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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Bouts de vie

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Kaünis Gil'Ozh
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MessageSujet: Re: Bouts de vie   Sam 09 Juil 2016, 01:57


There's a monster deep inside of me

Ruaril  

Let it blow your mind



Il ouvre les yeux.
Ça fait longtemps. Très longtemps. Trop longtemps. La lumière tamisée et diffuse est trop puissante pour ses rétines sensibles, et il grogne violemment. Un grondement sourd qui fait vibrer toute sa cage thoracique.
Normalement, quand il ouvre les paupières, le noir est total. Puis, ils remettent doucement de la luminosité dans la pièce. Depuis toutes ces années, il a appris à garder les yeux fermés, à manger sans voir, à se déplacer dans sa minuscule cellule. Il a appris à se battre, à attendre surtout.
Il a surtout appris la patience.
La vengeance, glacée, parcourt chacune de ses cellules et le tient en vie. Donne un sens à chacun de ces jours ténébreux qui sont devenus son existence.

Et cette fois-ci, la lumière.
Un entraînement ?
Sa langue passe sur ses lèvres, les humectant d’un plaisir anticipé. Cela fait longtemps qu’il ne s’est pas battu. Qu’il n’a pas senti de chair sous ses ongles, sous ses dents, ni ne s’est délecté du rougeoiement liquide dans sa gorge. Ses papilles frissonnent de contentement, mais les bruits qui tintent à ses oreilles ne sont pas ceux des épées, armures et boucliers. Il n’y a que du tissu, et le frottement d’une gaine sur des vêtements de cuir.

- Ruaril, cela va être à toi de jouer.
La bête gronde violemment, retroussant ses babines sur ses dents éclatantes. Il se retient de se relever, car il sait que les chaînes ne sont pas déverrouillées. Il a reconnu la voix, c’est celle d’Affarao. Alors, l’heure est venue de tuer ? De manger ? De se battre ?
- Je sais que tu attends ça depuis longtemps. Ne tue pas les alliés, ils sont précieux, et tu seras puni. . Le grognement s’intensifie, vibrant dans la pièce nue. Il entend l’homme reprendre une inspiration un peu trop saccadée et sait qu’il l’effraie. Un sourire. Mais il sait qu’il ne veut plus subir ça. Sourire effacé.  
Caché dans les replis de ses traits.
- Sortons d’ici.
Bruit de gorge d’acquiescement. Il ne veut pas parler, n’est pas sûr que sa voix existe encore. Il attend patiemment qu’Affarao déverrouille les lourdes chaines pour rouler ses poignets et ses chevilles, vérifiant leur fonctionnement. Tout a l’air de bien se plier, quelques raideurs, rien de grave.
Se relevant, le colosse laisse son regard tomber sur l’homme qui est venu le chercher. Un formidable besoin de lui enfoncer la tête entre les épaules pour la lui arracher le traverse, lui tirant un violent frisson. Non. Pas de suite.

Il croit peut-être qu’il l’a brisé ?
Qu’il a détruit son âme, sa définition de lui-même ?

Si c’est le cas, cet homme n’a jamais été enfermé dans une cellule plus de quelques jours. Lui, cela fait des années qu’il y est. Il sait qui il est, quels sont ses objectifs. Il est prêt, depuis longtemps, à sortir de cet endroit pour faire croire à ces stupides nobles qu’ils le contrôlaient. Qu’ils lui faisaient peur. Qu’il s’était perdu en même temps qu’il avait cessé de compter les tortures et les coups.

Il n’est plus qu’une bête. Mais lui-même, sans aucune limite, détaché des sentiments qui auraient pu être les siens : douleur, peur, soumission. Non, il n’aurait plus jamais mal, il ne se plierait pas à ce qui ne servirait pas ses intérêts, et s’il avait peur, cela ne l’empêcherait pas d’agir.
Il ne lui restait qu’une froide détermination.

Ses lèvres s’étirèrent lentement, barrant son visage horizontalement.
C’était presque un sourire.


* *


On l’avait lavé, nettoyé, coiffé, rasé.
On lui avait refilé des vêtements et une armure.
Il ne voulait pas d’armure. Il ne voulait pas d’arme. Il voulait ses doigts, ses ongles, ses dents. Cela suffisait amplement. Et quand on avait insisté, il avait arraché une carotique, d’une main. Ce n’est pas parce qu’on est dans une cellule noire que l’on ne peut pas travailler sa force.

