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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]

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Lëroya Palabré
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MessageSujet: [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]   Sam 30 Sep 2017, 23:49

J’ouvre un œil, puis le second, avant de relever doucement l’arrière de ma tête pour distinguer ce qu’il y a autour de moi. Pfiou, je pousse un petit soupir de soulagement quand je constate que c’est bien la chambre de l’auberge dans laquelle je me suis endormie hier soir qui m’entoure. Cela m’agace fortement de me demander à chaque fois dès le réveil où je suis, mais c’est quelque chose de trop ancré en moi – avec la peur d’être retrouvée et retournée dans cet endroit terrible – pour que je parvienne à m’en débarrasser. Et en même temps, je sais bien, au fond de moi, que je ne veux pas m’en débarrasser : cela me permet toujours de savoir où je m’endors, et donc d’éviter les mauvaises surprises au réveil. Et si jamais il y a une différence entre les deux lieux, je sais que je dois me mettre immédiatement sur le qui-vive.
Dans tous les cas, ce matin tout semble en ordre, c’est déjà ça. J’ai informé hier soir mon commanditaire au Domaine que j’allais y retourner, et que mon avis avait évolué, du coup je ne sais pas trop à quoi je vais devoir m’attendre quand je vais lui annoncer que je voudrais avoir des apprentis. Il me semble qu’il avait plutôt l’air résigné au fait que je n’étais pas une personne qui aimait apprendre aux autres, et que tant que je continuais à prendre les missions dangereuses dont personne ne voulait, cela restait suffisamment intéressant pour eux.

Je me redresse lentement sur le lit, repoussant doucement les draps loin de mes jambes, et m’étire longuement en faisant tourner ma tête sur mes épaules. Mon regard navigue un peu autour de moi, et je finis par me lever pour aller me débarbouiller. Pour l’instant, je veux finir cette mission et pouvoir récupérer les dix milles pièces d’or qui sont promises. Alors, je m’habille rapidement avec mon débardeur – avec mes œufs au plat j’ai besoin de rien en dessous – et mon pantalon, je fixe rapidement ma sacoche de cuisse, et je sors pour aller manger un bout avant d’entamer ma journée.

- Bien dormi ma petite dame ? me demande l’aubergiste quand j’entre dans la salle de service. Je hoche la tête doucement avant de lui répondre avec un léger sourire sur le visage.
- Oui, merci. C’est calme par ici, le silence est agréable !
- Oui en ce moment, on ne se plaint pas. Ce n’est pas toujours comme ça !
- Oh, il peut y avoir du grabuge, alors que votre établissement est un peu reculé du village ?
- Vous savez, même si j’ai plutôt bonne réputation, j’ai toujours le droit à ces groupes de brigands qui veulent me récupérer ma caisse !
- C’est vrai, je vois.
Je lui adresse un sourire et m’assois sur la chaise près du comptoir.
- Vous voulez quoi pour déjeuner ?
- Si vous avez quelques saucisses, avec de la pomme cuite ? Et une tasse de café, s’il vous plait.
- C’est comme si c’était fait !

Je le remercie d’un hochement de tête et laisse le haut de ma chaise tourner sur elle-même pour jeter un coup d’œil dans la salle….

Je repère alors immédiatement le type au visage sombre dans le coin de la pièce. Oh, lui, il est venu pour moi. C’est sans doute celui qui va me donner un ordre plus précis de mission, car pour l’instant c’est très flou. Je parviens à accrocher son regard une seconde et d’un signe du menton lui fais savoir que je vais le rejoindre dès que j’ai terminé mon petit déjeuner… Qui arrive à ce moment-là. Je ne me presse pas spécialement : j’ai un peu de temps, et puis c’est mauvais pour les affaires et l’estomac de manger trop vite.
La pomme est délicieusement fondante et s’accorde parfaitement avec la saveur des saucisses. Quand j’ai tout avalé, je prends ma tasse de café noir et je l’emporte avec moi pour m’asseoir en face du type que j’ai repéré.

- Salut salut ! Il me regarde comme si j’étais une alien, mais je ne perds pas mon sourire, et il finit par pousser un soupir.
- La cible, c’est ce type, me dit-il en poussant un petit bout de papier entre nous deux. Je le tourne pour pouvoir lire le nom de celui que j’allais devoir chasser : Hil’Hurya. Je cligne des yeux pour montrer que j’ai compris, et l’autre se penche au dessus de la table.
- Il est responsable d’une grosse alliance de fermes un peu à l’Est d’ici. Le but est de le remplacer, mais il risque d’être préparé ou d’avoir des types qui le protègent.
- Compris.


Il se lève et disparait dans l’embrasure de la porte, et je ne peux pas m’empêcher d’observer le ciel à travers la fenêtre à côté de la table en me balançant sur ma chaise – et en sirotant mon café.


* *



Allongée sur le ventre en haut d’une tour de pierre dans la cour d’une des fermes commanditées par Hil’Hurya, j’observe les allées et venues des gens et des fermiers, notant dans mon esprit les habitudes qui étaient ancrées par ici. Il y a toujours une heure pour nourrir les animaux, pour aller récolter les fruits et légumes, s’occuper des enfants…
Et surtout, il est facile, comme ça, de voir qui n’est pas habitué, et qui commande. Au milieu de la journée, je repère ce type entouré de quatre gardes qui pénètre dans la grande cour intérieure, et je suis absolument sûre que c’est mon homme.
Un sourire sur les lèvres, j’abandonne mon poste de guet pour me glisser souplement le long du chemin de ronde et disparaitre dans une autre tour sans me faire repérer.

J’ai déjà repéré le bâtiment, en gros, et parviens à me diriger vers le corps de ferme où Hil’Hurya est rentré. C’est mieux si la mission est menée à bien sans vague, du coup il va falloir que je m’arrange pour le séparer de ses gardes, ou le surprendre au bon moment.

Je traverse un couloir, puis un autre, avant de passer une première porte qui donne sur les cuisines, me plier en deux pour ne pas qu’on me repère entre les plans de travail, et déboucher de l’autre côté.
Ça a plus l’air d’un lieu de vie et d’accueil de ce côté car il y a de la décoration – chiche et lourde, de celles qui me tirent des frissons à chaque fois que j’en vois – et mon œil est attiré par un garde qui passe un angle, un peu plus loin.

Je souris : parfait.
Me glissant sans un bruit à leur suite, je suis surprise de constater qu’ils ont disparu quand j’atteins le couloir. Ils ont du pénétrer dans une des salles adjacentes, et je commence à coller mon oreille contre chacune d’entre elles pour essayer de voir s’il y a du bruit de l’autre côté. Mais alors que j’arrive au milieu du couloir, j’entends des pas qui arrivent dans ma direction…

Et merde.
Je me précipite contre une porte, plaque mon oreille contre son battant… Aucun bruit. Parfait. Je déverrouille la serrure en moins de deux secondes et pousse le battant pour m’y glisser avec efficacité, et le refermer à clef derrière moi.
Soulagée, je plaque mon dos contre la porte pour tenter d’entendre les pas qui s’éloignaient… Ils s’arrêtèrent devant la porte. On m’avait repérée ?
Je sens mon cœur accélérer dans ma poitrine, mais c’est trois coups puissants `sur le battant qui résonnent et je retiens mon souffle.

- Le déjeuner est servi ! Et il va vous falloir partir !

Je me fige, et finis par balayer l’endroit où je me trouve du regard.
Il y a un type là. Je m’assène une claque mentale de ne pas avoir regardé avant autour de moi. Il devait dormir quand j’ai écouté à la porte.

- Si tu dis quoi que ce soit, tu es un homme mort, je lui murmure directement, et c’est pas une menace en l’air.
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]   Dim 01 Oct 2017, 01:06

Gil avait les nerfs en pelote.
Ça finissait par devenir une habitude, tant ça se produisait ces derniers temps… Pas ma faute, grogna-t-il en enfonçant les poings dans ses poches. L’Ordre l’avait encore coincé. D’après Seren, c’était « une mission comme une autre : tu te pointes, tu fais ton affaire et tu te barres. Hop, fin de l’histoire ».  Gil crinça des dents. Quand Seren disait « hop », ça sentait le piège. Trop de « hop » avaient failli lui coûter la vie. Pourtant, il était là, planté devant la bâtisse, incapable de se soustraire à la mission qui lui avait été donnée. Il avait besoin d’argent. Désormais, un petit garçon vivait de ses moyens. Et comme Mak était avec Dil’Duran en ce moment, après lui avoir acheté de quoi manger plus sainement, Gil allait devoir lui payer une cure de désintoxication à la bière… Blague à part, il était prodigieusement emmerdé, là. Il n’avait pas prévu de rester aussi longtemps dans les parages. Après avoir quitté Al-Far et ses sombres quartiers, il avait pensé retrouver Makeno, puis Khamill. Alors qu’est-ce qu’il fichait ici, dans cet endroit balayé par les vents ?

- Je vais mettre le feu à tout ce bazar et puis voilà, avait-il répliqué à Seren quand celui-ci lui avait parlé de sa mission.
- Certainement pas. C’est un travail de minutie qui t’attend, mon garçon. Une œuvre d’art… pour deux artistes.
- Pardon ?
- Tu as très bien entendu. Pour une fois, tu vas t’associer avec quelqu’un d’autre.
- Certainement pas.
- Me pique pas mes répliques.
- Va te faire foutre, Seren !
- Volontiers, mais avant ça, écoute bien : ta partenaire s’appelle Lëroya Palabré. Elle est nouvelle dans le métier.
- Merveilleux ! Une autre bonne nouvelle, pendant qu’on y est ?
- Si tu foires cette mission, l’Ordre prévoit de te descendre pour de bon.
- Ah, ça, ça me plaît.
- Je savais que tu allais adorer. Allez hop, moi je file. Paraît-il que je dois aller me faire foutre…


Nouveau grincement de dents. Deux fois « hop », c’était pas une coïncidence mais une fatalité : il allait déguster ! Mais il fallait voir la chose du bon côté. D’un, s’il réussissais cette fichue mission, il aurait une sacrée récompense – et un peu de temps pour retrouver Makeno avant son prochain cours avec Khamill. De deux, s’il échouait, il allait devoir se frotter à l’Ordre. Deux perspectives qui l’enchantaient. Dans l’hypothèse où la deuxième l’emporterait, il allait devoir réfléchir rapidement à un plan d’action. L’Ordre était partout, l’Ordre voyait tout et l’Ordre savait tout. Les Nimurdes ? songea-t-il en frappant contre le battant de la porte. Celle-ci s’ouvrit sur un homme pourvu d’un chapeau défraîchi et d’un sourire auquel il manquait quelques chicots. Oui, les Nimurdes, ça me paraît bien…

- Bonjour ! Je suis Bob Sil’Hop ! Je suis notaire et je viens évaluer la ferme à la demande d’un certain… Hil’Hurya. C’est bien ici ?

… parce qu’il est franchement temps que je prenne ma retraite, moi !


*


Gil passa l’après-midi à visiter, écouter, questionner, s’intéresser, démarcher, proposer, rétorquer, évaluer, confirmer. Bref, à feinter. Et ce fut très long. Et ce fut très chiant. Tant et si bien que le soir venu, il emporta une bouteille dans sa chambre et entreprit de la vider tranquillement, tout en reportant soigneusement les notes de ses découvertes dans un petit carnet qu’il gardait dans la doublure de son tabard. Il passa la soirée à attendre une partenaire qui ne se pointa pas, aussi s’endormit-il sans état d’âme. Pas question de se priver d’une bonne nuit de sommeil pour si peu ! C’est un bruit qui le tira du sommeil, un peu avant l’aube. Celui d’une porte qui claque. La mienne ? Encore tout ensommeillé, les cheveux en pétard, il se redressa légèrement dans son lit et jeta un coup d’œil à l’entrée de la chambre. Quand il vit la petite brune hyper-canon adossée au battant, il pensa qu’il était encore dans son rêve. Ça ne lui déplaisait pas du tout. Mais quand trois coups retentirent franchement contre la porte, les faisant sursauter tous les deux, il réalisa deux choses importantes. La première, c’est qu’il ne dormait pas. La seconde, c’est que la petite brune hyper-canon était bien réelle. Quand elle le menaça dans un murmure, il crut bon d’ajouter une troisième remarque : elle était sacrément culottée. Ou pas, en fait, mais ça, il le garda pour lui. Après tout, il n’avait pas le droit de parler. Très bien, alors...

