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Le Pacte VS L'Ordre
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 Pas un pour rattraper l'autre [Tsukia]

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Pas un pour rattraper l'autre [Tsukia]   Sam 16 Déc 2017, 17:40

Gil courait.

Il sentait le moindre muscle de son corps sollicité par l’effort, la plus petite contraction nerveuse qui lui donnait assez d’impulsion pour parcourir une distance relativement longue en un temps relativement court. Sous ses pas les feuilles d’automnes figées par la dernière gelée matinale craquaient en silence ; il se déplaçait vite et discrètement. Deux concepts difficiles à lier mais, pour un homme comme lui, c’était aussi simple que respirer. Tiens, d’ailleurs son souffle était erratique, saccadé, ce qui signifiait qu’il courait depuis longtemps déjà. En témoignait également la sueur qui perlait à ses tempes et collait quelques mèches sur son front. Un léger nuage blanc se formait devant ses lèvres : il faisait froid, pourtant la course le maintenait dans une bulle de chaleur qui empêchait l’air glacial de l’atteindre. Son arc à la main, il louvoyait entre les arbres, glissant dans les nappes de brumes qui s’enroulaient autour des troncs ; il était sûr de la direction qu’il suivait et sa foulée n’était pas marquée d’hésitation quand il quitta le sentier pour s’enfoncer dans le sous-bois. Il sentait qu’il n’était plus très loin. Comment ? L’instinct, probablement… En l’occurrence, c’était celui d’un prédateur s’apprêtant à fondre sur sa proie. L’excitation dilatait ses pupilles et lui faisait serrer convulsivement les doigts sur le bois dur de son arme.

Enfin, au sommet d’un talus surmonté d’un épais buisson de houx, Gil s’arrêta. Il s’accroupit pour dissimuler sa présence à l’animal qui avançait doucement dans la clairière, en contrebas. Sans le quitter des yeux, l’envoleur tira une flèche de son carquois et l’encocha dans son Perce-Vent. Le bois sombre, d’origine faëlle, était gravée à la base d’une inscription taillée avec application : Folie et Liberté. Deux mots forts, surtout le deuxième qui n’était pas sans rappeler… L’archer posa un genou à terre et banda son arc. Il ramena la corde jusqu’à sa joue, éprouvant la formidable torsion de l’arme qui n’était guère maniée par plus de quinze hommes dans tout l’empire, et prit une profonde inspiration. Son cœur cognait dans sa poitrine. Là-bas, à une centaine de mètres, l’animal évoluait lentement. Un rayon de soleil qui traversa la brume tomba sur son pelage de neige et d’encre, révéla sa beauté dans l’éclat de son poil et sa puissance en soulignant ses muscles qui jouaient sous sa peau. C’était un tigre magnifique. Il devait peser bien plus de trois cents kilos. Trois cents kilos de muscles, de force brute et sauvage, de griffes et de crocs. Gil visa soigneusement.

Soudain, il sentit son cœur faire un drôle de bond dans sa poitrine. Une seconde folle se figea dans le temps, interrompant le rythme parfait d’un cycle éternel ; Gil baissa lentement son arme. Le tigre s’arrêta à son tour. Sa queue fouetta l’air. Il leva la tête et regarda dans la direction où se trouvait l’envoleur…

… alors, celui-ci se réveilla et ouvrit les yeux.


*


Un rêve… Allongé dans son lit, Gil soupira. Il se rappelait occasionnellement de ses rêves, mais jamais avec une précision telle qu’en ce moment ; pourtant il n’était pas certain de comprendre… il se demandait déjà comment il pourrait être assez fou pour prendre en chasse un tigre aussi grand. Et ensuite, comment il pourrait être assez abruti pour ne pas décocher sa flèche, au risque de se faire repérer – ce qui s’était justement produit. Et s’il n’avait pas ouvert les yeux ? Se serait-il fait dévorer ? Le rêve serait-il devenu cauchemar ? Nouveau soupir. A quoi bon ruminer sur ce qui n’était pas réel ? C’était se rajouter un lot de souci, rien de plus. Et rien de moins. Agacé, Gil se leva dans le noir, son corps nu aux muscles fins et déliés se mouvant sans effort. Il se servit de l’acuité de ses sens pour atteindre la commode et plongea les mains dans l’eau glacée de la vasque afin de se la passer sur le visage. L’esprit plus clair, il fit une rapide toilette avant de grignoter, davantage par habitude que par réelle nécessité, les foutues plantes médicinales de Syles. Il n’en restait presque plus, toutefois, sans parler de nouvelle dépendance, il devait reconnaître qu’il s’était habitué à leur goût amer. L’Anarysine avait quitté son organisme et son corps ne la réclamait plus. Quand il effleura la chair tendre de ses poignets, il ne trouva pas la boursouflure qui lui avait longuement tenu compagnie lorsqu’il avait recours à cette drogue.

Cela ne signifiait pas qu’il était tiré d’affaire. Pour ce qu’il en savait, rien ne l’empêchait de plonger à nouveau. Pire : plus rien ne le protégeait de la noirceur qui habitait son âme. Pour l’heure, la Bête dormait tranquillement, mais il savait pertinemment qu’une étincelle pouvait suffire à déclencher le plus violent des incendies. Récemment, il avait prouvé que son mental était assez puissant pour ne pas le faire basculer totalement dans l’ombre, et pourtant il ne pouvait s’empêcher d’être inquiet. Il ne se croyait pas capable de résister très longtemps et il craignait qu’un jour ou l’autre, sa folie explose pour de bon. Il s’habilla rapidement, sachant très bien qu’en dépit de l’obscurité la nuit touchait à sa fin ; à l’approche de l’hiver, Gwendalavir voyait ses jours bien raccourcis. Gil attrapa ses affaires et quitta la chambre qu’il avait louée pour la nuit. Il faisait trop froid pour qu’il ne cède pas à l’envie de dormir dans un lit chaud. Dans la salle commune, il accepta le thé fumant que l’aînée des filles du tenancier lui proposa. Il ignora son air énamouré, avala sa boisson debout et décampa sitôt sa tasse reposée. Tout avait été réglé la veille, mais à en juger par l’expression de la jeune femme derrière le comptoir, il aurait très bien pu partir comme un voleur…

Mais ce fut l’envoleur qui prit le dessus lorsqu’il découvrit, en entrant dans l’écurie, la stalle vide de Chante-Brume. Il lâcha ses affaires et se retourna vivement pour saisir le palefrenier à la gorge. D’un geste brusque, il le plaqua contre le mur.

- Où est-elle ? demanda-t-il d’une voix sourde.

Son beau regard vairon était bien plus foncé qu’à l’accoutumée. Il réalisa soudain qu’il était en train d’étrangler un garçon à peine adulte et que sa réaction était sans doute exagérée. Brimant sa colère, il serra les dents tout en reposant le pauvre bougre par terre.

- Alors ?
- J-je n’en sais rien m’sieur… j’vous jure, j’suis rentré ce matin dans le box pour donner la ration du matin et… et vot’jument n’était plus là !
- Tu n’as rien vu, rien entendu ?
- Rien du tout ! M-mais la porte… elle était pas fermée quand je suis arrivé. J’ai pensé qu’c’était mon père qui s’était levé plus tôt.


Gil se détourna du gamin effrayé pour s’approcher de la porte d’entrée. Il examina la serrure. Si elle avait été crochetée, cela n’avait pas laissé de traces. Il soupira. Voilà qui allait encore repousser son retour auprès de Mak… Un coup d’œil en direction de la superbe selle neuve et atypique, posée sur ses sacs, acheva d’assombrir son humeur. Porter ce truc allait sérieusement le gonfler.

- Je… je peux vous dédommager, osa le palefrenier en prenant son courage à deux mains.
- C’est bon, marmonna Gil. Garde ton argent pour t’acheter une meilleure serrure.
- Non, je veux dire, j’ai un cheval pour vous si vous voulez.


La colère de Gil retomba un peu.


*


La jument rouanne au caractère indécrottable s’appelait Frénésie. Elle était épouvantable. Gil avait d’abord pensé à un mauvais débourrage, mais il avait vite découvert qu’il s’agissait de l’exact contraire : cette petite péronnelle était parfaitement bien dressée, elle était seulement bien plus maligne que toutes les montures qu’il avait pu croiser dans sa vie et elle se faisait un plaisir de le mettre dans tous ses états. Il lui fallut des nerfs d’acier pour maîtriser ses cabrioles, et surtout faire appel à toute son expérience de cavalier. Encore une bonne raison de retrouver SA jument ! « Elle est bien moins pète-boules que toi », ne cessait-il pas de maugréer, oubliant qu’il avait déjà rabâché ces paroles quand il avait rencontré Chante-Brume… Néanmoins, à force de ronchonner, il ne vit pas le temps passer. Il franchit la Passe de la Goule sans difficultés, repéra les traces d’un chariot dans la terre humide et les suivit jusqu’à rattraper le convoi. Il s’agissait d’une charrette bâchée tirée par un cheval de trait et de trois cavaliers. Gil brida sa fureur, qu’il savait dictée par la Bête, et contourna habilement ses proies afin de les attendre un peu plus loin. Il avait choisi un espace dégager, un genre de vallon creusé entre deux petites collines herbeuses ; juché au sommet de l’une d’elle, Gil s’installa tranquillement Il assembla les parties de son Perce-Vent puis posa un genou à terre, banda son arc et visa le premier cavalier. Aucune envie de discuter pour récupérer son bien, qui se trouvait être la monture de sa première cible ; il allait faire ça proprement et efficacement, récupérer sa jument puis filer vers la jungle d’Hulm. C’est alors qu’il reconnut la personne qui montait Chante-Brume. Il laissa un juron s’échapper dans un murmure, baissa son arme et se redressa lentement.

En bas, Tsukia Til’Werin leva la tête dans sa direction.


[Bon, voilà, c'est cadeau et c'est juste pour Tsukia Rolling Eyes]

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."


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Tsukia Til'Werin
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MessageSujet: Re: Pas un pour rattraper l'autre [Tsukia]   Dim 17 Déc 2017, 02:02

Petals of white,
Cover fields flowing in grieving tears.

And all the hearts once new, old and shattered now,
Love can kill, love will die...

Give me wings to fly,
Fleeing this world so cold,
I just wonder why..?

Bon d'accord, t'as une lettre qui dit que tu vaux bien cet imbécile de Thül à deux balles de Qark, signé par la main de l'abrutit lui même, et alors!? T'as pas de cheval!

Sérieux, il nous prends pour qui... Bon, d'accord, à l'aube à la sortie de la ville, avec un putain de cheval d'accord!?


J'ignore magnifiquement cet abrutit finit, il m'intéresse pas avec son grand discourt, et me contente d'avancé sans dire un mot vers le seul endroit servant un alcool moyennement bon dans le coin...

Pas ma faute si, mécontents de ne me prendre que mon frère, on m'as pris ma monture aussi...

...J'approche la porte, puis m'écarte pour une raison inconnue, m'approche des écuries où une jument frappe la terre de son sabot, on diraient qu'elle attend quelque chose... Ou... Quelqu'un..?

Je la regarde, elle me regarde, me joindre à un groupe mené par un des salopards qui as participer au complot contre Mërl, mais c'est la seule façon de l'approcher pendant qu'il est assez seul pour lui faire la peau en obtenant des informations.

Pour l'instant, on est dans la ville, donc j'attendrais demain midi, ce moment magique où les nuages semblent se séparer après un orage, pour laisser passer les rayons de soleil comme le tigre de Mërl adorait sentir sur son pelage immaculé.

Je reviens à la réalité en réalisant soudain où j'ai vu cette jument par le passé, puis je souris.

Avoir un fou de plus, ça pourrait être bien, pour quand le paradis va se diviser...


Cold as the dark,
Now my words, are frosted with every breath,
Still the hate burns wild, growing inside this heart.

When the wind changes course, when the stars align,
I will reach out to you and leave this all behind...

...When heavens divide.

Avec mes nouveaux vêtements, j'ai plus vraiment le style du chaton qui sait pas ce qu'il fait.

Je porte un équipement léger, particulier, une armure signée Dil'duran, de cuir avec ce qu'il as appelé ''Des filaments de métal'' dedans.

Moi j'y comprends rien, vraiment, mais ça arrête les lames sans se couper. C'est assez pour moi.

Pour le coup, il y as rajouter les accents que j'ai demandé, en forme de tigres blancs. Bon, certains ont pas la couleur, mais moi, je sais qu'ils sont blancs.

Ailes de corbeaux, ça fait un peu bizarre pour le coup, mais personne ose demander pourquoi les tigres, quand j'utilise ce nom.

C'est ainsi que mes ''Compagnons'' de voyages me connaisses, d'ailleurs.

Mon job est de les protéger, ah, la bonne blague.

La neige commence à tomber doucement, légère comme l'air, et je retire mon masque facial et mon couvre chef de tissu pour sentir l'air frais sur mon visage, je sens plus que je ne vois le regard lubrique de trois des cinq hommes présents dans la troupe et un regard jaloux, Maën sûrement, la seule nana du groupe.

Ils croient tous que je ne fais qu'apprécier l'air sur mon visage, en regardant le ciel au loin.

Après tout, je rabaisse le menton sans un mot de plus, sans un geste.

À quoi bon parler avec la bouche, quand on as des yeux..?

Au fond, Gil est devant moi et un paquet de serpents... Ça te dit de jouer à la mangouste..?


In my time there'll be no one else,
Crime, it's the way I fly to you,
I'm still in a dream, Snake Eater...

Someday you go through the rain,
And someday you feed on a tree frog,
It's ordeal, the trial to survive,
For the day we see new light.

Alors, ma petite, ce soir, tu sais, il va faire froid, et puis t'as pas beaucoup de gras pour te tenir au chaud, je peux m'occuper de ça si tu veux, tu sais, y'as de quoi faire pour réchauffer...

C'est vraiment pathétique comme tentative, mais je le fixe du coin de l'oeil, en le fermant à moitié, et me lèche lentement les lèvres, mordant l'inférieure au passage.

Le chou, il en tremble d'un frisson et son souffle saccade tout seul, du coup j'éclate de rire.

C'est toujours marrant comment ce jeu de séduction est efficace.

Mais pour le coup, je roule les épaules par derrière, en l'entendant avaler difficilement, et le fixe une seconde avant de répondre.


Désolé, ''Mon grand'', je préfère les hommes plus subtils, plus suave qui as...

...Du panache.


Je dis ces derniers mots avec un sourire alors qu'une flèche sortie de nulle part frappe l'homme droit entre les deux yeux et le jette de sa monture, les autres jurent, puis le chef de la bande cris ses ordres et deux des mecs s'élancent vers la position du tireur camouflé.

Pendant ce temps, le chef en question et cette idiote de Maën se placent devant moi... Ah ils comptent m'attaquer..?

Je trouve ça marrant, surtout que cette connasse regarde derrière moi, attendant le retour triomphant des trois idiots alors qu'il n'y as plus un son, plus un cris.

Je n'entends pas l'approche, mais je la sens.

Et la nana devant moi devient rouge de rage quand Gil se place devant moi.

Le chef, plus composé, lui, brise le silence avant la tempête.


Alors t'as amené ton petit-ami...

Je me disais qu'une fille comme toi, voyager seule, c'était bizarre...

...Alors, que veux-tu, exactement? De l'argent?


J'éclate de rire.

Sérieux, déjà drôle qu'il croit que je veux de l'argent mais en plus Gil être mon petit ami...


Désolé, c'est pas mon petit ami, il as déjà renoncé à cette éventualité quand elle s'est présentée.

Je sens le regard de Gil me fixer un peu, mais moi j'ai envie de faire mumuse.

Alors je m'élance vers l'idiote en même temps que Gil stop le mec dans son mouvement d'aide envers elle.

Elle tente un coup de poing tellement brouillon qu'un poupon l'éviterait et je me contente de lui montrer son énorme inaptitude en lui attrapant le poing au vol, tordant son bras dans un mouvement sérieusement douloureux... Pour elle, bien sûr.

Elle laisse échapper un cris et je lui enfonce son propre poing dans la face de limace pour la faire taire... Sérieux, quelle voix stridente..!

Elle est tellement choquée qu'elle ne réagit pas de suite et je lui fiche un coup de pied qui la fait glisser dans la neige sur plusieurs mètres... Vraiment amateur, elle n'ancre même pas ses pieds.

Et maintenant elle arme son bras pour un lance de couteau..? En plus elle ne vise même pas comme il f--

Je comprends trop tard pour l'arrêter.

Enfin, pour l'arrêter elle.

Le couteau vol dans les airs, s'arrête dans un ''TCHAC!'' sonore et un grincement étrange, puis sort de sa cible et s'envole pour un retour à l'expéditeur.

Elle perds son sourire en s'effondrant à genoux, le couteau dans la gorge et tentant de respirer alors que le sang commence à sortir le long de la lame.

Elle tombe dans la neige et se vide de son sang.

Moi je me retourne en grimaçant.

Le salopard qui était ma cible est en train de se faire défoncer la gueule...

...Il se la fait pété, justement, et tombe inconscient.

Gil se tourne vers l'endroit où je suis.

L'homme, l'imbécile, pour qui j'ai pris une lame me fixe avec un air secoué et un tint soudain plus blanc sur le visage.

Je souris en m'effondrant dans la neige.

Je l'entends crier mon nom, puis tout devient noir.


I give my life,
Not for honor, but for you...

In my time there'll be no one else,
Crime, it's the way I fly to you,
I'm still in a dream...

...Snake Eater...

__________________________________________



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MessageSujet: Re: Pas un pour rattraper l'autre [Tsukia]   Dim 17 Déc 2017, 17:16

Gil jura à nouveau et plongea à terre avant de se faire repérer par un des types qui accompagnaient la jeune marchombre. Il roula sur le dos et fixa un instant les nuages qui glissaient paresseusement dans le ciel, loin au-dessus de lui. Qu’est-ce qu’elle fichait ici, bon sang ? Non, la véritable question, celle qui l’intéressait le plus, c’était plutôt celle-ci : comment oses-tu piquer mes affaires ?! Dans un grognement, il bascula sur le ventre et écarta un peu les buissons pour observer l’avancée du convoi. De ce qu’il pouvait voir, il y avait cinq personnes en plus de Tsukia. Quatre hommes et une femme. Deux d’entre eux étaient des combattants aguerris, estima-t-il en remarquant leur main sur la poignée de leur arme et en se fiant à leur allure. Quant à Tsukia… il fronça les sourcils. Qu’est-ce que c’est que cette tenue ? Non pas que ça ne lui allait pas, au contraire, mais elle n’était pas habillée de cette façon la dernière fois qu’ils s’étaient croisés. Le regard de Gil glissa vers le chariot. Le temps d’un instant complètement fou, il se demanda si Libertée était là-dedans. Puis il secoua la tête. L’élève voyageait sans le maître, c’était une évidence. Il plissa les yeux et poursuivit son exploration avec attention. Dans quoi tu t’es encore fourrée, gamine ?

Ses doigts se resserrèrent sur le bois de son arc. Décision prise. Comme d’habitude, ce n’était sans doute pas la meilleure, mais il était pressé et il devait récupérer son bien. Tant pis si ça mettait Tsukia dans l’embarras, elle n’avait qu’à réfléchir avant de voler ce qui ne lui appartenait pas ! Il se redressa, banda son arme, visa, tira. Un tir formidable, décoché à pleine puissance et à une distance très grande. Trop pour faire mouche ? Gil bondit sur ses jambes et dévala la butte pour retrouver Frénésie. Il ne doutait pas de son tir et ne prit pas la peine de vérifier que sa flèche s’était plantée là où il l’avait désiré – c’est-à-dire entre les deux yeux du type qui faisait des avances à Tsukia. Pas besoin de les entendre pour le deviner. Pour le coup, il avait mis toute sa colère dans cette satanée flèche, alors il était certain qu’elle avait fracassé le cerveau de cette pauvre tâche. Les autres rappliquaient déjà. Gil accueillit le premier larron d’une flèche bien sentie, puis il assomma le deuxième avec son arc et lui régla son compte en dégainant ses griffes d’acier. L’action n’avait pas duré plus de dix secondes.

- Reste dans le coin, ordonna-t-il à Frénésie avant de s’élancer dans une foulée rapide et puissante.

Il ne restait plus que deux personnes en compagnie de Tsukia. La fille et un type assez baraqué pour soulever le chariot à lui tout seul. Génial. Pourquoi est-ce que je tombe toujours sur les gros durs, moi ?

- M’sieur dames, salua-t-il en s’arrêtant aux côtés de Tsukia.
- Alors t’as amené ton petit-ami…

Pardon ?

Gil ouvrait déjà la bouche pour rabattre le caquet à cette dinde qui ne savait pas de quoi elle parlait, mais Tsukia fut plus rapide.

- Désolé, c’est pas mon petit ami, il a déjà renoncé à cette éventualité quand elle s’est présentée.

Encore heureux, pensa Gil en fusillant la jeune fille du regard. Il secoua la tête en la voyant s’avancer vers la nana qui se croyait maligne, et réagit assez vite pour empêcher le colosse de se mêler de leur histoire.

- Pas une bonne idée, mon vieux, dit-il en lui broyant le poignet dans une étreinte de fer. Je veux dire, tu pourrais avoir ta chance avec elle mais faut d’abord obtenir mon accord, tu vois ? Et en ce qui te concerne, hum… c’est mal parti.

Voilà pourquoi il n’aimait pas affronter des types qui faisaient deux fois sa taille : il ne pouvait pas s’empêcher de les énerver ! Il pivota pour éviter un poing qui fusait vers son visage, pivota encore afin de répliquer d’un bon coup de pied, jura en sentant le choc se répercuter dans tout son squelette. Enfer, ce géant est fait d’acier ! De fait, ses frappes suivantes lui écorchèrent seulement un peu les phalanges. Bon. Changement de tactique. Il bondit en arrière et laissa le colosse venir à lui. Au tout dernier moment, il plongea, passa entre ses jambes et laissa ses griffes trancher l’intérieur de ses genoux. Il se redressa dans son dos et attendit que l’homme soit tombé à genoux dans la neige pour lui envoyer son poing dans la tronche. Griffes sorties. Ce fut sanglant. La Bête frémit d’excitation et lui-même fut parcouru d’un long frisson de plaisir. Son regard étincela quand il frappa encore, et encore, et encore ; la neige se teinta d’une couleur vermeille, le colosse bascula sur le côté mais Gil n’en avait pas terminé. Il se défoulait et ça lui faisait un bien fou ! Soudain, un drôle de bruit attira son attention. Il leva la tête juste à temps pour voir la fille s’effondrer, un couteau planté dans la gorge. Bien joué ! pensa-t-il en regardant Tsukia. Celle-ci se retourna vers lui et à sa grimace, il comprit que quelque chose n’allait pas. Son regard descendit, découvrit la tache foncée qui fleurissait sur sa poitrine. Il blêmit.

- Tsukia ! cria-t-il en la voyant vaciller.

Oubliant le corps massacré à ses pieds, il se précipita pour la rattraper. Trop tard, elle avait déjà basculé. Il se laissa tomber à côté d’elle dans la neige et la fit rouler sur le dos en continuant de l’appeler. Peine perdue ! Miss Bouclier s’était accordé une petite pause et lui, pauvre couillon, il se retrouvait – une fois de plus – avec son corps tout abîmé sur les bras.

- Mais quelle emmerdeuse ! s’emporta-t-il en laissant courir ses mains sur sa drôle d’armure. Sérieusement, est-ce que tu sais faire autre chose que prendre des gnons ? Lib ne t’a donc rien appris ?

Le simple fait de prononcer le nom de la marchombre souffla la colère de Gil. Il soupira et s’efforça de juguler son angoisse en oeuvrant efficacement : il trouva enfin l’ouverture de l’armure, dégagea le col de Tsukia, puis son bras gauche et finit par mettre à nu la blessure. Ça saignait pas mal. Sans cesser de maugréer à voix basse, il déchira un pan de sa chemise pour éponger tout ça. Il comprit que le couteau s’était planté juste sous la clavicule. Priant pour que le poumon ne soit pas touché, il pressa fermement la blessure et regarda tout autour de lui. Ses affaires étaient restées sur la selle de Frénésie. Il fit rouler sa langue et porta deux doigts à ses lèvres pour lâcher un sifflement strident. Bien sûr, Chante-Brume accourut immédiatement.

- Ouais, moi aussi je suis content de te revoir ma belle, marmonna-t-il en soulevant Tsukia dans ses bras. Sois gentille et va chercher ta copine.

Il déposa son précieux fardeau à l’intérieur du chariot. Il y avait juste assez de place entre les piles de caisses. Gil l’installa le plus confortablement possible, puis il descendit du chariot et sauta sur le dos de sa jument, d’un seul bond puissant, pour la lancer au galop sur les traces de Frénésie. Celle-ci avait obéit et n’avait pas bougé, occupée à brouter le peu d’herbe qu’elle trouvait. Gil la monta pour revenir vers le chariot, tranquillement suivi par Chante-Brume. Il fouilla ensuite dans ses sacs, trouva ce qu’il cherchait et rejoignit Tsukia. Elle n’avait pas bougé. C’est fou ce qu’elle était sage quand elle n’était pas consciente…

- Va falloir que je t’enseigne deux ou trois choses, lâcha-t-il en s’occupant de la blessure. A ce train-là, tu ne vas pas voir le prochain printemps.

