. Violent, donc. Rybris avait dû s’éclipser. Où étaient partis les deux autres ? Angelica lui apporta la réponse, en la personne du patron des lieux, un gars visiblement à deux doigts de faire une syncope. Ce n’était pas la première fois qu’on le menaçait. Il s’était littéralement pissé dessus. Seren sourit de toutes ses dents. Quand il obtint son information, il eut la confirmation que le combat ne s’était pas déroulé de la meilleure des façons : Gil avait eu besoin de l’aide d’un dessinateur. Quand ils arrivèrent chez ce dernier, ce fut pour trouver une porte fracassée – la signature de Gil – et une maison vide. Enfin, pleine à craquer de trucs inutiles, mais il n’y avait personne.

- On retourne sur nos pas ? suggéra Angelica.
- Si tu veux. Moi, je reste ici.

Seren débarrassa un vieux fauteuil miteux des bouquins qui l’encombraient et s’y installa. Il allait attendre le retour de son ancien élève… et de la marchombre.

Et ils allaient avoir une petite… explication.

Ses doigts pianotèrent sur le fourreau d’Ecarlate, posée en travers de ses genoux.


*


- Manque de sommeil, mon œil.

Qu’elle ne lui fasse pas gober un bobard aussi énorme, c’était inutile. Fallait-il qu’il la cogne pour avoir la réponse ?

- T’as l’enveloppe ?

Agacé, Gil sortit celle-ci de sa poche et la balança sur le lit. Il ne l’avait même pas ouverte. A Tsukia de le faire.

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MessageSujet: Re: In case we never meet again ; I'll remember you... (PV GIL)   Sam 05 Jan 2019, 22:21

Le domaine était un endroit où il faisait presque toujours un peu froid.

C'était un peu comme si l'endroit savait tout ce qui s'y planifiait et les pêchés de ses occupants, donnant une atmosphère appropriée.

Pourtant, ce fut en sueurs que Rybris Torasil se matérialisa dans le bureau personnel de son compère, se fut avec peu de cérémonie qu'il attrapa une bouteille de vin pour s'en prendre une rasade sans demander. Ce fut avec un manque d'hésitation étonnant pour un homme qui n'aimait pas repayé ses dettes qu'il balança un sac de pièces sur la table.


On as un problème, Voï, un GROS problème...

Wandering hearts,
Unlikely friends,
Facing the fall together.

Never to part,
Until the end,
Staring into forever...

J'ouvre la lettre, doucement, sans me formaliser du fait que Gil ais vu passer mon mensonge.

On en parleras... Préférablement jamais, me dis-je en observant la lettre et en lisant doucement. Ça ne nous donnes pas gros chose, le contenu est plutôt standard, pour un rapport, même si le contenu de l'inventaire qui y est décrit ressemble à des provisions militaires.

Le seul vrai indice, c'est l'adresse sur l'enveloppe. un marchand d'Al-Vor, selon ce qui y est écrit. Le nom, ''Chez Farador'', ne me révèle pas grand chose sur ce qu'on peux y attendre... Bon, donc notre prochain arrêt est là bas.


Bon, je propose qu'on partent direct pour ce Farador, avec un peu de chance, cette fois, il y aura plus qu'un commis, sur place, et on trouveras quelque chose valant le déplace--

Une nana que je reconnais pas interrompt en réclamant je ne sais trop quoi à propos d'un Ts'liche et une porte - Sérieux, ils sont tous fou, ces alaviriens - et je la laisse terminer son discours sans rien dire avant de me retourner vers Gil un instant.

C'est qui, cette vieille chouette..?

Hammers and fire combine,
Purging the curse.

Rising into the divine,
History moves in reverse...

Bon, nos plans ont été légèrement modifiés, parait qu'il faut que j'aide à réparer une porte, puis une fois notre chasse au mentaï finit, qu'on doivent chasser le Ts'liche.

Aucune idée où on va trouver ça, mais bon, je suppose que c'est qu'une sale bestiole de plus.

Pour le coup, la chouette as GENTIMENT accepté de nous fiche un pas sur le côté pour retourner à la porte, de toute elle devait rentrer chez elle.

Alors on réparent la porte, puis on se ca--

Merde.

Je soupire quand j’aperçois, à peine un quart de seconde après notre arrivée, Seren qui nous attends, un sourire chiant sur le visage, il savait qu'on reviendraient, ce connard.

Je déglutit péniblement. Cette idiote et sa porte as fort probablement signer notre arrêt de mort à tous, me dis-je alors qu'il révèle qu'il sait ce que je suis.

Je dégaine mes armes, même si Gil avance, ses propres armes au clair. Mais quelque chose me dis qu'on est mal barrés, même avec Gil... Après tout, c'est lui qui as grogner quand j'ai émit l'idée d'éviter ce sabre à la con.

La tension est palpable, j'ai l'impression de respirer de la soupe aux poids.

Ces deux là sont des combattant à part en tiers, mais Gil doit protégé deux personnes, Seren, lui, se fiche bien de tous nous tuer.

Et puis je crois entendre Angie, dans la maison, mais je sais pas si elle est de notre côté ou du sien...

...Le premier mouvement est si rapide que je ne le vois presque pas, cet homme est un tueur d'expérience, son mouvement pour se préparer à attaquer est parfait, sans ouverture.

Pourtant, je reste aussi interdite que Gil quand, dans un cris purement bestial et rivalisant avec le plus gros ours élastique que j'ai vu dans ma vie, Seren se fait ''Ramasser'' par un véritable géant qui le porte sur plus de cinq mètres avant de l'écraser contre le sol et de frapper comme un fou sur la lame, placée en garde improvisée, jusqu'à ce que le chasseur de marchombre ne réussisse à s'écarter, semblant aussi surpris que nous.

L'intervenant surprise prend place entre lui et nous sans même tirer la gigantesque épée qui repose entre ses épaules, presque aussi grande que Gil.


Toi, t'as une salle gueule.

Et les gens qui ont des salles gueules, ils approchent pas ma famille.


Je sursaute malgré moi, la famille? C'est un membre de la famille de Gil? ou de l'autre chouette?

J'veux dire, je connais pas de pirates, moi, me dis-je en observant l'énorme crâne blanc dessiné sur le manteau de cuir noir qui semble franchement lourd que l'homme porte.

Enfin, je croyais que je ne connaissais pas de pirate, me dis-je quand il tourne la tête pour nous sourire doucement et que Gil, aussi surpris de le voir ici que moi, me fixe un instant alors que je hausse les épaules.


Tonton nounours c'est le meilleur..?

Kin of the tyrant,
A dynasty failed,
Fog clouds my thoughts in a terrible tale.

Drive it away with a swift ocean gale,
And I’m finding the source of it all...

Je ne réussis pas à cligner des yeux, ni à détacher le regard une seconde.

C'est plus qu'une lutte, c'est un véritable combat entre deux titans.

Et le plus effrayant, me dis-je, c'est que pour toute l'habileté de Seren avec son arme - Comment il l'appelait déjà? Écartelate? Ah non, écarlate..! - Oncle Vincent... Et bien il n'as toujours pas tirer son arme, me dis-je en l'observant éviter les coups de maître comme s'il ne s'agissait que d'une formalité avant de répliquer de coups de poings si puissant que chacun qui touches la garde du maître envoleur le font reculer d'un pas.

Un petit cris m'échappe cependant quand Seren passe dans le dos de Vince, puis un autre quand il donne un coup décisif, fatal...

...Coup qui ne tranche qu'un pan du manteau qui reste sur place alors que le géant qui s'y trouvait une seconde plus tôt fait bruyamment craquer ses articulations. La perte de son manteau ne semble pas le gêner, même si elle révèle une large cicatrice, qui ressemble à une grossière brûlure, un genre de sceau que je ne reconnais pas et dont je ne comprends pas la signification.


Couper le manteau, c'est le pré requis...

...Toi... Ton nom..?

...Seren... Drôle de nom, alavirien.

Maintenant, c'est mon tour.


Il dégaine sa lame.

J'ouvre grand les yeux en la voyant, c'est toujours impressionnant, une lame de cette taille, plus faite pour broyer que pour couper, utilisée à une seule main...

...Mais encore pire avec cet ajout, me dis-je en observant les noms gravés dans le métal, on voient qu'ils ont été rajoutés, certains récemment.

Mais le pire, c'est que je reconnais certains noms.

Comme celui du père d'oncle Vingdhor, qui m'observe du coin de l'oeil avec un regard triste une seconde avant de le durcir de nouveau et de se tourner vers Seren, marchant vers celui-ci doucement.

Je ne doute pas une seconde qu'il puisse repousser le chasseur de marchombre, j'veux dire, il avait déjà l'avantage sans armes, mais...

