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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Le froid est pour moi le prix de la liberté... [ PV Darwen, Gil & Lib ]

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Le froid est pour moi le prix de la liberté... [ PV Darwen, Gil & Lib ]   Jeu 16 Avr 2015, 19:45

Libertée avait l'impression de flotter. De flotter doucement, se laisser porter par les vagues de bonheur qui ne cessaient de s'écraser contre elle, contre son corps, contre son esprit, qui submergeaient langoureusement sa respiration et toutes les autres sensations qui auraient pu lui paraître plus réelles.
Elle baignait dans un bain de félicité, se sentait à la fois épuisée et excitée, en pleine forme et pourtant cassée jusque dans son ventre.

La sensation de Suviyo contre sa poitrine, contre son sein, celle de ses petites lèvres, de ses gencives édentées contre elle, buvant son premier lait… Il y avait quelque chose d'indescriptible, de complètement fou. Libertée pouvait sentit les petits battements de son coeur, si rapides, comme ceux d'un petit oiseau que l'on vient de cueillir entre ses doigts, dans ses paumes.
La courbe du crâne de la petite était toute douce, recouverte d'un fin duvet encore légèrement poisseux, mais la jeune maman s'en fichait. Elle posait ses lèvres sur cette petite tête, tenait sa fille contre elle… Et c'était juste ça.

Relâchant les muscles de sa nuque, elle laissa sa tête aller contre le torse de Gil, un sourire épanouis et éblouissant sur les lèvres. Elle entendit la femme sortir de la grange, et lorsqu'elle disparut dans l'encadrement de la porte, l'homme se pencha vers sa fille.


- Bonjour, alors c’est toi, le petit haricot que je pouvais sentir gigoter sous ma main ? 

Le sourire sur les lèvres de Libertée s'agrandit encore, et elle tenta de se redresser. En vain. Elle sentait qu'elle n'avait plus aucune force, et pour la première fois de sa vie elle ne s'en soucia pas. Elle se sentait en sécurité, Gil à ses côtés.

- Elle est tellement jolie...

Libertée opina, imcapable de parler : sa bouche était pâteuse, sa langue râpeuse. Mais elle serra un peu plus la petite contre elle, et quand Gil déposa un baiser sur son front, elle se laissa aller.

Des larmes de bonheur brillèrent dans l'obscurité de la grange.


♥ ♥ ♥



Libertée se réveilla doucement, mais elle eut l'impression que quelque chose l'avait éveillée quand même. Ouvrant une paupière puis l'autre, elle se demanda un instant ce qui aurait pu la tirer de son sommeil alors qu'il n'y avait personne dans la grange autour d'elle.
Puis, un tout léger gémissement, un tout petit souffle, la réveilla complètement, comme si un tremblement de terre venait d'ébranler le monde entier. Suviyo serra sa petite main autour de l'index de la marchombre, si fort qu'elle en fut surprise, mais ne tenta pas de se dérober. Une nouvelle vague de chaleur palpitait dans son ventre, et elle sourit doucement.

Ce fut à cet instant que Gil et la femme – Angela donc – entrèrent à nouveau dans le bâtiment, et Libertée adressa un sourire épuisé à l'envoleur malgré sa sieste improvisée.
Ils rejoignirent la maison d'Angela tant bien que mal. Finalement, c'était Gil qui avait pris Suviyo, et Libertée s'accrochait désespérément à lui pour ne pas tomber, bien que la femme essayait de la tenir de l'autre côté pour ne pas gêner le papa.

La nuit avait fini par tomber, et Libertée, confortablement écroulée dans un fauteuil, observait Gil qui ne cessait de s'agiter. Il faisait les cents pas, et à vrai dire, malgré la respiration tranquille et profonde de sa fille contre son torse, il l'angoissait.


- Gil, s'il te plait, assis-toi. Ça m'épuise de te voir t'agiter comme ça…

Sa voix fatiguée illustrait sans doute parfaitement son état émotionnel, mais elle sourit tendrement à son compagnon.


- Ne t'inquiète pas. Kaünis s'est toujours parfaitement débrouillée toute seule. Ils vont arriver.

Pouquoi ils ?
Parce que Libertée avait l'intime conviction, instinctivement, que le jeune apprenti marchombre serait avec elle. Avec le recul, elle se rendait compte que les deux jeunes gens semblaient se connaître, et qu'il y avait un malaise entre eux : ils devaient régler leurs problèmes entre eux.
Evidemment, elle ne se doutait pas une seule seconde que Gil avait vu Kaünis face à un loup. Mais bon, cela ne changeait pas grand-chose : elle savait que l'envoleuse se débrouillerait seule.

Aucun doute là-dessus.
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Le froid est pour moi le prix de la liberté... [ PV Darwen, Gil & Lib ]   Ven 17 Avr 2015, 10:38

Peut-être que s’il n’avait été aussi troublé par la naissance de Suviyo, il aurait compris que quelque chose clochait. Il ne se serait jamais départi de la prudence qui accompagnait chacun de ses pas depuis l’âge de seize ans. Il aurait été sensible à son sixième sens qui, fidèle au poste, avait bien tenté de l’aiguillonner – trop tard. Et peut-être, peut-être aurait-il pu déceler le danger juste à temps pour l’éviter. Mais voilà, Gil venait d’être papa et, s’il avait passé la majeure partie de sa vie à s’entraîner pour que ce genre de chose ne se produise jamais, il avait le cœur bien trop léger pour anticiper à ce point. Voilà pourquoi il ne vit pas le tireur, sagement embusqué sur un toit voisin. Voilà pourquoi il sentit à peine la fléchette s’enfoncer dans la peau de son cou. Ce fut une piqûre plus faible encore que celle d’un moustique. Ce n’est qu’au moment où sa vue se brouilla qu’il commença à comprendre. Il porta la main à sa nuque… voulut lever le bras et n’y parvint pas. Ses muscles étaient devenus gourds, raides, inutiles. Il tituba et s’écroula lourdement. Allongé sur le sol, il percevait nettement les battements de son cœur qui ralentissait à chaque seconde, alors que le moindre autre bruit n’était plus qu’un son étouffé. Curieuse sensation. Mais l’instinct de survie est une chose puissante. Il parvint à lutter encore un tout petit peu, le temps que ces doigts glissent dans sa ceinture et…

… deux mains puissantes le saisirent par le revers de son manteau et le soulevèrent brutalement. Le monde tangua et Gil, à bout de forces, perdit connaissance en murmurant le nom de sa fille. Une minute plus tard il avait disparu. Seule et unique preuve de son passage : une flûte en bois, abandonnée sur le pavé comme un oubli.

Ou un message.


*


- Gil, s’il te plaît, assis-toi. Ça m’épuise de te voir t’agiter comme ça…

L’Envoleur soupira et s’assit au bord du canapé. Pour se relever aussitôt et se remettre à arpenter le salon.

- Ne t’inquiète pas. Kaünis s’est toujours parfaitement débrouillée toute seule. Ils vont arriver.
- Ils ?


Gil croisa le regard fatigué mais malicieux de sa compagne ; il hocha la tête et revint s’asseoir. Pour de bon cette fois.

- Tu m’étonneras toujours… chuchota-t-il en tendant la main pour écarter une mèche du front de la marchombre.

Puis il baissa les yeux et se perdit dans la contemplation de Suviyo. Il ne l’avait pas encore compris mais elle serait désormais la seule personne au monde capable de le calmer instantanément. Et aussi efficacement.

- Elle dort beaucoup, remarqua-t-il en fronçant les sourcils. C’est…
- … normal pour un nourrisson d’à peine quelques heures, oui,
intervint Angela en entrant dans la pièce, un plateau soutenant quelques tasses fumantes entre les bras. Et c’est ce qui va l’occuper pendant les premiers jours de sa vie alors autant t’y faire, mon petit père !

Angela était passée du vouvoiement au tutoiement avec une facilité déconcertante et quasiment naturelle. Gil n’était là que depuis une paire d’heures et pourtant, il avait l’impression de connaître cette femme depuis une bonne dizaine d’années. Moins docile qu’intrigué, il se laissa servir une tasse de thé et fit mine de s’intéresser à la conversation, mais très vite il se perdit dans pensées. La plupart étaient tournées vers Suviyo et Libertée, les autres vers Kaünis. Une Kaünis qui se tenait en face d’un loup. Elle n’était plus son élève, bon sang ! Alors pourquoi s’inquiétait-il autant ? Libertée avait raison, cette fichue sale gosse allait bien finir par réapparaître pour le féliciter avec toute l’ironie dont elle savait faire preuve. Il ne pouvait pas guetter son retour en se rongeant les sangs. C’est bon, songea-t-il en haussant les épaules. Je reste calme, et j’oublie Kaünis. Elle va bien. Concentre-toi sur l’instant présent, mon pote ! Et c’est ce qu’il fit. Il se concentra sur l’instant présent : Angela, Liberté, Suviyo endormie et lui devant un bon thé et des petits gâteaux.

Jusqu’à ce qu’il décide de retrouver son ancienne apprentie. Libertée somnolait dans son fauteuil, chaudement emmitouflée dans la couverture qu’Angela avait posée sur elle voilà une dizaine de minutes. Celle-ci chantonnait dans la cuisine tout en refaisant du thé. Gil posa sa tasse sur la table – il y avait à peine touché – et se leva pour quitter la pièce sans un bruit. Il sortit à l’extérieur de la maison et parcourut les alentours des yeux. Il n’en avait que pour quelques minutes : tout ce qu’il voulait, c’était s’assurer que Kaünis n’avait pas finie déchiquetée par les crocs d’un loup. Il en doutait sincèrement, parce qu’il connaissait bien la jeune femme et parce qu’il avait une confiance absolue en elle. En elle. Pas en le reste du monde. En réalité, il interprétait mal les signaux que lui envoyait son instinct. Et lorsque sa vision se brouilla, il était déjà trop tard…



*



S’endormir sous l’effet d’un produit n’était pas si terrible. Le réveil était bien pire. Gil grogna en remuant et fut secoué par un haut-le-cœur. Il s’immobilisa et s’obligea à respirer lentement, profondément, jusqu’à ce que la sensation de nausée atteigne un niveau supportable. Alors seulement il se risqua à ouvrir un œil. Sa vue ne s’accommoda pas parfaitement mais lui permit de distinguer l’endroit dans lequel il se trouvait. C’était vraisemblablement une remise, du style de celle où Libertée avait accouché. La même ? Difficile à dire. Ce n’était pas le plus important. La lumière provenait d’une ouverture dans le toit. A en juger par la position du soleil, moins d’une heure s’était écoulé depuis qu’il avait quitté la maison d’Angela. Et il était toujours à Al-Chen. C’est déjà ça, convint-il en remuant à nouveau. Il n’eut pas trop mal au cœur cette fois, et cela l’encouragea à ouvrir son autre œil. Il était allongé sur un sol poussiéreux et parsemé de crottes de souris. Pas de liens, remarqua-t-il, et un élan d’espoir saisit son cœur pour voler en éclat lorsque ses yeux se posèrent sur ses poignets. Ils étaient cerclés de métal. Gil laissa échapper un juron. Il ne pouvait pas utiliser sa greffe. C’était embêtant, mais moins que le fait de se dire que ses geôliers étaient au courant d’un secret farouchement gardé. Une porte s’ouvrit quelque part ; Gil ferma les yeux et tendit l’oreille. Il perçut le murmure de plusieurs voix puis un bruit de pas, et…

- Pas la peine de feindre, SangreLune. T’es réveillé depuis un petit moment, pas vrai ?

Une voix dure, rauque, cassante. Gil ouvrit les yeux et planta son regard bicolore dans celui, gris acier, de l’homme qui se tenait penché sur lui. Son visage était marqué de cicatrices et sa barbe grisonnante l’enlaidissait. Un visage de tueur, de ceux qui éliminent leurs proies et prennent plaisir à les regarder mourir à petit feu. On va pas s’entendre, comprit Gil en soupirant.

- La dose de somnifère était infime. De quoi t’envoyer faire une petite sieste, pas plus.
- J’en avais bien besoin, merci.
- De rien.
- Une dose infime ?
répéta Gil, comme s’il conversait avec un ami de longue date. Ça me déchire le crâne comme si j’avais passé la nuit à boire !

L’homme eut un rire grave. Le genre de rire qu’on n’oublie jamais.