Une fois la plaie lavée, soignée et bandée, Gil jeta son manteau sur Tsukia pour la maintenir au chaud. Ensuite, il attacha Frénésie à l’arrière du chariot avant de se hisser sur le siège du conducteur ; il récupéra les rênes qu’il mit un certain temps à démêler. Quand il se mit enfin en route, Chante-Brume suivit l’attelage sans qu’il lui demande quoi que ce soit. Les autres montures s’étant éparpillées à leur gré, Gil ne chercha pas à les récupérer. Il abandonna également les corps sur la route. Avant la tombée de la nuit, il n’en resterait déjà plus grand-chose…


*


Gil se débarrassa de sa chemise déchirée et trempée de sang avec bonheur. Il plongea ensuite les mains dans l’eau tiède du baquet et acheva de se dévêtir avant de se glisser dans l’onde avec délice. Ooooh oui… Il renversa la tête en arrière et ferma les yeux, désireux de laisser la chaleur et l’eau détendre ses muscles noués. Mais derrière ses paupières closes, il continuait de réfléchir. Le reste des sous que Theia lui avait fourni était passé dans la location de cette chambre. Elle n’avait rien d’exceptionnel en soi, même si elle donnait directement sur le Pollimage, mais il lui avait fallu payer davantage pour qu’on le laisse entrer avec le corps inerte de Tsukia dans les bras, alors qu’ils étaient tous les deux couverts de sang, et rajouter quelques pièces pour qu’on ne lui pose aucune question. Même le silence avait un prix… Ma foi, celui-ci vaut bien le sien, songea-t-il en appréciant la tranquillité qui l’entourait. Les bruits qui lui parvenaient du port n’étaient pas désagréables, bien au contraire : le cri des mouettes, le claquement des voiles au gré du vent et l’agitation su soir sur les quais avaient quelque chose d’apaisant.

Gil ouvrit les yeux et tourna la tête vers le lit. Il y avait installé Tsukia après l’avoir débarbouillée de son mieux. Comme il n’avait rien d’autre à lui mettre, il lui avait mis sa chemise de rechange, aussi noire et simple que la première. Tu me dois une chambre et deux chemises, se dit-il en soupirant longuement. Et une compensation pour m’avoir piqué ma jument. Il décida qu’il n’ajouterait pas les pénalités qu’elle méritait pour lui causer autant de retard – et de souci. Franchement, il avait eu peur. Quand il l’avait vu se retourner, le sang qui éclaboussait sa poitrine… Ses poings se serrèrent dans l’eau qui refroidissait doucement. S’il l’avait perdue, elle aussi, il serait devenu complètement fou. Pour le coup, ça colère jaillit de nouveau, assez pour qu’il se frictionne énergiquement avec le pain de savon tandis que l’eau se colorait en récupérant toute la terre et le sang. Il se rinça rapidement et se redressa dans le baquet pour sortir. Bien sûr, Tsukia choisit pile poil ce moment-là pour émerger. Elle ouvrit les yeux, accommoda sa vision et son regard tomba sur lui. Trop épuisé pour se sentir gêné – peu probable que même en pleine forme il l’ait été de toute façon – Gil sortit tranquillement de son bain. L’eau ruisselait sur sa peau nue, le long de ses muscles bien dessinés et puissamment déliés. En silence, il ceignit sa taille d’une serviette, puis il s’approcha de la cheminée et entreprit de raviver le feu. Puis il posa la main sur le linteau de pierre et plongea son regard dans les flammes qui reprenaient de la vigueur.

- Comment tu te sens ?

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Tsukia Til'Werin
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MessageSujet: Re: Pas un pour rattraper l'autre [Tsukia]   Mar 16 Jan 2018, 22:24

Beau-- BIEN! Je me sens bien, très bien, comme une râpe à fromage fraichement lavée. Très fraichement lavée. Dégoulinante même.

Je retombe dans le lit et me roule dans la couverture. S'il demande de quoi je parle, je blame la perte de sang, voilà.

C't'idée aussi de me dire bonjour comme ça, sans vêtements, Helloooo Tsukia, c'est les portes du paradis, on voulaient juste te dire que le paradis sur terre, t'en as une partie sous le nez... Et qu'il approche pour vérifier si t'as d'la fièvre, c'est le moment d'lui piquer sa serviette!

Bon, j'me suis p't'être vraiment cogner la tête en tombant au final, me dis-je quand il pose sa main sur mon front pour vérifier ma température. Et il me regarde comme s'il voulait savoir pourquoi je suis toute rouge.


C'est le sang qui monte à la tête parce que j'ai une migraine.

Il me regarde avec son meilleur look de ''Maiiiis oui, bien sûr, princesse'', ayant évidemment très bien entendu même si j'ai à moitié marmonné.

I've got myself just a little bit of love,
That I wanna spend...

...On NOT you!

'Cause baby, I'm afraid you'll say,
That it's not okay with you...

Oh, Oh, 'cause;

You're always laughin',
And jokin',
You look like a clown...

J'ouvre les yeux... Tient j'me suis rendormie..?

Pour le coup j'ai envie de regarder autour pour voir où diable est Gil... Mais j'me sens louuuuurdeuh... CORRECTION C'EST LUI QUI EST LOURD POURQUOI T'ES SUR MOI POURQUOI T'ES LÀ OUAAAA!?!

Okay, calme, analyse, il s'est endormi en étant assis sur le pied du lit, est tomber et du coup sa tête est droit sur ma poitrine, c'est tout innocent, il est mignon en dormant, c'est pas ça l'innocence, Tsukia, oui, mais merde il porte toujours rien qu'une serviette presque tombée saute lui dessus puta-- NON.

Soit gentille, tu lui fiche la paix, pas sa faute s'il est craquant et oh merde il bouge un peu, il va se réveiller, je dis quoi moi s'il se réveille il va clairement croire que c'est moi qui l'ais tiré comme ça vu mon bras qui est autour de sa tête, il me croira pas si je dis que c'est pas moi et il sait que j'suis intéréssée alors c'est pas innocent du tout et--


Ré-ré-RÉVEILLE TOI STUPIDE PIEUVRE!

Etttt que j'viens d'le pousser par terre, qu'il est tomber en perdant sa serviette et que dans sa panique de réveille il m'as tiré avec lui que j'suis toujours prise entre lui et l'plancher...

...Et il me fixe...

...Joiiiiiie.


And I wonder what you would think,
If I let my pride down, let it sink...

...Could we hold hands, kiss?

Live our lives in gentle bliss?

...I'm not talking about you!

You're not my prince in this...

I'm not a Dere,
A Tsun-Tsundere,
I have a jello heart,
I'm not that mean!

I'm not blushing,
I was just rushing,
And I forgot the sunscreen!

B-B-Bouge, t'es loooourds..!

Numéro 1 Tsukia, tu sais vraiiiiment faire bonne impression... Bon et toi dit un truc... Pitié...

DIT UN TRUC ESPÈCE DE CONNARD ARRÊTE DE JUSTE ME FIXER!

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Pas un pour rattraper l'autre [Tsukia]   Jeu 18 Jan 2018, 22:31

La gaucherie clairement perceptible dans la réponse de Tsukia intrigua Gil. Il fronça les sourcils, détacha son regard des flammes et le posa sur l’apprentie qui se tortillait dans le lit. Eh ben ? se demanda-t-il, un rien curieux. Il commençait à suffisamment bien la connaître pour trouver étrange cette perte de moyens. Mais bon, elle avait quand même bien dégusté, alors peut-être était-ce le contrecoup d’une formidable bagarre ? Trop de gnons dans la poire ? De la fièvre ? Cramoisie comme elle était, c’était probable. Mais Gil n’était pas né de la dernière pluie. Il se doutait que la serviette qui ceignait sa taille dévoilait plus, aux yeux de Tsukia, qu’elle ne cachait vraiment. Complètement tarée, hein… Avec sa poisse éternelle, il fallait que cette gamine instable et totalement folle en pince un brin pour lui. Depuis leur première rencontre, d’ailleurs. Il ne pouvait pas nier que ça l’amusait un peu, surtout en cet instant, et puis bon, c’était plutôt flatteur, sauf qu’il n’envisageait pas un seul instant de franchir la moindre limite avec cette fille. Ce serait comme s’approcher trop près de sa sœur ! Un creux de sourire se dessina sur sa joue couverte de chaume. Tsukia avait-elle seulement conscience qu’il l’appréciait vraiment ?

- Navré d’être à l’origine de cette migraine écarlate, plaisanta-t-il en reportant son attention sur le feu qu’il tisonna un peu.

Un ronflement éloquent lui répondit et accentua son sourire. Franchement. Cette fille. Puis il grogna en se rappelant que cette fille l’avait encore attiré dans les ennuis et qu’il était supposé être très en colère. Mais c’était difficile, réalisa-t-il en s’approchant du lit à pas de loup. Difficile d’en vouloir à cette nana qui agissait parfois comme une gosse et parfois comme une adulte. Difficile de se fiche en rogne parce qu’elle enchaînait les conneries alors qu’elle avait pris un couteau à sa place. Difficile de ne pas s’attendrir. Sérieux mon vieux, depuis quelques semaines, toi, tu crains. Ou bien il avait de la guimauve à la place du cerveau ? Estimant que certains auraient tranché sur la question sans la moindre hésitation et avec force sarcasme – deux ou trois apprentis qu’il avait eu le malheur de former dans sa vie – Gil soupira. Oui, il se ramollissait sans doute. Il baissait sa garde. Une certaine Lëroya n’y était pas pour rien. La rencontrer avait été une bouffée d’oxygène ; depuis, il réapprenait à respirer normalement. A vivre sans trop se poser de questions. Une gamine épouvantadorable (c’était un terme qu’il avait spécialement conçu pour elle) craquait un tantinet pour lui, à quoi bon se froisser ?

Et puis il était fatigué. Dans tous les sens du terme. Trop peu d’heures de repos pour trop d’événements à la suite. Il avait du sommeil à rattraper… Il bâilla à s’en décrocher la mâchoire puis observa d’un air las Tsukia qui s’était étalée comme une crêpe dans le lit. En d’autres circonstances, il l’aurait poussée de son côté pour se faire une petite place, mais elle était blessée et il en avait marre de passer son temps à éponger du sang. Alors il s’assit par terre. Il allait simplement fermer les yeux quelques minutes, histoire de se reposer un peu. Ensuite, il enfilerait ses vêtements et se mettrait en quête d’un truc à grignoter. Quand la marmotte allait se réveiller, elle aurait faim. Il n’avait pas envie de se faire bouffer un autre bras. Le feu ronronnait dans l’âtre, il faisait bon dans la pièce… Gil ne se rendit pas compte qu’il s’endormait, alangui par la chaleur et bercé par la respiration lente et régulière de Tsukia. Mais il eut l’impression que seulement cinq minutes s’étaient écoulées lorsqu’un fatras de tous les diables le réveilla brusquement. Il tomba, roula, grogna… et écarquilla les yeux en se retrouvant nez à nez avec Tsukia. Sans qu’il n’en saisisse vraiment le sens, le mot « pieuvre » roulait sous son crâne. Un reste de son rêve ? C’était tellement confus qu’il ne parvenait pas à distinguer l’imaginaire de la réalité. Il se trouvait encore à la frontière entre les deux, suspendu dans le vide de l’incompréhension comme une araignée au bout de son fil.

Quand il réalisa que Tsukia était bien réelle, qu’elle était rouge comme une pivoine et qu’elle se tortillait sous lui, Gil fronça les sourcils. Un grognement d’ours bourru monta de sa poitrine.

- Mais qu’est-ce que tu fabriques encore ?

Il avait parlé en même temps qu’elle, alors qu’elle lui demandait d’une drôle de voix d’arrêter de la fixer. Leurs mots s’entremêlèrent et perdirent tout leur sens. Gil n’avait aucune envie de répeter sa question. Il se dégagea d’un mouvement souple et se leva, rattrapant juste à temps la serviette qui glissait de ses hanches. Il soupira. Enfer. Voilà qui n’allait pas arranger les choses. Il ignora le feu qui dansait dans le regard de Tsukia et se dirigea vers ses vêtements. Il n’y avait pas de paravent et puis, elle avait déjà vu tout ce qu’il y avait à voir, alors il se retourna simplement et s’habilla rapidement. Enfin, il enfila son pantalon mais pas de chemise puisqu’elle se trouvait précisément sur le corps de Tsukia, ni le tabard qu’il préféra laisser sur la seule et unique chaise présente dans la pièce. L’esprit encore un peu ralenti, il boucla sa ceinture d’un air pensif. Etait-il à ce point épuisé qu’il s’était endormi sans même s’en rendre compte ? C’était ça ou bien il avait encore bu plus que de raison, mais il avait beau fouiller dans sa mémoire, il ne se rappelait pas d’un tel souvenir. Bon. Cette petite sieste improvisée ne l’avait pas reposé comme il l’aurait mérité, mais il se sentait mieux. Le fait que la gamine soit réveillée le rassurait, aussi. Elle avait l’air d’aller bien. Enfin, on aurait dit qu’elle venait de perdre la moitié de son cerveau d’un seul coup, mais à part ça, tout semblait en ordre.

- Je ferme les yeux deux minutes et tu en profites pour me sauter dessus, fit-il remarquer en lui jetant un coup d’œil ironique.

Il ferait bien de ne pas l’encourager sur cette voie, mais c’était plus fort que lui. Il avait envie de l’enquiquiner. Et puis après tout, elle lui était passablement redevable, alors…

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MessageSujet: Re: Pas un pour rattraper l'autre [Tsukia]   Ven 19 Jan 2018, 04:03

C'est toi l'octopus orthopédique qui me dors dessus..!

J'époussette un peu mes vêtements en tentant de ne pas penser au fait qu'il as dut me dénuder au moins à moitié pour pensé ma blessure. SBAF on as dis pas penser Tsu, Aïe la claque mentale quand même, mais bon.

Bref je me redresse, ça fait mal, mais rien de trop blerg, alors ça va encore, j'ai eu pire pendant l'entraînement, à la citadelle, et bien pire comme sentiment pendant l'entraînement avec Erwan.

Ça me rappelle d'ailleurs qu'il y as moins de deux mois, je n'aurais jamais été capable d'arrêter ce couteau, il aurait été beaucoup trop vite. Pourtant je suis sûre que j'aurais pu l'attraper, si j'avais eu un mètre de plus.

Je me touche là où il m'as blesser.

Cette agonie est un triomphe, je suppose.


Here's to you, Syndrell and Erwan,
Rest forever here in our heart,
The last and final moment is yours,
This agony is your triumph.

Here's to you, brother Mërl and Karn,
Rest forever here in my heart,
The last and final moment is yours,
My agony is your triumph...

J'attache mes vêtements en les remettants, Gil est là, toujours torse nu, en train de boire dans une tasse de café en regardant par la fenêtre, du coup j'attire son attention d'un petit ''Hep'' et lui fiche sa chemise par la gueule. Quand il se l'enlève du visage, prêt à me refiler une pique pas très contente, il s'arrête avant qu'elle ne sorte, moi je fixe mon harnais, cadeau de Dil'duran, et y glisse les deux dagues de son père.

Je le vois dans ses yeux, qu'il me fixe et qu'il ne pense pas une seconde à les réclamer, il semble plus se demander si je tiens tant que ça à ces armes.

T'as pas idée mon vieux, c'est bien la seule façon, d'ailleurs, que j'ai pour faire partie de ta famille... Pour être plus près de toi que tu ne me laisseras jamais m'approcher, mais shut de ta gueule de merde que j'te l'dirais jamais, voilà.

Bon, maintenant je suis habillée, armée il reste qu'à manger, me dis-je... Et v'la qu'il détourne la tête pour prendre une boucher de...

LE SALIGOT! MONSIEUR AS D'LA CONFITURE DE FRAMBOISES ET IL M'EN FOU MÊME PAS, À MOI! PAS QUESTION! NAM!

Il me fixe avec l'air mi surpris mi résigné du type qui s'attendait pas à avoir une nana taré à l'autre bout de sa tranche de pain.

Il la lâche pas, mais me fixe en mode ''C'est bon, t'as goutter, tu lâche, maintenant?''

Alors j'lui mordille un bout de doigt en prenant une autre bouchée.

Non mais oh!

On plaisantes pas avec la confiture!


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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Pas un pour rattraper l'autre [Tsukia]   Sam 20 Jan 2018, 13:01

- C’est toi l’octopus orthopédique qui me dort dessus.. !

Gil se passa la main dans les cheveux. Ouais, bon, il avait réussi à dépasser les limites, finalement. Mais c’était involontaire et il n’avait pas envie que… Nouveau soupir.

- J’vais chercher à manger.

Ça laissait le temps à Tsukia de prendre un bain si elle le souhaitait, et surtout, surtout, de reprendre une couleur normale. Avec l’impression de se sauver comme un gamin pris en faute, Gil quitta la chambre et suivit l’odeur du café qui le mena directement aux cuisines. Le fait qu’il se balade torse nu en plein hiver ne sembla choquer personne ; il n’y avait pas foule à cette heure, et les seuls clients qui s’appuyaient au comptoir étaient des marins qu’un tel accoutrement laissait de marbre. La matrone qui était en train de les servir, en revanche, lorgna sans vergogne sur ses muscles bien dessinés et caressa du regard les nombreuses cicatrices qui s’entremêlaient sur sa peau. C’était une femme d’âge mûr, qui aurait pu être séduisante si son nez avait été plus petit et ses courbes plus graciles, mais à force de côtoyer des voyageurs de passage, elle savait comment s’y prendre pour attirer leur attention. Elle se pencha sur le comptoir, dévoilant une poitrine opulente, et se façonna son plus beau sourire.

- Alors mon mignon, qu’est-ce que je te sers ?
- Un café.


Gil lui accorda à peine un regard. Il posa les coudes sur le bois lasuré et retourna à ses pensées. Elles concernaient ses projets, légèrement contrecarrés par la gamine qu’il avait laissée dans sa chambre. Apparemment, elle était moins secouée qu’il l’avait imaginé ; peut-être allaient-ils pouvoir se remettre en route rapidement ? Mak attendait sa selle. Enfin, non, sans doute pas puisqu’il s’agissait d’une surprise. C’était l’inverse, en fait : c’était lui qui avait envie de la lui offrir. Agacé, Gil grogna – une manie qu’il avait développée comme celle de passer sa main dans ses cheveux. Une tasse fumante apparut alors sous ses yeux.

- Et avec ceci, mon mignon ? roucoula la matrone en papillonnant des cils.

Sur le point de l’envoyer balader, Gil tourna sept fois sa langue dans sa bouche. Cela lui laissa le temps de réaliser que son ventre était désespérément vide, et qu’un pot de confiture, là-bas derrière, sur une étagère, n’attendait qu’une seule chose : être dégusté.

Alors…


*


Le Pollimage fourmillait d’activité. Il était bien trop grand pour que l’on devine seulement l’autre rive, mais l’horizon était clairsemé de petites voiles colorées qui glissaient paresseusement dans la lumière de l’aube. Bien des artistes avaient dû croquer ce paysage, éblouis par cette alliance complexe entre le bleu turquin de l’eau miroitante et l’or fugace d’un rayon de soleil audacieux. Gil, lui, se contenta de savourer une gorgée de café frais. Le front appuyé contre la vitre de la fenêtre, il observait l’immensité du fleuve et, plus bas, la formidable mécanique d’un port qui se réveillait. Il suivit des yeux les longues passerelles incurvées qui reliaient les navires aux quais, regarda les lignes de marins qui chargeaient ou déchargeaient vaillamment des cargaisons diverses et variées, repéra les marchands de la criée qui installaient leurs étals de poissons et de crustacées… une silhouette menue attira son attention quelques secondes supplémentaires, parce qu’elle se glissait parmi les marins avec une aisance déconcertante et aussi parce que les mèches qui s’échappaient de sa mante violine étaient d’un bleu plus flamboyant que les eaux du Pollimage ; la guerrière qui la suivait de près était son exact opposé, taillée comme une armoire à glace et bien visible dans son armure qui accrochait le soleil, sa lourde tresse rousse se balançant dans son dos. Drôle de duo, songea Gil juste avant de les perdre définitivement de vue. Il avala une autre gorgée de café puis se retourna en percevant un bruissement de tissu.

Tsukia avait retrouvé son apparence « normale », mais ce qui attira l’attention de Gil, ce furent les deux dagues qu’elle était en train d’attacher. Il ne les avait pas vues souvent, ces armes, et pourtant elles avaient laissé un souvenir indélébile dans son esprit. Les dagues de mon père. Il ne dit rien. Son visage demeura parfaitement impassible, son expression inexpressive, mais un éclat traversa son regard dépareillé lorsqu’il croisa brièvement celui, tout aussi étonnant, de la jeune fille. Il ne comprenait pas bien pourquoi elle les gardait encore. Il n’avait aucune envie de les lui substituer, cependant. Tout ce qu’il avait souhaité garder de Giliwyn, c’était le bracelet de cuir qui ceignait son poignet droit ; le reste, il s’en passait très bien. Les raisons qui motivaient Tsukia étaient sans doute aussi étranges qu’elle, aussi préféra-t-il ne rien savoir. Mieux valait se concentrer sur sa faim. Toujours silencieux, en bon taciturne qu’il était, il se détourna et attrapa un bout de pain frais sur lequel il étala une généreuse couche de confiture de framboises. Mais alors qu’il portait la tartine à ses lèvres, il se rendit compte qu’une mâchoire venait de se refermer à l’extrémité de cette dernière.

Ils se figèrent, se jaugèrent en silence, immobiles au milieu de la chambre, les yeux dans les yeux, lui, cramponné à sa tartine, elle, toutes ses dents plantées dedans. Le duel était aussi incroyable qu’invraisemblable : ni l’un, ni l’autre ne voulait lâcher son morceau. Gil avait haussé un sourcil et semblait attendre patiemment que mademoiselle arrête de tout lui piquer – et la patience n’était pas son fort. Tsukia, de son côté, ne paraissait pas pressée d’avaler son bout de tartine – et emmerder son monde était sa tasse de thé. Elle finit par mâcher et déglutir, le laissant croire qu’elle avait terminé. Mais c’était Tsukia. A l’origine, elle avait dû emprunter quelques gènes à un piranha. Quand il sentit les crocs de la bougresse frôler son doigt lors du deuxième assaut, il marmonna un juron et abandonna la tartine dans la bouche voleuse. Il tenait bien trop à sa main pour risquer de se la faire bouffer ! Dans un grognement agacé, il termina son café puis attrapa son tabard et l’enfila directement sur sa peau nue.

- Quand t’auras fini de te nourrir, tu pourras me rejoindre sur le quai, lâcha-t-il avant de quitter la pièce avec ses affaires.

Oui, il lui demandait sans lui demander de l’accompagner.
Non, il ne comptait pas lui fournir plus d’explications.
Il y avait quand même deux raisons qui le poussaient à agir aussi stupidement (parce que pour avoir envie de voyager avec une folle pareille, il fallait vraiment être fou aussi) : la première, c’est qu’il tenait à avoir un œil sur elle tandis qu’elle se remettait de sa blessure. Elle avait frôlé la mort pour lui, il n’allait pas la lâcher dans la nature alors qu’elle se fourrait avec un naturel ahurissant dans les ennuis. La seconde, celle qu’il avait plus de mal à admettre et qui le fichait en rogne, c’était qu’il appréciait sa compagnie. Surtout maintenant, alors que la solitude qu’il accueillait autrefois comme une amie était devenue pesante. Voilà pourquoi il lui ordonnait de venir avec lui. Ils allaient prendre un bateau pour traverser le Pollimage. Une fois sur la rive opposée, Tsukia serait libre d’aller où bon lui semblerait. Lui, il filerait vers la jungle. Sans autre détour envisageable, cette fois. Il était pressé de retrouver Mak.

L’air frais du matin l’apaisa. Il n’allait pas tarder à se les peler sans chemise, mais il avait fourré celle que Tsukia lui avait rendu dans son sac et il n’avait pas envie de se changer maintenant. Les mains dans les poches, il déambula sur le quai. Il savait très bien où il allait. Depuis la chambre, il avait reconnu Renzie, le « sombre passeur » ; c’était un type foncièrement louche qui traînait dans presque tous les ports de la rive est, et qui faisait traverser ceux qui savaient parler sa langue. Celle de l’arrangement. Gil avait rencontré ce vieux filou quand il était en quête d’Anarysine. Croiser cet homme alors qu’il était en train de décrocher n’était certainement pas la plus lumineuse des idées, mais s’il voulait traverser rapidement et pour une somme abordable, Renzie était la meilleure solution. Gil s’approcha d’un marchand qui hélait ses clients avec une voix de stentor. Il vantait la fraîcheur de la pêche étalée devant lui et mettait en avant des prix qui défiaient la concurrence.

- Regardez-moi ces maquereaux ! Ils viennent du chalutier qui est dans mon dos, ils frétillaient encore il y a moins d’une heure, allez, laissez-vous tenter, vous ferez une affaire !
- Moins de maquereaux et plus de piment,
souffla Gil en se penchant pour que l’homme saisisse ses paroles, c’est possible ?
- Hahaha, bien sûr qu’ils sont beaux, vous avez vu leur taille ?


Tout en parlant, le poissonnier désigna un endroit de son pouce. Gil se dirigea vers la pile de caisses indiquées. Elles étaient entreposées de manière à former un labyrinthe complexe, obligeant les passants à circuler entre elles pour se rendre d’un point à un autre. Alors qu’il en était à son troisième virage, une masse énorme se dressa soudain devant Gil. Celui-ci dut lever la tête pour croiser le regard de l’homme qui le toisait de toute sa hauteur. L’envoleur était grand, pourtant, mais ce type-là était un véritable colosse qui dépassait largement les deux mètres, et dont la carrure était impressionnante de muscles et de puissance confondues. Nullement intimidé, Gil le fixa sans ciller.

- Je viens voir Renzie.
- Occupé. Casse-toi.
- Ça ne sera pas long.
- Casse-toi,
répéta le colosse en faisant craquer ses jointures.

Gil soupira. Chaque fois c’était la même chose, il fallait qu’il passe en force – et il détestait ça. C’était le genre d’activité inutile qui lui faisait perdre un temps précieux.