Sans piper mot, Gil repoussa sa couverture et se leva. Tranquillement, il se dirigea vers la vasque de la chambre et frissonna quand il s’aspergea d’eau froide le visage. Trois autres coups firent trembler le battant.

- Monsieur Sil’Hop ?
- Accordez-moi dix minutes !
répondit Gil sans se retourner.

Il pouvait voir le reflet de la fille dans le miroir fixé au-dessus de la vasque. Elle n’avait pas bougé. Ses longs cheveux bruns ondulaient sur ses épaules. Sans se presser, il attrapa ses vêtements et les enfila, terminant par le tabard qu’il noua sans la quitter des yeux. Puis il passa une main dans ses cheveux humides et s’approcha d’elle, pour appuyer un bras contre la porte, juste à côté de son visage. Elle était vraiment petite, il fallait qu’il baisse la tête pour la regarder dans les yeux. Vert et orange, découvrit-il avec une pointe d’étonnement. C’était un mélange intéressant. Un creux de sourire se forma dans sa joue.

- Alors, je suis un homme mort ou pas ? chuchota-t-il.

Autant le savoir tout de suite, parce qu’il allait bien falloir qu’il sorte, de toute façon.
Les dix minutes étaient presque écoulées.

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



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Lëroya Palabré
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MessageSujet: Re: [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]   Dim 01 Oct 2017, 01:50

Sil’Hop ?
Je hausse un sourcil : il me semble bien que c’est le nom de couverture qu’on m’a filé ce matin. Donc, en fait, c’est lui mon « collaborateur » apparemment. Bon, okay, il est nu, sous son drap. Mais j’en ai vu, des mecs à poils, et c’en est pas un de plus qui va me traumatiser. Je le fixe sans rougir alors qu’il se lève pour se diriger vers la vasque pour se réveiller, et je pousse un petit soupir en entendant les bruits de pas qui s’éloignent.

Clignant des yeux, je reporte mon attention sur l’homme qui s’est rapproché… Et qui fait genre de me dominer de toute sa hauteur en se plantant devant moi et en pensant me bloquer contre la porte. Mon grand, tu ne sais pas à quoi tu joues… ni avec qui.
- Alors, je suis un homme mort ou pas ?
Je me mords la langue pour ne pas répondre d’une remarque acerbe. Je me contente de lui adresser un petit sourire, alors qu’un certain amusement nait dans mes pensées. Il croit m’intimider ou me mettre en colère ? Déjà non, je ne suis pas intimidée. Et ensuite, être en colère est un choix qui ne me desservirait pas, là tout de suite. Je préfère m’amuser de son attitude complètement machiste.
- Apparemment, non, pas tout de suite. Je cligne des yeux, me hissant sur la pointe des pieds, je cogne son nez du mien pour le pousser fort. La plupart des humains détestent ça et ne peuvent s’empêcher d’avoir un mouvement de recul, et sa réaction me permet de jauger de quel type d’humains il fait partie.
Mais je ne me contente pas de ça. Je lui enfonce mon index dans la poitrine, juste en dessous du thorax, et je sens sous mon doigt un bout de poumon qui est pas content. Ça me fait sourire.  

Une fois qu’il a reculé d’un pas bien malgré lui, je lui adresse un nouveau sourire en coin, une étincelle au fond des yeux.
- Les techniques d’intimidation et de séduction, ça ne marche pas avec moi, mon grand. Donc remballe tes attributs et ton machisme à deux balles, et aide moi plutôt. Lëroya, c’est moi.  
J’admire un instant l’éclat de surprise dans ses prunelles dépareillées. J’aime bien étonner les gens, c’est sûr. Surtout quand ils me prennent de haut comme ça. Je me dis qu’ils surcompensent forcément quelque chose.

Dans ma tête, les dix minutes étaient écoulées, et il allait falloir qu’il sorte.
- Tu es censé aller manger. J’ai vu Hil’Hurya passer avec une cohorte de cinq gardes, il va donc falloir détourner ces bons monsieurs. Je pousse un soupir,  me grattant le menton par réflexe. Mon regard monte sur les poutres du plafond, et je ne peux m’empêcher de passer ma langue sur mes lèvres sèches. J’ai pas assez bu ce matin.
- Je propose que tu fasses tes affaires, je te – vous – suis. Je peux m’occuper des gardes un à un, mais il va falloir une bonne diversion…

Je m’arrête de parler pour tourner mon visage vers lui une nouvelle fois.
- A part si tu as un meilleur plan ? Je ne peux pas m’empêcher d’avoir un sourire en coin. J’ai entendu dire que tu étais assez solo d’habitude. Moi aussi. Et pas très porté sur les plans… même carrément impulsif. Je me tais une seconde. J’ai rien contre ça. Je m’adapte, j’ajoute, avant qu’il ne réponde.

Je croise mes bras sur ma poitrine, penchant la tête sur le côté. Et souris.
- Tu es déjà en retard.
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]   Dim 08 Oct 2017, 20:09

[Bon, je n'ai pas voulu anticiper la suite, je préfère laisser Lëroya faire ce qu'elle veut ^^ Tu me dis si quelque chose te gêne !]


- Apparemment non, pas tout de suite.

Elle lui cogna le nez… et lui enfonça le doigt dans la poitrine. Gil fut contraint de reculer – et d’écouter la suite. Non… il avait envie d’écouter la suite. Cette petite introduction était prometteuse.

Il ne fut pas déçu.

- Les techniques d’intimidation et de séduction, ça ne marche pas avec moi, mon grand. Donc remballe tes attributs et ton machisme à deux balles, et aide-moi plutôt. Lëroya, c’est moi.

Une étincelle s’alluma dans son regard : celle de la curiosité. Il était fichtrement intrigué par ce petit bout de femme qui ne se laissait pas marcher sur les pieds, qui lui balançait sa masculinité (il ne se sentait pas plus coupable que ça) à la figure sans se soucier des conséquences. Sérieux ? C’était pas elle qui se prenait de haut, là ? Amusé, il la regarda de haut en bas, puis de bas en haut. Canon, oui, c’était le mot. Alors qu’elle ne se distinguait pas franchement de la norme. Mais elle avait une masse de cheveux bouclés qui captait les rayons du soleil, et des yeux très clairs qui contrastaient avec la couleur de sa peau. Et elle avait cet air mi-contrarié mi-malicieux qui la rendait attirante. Gil fut tenté de s’approcher plus près, de se frotter à cette boule d’énergie qu’elle était, rien que pour voir qui, d’elle ou de lui, allait prendre le dessus.

Lëroya n’était plus la partenaire qu’on lui avait refilé contre son gré.

Elle était devenue le défi de sa journée.

- … à part si tu as un meilleur plan ?
- Hmmm ?


Gil cessa de regarder sa bouche pour plonger dans le vert orangé de ses grands yeux. Un bref instant, il imagina sa réaction s’il la plaquait brutalement contre la porte pour l’embrasser. Un coup de genou là où je pense, et… hum, sans doute un direct dans le menton. Mais ce n’était pas dit qu’elle n’apprécierait pas pour autant son audace ! Gil cligna des yeux. Etait-ce réellement possible de cerner aussi vite quelqu’un qu’on ne connaissait que depuis trente secondes ?

- J’ai entendu dire que tu étais assez solo d’habitude. Moi aussi. Et pas très porté sur les plans… Même carrément impulsif. J’ai rien contre ça. Je m’adapte.


En imaginant comment leurs deux corps pourraient s’adapter l’un à l’autre dans cette pièce, Gil secoua la tête. Ressaisis-toi, mon vieux !

- Y’a pas de plan, dit-il en posant la main sur la poignée de la porte. J’improvise.
- Tu es déjà en retard.


Il était de nouveau très près puisqu’elle n’avait pas bougé, comme si elle le défiait de franchir une limite. Gil baissa la tête et capta alors pour la seconde fois son parfum, léger mais enivrant. Ses lèvres frôlèrent celles de la jeune femme mais n’allèrent pas plus loin.

- Relax, murmura-t-il. On a tout notre temps…

L’instant d’après, il poussait la porte et se glissait à l’extérieur de la chambre. Ses derniers mots pouvaient avoir plusieurs sens qu’il ne chercha pas à explorer davantage – pas pour l’instant. Il traversa le couloir et se rendit dans la salle commune où son petit-déjeuner l’attendait. Froid. Pas grave, il n’avait pas très faim de toute façon. Les satanées herbes de Syles avaient tendance à lui couper l’appétit. Cela dit, elles faisaient leur effet : la dernière fois qu’il avait eu besoin de prendre sa dose d’Anarysine, c’était presque une semaine plus tôt ! Aussitôt le sourire satisfait de son ancien apprenti lui apparut dans sa tête. Il l’en chassa à grands coups de pied mental. Fiche-le camp de mes pensées, toi !!! Il attrapa une pomme qu’il fourra dans sa poche, puis une autre qu’il mordit à pleines dents tout en sortant dans la cour baignée de soleil. L’homme qui était venu le tirer du lit en tambourinant sur sa porte s’approcha de lui à grands pas. C’était l’intendant du corps de ferme où ils se trouvaient. En l’absence de Hil’Hurya, c’était lui qui dirigeait l’endroit d’une main de fer.

- Vous en avez mis, du temps…
- J’étais distrait, ce matin. Où est votre patron ?
- En train de faire sa ronde quotidienne, mais vous pouvez me faire votre bilan sur…
- C’est Hil’Hurya qui m’a fait venir, c’est donc à lui que je vais rendre mes comptes, si vous voulez bien.
- Certes.


L’intendant semblait vexé mais Gil s’en fichait éperdument. Il devait retrouver Hil’Hurya et se débrouiller pour l’éloigner de ses hommes. Sans accorder plus d’attention à son interlocuteur dépité, Gil traversa la cour tout en mangeant sa pomme. C’était une belle matinée mais il y avait déjà un vent à décorner les bœufs : la routine, en Astariul. Il repéra sa cible à quelques mètres de lui. Flanqué de cinq gars bien costauds, Hil’Hurya observait l’immense troupeau de vaches qui s’étendait dans la prairie verdoyante. C’est à cet instant précis qu’une idée germa dans l’esprit de l’envoleur. Il s’approcha à son tour de la barrière et fit mine de s’y accouder. En réalité, ses mains s’activaient pour défaire les liens qui unissaient piquets et rondins. Il continua lorsqu’Hil’Hurya lui fit signe, auquel il répondit par un hochement de tête, mais finit par lâcher sa barrière pour rejoindre le riche propriétaire.

- Belle journée, n’est-ce pas ?
- Les journées sont toujours belles en Astariul. Ce sont les nuits qui sont fourbes…


Gil s’efforça de ne pas penser à la nuit où il avait perdu Suviyo.

- Mon rapport est terminé. Il est resté dans la ferme, si vous voulez bien…
- Fort bien ! Allons-y !


Ils commencèrent à se déplacer en longeant la barrière. Gil gardait une main posée dessus, visiblement plongé dans sa discussion avec Hil’Hurya. Mais au moment de passer près de « sa » barrière, il exerça une ferme pression des doigts et sourit en sentant le lien céder. A peine avaient-ils fait dix pas que la barrière s’effondrait soudain.

- Tonnerre de sort ! s’écria Hil’Hurya en se retournant. Gern ! Pagis ! Ramenez-moi Anriaz au pas de course – et de quoi réparer ce fichu enclos ! Vite !