- Ouais, c’est l’effet de la Silencieuse. Trois gouttes suffisent pour détruire un homme à petit feu. La migraine n’est que le début, mon vieux ; d’ici une semaine, tu vas commencer à perdre l’équilibre. Tes réflexes ne seront plus ce qu’ils sont. Les vomissements vont s’enchaîner.

Gil se raidit. Du poison… Voilà pourquoi il se sentait aussi mal.

- Si je comprends bien, dit-il en s’efforçant de conserver un ton calme et posé, me tuer maintenant n’est pas au programme ?
- Maintenant ? Nooon ! Tu nous as pris pour des assassins ?


Le regard de Gil glissa vers les deux silhouettes qui se tenaient derrière son interlocuteur. Une femme aux cheveux roux et au sourire carnassier, un gros balourd qui faisait craquer ses doigts. L’Envoleur reporta son attention sur l’homme aux cicatrices.

- J’ai peut-être parlé trop vite. Vous êtes là pour me passer à tabac. Ah… je vois. C’est un message, pas vrai ? Vous travaillez pour celui ou celle qui veut ma peau depuis un bout de temps…
- Tout juste, mon pote.
- J’ai pas l’intention de m’arrêter là,
rétorqua Gil en se redressant sur les coudes. Je suppose que si vous prenez la peine de m’empoisonner, c’est que je ne suis pas loin de toucher au but.
- Tu es à des années lumières de trouver ce que tu cherches.
- Alors pourquoi toute cette mise en scène ?


Touché, réalisa Gil en voyant une veine palpiter sous la tempe de son interlocuteur. Mais lorsque celui-ci sourit, un soupçon de crainte s’insinua en lui.

- T’es un malin, toi. On nous l’avait bien dit.

On. Bien sûr. Il ne fallait pas risquer de dévoiler le sexe du commanditaire ou bien Gil se rapprocherait encore plus.

- Mais on n’aime pas trop que tu viennes fouiner dans nos affaires. Alors on s’est dit qu’on allait te rendre la pareille. Dis-moi, fit le type aux cicatrices en se penchant pour approcher ses lèvres de l’oreille de Gil. C’est une jolie petite fille que tu nous as fait là !


Le cœur de Gil rata un battement. En lui, la crainte se métamorphosa en peur. Suviyo était née depuis seulement quelques heures, mais son instinct paternel se manifesta d’une façon violente… et puissante. Il resta parfaitement immobile, toutefois le son de sa voix, lorsqu’il tourna la tête pour répondre à la provocation, était glacial.

- Vous ne la toucherez pas.
- Pas aujourd’hui. Mais demain, qui sait… ?


Gil leva la main et empoigna l’homme par le col. Il l’aurait volontiers étranglé mais un mouvement dans son dos lui apprit qu’il était dans une mauvaise posture. Il n’eut pas le temps de se retourner. Deux bras puissants le tirèrent en arrière et l’immobilisèrent aussi sûrement que de l’acier. Le balourd avait de la force et il savait s’en servir. Quant à la rousse… Gil se mordit la langue en la voyant sourire. Un sourire en forme de promesse. Il allait avoir mal.
Très, très mal.



*


Une heure.
C’est le temps que dura la petite séance de castagne. Lorsque Balourd relâcha enfin Gil, celui-ci n’était plus capable de se tenir sur ses jambes. Il glissa mollement sur le sol et resta là, le nez dans la poussière tâchée de sang. Cicatrices se pencha sur lui pour lui glisser quelques mots à l’oreille.

- Voilà, on a délivré notre message. Arrête de chercher, SanreLune. Il n’y a rien d’autre que la mort au bout du chemin que tu essaies d’emprunter. Pense à ta fille.

Dans un grognement de douleur, Gil remua faiblement. Il entendit les trois compères quitter la remise en refermant la porte derrière eux. Le calme revint peu à peu, tout juste entrecoupé par la respiration hachée de l’Envoleur. Il n’avait pas crié mais il avait sacrément morflé. Trois doigts de sa main droite étaient cassés et l’épaule démise. Des côtes fêlées, un œil poché, le nez en bouillie. Le ventre lacéré. Il avait déjà connu pire. Doucement mais sûrement, il roula sur le côté, puis se servit de son bras valide pour prendre appui et se redresser. La tête lui tournait. Il sentait qu’il n’était pas loin de s’évanouir, mais il n’était pas sûr qu’on le retrouve s’il restait ici. Libertée devait s’inquiéter. C’est en pensant à elle que Gil se traîna péniblement vers la porte. Il s’arrêtait toutes les trente secondes pour respirer profondément. Son estomac se soulevait au moindre de ses mouvements. Il mit un temps fou à atteindre la porte. Se redresser pour atteindre le loquet lui demanda beaucoup, mais lorsque le battant s’ouvrit il fut saisi par un sentiment de victoire : il y était presque. Dehors il faisait beau. La rue était déserte. Le soleil réchauffa le corps meurtri de Gil et l’invita à faire quelques mètres supplémentaires avant que ses dernières forces ne le trahissent. Il se laissa tomber sur le ventre et ne bougea plus.


*


Sensation humide.
Sur la joue.

Gil gémit et ouvrit un œil. Tout était flou mais il y avait cette truffe… un chien ? Des voix lointaines. Quelqu’un l’appelait mais il aurait été bien en peine de répondre quoi que ce soit. Alors il s’enfonça de nouveau dans l’inconscience.



[Je tiens à préciser que ce Gilnapping n'était pas prévu à la base. J'ai répondu avant Darwen, du coup. Si quelque chose ne va pas, MP !]

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



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Darwen Ehsoleim
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MessageSujet: Re: Le froid est pour moi le prix de la liberté... [ PV Darwen, Gil & Lib ]   Lun 20 Avr 2015, 23:54

[De même, si quelque chose ne va pas...]



Silencieux, il accepta les caresses de la jeune femme sans détacher son regard du sien.
Il sentait que cela l’apaisait, tandis que l’odeur de la détresse la quittait lentement. Ils restèrent quelques minutes ainsi, le loup se laissant faire, et même appréciant le léger contact des doigts dans sa fourrure sombre. Puis, de nouvelles larmes commencèrent à couler sur le visage de l’humaine, mais le loup ne s’y trompa pas : ce n’était plus de la tristesse. Ou alors, bien moins destructrice.
Elle se détacha finalement de lui, murmurant un nouveau mot qui atteignit sa partie humaine aussi précisément qu’une flèche bien ajustée. Sauf qu'il ne faisait pas mal, au contraire.


- Merci...

Sur le moment, il aurait bien repris forme humaine. Pour la prendre dans ses bras.
Mais il savait qu’il n’était pas temps.
Pas encore.
Attendant la suite, il observa sans bouger la jeune femme qui se levait, l’interrogeant de son regard clair, mi-animal, mi-humain. Qu’allait-elle décider, maintenant ? Non pas qu’il se soit soumis à son bon vouloir - aucune chance qu’il renonce à son statut de prédateur sauvage, indomptable - mais il se sentait bien avec elle. Avec cette humaine.
Alors ce qu’il ferait maintenant - sortir définitivement de la ville ou la suivre - dépendait de ce qu’elle allait lui dire. Le principal était que, même s’ils se quittaient maintenant, il savait qu’elle ne le rejetait pas, qu’elle ne le rejetait plus. Il savait qu’ils se reverraient, aussi.
Comme elle, il avait désormais l’âme plus tranquille.


- J'aimerais retrouver Gil. Tu veux faire quoi ?

Alors elle lui demandait son avis ?
Dans ce cas, il pouvait très bien rester avec elle. L’image de la femme rousse s’imposa à lui, ce qui acheva de le convaincre : il ne repartirait pas sans l’avoir revue, loup ou humain.
Retrouvant sa position à quatre pattes, l’animal adressa un dernier regard vers la jeune femme, l’incitant à le guider jusqu’au lieu où se trouvaient les autres ; puis il se mit en route.
Puissance, souplesse et sauvagerie.


***


Il sentit que quelque chose n’allait pas quelques minutes avant qu’ils ne franchissent le seuil de la demeure, petite maison de pierres recouverte de lierre et garnie de plantes diverses située dans un coin insoupçonné d’Al-Chen. Il se rappelait en effet la présence de trois humains, deux femelles et un mâle, or l’odeur de ce dernier planait fraîchement dans l’air alors que cela devait bien faire une heure qu’il était censé se trouver à l’intérieur de la maison - depuis le moment où la jeune humaine aux cheveux noirs avait l’avait retrouvé sous sa forme de loup.
Ses oreilles se plaquèrent sur son crâne tandis que ses babines se retroussaient dans un rictus menaçant. Il vit l’humaine reculer légèrement du coin de l’œil mais ne se calma pas.
Elle avait dit vouloir retrouver l’homme qui était avec eux, c’était bien ça ?
Laissant la jeune femme pénétrer dans la maison, il renifla les environs à la recherche d’indices qu’il ne tarda pas à trouver : à quelques mètres de la porte d’entrée, des traces récentes indiquaient que l’homme s’était retrouvé à terre. Un autre homme s’était trouvé au même endroit et l’avait emporté avec lui - son odeur, malsaine, flottait encore dans l’air.
Les muscles tendus, le loup attendit que la jeune femme aux cheveux noirs ressorte de la maison, suivie de celle qui avait les cheveux blonds - qui, malgré sa fatigue, avait l’air paniqué - et tenta de leur faire comprendre qu’il pouvait les guider, penchant la tête sur le côté sans cesser de les observer.
Il s’élança en avant, sans vérifier si elles le suivaient.


***


Malgré elle, Angela soupira. Elle ne connaissait pas bien les deux parents de cette petite Suviyo, mais presque rien n’avait de secret pour elle, et si elle n’était pas marchombre, elle était doté d’un sens aigu de l’observation et d’un deuxième, encore plus profond, de déduction. Si Gil et Libertée étaient liés par un amour profond, elle avait tout de suite compris qu’une différence de taille les opposait - tout en les rapprochant. Elle avait remarqué leurs façons de se mouvoir et leurs manières de poser leurs regards sur les choses, semblables et pourtant si différentes. Elle avait remarqué la surprise et l’hésitation qu’avait eu Kaünis en voyant le jeune couple et leur petite fille, et avait discerné les deux petites flammes qui brûlaient en Darwen, en plus de la présence imposante du loup. Si l’une, dans ses yeux, brillait pour la jeune femme aux cheveux noirs, l’autre, presque aussi nouvelle, scintillait dans son âme et dans son cœur comme la conviction d’avoir enfin trouvé son chemin.

Sa Voie.

Chantonnant un petit air doux et joyeux malgré la situation, Angela reposa sur sa couche la petite Suviyo qui venait de se rendormir. Elle avait pleuré un moment après le départ de sa mère, mais la sorcière n’avait pas mis très longtemps avant de parvenir à la calmer. Sans cesser de garder un œil sur elle, elle entreprit de faire quelques préparatifs pour leur départ.

Elle ignorait qui étaient ceux qui s’en étaient pris à Giliwyn SangreLune, envoleur de son état, mais si elle avait une profonde aversion pour ceux de son espèce, elle devait reconnaître qu’il était différent - rien que par sa liaison avec une marchombre. Et surtout, sa fille n’était pour rien dans la voie qu’il avait choisi. Il était donc temps de l’éloigner des pattes griffues de ces ravisseurs inconnus. D’autant plus que Kaünis, Libertée et Darwen risquaient de récupérer l’homme dans un sale état, qu’elle ne serait sûrement pas en mesure d’arranger par ses seuls moyens. Un état qui requerrait sûrement l’intervention d’un rêveur.

Avec un sourire, elle glissa dans l’une des multiples poches de sa cape violette une petite bourse de cuir sombre, avant d’aller préparer un harnais qui permettrait de transporter plus facilement la petite...

***


Malgré son odorat sur-développé, il fallut une bonne heure au canidé pour retrouver l’endroit où l’homme avait été emmené. Lorsqu’il le repéra, la nuit était complètement tombée, la lune presque ronde nimbant la scène de sa lumière argentée. Il accéléra soudain, les deux femmes sur ses talons, pour vérifier s’il était encore vivant. Parce qu’il était vraiment dans un sale état, et lorsque le loup promena sa truffe sur sa joue, il fut à peine réveillé qu’il sombra à nouveau dans l’inconscience.
Mais il était vivant.
S’éloignant de quelques mètres, le loup laissa les deux humaines en prendre connaissance.