Il voyait qu’Affarao se méfiait de lui. Il était constamment suivi par deux Gardes Impériaux et un Dessinateur venait de s’ajouter à la petite brochette humaine qui le surveillait. Ça lui ferait un plus gros repas en temps voulu.

Lorsqu’il avait été propre et apprêté, on l’avait mis devant un miroir pour qu’il sache de quoi il avait l’air…

Complètement défiguré.
Sa cloison nasale n’était pas droite, brisée au milieu, déviée à droite, puis à gauche. Les cicatrices couraient, horizontales, sur la peau de son nez. Une longue cicatrice barrait son visage en arc de cercle, commençant au-dessus de son sourcil droit, passant sur l’extérieur de l’œil en le déformant un peu de tissu cicatriciel, dégringolant sur sa pommette avant de changer d’incurvation et de traverser ses deux lèvres de part en part dans une cicatrice blanche et luisante, large comme un auriculaire, tranchant avec leur couleur pâle naturelle.  Sur sa joue gauche, trois traits de griffures, cicatrices boursoufflées, entamaient également sa peau jusqu’à l’os de sa pommette.
Il avait passé ses doigts sur son visage, tentant de se l’approprier sans y parvenir tout à fait, éprouvant plus facilement la texture de ses cicatrices alors qu’il pouvait les voir.

Immense et large, il rentrait à peine dans le cadre de la glace. Ses cheveux coupés étrangement retombaient bizarrement sur son front en mèches noires et brunes, alors que son regard…
Il aimait ce regard.
D’un bleu acier impitoyable. Aussi poli que la face d’un bouclier neuf.

Regard qui suivit une servante qui posait deux tasses sur la longue table de la pièce. Il s’humecta les lèvres lentement, alors qu’un nouveau grondement sourd vibrait dans sa poitrine.
Il allait l’attraper, l’immobiliser, la torturer, la…
Il fut interrompu dans ses pensées par Affarao qui se râclait bruyamment la gorge, et il lâchait un grognement mécontent.

- Assis-toi. Bien. Voici la cible, fit-il en faisant glisser un bout de papier avec le portrait d’une fille dessus. Il fronça les sourcils, avant de les hausser. Ils le faisaient sortir de sa cellule de désolation ténébreuse pour une nana ? Ne la sous-estime pas, nous avons déjà fait cette erreur. Elle répond au prénom de Kaünis. Si elle rentre dans le Palais… Tu peux faire ce que tu veux avec elle.
Ce qu’il voulait, vraiment ?
- La torturer ? demanda-t-il d’une voix trop rauque de n’avoir pas servie depuis trop longtemps. Cela fit ciller Affarao, mais il ne détourna pas les yeux.
- Tout ce que tu veux. Elle est dangereuse. Et sans doute accompagnée. Ne la sous-estime pas. Je suis presque certain qu’elle va bientôt revenir.

La bête hocha la tête. Un grognement franchit ses lèvres, qui s’étirèrent dans un sourire machiavélique.
- Elle est déjà là.
Il allait pouvoir s'amuser un peu. Avant de tous leur exploser leur tronche.
Surtout celle d'Affarao.
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Kaünis Gil'Ozh
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MessageSujet: Re: Bouts de vie   Lun 05 Juin 2017, 00:14


Just give me a reason


Kaünis

Nothing else. But else. Nothing.


L’océan était proche.
Plus qu’une crique. Une petite crique.
Kaü talonna vivement Voyage, qui bondit en avant dans son galop, le souffle court, les naseaux dilatés par l’effort. Mais l’Envoleuse ne s’en rendait même plus compte, et la jument filait à la vitesse d’une flèche vers les falaises qui plongeaient dans l’océan.

Vingt mètres.
Elle la talonna encore.
Cinq mètres.
Elle tira si violemment sur ses guides que Voyage se cabra et faillit se retourner, mais pivota dans un réflexe sur ses postérieurs… à cinq centimètres du bord.
- RRAAAAHHH !!
Elle sauta de sa jument, trébucha, atterrit les deux genoux dans la terre, se redressa sur un coude, les cheveux emmêlés par dessus l’épaule droite.

Rien. Du vide.
Plus rien.