Affable, Gil se proposa de relever la barrière et de la tenir le temps que les deux hommes reviennent avec l’intendant. Hil’Hurya accepta sans savoir que nul n’allait revenir. Et deux de moins, songea Gil en apercevant, du coin de l’œil, une silhouette se déplacer furtivement sur le toit de la ferme. Restait Hil’Hurya et trois de ses sbires. Le regard de Gil se promena sur le troupeau. On improvise, hein… S’assurant que personne ne regardait son poignet, il leva le bras droit et décocha une aiguille. La première depuis des mois. Sa greffe lui fit un mal de chien en traversant la peau, comme pour lui reprocher de l’avoir ignorée tout ce temps, mais Gil sentit un poids quitter ses épaules en voyant le trait fendre l’air et se planter dans la jambe d’une bête sacrément grosse. Elle n’eut pas très mal car le cuir épais qui la constituait la protégeait bien, mais elle eut peur. Et la peur, dans un troupeau, se propage toujours comme une traînée de poudre. Les vaches partirent au galop. Collant à son rôle de notaire pas très alerte, Gil laissa échapper un petit cri et lâcha la barrière, qui tomba à nouveau. Les bêtes y virent le signe de leur survie. Elles foncèrent droit vers l’ouverture.

Droit vers eux.

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MessageSujet: Re: [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]   Dim 08 Oct 2017, 22:17

Il ne m’écoute pas, et ça me fait sourire.
Déjà, parce qu’il est en train de fixer ma bouche comme un chien en chaleur. Ensuite, parce que je me demande ce qu’il est en train de s’imaginer. C’est un coureur de jupons, ou pas, finalement ? Il y a pas mal de rumeurs à son sujet, et à vrai dire c’est typiquement le genre de choses qui me passent au-dessus de la tête… les rumeurs. Je préfère toujours me faire une opinion des gens moi-même, même si ça veut dire prendre le risque de se faire blesser – ou pire, des fois.

Son meumeumement me fit sourire – ouais, il  n’avait rien entendu à ce que j’avais dit. Ça voulait clairement dire qu’il allait en faire qu’à sa tête. Et après tout, pourquoi pas ? Quand on a un bon instinct – que ce soit pour se foutre dans les emmerdes, s’en sortir, ou autre – autant continuer de s’en servir… on ne change pas une équipe qui fonctionne, et qui gagne, après tout. A part à la rigueur quand on sait qu’il peut y avoir une nette amélioration derrière.

Il va pour sortir, et se rapproche de moi pour pouvoir attraper la poignée de la porte. Je ne bouge pas, évidemment. Il croit que je vais me pousser ? Il n’a qu’à demander gentiment ! Apparemment ça reste à sa portée, quand même puisqu’il n’a pas encore râlé. Mon souffle se coupe quand il approche son visage du mien et je respire l’odeur de son haleine. Je fronce les sourcils, et alors qu’il croit disparaitre plus vite que la musique dans l’entrebaillement de la porte, je file un crochet du pied à sa cheville droite, et il trébuche – mais il se rattrape.
* Et toc ! * Comme si j’allais laisser passer ça !
Je dis pas que c’était désagréable. Je connais suffisamment mon corps et mes goûts pour savoir parfaitement qu’il ne me laisse pas indifférente. Cependant, cela ne veut pas dire que je peux tolérer des choses pareilles surtout quand le but est clairement de s’amuser avec moi. De me faire « languir ». Il s’est vraiment fourré le doigt dans l’œil jusqu’au coude s’il pense que je suis une de ces nanas qui se laisse aller par ses pulsions. Ça peut m’arriver, je ne dis pas le contraire, mais clairement c’est pas ma priorité là tout de suite.

«  On a tout notre temps » Genre, comme si c’était si facile de chasser de la cuissette de Lëroya. Ça se saurait mon grand !
Secouant la tête – et mes boucles au passage – je me faufile dans le couloir derrière lui, aussi invisible qu’un courant d’air. L’endroit le plus pratique pour suivre l’Envoleur reste le toit de la bâtisse, du coup je m’y rends avec légèreté. Je me demande comment ça va tourner, cette histoire. Une fois sur les tuiles, j’avance accroupie pour ne pas qu’on me repère et finis par trouver le groupe d’hommes, un peu plus loin, près de l’enclos du pré du troupeau de vaches qui broutaient paisiblement.

Je m’assois distraitement sur le rebord du toit, essayant d’entendre ce qu’il se passe en dessous. Peine perdue, ils sont trop loin et le vent n’est pas dans le bon sens. Alors, je me contente d’observer avec attention.
Je ne peux m’empêcher de sourire quand la barrière tombe, voyant où Gil voulait en venir. Deux des trois gardes filent déjà en courant vers l’entrée du corps de la ferme, et je me laisse tomber avec légèreté sur le rebord en dessous de moi pour les intercepter.
La large et profonde entrée est un endroit idéal pour embusquer quelqu’un. Je me plaque contre le rebord du mur et quand j’entends leurs pas arriver en courant, je souris.
Glissant une petite mèche de cheveux bouclée derrière mon oreille, j’avance avec nonchalance au milieu de l’ouverture.
- Poussez-vous c’est une urgence !
Je feins parfaitement la surprise et me tourney vers les deux hommes trois secondes avant qu’ils ne me dépassent. Un sourire sur les lèvres. J’en vois un faire une drôle de tête, mais aucun des deux ne s’arrête, et j’ai juste à me déplacer un peu sur la droite pour crocheter une cheville et balancer mon talon dans les cervicales, tandis que ma main droite lance un petit poignard de jet qui s’enfonce pile entre les deux yeux du second.

Je pousse un soupir, jette un coup d’œil autour de moi : ça va, personne n’est aux alentours, et de toutes façons on est encore dans le noir et l’ombre de l’entrée. Un sourire amusé sur les lèvres, je déplace les deux corps pour les faire basculer dans les petites ouvertures sur le bord de la porte, pour ne pas qu’on les trouve facilement.

Le temps que je finisse de ranger la dernière jambe, j’entends un beuglement – non, un concert de beuglements – retentir et je pousse un soupir en levant les yeux : est-ce que au moins, Gil savait ce qu’il faisait s’il s’en prenait aux vaches ?
Je secoue la tête, mais c’est un sourire qui se glisse sur mon visage : remarque, ça peut être drôle. Un dernier regard circulaire m’apprend que toujours personne n’est à l’horizon. Alors, je m’élance vers le champs des ongulés pour assister au spectacle, magnifique, qui s’y déroule.

Les vaches sont démentes. Elles n’ont pas beaucoup de cornes, et le peu qu’elles ont a été coupé du coup ça ne peut pas faire de gros dégats. Mais c’est très marrant de les voir charger Hil’Hurya et ses trois gardes restant.
C’est la cohue, et j’en profite pour me rapprocher sans me faire repérer. Avant de changer d’avis, et de me mettre à courir complètement à découvert.

- Attention ! Il faut leur parler doucement ! je hurle pour attirer l’attention de tout le monde. Levant une main en l’air pour montrer que j’arrive, je vais un large signe du menton à Gil pour qu’il s’en prenne au premier garde qui a tourné la tête… Au moment où le crâne d’une vache entrait en collision avec sa hanche. Patatra, c’est le bon timing !
Mais un second garde se rend compte de ce qu’il se passe, et bondit devant Hil’Hurya pour le protéger d’une autre vache.
- Sil’Hop ! Traitre ! hurle ce dernier en gesticulant. Ça me donne envie d’éclater de rire, et je mets une main devant ma bouche pour me cacher un peu.

L’autre garde est en train de trottiner vers moi, alors que je cours toujours.
- Vous pouvez arrêter ces vaches ?
- Oui, laissez-moi faire !

Je continue d’avancer, et lui fait un petit demi-tour rapide… Sans doute pour m’emboîter le bas. Je ne lui en laisse pas l’occasion, et alors qu’il se cale à mon allure quelques secondes plus tard, j’arrête brutalement ma course pour enfoncer mon poignard pile dans sa cage thoracique. Trois fois. Une fois dans le poumon, une fois dans le foie, et la dernière près du cœur. Je le laisse s’effondrer avec son élan et d’un coup sec de talon lui enfonce les premières cervicales, ce qui le tue instantanément dans un méchant coup du lapin.  

Je vois, en levant les yeux, que Gil est en train de se battre avec le dernier garde, et Hil’Hurya est en train de se barrer en claudiquant, poursuivit par une vache… deux vaches.
C’est génial. Il fait des cercles, il se casse la gueule. Les vaches ne sont pas très intelligentes non plus, alors des fois elles n’arrivent pas à tourner suffisamment court, et se ramassent à moitié, et des fois, elles le touchent et l’écrasent un peu, mais pas suffisamment.

Je suis tellement morte de rire, que quand je m’approche des deux vaches agressives, ces dernières changent de cible pour tenter de m’atteindre. Sauf que je m’arrête de bouger, et que Hil’Hurya se relève précipitamment… Raté mon vieux. Tu sais pas quoi faire face à des animaux agressifs, hein ?
J’éclate de rire quand une vache le balance à terre encore une fois. Puis, allez, j’abrège la scène… à contre cœur. C’est vraiment trop drôle.

- Dégagez de là ! Allez ! BOUH ! Je gigote avec force et détermination, et la première vache veut me charger, mais je la charge la première et elle fait un demi-tour rapide pour se barrer en courant, bientôt suivie par la seconde. Puis, je me penche vers l’homme et lui tends la main avec un sourire encore amusé sur le visage.  Ça va ? Il cligne des yeux, prend ma main pour se redresser, et essaye d’épousseter ses vêtements pleins d’herbe et de terre.
- Je pense que j’ai un bras de cassé, mais ça va aller.
Je souris, et soudain il change de couleur et se cache précipitamment derrière moi. Je ne peux pas m’empêcher de pouffer de rire.
- Sil’Hop tenez vous loin de moi ! fait-il à l’adresse de Gil. Juste avant de me murmurer quelques mots. Vous pouvez me protéger hein ? Juste le temps que mes deux autres gardes arrivent. Ils ne devraient plus tarder…

Je tourne la tête et regarde vers le haut – c’est tellement drôle quand des mecs dix fois plus grands que moi se cachent derrière mon corps – avant d’éclater de rire.
- Vous proposez quoi en échange ? Vous avez un deal intéressant ?
De blanc, il passe à livide, recule d’un pas, et je me mords la lèvre inférieure. C’est tellement… distrayant !

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]   Jeu 19 Oct 2017, 06:45

[désolée pour l'attente !!!]


Gil ne mit pas longtemps à repérer Lëroya. Comme si elle était indifférente à la cohue qui menaçait de les engloutir, elle courait avec une allure fluide et déliée, parfaitement tranquille en dépit de la situation. Le soleil dansait dans ses cheveux. Elle m’a fait tomber !! se rappela l’envoleur en plissant les yeux. Elle tourna la tête vers lui et leurs regards s’accrochèrent un bref instant, avant qu’elle lui fasse comprendre, d’un geste du menton, qu’il avait une opportunité. Pas avec elle, mais avec l’un des deux sbires de Hil’Hurya. Gil bifurqua brusquement. Il eut de la chance : la vache qui aurait dû le heurter se cogna contre le pauvre type et le fit basculer dans la poussière. Aïe. Mourir écrasé par une horde de vaches effrayées, ce n’était pas ce à quoi l’on aspirait, généralement… Le pauvre type se releva. Il devait faire partie de ces chanceux à qui le hasard décide de faire une fleur de temps en temps. Gil siffla d’admiration mais le cri d’indignation du propriétaire de la ferme gâcha tout. Moi ? Un traître ? Sans cesser de courir, Gil laissa un sourire se dessiner lentement sur ses lèvres. Il rattrapa le garde et attendit que celui-ci se jette sur lui pour engager le combat.