Autour d’eux, trois autres odeurs flottaient. Une femme, deux hommes.
Mauvais et dangereux.
Ils étaient déjà sûrement trop loin pour qu’ils tentent de les retrouver, et, de toutes façons, la femme rousse arrivait vers eux avec le bébé, ce qui interdisait toute possibilité de mettre en danger ce dernier en se lançant à l’assaut des tortionnaires...


***


- Voilà une bonne nouvelle !

Angela s’était exclamé d’une voix joyeuse en arrivant sur les lieux, découvrant Gil inconscient mais vivant et le petit groupe rassemblé autour de lui. Elle portait devant elle le harnais qu’elle avait fabriqué, une Suviyo endormie confortablement installée à l’intérieur. Elle avait mis sa cape et portait en dessous, sur une épaule, une large besace. Ignorant les regards de Libertée et Kaünis, elle défit le harnais pour le tendre à la jeune mère et s’approcha doucement du loup qui l’observait de ses yeux sauvages. Elle s’agenouilla en face de lui en souriant.

- Alors te voilà, toi. Je me demandais quand est-ce que j’allais enfin t’apercevoir... Heureuse de faire ta connaissance ! Ceci dit...

Elle fouilla un instant dans sa besace avant d’en sortir des vêtements. Ceux de Darwen. Elle les déposa devant l’animal.

- ...Voilà ce que j’ai récupéré pour toi. Si tu veux nous suivre où nous allons, il vaudrait mieux que tu reprenne ta forme humaine, même si tu es moins fatiguant comme ça...

Elle eut un rire de petite fille qui résonna comme une clochette puis se redressa, se dirigeant vers le corps inerte de l’envoleur. Elle l’examina rapidement mais attentivement, apportant les premiers soins aux endroits qu’elle pouvait et grimaçant en découvrant l’état des autres, puis reporta son attention sur les jeunes femmes qui l’observaient sans apparemment comprendre son manège, une lueur de méfiance et d’impatience dans leurs regards respectivement roses et vert sombre.

- Je pourrais soigner ses nombreuses ecchymoses, la blessure de son ventre, son nez et son œil mais je suis dans l’incapacité de remettre correctement en place son épaule et de réparer ses côtes. Nous devons sur le champ nous rendre à Fériane si nous voulons qu’il se remette rapidement.

Fériane, premier lieu de résidence des rêveurs, se situait à plusieurs centaines de kilomètres d’Al-Chen.
A plusieurs jours de marche, donc.
Pourtant, le regard vairon d’Angela ne laissait aucune place au doute.

Elle répondit aux questions que se posaient sans doute la marchombre et l’envoleuse avant qu'elles ne puissent les formuler à haute voix, tirant d’une poche de sa cape une petite bourse de cuir sombre. Elle dénoua le cordon pourpre qui la fermait, dévoilant son contenu aux jeunes femmes. Quatre petites pierres aux reflets irisés, s’étirant du bleu sombre au turquoise, en passant par des nuances violacées.

Quatre sphères graphes.

Angela en choisit deux puis referma la petite bourse avant de la dissimuler à nouveau sous sa cape, un sourire tranquille creusant sa joue.

***


S’éclipsant discrètement pendant qu’Angela parlait à Libertée et Kaünis - décidément, cette femme ne finissait pas de l’étonner - Darwen avait bataillé un petit moment pour retrouver sa forme humaine et enfilé ses vêtements à l’abri des regards. S’il avait eu le choix, il aurait préféré rester loup encore un moment mais il ne comptait pas abandonner les autres tout de suite. La tension entre Kaünis et lui s’était apaisée, il voulait remercier Angela et la retrouver vraiment pour lui parler enfin, et enfin en savoir un peu plus sur cette Libertée, qui devait connaître l’Académie, et sur le Maître de l’envoleuse... enfin, quand il reprendrait connaissance.

Vêtu de sa chemise et de son pantalon sombres, il rejoignit le petit groupe avec une pointe d’appréhension dans le ventre, alors qu’il essayait d’imaginer la réaction de Kaünis quand elle l’apercevrait. Il avait entendu les derniers mots d’Angela, et ne comprenait pas comment ils allaient pouvoir rejoindre Fériane à temps... Un reflet bleuté capta son attention, entre les doigts de la sorcière, dont les yeux bicolores s’illuminèrent en le voyant.

- Darwen ! Te voilà enfin. Je commençais à croire que tu avais filé, incapable de reprendre forme humaine...

Contre toute attente, Angela le serra dans ses bras et il lui rendit maladroitement la pareille, sans se rendre compte qu’elle glissait l’une des deux sphères graphes dans la poche de son pantalon.

- Je suis heureuse de te revoir, bonhomme !
- Je... moi aussi, répondit ‘Wen en bredouillant, gêné du surnom que son amie avait employé juste devant Kaünis et la marchombre.

Se détachant de l’étreinte d’Angela, il adressa néanmoins un sourire lumineux à l’envoleuse, dénué pour la première fois de toute provocation ou ironie. Un sourire confiant, et pourtant presque timide. « Je ne me comprends pas moi-même tu sais. Je ne veux pas me contenter d'un "on couche ensemble quand on se croise". Je n'arrive pas à t'oublier. Je ne peux pas croire que ça pourrait être juste simple. Je veux plus. Je veux qu'on apprenne à se connaître, à s'apprécier, à être des amis. »

Il avait tellement de choses à lui dire, et pourtant...

- Comment comptez-vous vous y prendre pour rejoindre Fériane ? demanda-t-il à Angela.

Cette dernière esquissa un sourire énigmatique, avant d’ouvrir le poing, dévoilant la sphère graphe reposant sur la paume de sa main. Ignorant la surprise de l’apprenti marchombre - qui songeait déjà qu’il lui faudra revenir récupérer Nyu à Al-Chen après ça - elle se tourna vers les deux jeunes femmes, ses yeux rieurs dégageant une confiance absolue.

- Nous allons nous prendre par la main pour faire le pas sur le côté. Ne vous inquiétez pas, la petite ne risque rien et tout le monde pourra se reposer en arrivant à Fériane. Darwen, prends Giliwyn avec toi. Vous êtes prêtes, les filles ?

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MessageSujet: Re: Le froid est pour moi le prix de la liberté... [ PV Darwen, Gil & Lib ]   Jeu 23 Avr 2015, 01:23

Accroupie près du loup, Kaünis attendait. Elle ne savait pas trop ce qu'elle attendait au juste, en fait : un signe de l'animal ou de Darwen peut-être, dans le fond de ses prunelles.
Alors, quand le loup se leva sur ses quatre pattes, l'Envoleuse se redressa, captant le léger mouvement de tête de ce dernier.
Très bien, elle allait le suivre alors.

Ils avancèrent tranquillement dans les rues d'Al-Chen. Les gens ne semblaient pas spécialement faire attention à eux, sans doute parce que même si le loup ressemblait clairement à un loup, un gros canidé accompagné d'une jeune femme était monnaie courante dans la ville. Ils ne dénottaient pas trop.

Bientôt une large bâtisse se présenta, et ils entrèrent tous les deux, presque côte à côte. Kaünis n'avait aucune idée de l'endroit où ils se trouvaient, et elle ne pouvait que faire confiance au loup qui l'accompagnait : il avait un odorat bien plus développé que le sien, et donc savait mieux comment retrouver Gil et Libertée.
Mais l'animal eut soudain une attitude agressive, plaquant ses oreilles contre son crâne et l'Envoleuse prit une posture défensive immédiatement, devenue écoute et réflexe.

Fronçant les sourcils, elle jeta un coup d'oeil interrogateur au loup, mais ce dernier ne bougeait pas, presque en position d'arrêt comme les chiens de chasse. Effaçant rapidement cette image de sa tête, Kaünis posa sa main sur la poignée de la porte, et la fit coulisser lentement... Avant de donner un grand coup d'épaule dedans pour s'élancer dans une roulade fluide sur le sol, pensant éviter des coups si c'était nécessaire.
Elle cligna des paupières un instant alors qu'elle était relevée, en position de garde parfaite.
Parce qu'en effet, ce n'était pas nécessaire d'éviter des coups.

Libertée dormait dans un fauteuil, son bébé dans les bras. Angela était un peu plus loin, un couteau de cuisine dans les mains, comme si elle était prête à attaquer elle aussi, mais se relâcha en voyant la jeune femme qui se trouvait dans son salon.
N'y comprenant rien, Kaünis fronça les sourcils, se redressant sensiblement. Son regard vogua de Libertée à Angela, puis d'Angela à Libertée, avant qu'elle ne pose ses mains sur ses hanches.

- Où est Gil ?

Pas de bonjour ni de merci. Elle ne prit même pas la peine de prendre des nouvelles de Libertée, parce que soudain son instinct lui disait qu'il s'était passé un truc avec Gil. Il était toujours le premier à se foutre dans la merde jusqu'au cou, mais normalement il n'était plus recherché depuis un bail maintenant ! Alors pourquoi elle avait cette boule dans le ventre ?

- Il vient de partir. Je pense qu'il te cherchait...

Kaünis s'immobilisa, fixant la sorcière intensément, se demandant si elle blaguait ou pas. Pourquoi l'aurait-il cherchée alors qu'il avait une fille et une femme à s'occuper ? Parce qu'elles dormaient et qu'il s'ennuyait ? Ça aurait bien été son style il fallait dire, c'était clair.
Mais elle aurait dû le croiser dans ce cas... non ?


* * *


Le loup les avait menées près d'un grand hangars, mais qui ne contenait apparemment pas de bottes de paille et de foin cette fois-ci.
Dans la pénombre, Kaünis distinguait à peine les contours des murs et des quelques meubles disposés dans l'espace. Ce fut le loup qui lui indiqua qu'il y avait bien quelqu'un dans la pièce, et même que c'était Gil !
Mais la jeune femme fut prise de vitesse par une Libertée qui aurait dû être fatiguée, éreintée, molle et mal en point. Oui, tout ça à la fois. Pourtant, elle fusa avec une telle vivacité que Kaünis se demanda un instant si elle n'avait pas joué la comédie jusque là, ou presque.
Avant de saisir, malgré la noirceur de la pièce, l'éclat si brillant et lumineux dans on regard. Véritable galaxie filante, et qui savait où elle allait.

Et alors qu'elle observait Libertée penchée sur un Gil vraiment mal en point, saignant et à la peau devenue noire de coups – non plus bleus ni violets, mais noirs – et crachant du sang au passage, elle sentit soudain la panique crisper tous ses membres, lui faire fermer les poings, serrer les dents et monter les larmes aux yeux. Elle jeta un coup d'oeil furtif au loup, prit une inspiration et eut soudain une envie irrepressible de sortir en courant.
Elle se contenta de rester immobile, le souffle court, les yeux fermés. Elle ne voulait même plus s'approcher du couple : peut-être qu'au fond l'amour est contagieux ?

Au moment où elle allait se détourner, la porte s'ouvrit à la volée et Kaünis se mit en garde pour la seconde fois de la journée contre Angela, qui leva les mains pour montrer qu'elle n'avait aucune arme sur elle, et que de toutes façons elle ne leur voulait pas de mal.
La montée d'adrénaline avait réussi à juguler la panique, et l'Envoleuse se contenta de hocher la tête distraitement quand la femme tendit son bébé à Libertée avant de s'approcher du loup.

- Alors te voilà, toi. Je me demandais quand est-ce que j’allais enfin t’apercevoir... Heureuse de faire ta connaissance ! Ceci dit...  Voilà ce que j’ai récupéré pour toi. Si tu veux nous suivre où nous allons, il vaudrait mieux que tu reprenne ta forme humaine, même si tu es moins fatiguant comme ça...

Elle avait des vêtements pour le loup qui se transformerait bientôt en un jeune homme complètement nu. Cette seule pensée embrasa les joues de Kaünis qui secoua la tête vivement. Puis, Angela se pencha sur le cas de Gil, et sa mine grave voulait tout dire.

- Je pourrais soigner ses nombreuses ecchymoses, la blessure de son ventre, son nez et son œil mais je suis dans l’incapacité de remettre correctement en place son épaule et de réparer ses côtes. Nous devons sur le champ nous rendre à Fériane si nous voulons qu’il se remette rapidement.

Rien qu'à l'évocation du nom d'une confrérie, Kaünis sentit un vent froid l'envahir. Elle ne voulait pas aller chez les Rêveurs ! Non, pas maintenant, plus avant un long moment ! Mais elle était bien consciente que son ancien Maître avait besoin d'être soigné, et que ça dépassait les compétences de la femme.
Jusqu'à ce que son regard tombe sur les petites billes irisées qui semblaient phosphorescentes dans le noir, elle  était persuadée que de toutes façons, ils n'auraient pas le temps d'aller jusqu'à une confrérie.