Il avait disparu. Sans donner de nouvelles, sans traces.  Sans rien. Pas d’au-revoir.
- Lâche !! T’es qu’un lâche !!
Ses doigts s’enfoncèrent comme des serres dans la terre meuble mêlée à quelques grains de sable. Ses cheveux basculèrent en une boule épaisse sur son autre épaule, et elle sentit des larmes brûlantes déborder de ses yeux.
Elle les essuya rageusement, se mettant du sable sur le visage au passage.

Parce qu’après la Citadelle, plus rien.  “Soyez prudents” blablabla. C’était juste pour mieux disparaitre. Pour se carapater. Est-ce qu’il avait vraiment été enlevé ? Si ça avait été le cas, elle l’aurait trouvé. Ou au moins une trace. Une piste. N’importe quoi. Tout le monde était humain, et tout le monde laissait des traces, des témoins, quelque chose.
Mais il n’y avait rien. Rien d’autre que du vide.

Elle avait été abandonnée.
Et elle voulait mourir.

Elle essayait de penser à ses deux apprentis, Enola et Kei. Mais en fait, ils retrouveraient bien quelqu’un d’autre pour prendre le relais, c’était tout le temps comme ça.
Et Gil ? Et ses parents ?
Ils s’en remettraient aussi. Elle n’avait été que des emmerdes, toute sa vie. Qu’un truc incontrôlable et impulsif, dangereux pour elle-même et pour les autres. Au fond, personne ne la regretterait. Même… lui, il était parti.

A quoi bon ?



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MessageSujet: Re: Bouts de vie   Lun 05 Juin 2017, 01:26


Just give me a reason


Silhu Jil’Ahano

We filled their hearts with fear



Je passe sous une attaque vive, parvient à éviter un retour de bras, et mon poing va s’écraser contre des cotes flottantes que je sens se briser sous l’impact.
Mon adversaire lâche à peine un râle pourtant, comme si c’était juste un réflexe mais pas une véritable douleur. Elle tombe à genoux, crache du sang mais s’essuie la bouche d’un revers de poignet.
Elle se relève difficilement, je peux voir ses bras et ses jambes trembler sous l’effort. Quand elle redresse le menton, j’admire ses lèvres charnues… mais explosées par un coup. Une croûte de sang s’y est formée ; sa pommette droite s’est parée d’un violet tellement soutenu que c’est presque noir, son oeil est gonflé et à demi fermé, son arcade en charpie.
Elle se racle la bouche, crache encore du sang, parvient à se redresser complètement, tremble encore quelques secondes.

- Encore.
- Non, Kaünis…
- Si je te dis !


Et malgré son état pitoyable, elle parvient à se jeter sur moi et à arracher un bout de peau de mon bras droit que j’ai levé en réflexe. J’essaye de frapper moins fort, mais elle gagne en rapidité et en agressivité, comme si les petites douleurs n’avaient plus d’effet sur elle… Alors que ça devrait être le contraire, à cette étape du combat.
Quand elle plante ses dents dans ma nuque, je ne peux pas résister : je l’attrape par les cheveux et l’envoie violemment contre un rocher, contre lequel elle s’écrase le dos en premier dans un couinement.
Elle ne bouge plus, et je prends peur : je bondis vers elle, me penche sur son visage…

Et je la vois sourire.
Éclatant la croûte au coin de ses lèvres.

* *

Tous les soirs, Boroh la prend en charge pour réparer ses blessures.
Et chaque matin, elle est prête à se battre à nouveau jusqu’à bout de forces. Comme si elle ne vivait que pour sentir la mort s’approcher d’elle. Comme si la douleur ne lui infligeait pas de nouvelle leçon. Comme si elle n’avait plus peur de rien ; parfois j’ai l’impression qu’elle regarde la mort parfaitement en face en la défiant de venir la chercher.

Pourtant, jamais la mort ne pointe le bout de son nez.
Et parfois, dans son regard glacé et si sombre, dangereux de noirceur et de ténèbres engloutissantes, j’ai l’impression qu’elle l’a justement déjà vue, vécue, survécu. Un nombre incalculable de fois.
Et plus on lui tape dessus, plus elle en redemande.
Et plus elle devient forte.