...Pourquoi aurait-il tuer son propre père..? Pourquoi serait-il devenu comme moi, quelqu'un qui tue sa propre famille..? Et puis je vois d'autre noms que je reconnais, de la famille éloignée, alors il aurait fait des potentiels fratricides et un patricide - Ou peut importe comme ça s'appelle - ? Et puis il disait qu'il était là pour sa famille, pour me protégé, mais pourquoi, comment..?

Tant de questions qui peuvent attendre, me dis-je. Après tout, je ne peux pas vraiment le juger, s'il as vraiment tuer sa famille, alors je suppose que ça signifie que nous somme semblables...


Slave to the scar and the torturous tone,
Shackled to violence, I’ve hunted my own.

Vengeance will grant me the means to atone,
And I’m finding the source of it all...

J'observe la scène sans en croire mes yeux.

J'ai presque pitié de Seren, j'veux dire il as l'air épuisé - j'le blâme pas, ça fait plus de trois coups de ce broyeur d'humains qu'il arrête - et pourtant, tonton roar -comme le cris d'un ours - lui, ne semble pas essoufflé, on diraient presque qu'il va demander d'un moment à un autre si c'est tout ce que l'homme as à offrir comme résistance.


Fiche moi le camp, je ne te suivrais pas.

Et oublie que Tsukiah existe, je ne veux--


Non!

Tout le monde se retourne vers moi, mon coeur bat la chamade, je suis sûre que je commet une connerie, mais je ne veux plus me cacher derrière les autres.

Ne m'oublie pas.

Seren... Je ne sais pas pourquoi tu chasse les marchombres, je ne prétend pas non plus que ça m'intéresse.

Je ne te demande pas de m'oublier, seulement de pardonner Gil.

Quand à moi, je ne prendrais pas trente secondes à tuer, en ce moment... Alors je ne te demande pas de m'oublier, juste de me donner le temps.

T'es un chasseur, non? Tu préférerais pas une traque réelle, plutôt qu'un simple meurtre pas marrant..?

En ce moment, je ne suis qu'une apprentie incertaine de son rôle et de son camp, pas vraiment marchombre, pas assez intelligente pour réaliser qu'elle est trop envoleuse...

Laisse moi devenir maître.

Quand j'atteindrais ce titre, si tu accepte, je te chercherais moi même, pour qu'on règle nos comptes.

Pas en tant que tueur de marchombre et d'apprentie cabocharde.

Mais en tant que maître envoleur et aîles de corbeau.


Je l'observe droit dans les yeux.

Il me fait peur, bien sûr qu'il me fait peur.

Mais un autre combat est inévitable, tout comme un autre combat avec Bastian, il m'as dit lui même qu'il rajoutait mon nom à sa liste, après tout.

Ce n'est qu'une question de temps avant qu'il n'y soit, à mon nom, que je sois sa cible.

Mais si je peux survivre à tout ça, alors je peux devenir assez forte pour survivre à Seren, ainsi que pour survivre à Bastian.

Tous devraient être en rogne contre moi pour être une telle idiote que je l'invite à revenir à la chasse, même si ce serait dans plusieurs années.

Pourtant, oncle Vincent, lui, me souris.

Quand j'étais jeune, il me disais tout le temps que j'avais une force intérieure cachée.

Selon lui, il suffit que j'en trouve la source.

Et je crois que, ici, entre ma famille de sang, ma famille de coeur, un ennemi involontaire, le bandeau d'un homme qui aurait put être mon amant au front, je comprends enfin un peu qui je suis vraiment.

Et qui je suis, ce n'est pas quelqu'un qui se sauve de ses problèmes.


Allez, on as Rybris à retrouver, oh et Seren..?

Si tu préfère te remettre à la traque tout de suite, me suivre jusqu'à ce qu'oncle Vince ne nous quitte pour frapper à nouveau, alors vas-y.

Tout ce que je demande, c'est que tu me laisse étrangler Rybris, avant de me tuer...

...D'acc..?


Noble of nature and raven of hair,
Destined to ever be held up and hailed,
Fallen from grace with the death of the heir,
And I’m finding the source of it all...

Orders of godhood to wolves in the night,
Wicked the sins that I’ve come to put right,
A name on the bolt, a face in my sights,
And I’m finding the source of it all...

Hammers and fire combine,
Purging the curse,
Rising into the divine,
History moves in reverse...

Echoes of life,
Drink from the well to ascend,
Gods are awoken.

Echoes of life,
Tearing the threads of the veil again..!

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: In case we never meet again ; I'll remember you... (PV GIL)   Dim 06 Jan 2019, 17:43

Oh oui, il mourait d’envie de lui taper dessus pour lui tirer les vers du nez, là. Surtout qu’elle ignora superbement son commentaire pour décacheter tranquillement l’enveloppe. Gil serra les poings… et relâcha ses doigts en soupirant. Il venait juste de la sauver, pas le meilleur moment pour passer ses nerfs sur elle. Si les rêveurs n’étaient pas alarmés c’est que ça pouvait attendre. Mais on prendra le temps de causer, ma belle, jura-t-il intérieurement avant de se pencher par-dessus son épaule pour lire le contenu de l’enveloppe. Des chiffres, des provisions… c’était des comptes pour une réserve militaire, rien de plus et rien de moins ! Ils n’avaient quand même pas fait tout ce chemin risqué pour rien, si ? Tsukia retourna l’enveloppe et ils lurent ensemble les données de l’adresse. « Chez Farador », à Al-Vor. Gil haussa un sourcil. Al-Vor ? Puisqu’il était question de contrebande, il aurait plutôt pensé à Al-Far, mais après tout pourquoi pas…

- Bon, je propose qu’on parte direct pour ce Farador, avec un peu de chance, cette fois, il y aura plus qu’un commis, sur place, et on trouvera quelque chose valant le déplace…
- SangreLune ! T’en as encore pour longtemps là-dedans ?! Je fais quoi moi, j’attends tranquillement que tu me sonnes pour te ramener ? C’est pas écrit « boniche » sur mon front, j’te signale !!! Alors tu ramènes tes fesses et fissa parce que ma porte elle va pas se réparer toute seule et après ça, t’as un Ts’Liche à trouver, j’veux de la chitine de qualité, moi !


Alors que les coups redoublaient contre le battant de la porte, Gil se pinça l’arête du nez, anticipant déjà le retour de Dame Migraine. Une fois n’est pas coutume, Tsukia était bouchée bée. Elle tourna vers lui un regard empli de franche curiosité.

- C’est qui, cette vieille chouette… ?

Estimant que la réalité valait parfois mieux que les mots, Gil se contenta d’ouvrir la porte et de se décaler ; la dessinatrice valdingua dans la chambre. L’occasion pour Tsukia de découvrir que la chouette en question n’était pas si vieille. Loin de là, puisqu’elle devait avoir dans la trentaine… Mais qu’elle était vraiment spéciale, avec la masse de cheveux noirs amassés en une sorte d’énorme chignon sur sa tête, ses grosses lunettes rondes et son accoutrement tape-à-l’œil.

- Tsu, voici Yaëlle Nil’Kchindra. C’est elle qui nous a conduits jusqu’ici, après que j’aie un peu abîmé sa porte.
- Massacré,
précisa l’intéressée en se redressant.
- Yaëlle, je te présente Tsukia.
- A vous deux vous avez trois couleurs d’yeux différentes.


Sur cette curieuse remarque, Gil se passa une main dans les cheveux.

- J’ai promis de réparer la porte, d’accord ?
- Maintenant ?
- Heu… quand Tsu aura suffisamment récupéré.


Le regard de l’envoleur croisa celui de Tsu… et il soupira.

- Ouais, lâcha-t-il, trop las pour se lancer dans une dispute. Maintenant.


*


- Qu’est-ce que je disais ! s’exclama Yaëlle dès qu’ils se matérialisèrent devant chez elle. Massacrée !
- Fallait pas me provoquer,
gronda Gil entre ses dents.
- Parce qu’aboyer sur les gens pour entrer chez eux, ce n’est pas de la provocation peut-être ?!

Il grimaça ; c’est fou ce qu’elle pouvait avoir une voix aiguë quand elle criait.

- C’est bon, je vais te la réparer, j’ai dis…
- Bien ! Je vais faire du thé pendant ce temps-là. Viens, Tsu, tu vas pouvoir me… hé ! Z’êtes qui, vous ? Qu’est-ce que vous fabriquez chez moi ?


Soudain alarmé, Gil délaissa les morceaux de porte pour se précipiter à l’intérieur, craignait de découvrir Rybris. Il pila net en découvrant qui était assis dans le fauteuil.

- Seren ?
- Oh, salut. Déjà de retour ? C’était bien, chez les rêveurs ? Dis donc, ils ont pas l’air d’avoir eu le temps de s’occuper de toi. A moins que vous n’ayez fait le déplacement pour toi… marchombre ?


Une fois, le sang de Gil s’était glacé. Et c’était à cause de la greffe de Kaünis. Là, ce fut uniquement parce que le regard que son ancien maître posait sur Tsukia était sans équivoque : il allait la tuer et ce n’était qu’une question de secondes. Peut-être moins.