Darwen apparut à ce moment-là, frais et habillé, et Kaünis sentit ses poumons protester, lui signifiant qu'elle devait les remplir. Prenant une rapide inspiration, l'Envoleuse ne put s'empêcher de détourner le regard pour ne pas détailler le jeune homme, et se mordit la langue.
Le petit sourie que lui adressa l'apprenti Marchombre fit accélérer les battements de son cœur et elle se maudit intérieurement. C'était tellement plus facile quand il était un loup ! Elle n'avait pas à lutter contre son attirance incontrôlable pour lui..
Et elle avait dit qu'elle voulait qu'ils apprennent à s'apprécier et à devenir des amis. Cela incluait de ne pas lui sauter dessus, cela faisait partie du deal : les amis ne couchent pas ensemble. Pourtant, là tout de suite, alors que son ancien Maître était à l'agonie, devant une femme qu'elle ne connaissait ni d'Ève ni d'Adam et une Marchombre mère et amoureuse, elle lui aurait bien sauté dessus.
Clignant des paupières pour se détourner, Kaünis se contenta de croiser ses bras sous sa poitrine et de se les frotter de ses mains. Calmer son cœur et son ventre qui semblait avoir pris feu, elle devait se calmer...

- Nous allons nous prendre par la main pour faire le pas sur le côté. Ne vous inquiétez pas, la petite ne risque rien et tout le monde pourra se reposer en arrivant à Fériane. Darwen, prends Giliwyn avec toi. Vous êtes prêtes, les filles ?

Kaünis n'eut pas le temps de répondre, car elle sentit des doigts se poser sur son bras, et soudain tout tourna autour d'elle, un instant. L'instant d'après, elle était au milieu d'une cour de confrérie, celle de Fériane apparemment, et elle dut bouger pour conserver son équilibre. Ça n'avait rien à voir avec un pas sur le côté, un vrai !

Mais alors que trois Rêveurs, qui sans doute les avaient vus apparaître, couraient vers eux, l'envoleuse sentit sa bouche devenir sèche et ce fut comme si son corps soudain décidait d'évacuer toute sa sueur, elle se sentit refroidir brusquement et sa peau se recouvrit d'une fine pellicule de transpiration.
Elle ne voulait pas être là.
Se mordant la lèvre inférieure jusqu'à ce que le goût du sang se manifestant sur sa langue la fasse lâcher, elle ferma les yeux pour essayer de contenir la panique qui l'envahissait peu à peu.

Elle regarda d'un air absent – ce qu'elle était – les Rêveurs entraîner Gil dans une salle de soin, suivis de près par Libertée et sa fille, ainsi qu'Angela. Cette dernière lui jeta un coup d'oeil et sembla dire quelque chose à Darwen, mais Kaünis s'en fichait.
Elle luttait de toutes ses forces pour ne pas prendre ses jambes à son cou. Elle ne voulait pas être là.
Mais ce n'était pas pour elle qu'elle était à Fériane, c'était pour Gil. Les Rêveurs ne lui feraient rien qu'elle n'aurait pas demandé. Elle avait toujours demandé des choses aux Rêveurs. Tintiane, Fériane, quelle différence ?
Rassemblant tout son courage, elle emboita finalement le pas au petit groupe, la démarche raide.


* * *


Combien de temps attendirent-ils ?
Ils ne devaient pas déranger. Ils ne devaient pas s'énerver. Elle n'avait même pas le droit de taper sur quelqu'un pour se défouler bordel !
Elle ne pouvait que faire les cents pas. Sa panique avait finalement reflué, ou plutôt elle avait réussi à la claquemurer derrière une porte de son esprit, comme elle le faisait avec sa rage habituellement. Mais deux portes à garder, ce n'était pas de tout repos, et les deux sentiment ne cessaient de filer par leur baillement.

- Ils en ont pour dix ans ou quoi, bordel ?

Son poing avait fusé dans un mur, et elle s'écorcha les phalanges. Elle s'en fichait, cela lui avait fait du bien. Et peut-être que ça avait attiré l'attention des Rêveurs car l'un d'eux arrivait vers leur petit groupe, à grandes enjambées.

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Le froid est pour moi le prix de la liberté... [ PV Darwen, Gil & Lib ]   Ven 01 Mai 2015, 02:23

Libertée ne put s’empêcher de sourire d’un air moqueur quand Gil essaya enfin de ne plus bouger en s’asseyant à côté d’elle. D’elles. Poussant un petit soupir, la marchombre passa sa main dans la tignasse chaotique de l’envoleur

- Tu m’étonneras toujours…
- Y’a intérêt ! Mais t’es pas mal dans ton genre aussi tu sais !


Riant doucement pour ne pas réveiller la petite endormie contre sa poitrine, Libertée ferma les yeux. Elle ne pouvait pas s’empêcher de sourire aux anges, c’était un fait. Et elle n’arrivait pas à garder les yeux fermés longtemps non plus : elle dévorait sa fille des yeux, la trouvant plus belle à chaque seconde. C’était normal ou elle était ensorcelée ? Ou alors elle était folle… Au choix.

- Et c’est ce qui va l’occuper pendant les premiers jours de sa vie alors autant t’y faire, mon petit père !

Lib ne put s’empêcher de pouffer en entendant le petit surnom dont venait de l’attifer Angela. Installée confortablememt, la marchombre se laissa aller contre le dossier de son fauteuil, une main dans celle de Gil et l’autre enroulée autour de leur fille.
Leur fille.
Ils l’avaient attendue, redoutée. Ils avaient été impatients, ils l’avaient chouchoutée, cocoonée alors qu’elle était encore tranquillement dans le ventre de sa mère. Ils avaient fait des plans, rêvé d’un futur avec elle. Libertée était toujours aussi surprise de se rendre compte que tout cela lui semblait si naturel, si normal. Parce qu’avec leurs antécédents, tous les deux - elle et sa vie sexuelle débridé, lui avec la sienne, leurs réticences à s’engager, leurs paniques respectives, leurs problèmes respectifs… - finalement ils ne s’en sortaient pas trop mal. Pour l’instant.

C’est sur cette pensée peu réconfortante mais absolument vraie et réaliste que Libertée sombra dans le sommeil.


♥ ♥ ♥


Libertée se réveilla en sursaut quand un bruit sourd retentit non loin d’elle. Ouvrant immédiatement les paupières, elle se rendit compte que Kaünis venait d’ouvrir la porte de l’appartement à la volée et se trouvait en position de garde face à Angela, tenant un gros couteau dans les mains.
Une vague d’adrénaline la menaça, et elle attrapa délicatement Suviyo pour la décoller de sa poitrine sans la réveiller - elle avait juste gémi lors de son sursaut.


- Que se passe-t-il ?

Elle chercha Gil du regard, se rendant rapidement compte qu’il n’était plus là, et finalement reporta son attention sur les deux femmes en poussant un soupir.


- Il est parti c’est ça ?

Oui, il était parti, et apparemment dans le but de retrouver son apprentie. Sauf qu'en l'occurrence, l'apprentie en question était là !
Poussant un petit grognement agacé, la nouvelle maman posa son regard sur le bébé dans ses bras et elle ne put s'empêcher de penser que c'était le plus beau bébé qu'elle n'ait jamais vu. Evidemment, c'était son bébé ! Non, c'était leur bébé, à elle et à cet homme qui s'était encore foutu dans les ennuis jusqu'au cou, pour changer.


Je veux que ce soit nous deux, juste nous deux, rien que nous deux, et… une famille. C’est ce que je veux construire avec toi, Lib. 


♥ ♥ ♥



Libertée n'était pas du tout calme à l'idée de laisser la petite Suviyo à Angela, mais elle ne pouvait décemment pas garder sa fille dans ses bras tout en recherchant Gil. Et là, alors que leur bébé dormait encore, la priorité était de retrouver l'envoleur. Parce qu'elle sentait bien, elle avait cette intime conviction qu'il s'était passé quelque chose de dangereux, quelque chose de grave.

La marchombre avait mis un certain temps à comprendre que le loup qu'elles suivaient, avec Kaünis, était en réalité Darwen. Non pas qu'elle ne connaissait pas l'existence des métamorphes – elle avait eu une longue aventure avec un homme qui se transformait en tigre – mais sans doute parce qu'elle était encore un peu hors service.
Et de fait, elle avait mal absolument partout. Elle se sentait comme si elle avait été passée à tabac, et encore, cela ne rendait pas grace aux douleurs sourdes de son ventre qui avait perdu une grande partie de son volume sans que sa peau ne se fasse à ce changement si soudain.

Posant difficilement un pied après l'autre, Libertée serrait les dents et continuait à avancer malgré tout. Impossible de s'arrêter, de s'imaginer rater Gil ! Elle avait trop peur de l'état dans lequel elle le trouverait. Etonnamment, elle était persuadée qu'il était encore vivant, c'était impossible pour elle d'expliquer comment ou pourquoi, mais c'était comme ça.
Cela ne l'empêcha pas de se précipiter de toute son énergie vers lui quand enfin ils le découvrirent dans un grand entrepôt.

Il était dans un état effrayant. Elle ne put s'empêcher de palper son cou à la recherche de son pouls, et de déposer des baisers sur son menton et sa mâchoire. Il y avait du sang partout, mais pas seulement.


– Gil ! Gil, je t'en prie, bouge, je sais pas, fais quelque chose...

Elle n'avait pas crié, mais il s'en était fallu de peu. Penché sur l'envoleur, elle sentit des larmes rouler, rouler sur ses joues, glisser sur sa peau et tomber doucement sur le visage de Gil, dispersant le sang qui n'avait pas encore fini de sécher. Se lovant contre son flanc aux fractures visibles en essayant de ne pas les toucher, Libertée ferma les yeux pour contenir ses larmes, jusqu'à ce qu'une sensation nouvelle lui fasse relever la tête.

Une sensation étrange, mais qui était directement liée au fait que sa fille venait de rentrer dans la pièce dans les bras d'Angela, ou plutôt dans un harnais qui avait l'air confortable. Se redressant doucement parce que son ventre s'était remis à tirer affreusement – sans doute les abdominaux et le périnée – Libertée essaya de passer le harnais en question autour de ses épaules seule, mais elle dut recevoir de l'aide d'Angela car son buste ne voulait pas lui obéir.
Cette dernière s'adressa au loup, avant de revenir vers Libertée et Kaünis.


- Je pourrais soigner ses nombreuses ecchymoses, la blessure de son ventre, son nez et son œil mais je suis dans l’incapacité de remettre correctement en place son épaule et de réparer ses côtes. Nous devons sur le champ nous rendre à Fériane si nous voulons qu’il se remette rapidement.


la marchombre hocha la tête distraitement. Non pas parce qu'elle ne savait pas quoi faire – quoi que c'était aussi le cas – mais parce qu'elle caressait doucement les cheveux de Gil. Il ne pouvait pas aller si mal que ça ? Et pourquoi une quelconque personne lui aurait-elle tapé dessus à ce point sans le tuer ? C'était vraiment étrange et illogique. Libertée se demanda un instant comment cela se faisait qu'elle était aussi détachée de la réalité, mais elle comprit rapidement que c'étaient sans doute les hormones aussi qui faisaient cela. Son corps avait fabriqué tout un tas de trucs qui lui permettaient de mieux accepter le bébé, et donc tous les évèvements traumatisants qui pouvaient avoir lieu en même temps sans doute...

Elle ne suivit même pas la conversation d'Angela et Darwen. Pas un instant elle ne leva le regard vers Kaünis pour savoir comment elle se sentait. En fait, elle était réellement dans son monde, incapable de se soucier d'autre chose que d'elle-même, sa fille ou son père.


- Je te promets qu'on va te sortir de là. Angela a des sphères graphes, murmura-t-elle à l'attention de Gil.

- Nous allons nous prendre par la main pour faire le pas sur le côté. Ne vous inquiétez pas, la petite ne risque rien et tout le monde pourra se reposer en arrivant à Fériane. Darwen, prends Giliwyn avec toi. Vous êtes prêtes, les filles ? 

Libertée hocha la tête et ôta avec regret sa main de la poitrine de Gil, laissant Darwen se charger de son transport. Elle avait déjà Suviyo à transporter, et une sphère graphe ne permet de transporter qu'une seule personne en plus de celle qui s'en sert. Pensant très fort à Fériane, Libertée se sentit prise soudain dans une dimension qui dépassait l'entendement et atterrit quelques secondes plus tard à peine à des dizaines de lieues de l'entrepôt.