Je sais très bien que dans quelques semaines tout au plus, c’est elle qui va nous réduire en charpie. Déjà, parce que c’est actuellement au moins à moitié le cas : avec ses ongles et ses dents, sans plus d’autres armes, elle déchiquète tout ce qui est à sa portée, en combat. Elle est vraiment très rapide, dans le temps, a une technique que beaucoup envient.
Mais si elle est là, c’est pas pour jouer, elle.
C’est pour apprendre. Devenir plus forte. Et elle n’a peur de rien pour atteindre cet objectif.

Je le vois flamboyer dans ses yeux.
Même quand on fait l’amour.

* *

Je virevolte pour éviter une nouvelle attaque, suis obligé de me jeter sur le sol pour esquiver un pied, roule sur le côté, tente de faucher une cheville d’une attaque sournoise… Mon pied se fait écraser littéralement, et je ne peux pas retenir le hurlement de douleur de s’échapper de ma bouche.
Puis, son ombre vient couvrir mon visage, et je la vois prendre de l’élan… Je jète mes bras devant ma tête pour me protéger.

- Stop !! J’abandonne !
Je vois bien sa moue déçue, et ça me transperce le coeur littéralement. Je la vois hésiter aussi, une seconde. Avant de hausser les épaules et de s’éloigner sans même se retourner. Il me faut encore une dizaine de secondes pour reprendre mon souffle et rassembler mes pensées, puis je parviens à me redresser en grimaçant de douleur - purée, elle ne retient pas ses coups elle non plus !

Je cours pour la rattraper, finis par arriver derrière elle et lui attrape le coude. Elle se dégage avec une violence inouïe, et son regard marécageux se plante dans le mien, me tirant un frisson de très, très mauvaise augure.
- Attends.
- T’as plus rien à m’apprendre. Tu es lâche.

J’écarquille les yeux, Lâche, moi ? Mais d’où sort-elle ça ? Je la vois pousser un soupir agacé et hautain, et je serre les mâchoires.
- Tu as abandonné.
- Ce n’est pas être lâche !
- C’est quoi, alors ?
Son ton est si glacial que j’en frissonne, me frottant les bras pour me réchauffer.
- C’est de la survie. Si je meurs, je ne serai même plus. Et je ne pourrai pas non plus m’améliorer. C’est un mal pour un bien.
Je vois une étincelle bizarre s’allumer dans le fond de ses yeux, et je fronce les sourcils. Je ne veux pas qu’elle parte.
- Reste, s’il te plait.
- Non.
- Pourquoi ?
- Je veux devenir plus forte. Je dois trouver quelqu’un d’autre, de plus fort encore.
- Et s’il ne veut pas t’apprendre ? Qu’il te tue ?
- Ça sera tant pis pour moi.


J’écarquille les yeux. C’est à l’opposé de toutes les règles de survie, de l’instinct de survie-même ! Puis, je me rappelle des premiers combats où elle se relevait jusqu’à ne plus avoir une seule parcelle d’énergie dans le corps.

Elle est dingue.
Mais putain.
Je suis accro.

- Je peux venir avec toi ?
Je la vois me toiser de haut en bas. Puis hausser les épaules et faire volte-face.
- M’en tape.

Je frissonne. Cette nana… est vraiment à l’opposé de tout ce que j’ai pu connaître chez les femmes.
Elle est dingue.
Mais il faut croire que je le suis encore plus.
Parce que j’attrape mes affaires, et je la suis.

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MessageSujet: Re: Bouts de vie   Lun 05 Juin 2017, 01:52


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Silhu Jil’Ahano

Is it love, or just a curse ? Do you feel good when i hurt?



Je tremble de tout mon corps.
Parce que je ne peux rien faire. Je ne peux pas intervenir. Pas décemment.
Pas décemment, alors que c’est elle qui a demandé. Qu’elle est en train de… faire ça avec trois autres mecs… Et que je suis rendu au statut de simple spectateur. Et je ne peux pas détourner mon attention de ces corps qui s'emboîtent, juste là, dans des grognements bestiaux.

Et elle, qui est là, se complait dans cette violence absolue, en redemande, provoque encore plus d’animalité, de brutalité. La sueur fait briller leur peau, la lumière chiche éclaire leurs corps, c’est affreusement tentant et horriblement effrayant.

Je finis par fermer les yeux et m’appuyer contre le mur derrière moi.