C’était complètement fou. Se battre au beau milieu d’un troupeau déchaîné ! C’était inédit ! Il songea que Tsukia aurait adoré ça – avant de la chasser elle aussi de son esprit décidément un peu trop visité ces temps-ci. Face à lui, le soldat luttait pour sa vie. Ce n’était pas un mauvais combattant ; la cinquantaine lui apportait l’expérience qui lui permit de tenir tête à l’envoleur durant quelques minutes. Mais Gil n’était pas très concentré. Sans cesse obligé de vérifier qu’il ne risquait pas de se faire percuter par une bête, il avait, dans la limite de son champ de vision, un spectacle tout à fait étonnant/hilarant/ridicule : Hil’Hurya qui tournait en rond, poursuivi par deux vaches. Il y avait de quoi en perdre le fil d’un duel, n’est-ce pas ? Au bout d’un moment, toutefois, Gil décida qu’ils avaient assez joué. Il s’arrêta brutalement, laissa le garde venir à lui et, à l’ultime seconde, pivota pour lui balancer son coude en plein visage. Il pivota encore, logea son poing dans l’estomac de l’homme, remonta vers son menton, se glissa dans son dos et, d’un geste sec, lui brisa les cervicales.

Les vaches commençaient à s’éparpiller dans la plaine. Il y en avait partout dans la ferme. Les gens allaient bientôt réagir… il fallait mettre un terme définitif à cette histoire de dingue. Gil trottina vers Hil’Hurya. Celui-ci l’aperçut, sursauta et crut se protéger en se plaçant derrière Lëroya. Ça aurait pu marcher si elle n’avait pas été engagée pour le tuer ! Mais il sourit en voyant ce grand bonhomme s’abriter derrière un petit bout de femme que l’on imaginait pouvoir facilement dégager d’un seul revers de la main. Aah, la connerie humaine…

- Sil’Hop tenez-vous loin de moi !
- Qu’est-ce qu’il vous arrive, mon vieux ? Un peu trop d’action ? Dites, vous avez vu ça ? Vos barrières sont pourries, c’est à se demander comment elles ont fait pour tenir jusqu’ici !
- Je…
- C’est assez grave pour rompre un contrat, ça ! Et revoir à la baisse l’estimation de la ferme ! Sans parler qu’à présent vos bêtes sont éparpillées aux quatre coins d’Astariul. Buffet à volonté pour les fauves qui se baladent ! A mon avis vous êtes plutôt mal barré. Mais vous savez quoi ?


Gil lui fit un sourire radieux.

- J’suis pas notaire. Alors c’est pas si grave !

L’instant d’après, il décochait une aiguille, juste pour le plaisir d’éprouver, douloureusement certes, la sensation de sa greffe. La pointe se ficha dans la poitrine d’Hil’Hurya. Ça devait piquer mais ce n’était pas létal ; il préférait laisser Lëroya achever leur cible. Elle l’avait bien mérité. Ils déplacèrent le corps et le jetèrent en travers du chemin pour donner l’illusion qu’il s’était fait piétiner. De la poudre aux yeux bien sûr, mais qui aveugla l’intendant et tout le reste de la ferme. Pas le temps de pleurer le riche propriétaire, toutefois : il fallait rassembler le troupeau avant qu’il ne s’égaille trop. Séduit par l’idée, Gil accepta de donner un coup de main pour la manœuvre ; il se hissa souplement sur Chante-Brume et la fit volter avant de s’arrêter devant Lëroya. Il aurait pu dire bien des choses… mais ses lèvres demeurèrent hermétiquement closes. En revanche, l’éclat malicieux qui scintilla dans ses yeux était inratable. Cligna-t-il réellement de l’œil ? Ce n’était pas dans ses habitudes ! Pourtant le défi était lancé, tacitement, implicitement. Tu viens ou pas ? Sans attendre la réaction de la jeune femme, Gil pressa ses talons contre les flancs de sa jument et fila comme une flèche.

Ce fut grisant. Long et épuisant, mais absolument grisant : galoper à flanc de troupeau, circonvenir un ensemble mouvant, vivant et surtout paniqué n’était pas à la portée de tout le monde. Il fallait avoir de bons réflexes et il fallait savoir monter comme personne ! Un fermier et sa monture se firent renverser. Amusante ou pas, cette séance de rassemblement de bétail était sérieuse et comportait son lot de dangers. Gil était très attentif aux réactions de Chante-Brume. Au fil des ans, les liens entre la jument et lui s’étaient suffisamment resserrés pour qu’il devine à quel moment la propulser et à quel moment l’arrêter. Il lui fit faire des manœuvres ahurissantes : arrêts brusques, glissades, demi-tour très serrés… quand les dernières bêtes franchirent la porte de l’enclos, il était en nage et avait la gorge sèche. Il se laissa glisser à terre et caressa les flancs agités de Chante-Brume. Son murmure apaisa la jument. Sans accorder la moindre attention à ce qui se passait autour d’eux, Gil la guida vers un petit coin isolé et entreprit de s’occuper d’elle avec une patience qu’il n’avait encore jamais eue. Une fois sa fidèle compagne nourrie et soignée, il s’essuya le front d’un revers du bras. Un creux de sourire se forma dans sa joue.

- Tu me laisses t’offrir un verre, ou bien je reste en tête à tête avec mon machisme à deux balles ?

Il tourna la tête pour regarder celle qui, furtivement, s’était approchée de lui quelques instants auparavant. Il lui laissa sincèrement le choix mais, quand même, elle était plus jolie que monsieur Machisme…

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MessageSujet: Re: [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]   Jeu 19 Oct 2017, 18:40

Et de livide, il passe à vert. Ouais, vert. C'est marrant les nuances de couleur que peut adopter la peau humaine en fonction des émotions ! Il fait un petit pas en arrière et je continue de sourire, alors que Gil s'approche aussi pour bavarder gentiment avec lui. Je lui jette un coup d'oeil quand il parle de baisser la valeur de la ferme, un sourire dans le creux de la joue, avant d'éclater de rire.
- J’suis pas notaire. Alors c’est pas si grave !
Ah, pour avoir de l'humour, apparemment, il en avait aussi. Ça le rendait aussi distrayant tout de suite. Je note avec application dans un coin de ma tête l'aiguille qui est sortie de son poignet, transperçant sa chair fine à cet endroit, pour se ficher dans le tronc de Hi'Hurya. Cela ne m'empêche pas de sourire : je me demande bien pourquoi il affiche sa Greffe comme ça devant moi. Quelque chose à me prouver ? A se prouver à lui-même ? Juste un peu de frime ?
Je secoue la tête : peu importe, maintenant c'est à mon tour de porter le dernier coup. Je me contente de faire efficace en lui brisant la nuque alors qu'il tente une dernière négociation. Non, pas de pitié, c'est comme ça. Mon empathie se réveille, mais je la chasse : c'est ma mission, j'ai pris la responsabilité de tuer cet homme. Et si en apparence il avait l'air très respectable, je sais très bien ce dont sont capables les hommes tirés à quatre épingles. Seule une minorité est vraiment innocente, et généralement ce ne sont pas ceux qui en font partie dont la tête est mise à prix.

On se débrouille pour faire en sorte que tout ça n'ai l'air que d'un terrible accident. Ce n'est pas pour rien que j'ai porté principalement des coups sans arme : pas d'entailles, pas de preuves. Puis, il faut rassembler les vaches aussi. Je vais donc chercher Santal, mais je sais pertinemment que du haut de ses quatre ans, il ne va pas être aussi efficace que les autres… Quoique, au moins il est à l'écoute et il a vraiment envie de s'approcher des bovidés ; sans doute un instinct. C'est amusant de voir que mon cheval veut s'approcher et fait toujours quelques pas sur le côté quand il voit une corne d'un peu trop près. Mais il est courageux et volontaire.
On en revient rincés, Santal et moi. Et les autres cavaliers. Mais les vaches ont toutes été retrouvées, c'est au moins ça ! Quand on rentre dans la ferme, on est tous les deux recouverts de transpiration séchée et de poussière.
Je prends le temps de m'occuper de ma monture, qui ne cesse de vouloir me rendre la pareille - sauf que des dents de cheval, ça fait mal. A force de lui attraper la lèvre supérieure, il finit par comprendre qu'il ne doit pas mettre les dents et frotte avec son nez mes bras, c'est mignon. Et alors que je dispense une dernière caresse sur son chanfrein, il me pousse pour manger et je lâche un petit rire.
- La bouffe avant tout hein ! Tu as raison, petite peluche…
Je le laisse donc se reposer et finir sa ration. Mes pas me dirigent vers la sortie mais mon regard attrape la silhouette de Gil qui s'occupe de sa propre jument. Je m'avance vers eux avec les quelques carottes qu'il me reste, pour en proposer.

Il me prend de vitesse.
- Tu me laisses t’offrir un verre, ou bien je reste en tête à tête avec mon machisme à deux balles ?
Je m'immobilise, surprise par son offre. Voyant la lueur amusée dans son regard, je ne peux pas m'empêcher d'incliner légèrement ma tête sur le côté, en le fixant. Prenant le temps avant de répondre, je lui tends trois carottes pour sa jument, avant de me passer la langue sur les lèvres.
Je ne peux pas m'empêcher de choisir mes mots pour justement relever son machisme à deux balles qui existe même dans une proposition aussi simple et bienveillante que celle-là.
- Je veux bien aller boire un verre avec toi, oui. Mais je ne vois pas pourquoi tu m'offrirais ma propre boisson. Une idée ?
Un sourire en coin illumine mon visage, et je sais très bien qu'une étincelle vient de se glisser dans mon regard.
- Par contre, sortons de cette ferme. Il y a un village à une vingtaine de minutes à cheval, tu as dû le croiser. Et marcher leur fera plus de bien que de rester immobiles dans les boxes, après leur effort de l'après-midi, donc… en selle.
Je lui adresse un nouveau sourire, sincère, avant de faire volte-face et de retrouver Santal… qui pousse un long soupir.

* *

Nous avançons d'un pas tranquille, côte à côte, en direction du village et de l'auberge où en fait, j'ai passé la nuit précédente. Le silence s'est installé, rythmé par les foulées lentes de nos montures. Quelques insectes de nuit chantent autour de nous, alors que le soleil n'a pas encore complètement déserté l'horizon. Je reste attentive à notre environnement, les plateaux d'Astariul ne sont pas connus pour leur hospitalité, au contraire.

Et alors qu'un énorme lièvre passe à toute allure devant nos chevaux qui sursautent, je remets Santal dans le calme en lui flattant l'encolure.
Je pose la question qui me brûle les lèvres.
- Et... tu as déjà enseigné ton machisme à deux balles ou tu as réussi à le perfectionner à ce point seul ? Faut bien dédramatiser la situation, et je trouve ça amusant de le taquiner.

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MessageSujet: Re: [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]   Mer 25 Oct 2017, 10:48

Gil tendit la main pour attraper les carottes que Lëroya lui tendait, incapable de détacher le regard de ses lèvres sur laquelle elle venait de passer, consciemment ou non, un bout de langue. Chante-Brume trouva qu’il perdait trop de temps. Elle le bouscula légèrement et entreprit de happer une carotte. Pendant que son cavalier était complètement à l’ouest, elle, elle ne perdait pas le nord !

- Je veux bien aller boire un verre avec toi, oui. Mais je ne bois pas pourquoi tu m’offrirais ma propre boisson. Une idée ?
- Heu…
- Par contre, sortons de cette ferme. Il y a un village à une vingtaine de minutes à cheval, tu as dû le croiser. Et marcher leur fera plus de bien que de rester immobiles dans les boxes, après leur effort de l’après-midi, donc… en selle.


Gil cligna des yeux. S’arracher d’ici ? Ouais. C’était une bonne idée. Il savait que la dernière partie de sa phrase concernait les chevaux mais il avait l’impression d’être un lion en cage ; bouger leur ferait le plus grand bien à tous. Indifférent au souffle de protestation de sa jument, Gil se hissa sur son dos et rejoignit Lëroya. Ensemble, ils se mirent en route sur la piste de terre qui s’élançait à travers les champs. La journée touchait déjà à sa fin mais le soleil semblait s’attarder à l’horizon, bien décidé à enflammer le ciel entier avant de tirer sa révérence ; les couleurs étaient spectaculaires. Gil n’en perdit pas une miette. Il aimait ce moment plus que n’importe quel autre et en plus, et une fois n’est pas coutume, il appréciait la compagnie ! Pourtant les deux envoleurs restaient silencieux. Seul le bruit du pas de leurs montures et le léger zozotement des insectes, interrompu parfois par le trille de quelques oiseaux invisibles, venait compléter le tableau. Ce n’était pas un silence tendu, c’était un silence paisible. Celui auquel on goûte avec gourmandise.