Les rêveurs furent très réactifs et vinrent chercher Gil rapidement, tandis que Libertée était bien décidée à ne pas le lâcher d'une semelle. Mais les guérisseurs lui expliquèrent qu'ils avaient besoin d'être seuls avec le blessé pour pouvoir faire leur travail correctement, et la marchombre ainsi que sa fille se retrouvèrent devant une porte fermée avec Gil à l'intérieur.

Ce ne fut que lorsque la porte se referma sur le corps de Gil encore inconscient que Libertée commença à réellement se rendre compte de la situation... et donc à angoisser sérieusement. Pire : à paniquer. Son cœur vrombissait dans sa poitrine, et elle avait une furieuse envie de pleurer, mais le seul moment où elle avait lâché un sanglot incontrôlé, Suviyo s'était réveillée en chouinant.
Entourant sa fille de ses bras, s'enlaçant elle-même en même temps, Libertée s'était assise comme elle le pouvait sur une chaise dans le couloir. Elle avait toujours mal absolument partout, mais ce n'était rien. Ou plutôt, c'était normal. Elle aurait voulu pouvoir chérir ces courbatures, ces douleurs, comme elle chérissait sa fille, leur fille, parce que cela voulait dire qu'elle avait mis au monde cette merveille qu'ils attendaient depuis des mois et des mois ! Sauf que Gil souffrait sans doute bien plus qu'elle, et qu'elle ne voulait pas le laisser comme ça.
Elle avait tellement besoin de voir son visage ! De sentir sous ses doigts son cœur qui battait, de pouvoir toucher sa peau chaude, de passer ses doigts dans ses cheveux, de savoir qu'il était là, en vie, qu'il n'avait pas voulu les laisser, les quitter, les abandonner !


- Ils en ont pour dix ans ou quoi, bordel ? 

Le bruit de l'impact du poing de Kaünis sur le mur avait tiré Libertée de la cacophonie de ses émotions, et elle ne put qu'acquiescer : elle voulait voir Gil ! Elle en avait même besoin, un besoin aussi fort qu'un autre besoin naturel, comme d'air ou de nourriture.

La marchombre entendit les pas de quelqu'un s'approcher de leur petit groupe, et elle tourna la tête lentement car elle avait très chaud et se sentait faible soudain. Sans doute l'adrénaline commençait-elle à refluer...


- Il va s'en sortir. Vous allez pouvoir le voir dans quelques instants, le temps qu'il reprenne ses esprits.

Le rêveur leur sourit, mais Libertée sentit soudain sa bouche pâteuse et une brusque bouffée de chaleur la submergea. Elle sentit le monde tanguer autour d'elle, se posa les doigts sur le front et eut comme dernier réflexe de glisser ses mains autour du crâne de sa fille... avant de s'écrouler sur le côté.


♥ ♥ ♥



– C'est bon, l'hémorragie a été stoppée. Mais elle risque de reprendre si on ne répare pas les tissus déchirés.
- Suviyo?


Libertée ne distingua que la silhouette d'une tête qui se penchait sur elle. Une panique sans nom s'était emparée d'elle, la tenant plus éveillée que n'importe quelle substance. Elle ne sentait rien, comme si elle n'était plus vraiment dans son corps, et pourtant encore parfaitement soumise à ses caprices. Elle devait avoir des nouvelles de sa fille ! Elle était tombée !
Mais la voix la rassura doucement.


- Tout va bien pour votre bébé. Elle va très bien, elle est avec son père.

Libertée n'eut même pas le temps de hocher la tête. Elle sentit toute l'adrénaline s'enfuir de ses veines, ramenant le noir.


♥ ♥ ♥



Ce furent des bruits de conversation qui réveillèrent doucement Libertée. Elle se sentit prendre une inspiration un peu plus profonde et bruyante que les autres et ouvrit brusquement les yeux.
Les referma quand la lumière trop vive atteignit ses pupilles, laissant le temps de se faire à la luminosité. Puis, elle papillonna des paupières et poussa sur ses coudes pour se redresser et voir sa fille.
Sa fille bon sang !
Une douleur fulgurante la traversa de part en part, la clouant au lit brusquement et mieux que des menottes. Soudain essoufflée, Libertée lâcha un long gémissement de douleur, réussit à lever une main qu'elle passa sur son visage. Sa bouche était sèche et pâteuse, et sa voix erraillée quand elle parla.


- Gil ? Suviyo?

Sa voix était pleine d'angoisse et de peur, de tension et d'hésitations. Elle avait besoin de les sentir, de les sentir prêt d'elle, de les toucher...

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Le froid est pour moi le prix de la liberté... [ PV Darwen, Gil & Lib ]   Sam 09 Mai 2015, 15:18

Combien de fois Gil s’était-il réveillé avec une gueule de bois ? Il avait perdu le compte dix ans plus tôt. Parfois il s’estimait chanceux de n’avoir pas succombé aux dangereuses tentations de l’alcool, de celles qui s’accrochent à vous pour vous subtiliser votre douleur, vos ennuis, votre prestance… puis votre liberté. Celles qui réduisent les hommes à l’état de bêtes ou de légumes. Parce qu’elles requièrent force, volonté et courage d’affronter des choix désagréables, Gil avait plusieurs fois manqué de déraper, de se laisser happer, séduire, légumiser. Il avait inventé ce terme avec Erhuin, la Frontalière avec qui il s’était amusé à taper sur les Raïs dans le nord, une décade plus tôt. On s’légumise ce soir ? ‘Tention Cabochard, t’es en train de te légumiser pour de bon ! Ça les faisait rire, puis déchanter au réveil, quand la lumière du jour, trop forte, leur brûlait les yeux et déclenchait un mal de crâne épouvantable. Cette sensation de flotter dans son lit comme s’il s’était agit d’un bateau balloté par les eaux, cette impression de ne plus pouvoir bouger, comme si le moindre muscle, la moindre articulation pesait brusquement une tonne, d’avoir la bouche pâteuse, du lichen sur les dents et l’estomac emmêlé…

C’était exactement ce qu’il ressentait alors qu’il tentait désespérément d’ouvrir les yeux. Il avait mis longtemps à se réveiller, flottant dans un demi-sommeil troublé par une sensation de mouvance, et le son mélodieux d’une voix tout droit sortie d’un songe. Il pouvait sentir qu’il était allongé dans un lit ; les draps rêches qui frottaient contre sa peau l’agaçaient vaguement. Il bâilla… voulut bâiller… les muscles de sa mâchoires obtempérèrent douloureusement, comme pour lui apprendre à se montrer aussi insistant. Légumisé. Pourquoi et comment ? Immobile, il passa sa langue sur ses dents mais ne parvint pas à sentir l’arôme particulier d’une boisson alcoolisée. Sa salive avait un méchant goût de fer, en revanche, et il avait l’impression que ses lèvres étaient enflées. Une bagarre ? Les rixes étaient coutumières dans certaines tavernes, et plus particulièrement dans le nord. S’était-il encore emplafonné un Frontalier ? Possible. Il n’avait toujours pas compris la leçon. Il ne voulait toujours pas admettre que, contre Erhuin, il ne gagnerait jamais. Ni contre elle, ni contre aucun autre des valeureux guerriers qui se battaient à ses côtés.

- Tiens, déjà réveillé ? Dites donc, vous êtes sacrément solide, vous…

Ou bien Erhuin avait mué pendant la nuit – qui sait, peut-être qu’il s’agissait là d’un effet secondaire de la légumisation ? – ou bien ce n’était pas elle qui s’adressait à lui. Et quoique ralenti, Gil penchait pour la deuxième option. Il parvint à ouvrir un œil qu’il posa sur… et bien, la forme floue qui bougeait légèrement sur sa gauche. Bonjour, monsieur Flou. Comment ça va ?

- Dans votre état et avec nos soins, vous auriez dû dormir une demi-douzaine d’heures au moins ! Voyons voir…

Monsieur Flou se rapprocha et Gil sentit une main se poser sur son front. Ben quoi ? Il n’avait plus le droit de se réveiller, à présent ? Généralement, lorsqu’il était plus ou moins légumisé, il dormait très peu : son sommeil était saccagé par tout un tas de cauchemars qui l’empêchaient de se reposer plus de trois ou quatre heures. Il fallait alors qu’il se lève et fasse quelque chose – des pompes, une balade d’un pas mal assuré pour prendre l’air, râler après quelqu’un sans raison particulière… - avant de se rallonger pour trois ou quatre autres heures. Monsieur Flou n’était pas très bien informé. Décidant qu’il était temps de remettre les pendules à l’heure, Gil ouvrit la bouche et formula clairement sa pensée.

- Nnngeuh.

Nnngeuh ? Non. Non, non, non, rien à voir avec le « Excusez-moi mais qui êtes-vous ? Et que fais-je ici, suis-je peux me permettre de vous poser ces questions ? ». Ni le « Dégage, fous-moi la paix Monsieur Flou ! » plus plausible étant donné la situation. Pour un peu Gil en aurait rougi : c’était quand même légèrement embarrassant, cette histoire. Au moins autant que de ne pas se souvenir de la manière dont il avait atterri dans ce lit. Presque immédiatement l’inquiétude mordit son estomac avec ses petites dents acérées : avec qui avait-il passé la soirée et le reste de la nuit ? Un éclat doré et chocolat traversa sa mémoire en coup de vent. Naïs ? Non… impossible. Il ne l’avait pas revue depuis des semaines. Depuis qu’elle avait annoncé sa maladie. Et puis ils étaient amis, désormais. Il avait commis une erreur une fois, même si tout au fond de lui c’était un geste qu’il ne pourrait jamais regretter complètement, mais il était certain de ne plus pouvoir déraper à nouveau. Pourquoi ? Parce que la dernière fois Libertée lui avait flanqué une bonne trempe. Et la peur de sa vie, en pointant cette saloperie de couteau vers son ventre. Vers le petit haricot. Vers Suviyo.

Suviyo !

- Mmmniyo !

Oh, par le saint caleçon de l’Empereur ! Ça commençait à être pénible, ce problème d’élocution notoire. Surtout que ses pensées étaient en train de se réorganiser dans le bon sens. Il était en train de se souvenir… La naissance de Suviyo. Moment de bonheur indescriptible tant il était beau. Et puis… et puis ? Avait-il fêté l’événement un peu trop joyeusement ? Non, il n’en avait pas eu le temps… Il n’en avait pas eu le temps puisque, alors que Libertée et Suviyo se reposaient, il était sorti. Sorti pour quoi ? Pour… pour… pour retrouver Kaünis. Qui était tombée sur un loup. Un loup, à Al-Chen ? Il devait forcément se tromper, son esprit divaguait, était embrouillé, probablement à cause des coups… Des coups ? Ceux de Balourd et Rouquine. Ils l’avaient frappé sans relâche dans cet entrepôt. Pourquoi ?

Arrête de chercher, SangreLune.
Pense à ta fille.


Gil sursauta.
Et se réveilla complètement.


*


Vu de près et de façon lucide, Monsieur Flou était nettement moins flou. C’était un rêveur entre deux âges, aux immenses yeux gris pâle qui vous enveloppaient dans une gangue rassurante et au tempérament calme et posé. Il se présenta mais Gil oublia aussitôt son nom. Monsieur Flou, c’était bien. Patiemment, Monsieur Flou lui expliqua ce qu’il s’était passé depuis son arrivée. Il n’était pas arrivé tout seul, pour commencer – il en aurait été incapable dans son état. C’était un groupe pour le moins hétéroclite qui l’avait conduit à Fériane : une femme énergique, un gamin dégingandé au regard vif, une jolie jeune femme à l’air morose, une autre aux yeux roses et qui tenait un bébé contre sa poitrine… Angela, Darwen, Kaünis, Liberté, Suviyo. Ils étaient tous venus. Ils lui avaient sauvé la vie. Mais…

- Je vais être honnête avec vous, fit Monsieur Flou en posant une main sur le bras de Gil. D’ici deux jours vous serez sur pieds, peut-être pas aussi prompt qu’à l’accoutumée mais bien davantage qu’à votre arrivée dans nos murs. Toutefois, vous serez mort dans deux lunes si vous ne trouvez pas le moyen de combattre le poison qui circule dans vos veines.