* *


Elle est tellement normale, là, que c’en est terriblement déroutant.
Comme s’íl ne s’était rien passé hier soir. Non, pire : comme si au contraire, c’était quelque chose de très plaisant qui s’était déroulé. Mais moi, je ne peux pas enlever ces images de ma tête. Je ne retirerai pas ce que j’ai dit hier à Kaünis : je ne veux pas participer.

Je préfère l’avoir pour moi.
En faire un échange à deux seulement.
Partager une intimité caressante et douce, une sorte de complicité.

Mais plus j’y réfléchis, et plus je me dis que c’est peut-être seulement ma perception ? Je ne sais plus. Pourtant, j’ai toujours eu l’impression - et quelques indices aussi - qu’elle appréciait nos échanges autant que moi. Alors non, je ne suis pas violent, loin de là. Au contraire.
Les combats sont violents, brutaux, bestiaux. J’ai largement de quoi exprimer cette partie de moi là-dedans. Les échanges intimes, c’est vraiment autre chose ; c’est un moment où chacun est à pied d’égalité, personne ne peut prendre le dessus sur l’autre ; c’est la beauté et l’harmonie de ces instants.

Et je n’ai rien vu de tout ça hier soir.
J’ai même vu l’exact contraire de tout ça.
Et pourtant, Kaünis prenait clairement son pied. Du début à la fin. Alors qu’unique nana, elle était la cible de ces mecs, la victime… Mais non. C’était elle qui contrôlait tout, qui attisait leur désir, qui captivait leur attention. Sa manière de s’y prendre et de maîtriser ce jeu ne pouvaient qu’attester du fait que ce n’était certainement pas la première fois qu’elle se retrouvait dans cette situation, et…

Ça m’effraie de voir que ça ne me surprend pas. Même après des mois à la côtoyer. Que ça ne change rien.
Qu’elle est toujours aussi belle et sauvage.
Sauvage et libre.




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MessageSujet: Re: Bouts de vie   Lun 05 Juin 2017, 03:01


Just give me a reason


Kaünis

You said forever and ever



En se réveillant, Kaünis battit rapidement des paupières. Ses doigts cherchèrent les draps derrière elle avant de tomber sur la peau d’un bras recouvert de poils fins. Un petit soupir de satisfaction franchit ses lèvres. Et de soulagement. Se tournant, elle passa sur le dos, avant d’aller se blottir contre la large poitrine de Silhu. Quand son odeur l’enveloppa, elle prit une grande inspiration pour s’en gorger et un petit sourire étira ses lèvres.

La chambre était calme, le soleil passait encore à peine à travers les carreaux de la fenêtre, et le vent agitait doucement les rideaux. C’était apaisant, et ils n’étaient pas pressés. Arrivés dans le petit bourg deux jours auparavant, ils n’avaient pas réellement de but.
Kei et Enola l’attendraient bientôt au Domaine, mais elle avait encore du temps : elle n’avait pas encore reçu d’oiseau qui disait que la mission dont elle les avait affublés était terminée. Elle savait qu’elle avait du temps : ils avaient terminé leur deuxième cours trois mois auparavant, ils avaient sans doute encore un bon mois avant d’en avoir fini.

Mais des fois, comme ça, ces matins calmes et sereins, elle avait des pointes de nostalgie. Une nostalgie qu’elle détestait laisser prendre le dessus. Alors, elle se blottit encore un peu plus contre Silhu, qui bougea légèrement dans son sommeil. Elle frotta son nez contre les poils en haut de son torse, soufflant dessus doucement pour le réveiller tout à fait ;  et elle sentit son désir s’éveiller en même temps que lui, contre sa cuisse.

Silhu était tendre, attentionné, calme et doux.
Jamais un mot plus haut que l’autre, jamais il ne prenait les choses personnellement… Et il était un combattant extraordinaire. Malgré ce qu’elle lui disait régulièrement, juste parce qu’ils ne se confrontaient plus l’un à l’autre depuis de longs mois. Elle voulait toujours aller plus loin, et lui préférait se préserver et se concentrer sur la technique. Dans un combat normal, la technique était importante, mais la rage de vaincre et de vivre aussi.

Mais… non. Il n’avait définitivement rien à voir avec…
L’Envoleuse ferma les paupières brusquement. Son nez la piqua vivement, elle baissa le menton et plaqua son front contre le sternum de Silhu.

If someone said three years from now, you'd be long gone
I'd stand up and punch them out, 'cause they're all wrong
I know better, 'cause you said forever and ever
Who knew?