- Hé là ! râla Gil quand Chante-Brume, surprise par un lièvre qui leur avait coupé la route, s’agita comme une demoiselle en pamoison. Du calme, crâne de piaf !

La jument renâcla. Si le ton de son cavalier l’avait autant apaisée que la caresse de sa main sur son encolure, elle n’était pas dupe : tant qu’il persisterait à l’appeler de la sorte, elle lui en ferait voir de toutes les couleurs… Gil se redressa au moment où Lëroya posa sa question.

- Et… tu as déjà enseigné ton machisme à deux balles ou tu as réussi à le perfectionner à ce point seul ?

Gil lui jeta un regard en coin.

- Peut-être bien les deux, lâcha-t-il. Mais en l’occurrence, je te propose un verre simplement parce que ça se fait entre partenaires.

Et parce que tu es foutrement canon !

*claque mentale*

- Maintenant, si tu préfères payer ton coup, je ne dis pas non, ajouta l’envoleur, souriant.

Du moment qu’elle acceptait de passer un petit peu de temps avec lui autour d’une table, tout lui convenait. La preuve que son machisme n’était pas si grand… non ? Il haussa les épaules. Jusqu’ici ça ne lui avait jamais paru franchement flagrant. A part peut-être quand il avait l’habitude de quitter le lit de ses conquêtes à l’aube… mais cela remontait à si loin désormais qu’il n’était plus certain d’être toujours le même homme. Son regard se perdit à l’horizon. Non, bien sûr que non, il n’était plus le même… Trop de choses avaient eu lieu pour qu’il n’en soit pas affecté. Et depuis qu’il avait quitté la forge de Dil’Duran, il lui semblait que le court de sa vie avait pris un tournant serré. Il remua sur sa selle, chassa un moustique, observa le profil de Lëroya. Prétendre qu’il restait indifférent était un mensonge, mais envisager la suite était tout simplement impossible… et peu important. Tout ce que Gil souhaitait, c’était profiter de chaque seconde de sa vie à sa juste valeur.

Il en avait trop manqué.

- Alors ? Est-ce que tu viens de la région, ou bien cette mission en Astariul était trop tentante pour être refusée ?

Il était assez rare que l’Ordre impose ses missions. Elles étaient généralement affichées au Domaine et les volontaires n’avaient qu’à faire leur choix…

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MessageSujet: Re: [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]   Mer 25 Oct 2017, 16:49

Un sourire étire mes lèvres quand elle capta le regard en coin de Gil vers moi. Franchement, sa réponse ne me surprends même pas, ça a l'air d'être bien son genre de vouloir garder quelque chose de mystérieux. Ou pas, après tout, je ne le connais que depuis quelques heures, et je ne peux pas juger de ce genre de choses.
Par contre, je hausse un sourcil quand il fait mention que ça se fait entre partenaires. Je ne peux pas m'empêcher de m'esclaffer doucement.

Déjà, parce qu'en réalité la plupart du temps, les Envoleurs ne sont pas des partenaires de crimes. Oh,  ça arrive, mais sur des missions comme ça, c'est quand même rare. Nous sommes des loups solitaires, nous pouvons nous fondre dans la meute, mais notre nature est plus individualiste. Un sourire étire mes lèvres, mais je me contente de lever les yeux au ciel.

- Maintenant, si tu préfères payer ton coup, je ne dis pas non.
- On va faire ça alors !
Je réponds au tac-au-tac. Je capte son sourire et réalise que ça fait scintiller un peu ses yeux, c'est mignon.  

Je reporte mon attention sur les plateaux. Santal surveille les alentours aussi, je le vois alors qu'il tourne ses oreilles dans toutes les directions. Je me penche légèrement pour lui flatter l'encolure, et il s'ébroue doucement, renâclant de plaisir.

- Alors ? Est-ce que tu viens de la région, ou bien cette mission en Astariul était trop tentante pour être refusée ?
Je tourne mon regard vers lui, mais mon esprit est déjà loin. D'où je viens ? Aucune idée. Peut-être ici, peut-être ailleurs. A priori, de ce que j'en ai retenu, la maison close était perdue dans les Plateaux d'Astariul, oui, et c'était pour cela que lorsque j'avais réussi à en sortir, j'avais atterri au milieu des plaines, complètement perdue et déboussolée. Les Plateaux sont dangereux, mais il y a pas mal de voyageurs qui passent à travers pour atteindre Al-Poll. Et pour d'autres choses…

Mon esprit dérive. Je ne tente pas de l'arrêter. Je ne sais même pas si je pourrais retrouver cet endroit, à vrai dire. Je me dis, parfois, que je devrais. Au moins pour laisser sortir les filles qui y sont. Mais je me souviens à chaque fois que certaines d'entre elles étaient très contentes d'être là, nourries et logées, plutôt en sécurité tant qu'elles suivaient les règles. Je préfère un million de fois être libre et avoir une vie risquée plutôt que de me retrouver dans cette situation.
Je secoue la tête.
- On peut dire que j'ai passé une bonne partie de ma vie dans ces Plateaux. De là à dire que c'est d'ici que je viens, il n'y a qu'un pas que je ne peux franchir. Je pousse un petit soupir.
- Non, j'étais là principalement pour la mission. Mais je pense à rentrer. Je me sens prête à sortir de ma zone de confort pour enseigner. Je fais une petite pause, puis souris. J'en ai envie, en tout cas.

Haussant les épaules, je passe ma langue sur les lèvres avant de relever le menton. Je vois quelques points de lumière plus loin, je sais que c'est le village. On arrive bientôt.

- Et toi ? Juste de passage par ici, je suppose ?

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MessageSujet: Re: [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]   Mer 25 Oct 2017, 18:44

Il y avait une note amère dans le ton de l’envoleuse, au moment où elle évoqua son passé pour le moins on ne peut plus flou. Gil ne creusa pas davantage, ce n’était pas son genre et puis lui aussi, il taisait beaucoup de choses sur son histoire. En outre, le mystère qui entourait Lëroya ne faisait qu’accroître son intérêt pour elle. Enfin, sa curiosité. Bref. Un coup de vent s’engouffra dans ses cheveux. Il releva le col de son tabard. Fichu pays, songea-t-il, juste avant que Lëroya ne lui parler d’enseigner. Il la regarda… et éclata de rire. Tant et si bien qu’il se crut obligé de se justifier, en essuyant ses yeux, avant qu’elle n’interprète à nouveau sa réaction de traviole :

- Pardon, c’est juste que… Tu sais ce qu’on dit à ces gens qui sont sur le point d’avoir leur premier enfant ? Bah se lancer dans la formation d’un élève, c’est trois fois pire. Mais c’est tout à ton honneur, hein…

Un bref instant, il envisagea de lui refiler Khamill. Comme ça. Parce que c’était une femme, donc leur relation avait moyen d’être sans doute plus productive que celle qu’il entretenait difficilement avec la jeune apprentie… Mais il repoussa cette idée, en réalisant qu’il avait donné sa parole. Il s’était engagé à la retaper et à en faire une envoleuse digne de ce nom. Et puis, à bien y réfléchir, lorsqu’il imaginait l’épouvantable petit épouvantail suivre les traces d’un autre que lui… il n’aimait pas ça. Inconcevable, ce trait de jalousie jailli de nulle part, n’est-ce pas ? Il soupira. Force était de constater que finalement, enseigner ce qu’il savait n’avait pas été qu’une perte de temps. Il suffisait de voir Kaünis et Syles se débrouiller pour s’en convaincre. Il n’avait fait que leur donner un bon coup de pied au cul, ils avaient fait le reste tout seuls, mais…

- On apprend beaucoup de ses élèves, admit-il enfin, alors que devant eux, les lumières du village mentionné par Lëroya trouaient l’obscurité qui s’épaississait à vue d’œil.

Celle-ci passa encore une fois sa langue sur ses lèvres. Un tic, comprit Gil, qui inscrivit malgré lui ce détail dans son esprit.

- Et toi ? Juste de passage par ici, je suppose ?
- Ouais.


Il prit le temps de s’étirer avant de préciser d’un ton las :

- Besoin d’argent.

Comme nous tous, je présume… Le vent forcit quand ils atteignirent les premières maisons de la bourgade. Modeste, elle possédait une auberge d’où s’échappait de la musique et des rires. Les deux envoleurs entrèrent dans un courant d’air froid et s’attirèrent immédiatement quelques regards curieux, mais l’établissement contenant son lot de voyageurs, chacun retourna à ses occupations et l’on oublia très vite les nouveaux venus. Gil marcha vers le comptoir, commanda une bière fraîche et se retourna pour s’accouder au bois mâtiné en attendant sa boisson. Une fois celle-ci servie, il attrapa sa chope et la choqua contre celle de Lëroya.

- Santé, part’naire, dit-il dans un clin d’œil, avant de boire une bonne rasade qui lui tira un soupir satisfait.

La voyant de nouveau tiquer, il décida de lancer la discussion dans cette direction.

- Pas habituée à travailler à deux ? Moi c’est pareil… mais je sais pas, j’ai tendance à toujours me retrouver avec des gens autour de moi. Avant je faisais de mon mieux pour les décourager. Ça n’a pas marché. Alors j’ai décidé d’économiser mon énergie et d’utiliser la leur pour régler les choses deux fois plus vite.

Il lui jeta un coup d’œil, essayant de deviner comment elle allait prendre son avis, cette fois ; n’allait-elle pas croire qu’il avait fait au plus vite pour se débarrasser d’elle ? Lui aurait-il proposer de venir ici, si cela avait été vraiment le cas ?

- Reconnaissons tout de même que boire seul vaut moins que boire accompagné. Tu tiens bien l’alcool, Lëroya ?

Sourire entre deux gorgées.

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MessageSujet: Re: [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]   Mer 25 Oct 2017, 20:58

J'ai très envie de lui dire que j'ai déjà eu des enfants, mais je laisse passer cette pensée sans la mettre en application. Après tout, je ne suis pas sûre qu'on puisse qualifier un simple accouchement de l'arrivée d'un enfant. A ce stade, c'est un - ou des - nourrissons, des poupons sans caractère ni distinction. Quand ils ne sont pas voulus, et que comme moi on les a abandonnés, l'expérience est incontestablement différente.
Je secoue la tête.

- On apprend beaucoup de ses élèves.
Intriguée par le ton de Gil, je tourne la tête pour lui jeter un coup d'oeil. Je me passe la langue sur les lèvres, indécise, avant de laisser tomber : après tout, il a le droit de penser lui aussi. Mieux : c'est définitivement intéressant qu'il le fasse !

* *

- Santé, part'naire!
Je souris en coin, et lève mon verre aussi. La bière est plutôt bonne, même si j'en ai déjà bu des meilleures. Mais l'établissement est plutôt joyeux, même si j'avoue que j'ai un peu de mal avec cette histoire de partenaire. Et ça n'échappe pas à l'Envoleur

- .. Avant je faisais de mon mieux pour les décourager. Ça n’a pas marché. Alors j’ai décidé d’économiser mon énergie et d’utiliser la leur pour régler les choses deux fois plus vite.
Intriguée, je le fixe plusieurs secondes. Ça me plait plutôt, cet état d'esprit.
- Se concentrer sur les résultats, c'est ça ? je demande, taquine.
- Tu tiens bien l’alcool, Lëroya ?
Je lui adresse un regard amusé et intéressé.
- Ça dépend la limite basse associée à "bien tenir l'alcool".. Mais j'éclate de rire. En fait, non, pas du tout. La bière, ça va, c'est plutôt léger, mais je vais me contenter d'une seule. Après, je passe à quelque chose sans alcool.

Je lui jette un coup d'oeil et me replace sur ma chaise. Posant mon menton sur ma main, le coude appuyé sur le bar, je lui envoie un regard par dessous mes cils.
- Quoi, tu veux me saouler ? je demande, taquine.