La Silencieuse ! Le poison favori des assassins. Indétectable, il infectait sans faire plus de dégâts apparents qu’une maladie stomacale, jusqu’à arrêter le cœur de la victime deux mois plus tard.

- C’est moi qui l’ai repéré en déroulant mon rêve, et c’est pour cette raison que j’ai tenu à rester auprès de vous. Vous savez, je crois qu’en toute humilité je peux affirmer que notre art rencontre peu de limites. Ce poison en est une et je suis navré de vous annoncer que nous n’avons rien pu faire pour l’occulter.

Gil secoua la tête. Pas grave. Enfin si, mais pas tant que ça… car il avait de la chance dans sa malchance : le poison qui coulait dans ses veines était l’arme fétiche des assassins de l’Empire. Or il était lui-même un assassin, même s’il préférait le terme moins radical de mercenaire. Il connaissait ce poison pour l’avoir déjà employé deux fois au cours de sa formation d’Envoleur. Et il savait où se procurer son antidote.

- Reposez-vous, jeune homme, dit Monsieur Flou dans un soupir. Y a-t-il que chose que je puisse faire pour vous ?
- Mes amis,
fit Gil d’une voix rauque. Ma compagne et ma fille. Je veux les voir.
- Ah…


Ce "ah" eut l’effet d’un coup de couteau dans le ventre de Gil. Il se raidit dans son lit et vrilla son regard bicolore dans celui du rêveur.

- Oui, vous allez les voir, je vais les faire venir. Il y a eu quelques complications pendant votre intervention. Je crois savoir que votre compagne a récemment accouché de votre enfant ?
- Où est-elle ? Où est Libertée ?
- Dans la chambre voisine. Elle… attendez, qu’êtes-vous en train de faire ?


Gil avait soulevé ses draps et s’était assis. Curieusement l’effort ne lui coûta pas très cher : il était suffisamment inquiet pour que tout le reste disparaisse. Il vacilla un peu en se levant mais cela ne l’arrêta pas pour autant.

- Arrêtez, vous ne pouvez pas sortir maintenant !
- Pourquoi ?
gronda Gil en se tournant vers Monsieur Flou.

Celui-ci cilla devant l’aura menaçante qu’envoyait Gil, mais il ne se démonta pas. Bien au contraire, il croisa les bras sur la poitrine et toisa son patient, non sans un certain amusement.

- C’est très simple : parce que vous êtes nu.

Gil baissa les yeux.

- Oh…
- En effet. Ecoutez, je suis rêveur et je suis maître dans mon domaine depuis suffisamment d’années pour pouvoir affirmer que vous lever dans votre état n’est pas raisonnable. Mais je ne suis pas un tyran et surtout, je connais bien le lien tant étonnant que puissant qui lie les membres d’une même famille ; je ne vais pas vous empêcher d’aller la retrouver maintenant. Par contre, si je vous vois vous promenez dans notre confrérie aussi nu qu’un vers, je vous jette dehors sans la moindre hésitation. Vu ?
- Heu… vu.
- Bien ! Alors enfilez-moi ça, et faites attention à votre épaule. Elle est remise mais encore fragile. Si vous fichez en l’air tout mon travail, je risque de m’énerver pour de bon.
- D’accord.


En fin de compte, il y avait peut-être pire adversaire qu’un Frontalier.


*


Ce fut Angela qui lui déposa Suviyo dans les bras. Elle paraissait sincèrement heureuse de voir Gil sain et sauf, et lorsqu’elle le serra contre elle dans un élan de tendresse il se surprit à penser que cette femme était adorable. Et qu’il lui devait beaucoup. Suviyo était réveillée mais elle était très calme. Elle le regardait de ses yeux encore bleus, si bien dessinés qu’il en était fasciné ; il avait l’impression que son cœur allait exploser.

- Tout va bien… murmura-t-il avant d’effleurer son front duveteux du bout des lèvres.

Elle sentait bon, un mélange de douceur et de sucre, avec un soupçon de pêche qui lui fit lever la tête et croiser le regard d’Angela ; celle-ci eut un petit sourire mystérieux et s’effaça pour laisser passer l’Envoleur.

- Va la voir, petit père. Et dis-lui bien qu’on pense à elle.

Gil modifia la position de Suviyo pour libérer une main qu’il posa sur la poignée de la porte de la chambre où Libertée se trouvait. Mais avant de pousser le battant il tourna la tête et découvrit Kaünis et Darwen au bout du couloir. Leur présence lui réchauffa le cœur.


*


- Gil ? Suviyo ?
- Juste là.


Gil s’assit au bord du lit et se pencha pour déposer un baiser sur le front de la marchombre. Il s’installa ensuite de façon à ce que Suviyo se retrouve confortablement entre ses parents ; l’effet fut immédiat, la petite s’endormit en quelques secondes, comme si elle n’attendait plus que cela pour s’envoler au pays des songes. Gil glissa les doigts dans les longs cheveux de Libertée.

- Toujours là, ma belle… chuchota-t-il.

Puis il rejoignit Suviyo dans le monde des rêves.


*


Quelques heures de sommeil lui redonnèrent des forces et un peu de couleurs aux joues. Lorsqu’il se réveilla, il se sentait déjà mieux. Mais il avait besoin de se dégourdir les jambes et d’assouvir un besoin naturel… Veillant à ne pas générer de mouvement brusque qui puisse réveiller Libertée et Suviyo, il se glissa hors du lit et quitta la chambre à pas de loup. Dans le couloir, il s’arrêta, perplexe : Fériane était un endroit calme, hors du commun et du temps… et fichtrement grand. Une multitude de couloirs, d’envolées de marches, de passerelles qui couraient au-dessus de la cour ensoleillée, et bien sûr, aucun panneau indiquant la direction des commodités ! Gil fourra les mains dans ses poches et se mit à déambuler dans les couloirs au hasard et en marmonnant dans sa barbe. Il était en train de songer à sortir de la Confrérie pour aller se soulager à l’extérieur lorsqu’au détour d’un couloir désert il se heurta presque à Darwen.

Il savait que c’était lui alors qu’ils ne s’étaient pas parlé une seule fois, mais il avait deviné qu’il s’agissait du garçon dont Kaünis lui avait parlé à la façon dont celle-ci se tenait lorsqu’il était près d’elle – vaguement sur la défensive, prête à détaler au moindre danger mais curieuse de rester un peu pour voir ce qui aller se passer… Gil plissa les yeux et dévisagea le jeune homme. Un marchombre, avait dit Kaünis. Un marchombre qui l’avait mise enceinte sans le savoir. Que savait-il à présent ? Empêtrée dans les ennuis comme il le lui avait si bien enseigné, Kaünis avait-elle avoué à ce fameux Darwen la terrible épreuve qui l’avait conduite entre ses murs, quelques mois plus tôt ? A en juger par son expression, c’était possible. Il était grand et bien bâti. Libertée le connaissait-elle ? Et lui, savait-il qu’il se trouvait face à face avec un Envoleur, un fils du Chaos ? La logique aurait voulu que Gil profite de l’instant de surprise pour bondir sur le garçon et l’égorger d’un geste. Ou lui briser les cervicales, plutôt, car il s’était habillé sous la mine sévère de Monsieur Flou mais n’avait pas récupérer ses effets personnels ni ses armes. Au lieu de cela, Gil appuya son épaule valide contre un mur et croisa les bras sur la poitrine.

- Alors c’est toi, le fameux Darwen.

Son ton n’était pas particulièrement agressif, mais pas franchement amical non plus. Disons plutôt que la neutralité qui transparaissait dans ses paroles avait de quoi mettre curieusement mal à l’aise… et c’était l’effet escompté. Gil n’avait rien contre ce garçon – si l’on oubliait qu’ils étaient sensés êtres ennemis. Mais il n’avait pas oublié l’incertitude de Kaünis lorsqu’ils s’étaient retrouvés sur les toits d’Al-Chen, ni les larmes qui avaient coulé sur ses joues après son avortement. Rien que ce souvenir lui broyait le cœur et, si Darwen n’était pas fondamentalement responsable, il n’en demeurait pas moins un garçon qui avait fait de la peine à son élève. Ancienne élève. Pour ce que ça change…

- Ce que tu fais de ta vie ne regarde que toi et pour le coup, j’ai de la chance que ta route aie croisé la nôtre au moment où nous avions besoin d’aide. Je te remercie d’avoir envoyé Angela aider Libertée à mettre ma fille au monde. Et de m’avoir conduit ici.

Le regard bleu et noisette se durcit.

- Mais si un jour j’apprends que Kaünis est malheureuse à cause de toi – directement ou indirectement – je te retrouverai, où que tu sois, et je t’arracherai les deux bras.

La menace était sérieuse, mais le gargouillement suppliant qui jaillit à la suite de cette réplique en annula presque aussitôt l’effet dramatique. La mine gênée de Gil fit le reste.

- Je suis affamé, je crois… marmonna-t-il avant de hausser un sourcil. Si on allait manger un morceau ? Ces rêveurs sont maigres comme des coucous mais je suis sûr qu’ils ont à manger quelque part. Et des commodités.

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"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



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Darwen Ehsoleim
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MessageSujet: Re: Le froid est pour moi le prix de la liberté... [ PV Darwen, Gil & Lib ]   Ven 24 Juil 2015, 19:15

C'était la première fois de sa vie que Darwen faisait un pas sur le côté, et il ressentit malgré lui une pointe d'appréhension lui percer la poitrine lorsque, après avoir juché le Maître envoleur sur son dos - non sans une légère grimace - il saisit la main d'Angela ; il espéra réussir à dissimuler son angoisse aux yeux de ses compagnes. Mais contre toute attente, la téléportation s'accomplit à une vitesse hallucinante et fut complètement indolore ; le jeune homme n'eut pas le temps de réaliser qu'ils quittaient cette petite rue d'Al-Chen que la cour de la confrérie se matérialisa peu à peu autour d'eux. Il écarquilla les yeux quelques secondes, peinant à rallier la réalité ; les rêveurs qui accoururent bientôt ne lui laissèrent pas l'occasion de la retrouver complètement, et le regard que lui lança la sorcière rousse ne suffit pas à lui faire remarquer l'état dans lequel se trouvait Kaünis. Angela s'en aperçut et s'approcha de lui en soupirant.

- Il faudrait être aveugle ou complètement idiot pour ne pas s'apercevoir que ton amie n'est pas dans son assiette, lui souffla-t-elle à l'oreille. Je ne sais pas lequel des deux tu es mais tu ferais bien de te réveiller et de faire attention à elle, parce que ce n'est certainement pas son Maître qui est en état de le faire...

‘Wen cligna des paupières et observa l’envoleuse s’éloigner à la suite d’Angela et des rêveurs, qui venaient de le libérer du poids de Gil. S’élançant derrière le petit groupe, il se promit de lui parler dès que possible...

***



Dès que possible ne signifie pas immédiatement, et, tandis qu’ils attendaient tous devant la porte de la chambre où s’était enfermé un rêveur avec le blessé, le regard inquiet du jeune homme ne cessait pas de passer de Kaünis à Libertée, et de Libertée à Kaünis. Il ne parvenait pas à évaluer laquelle semblait se sentir le plus mal, et n’osait ni questionner l’une ni tenter de rassurer l’autre. Si la jeune mère paraissait complètement paniquée et qu’elle exultait la peur et l’inquiétude - surtout qu’elle devait être encore épuisée, après tout elle venait d’accoucher, et à cette idée le sang monta au visage du jeune homme - l’envoleuse paraissait surtout mal-à-l’aise, ou ailleurs, bien qu’elle marchait vivement de long en large sans pouvoir s’arrêter alors que Liberté était forcée de rester assise ; l’apprenti marchombre avait la conviction que l’état de son mentor n’était pas la seule chose qui la préoccupait. Mais en l’interrogeant devant les autres, il craignait de la vexer, et de l’énerver davantage encore. Alors il finit par lever les yeux vers les murs de pierres de la bâtisse, détaillant les lieux pour essayer de penser à autre chose et maîtrisant tant bien que mal l’impatience qui avait finit par le gagner lui aussi. Une atmosphère sereine et rassurante planait au sein du bâtiment, et sa fraîcheur était apaisante ; toutes deux ne suffisaient pourtant pas à calmer les jeunes femmes, et Kaünis finit par exploser, écrasant son poing contre un mur. Reportant aussitôt son regard sur elle, Darwen se leva pour l’entraîner à l’écart et lui parler ; à cet instant, un rêveur arriva enfin vers eux.

- Il va s'en sortir. Vous allez pouvoir le voir dans quelques instants, le temps qu'il reprenne ses esprits.