- Non ! s’écria Gil en se plaçant aussitôt entre eux, ses lames au clair.

Affronter Seren, c’était au moins aussi dément qu’affronter Rybris, mais il n’envisageait pas de le laisser faire ; c’était impossible. Il préférait encore être banni du Domaine et traqué à son tour par les envoleurs plutôt que de perdre son amie. Il avait quand même l’avantage de bien connaître son ancien maître, pour l’avoir défié en duel chaque jour pendant trois ans ; il n’avait jamais gagné, mais il n’était qu’un gamin à l’époque, un gosse à peine plus âgé et épais que Neige ! Depuis, il avait évolué, mûri et surtout trop perdu pour que cela n’enrichisse pas son expérience ni ne nourrisse sa puissance. Il était plus fort. Assez pour se mesurer à un maître d’exception ? On va vite le savoir, songea-t-il, le regard dur, prêt à déchaîner toute sa violence dans cette bataille. Mais alors qu’il allait bondir, un hurlement sauvage retentit, les prenant tous par surprise. Un instant plus tard, un véritable colosse surgissait dans la pièce, écrasant ce qu’il restait de la porte de Yaëlle (qui trouva la force de glapir face à ce nouveau carnage), et attrapait Seren pour le faire voler à l’extérieur. Littéralement.

L’envoleur roula au moment de la chute et se redressa tout en dégainant Ecarlate ; il était écrasant de puissance et pourtant, il se replia sur lui-même quand l’énorme masse de muscle lui fonça dessus pour frapper, à mains nues, son épée de légende. C’était impressionnant. Gil, Tsukia, Yaëlle sortirent à leur tour pour assister à l’incroyable duel. Ils furent rejoints par une Angelica au moins aussi estomaquée qu’eux. Gil avait toujours ses lames en main, incertain de la conduite à adopter : il n’avait pas reconnu l’homme qui s’était interposé mais quand celui-ci prit la parole d’un ton rogue en s’adressant à Seren, le doute ne fut pus permis.

Enfer, oui, tonton nounours c’est définitivement le meilleur… !


*

- On a un problème, Voï, un GROS problème…

Voïmakas avait appris à tourner sept fois sa langue dans sa bouche et ça l’empêcha de perdre du temps inutile en répliquant que Rybris était déjà un gros problème en soit. Il tiqua à peine en le voyant déboucher une bouteille de grand crû qui coûtait un bras – même s’il l’avait eue gratuitement. Son regard glissa vers les pièces qui roulaient sur son bureau et revint se poser sur Rybris. C’était la première fois qu’il le voyait aussi alarmé.

- Explique-toi clairement.
- J’veux bien mais ça va pas te plaire.


Le mentaï se rencogna dans son fauteuil. Il s’en doutait, oui.
Mais il était loin du compte.



*



Quelqu’un d’autre serait mort depuis longtemps déjà. Seren, lui, vacillait à peine sous les coups de Vince… mais il vacillait. Aux yeux de Gil, qui ne perdait pas une miette de leur échange, c’était énorme. L’envoleur atteignait une limite. Cela dit, il n’avait pas encore activé sa greffe. Il n’était pas à son maximum alors que l’enfer se déchaînait sur lui. Tu cacheras ton jeu jusqu’à ton dernier souffle, pas vrai ? En dépit de sa situation précaire, Seren avait une allure folle alors qu’Ecarlate dansait autour de lui, traçant des arabesques qu’il était impossible de suivre à l’œil nu. Formidable déploiement de puissance, Vince empêchait toutefois l’envoleur de le mettre réellement en danger. C’était un combat intéressant, qui prit fin lorsque le redoutable « tonton nounours » recula pour menacer son adversaire de sa voix de stentor. A laquelle s’ajouta celle de Tsukia.

Forcément.

Et ce qu’elle blablata à sa manière, ni Vince, Ni Angelica, ni Yaëlle ne pouvait le comprendre. C’était juste un message pour Seren, une promesse que Gil était en mesure de comprendre. Pas d’apprécier, cela dit. Il fit un pas en avant, déterminé à ajouter ses propres conditions dans la balance, quand une voix qui s’éleva dans sa tête l’interrompit dans son élan. Une voix qu’il reconnut immédiatement.

Toujours prêt à protéger ta meute, jeune loup ? Pour ça, faut déposer les armes et papoter un peu.
Je ne causerai pas avec un traître comme toi !
Oh, dis, tu me charries ! C’est pas toi qui fait ami-ami avec les marchombres ? Remarque, t’as ça dans le sang. Elle faisait ça aussi, ta maman.


Gil se sentit pâlir d’un seul coup.

Qu’est-ce que…
Si tu veux des réponses, je pense que tu sais où me trouver. Mais c’est pas la peine de venir accompagné, t’es un grand garçon.
Tu me crois assez fou pour tomber dans le panneau ?
Je te crois assez intelligent pour comprendre que t’as pas beaucoup d’autres options.


Il sentit la pression quitter son esprit, preuve que l’échange mental était clos. Son silence et sa pâleur avaient attiré les regards sur lui, en particulier celui de Tsukia et il fut tenté, un bref instant, de lui raconter ce qui venait de se passer. Avant de renoncer. Elle avait des secrets, eh bien, lui aussi ! C’était puéril, il le savait bien. Tout comme il savait que la proposition de Rybris était un coup foireux. Mais avait-il vraiment le choix ? S’il pouvait trouver le moyen de les débarrasser de ce type, est-ce que ça ne valait pas mieux pour tout le monde ? Loin de ces interrogations sans réponses, Seren nettoya Ecarlate d’un geste et la rengaina dans son dos. Il renonçait – pour l’instant – à s’en prendre à Tsukia. Il fallait dire que ce Vincent avait des arguments percutants. Angelica profita de ce moment de flottement pour sauter dans les bras de Tsukia.

- D’abord tu défonces ma porte, ensuite tu me prends pour ton dessinateur perso, puis tu invites tous ces gens bizarres chez moi… Donc avec la chitine de Ts’Liche et une porte toute neuve, ce sera aussi de la pierre faëlle, trois écailles de pourprier et une patte de marcheur ! Ho, SangreLune, t’écoutes quand j’te cause, dis ?

Gil soupira.

Encore.



*



Grâce à l’aide généreuse de Vince, retaper la porte de Yaëlle ne fut qu’une formalité dont ils s’acquittèrent en priorité. Ce faisant ils discutèrent de la suite des événements, ce qui donna lieu à de nombreuses tensions puisque la plupart du temps, personne n’était d’accord. C’est que le groupe qu’ils formaient était tellement hétéroclite ! Ils finirent tous dans le minuscule salon arrondi de la dessinatrice, qui fit apparaître des fauteuils supplémentaires pour qu’ils puissent tous s’asseoir mais qui était incapable de repousser les murs… Ravie d’être enfin collée-serrée avec Tsukia, Angelica fut la seule qui ne pesta pas à cause de la promiscuité. Du thé circula, tellement épicé qu’à part Seren personne ne parvint à boire sa tasse en entier. Gil avait mis le plus de distance possible entre Tsukia et son ancien maître. Il les surveillait du coin de l’œil, au cas où l’un s’en prendrait à l’autre. Et il réfléchissait à la proposition de Rybris tandis que les conversations concernant Farandor allaient bon train.

- Si c’est comme la blanchisserie, un leurre destiné à cacher quelque chose de plus gros, rien ne prouve que Stenam y sera.
- Mais vous pourriez tomber sur Rybris à nouveau.
- Justement, on pourrait peut-être en profiter pour lui taper dessus tous ensemble, non ?
- Y’en a qui reveulent du thé ?


Finalement, décision fut prise à l’unanimité que Yaëlle allait les conduire à Al-Vor, puisqu’elle connaissait la ville. En la voyant prendre une longue inspiration, Gil devina qu’elle allait rajouter des ingrédients inédits à sa liste déjà longue. Il était en train de creuser ses dettes comme jamais… Son regard dériva vers Tsukia qui se débattait plus ou moins avec Angelica. C’était assez étonnant de se dire qu’en cet instant, Angelica ressemblait davantage à Tsukia que cette dernière… mais il entrevoyait chez son amie d’infimes changements qui se mettaient doucement en place, à la manière des pièces d’un puzzle ; elle était encore un peu pâle et il serra les dents à l’idée qu’elle puisse lui cacher des éléments sur sa santé. Il baissa les yeux en réalisant qu’il faisait exactement la même chose. Mais la prévenir, c’était la trahir et ça, c’était impossible. Jamais !