L’accélération de sa respiration réveilla parfaitement l’homme à ses côtés qui referma ses bras autour d’elle… Elle se sentit bercée un instant, non plusieurs minutes, alors que la chaleur des lèvres de Silhu perçait ses cheveux.
- Shhht. Je suis là.
Un tremblement incoercible la traversa de part en part, et elle se mordit la lèvre inférieure à sang. Elle sentit l’étreinte autour d’elle se desserrer un instant, avant que deux doigts ne passent sous son menton pour relever son visage et que la bouche de l’homme ne s’empare délicatement de la sienne.
Réconfortante.

Oui, mais là, elle avait envie d’une autre bouche. D’un autre réconfort.
Une boule se forma dans sa gorge, elle détacha ses lèvres de celles de Silhu, secoua la tête et se blottit à nouveau contre lui. Ça faisait malgré tout du bien de pouvoir compter sur la chaleur de quelqu’un en qui elle avait… confiance ?

Ils voyageaient ensemble, tous les deux, depuis plus d’un an maintenant.
Quand elle avait commencé les cours avec son nouveau groupe, elle n’arrêtait pas de faire des cauchemars, qu’elle ne parvenait pas à sauver… Syles. C’était toujours aussi difficile de prononcer son nom, même en pensées. Pendant un an, elle s’était évertuée à le chercher dans tous les recoins de l’Empire, à chercher des indices, des idées, n’importe quoi. Mais elle n’avait rien eu à quoi se raccrocher, comme s’il avait effacé toutes les traces derrière lui.
Son égo lui avait alors soufflé qu’il s’était sans doute juste enfui. Barré. Pouf, disparu, parce qu’il ne la supportait plus. Même un très bon coup monté laissait des traces, même minimes, et il n’y avait absolument rien, cela ne pouvait être que intentionnel. Il l’avait abandonnée, malgré tout. Il n’y avait que cette explication, même si tout au fond d’elle, une autre voix lui disait que ce n’était pas vrai.
Qu’il ne pourrait pas faire ça. Qu’il n’aurait pas pu le faire.
Et pourtant, avec les mois, le martèlement incessant négatif et le manque de preuves avaient fait basculer l’Envoleuse dans cet état d’engourdissement effrayant.
Pourtant, alors qu’elle était au plus bas et côtoyait et repoussait ses limites un peu trop loin tous les jours, Silhu s’était accroché. Il avait été là… Comme l’avait été Syles dans d’autres moments.

L’amour n’était peut-être finalement pas si unique ?

Elle se passa la langue sur les lèvres. Pourtant, elle se souvenait avec une exactitude prenante de son dernier baiser. Du goût de ses lèvres. De son odeur si particulière, qui à elle-seule faisait battre son coeur plus vite.

Mais au final, ce corps masculin, musclé lui aussi, qui la bercait doucement comme on berce une petite fille, était aussi confortable. Son odeur ne faisait pas palpiter son coeur, mais apaisait ses sens. Et ses émotions. Depuis longtemps désormais elle n’avait plus eu de perte de contrôle de sa Greffe. Au contraire, elle s’était développée, encore et encore.  Silhu n’en savait rien, d’ailleurs.

Kaünis ferma les yeux, se laissant aller à ce balancement rassurant.

That last kiss I'll cherish until we meet again
And time makes it harder
I wish I could remember
But I keep your memory
You visit me in my sleep
My darling, who knew?
My darling, I miss you


Et puis soudain, une impulsion qui la fit se redresser brusquement dans le lit et les bras de Silhu.
- Kaünis ? Ça va ? Qu’est-ce qu’il se passe ? demanda-t-il doucement, surpris, de l’inquiétude dans la voix.
Mais elle n’en savait rien. Il y avait juste cette palpitation, en elle. Vive et brûlante.
- Je ne sais pas. Quelque chose a changé.
Elle sentit la main, si douce, si apaisante, de l’homme sur sa hanche nue. Mais le désir qui lui tordit les entrailles n’était ni doux, ni lent.
Animal.

Elle redressa la tête et planta son regard dans celui de son compagnon, qui eut un sourire indulgent. Parce que cela ne le découragea pas, et qu’il entreprit de calmer toute cette énergie violente et bouillonnante de gestes tendres et délicats.



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