Le jeune homme put ressentir pleinement un léger soulagement du côté de Kaünis, mais Libertée ne put en supporter davantage et s‘évanouit ; il eut juste le temps de la rattraper avant qu‘elle ne tombe sur le sol de pierre avec sa fille.

- Pouvez-vous la transporter dans une chambre à son tour ? demanda le rêveur avec un sourire réconfortant. J‘espère ne pas avoir besoin d‘en ouvrir une troisième...

Le métamorphe acquiesça en silence, souriant à l‘homme en réponse à ses manières rassurantes. Après avoir laissé le bébé aux mains d‘Angela, il lui emboîta le pas dans une nouvelle pièce et allongea la jeune femme sur le lit dont elle disposait, puis il rejoignit rapidement sa vieille amie rousse et sa belle envoleuse... Maintenant que Libertée était à son tour endormie et en sécurité, il pouvait diriger toute son attention sur elle. Échangeant un regard avec Angela, puis avec Kaünis, il posa une main douce sur son bras avant, enfin, de l‘entraîner un peu plus loin. Cependant, la jeune femme ne voulut rien lui confier et il dût se résoudre à ne pas insister. Incapable de rester à ses côtés en retenant sa nervosité et en supportant celle de l‘envoleuse, ainsi que son silence, il finit par décider d‘aller faire un tour pour explorer le domaine des rêveurs. Avant cela, il s‘approcha de son amie et planta ses yeux dans les siens, prenant une inspiration :

- Kaünis, j‘aimerais juste répondre à ce que tu as dit au loup tout-à-l‘heure. Comme je n‘ai pas préparé de belles phrases, ça va être un peu dans le désordre mais je préfère quand même le faire maintenant. D‘abord, je ne sais pas de quel pouvoir tu m‘as parlé - même si ça doit avoir un rapport avec ce que j'ai vu à l'auberge - ni pourquoi tu as dit que tu étais un monstre, mais si tu le veux, je suis sûr que je peux t‘aider - en plus, en matière de monstre, je m‘y connais. Tu peux compter sur moi, tu sais. Pour ça, et pour tout et n‘importe quoi d‘autre. Tu comprends ? N‘importe quoi.

Bien sûr qu‘il faisait référence aux jumeaux, mais elle n‘était pas en état pour qu‘il lui en parle maintenant, c‘était tout simplement hors de question.

- Ensuite, si tu as peur, je peux non seulement te dire que c‘est normal mais que moi aussi. J‘ai peur, même si je ne sais pas vraiment de quoi, de nous, du loup avec qui ce n‘est pas encore parfait, de l‘avenir... bref, on s‘en fiche, le principal c‘est qu‘on en parle. Mon Maître m‘a dit un jour que le doute est une force, du moment qu‘il nous pousse toujours en avant. Je suppose qu‘il en est de même pour la peur...

Levant la main, il caressa doucement la joue de la jeune femme, du bout des doigts, avant de reculer de deux pas, lui adressant un large sourire.

- Quant à apprendre à se connaître, je n‘attends que ça ! Même si t‘apprécier, je le fais déjà, et depuis longtemps maintenant.

Sans attendre de réponse, le jeune homme adressa un clin d‘œil à son interlocutrice et s‘éloigna dans les couloirs de la bâtisse, heureux d‘avoir parlé.

***



Quelques heures plus tard, alors que la nuit avait définitivement remplacé le jour, que les étoiles étaient clairement visibles dans le ciel noir et que les cigales chantaient à qui mieux mieux, le jeune homme revenait de sa petite excursion en solitaire lorsqu‘au moment de tourner dans un couloir qui lui permettait de quitter un jardin intérieur, il faillit rentrer dans quelqu‘un qui le dépassait de plus d‘une vingtaine de centimètres. Il n‘eut pas besoin de lever la tête pour reconnaître la silhouette de Giliwyn ; mais il le fit cependant pour le dévisager, lui rendant la pareille. Une foule de questions se mit à tourner dans sa tête tandis que l‘homme l‘observait sans un mot. Savait-il qui il était ? Kaünis lui avait-elle parlé de lui ? Lui aussi était en envoleur. Le savoir, euh... ami de son apprentie pouvait-il suffire à le décider de ne pas le tuer ? Pour résumer, se trouvait-il en danger, seul face à cet homme ?

Ce dernier finit par répondre à ses interrogations muettes d‘une façon à laquelle Darwen ne s‘attendait pas du tout, le prenant de court.

- Alors c‘est toi le fameux Darwen.

Ah. Donc elle lui avait parlé de lui, et en conséquent il savait qu’il était marchombre. ‘Wen se demanda laquelle de ses deux affirmations allait faire pencher l’envoleur. Puis ce que signifiait le terme “fameux” : il était sans aucun doute ironique, mais plutôt appréciateur ou, au contraire, péjoratif ? Que lui avait-elle raconté à propos de lui ? Connaissant la jeune femme, même juste un peu, il doutait furieusement qu’elle lui ai vanté sa gentillesse, sa beauté ou ses exploits au lit ; mais lui avait-elle dit qu’il était le père de deux fœtus morts ? Lui avait-elle dit toute la vérité ou l’avait-elle grossie, transformée ? Apparaissait-il en faute aux yeux de cet homme ?

- Ce que tu fais de ta vie ne regarde que toi et pour le coup, j’ai de la chance que ta route aie croisé la nôtre au moment où nous avions besoin d’aide. Je te remercie d’avoir envoyé Angela aider Libertée à mettre ma fille au monde. Et de m’avoir conduit ici.

Bon, ça s‘annonçait bien, alors... 'Wen se rengorgea, esquissa un sourire et, sans réfléchir, tendit une main vers le Maître envoleur.

- C‘était tout à fait normal. Content de faire ta connai...
- Mais si un jour j’apprends que Kaünis est malheureuse à cause de toi – directement ou indirectement – je te retrouverai, où que tu sois, et je t’arracherai les deux bras.


Glups.

Au moins, ça avait le mérite d‘être clair. Il fit retomber son bras, interdit. Que devait-il répondre à ça ? Allait-il se laisser marcher sur les pieds, même par le Maître de Kaünis ? Se justifier et tenter de se défendre paraîtrait ridicule, attaquer, même par le verbe, le serait infiniment davantage.

Heureusement, il fut tiré de ce mauvais pas par une diversion amusante ; apparemment, le mercenaire avait faim et son ventre s’empressait de le lui faire savoir. La prudence et son malaise tout récent empêcha Darwen d’éclater de rire, et il répondit à la remarque de l’homme d’un sourire franc.

- Pour les... commodités, tu tournes à gauche puis deux fois à droite, c’est juste derrière la porte. Moi aussi j’ai mis un temps fou à trouver !

Le sourire devint presque complice, avant que l’apprenti ne s’aperçoive de la manière aussi légère dont il répondait à cet homme qui aurait pu l’assassiner cent fois depuis qu’il lui était tombé dessus, s’il en avait eu envie. Ce fut donc sur un ton plus gêné qu’il continua...

- Et euh... J’ai aussi super faim... on pourrait dévaliser ce potager - il désigna le petit jardin derrière lui - mais je pense qu’il serait préférable de rejoindre les autres pour manger avec eux, non ?


[Désolée pour le retard !]

__________________________________________


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Kaünis Gil'Ozh
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MessageSujet: Re: Le froid est pour moi le prix de la liberté... [ PV Darwen, Gil & Lib ]   Mar 28 Juil 2015, 11:27

Le Rêveur qui s'approcha la regarda avec dans le regard une hésitation entre la crainte et la bonne volonté. Il venait leur donner des nouvelles mais avait sans doute peur que l'Envoleuse passe ses nerfs sur lui… Et il avait raison. S'efforçant au calme, Kaünis planta son regard dans celui de l'homme.

- Il va s'en sortir. Vous allez pouvoir le voir dans quelques instants, le temps qu'il reprenne ses esprits.

Un soupir contenu depuis trop longtemps s'échappa des lèvres de la jeune fille aux cheveux de jai, mais l'instant suivant à peine, Libertée s'écroula sur le sol, et Kaünis se précipita sur elle, suivie de près par Angela et le Rêveur, mais Darwen l'avait déjà rattrapée.
Grognant, l'Envoleuse recula de quelques pas, tandis que le Rêveur demandait au Marchombre de transporter la mère dans une chambre…
Décidément, ils s'étaient bien trouvés, Gil et Lib : pas un pour rattraper l'autre quand il fallait se faire remarquer ! Serrant les dents, Kaünis haussa les épaules, avant de s'éloigner des deux chambres occupées par le couple. Mais Darwen la rattrapa rapidement, l'enjoignant de l'écouter en posant sa main sur son avant-bras.

Un long frisson la parcourut à ce contact, et elle y échappa en secouant le bras. Mais cela ne découragea pas Darwen – à vrai dire, il n'avait pas l'air de le prendre personnellement. Parfait. Il n'avaitpas un égo trop surdimensionné. Plus facile à gérer.

- D‘abord, je ne sais pas de quel pouvoir tu m‘as parlé - même si ça doit avoir un rapport avec ce que j'ai vu à l'auberge - ni pourquoi tu as dit que tu étais un monstre, mais si tu le veux, je suis sûr que je peux t‘aider - en plus, en matière de monstre, je m‘y connais.

Non, il ne pouvait pas savoir, et elle n'était pas sûre de vouloir de l'aide. D'être aidée. Personne ne pouvait l'aider et la comprendre vraiment à part elle-même, et encore… Alors, à quoi bon ?

- Tu peux compter sur moi, tu sais. Pour ça, et pour tout et n‘importe quoi d‘autre. Tu comprends ? N‘importe quoi. 

Haussant un sourcil, Kaünis planta son regard sombre dans celui, si clair, du jeune homme. Elle n'était plus sûre de rien, mais dans tous les cas, elle n'avait envie de compter sur personne. Elle n'avait jamais pu compter sur personne depuis qu'elle avait 16 ans, depuis qu'elle était partie de chez elle pour l'aventure de sa vie : ni son Maître, si ses anciens amis, ni personne. Juste sur elle-même. Pourquoi ça changerait ? Elle n'avait pas envie que ça change !
Et elle avait peur ; mais si elle l'avait dit au loup, finalement elle se rendait compte qu'il était inenvisageable de le dire à un quelconque humain. Darwen était dans la tête du loup, et elle ne s'attendait pas – pas du tout – à ce qu'il revienne sur cette conversation. Parce qu'elle n'en avait pas envie, déjà, et ensuite aussi parce que… normalement les animaux ne se transforment pas en humains. Et vice-versa !

- Mon Maître m‘a dit un jour que le doute est une force, du moment qu‘il nous pousse toujours en avant. Je suppose qu‘il en est de même pour la peur...


Elle ne put empêcher un son moqueur se former dans sa gorge : la peur, pousser en avant ? Non, elle faisait fuir ou attaquer, la peur. C'était globalement les deux réactions primaires liées à celle-ci. Le doute n'avait rien à voir ; le doute c'était l'hésitation d'un choix. C'était généralement raisoné ET instinctif. La peur, ce n'était que instinctif.
Alors qu'elle allait répondre vertement, les doigts du jeune homme sur sa joue lui coupèrent l'herbe sous le pied pour la rendre muette, incapable de proférer un seul son. Rougissant jusqu'à la racine des cheveux, tandis que le jeune Marchombre s'écartait de lui-même, elle lança ses cheveux dans son dos pour se donner une contenance.

- Quant à apprendre à se connaître, je n‘attends que ça ! Même si t‘apprécier, je le fais déjà, et depuis longtemps maintenant.

Écarquillant les yeux, Kaünis resta plantée comme une idiote au milieu du couloir alors que Darwen s'éloignait avec un sourire alambiqué sur les lèvres. Ouais. C'est ça… Dégage. Parce que sinon, Kaünis lui aurait sans doute retourné une baffe : elle n'était pas sûre de vouloir entendre ce genre de chose. Pas sûre de vouloir faire des concessions, finalement.


* * *


Allongée sur la terre meuble de la cour intérieure de la Confrérie, Kaünis observait les étoiles. Les coudes ouverts, les mains sous la tête, les genoux pliés au cas où elle devrait se relever rapidement, elle ne pouvait s'empêcher de pousser un soupir en contemplant l'immensité du ciel nocturne.