Ils s’organisèrent un peu avant le départ. Vincent discutait avec Tsu, probablement des raisons de sa venue inopinée dans les parages et de son envie d’en découdre. Seren aiguisait Ecarlate comme si celle-ci n’était déjà pas assez tranchante. Angelica sautillait mais il était bien incapable de déterminer ce qu’elle faisait vraiment. Il s’approcha plutôt de Yaëlle, en train de boucler un énorme sac à dos. Quand il lui demanda ce qu’elle avait fourré dedans, il se rendit compte trop tard de son erreur : elle lui fit le rapport complet de son bazar, depuis les pansements jusqu’au fil dentaire (il fallait être prêt à tout selon elle) en passant par les bâtons d’encens et de quoi préparer du thé. Un poing serré contre son front pour contrer les effets de Dame Migraine, Gil attendit néanmoins patiemment qu’elle ait terminé avant de lui prendre le coude pour l’attirer à l’écart.

- Je sais que je t’ai déjà demandé beaucoup, mais j’ai encore besoin d’un service…
- Saperlotte, on ne se débarrasse pas de toi facilement, hein ?


Cette remarque le surprit ; il n’avait encore jamais vu la chose sous cet angle. Mais le départ était imminent et les autres s’agitaient déjà. Il se pencha alors et murmura, dans le creux de son oreille, ce qu’il attendait d’elle.

- T’es sûr de toi ?
- Oui.


Yaëlle réfléchit quelques secondes puis hocha la tête. Après tout, c’était son merdier, pas la peine d’essayer d’y remettre de l’ordre, elle avait déjà bien galéré avec son propre sac… Quand ils furent tous fin prêts, la dessinatrice commença les allers-retours Ils avaient convenu d’atterrir dans un endroit qui n’attirait pas l’attention : un parc désert en cette heure tardive. Tsukia et Angelica arrivèrent les premiers, puis Seren et Vince.

- Sûr de chez sûr ? tenta une dernière fois Yaëlle en posant la main sur le bras de Gil quand ce fut le tour de l’envoleur.

Il ne répondit pas : son regard parlait pour lui. Alors elle soupira, dessina, et lâcha son bras. A l’endroit même où il le lui avait demandé.

Ombreuse.


*


Gil avançait depuis une heure sous l’abondante végétation qui obscurcissait le sous-bois. Yaëlle l’avait déposé à la lisière avant de repartir pour Al-Vor. Quelle chance ils avaient eu de croiser sa route, à cette drôle de chouette… Il se demanda s’ils allaient enfin trouver Stenam. Si c’était le cas, alors il ne donnait pas cher de sa peau face à tout ce petit monde ! Heureusement que Vincent était venu grossir leurs rangs, c’était pour cette seule et unique raison qu’il avait accepté de les quitter ; en sa présence, Tsukia ne risquait pas d’être blessée par Seren… Il réalisa brusquement ce que tout ceci voulait dire, et se figea au détour d’un chemin sinueux. Seren au courant, l’Ordre le serait d’ici peu. Il allait redevenir l’ennemi public numéro un. Retour à la case départ ! Sauf que cette fois-ci, il ne pourrait pas compter sur le Domaine pour se tirer des situations les plus épineuses. Et il risquait de perdre Khamill et Neige. N’était-ce pas plus mal, au bout du compte ? Ne méritaient-elles pas un meilleur maître que lui ? Et n’était-ce pas ce qu’il avait toujours cherché, au fond : être éjecté de ce système dans lequel il rentrait difficilement, et uniquement par bravade au souvenir de l’ultime souhait d’un marchombre ?

Oui, c’est vrai que tu as une vie franchement compliquée, SangreLune.

Gil se figea. Il était arrivé dans une petite clairière qui laissait à peine filtrer la lumière de la lune. Rybris était là, assis sur une vieille souche. Appuyé contre le tronc d’un arbre, les bras croisés sur la poitrine, Voïmakas lui retourna un regard impassible.

- La traîtrise est plus vaste que je croyais…
- Indubitablement, oui. Mais pas où tu penses.
- Ce que je pense ?


Gil enfonça ses mains dans ses poches. Il sentit une vague de colère le secouer. Le père de Syles, le père de Kaünis… pourquoi fallait-il que ses proches soient toujours blessés ? Pourquoi ne parvenait-il pas à les préserver de tout ça ?

- Je pense que vous êtes de formidables connards intéressés. Vous avez du pouvoir et vous en profitez, quitte à piétiner ceux que vous aimez. Rybris, ce réseau de contrebande, c’est juste une couverture pour masquer tes véritables intentions.
- Oh. Et quelles sont-elles, exactement ?
- Renverser les dirigeants de l’empire. Prendre le contrôle. Laisser régner le chaos.
- J’aime bien l’idée, je peux prendre des notes ?
- La ferme,
marmonna Voïmakas.
- Allez, avoue qu’il a de la suite dans les idées, ce garçon. Est-ce qu’il ne te fait pas penser à Sinéad ?

La gorge de Gil se serra mais il parvint à demeurer impassible.

- Vous m’avez promis des réponses si je me pointais. Je suis là. Je vous écoute.
- Hé, c’est pas gratuit mon p’tit ! Tu sais bien que dans ce monde, tout se négocie…


Gil soupira intérieurement : qu’allait-il encore devoir faire, à part récupérer de la chitine de Ts’Liche ?

- Cesse de fourrer ton nez dans des affaires qui ne te concernent pas, pour commencer.
- Quand ça concerne mes amis, ça me regarde.
- Tes « amis » ? Depuis quand un envoleur fraie-t-il avec un marchombre ?


Piqué au vif malgré lui, Gil redressa le menton en un geste de défi et soutint le regard du mentaï.

- Si tu savais ! Peut-être bien que le chaos est plus souvent lié à l’harmonie que tu le penses, Voïki !

Le père de Kaünis esquissa un mouvement et Gil se ramassa sur lui-même, prêt à se défendre, mais la main de Rybris jaillit plus vite encore et se referma sur le poignet de Voïmakas.

- Tout doux. Il va nous écouter.
- C’est un cabochard. Il n’écoute jamais.
- Je crois que si. Allez jeune loup, viens t’asseoir, qu’on discute tranquillement… Non ? Bon sang, ce que tu es têtu… Tu tiens d’elle, beaucoup plus que tu ne le penses.
- Arrête de tourner autour du pot et dis-moi ce que tu sais,
s’impatienta Gil.
- J’ai ta parole que tu vas arrêter de me suivre ?
- Oui.


Il avait répondu sans hésiter. C’était facile : il renonçait à traquer cet enfoiré mais c’était pour mieux laisser le champ libre à Tsu et toute la bande…

- Sinéad était l’élève de Laïze. L’authentique Aile de Corbeau.
- Je sais ! Je veux juste que…
- Enfer, tu vas te taire et écouter, oui ? Si tu veux les clés de l’histoire, pose ton cul sur cette souche, ferme ton claquemerde et ouvre grand tes esgourdes !


Ce ne fut pas le ton véhément ni les propos curieux de Voïmakas qui soufflèrent Gil. Non, ce fut plutôt sa manière de jurer. Si familière.
Alors il s’assit.

Et il écouta.



*


Sinéad roula, se releva d’un bond et se plaça en garde. Son adversaire abaissa son arme, sûr de lui. Trop sûr de lui. Elle pivota, laissant l’arme effleurer son visage puis sa poitrine, bascula son poignet et…

- Ouch !!! s’exclama Seren en reculant.

L’acier du poignard avait déchiré sa tunique, mais n’avait que très légèrement entamé sa peau. Satisfaite, Sinéad rengaina son arme et cala ses poings sur ses hanches.

- Dix-huit à dix-sept. Je gagne.
- Ce n’était pas une partie en vingt manches ?
marmonna le jeune homme en examinant les dégâts d’un œil navré.
- Initialement c’était cinq, soupira Laïze.
- Vous n’écoutez jamais ce qu’on vous dit, aussi, ajouta Kovan en secouant la tête.

Sinéad et Seren échangèrent un regard complice avant d’éclater de rire. Ecouter leurs maîtres ? Beaucoup trop ennuyeux !

- Et maintenant ?

Au tour des deux envoleurs de se regarder. Les espoirs qu’ils plaçaient en leurs élèves étaient déjà dépassés mais ils n’en laissaient rien paraître.

- Quartier libre jusqu’à l’aube.
- Vous avez intérêt à être en forme, parce que ce qu’on vous réserve ne sera pas une partie de plaisir.

- Il me tarde d’y être, ricana Sinéad.

Elle s’étira, féline jusqu’au bout des ongles, et Seren sentit sa gorge s’assécher. Il se racla la gorge et la suivit quand elle se dirigea vers le Domaine.

- On fait le mur ce soir ?
- Encore ?
- J’ai envie de m’amuser.


Il ne pouvait rien refuser à ces yeux bleus. Alors il hocha la tête.

- Je vais chercher les autres. On se retrouve au même endroit que d’habitude.