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MessageSujet: Re: [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]   Jeu 26 Oct 2017, 09:10

- Je me concentre sur le résultat, lui renvoya-t-il dans un clin d'oeil qui soulignait son trait d'humour. Mais je m'interroge. Pourquoi cette sage ligne de conduite ?



[Tout ça pour ça, merci Gilou... ! xD]

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MessageSujet: Re: [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]   Jeu 26 Oct 2017, 16:09

- Et pourquoi pas, hein ?
[Clin d'oeil ]

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MessageSujet: Re: [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]   Jeu 26 Oct 2017, 17:16

- D'accord, un point pour toi. N'empêche que se lâcher un peu, des fois c'est pas si mal. Après l'effort, le réconfort !

(boit une gorgée de bière et plisse les yeux)

Pas mauvaise mais j'ai connu mieux. Et sinon, à part être sage et tuer des gens par contrat, tu fais quoi dans la vie ?

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MessageSujet: Re: [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]   Jeu 26 Oct 2017, 17:19

- Oh, il y a pleins d'autres manières de se réconforter que de se retrouver saoul à en vomir son repas.

[ Plonge son regard dans le sien ]

- Je voyage. Je rencontre des gens. Je risque ma vie. Rien de bien transcendant quoi.

[ Prend une gorgée de sa bière ]

- Et toi ? Tu risques ta vie aussi ? Ou tu tentes plutôt de sauver ta peau ?

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MessageSujet: Re: [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]   Jeu 26 Oct 2017, 17:25

- Vomir ? Qui te parle de ça ? D'accord, j'ai connu mon lot de cuites et j'en suis qu'à moitié fier, c'est vrai. Mais boire un petit peu, s'enivrer juste assez pour profiter de l'instant présent, crois-moi, c'est plaisant !

(il réfléchit quelques secondes à la question de Lëroya, puis soupire)

Ecoute. On va dire que je risque des vies et que ma peau est trop solide pour que ce soit moi qui y passe. On va dire aussi que j'ai pas trop envie d'en parler.

Par contre, je parie ma part du contrat que je peux te battre à un jeu. Le Haman Lô, tu connais ?

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MessageSujet: Re: [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]   Jeu 26 Oct 2017, 17:27

- C'est vrai, pas besoin d'en arriver là. Cependant, c'est la perte de discernement qui ne me plait pas, et ça arrive plus vite qu'on ne le croit...

[ Le fixe quelques secondes ]

- Oh, tu veux vraiment t'essayer à ça ?

[ Sourit en coin ]

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MessageSujet: Re: [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]   Jeu 26 Oct 2017, 21:15

Gil répondit à la question de Lëroya seulement par un sourire. Mais il se retourna et frappa du plat de la main sur le comptoir.

- Haman Lô ! s’écria-t-il.

C’était comme un signal. Il fallait des spectateurs pour assister à un duel aussi rare, pour que l’essence même de ce jeu soit réelle ; sans eux, le Haman Lô ne serait pas ! Dans un raclement de chaises, tout le monde se leva. Effervescence, symphonie des cris de joie, des encouragements. Le gérant de l’établissement apporta le jeu tant attendu sur une table autour de laquelle les deux envoleurs s’installèrent. Comme ils se faisaient face, Gil voyait parfaitement bien le visage de la jeune femme, mais à cet instant-là il aurait été bien en peine de deviner son expression ! Espiègle, il leva sa bière dans sa direction et en préleva une gorgée pendant que le propriétaire de l’auberge rappelait les règles en quelques phrases brèves – et couvertes par le bruit des gens tout autour d’eux. Mais lorsque le plateau fut prêt, l’arbitre en tablier écarta les bras et alors, un silence de plomb s’abattit sur les deux concurrents. C’est à ce moment-là que Gil réalisa sa situation.

Il n’avait encore jamais joué au Haman Lô.


*


Une main derrière le dos, Gil regarda les pierres bleues et rouges qui jonchaient la table, puis le plateau qui n’attendait plus que d’être utilisé. Il n’avait jamais joué, d’accord, mais il avait tellement eu l’occasion d’assister à des affrontements avec ce jeu que c’était tout comme ! Frémissant d’excitation, il attendit que le sablier soit retourné pour se lancer. Il n’avait aucune idée précise en tête, mais en face de lui Lëroya bougeait vite et il ne s’agissait pas de se laisser distancer. De la rapidité et de la réactivité étaient nécessaires pour jouer, toutefois, et il avait pu le constater un nombre incalculable de fois, l’instinct était la pierre maîtresse du Haman Lô. Il fallait avoir foi en soi pour constituer en un temps record une figure qui surpasse celle de l’adversaire. Gil ne connaissait pas Lëroya. De quoi était-elle capable ? Non, ce n’était pas la question : de quoi était-il capable, lui ? Foutre des gnons ? D’accord. Ce n’était toutefois pas requis pour décrocher la victoire. Déconner. Ah, il se rapprochait mais ce n’était toujours pas ça. Que savait-il faire ? Véritablement faire ? Je suis un envoleur, songea-t-il, sa main volant au-dessus du plateau et frôlant parfois celle de Lëroya. Je sais prendre… mon envol. Oui, ça y est ! Un éclat brilla dans ses yeux dépareillés. Vif comme l’éclair, alors que le sable achevait sa chute inexorable, il réalisa sa figure finale.

Le maître aubergiste frappa dans sa main. Une salle entière se figea comme un seul homme. Il n’y avait plus un bruit, plus un mouvement. Juste le martèlement du cœur de Gil dans sa poitrine. Etonné par sa propre réalisation, il regarda l’aigle aux ailes déployées qui avait pris forme sur le plateau et qui, intensément bleu, semblait réellement prêt à s’envoler. Mais quand il leva les yeux vers la création de Lëroya, il comprit immédiatement qu’il avait perdu. Ses lèvres s’entrouvrirent, son regard étincela. Wahou. Il avait fait un aigle ? La belle affaire ! Elle, elle avait… Gil réussit à s’arracher à la contemplation de la figure rouge pour regarder le visage de l’envoleuse et un creux de sourire se forma dans sa joue. Il avait perdu, c’était évident – alors qu’il avait besoin d’argent. Pourtant il n’avait pas le goût amer de la défaite dans la bouche, pour la simple et bonne raison que sa victoire à lui, c’était l’expression ravie qui s’était dessinée sur les traits délicats de Lëroya. Il se dit que ça valait tous les échecs du monde.

- Bien joué, reconnut-il en tendant la main par-dessus le plateau pour serrer la sienne.

Il aurait dû la lâcher mais au lieu de cela, il retint ses doigts une poignée de secondes supplémentaires. Juste le temps de se pencher un peu en avant pour que son murmure lui parvienne au beau milieu de tout ce tintamarre :

- Mais j’me vengerai !

Il souriait toujours.

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MessageSujet: Re: [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]   Jeu 26 Oct 2017, 22:15

Je n'ai pas souvent joué au Haman Lô dans ma vie, juste quelques fois. Suffisamment pour que chacune de ces expériences ne soit gravées dans ma mémoire, lumineuses. Perdue dans mes pensées, je me souviens de cette fois où mon Maître m'avait battue à plate couture… Et la fois d'après où il s'était laissé avoir par ma figure.

Je me secoue quand j'entends le claquement des mains de l'aubergiste l'une contre l'autre, annonçant le début du jeu. Pourtant, je ne me lance pas tout de suite. Je regarde quelques secondes Gil qui lui aussi semble essayer de trouver une idée.
Un sourire étire mes lèvres, alors que mon regard tombe sur les scintillements des billes rouges. Une idée folle me traverse l'esprit.

Folle ?
Ça ne serait pas moi, si ce n'était pas le cas !

* *

Je devine sa figure quelques secondes avant que le sable ne termine sa course.
Quelques secondes. Mes doigts volent au dessus du plateau de jeu, je déplace quelques dernières pierres, mêle mon dessin au sien. Ma créativité m'a emportée aussi loin que mon imagination, les billes rouges scintillent, écho parfait aux bleues.  

Clap.

C'est terminé, et je lève mon regard vers Gil, une lueur espiègle dans le regard.
Son aigle est parfait.
Mon humaine ailée - les ailes se mêlent aux siennes, dans un battement de plumes rouges - y répond avec grâce. J'observe le bec et l'isométrie de l'animal, fier et puissant, aux serres scintillantes.  Son regard qui plonge dans celui de la femme aux courbes enroulées dans les pierres de rubis.

C'est beau.

- Bien joué. Je lève le menton vers Gil, le sourire jusqu'aux oreilles, les yeux brillants. Sa main ne me lâcha pas de suite, se penchant vers moi, proférant une demi-menace-amusante, avant de laisser retomber mes doigts.

Je ne me peux m'empêcher de relever le menton avec une expression amusée, demi-dédaigneuse, mais surtout malicieuse.
- Quoi, tu veux danser ?
Nouveau défi.
Nouvelle partie.

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MessageSujet: Re: [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]   Ven 27 Oct 2017, 18:10

D’accord, cette fois-ci c’était elle qui le défiait. Gil n’hésita qu’une fraction de secondes. Il repoussa sa chaise, se redressa, termina sa boisson sans jamais la lâcher du regard, puis sourit à nouveau – avec son sourire, celui qu’il ne forçait pas, qui lui donnait un air malicieux, presque enfantin tandis que ses yeux s’illuminaient d’une étincelle amusée. Je m’amuse, comprit-il, sidéré, tandis que Lëroya et lui quittaient la table et se frayaient un chemin parmi la foule. Qui eut cru qu’il pouvait y avoir autant de monde dans ce coin paumé ? Qu’après tout ce qu’il avait traversé, tout le sang, toutes les larmes versées il puisse exister encore une lumière en lui ? Gil était le premier étonné, mais d’après lui, ce ne pouvait pas être tout à fait anodin. Il avait découvert en Lëroya non pas un divertissement mais le souffle, l’inspiration, l’élan qui lui manquait pour cela. C’est vrai, au début, quand il l’avait rencontrée dans sa piaule, à la ferme, il n’avait pas pu s’empêcher de jouer un rôle. D’enfiler ce fichu manteau un peu trop élimé par le temps et l’usure. Et puis, ensuite, ils avaient galopé après un troupeau de vaches. En riant comme des gosses. Question plan de séduction il y avait mieux ! Fallait-il en conclure qu’il n’était pas en train de la séduire ? Hé ho, n’allons pas complètement enterrer cette idée sympa !

- Je… J’ai aucune idée de comment on danse là-dessus, avoua-t-il dans un rire franc.

Les quelques musiciens qui donnaient le ton avaient entamé un air enjoué qui faisait penser à une gigue. Face à Lëroya, Gil se mit à se déhancher un peu maladroitement – et franchement au hasard, il fallait le reconnaître. Mais il regardait autour de lui et observait les autres danseurs ; au bout d’un moment, il commença à entrevoir une certaine logique de pas qui revenaient régulièrement. Il se mit à les reproduire en se mordillant la lèvre inférieure, concentré sur ce qui était l’apprentissage le plus fantasque de toute sa vie d’envoleur. Un petit bout de femme, tout en rondeur et en rides de gentillesse, lui attrapa soudain le bras pour l’entraîner dans une série de pas bien plus complexes. Quelqu’un poussa un sifflement amusé, repris par quelques cris d’encouragement. Gil s’employa à faire tourner sa drôle de cavalière, s’emmêla les pieds, reprit le fil de la danse et se laissa emporter. Il fallait changer de partenaire tous les vingt pas environ. C’était vraiment une épreuve de force qui le laissait en nage et essoufflé, mais pour rien au monde il n’aurait abandonné ! Ragaillardie par ses propres progrès, Gil fit virevolter toutes ses cavalières -  et frappa avec force et vigueur le bras des autres cavaliers.