- Casse…

Le géant n’eut pas le temps d’achever son ordre : il cligna des yeux quand le « gringalet » disparut. On aurait pu croire qu’il s’était évaporé. Gil aurait pu s’en tenir là, en fait, et profiter de sa rapidité pour fausser compagnie à ce cerbère, mais c’était Gil et il n’était pas franchement de bonne humeur. Il se glissa dans le dos du colosse, pivota souplement sur ses talons et bondit. Ses bras se refermèrent autour du puissant cou de taureau. L’acier de ses griffes chuinta furtivement quand elles jaillirent des mitaines conçues par le vieux schnoque, puis le sang gicla. Voilà. C’était terminé. Gil essuya ses griffes sur le bras de l’homme qui, moribond, était tombé à genoux. Il voulut dire quelque chose, proférer une exclamation outragée et pleine de souffrance, mais sa gorge ouverte ne laissa échapper qu’un gargouillement ignoble avant qu’il s’effondre sur le ventre. Des sillons écarlates se glissèrent entre les pavés. Gil rétracta ses griffes et continua d’avancer. Il entendit Renzie avant de le voir : des grognements de plaisir montaient depuis un empilement de caisses, mêlés aux gémissements d’une femme. Sans prendre la peine de s’annoncer, Gil contourna la pile et se racla la gorge.

L’homme qui était fort « occupé » se redressa légèrement. Il était plutôt bien taillé même si quelques rondeurs au niveau du ventre témoignaient d’une vie marquée par l’excès, et son pantalon baissé sur ses chevilles dévoilaient un postérieur qui était apprécié des femmes. Celle qu’il était en train de posséder avec violence était pliée en deux, la poitrine écrasée sur la caisse qui leur servait d’appui. Elle poussait des cris de plus en plus aigus. Agacé d’avoir été interrompu, Renzie s’accorda trois coups de reins supplémentaires avant de tourner la tête vers celui qui avait osé le déranger. Il avait un visage taillé à la serpe, barré par une cicatrice qui courait le long de sa joue gauche et qui, associée à un regard sombre sous une frange de cheveux de même couleur, ajoutait à la sauvagerie de son personnage. Ce n’était pas un tendre, ni avec les femmes, ni avec les hommes. Peu de gens auraient eu l’audace de le déranger en pleine action mais lorsqu’il reconnut Gil, Renzie secoua la tête.

- Ah, c’est toi. Comment tu as…

Il fronça les sourcils en comprenant.

- Merde, SangreLune ! T’es un bel enfoiré ! C’est le troisième garde du corps que tu m’assassines !
- Choisis-les mieux.
- Je vais finir par t’engager,
marmonna Renzie.

Il ne s’était pas retiré, maintenant son bassin plaqué contre les fesses de miss « cris insupportables ». Il n’était pas gêné par la situation, guère plus que Gil qui, les mains sagement plongés dans les poches de son tabard, attendait la suite.

- J’ai une dose pour toi dans la deuxième caisse, là-bas.
- Je suis pas venu pour ça, Ren.


Renzie eut un rictus qui en disait long sur ce qu’il en pensait. Il connaissait bien les drogués pour les fournir depuis des années ; quand ils disaient qu’ils décrochaient, ce n’était jamais sérieux.

- J’ai besoin de traverser.
- Moi j’ai besoin de fric.
- Menteur. T’as tout ce qu’il te faut.
- Haha ! On dirait bien,
s’esclaffa Renzie en désignant la femme qui se tortillait sous lui, pressée qu’il se remette à bouger.

De fait, il fit quelques va-et-vient avant de s’interrompre de nouveau.

- Très bien. Va voir Rage, il te fera traverser d’ici une heure.
- En échange de… ?
- Un nouveau service. Y’a ce type qui me doit de l’argent depuis six mois.
- Où ?
demanda Gil sans la moindre expression, mais d’un ton qui marquait son habitude.
- Mon manteau, poche intérieure droite.

Gil fouilla rapidement le vêtement tandis que, dans son dos, les cris aigus reprenaient. Il trouva le papier sur lequel, il le savait, se trouvaient inscrites les informations dont il aurait besoin pour mettre la main sur le fameux type. Il le fourra dans sa poche et s’apprêtait à s’en aller quand la voix de Renzie l’arrêta.

- Deuxième caisse, mon vieux. Sers-toi. Et réfléchis à ma proposition.

Gil fronça les sourcils. Il ne ralentit pas le pas en passant près de la caisse, même si son cœur s’emballa un peu. Par contre, les derniers mots de Renzie lui tirèrent une grimace. Travailler pour un homme comme lui ? C’était dangereux. Une véritable mine d’or, parce que Ren était généreux avec ceux qui le servaient bien, mais c’était aussi la porte ouverte à tous les excès. S’il acceptait, Gil redeviendrait assurément l’animal sauvage contre lequel il luttait depuis un certain temps. Serrant dans sa poche le papier qu’il venait de récupérer, il quitta le labyrinthe de caisses et retourna sur les quais. Il trouva d’abord Rage. C’était un homme simple, aux cheveux gris mais sans doute un peu plus jeune que Gil. Un passeur. Son boulot se bornait à faire traverser les clients de Renzie, mais il ne fallait surtout pas se fier aux apparences : ce genre de bougre était capable d’assassiner un enfant de sang froid. Gil le salua, puis leva l’index et le majeur, signifiant que deux passager étaient concernés par la traversée. Debout sur son embarcation, un rafiot qui ne payait pas de mine, doté d’une simple voile, Rage acquiesça et se remit à son travail. Alors Gil se détourna et son regard tomba sur Tsukia.

- On part bientôt. Evite de te faire tuer d’ici-là, d’accord ?

Il sonda son regard bicolore avec attention, guettant la souffrance ou l’ennui ; ne trouvant ni l’une ni l’autre, il pencha la tête sur le côté. La question qui franchit alors ses lèvres le surprit :

- Des nouvelles de la Rouquine ?

C’est vrai que la dernière fois, Aivy était avec Tsukia. Une sale gosse aussi, toujours prompte à se fourrer dans les ennuis. Pourquoi s’inquiétait-il pour elle, dans ce cas ? Je m’inquiète pas, répliqua-t-il aussitôt – mais il attendait la réponse de Tsu, alors ce n’était sans doute pas très vrai…

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Tsukia Til'Werin
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MessageSujet: Re: Pas un pour rattraper l'autre [Tsukia]   Dim 21 Jan 2018, 05:14

Les cris stridents résonnèrent.



L'homme avait reprit ses mouvements sans se formaliser de ne plus avoir de garde dans l'instant présent.



N'y pensa même pas, jusqu'à ce qu'une plume, entièrement noire, ne vienne tomber sur le dos de sa compagne de l'instant.



Il frissonna d'abord, puis leva les yeux au ciel.



Ouvrit ceux-ci grands en suant à grosses gouttes, arrêté dans son mouvement, quand il découvrit la silhouette, assise sur le toit juste au dessus de lui, une jambe dans le vide et le fixant d'en haut.



Balbutia un nom malgré lui, ce nom qui voulait tout dire et rien dire à la fois, on murmuraient que celle qui en était la propriétaire avait été tuée... Deux fois..! Et pourtant, elle était rentré chez un baron du crime, un soir, avec la tête de son ex employeur dans un sac comme cadeau, lui donnant par la même occasion les territoires de celui-ci... Le soleil, dans son dos, cachait la jeune femme dont il devinait à moitié les traits, ne laissant paraître qu'une petite partie de son visage où il devinait un demi sourire... Et où un regard bleu, perçant, accompagné d'un vide trop noir qui le fixait de l'autre orbite l'observait comme un prédateur évaluant une proie.

Puis le soleil bougea un peu, l'aveugla un moment en se dévoilant de derrière la tête de la jeune femme, il cligna des yeux.

Deux fois.

Elle n'était plus là.

Il aurait probablement dut réfléchir à ce que tout ça voulait dire, mais avec sa position actuelle, et la femme qui se tortillait en se demandant pourquoi il s'était arrêté, il n'eu qu'une pensée...

...Il aurait de loin préféré que ce soit cette aile de corbeau, sous lui, justement.

La plume laissé là lui chatouilla la bas ventre et il déglutit.

Peut-être pas, finalement, une femme comme ça, si elle ouvrait les jambes, c'était pour vous ouvrir le cou...


My heart is a raven,
She loves to soar,
The night's stormy sky,
Her beauty blue-black.

With the mourning Son,
Feathers spread to dry.

She cries out forevermore.

I can see the rainbow,
In her black ice eye...

...Raven wings...

L'hydromeeeeelllleuh, c'est un coup d'peeeeelleuh...!

Je sors d'entre deux étals et j’aperçois mon coquinou de Gilou, qui me fixe un instant, aperçois mes bouteilles, sous mes bras et dans ma main, et soupire en me disant d'essayer de pas m'faire tuer... Ben j'suis supposé être plus en danger avec toi qu'avec un autre, hein, monsieur l'envoleur..!

Pour le coup il me demande des nouvelles d'Aivy, ça me rappelle que je l'ai pas vu depuis... Ben depuis un sacré bout.

Et comme j'ai pas de réponses, je lui tends une bouteille, qu'il regarde une seconde avant de l'attraper, semblant comprendre bien plus comme ça que si je lui parlait.

Le silence s'installe un peu, le vent me caresse la joue et, même si c'est pas vraiment mon style, ma voix s'envole doucement dans un vieux chant que mon père m'avais appris il y as des lustres.

Un chant pas tout à fait frontalier, pas vraiment Alavirien non plus.

Un souvenir nous rappelant qu'il y as longtemps, l'empire n'existait pas, qu'il y avait bien plus de peuples...

...Que j'ai bel et bien un accent, au final, quand je parle, et que si on l'oublient vite, le chant le fait ressortir.


When the cold wind is a'calling,
And the sky is clear and bright,
Misty mountains sing and beckon,
Lead me out into the light.

I will ride, I will fly,
Chase the wind and touch the sky.

I will fly,
Chase the wind and touch the sky...

Gil fixe sa bouteille une seconde alors que ma voix s'élève, je ne crois pas qu'il ais déjà entendu ma voix avec mon accent ressortant autant, pourtant il n'as pas l'air de se poser de questions.

Je dirais même qu'il as presque l'air... D'apprécier.

On embarquent bientôt et, une fois à bord, j'entame le second couplet, finissant de briser le peu de retenue que j'avais sur mon accent mi-alavirien que je me force à prendre.

Après tout, que puis-je offrir en chanson que... Moi..?

Tsukia Til'Werin, dans toute son étrangeté.

Parce qu'au fond, c'est le plus beau cadeau que je peux lui faire, non..?


Where dark roots hide secrets,
And mountains are fierce and bold ;

Deep waters hold reflections,
Of times lost long ago.

I will read every story,
Take hold of my own dream.

Be as strong as the seas are stormy,
And proud as an eagle's scream.

I will ride, I will fly,
Chase the wind and touch the sky...

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MessageSujet: Re: Pas un pour rattraper l'autre [Tsukia]   Dim 21 Jan 2018, 11:24

Pas de réponse. Bonne nouvelle ? Gil fit la moue, il goûtait peu ce silence, tout à coup, mais Tsukia se mit alors à chanter. Et tout en chantant, elle lui fourra une bouteille d’hydromel entre les mains. C’était tellement… tellement tsuesque que Gil rangea la Rouquine dans un coin de son esprit (pas trop loin, pour pouvoir la ressortir plus tard) et pencha la tête sur le côté pour l’écouter. Tiens ? Est-ce qu’elle avait cet accent d’habitude ? Non, c’était le chant qui le mettait en relief, voilà tout. Curieusement, il dévoilait une Tsukia que Gil croyait connaître… et qu’il n’avait pourtant jamais vue. Le choix des paroles ? Pas uniquement. Il y avait autre chose. Une modulation, un soupçon d’embruns salés, une fougue peu commune… et une certaine fragilité. Sa bouteille à la main, Gil restait immobile, saisi par la chanson. Il ne savait pas trop quoi en penser mais une chose était sûre : ça le remuait. Et ça le remuait encore quand, une heure plus tard, elle remit ça alors qu’ils s’embarquaient à bord de la bicoque flottante de Rage. Le passeur ne parut pas sensible au chant de la marchombre ; impassible, il tenait la barre d’une main ferme et fixait l’horizon tandis qu’il manœuvrait son embarcation.

Assis en face de Tsukia sur un banc dont l’inconfort lui meurtrissait le dos, Gil écoutait Tsukia chanter. Il promena son regard bicolore autour d’eux, caressa la surface de l’eau scintillante du Pollimage, glissa sur les navires qu’ils croisèrent, s’arrêta brièvement sur le visage inexpressif de Rage, et revint se poser sur la jeune femme. Elle avait l’air de s’être faufilée dans un autre univers. Il suffisait de l’observer pour s’en persuader. Détendue, un rien de sourire sur les lèvres, elle laissait sa voix couvrir le murmure du vent dans la voile et, plus haut, le cri des mouettes. Gil se redressa sur son banc, réajustant sa position pour soulager ses muscles. Sa main qui tenait toujours le papier de Renzie, dans sa poche, finit par desserrer son étreinte et sortir à l’air libre. Ce fut pour décrocher la flûte de sa ceinture et la porter à ses lèvres. L’instrument contre sa bouche, il prit une inspiration tremblante. Il n’avait plus rien joué depuis la mort de Suviyo. Cette nuit-là, une fausse note s’était glissée dans la partition de sa vie et la musique qui l’accompagnait depuis toujours s’était arrêtée.

Tout doucement, il souffla. Le son qui s’échappa était grinçant, empreint de souffrance et d’amertume. Tenté de limiter les dégâts et de jeter la flûte à la flotte, Gil se perdit dans le regard étrange de Tsukia. Elle lui décocha un clin d’œil et changea de ton pour en adopter un plus aérien, plus léger, plus accessible. C’était une main tendue, invisible mais pleine d’espoir. Le cœur de Gil se mit à battre plus vite. Il modifia la position de ses doigts sur la flûte, raffermissant sa prise – et son courage. Puis il se mit à jouer. Les notes s’envolèrent, jaillissant de son cœur autant que de l’instrument, et se mêlèrent à la voix de Tsukia ; devenues amies, elles accompagnèrent celle-ci avec harmonie, soulignant son accent et portant la chanson bien plus loin qu’on aurait pu l’imaginer. Assis sur son banc, Rage haussa imperceptiblement les sourcils. Ce fut sa seule et unique réaction, mais qu’il en ait eu une prouvait à quel point ce qu’il entendait sortait de l’ordinaire. C’était fou. Complètement fou. Comment une simple chanson pouvait-elle transmettre autant d’émotions ? Les doigts de Gil volaient sur les trous de la flûte, retrouvant leur audace passée.

Une larme roula sur sa joue.

Sur l’autre rive, Gil serra la main de Rage. Ils ne s’étaient pas adressé le moindre mot. Puis l’envoleur se tourna vers Tsukia. Elle ne chantait plus. Lui, il avait rangé sa flûte. Mais tout son être vibrait encore de ce moment unique. Sans crier gare, il posa la main sur sa tête et l’attira contre lui, dans un geste un peu brusque qui témoignait d’une gauche tendresse. Merci gamine. L’instant suivant, il se remit à râler à propos de tout et de rien. Il avait réendossé le manteau de l’ours mal léché. Faut pas déconner quand même ! Oboran, le port dans lequel ils se trouvaient, grouillait de monde : c’était le cœur de la journée, ce moment d’affluence durant lequel il est presque impossible de circuler sans difficultés. Gil caressa l’encolure de Chante-Brume, que l’agitation n’atteignait pas, et jeta un coup d’œil amusé vers Tsukia. Celle-ci avait déjà plus de mal à contenir une Frénésie pleine de vie et énervée par tout ce monde.

- C’est qu’elle te ressemble pas mal, en fait, fit remarquer l’envoleur en les regardant lutter chacune à sa manière.

Il fit quelques pas puis s’arrêta, indécis. Ils pouvaient se quitter, maintenant. Tsukia avait l’air de reprendre du poil de la bête. Elle était capable de se débrouiller toute seule. Enfin, en théorie. Lui, il devait prendre la direction de la jungle. Mais auparavant, il avait des vivres à acheter. Son ventre grogna vivement à cette idée, lui rappelant avec humeur que son petit-déjeuner lui avait été dérobé par un piranha affamé.

- Viens, dit-il alors tout en opérant un demi-tour.

Il connaissait ce port pour s’y être arrêté de nombreuses fois. La première, c’était avec Seren. Une éternité plus tôt… Gil les conduisit dans des ruelles moins fréquentées, où se déplacer était plus facile. Il passa devant toutes les auberges sans jamais s’arrêter, même si un doux fumet s’échappait des fenêtres ouvertes. On avait beau être en hiver, c’était une belle journée, piquante de froid mais ensoleillée. Au bout d’un moment, Gil ralentit l’allure, puis s’immobilisa complètement. Devant lui s’étendait une impasse, jonchée de caisses éventrées et de morceaux de verre éclatés. Quelques chats errants crachèrent à l’approche de ces deux intrus mais abandonnèrent leur territoire en battant furieusement de la queue. Gil porta deux doigts à ses lèvres et poussa un sifflement qui fit renâcler Chante-Brume. Ce n’était pas celui dont il se servait pour l’appeler. Un instant plus tard, une silhouette apparut sur le toit de la maison qui fermait l’impasse. Dans la lumière du soleil, on ne distinguait que sa forme petite et menue. On reconnaissait aussi celle de l’arc qu’elle tenait entre les mains. Une flèche encochée, prête à filer dans un élan mortel.

- C’est moi, dit simplement Gil, comme si la menace de l’arme ne valait rien pour lui.
- Et elle ?

Voix méfiante.
Terriblement jeune.

- Ma petite sœur.

Gil avait répondu avec une spontanéité qui claqua dans l’air frais. L’archère réfléchit quelques secondes avant de baisser lentement son arme. Elle disparut comme elle était apparue, en un clin d’œil. L’envoleur en profita pour se tourner vers Tsukia qui le dévisageait d’un drôle d’air.

- Quoi ? grogna-t-il.

Mais avant que la marchombre ait eu le temps de lui répondre, une porte s’ouvrit, juste à côté d’eux. La mince silhouette de l’archère se découpait sur le seuil. C’était une jeune fille qui devait être à peine moins âgée que Tsukia. Ses longs cheveux blonds étaient nattés en une multitude de petites tresses fines, qui retombaient sur ses épaules et dans son dos. Elle était tellement menue qu’on aurait pu la croire mal malade si sa tunique, ouverte au niveau des épaules et sous les côtes, n’avait laissé voir des muscles bien dessinés. Sa constitution témoignait toutefois de la malnutrition dont elle avait été victime quand elle était enfant. Du reste, elle n’avait pas tellement l’air d’une fille, en dépit de ses traits fins, et sa poitrine était plate comme une planche à pain. Mais ce qui attirait l’attention, c’étaient ses yeux. Un vert émeraude, l’autre bleu turquoise. Des yeux vairons. Comme Tsukia et Gil ! Ce dernier fronça les sourcils et croisa les bras.

- T’as pas grandi. C’est bizarre, quand même. Pourquoi tu grandis pas ? Tu devrais grossir aussi.
- Va te faire voir, tronche de cake,
répliqua la gamine en lui tirant la langue.

Il aurait fallu être aveugle et sourd pour ne pas remarquer l’étonnante complicité qui liait ces deux-là. Gil secoua la tête, puis il désigna Tsu.

- C’est Tsukia.
- Elle te ressemble pas du tout.
- Plus que tu ne le crois…

Un creux de sourire démentant ses paroles, Gil désigna l’archère qui se tenait nonchalamment appuyée contre le linteau de la porte.

- Gamine, je te présente Brindille. C’est chez elle qu’on va manger ce midi.
- Quoi ?! Dis donc tu manques pas d’air ! Et puis j’ai pas que ça à faire, moi !

Le sourire de Gil s’élargit. Comme c’était plutôt rare, Brindille haussa les sourcils, puis soupira.

- D’accord, d’accord. La proprio n’est pas là mais je suppose que je vais quand même pouvoir farfouiller dans la cuisine pour…
- Merci.


Brindille se figea quand Gil passa près d’elle et déposa une bise sur sa joue. Ahurie, elle frotta pensivement sa pommette, puis son regard bicolore tomba sur Tsukia. Elle la dévisagea avec attention, persuadée que c’était elle qui était à l’origine de ce drôle de comportement chez Gil. Ça forçait le respect, évidemment… mais Brindille ne put retenir un petit élan de jalousie. Cette fille, la sœur de Gil ? Elle voulait bien être jetée en pâture à un trodd des marais si c'était vrai !


[Mmh, avec une autre gamine un peu amourachée de Gil, je ne sais pas ce que ça va donner ! Mais Brindille elle est cool, et Tsukia aussi, alors si ça se trouve ça va bien fonctionner ! xDD]

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MessageSujet: Re: Pas un pour rattraper l'autre [Tsukia]   Jeu 25 Jan 2018, 02:35

Pampam,palapam...

J'ai un rythme dans la tête et je l'en sort pas, je sais pas d'où il viens, alors je fais comme Gil et je passe à côté de la nana un peu folledingue une seconde... Ah et merde je peux pas me retenir.

Sans un mot, je prends la même position qu'elle avait plus tôt, avec son arc, puis je change imperceptiblement les appuis et vise un peu plus à gauche. Elle me fixe comme si elle se demandait ce que je veux dire, je fais semblant de viser une bouteille plus bas dans la ruelle, puis je lâche ma corde imaginaire en chuchotant ''Poof!''

Elle me regarde comme si j'étais folle, je lui pique un clin d'oeil et entre derrière Gil.

Au même moment où je fais mon second pas j'entends la bouteille se briser.

J'savais bien que ce gosse, caché par la maison à sa gauche, finirais par l'avoir, avec ses cailloux..!


Lucky you were born that far away so,
We could both make fun of distance.

Lucky that I love a foreign land for,
The lucky fact of your existence.

Baby I would climb the Andes solely,
To count the freckles on your body.

Never could imagine there were only,
Ten million ways to love somebody...

C'est pas énorme, comme endroit.

C'est bien comme ça, remarquez, mais ça manque d'agitation, y'as bien trois ou quatre musiciens, au fond de la salle, mais ils ont l'air de s'emmerder solide, du genre ça fait trois jours que personne leur as demander de jouer un truc marrant, et les gens présents aux tables sont tout silencieux, faudrait pas faire de bruit surtout, chut...

...Du coup je me dirige vers les musiciens, mais Gil m'attrape le poignet, me fait non de la tête, comme pour me dire de pas me faire remarquer... Et y'as l'autre, brindille, là, qui regarde avec intérêt, on diraient qu'elle se demande si je suis du genre soumise à ce cabochard...

...Tu rêve ma grande..!


Allez, Fréro le monde est marteau, il faut danser sur sa folie..!

Je libère mon poignet et reprend ma marche, m'assurant de me déhanchement légèrement plus quand un ou deux mecs me remarquent, piquant un clin d'oeil à Gil.

Les musiciens me remarquent, le plus vieux me demande déjà ce que je veux, du coup je pense une seconde.


Vous pouvez jouer un truc qui serait... Hmm...
Sexy mais brutal..?


L'homme me regarde surpris, mais l'un de ses confrères as un rire dans les yeux et il lui chuchote un truc.

Quinze secondes de chuchotements entre eux plus tard, le plus vieux me fait un hochement de tête et me fait signe de les laisser,
ce que je fais sans problème.

Je me dirige vers Gil qui as un sourcil haussé, et d'un coup j'entends un petit rythme qui commence derrière moi, un peu rapide, pas trop, avec un tempo égal mais un peu taré.

Je souris alors qu'on diraient que les clients sortent de leur léthargie en se demandant ce qui ce passe.

Je commence à danser un peu en marchant et Gil semble se dire que j'suis complètement folle... Autant lui donner raison en chantant..!


Sigo tranquila,
Like I'm on a beach in Anguilla,
Sippin' my Corona,
Like it's nothin' goin' on.

I ain't leavin' you alone,
What is meant for me,
No other girl is gonna take it,
So give it up...

...And I'm crazy, but you like it!

Loca, loca, loca...

You like that it ain't easy..!

Loca, loca, loca...

Brindille as l'air entre l'hilarité et le désespoir de Gil. Moi je m'amuse... Et je sais pas pour Gil, mais on diraient que certains types et peut-être même certaines nanas, dans cet endroit, aimerais bien voir plus de ma folie.

Désoler mes grands, mais je suis plus fait pour le ciel et le feu je crois, le premier mec à qui j'ai offert mon amour, il en voulait pas et est passé à ça de me tuer, le second il est assit à cette table, là,
et il as bien faillit me foutre le coeur en miettes, lui aussi.

Mais malgré le serrement au coeur quand je le vois, le simple fait qu'il ais prétendu, une seconde, que je faisait partit de sa famille me donne une bouffé de fraîcheur.

Même si bon, ce matin c'était plus une bouffé d'fessier hein, monsieur serviette...


And I'm crazy, but you like it,
'Cause the kinda girl like me,
They're running out of in the market.

And I'm crazy,
But you like it.

Loca, loca, loca.

You like that it ain't easy.

Loca, loca, loca...

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MessageSujet: Re: Pas un pour rattraper l'autre [Tsukia]   Sam 27 Jan 2018, 01:27

GIL




- Hum…

Pendant quelques longues secondes, ce « hum » s’attarda dans la pièce, à l’instar de la forte odeur de brûlé. Puis la fumée qui envahissait l’atmosphère eut raison des efforts de Gil, et il se mit à tousser. Ses yeux le piquaient, tout comme sa gorge. Il traversa la cuisine en quelques enjambées et ouvrit la fenêtre en grand. Le changement qui s’opéra fut instantané, la délivrance des respirations malmenées totale. Gil s’emplit la cage thoracique de cet air vif et pur, puis il se retourna, s’appuya contre le rebord de la fenêtre, les mains de chaque côté de ses hanches, et posa les yeux sur Brindille. Elle n’avait pas bougé. Droite et raide comme un i, les bras le long du corps et les poings serrés, elle fixait d’un air dépité ce qu’il restait de sa tentative de gratin. Autrement dit, presque rien. Le plat avait cuit trop fort et trop longtemps. Aucune partie n’avait survécu au massacre, aucun morceau n’était comestible. C’était un échec cuisant, autant le formuler ainsi. Un échec qui restait coincé en travers de la gorge de la gamine. Gil sentait que c’était à lui de faire quelque chose, l’ennui c’est qu’il ignorait quoi dire ! Tant pis pour le gratin, on passe à la suite ? C’est pas grave, y’a pas mort d’homme, mais on crève toujours la dalle ? Laisse tomber la cuisine ?