Le même endroit que d’habitude c’était une auberge en ville, pas très bien réputée mais tellement animée qu’ils étaient prêts à ignorer les regards concupiscents pour savourer un plat entre amis. Assise entre Seren et Rybris, Sinéad dégustait son met en se moquant gentiment de Voïmakas. C’était le petit dernier de la bande et il n’avait pas encore complètement quitté le monde de l’enfance. Sa formation, tout comme celle de Rybris, était des plus difficiles. Sa main bandée en témoignait.

- Tu t’es encore brûlé en faisant joujou avec les Spires ? railla Rybris, toujours partant pour embêter son cadet.

C’était facile pour lui, qui était le plus doué de sa promotion et qui enchaînait les succès. Sa formation était achevée depuis six mois seulement, et déjà il revenait victorieux de plusieurs missions. Seren et Sinéad atteignaient déjà les limites de leur propre entraînement. Et lui, Voïmakas, il avait éternellement la sensation d’être à la traîne… Toutefois la complicité qui les unissait dépassait la question des aptitudes ou même de l’âge : ils étaient simplement heureux d’être ensemble. Seul membre féminin du groupe, Sinéad était le ciment de leur entente. Ils auraient tué père et mère pour elle, sans hésiter. Le savait-elle ? Parfois, c’était presque évident…

Mais le temps passa et les leurs routes s’éloignèrent un peu. Pas beaucoup. Ils se voyaient régulièrement au Domaine. Contre toute attente, Voïmakas réussit ses examens de justesse, en développant des compétences en alchimie qui se révélèrent être d’un grand intérêt pour l’Ordre. Il se hissa au rang de mentaï quand Rybris filait déjà droit devant lui, acceptant des missions de plus en plus dangereuses qui l’entraînaient parfois de l’autre côté de l’empire durant plusieurs mois. Seren aussi se démarquait aux yeux de tous… exceptés à ceux de Sinéad. Régulièrement introuvable, celle-ci se faisait plus distante, comme si… comme si les belles années étaient derrière. Seren en souffrait même s’il ne le montrait jamais. Il ne savait pas pourquoi leur amie s’éloignait. Un jour, il la suivit. C’était briser la confiance qui les liait mais comment faire autrement ?

Il découvrit le secret de Sinéad.

Quelque chose se brisa en lui. Lui, le parfait envoleur qui embrassait le chaos et ses idéaux mieux que personne… il n’avait jamais fait une seule entorse à ses principes, excepté pour elle ; chaque fois qu’il avait bravé les interdits de son maître, chaque fois qu’ils avaient « fait le mur », c’était toujours, toujours pour elle. Réaliser qu’elle avait trahi pour un marchombre… Giliwyn Sil’Sierra devint l’homme qu’il détestât le plus au monde. Il envisagea mille et une façon de le tuer avant de comprendre qu’il pouvait faire bien plus de dégâts. Sa patience fut sa plus belle arme, sans doute. Combien de temps attendit-il sagement ? Combien de mois, combien d’années ? Sinéad avait définitivement disparu. Les rumeurs se propageaient sur sa mort, quelques-uns osant mentionner sa trahison sans jamais assez de preuve ni suffisamment de convictions. Seul Seren savait. Et il attendait le bon moment. Celui-ci se présenta sous une forme inattendue : Djan. Un gamin sans intérêt jusqu’à ce qu’il se rapproche de celle que l’on nommait Aile de Corbeau : Laïze, l’ancien maître de Sinéad. Ancien maître… mais toujours une amie. Tous les deux n’avaient pas la moindre chance d’envisager à quel point leur rôle allait être important dans ce qui allait suivre. Et quand ils réalisèrent enfin, il était déjà trop tard.

Seule Sinéad ne vit rien venir.

Elle s’était ramollie avec le temps – trop de temps passé au contact de son stupide marchombre. Trop de temps passé à se cacher. Trop de temps à devenir maman. Ça l’avait blessé à nouveau, ce gosse, comme un coup de poignard en plein ventre, parce que dans un futur imaginaire, dans une autre vie rêvée, il aurait pu être son fils… Trop tard ! Seren était détaché de ce bonheur illusoire depuis cet instant où il avait posé les yeux sur Giliwyn. Ce qui était brisé en lui ne saurait être réparé, jamais. Utiliser sa greffe pour s’engouffrer dans l’esprit de son amie d’autrefois fut pourtant pénible. Il lui fallut affronter tous leurs souvenirs et les détruire un par un ; ce fut long, et cela causa des dommages rapidement irréversibles en la personne de Sinéad. Elle devint instable et il se régala de la voir lutter inutilement. Elle lui appartenait, désormais, et ni Gil, ni cet enfant n’avaient le pouvoir de changer les choses. Du moins l’avait-il cru… c’était sans compter la ténacité de ce marchombre. Il trouva Sinéad et l’affronta.

Il la tua.

Cette nuit-là, Seren perdit tout espoir. Il n’eut même pas la force d’achever Giliwyn : blessé à mort par Sinéad, il n’eut que le temps d’atteindre leur maison avant de mourir à son tour. Et alors que Seren galopait vers le Domaine où il espérait noyer son chagrin à l’aide des plus invraisemblables missions qui soient, un garçon d’environ seize ans avait surgi de nulle part. Seren l’avait reconnu immédiatement. Comment en aurait-il pu être autrement ? S’il ressemblait trait pour trait au marchombre qui lui avait tout pris, Manaël avait hérité d’un œil bleu de sa mère et surtout, surtout, de sa force de caractère… A deux doigts de le tuer, il renonça à cause de ce regard-là. C’était se rajouter de la souffrance inutile. C’était aussi prendre sa revanche malgré tout : Manaël devint Giliwyn, un envoleur, un tueur de marchombres. Des années plus tard et en dépit du bon sens, justice était faite…




*


- Vous mentez, souffla Gil.
- Pour quelle raison ? Le secret a pesé sur nous sans qu’il ne nous soit possible de le révéler.v
- J’ai essayé,
intervint Rybris, plus sérieux que jamais. Et ça m’a coûté beaucoup.
- Vraiment ?
ne put s’empêcher d’ironiser Gil, ravagé par la tristesse autant que par la colère.

L’interpelé écarta les bras.

- Tu me croises au Domaine ?

Il soupira.

- Mon changement de cap n’a pas été volontaire. Enfin, pas vraiment.
- Seren est l’un des plus grands fils du Chaos que l’Ordre ait jamais compté dans ses rangs,
expliqua Voïmakas. Et ce qu’il a fait n’a été qu’un service rendu pour notre cause.
- Un… service ?
- C’était un tueur de marchombres. Et c’est ce qu’il a fait. Ton père est mort.
- Bon, des années plus tard, mais ça c’était pas vraiment prévu. Encore que, quand on te connait, on comprend que tu tiens autant de Gil que de Sinéad, pas vrai Voï ?
- …
- Nan ? J’ai pas raison ?
- Quel est le lien avec Tsukia ?
[color=red] demanda alors Gil, peinant à se débarrasser de ses émotions pour réfléchir. En quoi cette histoire qui remonte à plus de vingt ans la concerne-t-elle ?

Rybris se redressa, quittant sa souche pour épousseter ses vêtements. Il échangea un coup d’œil avec Voïmakas avant de se tourner vers Gil.

- J’ai fait des tas de choses pas nettes et plus tu ignores de quoi il s’agit, mieux c’est. J’ai fait des choix. Tu sais ce que c’est, toi qui détestes ça. Il y a toutefois une mission que je n’ai jamais prise à la légère.
- Trouver l’assassin de Sinéad.
- Tu travailles avec lui depuis des années, pourquoi attendre maintenant ?!


Le regard de Voïmakas se durcit.

- T’es pas le seul qui a beaucoup à perdre, lâcha-t-il seulement.

C’était assez clair pour que Gil n’insiste pas. Il était père aussi désormais… son regard tomba sur le bracelet de cuir qui ceignait son poignet gauche et il passa les doigts dessus. Pourquoi Seren l’avait-il formé au lieu de le tuer ? Pourquoi lui avoir menti toutes ces années ? La bête gronda, furieuse, avide de sang et de vengeance. Il serra les dents, releva brusquement la tête. Seren… et merde.

- Tsukia !

Il l’avait laissée avec lui !

- Emmenez-moi à Al-Vor…
- Non.
- Gil’Ohz !
cria Gil en serrant les poings. Il faut que je les rejoigne ! Maintenant !
- C’est une marchombre, SangreLune.
- Elle est bien plus que ça !
- Ben voyons,
ricana Rybris en haussant les sourcils de façon suggestive. Petit canaillou…

Gil s’obligea à inspirer pour se calmer. Ces deux-là faisaient la paire, c’était évident. Il fallait simplement parler leur langue pour obtenir les clés espérées. Autrement dit…

- Je vais travailler pour toi, dit-il à Rybris.
- SangreLune, tu…
- Chut, laisse-le continuer, ça m’intéresse.
- Et je ne ferai pas capoter ce réseau de contrebande. Si je vous laisse Seren, vous me laissez Tsukia. C’est tout ce que je demande.
- Un contrat avec moi c’est un contrat à vie,
souligna Rybris, soudain plus froid qu’une lame de glace. Tu es sûr de toi, jeune loup ?