Vint le moment où il retrouva Lëroya. Un sourire taquin se dessina sur les lèvres de Gil, alors qu’il la regardait bouger avec un mélange de puissance et de félinité ; il se plaça derrière elle, la fit pivoter… et se mit à improviser. Ce n’étaient plus les pas de la gigue qu’il venait d’apprendre, c’était… ses pas à lui. Désordonnés, un peu, et complètement délurés – mais avec une certaine grâce qui plut indéniablement. Conscient des capacités cachées de sa compagne, Gil souleva Lëroya et la fit tourner, puis il la récupéra dans ses bras. Au milieu des cris, de la musique et de la chaleur, il se perdit un instant dans la couleur de ses yeux. Cruelle, sa mémoire choisit ce moment précis pour lui rappeler une autre danse, dans un autre lieu, à une autre époque… et avec une autre femme. Gil se figea quand son regard plongea dans celui, doré et aveugle, de Naïs. Il cligna des yeux, l’image disparut dans cet intervalle, remplacée par une Lëroya évidemment un peu étonnée. L’envoleur se redressa, soudain très raide. Il parvint à achever la danse sans véritablement être dans le temps et, quand la musique s’interrompit enfin, il en profita pour faire diversion.

- J’en peux plus, haleta-t-il. Besoin d’une pause… Tu veux boire quelque chose ?

De fait, ils étaient l’un et l’autre à bout de souffle ; voir Lëroya dans cet état le rendait tout chose. Il ne put empêcher son imagination de lui envoyer les images d’une autre activité qui les ferait tout autant transpirer, et il eut la terrible envie, soudain, de cueillir du bout de sa langue le sel qui scintillait sur ses tempes. Enfer, à ce train-là, il lui fallait une sacrée dose d’alcool, sinon il n’allait pas tenir le choc…

- Je te laisse m’inviter pour la bière, mais j’insiste pour offrir la deuxième tournée. A quoi on se saoule ? Sirop de framboise ou nectar de pêche ?

Il souriait, mutin, mais quand elle fit son choix, il oublia son envie d’alcool pour commander la même chose qu’elle. Ce n’était pas tous les jours qu’il se prenait une branlée au Haman Lô, puis dansait comme un fou et buvait une « boisson sage » ! Il pourrait même s’y faire, pensa-t-il en s’asseyant à sa place. Il était encore secoué par les tours sadiques de son imagination, et il craignait que le pincement au cœur persiste toute la soirée, mais il comptait bien retrouver sa bonne humeur. En compagnie d’une fille comme Lëroya, ce n’était pas très difficile…

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MessageSujet: Re: [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]   Ven 27 Oct 2017, 19:10

La gigue.
Mais dans quel pétrin je viens de me fourrer ? Je secoue la tête, fatiguée par moi-même. Mais au final, pourquoi pas ? C'est pas très "exclusif" comme danse, certes, mais j'ai juste proposé de danser, rien de plus, rien de moins. Alors je peux largement me contenter de ça, et puis au moins ça va nous fatiguer un peu !
Et alors qu'une femme rondelette attrape Gil pour lui montrer les pas basiques, puis plus compliqués, un homme vient m'aborder pour commencer la danse.
C'est amusant de changer de partenaire comme ça. J'avoue que j'ai un peu de mal ; dans mon esprit et ma pratique, ce n'est pas exactement les mêmes gestes. J'ai une conscience aigüe de mes mains et des mouvements des hommes autour de moi. Cependant, pas un geste déplacé ne vient me renvoyer à mes souvenirs ; et je commence à être un peu plus à l'aise.

Jusqu'à ce que mon partenaire laisse sa place à Gil. D'un regard, on s'accorde ; et je sens venir l'improvisation. Riant aux éclats, je me laisse portée par les pas de l'Envoleur et y ajoute ma touche folle. On danse, on saute, on tourbillonne. On s'amuse et on rit…
Enfin.
Il y a ce moment où je sens que d'un coup, quelque chose se passe dans sa tête. Un souvenir, ou autre chose, sans doute, et la connexion entre la musique, lui, nous, se rompt presque brutalement.

Je n'ai pas besoin de savoir, et pourtant ça m'intrigue. Il y a un voile triste qui s'est déposé dans ses yeux. Celui d'un souvenir chéri mais lointain, paré de tristesse et… funeste. Je me mords la lèvre, alors que le morceau se termine enfin.

- Je te laisse m’inviter pour la bière, mais j’insiste pour offrir la deuxième tournée. A quoi on se saoule ? Sirop de framboise ou nectar de pêche ?
Mes yeux se lèvent vers le plafond, mais je souris. Allez, enlève-moi ce truc de tes yeux mon vieux. Moi, je suis là pour m'amuser, et toi aussi !
- Mmm. Non, je vais pas te dire… Je vais te faire goûter !

Une lueur malicieuse dans le regard, je me penche par dessus le bar pour faire venir le serveur jusqu'à moi et lui glisse à l'oreille, ce que je veux. Il me regarde avec un regard à la fois surpris, amusé et espiègle. Je hoche la tête : on est sur la même longueur d'onde !
Me redressant, je m'assois sur l'un des tabourets hauts et tourne mon regard vers Gil.
- Mets de côté les souvenirs douloureux pour ce soir, mon vieux. Tu sais que tu es vachement bien conservé ? Je lui adresse un clin d'oeil, et je passe inconsciemment ma langue sur mes lèvres. Mais je me secoue, parce que les boissons viennent d'arriver.

J'adore le dégradé du blanc au marron cassé au caramel soutenu, c'est à la fois trois couches distinctes et un peu mélangées. Sur le dessus, il a fait ça bien : un peu de crème, saupoudrée de poudre de cacao, et de quelques grains de gros sucre roux.
- Pour bien comprendre, il faut que tu boives trois bonnes gorgées. Tu vas voir.
Je souris, mais je donne l'exemple. Posant ma bouche sur le bord du verre, je plonge mes lèvres dans la crème et prends une première gorgée.
Le lait mousseux brûlant glisse dans ma gorge, avec sa touche vanillée. Deuxième gorgée, un punch salé et épicé, le liquide très épais - presque une mousse - au goût de gingembre prononcé emplit ma bouche et s'étale sur ma langue, tirant des frissons de délice à mes papilles. Troisième gorgée, et le caramel chaud, liquide, salé, apaise le feu de l'épice et s'empare de la langue, coule dans l'oesophage.

C'est divin.
J'ai fermé les yeux pour apprécier chacune des couches de cette boisson absolument parfaite. Quand je les rouvre, je tourne mon regard vers Gil qui me fixe, et je ne peux pas m'empêcher d'avoir un sourire en coin. D'un mouvement du menton, je lui désigne son verre qu'il n'a pas encore entamé.
- Allez, essaye ! C'est… divin ! Je commence… Éclate de rire. Et un peu épicé. Ne recrache pas après la deuxième gorgée, prends bien la troisième !  
Je ramène mon verre à mes lèvres pour me délecter encore de la boisson. C'est trop bon.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]   Ven 27 Oct 2017, 20:22

Qu’est-ce que je disais ? sourit Gil en se levant de bonne grâce pour suivre Lëroya jusqu’au comptoir. Intrigué, il la regarda chuchoter sa commande à l’oreille du serveur, et il ne sut pas trop comment interpréter la mine amusée de celui-ci. Est-ce qu’elle va me droguer pour me violer ? Le pire, c’est que ça ne le dérangeait pas particulièrement ! Fallait-il qu’il soit perturbé à ce point pour envisager des choses pareilles ? Perplexe, il se pencha légèrement pour observer le serveur en pleine préparation de leur boisson. Distrait – c’est du lait ?? – il rata un bout de sa phrase, mais son cerveau capta une formule qui le fit soudain se redresser sur son tabouret. Vachement bien conservé ? Hey, c’est bien ça, hein ! - - elle a aussi dit « mon vieux », mec, intervint sa bêcheuse de conscience. Lui avait pas manqué celle-là, tiens. Gil plissa les yeux et sonda un instant le regard malicieux de Lëroya. Il ne savait pas toujours si elle plaisantait ou bien si elle était sérieuse. C’était déstabilisant… et ça lui plaisait drôlement. Mais sans doute moins que ce petit coup de langue sur ses lèvres, comme là, à l’instant – bon sang, refais-moi ça !

L’arrivée de leurs boisson empêcha que le tic de Lëroya ne lui détruise un neurone supplémentaire. Gil regarda son verre aux couleurs partagées, qui allait du blanc au marron foncé selon des strates bien distinctes. Il se pencha, tapota sur le verre, intrigué. C’est quoi ce truc ??

- Pour bien comprendre, il faut que tu boives trois bonnes gorgées.
- Quoi ?
- Tu vas voir.


Gil leva les yeux juste à temps pour la voir porter son verre à ses lèvres. Il vit sa gorge monter et descendre, avaler une première gorgée tandis qu’elle fermait les yeux pour mieux savourer le liquide étrange. Deuxième gorgée. Cette fois, sa main qui était restée posée sur le comptoir tressaillit légèrement. A la troisième gorgée, elle laissa échapper un gémissement léger qui retourna le cerveau de Gil. Il attendit, suspendu à ses lèvres encore humides, qu’elle ouvre les yeux et désigne son propre verre :

- Allez, essaye ! C’est… divin !

Bon… Gil attrapa son verre et l’approcha de ses lèvres, mais il se figea quand Lëroya éclata de rire.

- Et un peu épicé. Ne recrache pas après la deuxième gorgée, prends bien la troisième !

Il était déjà piégé par un univers étonnant d’effluves qui montaient à ses narines. Du caramel, du chocolat, devina-t-il, et… Allez « mon vieux », lance-toi ! Encouragé par le regard appuyé de sa compagne, Gil soupira, prit son courage à deux mains et avala une première gorgée. La mousse était onctueuse, le soupçon de vanille, souligné par le goût amer et le pétillement du sucre, lui procura une sensation de bien-être qui le poussa à avaler presque aussitôt une deuxième gorgée. Oh bon sang... !!! Surprit, il bloqua sa respiration un bref instant, mais il se rappela la recommandation de Lëroya et s’obligea à faire glisser une rasade épicée dans sa gorge. La troisième gorgée maintenant, songea-t-il en rejetant la tête en arrière. Il ferma les yeux à son tour pour mieux en apprécier la saveur. Et il apprécia. Ooooh, oui ! La douceur du caramel, après le feu surprenant du gingembre, était un délice qui affola ses papilles.

- Enfer, marmonna-t-il en rouvrant les yeux pour inspecter son verre d’un peu plus près, c’est bon ce truc ! Comment ça s’appelle ?

Il n’attendit pas la réponse et s’envoya trois gorgées supplémentaires, appréciant franchement l’étonnante émulation qui se produisait quand les trois niveaux de la boisson s’enchaînaient dans sa bouche. Il ne se rendit pas compte que le voile de tristesse avait quitté son regard, ne laissant plus qu’une joie singulière ; il aimait les découvertes. Celle-ci était excellente !

- Termine ton verre, moi aussi je veux te faire goûter quelque chose.

Ils prirent tout de même le temps d’apprécier cette délicieuse boisson, émaillant leur dégustation de quelques paroles échangées – quand ce n’était pas des rires à gorge déployées. Les musiciens avaient repris leur farandole et parmi les danseurs se cachaient de joyeux drilles qui assuraient une ambiance amusante et détendue. Puis ce fut au tour de Gil de se pencher par-dessus le comptoir, mais là, le serveur hocha la tête et lui fit signe de le rejoindre. L’envoleur décocha un clin d’œil à Lëroya et passa de l’autre côté.

- Alors ma p’tit dame, s’exclama-t-il en exagérant sa voix et son accent, on passe une bonne soirée ?

Tout en lui parlant, il s’activait avec efficacité, attrapant de nouveaux verres et tout ce qu’il lui fallait pour réaliser sa préparation. Sa boisson s’inspirait de celle qu’elle venait de lui offrir, puisqu’elle contenait aussi du gingembre – mais aussi une touche de piment qu’il dénicha en farfouillant un peu, et à cela, il ajouta un peu de pêche pressée ainsi qu’une larme de liqueur de rougeoyeur. Le résultat était d’une fraîcheur étonnante, et à l’envolée pimentée répondait une touche de douceur sucrée qui ne laissait jamais indifférent.