- Je pense qu….
- Laisse tomber,
lâcha Brindille d’une voix dure.
- … qu’on pourrait aller manger en ville, acheva Gil après un léger silence.

Silence qui revint pour ponctuer son idée. Désemparé, il se passa la main dans les cheveux ; il ne s’était pas rendu compte de la pression qu’il avait placé sur les épaules de Brindille, mais maintenant il était trop tard. Ils devaient manger. Lui, il avait encore du chemin à faire. Et puis un gratin, c’était un gratin ! Ils pourraient toujours en manger un la prochaine fois ! Sans doute aurait-il dû s’exprimer à voix haute. Peut-être que ses mots auraient rendu le sourire à la jeune fille. Mais non. Gil était un couillon. Sympathique, mais franchement couillon. Il faisait parfois preuve d’une telle étroitesse d’esprit que cela en était affligeant. Alors il se détacha de la fenêtre, attrapa le cadavre du gratin et l’enterra dans l’évier puis se dirigea vers la porte. En passant près de Brindille, il ralentit légèrement, posa brièvement une main hésitante sur son épaule et fila. Dans ce genre de situation, décidément, il ne savait absolument pas comment réagir ! Agacé par sa propre impuissance, Gil appela Tsukia à la cantonade. Il ne savait pas ce qu’elle fabriquait mais il n’était pas certain d’avoir très envie de le savoir…

- On y va ? lança-t-il quand l’interpelée apparut enfin.

Parce que vous je sais pas, mais moi, j’ai les crocs !



* * *


Brindille



Je dois avoir dix-huit ans, à quelques mois près. Je n’en suis pas certaine parce que je n’ai jamais fêté mon anniversaire, et personne n’a jamais pu me dire avec exactitude en quelle année je suis née. Je n’ai pas de parents qui peuvent remplir ce rôle, pas de famille qui puisse me servir de mémoire. La mienne a commencé dans le bruit et la fureur. Bruit des chiens qui aboyaient et grognaient en se battant à mort. Fureur des hommes qui les entouraient et les haranguaient en espérant remporter le combat. Qu’est-ce que je faisais là ? Aucune idée. Mystère complet. Mais j’étais là, du haut de mes trois pommes, et je me souviens qu’une grande main me tirait par le poignet. J’avais du mal à suivre le rythme, je devais courir pour rester au niveau de l’homme. Mon père ? L’ombre qui se découpe dans mon esprit ne m’inspire pas ce mot-là. Un père vendrait-il sa fille à un marchand pervers et répugnant ?

La perversité de mon maître ne m’est pas apparue comme une évidence au début. Sa répugnance, oui. Mais j’ai grandi avec, alors j’ai fini par m’en accommoder :  suivre cet homme bedonnant dans ses déplacements, lui apporter ses affaires, anticiper ses besoins, réaliser ses souhaits, c’était ce pourquoi il m’avait achetée. J’espère pour lui que je n’avais pas coûté trop cher, parce que je n’étais pas une servante très… rentable. Je veux dire, j’étais – et je suis toujours – plutôt maladroite, et franchement pas costaude. Je pense que c’est mon allure de brindille qui l’a inspiré pour mon prénom. Non, je ne devais pas être sa meilleure affaire puisqu’il me frappait chaque fois que je le décevais. Il suffit de compter les cicatrices sur mon dos pour deviner à quel point j’ai pu le décevoir. J’étais pourtant motivée, volontaire. Courageuse à ma façon, je pense. Ça n’a pas suffi.

Ce jour-là il m’aurait tuée. Il m’aurait vraiment tuée si un homme, le premier parmi tous ces gens qui depuis mon enfance se contentaient de baisser la tête et d’ignorer ma souffrance, ne s’était pas interposé. Comme ça, sans raison apparente. Cet homme, c’est Gil. Sur le moment, il m’a paru encore plus effrayant que mon maître. On aurait dit un ours sauvage, brutal et perpétuellement de sale humeur. Mais il m’a arrachée des griffes de mon maître et il s’est occupé de moi. Avec une brusquerie qui a nourri ma fascination pour lui. Il était rude, mais la moindre de ses remarques était plus douce que la plus petite claque de mon maître. Et lui, il n’a jamais levé la main sur moi. Je l’ai déjà vu en colère, c’est un monstre, un fou furieux, une bête, pourtant les murs sont les seules victimes de sa fureur. Avec lui-même. Qu’est-ce qu’il peut s’abîmer quand même… Des fois, ça me fait peur. Je me dis qu’il se fera tellement de mal d’un seul coup qu’il n’y survivra pas. C’est comme s’il connaissait mille façons différentes de se détruire. La plupart du temps, ce n’est même pas de son fait. Je crois que, comme moi, c’est un écorché de la vie. Elle ne lui fait pas de cadeaux. Remarque, il le lui rend bien.

Et moi ?

Ça aurait pu être pire ! Ce type est une vraie catastrophe ambulante mais je lui dois beaucoup. La vie sauve, déjà, et puis la vie tout court : une vie partagée entre les aventures rocambolesques et passionnées d’un vrai garçon manqué et l’apprentissage d’une jeune fille de bonne famille. Ce n’est pas ma famille. Madame Yealirsine, qu’on appelle toujours « Madame », a accepté de m’accueillir chez elle et de m’instruire mais j’ai du mal à me faire à son monde. A l’image qu’elle s’efforce de dessiner de moi. Enfin, ici je suis presque entièrement libre de mes mouvements. C’est pour ça que je ne me plains pas. Quand je ne suis pas en train de me coller une migraine avec de l’algèbre ou bien de travailler mon sens de l’étiquette, je suis dehors, dans la cour qui donne sur le toit, et je tire à l’arc. Tout le temps. Sans arrêt. Je perfectionne mon talent – le seul que je me reconnais véritablement. Et ça paye ! Depuis que Gil m’en a collé un entre les mains, je maîtrise l’arc avec plus d’expertise de jour en jour ! Je me vante peut-être mais je pense que des archères aussi précises que moi, dans cette ville, il y en a peu.

D’accord, je me vante un peu. J’aime bien montrer ce que je vaux. En fait, le seul qui arrive à me rabattre le caquet dans le domaine du tir, c’est Gil. C’est horriblement frustrant. Je veux dire, il ne paraît pas, comme ça ! Parfois on en viendrait même à douter qu’il sache tenir un arc. Mais quand il assemble son Perce-Vent, quand il attrape une flèche entre ses deux doigts, quand il tend la corde de son arc pour la ramener à sa joue, quand il vise et quand il tire, il est sidérant. Une fois sur trois, je ne suis pas la trajectoire de la flèche, sachant déjà qu’elle trouvera sa cible sans problème. Non, ce qui me fascine, c’est le regard de Gil. On dirait qu’il accompagne sa flèche jusqu’au bout, qu’il se détache de lui-même. C’est après cette expression que je cours quand je m’entraîne pendant des heures sur le toit. Je m’en suis fait la promesse : un jour, je dépasserai Gil, et mes flèches iront là où les siennes ne peuvent pas se rendre.

Ce qu’il y a, c’est que dépasser Gil n’est pas mon seul désir… il y a autre chose. Quelque chose de plus diffus et en même temps d’immense, un truc qui m’a pris à l’instant même où je suis tombée dans le contraste saisissant de ses yeux. J’ai du mal à le définir. Disons que c’est l’empreinte d’une détermination farouche, parfois obsessionnelle : je veux qu’il me voie. Pas seulement qu’il me regarde ! Il le fait souvent, ça. Parfois avec amusement, souvent avec agacement, comme si je l’ennuyais. Je l’ennuie sûrement. Comme là, quand j’ai complètement foiré le gratin alors que je voyais bien qu’il avait faim. Je m’en mords encore les doigts ! J’ai râlé quand il m’a demandé de cuisiner – il sait que je n’aime pas ça – mais je voulais tellement réussir ce plat pour lui que… que j’ai mal géré la cuisson. Il paraît qu’on appelle ça un euphémisme. Madame s’est mise en tête de m’apprendre de nouveaux mots… Bref, je suis en train de marcher derrière Gil, tête basse, dépitée par cet échec qui pèse dans ma poitrine. J’ai honte ! Surtout que l’autre fille – Tsukia – n’est pas comme moi ! Elle assure, ça se voit. Elle assure vraiment. Tout à l’heure, dans l’impasse, je n’ai pas compris ce qu’elle faisait sur le moment. J’ai d’abord pensé qu’elle se moquait de moi. J’ai eu envie de lui enfoncer une flèche dans la gorge pour lui apprendre. Et puis sa flèche imaginaire a fait exploser une bouteille de verre, et là, j’ai senti ma mâchoire se décrocher. Littéralement ! Ce n’est qu’en voyant Luren, le fils de la voisine, que j’ai compris. Et ça a rendu l’instant plus classe encore…

Mon regard quitte le bout de mes chaussures et tombe sur elle.



*  *  *


Gil



L’établissement qu’ils avaient choisi était étroit. Il longeait un quai qui rejoignait le Pollimage, mais sa position éloignée du port attirait dans doute moins de clients que s’il avait été bâti au centre du port. De fait, il n’y avait pas foule, et les quelques personnes attablées n’étaient pas bruyantes. Les conversations étaient chuchotées et le calme ambiant qui en découlait était plutôt reposant. Des musiciens nettoyaient tranquillement leurs instruments au fond de la salle. Le mobilier était neutre et la décoration très sobre. Sachant qu’ils étaient là pour manger un peu, ce n’était pas des détails cruciaux, mais plus le temps passait et plus Gil regrettait d’avoir écouté son ventre. Les filles ne disaient rien. Venant de Brindille ce n’était pas très étonnant, elle pouvait être un vrai moulin à paroles parfois, comme si elle rattrapait une enfance passée à se taire, mais elle se vexait vite et cet accident de gratin avait probablement ruiné sa journée. Tsukia, en revanche, était anormalement silencieuse. Ça sentait le coup foireux. Gil plissa les yeux en l’observant avec suspicion. Il avait renversé sa chaise jusqu’à ce que le dossier s’appuie contre le mur, dans son dos ; dans sa main, une chope de bière lui permettait de patienter en attendant l’arrivée de son plat.

Soudain, Tsukia se leva. La chaise de Gil bascula aussitôt en avant. Comme il avait anticipé son geste, il lui saisit le poignet avant même qu’elle eût fait demi-tour. Pas question, la somma-t-il avec la force de son regard perçant. Tu vas encore t’attirer des ennuis. L’épouvantadorable marchombre se dégagea dans un sourire et fit quelques pas sautillants vers les musiciens. Gil soupira et s’enfonça sur sa chaise, les bras croisés sur la poitrine. Très bien ! Elle voulait se donner en spectacle, il allait regarder sans bouger. Tant pis pour elle si ça tournait au vinaigre. Il marmonna quelque chose dans sa barbe, sentit le regard de Brindille posé sur lui et lui jeta un coup d’œil ; la jeune fille avait une drôle d’expression qu’il ne parvint pas à déchiffrer. Il haussa un sourcil mais elle reporta son attention sur Tsukia. Il en profita pour l’observer attentivement. Brindille n’avait pas grandi, sans doute resterait-elle très petite et très menue, mais elle avait changé quand même : correctement nourrie elle avait pris un peu de muscles et quelques formes féminines, au niveau des hanches et de la poitrine. Ses traits semblaient plus délicats, moins enfantins que la dernière fois. Il se demanda si elle n’avait pas pris un centimètre parce que son anatomie s’était focalisée sur la croissance de ses cheveux. Quand il l’avait trouvée, elle avait l’air un oisillon tombé du nid avec ses cheveux très courts sur le crâne et perpétuellement ébouriffés. A l’époque, ils tiraient davantage sur le roux qu’à présent. Et là, ils cascadaient sur ses épaules en petites tresses folles. Les coiffer ainsi avait dû lui prendre un sacré bout de temps. Brindille devenait-elle coquette ? A la voir ainsi, assise avec nonchalance sur sa chaise, dans une attitude plus masculine qu’autre chose, c’était difficile à concevoir. Elle avait posé son carquois et son arc près de sa jambe, et les vêtements qu’elle portait, une tunique verte et noire, lui donnaient plutôt l’air d’une guerrière.

Il y avait un éclat de fierté dans le regard de Gil. Il était content de se dire qu’elle grandissait bien. Enfin, au sens littéral du terme… Il appréciait les quelques moments passés à la défier au tir à l’arc, chaque fois sidéré par les progrès qu’elle faisait et la détermination qui l’animait. Et il était soulagé de la savoir entre de bonnes mains. Yearlirsine était une femme complexe, sévère et maniaque, mais elle était juste et elle prenait soin de Brindille. Gil n’aurait jamais laissé sa protégée dans un endroit sans s’assurer qu’elle y serait en sécurité – et heureuse. Dans un pincement au cœur, il songea brusquement que Suviyo aurait pu se tenir là un jour, à l’aube de ses dix-huit ans, en train de bouder après avoir raté une expérience culinaire ; quand cette pensée cruelle lui traversa l’esprit, l’expression de Gil se durcit et son regard s’assombrit. Il baissa la tête et s’enferma dans sa bulle de solitude. C’est alors que la musique retentit. Haute, claire, joyeuse, tapageuse même, elle brisa cette bulle en un million de morceaux et secoua Gil. Il fronça les sourcils, agacé qu’on le dérange dans ses propres pensées, et leva les yeux. Qui s’écarquillèrent.

Tsukia, cette insupportable gamine qu’il avait réparée pour cause de blessure grave au couteau quelques heures plus tôt, était en train de se déhancher sur la musique. Cette gosse n’a absolument aucune conscience du danger, réalisa-t-il enfin. Il se demanda même si elle avait un instinct de survie. Quelle folle ! Si elle continuait, sa blessure allait se rouvrir ! Elle aurait dû passer la journée allongée, ou bien tranquillement assise au lieu de se trémousser sur un air complètement déjanté. Du reste, ça lui allait plutôt bien, et sa façon de danser était si bien accordée à sa personnalité qu’il était difficile de ne pas la trouver charmante. Elle attirait tous les regards, y compris celui de Brindille, et semblait s’amuser comme une petite folle. En d’autres circonstances, Gil l’aurait laissé faire, d’autant que le serveur qui s’occupait d’eux arrivait avec son plat. Il n’avait pas mangé depuis deux jours, son ventre commençait à se déguster lui-même, la simple odeur de viande grillée lui faisait tourner la tête. Il avait faim, bordel ! Pourtant, en dépit de ce besoin primitif, de son égoïsme naturel, de sa mauvaise humeur et de sa promesse de ne pas bouger d’un pouce, l’envoleur bondit de sa chaise et dépassa le serveur sans s’arrêter.

Empêcher Tsukia de danser ? Quelqu’un en était-il seulement capable ? Gil n’était pas fou, enfin, pas trop ; il savait qu’on n’éteint pas un feu follet par la simple volonté. Alors il ne chercha pas à l’arrêter. Il glissa un bras ferme autour de sa taille et la plaqua contre lui. De cette façon, il exerçait une certaine pression sur sa blessure et repoussait l’instant où elle risquait de s’ouvrir. Mais du coup, il était coincé. Obligé de suivre un rythme qu’il n’appréciait pas, avec dans les bras une gamine complètement tarée que la situation amusait beaucoup.

- Je deviens dangereux quand j’ai trop faim, la prévint-il en la faisant tourner sans la lâcher.

Il ne savait pas danser sur ce genre de musique. Comme ce n’était pas son but, il s’en fichait royalement : il essayait de se rapprocher de leur table, mais bien sûr, Tsukia l’entraînait dans l’autre sens. Sale gosse.

- Tsu…commença-t-il, juste avant de sentir deux mains le tirer en arrière.

C’était si soudain qu’il se laissa prendre par surprise. Il lâcha Tsukia. L’instant suivant, Brindille se trouvait à l’exacte place de la sale gosse.

… hein ?!



*  *  *


Brindille


Comment elle fait ça ?

Comment ?

Toutes les fois où je me suis retrouvée dans un endroit pareil en compagnie de Gil, je n’ai jamais réussi à le faire danser. Il a toujours une bonne excuse. Il grogne. C’est un ours qui cache mal sa tendresse. Il n’y a qu’à voir la façon dont il veille sur Tsukia… Elle m’a raconté qu’elle s’était blessée et qu’il l’avait soignée. C’est drôle, quand elle parle de lui, elle l’appelle Gilou. On dirait qu’ils se connaissent depuis toujours, et je ne sais pas, ça me pince le cœur, un peu. Mais alors que j’aurais pu ressentir une bouffée de jalousie, celle-ci s’est diluée dans tout l’intérêt que je porte à la scène : être blessé, c’est ça qui retient son attention ? Il suffit que je me prenne un couteau dans les côtes pour qu’il me voie enfin ? A moins que…

… mon regard croise un bref instant celui de Tsukia. Je crois qu’elle me fait un clin d’œil, enfin c’est peut-être un jeu de lumière dans son regard si étrange – mais ça me donne soudain le courage dont j’ai toujours manqué. Je me lève à mon tour, ignorant l’assiette de Gil – il a pris du gratin, ce con ! – pour fendre la foule et le tirer en arrière. Je manque de trébucher quand il me tombe presque dessus. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi simple ! Il est si grand ! Pour le coup, il a l’air aussi surpris que moi. Il me dévisage d’un air perplexe, ses grands yeux bleu et marron brillant d’incompréhension. J’en profite pour le serrer contre moi. Voilà, moi aussi j’ai réussi. Grâce à Tsukia. Et c’est dans son sourire de connivence que je trouve enfin le petit bout d’un lien de complicité entre elle et moi. On appelle ça la solidarité féminine, je crois. Quoi qu’il en soit, désormais, Gil ne peut plus s’échapper. Sollicité à tour de rôle par Tsukia et moi, il bouge en rythme avec la musique, un rien gauche, terriblement mignon dans sa brusquerie coutumière ! Je sens mes joues qui s’empourprent sous l’effet de la danse. Oubliant mes réserves, j’évacue toute la tension accumulée depuis mon tollé dans la cuisine. Ça fait du bien.

- Ça suffit.

Je sursaute en réalisant soudain que la musique a fini par s’arrêter. C’est Gil qui vient de gronder ces deux mots en attrapant à nouveau Tsukia dans la puissance de son bras. En regardant sa taille, je remarque la petite tache rouge qui colore le tissu. Déjà Gil l’entraîne vers la table. Il l’assoit avec rudesse sur sa chaise et, sans lui laisser le loisir de le repousser ou bien de s’offusquer, il relève sa tunique pour examiner sa blessure. Je m’approche doucement, fascinée par le mouvement délicat de ses grandes mains. Ce sont des mains de tueur, formées au combat depuis des années. Là, elles effleurent à peine la peau de Tsukia tandis qu’il se démène pour changer son pansement. Au bout d’un moment, je me penche pour l’aider.

- Pas une pour rattraper l’autre, marmonne-t-il dans sa barbe.
- Ça valait le coup.

Gil me jette un rapide coup d’œil et j’écarquille les yeux en comprenant que j’ai parlé à voix haute, puis il réajuste le vêtement de Tsukia et se redresse.

- Dites, c’est possible de manger sans que vous ne fassiez des bêtises ?

Je laisse un sourire amusé apparaître sur mes lèvres et échange un regard avec Tsukia. Quelque chose me dit qu’il n’aurait pas dû poser une telle question…

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"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."


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Tsukia Til'Werin
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MessageSujet: Re: Pas un pour rattraper l'autre [Tsukia]   Sam 27 Jan 2018, 02:55

Gil...

Il me regarde, se demandant évidement s'il me fait mal en retirant le pansement... Et ça me fais chier, alors je le repousse d'un pied sur la joue et le tient ainsi pour l'empêcher d'agir, il se débat un peu alors j'utilise mon autre jambe et le retient dans une clef frontalière, il comprends vite que s'il remu trop, ça va pas le tuer mais ça va faire TRÈS mal et lui fiche un torticoli, alors il se calme et m'observe, tout comme Brindille, alors que je prends le fil et l'aiguille de la trousse de Gil, qui semble se demander si je vais vraiment oser utiliser ÇA pour une blessure de ce genre, et il devrait pas se le demander. Je mords mon collet et plante l'aiguille dans la peau sous l'air surpris de mademoiselle l'archère.

Ça fait mal, et mon oeil gauche saute une seconde, mais je me tais et recoud le tout sous les deux regards de mes compagnons du moment et de plusieurs types de l'endroit qui ont l'air de se dire que j'suis toute une femme...

...Z'avez pas idée, les mecs..!

Je termine le tout, fiche un noeud, puis coupe l'excédent avec un couteau et je refiche le tout à la ceinture de Gil, dans sa trousse que j'ai chaparder, avant de le lâcher en basculant vers lui, lui fichant un bisou sur la joue.

Il est resté immobile, mais il as grogner hein, beaucoup plus qu'un type ne grogne normalement la tête entre les jambes d'une nana.

Je finit ma pensée de plus tôt en me rasseyant.


Tu sais bien que les gens sont intimidés quand une fille est confortable dans son corps et sa sexualité et que j'suis un 180 degrés du stéréotype de la nana qui aime rester chez elle et jouer l'innocente...

Les embrouilles et les bêtises, je vis pour ça, en gros...

...J'suis comme toi!


My mouth never takes a holiday,
I always shock with the things I say.

I was always the kid in school who turned up to each class bout an hour late and...

When it comes to the guys I'd lay,
I'd always pick the ones who won't figure out that I was clearly rebel to the idea of monogamy.

People think it's intimidating when a girl is cool with her sexuality,
I'm 180 to the stereotype girls like staying home and being innocent...

Je bouffe relativement rapidement, faut dire aussi que j'aime bouffer chaud et que ce steak au poivre, ainsi que les légumes qu'il y as avec, sont délicieux.

Quand je regarde à table, Brindille as carrément finit, tient justement elle prends sa dernière bouchée, et Gil...

... MAIS T'ES GELÉ OU QUOI!? KAÜNIS T'AS CONGELÉ LE SANG!?

Tient, c'est vrai, il sait pas que j'ai rencontrer Kaünis et elle m'as dit que ce serait marrant, la mentionnée. Bon je garde ça de côté et puisqu'il n'as pas encore finit, il est même pas à la moitié l'escargot, je regarde le plus vieux des musiciens encore, il attends mon signal comme prévu l'hors de ma première demande, j'lui fiche un clin d'oeil et il commence avec ses compères un rythme encore plus déjanté, très rapide, très... Sauté...

Gil sort de sa torpeur en semblant penser ''OH NON!''

Mais trop tard, j'ai déjà tiré Brindille, toute surprise, pour lui apprendre comment on dansent, avec un Gilou.

Elle me fixe un peu curieuse quand je la colle contre moi, elle bouge pas, je lui fiche sa main dans la mienne et elle ne comprends pas le message, alors je prends l'autre et la fiche sur mes hanches, loin sur mes hanches, en roulant les yeux au plafond, pas de gène ma grande on as les mêmes choses aux mêmes endroits... Enfin, relativement elle as peut-être un tout petit peu de poitrine de plus.

Je tente de la faire danser un peu, mais elle est toute raide alors je soupire encore m'attrape le front dans les mains, puis je regarde les musiciens et fait signe d'arrêter, puis tente de communique en signes. Non pas plus bas, plus haut, c'est ça, et quatre par mesure, pas trois. Ouais je sais que c'est pas standard pour ce genre de chanson et fichtrement dur, t'en est capable ou merde..?

Quand ils comprennent, ils recommencent un rythme avec plus de tempo, qui ne semble pas être fait pour danser, un peu répétitif, il lui manque quelque chose, alors je me retourne vers brindille qui est encore là, gelée, et qui as besoin d'apprendre.

Pas à être une fille de haute qualité, ça elle en as l'air avec les cheveux tressés et tout.

Mais elle est si raide et elle as l'air si sérieuse que si j'étais un type, je ne l'imaginerais pas nue, trop l'air fâché. Alors un Gil? C'est toute une bête à prendre, ma grande, je le sais, crois moi.

Il lui faut une leçon et moi, les leçons, je donne en chansons.


Bon alors relax les épaules... Encore... ENCORE MERDE!

Bien, allez, arrête d'être si raide ma grande, t'es pas là pour te battre, t'es là pour t'ouvrir au monde, oublie un peu d'être respectable, ou pas, soit juste toi...


Elle regarde autour, elle as évidemment de la difficulté avec le fait que presque tout les mecs et plusieurs nanas de l'endroit ne nous regardent... Soupiiiiireuh.

Bon ben plus qu'une solution.


Être toi ne dépends pas de qui regarde, tient moi, par exemple, et bien...

I pick all my skirts to be a little too sexy,
Just like all of my thoughts they always get a bit naughty.

When I'm out with my girls I always play a bit bitchy,
Can't change the way I am sexy naughty bitchy me.

I'm the kind of girl that girls don't like,
I'm the kind that boys fantasize,
I'm the kind that your momma and your daddy were afraid you'd turn out to be like.

I may seem unapproachable,
But that's only to the boys who don't have the right approach,
Or ride that makes a girl like me want to hop in and roll.

People think it's intimidating when a girl is cool with her sexuality,
I'm a 180 to the stereotype girls like staying home and being innocent.

Je commence à chanter pour me décrire... Certains diraient comme une garce, mais rien à foutre.

Je montre d'abord une taille moins que convenable pour une jupe de ma main, pour aider l'imagination, puis je tapote mon crâne, ouais je pense louche, mais aussi y'as des trucs comme Gil sans serviette, là dedans, hein..!

Enfin, pour la fin de mon refrain, je me glisse derrière Brindille, gelée sur place, et lui attrape les seins.

LÀ elle réagit.

Elle me repousse maladroitement et je m'éloigne en chantant, mais quand elle se retourne, je vois dans ses yeux.