Pour toute réponse, Gil tendit la main. L’ex – mentaï observa celle-ci un bref instant avant de l’empoigner fermement. Un instant plus tard, ils avaient disparu. Resté seul, Voïmakas soupira.

Ce crétin de SangreLune avait réussi à lui transmettre sa migraine.



*



Farandor était un humble marchant de chaussures. Son magasin n’était pas bien grand, géré uniquement par sa famille, et il n’avait pas connaissance d’un espace souterrain dissimulant des objets de contrebande. La mémoire lui revint quand Angelica lui colla assez de pièces sous le nez. L’argent avait ce pouvoir de durcir les cœurs les plus tendres… les yeux plissés, Seren avait observé la scène légèrement en retrait. Ce n’est qu’une fois parvenu dans l’ombre du sous-sol qu’il se décida à passer à l’action. Cette mascarade avait assez duré. Il avait trouvé la plus grande faiblesse de Gil et il comptait bien l’exploiter, puisque celui-ci leur avait fait faux bond. Il activa sa greffe. Angelica frémit, puis bondit soudain l’arme au clair, incapable de lutter contre ces mains invisibles qui avaient pris le contrôle sur sa personne. Elle se jeta sur Tsukia, non pas pour lui faire un câlin mais pour la tuer. Vincent réagit mais il dut repousser Seren et son Ecarlate, ce qui l’empêcha de venir en aide à la jeune femme. Yaëlle était trop éberluée pour comprendre ce qui se passait, et pour agir en conséquence…

Est-ce que c’était ainsi que les choses devaient se terminer ?

Eh bien, non. Le poing de Gil heurta le menton d’Angelica avec suffisamment de force pour l’envoyer au tapis.

- Personne tape sur Tsu à part moi, gronda-t-il, revendiquant légitimement ce droit avec la force d’un loup protégeant sa meute.

Son regard tomba sur Seren, qui tourna la tête vers lui. Dans cet échange qui ne dura guère plus d’une poignée de secondes, tant de choses passèrent ! Des années de mensonge explosèrent en un million de petites étincelles qui attisèrent la colère de l’un et la résignation de l’autre. Seren parvint à repousser Vince et fit face juste à temps pour accueillir un SangreLune devenu fou. Leurs lames s’entrechoquèrent avec une telle violence qu’ils pouvaient sentir les chocs dans les os de leurs bras ; celle de Gil se fissura. Pas sa détermination. Au contraire ! Dans un cri de rage, il se jeta corps et âme dans ce combat tout comme Giliwyn et Sinéad s’étaient jetés dans le leur. Il sentit sa raison se déliter, les dernières chaînes de sa bestialité se briser ; il affrontait son propre maître, non, l’assassin de sa mère et le responsable de toutes les parts d’ombre qui avaient accompagné sa vie jusqu’alors. Il affrontait son passé avec la sauvagerie d’un monstre. Le duel avec Vince semblait bien pâle en comparaison de ce qui les déchaînait !

Quelqu’un cria son nom. Naïs ? Lib ? Tsu ? Gil n’était plus capable de reconnaître cette voix. C’était trop tard, il avait basculé dans des abysses trop profonds pour que ce genre de chose l’atteigne. Sa lame se brisa mais il joua de l’autre avec une telle vivacité qu’Ecarlate ne put parer à temps. Seren hoqueta… et sourit. Enfin ! Ce sale môme apprenait enfin… Ecarlate passa si près de sa tête qu’elle déchira un bout d’oreille. Des griffes lacérèrent son propre visage en réponse. Il lança sa greffe dans l’espoir de prendre le contrôle de Gil. C’était la première fois qu’il tentait ce genre de chose avec lui ; alors qu’il aurait pu le faire bien plus tôt, quelque chose l’avait toujours empêché de franchir cette limite. Il comprit à l’instant même où le regard bicolore de son ancien élève se plantait dans le sien. Il avait échoué ! Il aurait dû le haïr, lui qui incarnait ce qu’il n’avait jamais pu obtenir, ce bonheur qui lui avait échappé… mais en le prenant sous son aile, il avait tissé un lien unique avec ce garçon. C’était lui qui avait fait naître le cabochard qu’il était à présent. Lui qui lui avait enseigné tout ce qu’il savait. Qui l’avait hissé à ce niveau de maîtrise insoupçonnée.

Une aiguille de métal se ficha dans sa gorge. C’était douloureux… assez pour qu’il bascule, laissant la dernière lame entailler son épaule et ouvrir une plaie hideuse sur sa poitrine. Tellement douloureux. Pourtant, il souriait toujours. Du sang dans la bouche et dans les poumons, il leva une main et frôla la joue de Gil. L’envoleur avait le regard fou, détruit par la monstruosité qui se cachait en lui et qui dévastait tout. Ce n’était déjà plus vraiment Gil, d’une certaine façon, mais Seren s’en moquait : il ne s’accrochait plus qu’à cet œil bleu si familier. Le nom de Sinéad sur les lèvres, il mourut dans un sourire. Mais Gil n’en avait pas terminé. D’un coup de lame, il ouvrit le torse de Seren, plongea la main dans sa poitrine, referma les doigts sur son cœur et arracha l’organe de sa niche pour le jeter à travers la pièce. Il releva la tête. Des sons étouffés lui parvenaient. Il distinguait des silhouettes qui s’agitaient. Soudain effrayé, il recula, refusant qu’on le touche.

- Heu, il est temps de dégager, lança Rybris.

Yaëlle avait déjà dessiné un pas sur le côté, emportant Angelica avec elle. Rybris posa la main sur le bras de Vincent et chercha Tsukia du regard.

- Il est perdu ! cria-t-il en la trouvant enfin. Viens !

Gil avait déjà tourné les talons pour s’enfuir dans les ombres rassurantes du sous-terrain.

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"Mon passé est un champ de ruines et mon présent est un vrai bordel. D'où me vient ce fichu espoir pour l'avenir, alors ??"

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Tsukia Til'Werin
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MessageSujet: Re: In case we never meet again ; I'll remember you... (PV GIL)   Dim 06 Jan 2019, 20:43

''Ce qui est perdu dans l'harmonie du groupe peut parfois être retrouver dans le chaos de la solitude.''

T'es dev'nu vieux et sénile, avec le temps, allez, casse toi...

...Mais avant...


J'observe le mentaï qui semble curieux et pressé.

...C'était pas toi, qui as tuer Sylvan, hein..?

L'homme écarquilla les yeux.

Puis sourit malgré lui.

Cette gamine pleurnicharde, celle qu'il avait considéré longtemps comme la plus faible du groupe, était devenue, de loin, la plus forte.

Il réalisa à cet instant que Giliwyn, en frappant Angelica, n'avait peut-être pas sauver Tsukia, mais bien son assaillante. Même Seren ne pouvait pas augmenter la force et la rapidité de ses ''Marionnettes''. Il ne faisait que changer des détails, remplacer des formes, assigner des nouveau buts.

L'homme soupira.

Il comprenait désormais ce que Rina y avait vu, dans cette fillette.

Après tout, c'était elle qui avait eu l'idée d'arranger un mariage entre leur fils et celle-ci. Ça avait voler en éclats, bien sûr, mais l'homme avait refuser de laisser la jeune femme mourir en esclave sexuel. Savait-elle seulement que c'était pour elle, qu'il avait détruit le norvégien coulé..?

Non, se dit-il, et elle ne le saurait jamais.

L'homme attrapa la main du cadavre de Seren, il avait toujours trouver que son obsession était loin, bien loin de l'amour véritable, et disparu en se rappelant malgré lui l'histoire de la famille Til'Werin, qu'il avait longtemps étudier quand Rina lui avait parler de cet arrangement. Et en souriant.

En tuant Seren, Giliwyn avait brisé le contrat.

Il aurait put être fou de rage, mais il éclata de rire en réapparaissant auprès de Voïmakas.


Putain qu'est ce qu'ils sont tarés, ces jeunes, on jureraient voir leurs ancêtres en chair et en os...

...Pas vrai, Voï..?


Son ami de toujours ne sourit pas, après tout il n'aura pas fallu brusquer son pauvre visage, mais un éclat de curiosité y passa. Il avait tout vu par un simple lien mental, mais surtout, il avait entendu.

Et ce fut dans un silence des plus totaux qu'ils se fixèrent en écoutant la dessinatrice inconnue, devant la maison de qui ils s'étaient rejoints, babiller et crier un prix exorbitant quelconque pour toutes ces aventures.

Vincent criait, de son côté, pour être ramener avec Tsukia pendant que Voïmakas s’efforçait de ''réparer'' les dommages faits à Angelica, travail ardu mais possible si fait rapidement.


Ne t'en fais pas, géant du nord...

...Cette gamine as les sang de ses ancêtres dans les veines, et ça y parait.