Elle réfléchissait.
Ou plutôt, elle essayait de réfléchir. Ses pensées étaient tellement mal ordonnées, tellement chaotiques, qu'elle ne se retrouvait même plus elle-même, dans l'histoire. Elle doutait sérieusement que ce soit normal. Et elle savait pertinemment que tout ça, c'était à cause de Darwen, à la base. Certes, Gil et Lib en avaient rajouté une couche, mais c'était malgré eux. Enfin, non, parce qu'ils avaient du en faire, des parties de jambes en l'air, mais en tout cas, le nombre de coïncidences de la journée était exaspérant et surtout difficile à encaisser pour elle.
En fait, elle n'avait pas envie de réfléchir.
Pas envie de s'avouer qu'elle l'avait cherché, pas envie d'admettre qu'elle avait sans doute atteint un point de rupture, une immense faille dans sa carapace qu'elle avait mis des années à consolider pour en faire un mur lisse et impénétrable.
Parce que la faille s'était propagée de l'intérieur, elle ne l'avait pas vue évoluer. Elle avait tellement compartimenté son esprit qu'elle ne voyait pas qu'il y avait des courants d'air entre chacun de ces compartiments. Et que les courants d'air se transformaient, au grès de sa rage, en des tornades impitoyables qui brisaient tout sur leur passage.

Secouant la tête, elle entendit une cigale s'arrêter de chanter en réponse à son mouvement. Se redressant sur un coude, puis sur l'autre, elle passa sa main sur son visage, avant de pousser un profond soupir.
Elle s'exaspérait elle-même en fait.
Se relevant totalement, la jeune fille s'ébroua un instant, avant de se diriger vers le bâtiment. Elle avait faim. Elle ne se demandait même pas où était Libertée et si elle allait bien :  elle s'en tamponait.
Elle avait dit qu'un jour, elle la tuerait. Et même si elle avait une certaine inimité envers elle, elle doutait que ce soit le cas, en réalité. Parce qu'elle ne se voyait pas tuer de sang froid une maman, faire une orpheline et un Envoleur malade et malheureux encore plus que les pierres. Mais un jour, peut-être, elle l'achèverait. Un sourire dur étira ses lèvres, et elle se dirigea à l'odeur de nourriture jusque dans un réfectoire petit et simple, pas du tout confortable mais efficace.

Jetant un coup d'oeil autour d'elle, elle vit à travers une fenêtre Darwen et Gil, l'un en face de l'autre, qui semblaient discuter. L'apprenti Marchombre ne semblait pas spécialement à son aise, et cela fit naître un sourire moqueur sur les lèvres de Kaünis.
Avant qu'une pensée ne l'efface.
Elle avait parlé de sa greffe au jeune homme. Il avait vu les dégâts de cette dernière, sans vraiment comprendre, en fait, ce que ça entraînait. Se mordant la lèvre, le souvenir des cheveux mouvants de Libertée s'imposa à elle, ainsi que les aiguilles de Gil. Est-ce que Libertée savait pour la greffe de Gil ?
Soudain, une bouffée de colère envahit Kaünis, rosissant ses joues et lui faisant serrer les poings. Son ancien Maître allait bien, sa pimbèche allait s'en sortir, sa fille allait bien, bref, tout le monde était beau et gentil. Elle ne devait rien à personne dans cet endroit.

S'ébrouant, Kaünis finit par hausser les épaules, se dirigeant vers la table de victuailles.
Elle saisit une large miche de pain, quelques lamelles de viande séchée, et prit une décision. Avalant tout en quelques secondes, elle sortit de la pièce, se glissa dans les ombres des couloirs, invisible.
Devenue courant d'air, elle sortit de la confrérie et commença à courir, laissa sa foulée l'entrainer vers Al-Chen : elle devait récupérer Voyage.
Et partir loin.




[ Oulah, Kaünis vous abandonne là ! Hé ben, elle est bien secouée ^^
J'ai adoré RP avec vous, c'était très chouette... Alors faudra remettre ça ! ]

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Loving her is a splendid adventure
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Steve Maraboli (alias Syles Rolling Eyes )
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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Le froid est pour moi le prix de la liberté... [ PV Darwen, Gil & Lib ]   Dim 13 Sep 2015, 18:50

[ Désoléeeeeeeeeeeeeeeeeee pour tout ce retard !! En plus je fais rien avancer car ma Lib est dans un état déplorable... xP ]



- Juste là. 

Réponse immédiate à l'angoisse sourde, crisarde, qui la tourmentait, la voix de Gil l'apaisa instantannément. Ses lèvres emportèrent dans leur baiser quelques perles de sueur sur le front de la marchombre, mais elle parvint à prendre une inspiration tremblante.

Elle avait mal partout.
Absolument partout. Jusque dans le tréfond de ses entrailles, des endroits qui n'auraient pas dû pouvoir être atteints alors que sa peau était lisse et sans coupure.  
Mais la petite vie palpitante de Suviyo contre elle, contre eux, la chaleur chaleureuse de Gil, la calmèrent doucement.


- Toujours là, ma belle… 

Libertée hocha la tête très légèrement. Déjà vide d'énergie.


♥ ♥ ♥


- Tu es notre univers, Libertée. Mais tu as ton propre univers. On ne fait pas les enfants pour soi, mais on s'inscrit dans le cycle de la vie, de l'harmonie et du chaos. Le cycle de l'univers.



♥ ♥ ♥


- Tu sais ma chérie, l’amour est une Voie à part entière. La voie des marchombres t’a façonnée, elle t’a faite évoluer, mais tu es toujours toi…


♥ ♥ ♥

- L'amour est un lien qui uni deux personnes. Puissant. Et il peut très facilement devenir une entrave à la liberté de chacun. Des liens. Et le bonheur que peut apporter une tel relation est dérisoire par rapport à la liberté qu'elle nous vole.

Non !


♥ ♥ ♥


Libertée ouvrit brusquement les yeux alors que son coeur faisait une embardée dans sa poitrine. S'efforçant de respirer calmement en sentant le poids de Suviyo contre sa cage thoracique, elle déglutit lentement en tentant de se souvenir d'où elle était.

La confrérie.
Les souvenirs lui revinrent par bribes : Gil dans la grange, étalé et salement amoché ; le pas sur le côté ; Angela, Darwen, Kaünis et elle-même attendant des nouvelles de l'envoleur…
Elle manqua de s'étouffer alors que sa trachée se contractait violemment.

« Juste là. Toujours là ma belle. »

Les mouvements inconscients de son corps réveillèrent la petite blottie contre elle, et cette dernière poussa un premier soupir contrarié avant d'ouvrir et serrer les poings. Dans un élan, Libertée attrapa sa fille délicatement pour la placer sur son buste, et découvrit un sein pour le présenter à sa fille. Cette dernière hésita un instant, tenta de sucer sa peau, avant de trouver la source du lait maternel et de téter goulument.
Se redressant sur le lit, la maman serra un peu plus fort le nourrisson contre elle. Son regard parcourut la pièce nue, alors qu'elle se rendait compte qu'elle avait drôlement faim.
La douleur dans ses abdominaux était atroce, mais elle ne pouvait pas nourir Suviyo allongée. Se calant sur un coude, elle tenta de trouver une position moins pire que les autres, en vain.


- Il y a quelqu'un ? J'aurais besoin d'un peu d'aide...

Sa voix n'était pas vraiment audible, cependant elle entendit une porte s'ouvrir et une silhouette entra dans sa chambre.


- Je vais vous redresser.
- Merci. Où sont-ils tous ?


Le rêveur bloqua l'avant du lit en redressant Libertée, rajusta les draps et planta son regard dans le sien.

- Les deux hommes sont allés trouver à manger. La plus jeune vient de partir. La dernière  n'est pas très loin…

Libertée poussa un soupir : Gil n'était pas parti. Pas encore.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Le froid est pour moi le prix de la liberté... [ PV Darwen, Gil & Lib ]   Dim 13 Sep 2015, 21:35

Le sourire était revenu sur les lèvres de Darwen. Gil avait noté, non sans une certaine satisfaction quasi paternelle, son visage s’allonger sous l’effet de ses paroles, et une étincelle inquiète traverser son regard ; le message était passé. Il suffisait parfois d’une touche de franchise pour que le respect se forge et, dans cet esprit complice (ils tenaient l’un et l’autre à la même personne, il y avait de quoi sympathiser, non ?), s’apprêtèrent à aller partager un steak. Ou ce que les Rêveurs mangeaient. Mais alors que le jeune homme s’éloignait, quelque chose attira l’attention du Gil, du coin de l’œil. Il tourna la tête, s’approcha de la fenêtre. En bas, dans les ombres nocturnes, une silhouette gracile s’éclipsait en douce. C’était tellement Elle qu’il ne put s’empêcher de sourire. Appuya son front contre la vitre et la suivit des yeux jusqu’à ce qu’elle disparaisse de son champ de vision. Merci, gamine.

D’avoir été là, encore une fois.



*


Pas de viande.
Dépité, Gil observait son plateau en se demandant comment il allait satisfaire le vide béant de son estomac. En face de lui, Darwen lui renvoyait le même désarroi.

- Comment font-ils pour rester en vie… ? marmonna Gil, juste avant qu’une main se pose doucement sur son épaule.

Angela.

- Pas de panique, les jeunes ! J’ai pensé à vous…

Et comme si elle n’avait déjà pas fait assez de miracles au cours de ces dernières heures, elle sortir de son baluchon quelques tranches de lard froid. Gil ne lui demanda pas d’où elle les sortait. Il se leva, glissa son bras valide autour de son cou et l’embrassa sur la joue. Il eut l’immense plaisir de la voir s’empourprer et s’empressa de la délester de son précieux chargement. Il servit Darwen, puis engloutit sa part avec voracité sous le regard bienveillant d’Angela. Lorsqu’il repoussa son plateau, elle fronça les sourcils et pointa du doigt ce qu’il restait dans son assiette.

- Et ça ?
- Pas pour moi,
expliqua-t-il dans un sourire.


*


Comment savait-il qu’elle était réveillée ? Comment savait-il qu’elle avait faim ?

Comment l’oiseau migrateur parvenait-il à retrouver son chemin ?

Gil poussa doucement la porte de la chambre, et son visage couvert d’ecchymoses bigarrées s’éclaira en découvrant les prunelles de ses yeux. Allons bon ! Et un Rêveur… Poliment mais fermement, Gil le ficha à la porte. Il lui était sincèrement reconnaissant d’avoir pris soin de sa compagne, mais là, il avait besoin d’un peu d’intimité.
Tout de même.

- Le déjeuner des champions, déclara-t-il en posant le plateau au bord du lit. Remercie Angela pour la viande, et ne me demande surtout pas comment elle a fait pour en trouver !

Gil se pencha et embrassa le front de la marchombre. Qu’elle était pâle ! Il fallait qu’elle mange, qu’elle reprenne des forces. Suviyo était réveillée. Trop occupée à téter pour lui prêter attention, mais il s’en fichait complètement : il lui suffisait de rester là, à la regarder boire avec application, pour être heureux. C’était tellement simple que ç’en était désarmant. Il s’arracha pourtant à sa contemplation et prit place au bord du lit, puis installa le plateau sur ses genoux. Puis il piqua un bout de viande du bout de sa fourchette et le présenta aux lèvres de Libertée.

- A ton tour, dit-il, devinant son refus. Allez, ouvre la bouche ! Que je me sente un petit peu utile, moi…

La douleur revenait au galop et lever le bras pour nourrir Libertée lui demandait un certain effort. Qu’il fit sans même s’en rendre compte. Tu es encore là ? s’étonnaient les grands yeux roses. Il acquiesça de bonne grâce. Il préférait qu’elle se pose cette question, plutôt que celle qu’il redoutait et, il le savait, qui ne tarderait pas à arriver. Que lui était-il arrivé ? Une bêtise, dirait-il alors. La faute à Pas De Chance, parce que j’étais encore dans les nuages à cause de ce petit bout de chou, là, et…

Un mensonge, oui. Mais si cela pouvait rassurer Libertée et l’empêcher de s’inquiéter davantage, alors oui, Gil était prêt à mentir aussi longtemps qu’il le faudrait.
Et à abandonner ses recherches.
Il était père, désormais.
Père.
Et…



*


Angela sourit, puis referma la porte et les laissa dormir tous les trois.




[Je me retire à mon tour ! Aaah... C'était... Choubidouwah ! Merci à tous les trois. Et rendez-vous dans un autre Rp pour la suite. Je crois qu'il faut qu'on s'occupe de Kaünis, là ! Rolling Eyes]

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"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



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