Derrière la rage, derrière la gène, il y as un brin de folie que je reconnais, un brin de sensualité...

Une brindille d'admiration, si je puis dire, pour le fait que je ne me formalise pas le moins du monde des murmures à mon sujet qui glissent déjà dans l'endroit.

J'arrête un d'eux, justement, en m'asseyant sur une table ou un mec déglutit péniblement, je lui frôle le menton de ma main droite, douuuucement... Puis décolle de sa table alors qu'il me suis du regard... Et lui lance sa petite bourse en plein visage.

Il l'attrape, réalise que je lui ais piqué dans sa confusion et s'empourpre encore plus, alors je lui envoi un baiser dans l'air.

Pour finir, je réutilise ma phrase de plus tôt et on diraient que Gil rage un peu de ça dans son coin, mais il intervient pas, de toute je l'ais fait exprès...

Et Brindille semble sur le point de se dégêner.

Allez, un autre petit couplet...


I like all of my shorts to be a little too shorty,
Unlike all of my guys I like them tall and frisky...

I love all of my nights to end a little bit nasty,
Can't change the way I am,
Sexy, naughty, bitchy me..!

I pick my skirts to be...

Sexy!

Just like my thoughts, a bit...

Naughty!

When I'm out with my girls...

Bitchy!

Can't change...

I am...

Sexy, naughty, bitchy me..!

Gil as fait un grognement audible d'ici quand je l'ais pointé comme étant un mec ''grand'' et ''un peu pervert''.

Le vrai effet, cela dit, c'est quand Brindille commence à se prendre au jeu et qu'elle se colle contre moi, me piquant carrément la vedette en dansant TRÈÈÈÈS près. Bah voilà, ça veux rien dire, une danse.

Sauf que Gil pour le coup bouffe si vite que son gratin va lui sortir par les oreilles, paye plus vite que son ombre et se dirige vers nous d'un pas décidé juste comme la Brindille s’apprête à chanter un peu, ou danser, je sais pas trop, c'est ça qui est ''Fun''.

Maintenant, il faut savoir si ma nouvelle coupine veut tenter d'être une prédatrice de Gilou avec moi ou non...

...La soeur et celle qu'il considère évidemment comme une fille...

...Parlez moi d'inceste, hein..!


Naughty, naughty, naughty,
We just wanna party.

It's all about fun and games,
Until I hurt somebody.

Definitely not an angel,
But I'm not that evil, you know...

I'm just so addicted,
To beautiful people, uh oh...

I'm getting sucked into the night,
I'm out ahead and losing control...

...Oh no...

Get me wrong and get me right,
You know that I can never say no...

...Oh no...

Naughty, naughty, naughty,
We like to party!

I know you hate it 'cause,
I flirt with everybody..!

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Pas un pour rattraper l'autre [Tsukia]   Lun 29 Jan 2018, 21:35

Gil marchait vite, à grandes enjambées qui témoignaient de son humeur présente : il était en colère. Brindille, qui marchait derrière, trouvait que ça lui allait bien. Heureusement d’ailleurs, parce que c’était l’émotion qu’il montrait le plus souvent. Mais elle ne comprenait pas bien le motif de sa fureur : était-ce parce que Tsukia avait remis ça, et pas qu’un peu ? Parce qu’elle avait recousu sa blessure toute seule ? Elle n’osait pas envisager qu’il n’avait pas aimé la voir danser. Elle, elle s’était bien amusée. C’est elle qui aurait dû être furieuse qu’il ait interrompu ce moment de pure folie. Gagnée par celle de Tsu, elle s’était mise à bouger comme jamais, elle qui n’avait jamais rien dansé de particulier dans sa vie ! Pourquoi se comportait-il comme ça ?

- Je ne suis pas en colère contre toi.

Gil venait de s’arrêter. Brindille lui rentra dedans juste avant que Tsukia ne la percute. Imperturbable, Gil se retourna vers elles. Ils se trouvaient à deux rues de la maison. Des nuages couvraient le soleil et promettaient un après-midi mitigé, sans doute pluvieux. Dans le regard de Gil, toutefois, il y avait de l’orage. Agacée de ne pas pouvoir éclaircir cette tempête intérieure, Brindille leva le menton et toisa son ami.

- On dirait que si. J’suis désolée pour le gratin, j’ai vu Louise, la cuisinière de Madame, en faire un une fois, mais je manque d’expérience. Comme pour la danse.
- De quoi tu parles ?
grommela Gil en haussant un sourcil. Je te parle de moi. C’est après moi que je suis en rogne, gamine.
- Je suis plus une gamine !!!


Brindille avait crié. La colère de Gil la gagnait elle aussi, colorant ses joues sous les minuscules tâches de rousseur. Elle en avait marre qu’il la considère comme l’enfant qu’elle n’avait jamais été ! Elle n’avait pas besoin d’être protégée ! Surtout pas après avoir dansé sur des notes aussi sensuelles en compagnie de Tsukia !

- Si, murmura Gil, troublé par cette démonstration de force.

De la part de Tsukia, il n’aurait pas été surpris – mais Brindille ? C’était une force de la nature, une jeune fille farouche et sauvage, toujours en quête de cette liberté qu’elle découvrait chaque jour davantage, sauf que son tempérament était plus calme, plus posé, plus raisonnable… Il enfonça les mains dans ses poches et fronça les sourcils.

- Si, reprit-il d’un voix plus forte. Vous êtes des gamines, toutes les deux. Insupportables, incapables de vous tenir correctement à table, de ne pas courir de risque, de ne pas vous faire remarquer. Je le sais mieux que personne, c’est pour ça que je suis furieux après moi. J’aurais dû t’aider à faire à manger, on aurait déjeuné chez toi et à l’heure qu’il est, je serais déjà sur la route.
- T’as qu’à partir si tu y tiens vraiment !

- J’y tiens oui, mais pas pour les raisons que tu as dans le crâne. Enfer !

Excédé, Gil leva les bras vers le ciel et se mit à faire les cent pas.

- Est-ce que vous pigez les choses quand on vous les dit ? C’est crevant de devoir tout traduire !
- Tu ne m’aimes pas.


C’était la traduction de Brindille. Une version lâchée d’un ton froid et souligné par un grand regard bleu-vert humide. Gil se figea dans la rue. Il la regarda. Puis il regarda Tsukia. Elle ne disait rien, pour une fois. Dans d’autres circonstances, il aurait pu profiter de cette aubaine pour la taquiner un peu, elle qui ne fermait jamais son clapet ! Mais son regard brillait aussi. Alors, il soupira.

- Vous m’emmerdez, les filles. Non, Brindille, écoute-moi. Ecoute-moi sans rien dire parce que sinon, je vais m’énerver pour de bon. Je ne sais pas aimer les gens correctement. C’est con à dire, mais c’est comme ça. Les gens que j’aime finissent mal. Au mieux ils s’éloignent, au pire ils meurent. Avec la vie que je mène, je le mérite, alors ce n’est pas une plainte mais un constat. Rien qu’un putain de constat, d’accord ? Et vous deux… Je passe pas mon temps à vous réparer pour le plaisir, c’est clair ? Je le fais parce que je tiens à vous. C’est tout. C’est comme ça aussi. Mais vous attendez de moi quelque chose que je ne pourrai jamais vous offrir. Faut le comprendre, c’est pas… C’est pas bien. Tsu, c’est la sœur attachiante que j’ai jamais eue. On ne couche pas avec sa sœur, même si elle est bien foutue. Toi, Brindille, tu es…

La voix de Gil se brisa. Il se râcla la gorge pour libérer l’énorme poids qui s’y était logé. Celui tomba au fond de son cœur, comme une pierre un peu trop lourde.

- … tu es la fille que je n’aurai jamais.

Voilà, c’était dit. Dur à encaisser pour deux jolies minettes amourachées, dur à dire par un ours mal léché. Pouvait-il faire une plus jolie déclaration ? Pouvait-il les repousser d’une meilleure façon ? C’était un 2 en 1, un témoignage d’affection qui se mariait à une distance clairement édifiée ; il ne pouvait pas laisser ces deux-là continuer sur cette voie. Pour des tas de raisons qu’il n’évoquait pas. Outre la différence d’âge et les liens qu’il venait de citer en guise d’explication, il y avait sa propre constitution : c’était un homme, un type bourré de défauts dont celui de ne pas résister à la tentation. Ça l’avait perdu trop de fois pour qu’il se laisse avoir à nouveau. Et puis, son cœur ne survivrait pas à un autre séisme. Ces dernières années, il avait trop perdu au change pour s’en sortir indemne. Le prochain cœur brisé signerait son arrêt de mort. Il n’avait pas envie d’essayer. Mais il ne pouvait pas nier qu’il avait joué dans le jeu de Tsu et de Brindille, et c’est justement pour ça qu’il s’en voulait ! Quelle idée de se balader à moitié nu devant Tsukia ! De danser avec Brindille ! Il les avait encouragées. Pauvre raclure. Fiche le camp avant de faire d’autres bourdes, tu veux ?

- Je dois m’en aller.

Il avait lâché ces mots du bout des lèvres. Il en avait moins envie, tout à coup. Mak l’attendait certainement mais ces deux-là, pourtant capables de se débrouiller mieux que lui dans la nature, lui paraissaient soudain plus fragiles que de la porcelaine. Foutu instinct protecteur de merde. Brindille ne lui laissa pas l’occasion de filer. Elle se planta devant lui, se hissa sur la pointe des pieds et le gifla à toute volée. Il sentit sa lèvre se fendre sous l’impact. Elle y avait mis toute sa colère, toute sa déception, toute sa souffrance. Ça faisait beaucoup. Ils se mesurèrent du regard en silence, le bleu dans le marron, le vert dans le bleu, quatre nuances pour deux âmes écorchées vives. S’alluma alors, dans celui de Brindille, une lueur mauvaise qui fit frissonner Gil. Elle ne dit rien, tourna simplement les talons et s’enfuit en courant. Gil ne fit rien pour tenter de la rattraper, mais il contempla longuement l’endroit où elle avait disparu. Son instinct avait beau lui pourrir la vie, ça n’en restait pas moins un excellent atout. Atout qui venait de virer au rouge.

Danger !


*


BRINDILLE

Tout au fond de moi, je sais que c’est idiot. Je suis en train de faire quelque chose que je ne devrais pas faire. Mais c’est comme si j’étais incapable de m’arrêter, poussée par une triste colère qui affecte tous mes sens, y compris celui de la raison. Je ne me reconnais pas moi-même… C’est le constat que je me fais en croisant mon reflet dans une vitre. La robe que j’ai dérobée dans le placard de Madame est un peu trop grande, surtout au niveau de la poitrine, alors j’ai bidouillé, avec quelques épingles et un peu d’imagination : ça donne un décolleté très échancré et un tissu de velours noir qui remonte le long de la jambe gauche, dévoilant le genou et la cuisse.

J’ai défait toutes mes tresses. Du coup, une lourde masse de cheveux blond-roux retombe sur mes épaules en boucles folles, sauvages, indomptables. J’ai l’impression d’avoir dix ans de plus, d’être une femme fatale en mesure de mettre tous les hommes à genou. Le seul qui m’importe m’ayant plantée, j’ai décidé d’aller chercher mon bonheur ailleurs. Mais peut-on vraiment trouver le bonheur dans les bas-fonds des rives du Pollimage ? Depuis que la nuit est tombée, les quais semblent fourmiller de dangers. Chaque personne que je croise me paraît louche.


Elle l’est sans doute.

M’armant de courage, je me fabrique une expression décontractée, adopte une démarche chaloupée tout en repensant à ma danse avec Tsukia, et c’est ainsi que j’avance vers le dernier ponton d’amarrage du quai. Un homme est assis sur une caisse. Il lève une main pour me faire signe de m’arrêter, puis il me détaille de la tête aux pieds. Son regard caresse mon corps sans détours. Je frissonne moins de froid que de gêne, mais ça ne semble pas le choquer. Il finit par se lever. Il est immense. Mon cœur bat sourdement dans ma poitrine. Quand il s’approche, une bouffée de regrets m’envahit, sauf que je suis incapable de tourner les talons. Une main s’envole, frôle ma joue, mes lèvres, ma gorge vulnérable. Et cette fois-ci c’est un frisson de plaisir qui me traverse. Les regrets s’effritent, la détermination revient. Sans un regard pour le croissant de lune orangé qui dessine un sourire inquiet dans les ombres du soir, j’abandonne ma main dans celle de Rage et le suis à l’intérieur de son bateau.

La cabine est minuscule. A peine la porte s’est-elle refermée derrière moi que Rage me plaque contre le mur. Ses lèvres écrasent les miennes, il m’embrasse furieusement. C’est excitant et douloureux à la fois, surtout quand il sort les dents pour éprouver la chair tendre de ma lèvre inférieure. Et… c’est la première fois que j’embrasse un homme, alors je suppose que c’est normal si je suis renversée par tout un tas d’émotions contradictoires. Mon corps tremble sous la puissance du sien. Il est très mince, bien plus que Gil, mais sa force m’impressionne. Ses cheveux gris lui donnent un âge incertain, sa fougue laisse deviner une jeunesse encore là. Les mains plaquées sur le mur, de chaque côté de mon visage, il m’embrasse à m’en faire perdre le souffle. Est-ce que j’aurais pu ressentir une telle passion dans les bras de Gil ? Je ferme les yeux, je me laisse faire, je réponds maladroitement. Rage laisse échapper une sorte de rire contre ma bouche. Il attrape mes poignets, les lèves au-dessus de ma tête, les emprisonne dans une poigne d’acier. Ses lèvres gourmandes glissent le long de ma gorge, se perdent dans mon cou, goûtent mon épaule. Son autre main descend lentement sur le tissu de ma robe.

Quand elle effleure la pointe d’un sein à travers le velours, je laisse échapper un gémissement et tout mon corps se tend – mais déjà, Rage est descendu plus bas. Je rouvre brusquement les yeux en percevant l’intrusion de ses doigts à un endroit encore innocent. Mon cœur s’emballe. Ça va trop vite ! Je commence à m’agiter, cherchant à échapper à la main qui m’immobile et à celle qui m’effraie, puis je me débats franchement quand je réalise enfin. Rage ne me laissera pas partir. Son regard s’est durci, tout comme son sexe qui exerce une pression lourde de promesse contre ma hanche. La panique me coupe le souffle. Toute trace de désir a disparu. La colère a été balayée par la peur. Qu’est-ce que j’ai fait ?? Je me suis jetée dans la gueule du loup ! Je sais bien que Rage est un tueur. J’ai cru pouvoir l’aguicher et prendre le plaisir que l’on m’a refusé. J’ai cru pouvoir oublier Gil. Quelle idiote !! Tout ce qui va se passer en réalité, c’est un viol…

Dans un sursaut de désespoir, je réussis à libérer une de mes mains. Mon poing serré heurte une mâchoire si dure que mes jointures s’écorchent sous la violence du coup. Rage vacille, je me dégage et me précipite vers la porte… deux bras me rattrapent et me font voler. Je rencontre un mur. C’est assez douloureux pour m’assommer quelques secondes – le temps pour lui de déchirer la robe de Madame. Qu’est-ce que je vais pouvoir lui dire, à Madame ? Une gifle. Puis une deuxième. Ma tête part en arrière. Je me demande pourquoi je me pose ce genre de question dans un moment pareil. Je pense à mon arc, sagement resté dans ma chambre. Je pense à Tsukia qui ne se serait jamais fichue dans un pétrin pareil. Je pense à Gil. C’est de ta faute. J’ai perdu l’esprit à cause de toi ! Et à présent j’en paye les lourdes conséquences… Rage me jette sur le lit. Je rebondis sur le matelas, roule sur le côté pour lui échapper, retombe entre ses mains puissantes et baladeuses. Je ne me laisse pas faire ! Une vraie tigresse en furie ! Mes coups de griffes lui laissent de jolies marques sur le visage et la poitrine.

Mais ça ne suffit pas.
Il va me violer dans cette cabine et personne n’en saura rien.
Après, je ne sais pas ce qu’il fera.

J’ai peur !

Il écarte mes jambes d’un geste brusque. Alors ma poitrine se libère de l’étau de fer qui la broyait et laisse passer un cri. Le seul cri dont je suis capable.

- GIL… !!!

Une demi-seconde plus tard, la porte de la cabine s’arrache de ses gonds et vole à travers la pièce.


*


GIL


- Tsu.

C’était rare qu’il l’appelle par son diminutif, assez pour qu’elle concentre son attention sur lui. Parfait.

- On s’apprête à se frotter à la pègre du fleuve. Rage n’est pas n’importe qui. C’est pas juste le passeur qui nous a fait traverser le Pollimage.

Elle le regardait d’un air tranquille, comme si elle ne l’écoutait pas vraiment. Il soupira.

- Je sais que tu n’en feras qu’à ta tête, tronche de cake, mais tu es blessée, alors tu vas m’aider à sortir Brindille de là sans en faire trop. D’accord ?

Pas de réponse.

- Je veux ta promesse, gamine.

Une parole de marchombre pour celle d’un envoleur. Lib, désolé, j’entraîne une fois de plus ton élève dans les emmerdes !


*


Dès qu’il avait vu Brindille s’enfuir, Gil avait deviné qu’elle allait faire une connerie. Si elle était celle qui devait ressembler le plus à sa fille, c’était évident ! Mais quand Tsukia et lui avaient regagné la demeure de Yearlisine, il n’y avait pas de trace de la jeune fille, et son arc, ainsi que ses flèches, étaient toujours là. Elle n’était pas partie se battre. Par contre, elle s’était changée. Sur une idée de Tsukia, les deux compagnons allèrent fureter près du fleuve, alors que la nuit tombait ; en interrogeant les bonnes personnes à leur manière habituelle, c’est-à-dire à la dure, ils avaient pu déterminer le trajet de Brindille jusqu’au bateau de Rage. Cette nouvelle avait fait pâlir Gil. Il s’était élancé, sachant très bien ce qu’il risquait s’il abimait un peu trop le frère de Renzie. Sauf que sa seule préoccupation était de trouver Brindille avant qu’il ne soit trop tard. Il se fichait bien de se mettre toute la pègre à dos !

A quelques pas du dernier ponton d’amarrage, Gil s’obligea pourtant à ne pas bouger avant d’avoir obtenu la promesse de Tsu. Ces deux folles mettaient ses nerfs à rude épreuve. Qu’elle ose trahir sa parole, et il lui ferait passer un sale quart d’heure… L’embarcation de Rage était plongée dans la pénombre. Ignorant si elle était gardée ou non, Gil s’approcha prudemment, la jeune marchombre sur les talons. Ce fut le cri déchirant de Brindille qui mit un terme à toutes ses précautions. La Bête brisa ses chaînes. Animé par un brûlant instinct sauvage, Gil se rua à l’intérieur du bateau et enfonça la porte de la cabine. Il percuta Rage et celui-ci, pris de court dans une posture peu martiale, fut projeté à bas du lit. Le combat qui s’ensuivit fut violent. Animal. Dévastateur. Et c’était clairement Gil qui menait. Il ne vit pas Tsukia s’occuper de faire remonter Brindille, guère plus qu’il ne sentait les coups rendus par son adversaire. Il laissait libre court à sa fureur bestiale. Face à lui, Rage n’en menait pas large. Il se défendait bien mais un bras brisé et deux côtes fêlées gênaient ses mouvements, sans parler de l’étroitesse de la cabine. Repoussé pour la trentième fois contre la commode, il cogna celle-ci de son coude valide et attrapa au vol la bille qui avait basculé dans le vide sous l’effet du choc. Au moment où Gil chargeait de nouveau, il la jeta contre le sol. La fumée jaillit, épaisse et trop sombre pour ne pas aveugler Gil. Il se mit à tousser, recula jusqu’à ce que son dos heurte un mur, pressa son bras contre son nez et sa bouche. Lorsque l’écran de fumée commença à s’évaporer, il rouvrit les yeux.

Rage avait disparu.


*


BRINDILLE


Assise sur une caisse, la cape de Tsukia autour des épaules pour me protéger du froid autant que pour dissimuler ma nudité, je regarde le bateau tanguer. A l’intérieur, Gil se bat contre Rage. Ça fait déjà plus d’un quart d’heures qu’ils sont là-dedans. Sonnée, rongée par la culpabilité, je ne sais pas quoi faire pour l’aider. Alors je lève les yeux vers Tsukia qui se tient immobile et debout près de moi. Elle ne quitte pas le bateau des yeux mais elle ne bouge pas. Pourquoi est-ce qu’elle ne bouge pas ? Elle est capable de se battre, j’en suis persuadée. Elle se déplace presque aussi furtivement que Gil et elle dégage quelque chose, un truc à la fois diffus et évident qui laisser deviner que sous sa drôlerie se cache une force peu commune. Non, elle ne bouge pas. Est-ce qu’elle a peur de retourner à l’intérieur ? Moi, oui. C’est affreux comme pensée, mais c’est la vérité : sans mon arc et mes flèches, je suis impuissante. Si Gil n’était pas intervenu, je serais dans un bel état à l’heure qu’il est… Allez Tsukia, remue-toi. Gil a besoin de toi. C’est alors que je remarque son sourire. Pas un sourire franc, à pleines dents, plutôt un rictus léger, à peine perceptible, mais il creuse un peu sa joue tandis qu’elle fixe le bateau.

Et soudain, le même sourire me gagne.
Gil n’a pas besoin d’aide. Il va envoyer ce tueur pervers par le fond.
Et il va revenir me passer un savon.

Je suis quand même sur le point d’affronter mon angoisse et de me lever pour retourner dans le bateau quand un nuage de fumée s’échappe de la cabine. Je sens Tsukia se raidir à côté de moi, au moment où une silhouette se découpe dans la fumée, mais je reconnais à sa façon de se tenir l’homme qui vient de me sauver la vie. Encore une fois. Il se laisse tomber sur le ponton et se rapproche de nous. Mon cœur bondit dans sa poitrine à la vue du sang qui macule sa peau, puis s’apaise quand il le frotte machinalement. Ce n’est pas le sien. Il a reçu plusieurs coups et une coupure au-dessus de l’arcade sourcilière accentue l’obscurité de son regard. Il se penche vers moi. Instinctivement, je rentre la tête dans les épaules et ferme les yeux. Qu’il me rende ma gifle ! Qu’il ne se prive pas ! Je la mérite. Enfant, mon maître me battait chaque fois que je commettais une erreur. J’ai appris à assumer les conséquences de mes actes. Quelle n’est ma pas ma surprise lorsque je sens deux bras me soulever dans les airs ! Me voilà blottie contre la poitrine de Gil. Je rouvre les yeux et le fixe, complètement perdue. Sa mâchoire est tendue. Il regarde droit devant lui. Je sais qu’il est fâché et que cette histoire ne risque pas d’arranger les choses, mais je suis soulagée qu’il ne m’ait pas laissée tomber. Ça veut dire qu’il m’aime un peu…

Le contrecoup des événements me tombe dessus comme une chape de plomb. J’éclate en sanglots. Le visage enfoui contre l’épaule de Gil, je pleure en silence, incapable de me calmer même quand il pose brièvement ses lèvres sur le sommet de mon crâne.

J’aurais préféré qu’il me passe un savon.


[Wouah -- bon, je me suis un peu emballée alors n'hésite pas à me dire si quelque chose t'ennuie, ok ?]

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."


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Tsukia Til'Werin
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MessageSujet: Re: Pas un pour rattraper l'autre [Tsukia]   Mar 30 Jan 2018, 06:31

HRP:
 

T'es encore plus un gosse que nous..!

Sifflement d'agacement, Gil se retourne au moment où je lance mon grapin, une arme que Dil'duran m'as refilé pour ma couverture d'aile de corbeau, une genre de faucille soudée à une chaîne très résistante que je m'empresse d'escalader avec une habitude évidente.

Je sais que Gil s'apprête à me dire de descendre de ce toit, de tente de me résonner pour pas que je le suive allez chercher brindille.

Il ouvre la bouche.

Je remonte mon masque.

Il ferme la bouche en écarquillant les yeux un peu.

Je range mon arme en marchant lentement, le regard dur, froid...

Quand je replace l'outil à sa place, je m'élance, courant sur les toits, ne perdant pas de temps par les rues et me contentant de sauter de bâtiment en bâtiment.

Quand j'entre dans la pièce par la fenêtre, Gil ouvre la porte carrément en même temps.

Il est rapide, je le savais.

Mais il ne parle pas, l'envoleur se contente de se diriger vers l'Armoire ouverte pour y découvrir une robe manquante, moi je vais droit vers le bureau, utilisant une poudre de carbone dont j'ai appris l'utilisation pendant mon temps d'assassine pour révéler la dernière chose à y être écrit, en profitant pour attraper un bout du papier et carrément le lécher alors que Gil me regarde en se demandant ce que je fiche cette fois.

Cette fois, mon grand, je fiche ce que j'ai fais pendant des mois pour t'aider.

Cette fois, je te montre le genre d'entraînement sur le tas que j'ai dus endurer juste pour toi, juste pour t'aider à trouver le salop qui as pété ta maison, ta vie, ta fille...

... Cette fois, je te montre ce que j'ai fais pour toi, pour me faire traiter comme une gamine et même parfois comme un boulet.


Salé, le papier viens du port, la dernière chose qu'elle ais inscrit sur ce calepin est ''Dernier ponton'', le reste est trop pale pour être lisible, elle as ''insisté'' là dessus...

J't'y retrouve.


Je l'entends commencer un ''Tsukia!''.

J'ai déjà sauter par le fenêtre.

J'ai promis à un envoleur de ne plus être aile de corbeau.

À un forgeron de ne plus tuer de sang froids et sans raison.

À mon père de ne plus porter de masque.

Mais pour toi, Brindille, Je vais faire une exception...

...Et celui qui se fou dans mon chemin va regretter ça amèrement.


Cold and black inside this coffin,
'Cause you all try to keep me down.

How it feels to be forgotten,
But you'll never forget me now...


Il me parle, je le fixe sans le fixer.

Je ne suis ici que pour une chose, sauver brindille et m'assurer qu'elle soit sauve.