Le géant en question se figea. Il avait apprit beaucoup auprès des Alaviriens, depuis son exil.

Entre autre sur le fait que certains d'entre eux ne parlaient jamais sans raison.

Le géant se tourna vers le nord, inspira lourdement puis expira avec peine. Il était vrai qu'il n'était pas lié directement à Tsukia, elle faisait partie d'une autre branche de la famille, techniquement, mais il ne put s'empêcher d'être un peu triste pour elle.

Si elle était vraiment destinée à devenir un nom aussi connu, chez les siens, que son ancêtre direct, qu'Irahn'erm, premier de sa lignée à commettre une trahison, à renier son peuple pour un autre, à porter le nom de ''Til'Werin''...

...À porter le titre de ''Frontalier''...

L'homme frissonna malgré lui. Cette légende était bien connue, chez eux, son peuple avait voulu se déplacer vers le sud, vers des terres plus hospitalières, et s'étaient heurter à un autre peuple du nord, à ces ''Frontaliers'', ils avaient fait plans par dessus plan pour leur piquer des provisions, au moins.

Puis l'un d'eux les avaient trahis.

Les frontaliers avaient été prévenus que quelqu'un tenterait d'entrer chez eux, avaient renforcer la garde... Tellement que son peuple avait dut battre en retraite sans même oser attaquer.

Le verdict avait été sans équivoques : Si Irhan'em revenait, il serait exécuté.

Il ne revint jamais.

L'homme avait changer son nom pour Iranem Til'Werin, il avait rejoint ce peuple étranger.

Puis était revenu chez les siens des années plus tard, marchant vers une mort certaine, pour protéger sa femme frontalière et leurs enfants de toute représailles.

Un traître devenu martyr, son clan n'avait plus jamais approché la frontière.

Vincent ferma les yeux un instant pour secouer toute ces vieilles légendes hors de sa tête. Puis sourit. Si quelqu'un pouvait ramener Giliwyn à la raison, c'était bien Tsukia.


Wandering hearts,
Unlikely friends,
Facing the fall together.

Never to part until the end,
Staring into forever...

Kin of the tyrant,
A dynasty failed,
Fog clouds my thoughts in a terrible tale.

Drive it away,
With a swift ocean gale,
And I’m finding the source of it all...

Je soupire et grince des dents malgré moi quand Rybris disparais.

Ça ne fait qu'encore plus me causer de problèmes, tout ça... C'est bien beau, lui citer sa propre leçon au visage, mais quand même...

J'observe le sous terrain, couvert d'une noirceur totale, en soupirant ENCORE.


Et après il va encore dire que c'est moi, qui est pas fiche de savoir ce que je veux et de prendre soin de moi...

Je m'engage dans le sous terrain sans vraiment penser, grognant légèrement entre mes dents. Sérieux Gil, pourquoi un FOUTU sous terrain...

...Une partie de moi se demande s'il savait que tout ceci arriverait, si c'est pour ça qu'il as insisté pour que l'on s'entraînent dans le noir, parfois.

Je fait une note mentale de le remercier après l'avoir assommer quand j'évite d'un mouvement le siffle caractéristique d'une de ses aiguilles.

Mais il n'y en as pas d'autres qui arrivent.

Un avertissement..? Je fais un pas, puis j'entends un truc ressemblant à un grognement et à quelque chose se sauvant.

Ma voix s'élève doucement, résonnant dans le sous terrain.


Me fais pas courir, Gil...

...T'as assez souffert, il est temps de rentrer avec ta meute.


Pas de réponse, bien sûr, il est bien trop loin pour que quelque chose de si simple ne le ramène à la raison.

Mais ce n'est qu'en tournant à gauche pour suivre le sous terrain que je comprends à quel point il est perdu.

Car c'est d'un millimètre que j'évite le coup de poing-- Non, de griffes, alors qu'une coupure s'ouvre sur mon bras droit. Je sais même pas s'il est armer ou s'il arracher carrément ma peau avec ses ongles, me dis-je en tentant d'éviter autant des attaques que possible.

Je ne durerais pas une minutes, comme ça, me dis-je en m'excusant mentalement, tirant mes dagues.

Je ne réalise mon erreur que quand mon poignet se tord et qu'il m'en arrache une.

Bon sang mais il vois dans cette purée de pois ou quoi, ce con..?

Je jure quand la lame s'enfonce dans mon épaule gauche, profondément, puis se retire pour être parée de justesse par ma lame droite.

J'entends son autre main tenter de frapper, l'évite de justesse et maudissant son habileté.

S'il était moins fort, moins rapide, je pourrais mieux éviter, je ne me serais pas en train de me faire battre à plat de couture comme ça.

Sa lame ne s'enfoncerait pas dans ma jambe, me jetant par terre, contre le mur.

Je lève les yeux, voyant la silhouette bestiale de cet homme qui as une place toute particulière dans mon coeur, coeur qu'il tente en ce moment d'arracher, me dis-je en bloquant difficilement les attaques, jusqu'à ce qu'il immobilise mon bras droit d'un des siens puis soulève l'autre.

Et je laisse enfin tomber les armes en sentant quelques larmes couler sur ma joue, parce que je m’étais promise de ne pas lui dire, parce que je m’étais promise qu'il ne saurait jamais, pour l'empêcher d'avoir ce poids de plus sur la conscience...

...Parce qu'il as assez souffert comme ça, parce que c'était plus simple s'il ignorait tout.

Parce qu'on est, au fond, pas fais pour ça, me dis-je alors que sa main commence un mouvement inéluctable.

Et qu'un soupire, un murmure, l'arrête à un millimètre de mon visage.


...Je suis enceinte...

J'entends le tremblement, dans son bras. La question qu'il n'as pas la force ni la présence d'esprit de demander, alors que je soulève doucement la main vers son visage en souriant au travers mes larmes. Quand je le frôle, il recule, comme si ce contact était douloureux.

...Je n'ais jamais couché qu'avec un seul homme de toute ma vie, Gil, je...

...C'est toi le père.


Et je retire ma main, me recroquevillant sur moi même.

Voilà, tu sais tout, maintenant, tu sais pourquoi le rêveur t'as écarter, tu sais pourquoi j'ai dis que ce n'était pas grave, pour ne pas te fiche ça sur les épaules...

...Et aussi parce que je contait sur l'avortement, sans t'en parler, pour t'épargner les souvenirs et la douleur, bon sang il ne restait, selon celui qui m'as examiner, qu'une semaine, peut-être deux, avant qu'un avortement soit sans dangers.

Si seulement on avaient trouver Rybris et Stenam, on auraient pu les tuer, fiche tout ça derrière nous, ce serais tellement plus simple, hein...

Je l'observe, il vibre carrément, tremble entre l'envie de m'achever, de baigner dans le sang, trop grande pour être repousser, et le choc de cette nouvelle qui pousse pour l'éveiller de sa rage.

Et j'attends. Parce que s'il décide d'en finir, je suis prête à accepter le prix de ma folie. Ce serait con, quand même, mais, au fond, si Syndrell était ici, à sa place, dans cet état, je la laisserait aussi me tuer au besoin.

Parce que je les aimes plus que de raison, plus que l'alcool, plus que ma ''véritable'' famille, plus que moi-même...

...Plus que mon avenir.

Alors j'ouvre les bras, comme pour lui faire un câlin, mais également découvrant ainsi mon torse à toute attaque qu'il porterait, à sa mercis.


Lâche ton arme, oublions tout ça, oublions tout ce qui s'est passer et rentrons tu veux..?

...Je passerais à une confrérie, comme ça on en parleras plus, toi tu continueras de bâtir la maison avec Makeno...

...Tu veux bien, dit...

...Grand frère..?


Noble of nature and raven of hair,
Destined to never be held up and hailed,
Fallen from grace with the death of the heir,
And I’m finding the source of it all...

Kin of the tyrant,
A dynasty failed,
Fog clouds my thoughts in a terrible tale.

Drive it away,
With a swift ocean gale,
And I’m finding the source of it all...

Face of forever,
The last my kind,
Break through the masks that I’ve hidden behind,
Histories hewn in the crypts of my mind,
And I’m finding the source of it all...

...Hammers and fire combine,
Out of the bonds,
Rising into the divine,
Hold back the beyond...

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: In case we never meet again ; I'll remember you... (PV GIL)   Dim 06 Jan 2019, 22:22

Gil n’était plus Gil.