- Ferme les yeux, demanda Gil en attrapant le verre qu’il venait de remplir.

Il attendit qu’elle ait obéit pour tremper le bout de son pouce dans la boisson et effleurer les lèvres de la jeune femme. Il sourit quand elle rouvrit les yeux, surprise, et se justifia aussitôt :

- Pardon, j’avais envie de revoir ce petit bout de langue. Tiens.

Il approcha cette fois le verre de sa bouche et la regarda prendre une gorgée prudente.

- On appelle ça le Petit Frisson.

Il but à son tour, dans le même verre puisqu’il n’en avait préparé qu’un seul, et hocha la tête. Pas mauvais. Plus audacieux que ce qu’elle lui avait fait goûter, moins surprenant cependant, c’était franchement agréable au beau milieu de cette agitation étouffante !

- Tu aimes ?

Coup d’œil malicieux.

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MessageSujet: Re: [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]   Ven 27 Oct 2017, 21:54

Je ne peux pas m'empêcher d'éclater de rire devant sa mine quand il boit ses trois gorgées. Mais ça a l'air de lui plaire, et il me le confirme d'un ton très enthousiaste ! Je me mords la lèvre pour ne pas éclater une énième fois de rire. Ça fait vraiment longtemps que je n'ai pas passé une aussi bonne soirée !
- On appelle ça "L'appel des sirènes" mais très peu d'établissement savent le faire correctement. Ici, il est parfait !

Je sirote le contenu de mon verre. C'est tellement agréable d'être ici, et d'avoir une conversation badine. Et de s'amuser. L'ambiance est bonne, la musique entraînante et la compagnie… Intéressante. Oh que oui !
Je me moque gentiment de Gil quand il passe de l'autre côté du comptoir.
- Alors ma p'tite dame, on passe une bonne soirée ?
Je glousse un instant, avant de poser mon coude sur le comptoir et mon menton sur la paume de ma main, dans une pose lascive, le regard franchement amusé de la situation.
- Ça fait très longtemps que je n'ai pas assez une aussi bonne soirée, oui ! Je me passe la langue sur les lèvres, un sourire dans le creux de la joue. Et vous gent damoiseau ? La soirée est bonne ?

Je l'observe alors qu'il s'active sur son cocktail maison. Il est mignon, à être à la fois très concentré et à essayer de faire comme si c'était normal. Mon regard glisse sur son visage buriné par le soleil - et le poids des épreuves. Il a un charme fou, il faut bien l'avouer, et ses yeux dépareillés viennent ajouter une touche de malice à son expression.
- Ferme les yeux.
Il me faut quelques secondes pour détacher mon regard de ses lèvres, et me secouer doucement. Oups, je me suis laissée emporter. Je lève les yeux pour croiser les yeux et souris. Bon, je risque pas grand chose, alors je ferme les paupières et attends de voir..
Une caresse légère et humide me fait sursauter et j'ouvre brusquement les yeux, avant de me rendre compte que ce n'était qu'un pouce. Ouf. Sauf que je sens que tout mon corps réagit à ce contact inopiné. Je secoue un peu la tête, lui lance un regard frondeur quand il se justifie, et je passe cette fois-ci délibérément très lentement ma langue sur mes lèvres, avant de planter mes dents quelques secondes dans ma lèvre inférieure.

J'attrape le verre avec curiosité : je me demande bien ce qu'il m'a préparé !
La gorgée qui descend dans mon estomac est à la fois piquante, ronde et presque sucrée. Un mélange étonnant qui contracte mes papilles de contentement. Je ferme les yeux et serre les paupières par réflexe.
- On appelle ça le Petit Frisson. Tu aimes ?
Je prends le temps de saisir les goûts qui restent en bouche avant de répondre. Et de le regarder, lui, avaler une gorgée - dans mon verre !
- Hé ! C'est pas censé être pour moi ?! je râle en souriant, et attrape le verre dans ses mains. Avant d'avaler son contenu entier cul sec. Ça brûle, ça pique, ça gratte le fond de la gorge, mais c'est trop bon.

Et puis, une idée débile me traverse l'esprit.
Je plante mes orteils sur le repose-pied du tabouret sur lequel je me tiens et me penche par dessus le bar pour happer les lèvres de Gil. Une seconde. Et puis, je les lappe. Une autre seconde.
Et je m'assois, me léchant les lèvres, une lumière amusée - et mutine - dans les yeux.

- Je voulais pas en perdre une goûte ! je lance pour me justifier. Mais je ne lui laisse pas le temps de prendre les devants de quoi que ce soit. Me mordant la lèvre, je me lève gracieusement et me faufile dans la foule…

Pour danser !

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MessageSujet: Re: [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]   Sam 28 Oct 2017, 00:15

- Hé ! C’est pas censé être pour moi ?!

Gil prit le temps de s’enfiler une autre gorgée avant de lui retourner un sourire amusé. Voilà qui répondait à sa question ! Mais alors qu’il s’apprêtait à la taquiner davantage, Lëroya se pencha soudain par-dessus le comptoir, brisant la distance invisible qui les séparait encore, et il sentit soudain son souffle chaud et rapide contre sa bouche. Puis sa langue sur ses lèvres. Rapide, insaisissable – déjà partie. Sonné, Gil mit plusieurs secondes – à moins que ce ne soit des années ?? – à réaliser qu’elle s’était éclipsée.

- Hé !!

Au lieu de perdre quelques précieuses secondes à faire le tour, il lança ses jambes par-dessus le comptoir et fendit la foule pour rattraper l’envoleuse. Il se dressa devant elle et la regarda bouger au son d’un violon solitaire ; sa gestuelle ne ressemblait à aucune autre, elle était en marge des autres danseurs, comme si elle se plaisait à avancer à contre-courant, comme si le sens commun du monde n’avait pas d’emprise sur elle. Belle, rebelle, et dans ses yeux, cette étincelle… Gil se prit de plein fouet ce regard amusé et provocateur. Mais il n’était pas en reste et il comptait bien le lui prouver dans la seconde. Il se passa la langue sur les lèvres, lentement, imitant son tic à la perfection et goûtant le soupçon de pêche et d’épices qui y subsistait. L’atmosphère changea. Ce fut infime, et il est probable que tous ces gens qui les entouraient ne saisirent pas la différence qui, aux yeux de Gil, était énorme. Il sentit vibrer cette tension soudaine, indéniablement sexuelle, palpable dans l’air qui les entourait ; le désir s’enflamma sans fioriture, brut, violent, terriblement excitant. Le violon enchaîna quelques notes qui le poussèrent à se mouvoir enfin. Pas comme tout à l’heure, quand il jouait comme un enfant et réalisait des gestes totalement aléatoires ; cette fois-ci, il semblait parfaitement maître de ses mouvements même si son audace, et surtout le creux de sourire dans sa joue, brisait toute forme de sérieux mal venu.

A quoi bon l’être de toute façon ?

Attentif à la musique et à la chorégraphie imprévisible de Lëroya, il se glissa derrière elle et posa les mains sur sa taille. C’était un geste naturel, absolument pas déplacé dans la mesure où, ainsi, il pouvait accorder son rythme au sien. Mais elle était si près de lui qu’il sentit tout son corps se tendre. Il ferma les yeux. Accepter de lâcher prise, de se laisser aller. C’était si bon. Pour l’instant, il ne pensait pas à la suite. Il n’y en aurait peut-être pas et il s’en fichait pas mal – même si ce serait franchement dommage… Parce que tout ce qui comptait, c’était le putain de son de ce violon qui tremblait dans l’air, et contre lui, le corps de cette fille qui ne se prenait pas la tête. Depuis combien de temps n’avait-il pas baissé les armes ? Cessé de lutter contre l’impossible ? Ce soir, il avait l’impression de se dévoiler. De se montrer tel qu’il était, tout au fond, loin derrière cette armure de souffrance, de mystères, de violence. C’était peut-être un leurre, d’accord. Sans doute une tentative d’évitement à la con. Et puis zut, tant pis, s’il pouvait juste en profiter un peu, même quelques minutes, eh bien il allait le faire.

Il la fit pivoter, elle le fit rire en exécutant un mouvement comique, et de nouveau frémir en le frôlant. Cette femme était démoniaque ! Elle provoquait chacun de ses sentiments avec une facilité déconcertante, s’amusait de le voir s’amuser, ricochait avec son désir, toujours insaisissable ; il la laissa faire. Il ne pouvait pas nier qu’elle lui faisait de l’effet quand elle dansait dans cette lumière tamisée, enfumée de rires, résonnante de tabac dans l’écho enjoué d’un violon et le timbre d’une voix qui venait de s’y mêler. Perdus au milieu de la foule, on aurait du mal à se rappeler qu’ils étaient des tueurs, des soldats de l’ombre, des envoleurs. C’étaient juste une fille et un garçon qui se trouvaient là et qui, enivrés par quelque chose d’un peu plus fort que l’alcool, dansaient comme s’ils se fichaient pas mal du monde.

Ils se fichaient pas mal du monde.

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MessageSujet: Re: [-18] Mulier homini lupus est [PV Gil]   Sam 28 Oct 2017, 00:34

Coup de langue en réponse à la provocation.
Je m'en amuse, laisse ma tête basculer en arrière dans un rire. Lointain, le rire. Je sens l'atmosphère changer, l'ambiance se muer en quelque chose de plus primaire, de plus séducteur ; on ne se prend pas la tête. Et j'ai envie de jouer.

On s'y perd, dans la partie.
C'est électrique et c'est chaud, c'est doux et piquant ; comme les boissons, les nuances se suivent, ne se ressemblent pas, se complètent. Quand ses mains se posent sur ma taille, je l'entraine dans quelques pas tourbillonnants. Mais ce corps, contre le mien, chaud… Séducteur et pas impérieux du tout.
Ça change tellement. C'est vivifiant ; et je me sens sauvage et libre.
Indomptable mais intriguée, je me laisse approcher. Je tend mon attention, je vogue le long de ce corps que j'explore de mes doigts, légers, devinant ce qui se cache - même si je l'ai déjà vu ce matin - sous les vêtements.

Ce n'est pas un jeu à sens unique, loin de là.
Et c'est presque nouveau. Insaisissable, joueurs, il n'y a aucune promesse, aucune attente. Juste deux personnes qui s'amusent, découvrent, dansent et partagent un moment. Je me laisse aller, jusqu'à ce que mon souffle accélère un peu trop ; jusqu'à ce que ma peau soit entièrement recouverte d'une couche de sueur ; jusqu'à ce que son front luise aussi dans la lumière chiche de la salle.
Jusqu'à ce que les violons se muent dans des sons plus délicats, plus lents. Et alors que la musique descend dans des rythmes plus languissants, je fais un pas en arrière.

- Il fait trop chaud ici…
Je plonge mon regard dans celui de Gil. J'essaye de retenir mon tic, avec peine. J'éclate de rire, ondule des hanches en me glissant dans la salle, sort par la porte principale pour me retrouver dans la fraîcheur de la nuit. Quelques grillons chantent encore dans le lointain, accompagnés par les cigales.

Je ne me retourne pas.
Parce que je sais qu'il est là. Il est aussi silencieux que moi, mais je sens sa présence. Mon coeur se calme alors que je m'éloigne du village, mais pas trop. Je pense quand même aux prédateurs d'Astariul.
Et puis, sans crier gare, je me laisse tomber dans l'herbe.
Assise en taille, je prends une profonde inspiration, et laisse mon regard glisser sur l'horizon. Un sourire s'accroche à mes lèvres alors qu'un frisson remonte le long de ma colonne vertébrale.

Mais… Quand il s'asseoit à côté de moi, je ne résiste pas à mes pulsions… enfantines.
Je me lance dans une roulade, laisse vriller mon corps pour partir en roulés-boulés jusqu'en bas de la pente, dans un immense éclat de rire ponctué par chacun des tours que je fais sur moi-même.
J'arrive en bas à bout de souffle, m'arrête avec les bras écartés, les yeux plongés dans le ciel.

Je reprends mes esprits au moment où une masse vient pour me percuter brusquement.

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