Si tu t'occupe de Rage, j'en ais rien à fiche.

Tant qu'il meurt...

Il entre par la porte, en la défonçant comme l'ours qu'il est, moi j'utilise mon grappin pour me balancer à la chaîne jusqu'à la fenêtre ouverte de la cabine, y entre alors que Gil tabasse Rage et pose ma main sur la bouche de Brindille pour pas qu'elle cris en lui faisant signe de se taire d'un doigt sur mon masque cachant la portion inférieure de mon visage.

Elle semble horrifiée une seconde, puis reconnais mes yeux et se détends visiblement, les yeux s'emplissant un peu de larmes. Je l'enrobe de la cape noire que je porte et la soulève dans mes bras, Gil as raison sur un point, elle ne pèse presque rien.

Je cours, sortant par la porte, un des hommes de rage, attiré par le boucan, s'approche en m’interpellant, alors je continue de courir, saute en tenant bien Brindille et le frappe d'un coup de pied fouetté qui l'envoi au sol, au moment précis où je me réceptionne j'attrape son crane entre mes pieds et fais ce mouvement si précis, si unique, que j'ais dus apprendre, brisant sa nuque avant de recommencer à courir jusqu'au bout du quai, où je m'arrête pour déposer Brindille sur une caisse et baisser mon masque, croisant mes bras et observant le navire...

...Gil as toujours plus soigné ses sorties que ses entrés.


Deep down,
For the count,
Don't you dare cut me out.

Never break,
Never bow,
Never beg,
Not a doubt.


Gil sors enfin de la fumée... Mais j’aperçois du coin de l’œil un mec qui nage, en direction inverse de la fenêtre arrière de la cabine.

Il s'approche, nous fixent, content qu'on aillent bien.

Moi je me détourne en remontant mon masque et en lançant mon grappin sur un toit.

Il cris mon nom plusieurs fois, je l'ignore, me dis de descendre, je l'ignore.

Puis il cris ''Corbeau!''

Je m'arrête une seconde, tourne légèrement la tête.

Je vois dans ses yeux un regard... Priant. Il me prie à genoux de ne pas y aller, à sa façon.


Désolé, Clair-de-lune...

J'entends un ''FAIS CHIER!'' quand je me retourne et m'élance.

Brindille est en sécurité pour l'instant, mais Rage sais que Gil est dangereux et ne sais pas qui je suis, donc il l'attaqueras elle, pour se venger.

Je sais que je vais peut-être y laisser ma peau, mais je ne peux pas laisser ça comme ça.

J'vais sauver ma ''frangine''...


Break the skin, spread like poison,
Dying slow when we all attack.

How it feels to be the broken,
You took a piece now I'm biting back.


J'inspire, fort, haletant.

Infiltrer l'endroit as été simple, Rage n'as pas pris le temps de rejoindre une planque fortifiée et le seul garde présent était un imbécile que j'ai foutu dans les vapes plus par principe que nécessité.

Je ne pensais pas que Rage m'attendrais, par contre.

J’essuie mon oeil gauche du revers de ma main, en enlevant le sang qui perle en quelques gouttes suite à la coupure de la dague de l'homme, qui as manqué mon oeil d'à peine un cheveu.

Me demande si Gil craque pour les cicatrices, tient.

Il charge à nouveau, alors je raffermis ma poigne sur le manche de mon katana et...

...Et sur le bout de lame qu'il as pété.

Je sais pas en quoi son arme est faite, mais ça as complètement cassé, voir coupé, la mienne en deux.

Du coup je tiens le bout de la lame grâce à ma manche gauche, que j'ai arracher à la va vite pour en faire une poignée.

J'peux pas bloquer, ma seule solution c'est d'éviter, mais il est foutrement rapide ce connard, bon d'accord, pour l'instant on as tout deux que des égratignures, mais celle de mon visage as saigné, et ça c'est mauvais...

...Parce que je vois son sourire, au moins autant que je ne sens cette odeur de chiottes.

Il as empoisonné sa lame, et je sais pas avec quoi, mais que serais prête à parier que c'est un truc bien lent et douloureux, question que si je le tue, il me fasse souffrir, un truc exotique bien chiant.

Gil va m'en vouloir à mort, si je crève de ce truc, il serait capable de me ressusciter pour me tuer lui même.

Je me sens déjà plus lourde, ce truc doit avoir un effet mi rapide, question de lui sauver la peau. Je suis mal, me dis-je en évitant son arme d'un demi cheveu.

Je recule d'un pas... Et il ricane.

...Merde que je déteste les mecs qui ricanes avant d'achever l’adversaire.


All I ever needed was a reason to believe,
You help me hold on,
You ignite the fire in me.

You always come for me,
You know just what I need,
Don't make me wait for this,
Save me from this darkness.

I reach for the light...


La porte vole, homonyme de l'arrivé de Gil, semble-t-il, et il regarde un instant la situation.

Juste un instant.

Une seconde alors que Rage, surpris, tente de se dépêcher d'en finir avec moi.

Une demi seconde alors que je lâche le manche de katana.

Un quart de seconde alors qu'il cris mon nom.

C'est que ça que je suis?

Une gamine à sauver?

Une idiote qui ne peux rien faire sans qu'il ne se pointe?

IL N'EN EST PAS QUESTION!

Rage cris de douleur alors que son arme rencontre le vide et que la peau de son bras se perce pour laisser passer l'os abîmer que je viens de casser.

Je ne suis même pas capable de me voir bouger mon même, ou presque.

Je ne décide même pas de ce que je fais, c'est comme si j'étais spectatrice, comme si le monde entier guidait mon corps à ma place, et même si je remarque le regard stupéfait de Gil, je ne m'y attarde pas, ne le vois pas vraiment, me contente de tourner autour de l'homme, évitant son coup de pied qui me semble vraiment plus brouillon qu'avant, puis son cris de douleur se tait.

Ma lame laisse perlé doucement une goutte de sang qui s'y glisse.

Le crane de rage, transpercé par la lame brisée du katana, tombe en entraînant l'arme improvisée.

Gil reste interdit une seconde alors que j'attrape la lourde... LOURDE... - Pourquoi diable est-ce si LOURD..? - arme de l'homme et la lui lance d'un mouvement lent.

Elle touche le sol à environ trente centimètres de lui et il soulève un sourcil...

...Une seconde avant d'écarquiller les yeux en regardant soudain chacune de mes coupures comme une condamnation.

Je voudrais lui sourire, lui dire que ça va, le gronder d'avoir quitter Brindille, lui dire que de toute c'est lui qui seras blâmer pour ça, que la mafia seras après lui, qu'il va être dans la merde comme au bon vieux temps.

Pourtant quand j'essais, je ne réussis qu'à m'écrouler sur le sol.


I want to live my life,
The choice is mine,
I've made up my mind.

Now, I'm free to start again.

The way I want to live,
And breathe,
The way I want that's right for me.

I may not know nothing else,
But I know this :

I want to live..!


J-Je suis désolé mais je n'y peux rien!

C'est un poison très rare, je ne savais même pas qu'on en trouvais à l'intérieur de l'empire!

M-Même nos plus grands maîtres n'ont pas de remèdes, c'est incurable!


J'entends un cris qui me sonne comme un murmure tellement il est lointain, un truc à propos du fait que ce que celui qui as parler va avoir aussi, c'est incurable.

Je grince des dents en tentant d'ouvrir les paupières, elles sont lourdes, mais j'y arrive.


...Trente et un jours! Peut-être une semaine de plus, si elle ne bouge que très peu, mais elle ne verras pas la prochaine saison, peut-être même pas la prochaine lune, nous n'y pouvons rien!

J'observe un instant le mec en toge, ou en robe, pas sûre vite comme ça, se faire carrément projeter en dehors de la salle par un Gilou pas commode.

J'entends une voix féminine qui fait un petit sursaut puis je reconnais Brindille, assise juste à côté de moi, sur le lit, qui dit à Gil que je suis réveillée.

Il court presque jusqu'au lit.

Nan, pas presque, il court carrément en fait.

Il s'arrête à coté de mon lit, ouvre la bouche plusieurs fois, tente de trouver comment m’annoncer la nouvelle que j'ai déjà entendue.

J'entends carrément son cerveau bouillir d'ici.


...Gil..?

Il m'observe, complètement attentif. Rare qu'il ne grogne pas quand je l’interpelle.

J'ai entendue.

Ses épaules s'affaissent un peu.

Allez... Souris un peu...

...Je préfère les hommes avec un sourire sur le visage...

...Grand frère.


J’aperçois ses yeux s’agrandir d'un coup, il tente de trouver ses mots sans succès, puis une larme coule sur sa joue.

C'est la première fois que je le vois pleurer pour quelqu'un d'autre.

Il s'élance hors de la chambre aussitôt.

À peine quelques secondes après, j'entends un cris de rage meurtrie, meurtrier, de bête sauvage ou d'homme, c'est incertain, de dragon ou d'envoleur.

Je souris péniblement et légèrement malgré moi.

J'aurais voulu en faire, des choses, dans ma vie...

...Et dire que j'ai qu'un mois pour les faire.

Brindille, à mes côtés, sanglote en tentant de ne pas le faire paraître, tente de retenir ses larmes, alors je la prends dans mes bras.

Au contact de ma peaux elle perds tout contrôle, ses larmes coulent si vite et fort qu'elle pourrais noyer un homme. Elle renifle en me criant que c'est pas juste, en me criant que j'ai pas le droit de la quitter comme ça, que j'ai pas le droit de lui offrir mon amitié et de la reprendre...

...En me demandant pourquoi j'y suis été seule.

J'ai aucune idée pourquoi je suis si calme, si sereine, malgré tout ceci.

Mais au fond de moi quelque chose me marmonne que c'est parce qu'ils sont sauf, parce que Rage ne leur feras plus de mal, parce que je sais qu'Aivy et Syndrell non plus, ne sont pas en danger, en ce moment.

Et je resserre un peu mon étreinte en lui chantant doucement une berceuse.

Parce que même si c'est moi qui ais du poison dans les veines, c'est elle qui as le plus besoin de tout ça...

...Allez, Brindille, Dors, ça te feras du bien...


Kind friends and companions, come join me in rhyme,
Come lift up your voices in chorus with mine.

Come lift up your voices,
All grief to refrain.

For we may or might never all meet here again...

So here's a health to the company and one to my lass,
Let's drink and be merry all out of one glass...

Let's drink and be merry,
All grief to refrain.

For we may or might never all meet here again...


Brindille s'endort doucement au rythme de mon accent, je souris doucement, puis lève les yeux pour voir un Gil... Un fantôme de Gil, quoi.

Il avance d'un pas presque saoul, les bras le long du corps.

Il as tellement perdu... Et, au fond, c'est un homme bon, qui ne mérite pas de perdre autant, ni de perdre encore.

Quand il arrive à notre niveau, je le tire un peu à nos côtés et il tombe assit lui aussi dans le lit de... Ben on dirais une confrérie et y'avait un rêveur, donc de la confrérie.

Et il as l'air encore plus piteux que Brindille quand je glisse ma main sur sa joue, essuyant les sillons de larmes en chantant doucement.


Here's a health to the wee lad that I love so well,
For style and for beauty there's none can excel.

There's a smile on his countenance as he sits by my knee,
There is no girl in this wide world as happy as me...

So here's a health to the company and one to my lad,
Let's drink and be merry all out of one glass...

Let's drink and be merry,
All grief to refrain...

...For we may or might never all meet here again...


La chanson est un peu mal choisie, c'est une vieille lamente chantée par les marins frontaliers avant les guerres, un dernier au revoir d'avance pour ceux qui meurs au combat.

Pourtant, même si on dirais que la chanson l'attriste encore plus, sa tête tombe doucement sur mon épaule puis il s'endort là, lui aussi.

Un rêveur entre un moment après, alors que je termine doucement le dernier couplet.

Il regarde la scène et je vois son air désolé.

Je lui souris doucement et il tente de me rendre mon sourire avant de sortir, mais c'est ce genre de demi faux sourire.

Le sourire qu'on fais pour rassurer une condamnée à mort.


Our ship lies at anchor,
She is ready to dock.

I wish her safe landing without any shock.

And if ever I should meet you by land or by sea,
I will always remember your kindness to me.

So here's a health to the company and one to my lass,
Let's drink and be merry all out of one glass.

Let's drink and be merry,
All grief to refrain...

...For we may or might never all meet here again...


Je croirais entendre mon père, alors qu'il me disais de ne pas quitter la citadelle.

Gil me cris dessus sans pour autant oser s'interposer alors que je remplis rapidement un sac de voyage gentiment offert par un vieux rêveur avec quelques herbes qui repousseront les symptômes et deux trois trucs essentiels.

Il arrête pas de dire que je peux pas partir, qu'il faut pas que je bouge, qu'il va aller trouver l'antidote...

...Mais tout les rêveurs sont d'accord, si cet antidote existe, personne sauf celui qui le connais ne pourrais nous dire où commencer à chercher.

Je tente de prendre ma gourde de saké, souvenir de maman, mais il l'attrape avant moi et s'interpose enfin, disant que ma gourde va rester avec lui, tout comme moi, qu'il va trouver une solution...

...Pourtant quand je parle d'une voix douce, son cris se tait comme s'il était devant le dragon lui même.


Gil...

...T'as entendu les rêveurs comme moi, plus le mois avanceras, plus le temps passeras, et plus je serais faible, puis je serais éventuellement même plus capable de manger ou de boire toute seule et, enfin, je m'éteindrait probablement dans mon sommeil.

Je ne vais imposer ça ni à Aivy, ni à Syndrell, ni à Dil'Duran, ni à Libertée, à papa, maman, Brindille ou à toi.

Je veux que vous vous souveniez de moi...

...Pas du fantôme des Tsukia passés.


Je lui souris doucement en reprenant lentement ma gourde pour la fourré dans mon sac.

En vérité, j'ai l'âme en miette.

C'est la dernière fois que je vois Gil et Brindille, je ne reverrais sûrement jamais Syndrell et Aivy, ni l'académie, ne ferais plus d'idioties avec Kaünis...

...Pour le coup, même cet imbécile d'Erwan me manque.

Mais je souris doucement en passant le sac sur mon épaule et en tournant le dos à tout ça, quittant la confrérie doucement, personne ne tente de me retenir...

...Après tout, à quoi bon retenir une morte qui marche..?


So here's a health to the company and one to this lass,
Let's drink and be merry all out of one glass.

Let's drink and be merry,
All grief to refrain...

...For we know we will never all meet her again...


Le vieux Sil'Harn ne changeait jamais sa routine.

Le vieil homme, chantonnant l'air laissé dans l’atmosphère par la jeune femme, nourrissait tranquillement les oiseaux dans la cours de la confrérie.

Il avait vu tellement de peine et de mort, dans sa vie, tellement de sang, d'âmes perdues criant l'injustice, qu'il était fier de savoir que certains jeunes faisaient encore fasse à la mort la tête haute.

Le vieux Sil'Harn ne changeait jamais sa routine.

Il nourrissait les oiseaux en se levant, jusqu'au petit déjeuner, puis il passait la matinée à lavé une cithare dont il ne savait pas jouer, et enfin lisait pendant tout le temps entre le dîner et l'heure de son coucher.

Toujours aux mêmes heures, sans jamais regarder celle-ci, par simple réflexe programmé.

Le vieux Sil'Harn ne changeait jamais sa routine.

Un des rêveurs, puis deux, et trois, se demandèrent pourquoi il se levait, lui qui faisait toujours tout de la même façon, pourquoi il se dirigeait vers l'homme qui avait presque tuer un de leur frère.

Pourquoi il lui rentra dedans de façon évidemment pas accidentelle.

Pourquoi il lui adressa la parole alors qu'il ne parlait jamais à personne sauf à la cuisinière, tout les mercredis pour demander un second bol de soupe et aux oiseaux qu'il nourrissait, personne d'autre ne l'entendait, puisque...

...Le vieux Sil'Harn ne changeait jamais sa routine.


Oh, pardon jeune homme, ma fois, vous êtes costaud! Ah si j'étais plus jeune, moi aussi...

...Peut-être que je pourrais survivre à la silencieuse...


Giliwyn Sangrelune était un homme difficile à surprendre, encore plus à surprendre de façon si particulière qu'il ne vous accordent toute son écoute et il était presque impossible d'assez le surprendre pour qu'il ais envie, sans le faire, de vous serrer dans ses bras.

Sa surprise était encore plus grande que celle des autres rêveurs qui ne cessais de se dire que le vieux Sil'Harn ne changeait jamais sa routine...


Il n'y as qu'une personne que je connaisse qui ne puisse créer un antidote à ce poison, à l'époque une charmante créature, mais à l'intérieur, elle as toujours été une vieille pie..!

Elle as toujours aimer créer des antidotes pour des poisons exotiques, étranges, cette vieille folle, des poisons...

...Incurables...


L'oeil de l'homme brilla une seconde en attrapant deux iris de couleurs dépareillés.

Deux iris où un goutte infime d'espoir brillait de nouveau.

Deux iris qui sortirent de la confrérie au pas de course avec une jeune fille dans les bras et courant pour en rattraper une autre qui avait quelques minutes d'avance à peine.


...Bonne chance...

La vieille voix rappeuse resta dans le vent alors que l'homme retourna au centre de la court pour nourrir les oiseaux en les appelants.

Les rêveurs les plus connaissant de l'endroit s'observèrent tous.

Le poison était incurable, mais si quelqu'un pouvait trouver l'antidote, alors peut-être serait-ce l'homme qui venait de quitter la confrérie.

Il devait être très spécial, après tout, puisque, pour lui et pour lui seul, depuis plus de cinquante ans...

Le vieux Sil'Harn avait changé sa routine.


And I'll be wearing white when I come into your kingdom,
I'm as green as the ring on my little cold finger.

I've never known the lovin' of a man,
But it sure felt nice when he was holding my hand...

There's a boy here in town hoped he'd love me forever,
Who would have thought forever could be severed by...

...The sharp knife of a short life...

Well I've had just enough time...

So put on your best boys and I'll wear my pearls,
What I never did is done...

A penny for my thoughts,
Oh no I'll sell them for a dollar,
They're worth so much more after I'm a goner...

And maybe then you'll hear the words I been singing,
Funny when you're dead how people start listening...

If I die young bury me in satin,
Lay me down on a bed of roses.

Sink me in the river at dawn,
Send me away with the words of a love song...

__________________________________________



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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Pas un pour rattraper l'autre [Tsukia]   Ven 02 Fév 2018, 23:06

« Il n’y a qu’une personne que je connaisse qui puisse créer un antidote à ce poison… »

- Tsukia !

Il courait. Il était parti comme une flèche dans le sillage de la jeune femme, oubliant presque Brindille qui n’arrivait pas à suivre son rythme. Alors il avait fait demi-tour, soulevé la gamine en train de pester dans les bras et repris sa course folle, comme si ce poids – plume, certes, mais tout de même – ne l’encombrait pas outre mesure. Rien n’aurait pu ralentir son allure teintée d’espoir et de détermination.

Rien n’aurait pu l’empêcher d’aller faire un nouveau pied-de-nez à la mort.


*

GIL


Brindille pleurait doucement contre lui. Gil détestait ça. Les larmes des autres le rendaient toujours irascible, parce qu’il ne savait pas comment gérer ce genre de situation. Il se sentait trop impuissant, trop con. Sans doute l’était-il vraiment ! Il réajusta la position de la gamine dans ses bras et ouvrit la bouche pour lui demander d’arrêter ça, mais un éclair noir bougea dans son champ de vision et lui fit lever la tête. Enfer de bordel de sale gosse.

- Reviens ici.

Il s’était immobilisé pour grogner son ordre. Car oui, c’était bien un ordre. Elle avait intérêt à lui obéir.

- Tsu.


Autant parler à un mur.

- Corbeau !

Ah… elle avait tiqué. S’était retournée. Peut-être que…

- Désolée, Clair de Lune…

Tsukia se détourna et s’évanouit dans la fumée. Gil jura avant d’être secoué par une quinte de toux. Il allait néanmoins se lancer à la poursuite de cette insupportable fillette quand des éclats de voix percèrent le brouillard qui les enveloppait. Il ne pouvait pas s’en aller en abandonnant Brindille à la merci des malfrats qui rôdaient. L’explosion du bateau de Rage avait attiré l’attention. Il fallait filer ! Sans lâcher Brindille, il s’élança. Il connaissait moins cette rive du Pollimage, mais il savait semer ses poursuivants. C’est ainsi qu’il se retrouva plaqué contre le mur d’une ruelle sale et obscure, dissimulé par des caisses qui sentaient le poisson et des tonneaux à moitié éventrés. Il regarda passer quelques silhouettes pressées, attendit que le calme revienne, attendit encore… Quand Brindille remua contre lui pour se dégager, il ouvrit les bras et la laissa s’asseoir, le dos appuyé contre le mur. Sans un mot, il attrapa un mouchoir, l’humidifia dans l’eau de pluie qui avait rempli le couvercle d’un tonneau et essuya le visage de la jeune fille. Il lui tenait le menton avec fermeté mais ses gestes étaient empreints d’une douceur qui firent naître de nouvelles larmes dans les yeux de Brindille.

- Recommence pas, ordonna-t-il entre ses dents.
- Désolée, c’est juste que je suis…
- Je veux parler de cette connerie. Se jeter dans la gueule du pire loup du coin et me laisser croire que je vais arriver trop tard… Recommence jamais ça.
- Alors embrasse-moi.


Son mouchoir à la main, Gil se figea. Il regarda Brindille. Pour la première fois sans doute, elle ne lui apparut pas comme une enfant, peut-être à cause de ses cheveux emmêlés autour de son visage, ou bien de son air frondeur et déterminé, de sa lèvre éclatée, ou encore des lambeaux de robe qui, sous la cape de Tsukia, révélaient plus qu’ils ne dissimulaient un jeune corps plein de vie et de fureur. Elle profita de son hésitation pour franchir la distance qui les séparait et, doucement, posa ses lèvres abîmées sur les siennes. Ce fut un baiser de papillon, aussi timide qu’une brise de printemps. Gil n’avait pas lâché son menton. Vaincu, il lui rendit sa caresse à sa façon, plus appuyée et plus brutale, avant de reculer. Ils ne dirent rien, mais dans le regard qu’ils échangèrent, tout fut clair, parfaitement limpide : c’était la première fois et la dernière qu’ils faisaient ça. Curieusement, Brindille ne s’en sentit que plus sereine. Elle soupira, puis fronça les sourcils.

- On fait quoi maintenant ?
- Toi, rien.
- Mais…
- Rien d’autre que préparer les sacs et les chevaux.


Gil se redressa. Il était couvert de sang et de suie, l’œil sauvage, déterminé. Brindille en eut le souffle coupé.

- Je vais chercher cette fichue emmerdeuse et on se tire.
- Et moi ?
- Tu n’es plus en sécurité ici. Tu pars aussi.


Brindille ne chercha pas à protester. Et tandis que Gil faisait craquer ses jointures, visiblement prêt à en démordre, elle songea que Madame allait peut-être avoir un peu de peine en constatant sa disparition.

Ce ne serait rien à côté de la tragique découverte de la robe en lambeaux.


*


Une salve d’aiguilles siffla, puis l’acier chanta. Une tête roula, une autre se désaxa, une troisième se fendit. Seulement cinq secondes s’étaient écoulées. Couvert de sang, Gil se redressa et contempla le carnage qui l’entourait. Il n’avait pas fait ça tout seul. Quelques cadavres portaient la marque du Corbeau qu’était devenue Tsukia. La mine sombre, Gil se demanda comment elle avait pu changer aussi vite, et s’il était le seul responsable de cette métamorphose. Qu’en pensait Lib ? Son cœur se pinça à l’évocation de la marchombre, mais moins qu’à l’idée inquiétante qui traversa soudain son esprit : et si Tsu basculait vraiment dans une folie meurtrière ? Il connaissait bien. Il savait comment cela commençait, et… comment cela pouvait se terminer. Tsukia était une marchombre, une apprentie qui n’avait pas encore achevé sa formation. Pourtant elle maîtrisait déjà un certain nombre de techniques tant efficaces que radicales, et tuer ne semblait guère qu’une formalité pour elle. Venant d’une bête sauvage comme lui, plus ou moins au service du Chaos, ce n’était pas étonnant. Venant d’une jeune femme dansant sur la voie de l’Harmonie, en revanche…

Mais ce n’était pas le moment de s’égarer dans un tel débat spirituel. Gil ne pouvait pas nier qu’il était en grande partie responsable de ce revirement de situation, tout comme il était à l’origine de cette histoire fumeuse : sans lui, ni Brindille ni Tsu n’auraient couru le moindre danger cette nuit ! Tu continues de jeter tes amis dans les ennuis, se morigéna-t-il en filant sur les traces de la sale gosse. Même quand tu fais des efforts, tu sèmes la destruction autour de toi. Qu’est-ce que tu attends pour prendre ta retraite dans les Nimurdes, bon sang ?? Une flèche siffla. Animé de réflexes hors du commun, Gil bondit et sentit le trait mortel frôler simplement son oreille droite. Déjà une autre flèche volait vers lui. Rage était bien entouré. Ses hommes étaient ceux de Renzie, choisis avec soin et quotidiennement habitués à assassiner pour le compte de leur clan. Gil roula dans la poussière. Il s’abrita derrière un coin de mur et reprit son souffle, puis baissa les yeux sur ses poignets endoloris. Sa greffe était de nouveau active, mais elle était encore un peu rouillée : ses aiguilles s’épuisaient deux fois plus vite qu’auparavant. Il palpa le cuir souple de sa ceinture, émit un claquement de langue agacé en réalisant qu’il n’avait plus de poignards, resserra les doigts autour du manche de son épée courte. Bon. Puisqu’il était pressé et pas d’humeur…

L’archer embusqué sur le balcon de la maison sourit en voyant sa cible sortir à découvert. Il visa, prêt à tirer, écarquilla les yeux et se baissa juste à temps pour ne pas se faire embrocher par une épée. Un ricanement lui échappa quand l’arme s’écrasa contre le mur, dans son dos. L’idiot ! Il était terriblement doué mais de là à épingler un type en un seul lancer de ce genre, c’était… L’archer n’eut pas le loisir d’achever sa moqueuse pensée. Une botte lui atterrit sur la tronche et le fit basculer en arrière. Il lâcha son arc. Sonné, il tenta de se redresser quand il entendit un pas de course… Cet homme, il n’allait quand même pas… Il empoigna vivement son arc, mais il n’eut pas le temps d’encocher sa flèche. Gil avait bondi, crocheté les prises basses et quasiment inaccessibles du balcon, s’était hissé à la force des bras dans un grognement puissant, avait enjambé le parapet et s’était laissé retomber sur l’archer. Qui, après une botte, se prit un pied nu en pleine figure. Ça le calma instantanément. Gil attrapa son épée et la lui enfonça dans le ventre. Voilà. Sans un regard pour l’homme qu’il venait de tuer, l’envoleur récupéra sa botte, l’enfila rapidement et reprit sa course folle.