Il n’était plus qu’un amas de sensations aussi nouvelles qu’effrayantes, un nœud d’émotions qu’il ne comprenait pas, une boule de rage incontrôlable et surtout, surtout ! Une peur monumentale. Il était terrifié. Il ne comprenait pas ce qu’il faisait là et encore moins comment s’en sortir. L’odeur de sang était partout et excitait ses sens. L’ombre. Il fallait qu’il s’y blottisse. C’était son seul objectif. Il s’enfonça dans l’obscurité, remontant à toute allure un large boyau chargé de caisses qu’il évitait sans mal ; il ne voyait pas, il sentait la présence de ces objets un peu partout… tout comme il sentit celle de la personne qui se rapprochait dans son dos. Une terreur folle le tenailla brutalement. Fuir ! Fuir absolument ! Fuir maintenant ! Il dévia de sa trajectoire et emprunta un boyau secondaire, plus mince, plus sombre encore. Il ne savait pas où il allait. Il voulait seulement fuir…

Et puis la colère prit le dessus. Fuir oui, mais tuer d’abord ! Se débarrasser de la menace ! Tuer ou être tué ! C’était une loi aussi primitive qu’efficace. Une réalité à laquelle il ne pouvait plus se soustraire, alors il fit volte-face et ses griffes chuintèrent dans la nuit. Ouvrirent trois entailles profondes dans le bras de la créature qui était à ses trousses. Il n’avait pas conscience de les utiliser, ni même de prévoir ce qu’il faisait : il faisait. C’était aussi simple que ça. Il se battait comme une bête acculée. Les grognements étranglés qui lui échappaient n’étaient plus ceux d’un homme.

L’homme n’était plus un homme.

Et le sang gicla sur les murs. Il bondit, tenta de passer à droite, puis à gauche, mais la créature, quoique blessée, semblait déterminée à ne pas le laisser faire. Elle faisait un léger bruit qu’il ne comprenait pas. Réduit aux sensations et à l’instinct, il laissa les étranges sons l’effleurer pour se concentrer sur l’instant présent, sur sa volonté de tuer, de s’échapper, de fuir, de retrouver l’obscurité. Une lame déchira les chairs. La sienne ? Un cri résonna dans le boyau. Le sien ? Confusion, terrible et totale. Il bondit en arrière, se cogna, bondit à nouveau. Il sentait la créature faiblir. Elle n’attaquait plus. Il allait pouvoir la tuer. Il s’élança, la lame racla la paroi et descendit vers elle, inexorable et mortelle…

… se figea soudain, terrassée par un simple murmure.

Murmure qu’il ne comprit pas.
Cela n’avait aucun sens pour lui.
Mais il ne parvint pas à achever son geste.

Au lieu de ça, il renversa la tête en arrière et poussa un hurlement déchirant. Sa lame lui échappa des mains et tomba par terre dans un bruit qui lui fit mal au crâne. Il avait tellement, tellement mal, et si peur… Soudain, il tourna la tête. Frémit tout entier. Laissa échapper un drôle de feulement, et fila sans demander son reste. Il quitta la créature avec l’impression de perdre un morceau de lui-même. Il s’enfonça dans le noir en quête d’un endroit où il pourrait se sentir en sécurité.

Il disparut.

Quand Rybris arriva dans le mince couloir de pierre, la sphère lumineuse qui l’accompagnait éclaira brutalement le carnage. Du sang partout, et Tsukia étalée par terre. Un instant, il crut qu’elle était morte. Que Giliwyn l’avait tué dans sa folie avant de s’en aller. Mais non. Elle respirait encore. Il se jeta à genoux et la prit dans ses bras.

- Ça va aller, dit-il en la berçant contre lui. Ça va aller…


*


Nora répéta la même chose en serrant Makeno contre elle. Mais comment rassurer un petit garçon qui, après avoir perdu sa mère et son frère, devait accepter la disparition de son père ?

- Ça va aller, souffla-t-elle avant de fermer les yeux pour empêcher ses larmes de couler.


*


- Ça va aller, dit le rêveur en refermant la porte dans son dos pour s’adresser à Rybris, Angelica, Vince et Yaëlle. Elle va s’en tirer. Mais…


*


… Grondement sourd. Dérangé dans son sommeil, l’ours est groggy et en colère ; la nature veut qu’il hiverne et il ne peut pas le faire si un intrus lui vole son territoire. Déjà le plantigrade se redresse, prêt à laisser échapper sa fureur pour faire déguerpir l’opportun.

Mais.

Un cri affreux résonne dans sa tanière, se répercute le long des murs, s’enfonce en lui comme un avertissement. L’être qui se tient en face de lui est plus petit que lui et pourtant si dangereux que l’ours hésite un instant, se balançant sur ses pattes arrière pour tenter de l’intimider. D’habitude, ça fonctionne. Cette fois, ça ne marche pas. Le cri s’élève une deuxième fois. L’ours capitule. Il trouvera un autre endroit. Il s’en va.

Reste le loup. Il se couche en chien de fusil sur le tapis de mousse.
Il s’endort enfin.

Libre.



[Bon. Je m'arrête là avec Gilou... et sans doute pour un moment, en fait. Pas définitivement ! Et il aura besoin d'aide pour retrouver son humanité, s'il la retrouve un jour... mais voilà, il a besoin d'une pause et d'une vraie, cette fois. Et bon sang, ce Rp. Bouleversant.]

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"Mon passé est un champ de ruines et mon présent est un vrai bordel. D'où me vient ce fichu espoir pour l'avenir, alors ??"

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Tsukia Til'Werin
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MessageSujet: Re: In case we never meet again ; I'll remember you... (PV GIL)   Lun 07 Jan 2019, 00:15

Tu es sûre de ce que tu fais..?

Tu sais aussi bien que moi que tu ne reviendras probablement pas à temps pour continuer ta formation auprès des marchombres...

...Je doute que ton maître attende une apprentie qui disparaît sans un mot pour revenir beaucoup plus tard, si elle revient...


Je ne réponds pas, me contente d'ignorer avec superbe le rêveur qui cris que, dans ''mon état'', je ne devrais pas me lever sans me reposer, encore moins partir pour une aventure aussi folle que dangereuse.

Et de hocher doucement la tête en fourrant dans mon sac deux trois vêtements de rechanges, puis d'attraper les dagues frapper du nom ''Sangrelune'' que Rybris as récupérer pour moi il y as de cela une semaine, dans ce fichu sous terrain.


Je retourne aux sous terrains, si je suit le chemin, je finirais par trouver où Gil est partit. Avec un peu de chance, il n'est pas bien loin.

Je hisse le sac sur mon dos sous le regard affolé et inquiété d'Angie et du rêveur.

Oncle Vincent as dut partir il y as de ça deux jours, il n'as pas préciser pourquoi.

Je m'apprête à partir, mais Rybris est adossé à la porte d'une façon qui me rappelle Gil.


Si ta décision est faite...

...Alors on as pas de temps à perdre.


Je soulève un sourcil alors qu'il me tends le bandeau de Sylvan...

Je te rappelle que tu est Mentaï et moi marchombre...

EX mentaï. Et apprentie marchombre qui vient techniquement d'abandonner sa formation au profit d'une quête personnelle.

Tu n'est donc pas Tsukia Til'Werin, apprentie marchombre, en ce moment, mais bien Tsukia Sangrelune, apprentie ailes de corbeau.

Et ce titre là, certains d'entre nous y tiennent beaucoup.

J'ai pris mes arrangements. Ça va me coûter un bras, mais... Disons qu'un vieil ami va s'arranger pour que ta survie ne soit pas mentionner dans les rapports.

Tu est officiellement morte pour tout les envoleurs et les mentaïs jusqu'à preuve du contraire.

Et comme tu ne fais plus partie d'aucune guilde, il ne reste qu'une seule solution... On va rétablir notre groupe, si tu accepte d'être temporairement sous ma garde, je te fournis mes services et t'entraîne. On traques Sangrelune ensemble et, après, tu décideras ce que tu préfère faire...

...Et puis comme ça, la prochaine fois que tu le rencontre, t'auras PEUT-ÊTRE une chance de le résonner sans crever.


J'observe sa main tendue.

Il est rare qu'il soit aussi bavard, encore plus qu'il propose quelque chose de ce genre, surtout qu'il avoue lui même que cacher ma survie va lui coûter une dette envers quelqu'un sûrement haut placer chez les disciples du chaos... Et qu'il ne demande rien en échange.

J'attrape le bandeau, le passe... Et attrape la main sans plus en demander.

Quand nous disparaissons, il as compris sans que je ne parle et c'est pour voir un Makeno pas très heureux et une Nora qui sursaute.

Ils m'observent tout les deux comme une revenante et je glisse ma main dans les cheveux du gamin comme son père le faisait si souvent avant de m'adresser à Nora.


Je suis venu pour profiter de ta proposition de me couper les cheveux, avant de partir...

...Je vais chercher Gil.


Je sens le regard de Makeno, perçant, me fixer... Et quand je le regarde une seconde, j'y voit une lueur d'espoir.

Ouais, tout le monde semble résigné, mais t'as pas à t'en faire, après le temps d'une coupe de cheveux... Grande soeur va chercher Giliwyn.


Wandering hearts,
Unlikely friends,
Facing his fall together.

Never to part,
Until the end,
Staring into forever...

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In case we never meet again ; I'll remember you... (PV GIL)
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