Folle, et mortelle.


Il dégonda sa deuxième porte de la soirée et fit irruption dans la pièce, arme au poing, prêt à faire passer un sale quart d’heure à tous les membres de la pègre présent – ainsi qu’à Tsu. Il rageait franchement. Son projet ? Attraper la gamine par les cheveux ou la peau des fesses, la traîner jusqu’à chez Brindille, lui coller une paire de claques bien méritées, la balancer en travers de son cheval et la ramener dans les pattes de Lib. Il se sentait de taille à la déposer directement dans l’antre des marchombres s’il le fallait. Mais en fait d’une petite troupe d’assassins belliqueux, il n’y avait dans la salle que deux personnes en train de se battre férocement. La première, c’était Rage, déjà bien amoché par les coups de poings dévastateurs de Gil, et pourtant en train de lutter comme un lion. La deuxième, c’était Tsu. Le cœur de Gil chuta dans sa poitrine. Il s’entendit crier et se vit s’élancer comme s’il était un spectateur extérieur, un simple témoin du dénouement en train de se jouer. Il ne fit qu’un pas, en vérité.

Tout était déjà terminé.


*


Gil scrutait Tsukia. Il ne bougeait pas d’un millimètre, soufflé par ce qu’il venait de voir. La gamine ne semblait pas gravement blessée, seulement truffée de micro coupures qui zébraient sa peau par endroit. Rage, par contre, gisait le crâne transpercé. La mort était sans doute la seule façon d’en finir avec un homme comme lui. Gil lui aurait volontiers broyé les cervicales, surtout après l’avoir vu en train d’écraser Brindille de tout son poids dans l’espoir de la violer. Mais voir une gamine de l’âge de Tsu tuer son adversaire avec un tel sang froid, ça l’avait secoué. Elle aussi paraissait soudain déboussolée. Elle chancela, ramassa l’arme de Rage, la lança vers Gil. Un geste grossier, maladroit. Tellement pas Tsu que Gil fronça brusquement les sourcils. Qu’est-ce que…

Oh, non.

Son regard se baissa sur l’épée qui traînait à ses pieds, couverte de sang et d’une substance plus foncée. Revint se poser sur Tsukia qui vacillait dangereusement. Les coupures. Le sang noir.

Non !!!

Quand Gil réalisa, il était déjà trop tard : Tsukia s’effondra lourdement sur le corps sans vie de Rage.


*


BRINDILLE


Je tresse sommairement mes longs cheveux, les doigts tremblants. Je n’ai plus l’habitude de les porter détachés, et puis je suis trop nerveuse pour ne pas m’occuper les mains. Je le savais. Je savais que ce n’était pas terminé. Quand je suis rentrée, j’ai fait les sacs et harnaché les chevaux avec la peur au ventre, tenaillée par un pressentiment qui s’était enflé de minute en minute. Ma surprise n’a donc pas été si grande quand j’ai vu revenir un Gil fou d’angoisse. Entre ses bras, Tsukia respirait à peine…

Elle n’a pas l’air si abîmée pourtant. Allongée sur le canapé de l’homme qui nous a ouvert sa porte au beau milieu de la nuit, on dirait plutôt qu’elle est en train de dormir. Elle a l’air tellement jeune ! Réveillée, elle est pleine d’assurance, à tel point que je me suis persuadée qu’au moins dix ans nous séparent. Je me suis trompée. Quand Gil a donné son âge au Rêveur, j’ai écarquillé les yeux d’étonnement. Je ne suis pas sûre du mien, mais à quelques mois près, on a le même âge… Quand je repense à tout ce qu’elle a accompli en une seule nuit, je suis fascinée. Parce que je suis douée avec un arc, je me suis crue capable de faire tourner la tête d’un autre homme que Gil, d’assurer mes arrières, de me débrouiller seule. Je me suis trompée. Non seulement j’ai mis ma vie en danger, mais en plus, j’ai mis en péril celle de mes deux amis. Mes mains tremblent plus fort. J’abandonne ma tresse à moitié faite et me tord les doigts en regardant l’homme se concentrer sur son examen.

Un Rêveur. Gil a trouvé un Rêveur. Je ne savais pas qu’il y en avait en ville, persuadée qu’ils vivaient reclus dans leurs confréries… En fait, c’est sans doute le cas, mais Gil est capable de tellement de choses quand il s’agit de sauver une vie… Je l’ai réalisé cette nuit. A quel point il tient à nous. Quittant Tsukia des yeux, je le regarde lui, debout près du canapé, en train de tourner comme un lion en cage ; il regarde Tsukia tous les trois pas d’un air tellement inquiet que ça me fascine. Je ne l’ai encore jamais vu montrer autant d’émotions à la fois : outre l’inquiétude, la colère et l’angoisse se disputent l’éclat de ses yeux tandis qu’il serre les poings à s’en aire blanchir les jointures.

- J-Je suis désolé mais je n’y peux rien !

Oh-oh….

- C’est un poison très rare, je ne savais même pas qu’on en trouvait à l’intérieur de l’empire !

Gil s’est figé. Ses yeux ne sont plus réduits qu’à des fentes qui laissent échapper un regard lancinant.

[color=#003300]- M-Même nos plus grands maîtres n’ont pas de remèdes, c’est incurable !

Incurable ! Le mot s’imprime dans mon esprit, terrible de sens. Sous le choc, je n’entends pas la question de Gil, mais la réponse de moins en moins assurée du Rêveur me renseigne quant à la teneur de celle-ci :

- … Trente et un jours ! Peut-être une semaine de plus, si elle ne bouge que très peu, mais elle ne verra pas la prochaine saison, peut-être même pas la nouvelle lune, nous n’y pouvons rien !

Lui, sans doute pas.
Mais Gil, si. Avant même que je comprenne son intention, le pauvre Rêveur a volé à travers la pièce et atterri peu délicatement dans le couloir. Mon cri de surprise n’atteint pas mon ami dont les muscles se tendent sous le coup de la fureur, mais soudain, je tourne la tête vers le canapé et écarquille les yeux.

- Gil…
- QUOI ?!
- Regarde.


Il tourne la tête à son tour vers le canapé et sa colère disparaît instantanément.

Tsukia est réveillée.


*


- Gil ?

Je me mords la lèvre au son de cette voix au timbre si faible. Je ne la connais pas depuis longtemps, cette fille, mais cette voix, ce n’est pas la sienne… !

- J’ai entendu. Allez… Souris un peu… Je préfère les hommes avec un sourire sur le visage… Grand frère…

Ces deux derniers mots ne sont que souffle. Murmure à peine audible qui éclate dans mon esprit et dont l’écho me rappelle mes propres pensées, juste après le baiser que j’ai échangé avec Gil. Mon grand frère. Le sien, aussi. Celui qui grogne mais qui vole à notre secours quoi qu’il advienne, cet homme que rien ne peut atteindre, sauf, peut-être, le chuchotement fatigué d’une gamine écervelée… Je tombe amoureuse de lui pour la millième fois en voyant briller une larme sur sa joue. L’instant d’après, comme s’il a réalisé qu’il vient d’abaisser ce fichu bouclier qui nous empêche d’habitude de lire ne lui, il s’enfuit hors de la pièce. Il s’éloigne pour cacher sa douleur, mais son cri de rage et d’impuissance, terriblement animal, incroyablement humain, nous frappe soudain. Incapable de me retenir plus longtemps, j’éclate en sanglots.

- C’est pas juste ! crie-je à travers mes larmes, tandis que les bras de Tsukia se referment sur moi. C’est pas juste, t’as pas le droit de mourir, pas maintenant, pas à cause de moi ! C’est ma faute… J’ai joué votre vie à tous les deux ce soir, je croyais… J’étais…

Je ne sais plus ce que je dis, les mots s’emmêlent, tout come les doigts de Tsu dans mes cheveux.

- Meurs pas, je lui ordonne, consciente de l’inutilité d’un tel discours, meurs pas Tsukia… Tu peux pas t’en aller, m’offrir ton amitié et me la retirer comme ça…

Je n’ai jamais eu d’amie. De bonnes connaissances peut-être, comme Ciel Kern, ce dessinateur « de pacotille », comme j’aime l’appeler, et Aedan, son petit ami… Syndrell ? Je la connais si peu, elle est sympathique, drôlement jolie avec ses cheveux bleus, mais trop sérieuse, c’est difficile de se faire des amis en pleine guerre… Gil est plus qu’un ami et moins qu’un amant. Un frère de cœur qui fera toujours battre le mien un peu plus vite.

Tsukia aurait pu devenir mon amie. Elle l’est déjà, parce que sinon elle ne me consolerait pas avec cette tendresse qui me fait pleurer de plus belle. Pourquoi ? Mourir à cet âge, pourquoi ? Je n’en demandais pas tant, quand j’ai couru au-devant du danger tout à l’heure, persuadée qu’on ne m’aimait pas…

Je n’en demandais pas tant !


*


GIL


Gil se redressa maladroitement et essuya ses yeux d’un geste rageur. Il luttait désespérément contre l’envie énorme de tuer. Tuer là, maintenant, tout de suite, tuer pour se défouler, pour passer sa colère, donner l’illusion qu’il pouvait contrer son impuissance, tuer pour faire quelque chose, pour se venger, pour oublier. Il dut inspirer longuement et profondément afin de refouler cette folie dangereuse qui gagnait du terrain. Il ne la canalisait pas vraiment, elle reculait seulement de quelques pas. Tremblant, il se passa une main sur le visage. C’était dingue. Complètement dingue. Tsukia, empoisonnée ? Tsukia morte dans moins d’un mois ? Il refusait de le croire. Pas elle. Elle jouait avec le feu, dansait avec le diable, s’acoquinait avec le danger et flirtait avec la mort sans jamais se faire prendre. Il était là pour veiller au grain, déjà, et puis elle était tellement chanceuse, cette sale gosse, tellement douée pour filer entre les griffes de ses ennemis qu’il n’arrivait tout simplement pas à admettre cette évidence : Tsukia allait mourir.

Comme Iselle.
Comme Suviyo.
Comme Naïs.

Sans s’en rendre compte, il tituba jusqu’au salon. Prudent, le Rêveur s’était replié dans sa cuisine, où il s’affairait bruyamment. Gil s’arrêta sur le seuil. Il regarda les deux emmerdeuses du jour blotties l’une contre l’autre, Brindille endormie dans les bras de Tsukia. Celle-ci leva vers lui un regard qui, pour une fois, ne brillait pas de malice mais de tendresse. Incapable de formuler la moindre parole tant sa gorge était nouée, Gil s’approcha lentement du canapé et s’assit tout au bord. Il ne savait pas quoi faire. Il ne savait pas quoi envisager. Il ne savait pas comment…

… la main de Tsukia frôla sa joue, à l’endroit où il avait versé une larme. Sa voix – qui n’était pas la sienne, Tsu n’a pas une voix aussi faible – s’éleva doucement dans la pièce, aérienne, légère comme une brume d’été, triste dans l’être ; ému, Gil se laissa bercé par le rythme qui s’accorda aux battements de son cœur. Curieusement apaisé dans une situation pareille, il sentit le sommeil le gagner sans parvenir à le repousser. Sa tête tomba sur l’épaule de Tsukia.

Il ferma les yeux.


*


Elle était partie.
Ils s’étaient disputés comme si c’était un jour ordinaire, comme si rien ne s’était passé, et au bout du compte, est était partie. Il était resté. C’était rare qu’il lui cède quelque chose. En fait… c’était la première fois que Gil ne tentait pas de rattraper Tsukia.

C’était aussi la dernière.

Alors qu’il traversait la cour intérieure de l’édifice, un genre de manoir où, par chance, quelques Rêveurs s’étaient établis, il heurta sans le vouloir un homme qui semblait complètement absorbé par sa tâche – le nettoyage d’un instrument de musique. C’était bien Gil qui lui était rentré dedans, mais ce fut lui, le vieil homme, qui s’excusa :

- Oh, pardon jeune homme, ma foi, vous êtes costaud ! Ah si j’étais plus jeune, moi aussi… Peut-être que je pourrais survivre à la Silencieuse…

Gil, qui avait levé les mains en guise de paix, cligna plusieurs des yeux.

- Qu’est-ce que… Qu’est-ce que vous avez dit ?
- Il n’y a qu’une seule personne que je connaisse qui puisse créer un antidote à ce poison…



*


- Tsukia !

Il courait. Il était parti comme une flèche dans le sillage de la jeune femme, oubliant presque Brindille qui n’arrivait pas à suivre son rythme. Alors il avait fait demi-tour, soulevé la gamine en train de pester dans les bras et repris sa course folle, comme si ce poids – plume, certes, mais tout de même – ne l’encombrait pas outre mesure. Rien n’aurait pu ralentir son allure teintée d’espoir et de détermination. Il rattrapa Tsukia avant qu’elle franchisse les portes de la cité.

- Enfer, tronche de cake empoisonné, tu vas arrêter de te défiler comme un Cabochard mal luné et tu vas ouvrir grand tes oreilles de nana bouchée ! C’est bon, tu me reçois ? Alors écoute ça : je sais où trouver l’antidote qui peut te guérir.

Et avant qu’elle ne songe à l’envoyer promener pour continuer d’accepter sombrement son destin funeste, il écarta le col de son tabard, dévoilant les glyphes noirs qui s’entrelaçaient à la manière d’un tatouage sur la peau de son cou.


*


- C’est une vieille chouette complètement perverse et timbrée mais crois-moi, personne d’autre qu’elle ne peut te sauver. La Silencieuse est un poison vicieux dont on ne survit normalement pas.

Sauf quand on s’appelle Gil.
Ou Tsukia.


- Est-ce qu’on est sûr qu’il s’agit de la Silencieuse ?
- Rage était le genre d’homme qui trempe ses lames dans un poison destiné à ne laisser aucune chance à ses adversaires… et qui les fait souffrir atrocement avant de mourir. Et puis c’est ce que le Rêveur a dit. Mais je ne connais pas cette forme de la Silencieuse, peut-être parce qu’elle est coupée avec une autre substance… Dùnhild saura quoi faire.


Il y avait tant de ferveur dans la voix de Gil que les deux gamines le suivaient maintenant depuis quelques minutes à travers Al-Chen. Brindille avait récupéré le sac de Tsukia et marchait à côté d’elle.

- Je rêve, marmonna-t-elle, il va vraiment te laisser entre les mains d’une « vieille chouette perverse et timbrée » ?

Quand ils arrivèrent devant la boutique de l’herboriste, Gil pâlit en apercevant le papier sur la porte. La dernière fois qu’il était venu ici, c’était pour découvrir que Dùnhild était partie jusqu’en Pays Faël. Il avait bien failli mourir avant de lui mettre la main dessus… Heureusement, le message ne parlait pas d’une absence de cette vieille friponne :

Fermé pour inventaire.
A demain mes lapins !


Gil leva les yeux au ciel, puis il laissa filer une aiguille de son poignet et entreprit de crocheter la serrure avec. Moins de dix secondes plus tard, la porte s’ouvrait sur un désordre inextricable.

Et au milieu de ce désordre…

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."


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Tsukia Til'Werin
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MessageSujet: Re: Pas un pour rattraper l'autre [Tsukia]   Dim 04 Fév 2018, 03:35

Le brigand chargea, frappant l'homme à la taille impressionnante en plein ventre et utilisant son élan pour le faire glisser sur ses pieds, le reculant légèrement alors que ses gros poings frappaient la tête et les épaules de son assaillant, le géant, d’apparence Alavirien, ancra ses pieds et repoussa l'imbécile, le soulevant bientôt dans un cris bestial et lui brisant la colonne vertébrale sur son genou.

Les comparses du cadavre grimacèrent en frissonnant, se demandant comment on pouvaient être si fort, alors ils sortirent leurs armes, assez joué...

...Réalisèrent leur erreur quand le regard froid, glacé, de l'homme flamboie et qu'il soulève l'arme qu'il portait sur son dos.


There comes Fenris' twin,
His jaws are open wide,
The serpent rises from the waves.

Jormungandr twists and turns,
Mighty in his wrath,
The eyes are full of primal hate...

La porte s'ouvrit alors que l'homme, gigantesque, mais pas au point d'être un Thül, bien qu'il en avait la carrure, semblant n'être fait que de muscles qui se bandaient dans une force sauvage quand il se tendit, se tourna pour faire face aux nouveau arrivants, au milieu d'un vrai bordel et de cadavres.

L'homme qui était devant se tendit également instantanément et des armes apparurent dans ses mains.

Vingdhor soupira intérieurement. Combien de gens allait-il devoir tuer pour trouver la femme qui était supposé occupé cet endroit? Combien de temps devrait-il encore passer loin de son peuple?

Il souleva son arme, une épée qui n'en était pas une, c'était trop gros, trop large, pas assez raffiné pour être une épée.

C'était plus un amas de métal forgé, une monstruosité d'acier aux bords fais plus pour déchiqueter que pour couper.

Même Giliwyn en frissonna une seconde en voyant l'homme la manier comme s'il ne s'agissait que d'une formalité en se plaçant en garde.

Tellement, que Tsukia ne pu s'empêcher de passer une tête fatiguée dans l'entrebâillement de la porte pour voir ce qu'il y avait là.

Cette apparition fit grogner Gil.

L'inconnu, lui, paru surpris puis se mis à balbutier un truc complètement impossible à déchiffrer.

Suivi d'une hésitation.

Puis d'un seul mot, prononcer maladroitement.


Tsu-Tsukiah?

As the fire inside,
Is ignited by bloodshed,
In berserkers from north.

Could it be as was said,
When the serpent be woken,
Fenrir howls...

Gil frissonne... Il veux se battre avec un bonhomme de neige ou quoi? Jamais vu quelqu'un qui-- WAHWAHWAHWAH KESSKESSÉKESSA!?

Pourquoi y'as un mec plus grand que Gil qui utilise une épée la taille d'un mec là dedans?!

Et pourquoi il dit des trucs incompréhensibles? Palapanishta, moi aussi j'peux inventer une langue comme ça!

Puis un mot.

Mon nom.

Comment il connait mon nom, lui?

Et en plus il lâche son épée, la replaçant dans son dos, et se pointe, on diraient qu'il cherche ses mots un peu.


Vingdhor Märnkiethwerin... Mon nom..?

Il semble se demander s'il as bien dit, moi je me demande un instant de quoi il--

Attendez une seconde...

Werin comme dans... Moi? Nooooon, ça peut pas vraiment être...


... Nounours..?

Il ouvre les yeux un instant, puis éclate d'un rire joyeux. Gil me fixe en semblant me demander d'expliquer... Moi j'ai déjà mal au crâne d'y penser, même pas moyen de mourir en paix sans que la famille s'invite..!

When our brothers have fought,
Is where we will be proven,
On ground stained by blood.

Standing tall.

And we know,
If we fall,
Our comrades awaits in Valhall.

Odin's call...

Ouais, d'accord, je recommence, version courte, le septentrion des géants est habité. Par des tribus. Ma famille est scindée en deux, la moitié frontalière, qui vit à la citadelle depuis qu'ils s'y sont installés il y as des années, avec mon arrière-arrière-bref-vous-comprenez-grand père, et l'autre moitié, qui est restée dans ces tribus avec le frère du dit arriéré.

Oncle Vingdhor, Vincent ou Vince pour les Alaviriens, vient de la moitié tribu.

Quand j'étais petite, il as rendu visite à mon père pour faire la paix avec la famille, parce qu'il trouve les vieilles engueulades stupides, et du coup il m'as rencontré. Je pouvais pas prononcer son nom et il portait une peau d'ours, du coup depuis mes cinq ans, c'est oncle Nounours.

Ça va, t'as compris, Gil..?


J'suis fatiguée d'expliquer, c'est fou ça as pris moins de temps à Brindille de comprendre, peut-être parce qu'elle n'as pas doutée que des hommes vivent dans les septentrions, elle..!

Cela dit, Gil semble soudain comprendre pourquoi je suis si grande, parce que faut le dire, même pour une frontalière, je suis pas exactement ''Taille standard''

Il admire une fois de plus l'énorme épée de tonton Roar - Faut bien un Surnom pour Nounours! - avant d'enfin soupirer et de sembler se faire à l'idée qu'il faut que je sois un peu Alien, pour être Tsukiée.

Je suis bien contente de ne plus avoir à parler, cela dit, me dis-je en soupirant...

...Avant d'être pliée en deux par une crise de toux si intense que je ne crache même du sang, alors que Brindille s'accroche à moi.

Quand j'arrête enfin, je reprends mon souffle. Elle me demande si ça va, Nounours me fixe inquiet.

Gil, lui, me fixe avec ce regard qu'il ne m'avait carrément jamais attribué.

Celui qu'on glisse sur un égal qui passe par exactement la même chose que nous.

Je me tourne vers Brindille et elle semble surprise, se plaquant les mains sur la bouche.

Vincent - au diable son nom complet - fait une grimace.

Gil semble surpris un instant, inquiet même, mais soupir et me fixe en croisant les bras... Un moment avant de me lever un miroir.

... Bon ben en tout cas j'ai vraiment pas envie de revoir Syn, de suite, là.

Je lève une main malgré moi vers mon visage, tâte un peu la peau...

Les glyphes de Gil sont grossières, mais moi, comme ça c'est formé autour de mes yeux, en partant de la fine ligne de la coupure faite par Rage que j'ai dit au rêveur de laisser tranquille - une morte s'en fiche, d'une cicatrice de plus ou de moins - et ça cours jusqu'à dépassé mon oeil gauche, à l'opposé de mon visage.

C'est un peu surélevé et... C'est foncé. Presque noir. Je suppose que c'est le poison qui fait ça au sang.

Pour le coup j'ai envie de pleurer.

J'avais demander à Gil de pas me suivre, de se souvenir de moi intacte...

...Et voilà qu'il me suis pour rien - l'herboriste à la con est pas là de toute - et en plus il va toujours avoir cette image de moi, avec le masque grossier et foncé de la condamné sur le visage.

C'était trop demander, de vouloir qu'il se souvienne de moins en santé, de moi... Jolie..?

Pour le coup je sens la main de Vincent qui touche mon épaule et j'inspire en sanglotant légèrement malgré moi.

Il me fixe avec un regard tendre, désolé.

...Pourquoi le visage...

...Comment je suis supposée me présenter à Syndrell, ou à Aivy, moi, ou même à Lib, quand je suis comme ça, quand j'ai ce truc si laid sur le visage que je ne veux plus me voir moi-même..?

Pourquoi j'ai fais tout ça pour vous deux, Sangrelune et Brindille, si vous êtes même pas capable de respecter mon envie de ne pas laisser... ÇA dans vos mémoires..?

Je me défait de la main de Gil qui tente d'agripper la mienne en me levant de la table où nous avons pris place, puis je grimpe l'escalier sans me poser de questions, j'arrive en haut en entendant des pas qui me suivent, trop lourds pour brindille, pas assez pour Nounous.

Je claque la porte à la face de Gil et la verrouille de la clef toujours dans la serrure, rajoutant une commode que je pousse devant.

Il y as un vieux divan, sur lequel je m'écrase pour pleurer.

Je ne suis plus marchombre, ni frontalière.

Avec ce truc sur le visage, les frontaliers me renieront, la liberté me riras au nez...

...Et puis que vaux la liberté si je ne peux même pas effacer cette apparence de monstre de la tête de mes ''amis'', de ma ''famille''..?

Au fond, c'est un truc que j'ai mériter, quand on y pensent, j'ai voulu jouer à la marchombre, pourtant je tue, je bouge, je respire comme une envoleuse.

Plein de gens on tentez de me prévenir, de m'arrêter sur ma lancée, mais je suis frontalière, je me disais que je suis un soldat, c'est normal, de tuer...

...Sauf que personne n'est en guerre et ceux que je tue n'ont pas toujours eu le choix de se battre ou non.

J'ai tuer deux de mes frères.

J'mérite probablement de finir en enfer...


Every arrow counts until surrender is announced,
After the downfall, a castle relieved.

Defeating memories who held them besieged.

Brindille and Gil and a bear set the prisoner free...

An it’s the end of the line of the final journey,
Enemies leaving the past..!

And it’s harmonic troops and the chaos army,
Joining together at last..!

Merde...

...J'avais oublier la fenêtre, me dis-je en me réveillant, la tête dans mes bras croisés, au son de pas sur le parquet... Puis le sentiment d'une main sur mon épaule.

Je sais qu'elle appartient à Gil.


Fou le camp...

...Ferme là et fou le camp.

MAIS PUTAIN FOU MOI LE CAMP, GILIWYN SANGRELUNE!


Hein..?

Quoi ça?

''C'est partit''? et pourquoi t'as l'air si surpris...

. . .

Pardon?

Lui crier dessus..? Pourquoi diable voudrait-il que je..?


Ta gueule, va t'en, laisse moi... Seule...

... Arrête, Gil, j'ai pas besoin d'une gardienne et j'ai pas de raisons de te crier dessus, laisse moi tranquille bon sang.

D'ACCORD PUTAIN TU VEUX QUE JE TE CRIE DESSUS ET BIEN VOILÀ T'ES CONTENT? C'EST C'QUE TU VEUX? QUE JE TE CRIE QUE T'ES UN ENFOIRÉ? QUE C'EST TA FAUTE? QUE J'EN SUIS ICI À CAUSE DE TOI? QUE C'EST TOI QUI M'AS TRANSFORMÉ, LENTEMENT, EN ENVOLEUSE, EN MONSTRE, ET QUE MAINTENANT C'EST TELLEMENT ANCRÉ EN MOI QUE JE NE PEUX PLUS REVENIR EN ARRIÈRE?!

QUE C'EST TA FAUTE SI JE VAIS CREVER ET QU'EN PLUS T'AS PAS ÉTÉ FICHU DE ME FICHE LA PAIX, DE ME RESPECTER ASSEZ POUR ME LAISSER MOURIR SANS QUE TOI OU BRINDILLE NE ME VOIS COMME ÇA? QUE T'AS MÊME PAS ÉTÉ FICHU DE ME TRAITER EN ÉGAL UNE SEULE SECONDE? QUE TU DONNE TOUJOURS L'IMPRESSION QUE JE NE SUIS QU'UN BOULET QUI T'EMMERDE AVEC TES SILENCES À LA CON? QUE T'ES LE PIRE AMI QUE J'AI JAMAIS EU MAIS QUE PUTAIN J'PEUX RIEN Y FAIRE PARCE QUE T'ES PIRE QUE LE POISON QUE J'AI DANS LES VEINES?!

QUE...

QUE J'PEUX MÊME PAS RÉUSSIR À T'EN VOULOIR POUR TOUT ÇA?! QUE MÊME SI TU ME TUERAIS, LÀ, OU ME VIOLERAIS JE POURRAIS PAS RÉUSSIR À TE DÉTESTER?

BEN VOILÀ CONNARD BON, TU LE SAVAIS ET JE TE LE RÉPÈTE, JE T'AIME, ENFOIRÉ, J'SUIS AUSSI FOLLE DE TOI QUE DES DEUX NANAS AVEC QUI JE SORS! DÈS QUE J'TE VOIS J'AI L'IMPRESSION DE RECOMMENCER À RESPIRER ET MALGRÉ TOUT CHAQUE SECONDE PASSÉ À TES CÔTÉS EST UNE TORTURE PARCE QUE TU ME FAIS ME SENTIR COMME UNE MOINS QUE RIEN D'ACCORD!?


Il me fixe tout au long de ma tirade en se taisant, ça me rends encore plus malade, j'ai l'impression qu'il ne me vois vraiment pas, avec son regard fixé droit sur... Ça...

...L'enfoiré me regarde même pas les yeux, pire, quelques secondes après que j'ai finis, il sourit! Il est content d'être un salopard qui me fais de l'effet!

QUEL CON!

Les larmes montent à mes yeux et je lui lâche le collet, que j'ai attraper dans ma rage, pour me fiche sur le divan de nouveau.

Il fait un petit bruit de gorge, puis un tout petit ''Tsu..?''

Je réponds pas.

Il recommence.

Je grogne, tu m'as appris au moins ça.

Il me dit de regarder, alors je lève les yeux, fatiguée, l'est temps qu'il se ferme sa grande gueule sérieu--

Miroir.

Je croyais avoir caché le seul qui était dans la pièce.

Pourtant il y en as un qui me reflète ma saloperie de vis--

Mais attendez...

...J'attrape l'objet et m'y fixe. Pas de glyphe, pas de noir.

Juste à ce moment, Gil me frappe dans l'épaule, assez fort pour me faire grincer des dents, je le frapperais bien en retour, mais j'ouvre grand les yeux quand, en même temps que je grogne, les glyphes apparaissent... Et s'estompent de la même façon après un petit moment.

C'est quoi ces conneries putain...

...Hein? Quoi? Activé par l'adrénaline..?

...Mouais, ça pourrais faire du sens, mais ce serait con, z'imaginez un peu en pleine séance d’essais de nouveau comptoir de Ciel (Le pauvre, certains diraient) avec Syndrell, sboom, glyphes..?

Pas très Sexy...

Mais bon, pour le coup ça va rester ou bien ça va disparaître pour de bon..? J'veux dire, si j'suis pour dev'nir un monstre dès que je m'excite un peu, j'me pends de suite hein.

Soudain la grosse voix de Nounours résonne de derrière la porte... Qui est ouverte comme si cet espèce de vilain géant ne déplaçait pas une commode juste pour ça en même temps et il montre une carte en disant qu'il sait où Dunhild est partit.

Gil me regarde en mode ''Il se fou de nous là, il est pas si fort, hein?''...

Je hausse les épaules.


Tonton Nounours, c'est le plus fort...

Swedish Pagans,
Marching ashore,
Forged in Valhalla by the hammer of Thor.

Out from Asgaard,
A viking ship sails,
Never to turn back again...

Vous avez raison, seule Dunhild peut la guérir, je ne connais pas le secret de ses antidotes, pas encore... Mais je suis surpris qu'elle ais survécu, qu'elle soit debout aussi, il me semble que ce mélange devrais rendre la silencieuse plus mortelle, encore, le genre de saloperie qui vous fais passer par les symptômes plus vite, pourtant elle semble y résister, la preuve étant dans les glyphes ; ils n'apparaissent que quand le poison réussis à être plus actif dans son sang que ses globules blancs...

C'est le sang.

On se retournent tous vers oncle Roar, qui as les bras croisés, on diraient qu'il as retrouvé ses vieux réflexes, il n'hésite plus même si son alavirien est couvert d'un gros accent tout chaud, comme un feu l'hiver.

Je m'apprête à lui demander ce qu'il veux dire, mais il réponds le premier.


Tsukia est certes éloignée de nous, mais elle garde cette témérité et ce sang chaud qui caractérise mon peuple, elle n'est pas si loin...

...Notre sang est plus épais, plus fort, que celui des alaviriens, la plupart des poisons de l'empire ne me causent que des nausées...


Je le regarde, curieuse... C'est vrai qu'il as souvent été empoisonné, à la citadelle ou en battant des brigands, mais qu'il n'as jamais que vomis... Mais de là à dire que son système immunitaire est plus fort que les poisons Alaviriens...

...Bon en même temps il connais pas la silencieuse, et puis l'apprenti revenu de nulle part de cette supposée vieille pie semble d'accord, me dis-je une seconde avant d'être prise d'une crise de frissons extrêmes qui me fais frissonner.

Je cherche autour, froid, besoin de chaleur, pas de couvertures. Y'as un Gilou.

Et merde alors bon.

J'massoie droit sur ses genoux et il recule presque, mais je me roule dans ses bras et grelotte un ''f-froid'' et du coup il commence à me frotter les bras, un peu indécis.

T'as dis grand frère, ben assume mon vieux, si t'es grand frère, pitite soeur as besoin de chaleur, peut être même pendant trente jours, alors fournis!


We're leaving together,
The final count down.

We'll all miss her so..

...It's the final countdown...

J'attrape mon sac... J'ai envie de foutre le camp avant que les symptômes n'empires et que Gil ne me vois plus pathétique encore, mais il m'as vu venir et du coup il est à moins de trois pas, donc je grogne - OUAIS J'LUI PIQUE SON RÔLE! - et ferme le sac de voyage en me le passant sur l'épaule.

Il s'apprête à quitter la pièce devant moi mais ma voix le retient.


Gil..?

...Pour tout à l'heure je...

...Je suis désolé, je voulais pas dire ça...


Il gèle son geste pour attraper la poignée et se retourne, m'inspectant un instant...

...Alors quoi, tu va -encore- m'étudier sans me dire à quoi tu pense?

ENCORE me faire me sentir comme si, au fond, tu te disais ''Mais quel boulet...'' ?

Soudain la fenêtre me semble de nouveau une bonne option, j'y saute et hopladou je suis dehors, ce seras simple et concis, ensuite je me sauve, je peux pas le battre à la course en ce moment, mais je peux me camoufler, je suis pas mauvaise à cache cache...

...Je m'apprête à bouger quand il commence à parler...

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Pas un pour rattraper l'autre [Tsukia]   Dim 04 Fév 2018, 21:53

Il y avait des jours où Gil se maudissait de s’être levé.
Et d’autres où il regrettait carrément d’exister.
Pouvait-il imaginer pire, comme sensation ?

Désormais, oui.


*


- Bordel de pipe.

C’est tout ce qui lui passa par l’esprit et entre les lèvres quand Gil découvrit l’homme le plus costaud de l’empire. En fait, il se sentait tellement ridicule et petit devant lui qu’il n’eut même pas le réflexe de dégainer son épée. Il frissonna et rentra la tête dans les épaules. C’est l’apparition de Tsukia, dans son dos, qui le fit réagir. Il grogna et recula, prêt à faire barrière entre elle et ce monstre titanesque qui le fixait d’un air belliqueux – mais celui-ci aperçut la gamine, lui aussi, et son expression changea. Enfin, la face immense qui lui servait de visage frémit, s’étira, sa bouche s’ouvrit en O et ses épais sourcils s’envolèrent. En le voyant ranger son arme – non, ce n’était pas une arme, c’était… une broyeuse à humains – Gil se raidit, plus méfiant que jamais. Il mourait d’envie d’appeler Dùhnild, de vérifier qu’elle allait bien au milieu de ce carnage épouvantable, mais il craignait d’énerver le géant. Mieux valait songer à battre en retraite, et vite, avant que…

- Tsu – Tsukiah ?

Au tour de Gil de hausser les sourcils ! Ce… cette chose énorme et vaguement humaine connaissait Tsu ?

- Nounours..?

Il y avait des jours où Gil se maudissait de s’être levé.
Et d’autres où il regrettait carrément d’exister.
Pouvait-il imaginer pire, comme sensation ?

Désormais, oui.

Gil savait. Il suffisait de se retrouver nez à nez avec un géant affectueusement baptisé « Nounours », qui avait un certain lien de parenté avec Tsukia mais qui avait brisé la colonne vertébrale d’une douzaine de gugusses, et qui, bien sûr, n’avait strictement rien à voir avec la vieille folle qu’il était venu chercher. Désespéré, l’Envoleur hésitait à se taper la tête contre un mur en criant d’impuissance, tandis que Tsukia retrouvait son « oncle » avec émotion, lorsque la porte s’ouvrit à nouveau. Ce fut instinctif et parfaitement coordonné. Brindille encocha une flèche à une vitesse folle et banda son arc en direction du seuil. Gil se mit en garde, son épée dans la main. Tsu s’empara de son katana et Gros Nounours fit craquer ses énormes poings, prêt à massacrer encore – il n’était pas à ça près, sans doute. Du coup, le nouveau venu se figea net devant un tel comité d’accueil. C’était un adolescent assez grand (mais à côté du géant tonton, lui aussi paraissait minuscule) et extraordinairement mince, à croire qu’il avait grandi coincé sous une pierre. Il était bizarrement vêtu d’une tunique dont le col lui remontait jusqu’au menton, c’était à la fois très noble et très ridicule, et il portait une paire de lunette sur son nez qui agrandissait ses yeux bleus. Ses longs cheveux bruns étaient retenus en une impeccable queue de cheval.

Immobile, le garçon observa les étrangers qui lui faisait face en un genre de front uni, puis baissa les yeux et tiqua en découvrant les cadavres. Mais au lieu de prendre ses jambes à son cou, il secoua la tête d’un air navré et sa voix, quand elle s’éleva dans le lourd silence qui avait accueilli son entrée, était parfaitement lisse :

- Bigre. L’inventaire va être plus long que prévu, en fait.

Gil fut le premier à réagir. Il secoua la tête, dépassé – est-ce que tous les gens qu’il rencontraient étaient complètement tarés ?? – et rangea sa lame. Il restait sur ses gardes, se méfiant autant de l’adolescent que du géant.

- Qui es-tu ?
- Eugène Granvernier, apprenti de miss Dùnhild. Et vous ?
- Des clients de la vi… de Dùnhild. Elle est passée où, bon sang ?
- Aucune idée ! Généralement, elle disparaît deux jours avant l’inventaire et elle revient trois après. Je me demande quelle sera son excuse cette fois-ci. C’est vous qui avez fait ça ?
- Pas nous, lui,
grogna Gil en désignant le géant du pouce.
- Bigre ! Vous êtes vraiment immense. Et vous avez mis un sacré désordre dans la boutique. Je suppose que ces gens sont entrés sans permission ?
- Heu… oui.


Et toi alors ? pensa Gil, de plus en plus ahuri par la situation. Eugène, l’apprenti de l’herboriste, ne semblait pas choqué outre mesure ! Il fournit un soupçon d’explication tout en se débarrassant de son manteau, qu’il accrocha à une patère comme s’il s’agissait d’une journée banale – sans cadavres au milieu de la pièce…

- Ils sont de plus en plus nombreux à essayer de forcer le coffre. J’ai dit à miss Dùhnild de le placer dans un autre endroit, mais elle refuse catégoriquement de s’en séparer.
- Un coffre ?
- Oui. Même pas bien caché en plus.
- Et qu’est-ce qu’il contient ?
voulut savoir Brindille d’un ton intéressé.
- Une paire de collants, si je me souviens bien. Et peut-être aussi une paire de dés. Miss Dùnhild est fascinée par ce qui fonctionne par deux.
- Mais, les dés ne fonctionnent pas par deux !
- Ah bon ?
[/b]

Gil ferma les yeux et se pinça l’arête du nez.

- Enfer, bouclez-la un peu, tous. Est-ce qu’on peut savoir où est cette vieille magouilleuse ? C’est assez urgent.
- Je vous l’ai dit, je n’en sais rien…
- Moi je…
- Oui,
coupa Gil en se tournant vers Papa Ours. Vous. Vous êtes qui, en fait ?


*


- … Je pouvais pas prononcer son nom et il portait une peau d’ours, du coup depuis mes cinq ans, c’est oncle Nounours. Ça va, t’as compris, Gil ?

L’interpelé répondit d’un grognement désabusé. Ouais. C’était insensé mais ouais, il avait pigé. Pendant que Tsukia lui expliquait son arbre généalogique complètement tordu, Eugène et Brindille avaient nettoyé la pièce. L’apprenti herboriste avait utilisé une étrange décoction qui avait réussi à détacher le sang, mais cela ne l’avait pas empêché de pester ni d’évoquer « le courroux de miss Dùnhild ». Alors, forcément, quand Tsukia toussa et cracha un peu d’hémoglobine, l’ado dégingandé se précipita pour essuyer les taches avec son produit miracle. Gil le bouscula pour attraper Tsukia avec inquiétude. Il voulut lui saisir le menton pour l’examiner mais elle se déroba comme un animal furieux. Ce n’est que lorsqu’il lui présenta un petit miroir un peu ébréché, attrapé sur une étagère, qu’elle cessa de se débattre. Brindille posa une main sur sa bouche pour contenir son exclamation de surprise. Le grand Vincent-truc-chouette ne retint pas la sienne. Même Eugène cessa d’astiquer le parquet pour scruter le visage de Tsukia. Celle-ci pâlit sous les marques sombres qui se dessinaient sur sa peau ; La Silencieuse gagnait du terrain. Elle avait tracé de jolies arabesques à partir de la coupure qui courait sur la tempe de la jeune fille, mais n’étaient visiblement pas au goût de celle-ci. Gil eut le drôle de réflexe de tendre la main pour la rattraper avant même qu’elle ne réagisse, sauf qu'une fois de plus, Tsukia lui échappa. Elle s’enfuit, emportant sa douleur avec elle. Et ce fut Vince-marchin-chose qui retint l’envoleur d’une main puissante.

- Faut la laisser tranquille.
- Pas question.
- Ecoute c’que je te dis, Alavirien ! Tsukiah, je la connais bien.
- Moi aussi,
gronda Gil en se retournant pour fixer le géant dans les yeux.

Ça l’obligeait à se démancher le cou mais qu’importe, il ne comptait pas baisser le regard. Un genre d’affrontement silencieux opposa les deux hommes un instant. L’oncle adoré jaugeait le frère de cœur, chacun cultivant une jalousie qui fit sourire Brindille.

Les mecs…


*


Plus tard, bien plus tard, quand Brindille s’assoupit sur un fauteuil, bercée par les histoires d’un ours et apaisée par la tisane d’un ado vieux jeu, Gil s’éclipsa. Il se faufila dans la nuit, se fit ombre parmi les ombres et commença à escalader le mur. Du lierre avait poussé, masquant les prises qu’il trouva pourtant. En un rien de temps, il atteignit la fenêtre restée entrouverte. Il se glissa dans l’entrebâillement et atterrit souplement sur le parquet de la chambre. Tsukia dormait dans un coin, épuisée. Debout, immobile au milieu de la pièce, Gil la regarda un long moment. La peur qui lui nouait le ventre l’empêchait de prendre la bonne décision. Tout ce qu’il savait, c’est que cette fille ne devait pas mourir. Il ne le permettrait pas ! Ses poings se serrèrent de détermination. Il les décrispa difficilement et se déplaça enfin, attrapant une couverture pour la déposer sur les épaules de Tsukia. Mais elle se réveilla à ce moment-là et son regard s’assombrit tellement que Gil recula d’un pas malgré lui.

- Fous le camp.
- Nan.
- Ferme-la et fous le camp.
- Toujours pas, nan.
- MAIS PUTAIN FOUS-MOI LE CAMP, GILIWYN SANGRELUNE !
- Ah, enfin. C’est parti. Tu permets que je m’asseye pendant que tu cries ?


Un bref instant, Gil crut que la surprise allait souffler la colère de Tsu. Cela aurait été dommage. Mais non, elle n’en fit rien, parce que la fureur était trop grande, trop incontrôlable pour être balayée aussi rapidement. Gil le savait bien, il avait porté la même au fond de son cœur quand la Silencieuse avait coulé dans ses veines, le condamnant aussi sûrement qu’un coup de couteau entre les côtes… Alors, quand la jeune marchombre se mit à crier, il s’assit dans le canapé, posa un coude sur son genou et son menton dans le creux de sa main. Et il écouta. Il écouta sans rien dire, même si les mots qui éclatèrent s’enfoncèrent dans sa chair à la manière de lames méchamment acérées. Il supporta les coups sans broncher. Au moment où elle envisagea qu’il la viole ou qu’il la tue, il parvint à rester entièrement de marbre – seul son petit doigt de la main qu’il avait laissée sur sa jambe s’agita brièvement. Il ne réagit pas davantage quand elle le saisit par le col. Elle n’était pas aussi forte qu’elle l’aurait voulu, affaiblie par le poison, mais la colère avait réanimé un peu de la Tsu qu’il connaissait. C’était le but de toute cette mascarade. Si elle se morfondait, si elle se laissait aller, elle mourrait, quoi que puisse faire cette satanée vieille bique d’herboriste. Pour survivre, Tsukia devait se battre ! Et pour se battre elle devait avoir une bonne raison. Le détester en était une qui tenait la route…

Enfin, au bout d’une éternité passée à le fixer dans un silence assourdissant, Tsu lâcha prise. Elle se laissa tomber sur le divan, comme vidée.

- Tsu ?

Pas de réponse.

- Tsukia.

Réponse grognement. Pour le coup, Gil esquissa un bref sourire. L’ours en bas pouvait clamer son lien de parenté autant qu’il le voulait, c’était encore à lui, Gil SangreLune, que cette gamine ressemblait le plus.

- Hé Cabocharde, regarde-moi ça, tu veux ?

Par réflexe plus que par curiosité, elle regarda le miroir ébréché qu’il avait gardé. Ses yeux s’agrandirent de surprise. Les glyphes avaient disparu de son visage. Il n’en restait plus une trace. Sans un mot, Gil ferma le poing et flanqua un coup dans l’épaule de la jeune fille. Elle montra les dents aussitôt, hargneuse, et se figea en voyant les marques noircir sa peau.

- C’est bien ce que je pensais… c’est l’adrénaline qui les fait apparaître.

Tsukia le fusilla du regard, mais il haussa les épaules : il n’en savait pas plus. Ça n’avait pas fait la même chose, dans son cas ; la marque était restée parce que d’après Dùnhild, il avait failli y passer. Jamais elle n’avait « clignoté » comme le faisait celle de Tsu. Gil soupira devant la mine sombre de la gamine. Il s’apprêtait à lui remonter le moral à sa façon quand la porte s’ouvrit sur un tonton Nounours tout content de lui.

- Je sais où qu’elle est, la miss Dùhnild !

C’est pas vrai, il se fout de nous ce type, il ne peut pas débarquer de nulle part et trouver cette vieille pie comme ça !

Tsukia lui rendit son regard et il lut, avant d’entendre sa remarque, qu’elle l’en croyait bel et bien capable, parce que…

- Tonton Nounours c’est le meilleur.

Ah ben d’accord, alors. Si Tonton Nounours est le meilleur, pourquoi est-ce qu’on s’inquiète, hein ?


*


Voilà bien une heure que l’ours en peluche et le gamin aux grosses binocles dissertaient sur le pourquoi du comment du poison qui réagissait avec le sang de Tsukia. Gil avait décroché au bout de deux phrases. Ce n’étaient pas des spéculations qui allaient sauver la gosse. Agacé, il s’était assis dans un fauteuil et pianotait nerveusement sur l’accoudoir, pressé que ces messieurs aient terminé leur discussion pour pouvoir partir à la recherche de la vieille chouette. Il allait finir par enfermer celle-ci dans une volière, histoire de la trouver la prochaine fois que l’un d’entre eux se ferait empoisonner. Mince alors, pourquoi n’était-elle jamais là quand on avait besoin d’elle ? Ce n’était pas la seule inquiétude qui rongeait les entrailles de Gil. Il se demandait si elle aurait tous les ingrédients nécessaires pour fabriquer l’antidote. Dans son cas, il avait fallu crapahuter un moment avant de réunir tous les composants de ce fichu breuvage, tant et si bien qu’il s’en était fallu d’un poil de cul de souris pour qu’il claque entre les doigts de la vieille peau ! Il lui devait la vie, mais elle, elle lui devait d’être joignable quand il avait besoin d’elle ! Bordel !

Tsukia s’assit soudain sur ses genoux, interrompant le fil injurieux de ses pensées. Il sursauta, pris de court, et songea à la repousser, mais elle ne lui en laissa pas l’occasion en se lovant comme un chat contre lui. Elle était glacée ! Gil soupira d’exaspération.

Et referma les bras sur le petit chaton.

Sans doute s’assoupit-il, parce qu’un léger bruit le fit s’éveiller brusquement. Il regarda tout autour de lui, à la recherche de ce qui l’avait tiré du sommeil, et ses yeux tombèrent sur Tsukia. Elle était encore en train de se faire la malle. Un grognement s’échappa de la poitrine de Gil. Il se leva, traversa la pièce et dépassa la jeune marchombre. Marchenvoleuse. Ça lui allait mieux. Quoi qu’il en soit, pas question de la laisser partir toute seule dans son état. Il venait avec elle, point barre. Sa main appuyait déjà sur la poignée de la porte quand elle s’excusa. Il se figea. C’était tellement improbable, ça ! Tsukia n’était pas femme à s’excuser, au contraire, elle voulait toujours avoir le dernier mot… Il se retourna, s’adossa contre le battant de la porte et croisa les bras sur la poitrine.

- En fait, t’as pas dit que des conneries.

Il l’observa avec attention puis, voyant qu’elle attendait la suite, il poursuivit d’un ton calme :

- C’est vrai, je suis un enfoiré qui a sa part de responsabilité dans cette histoire de dingue. A cause de mon attitude sans doute un peu trop ambiguë, Brindille s’est mise en danger. A cause de ma tête de lard, tu t’es mise en danger. Et non, je n’ai pas voulu te laisser tranquille, et c’est pourquoi je suis encore là d’ailleurs. Tu n’as pas à t’excuser, je t’ai poussée à bout volontairement tout à l’heure, parce qu’il fallait que ça sorte. C’est Juhen qu’il faut remercier, il m’a fait le coup quand j’étais trop étouffé par ma propre colère. Crier quand on risque de clamser, ça fait du bien, non ? Mais il y a un point sur lequel tu te trompes.

Gil fit un pas en avant, attrapa Tsukia et l’attira brusquement dans ses bras. Il la serra de toute la force de sa tendresse d’ours mal léché, une main dans ses cheveux pour lui caler la tête contre son épaule. Alors, son masque impassible vola en éclats et ses yeux se remplirent de larmes. C’était ça l’utilité des câlins, comprit-il en un éclair : dissimuler les émotions en cachant son visage tandis que l’on serre une personne aimée contre sa poitrine…

- Tu n’es pas un boulet. Ça ne s’envole pas comme un corbeau et ça ne danse pas avec le danger pour y échapper à chaque fois. Un boulet, c’est un truc qu’on traîne à la patte en permanence. Toi, t’es rien de moins qu’un coup de vent qui ébouriffe et fait vaciller le plus con des envoleurs au bord du vide.

Il se dégagea mais ne la lâcha pas, la tenant par les épaules, à bout de bras, afin de la regarder dans les yeux.

- Je ne risque pas ma vie pour des boulets mais pour les gens que j’aime. Tu comprends ça ? Je t’ai dit pourtant que je ne savais pas aimer les gens correctement ! Je suis terrifié à l’idée de les perdre, à tel point que ça finit par les éloigner de moi. Je préfère ça. Je grogne, je fais l’idiot pour moins me rendre compte que cet éloignement, ça me fout le cœur en vrac. Mais Tsu, si te barres, il y aura un vide immense, là.

Sa main sur le cœur, Gil dévisagea Tsukia en silence. Cette petite fille qui lui avouait son amour sans détour quand lui se voilait la face à coup de piques maladroites. Cette sale gosse que rien ne pouvait arrêter. La Silencieuse croyait pourvoir la tuer ? Mais c’était elle qui allait dégommer ce foutu poison ! Elle était têtue, mal élevée, sauvage, garçon manqué, amoureuse, malheureuse, courageuse et forte dans la faiblesse de la maladie. Un rayon de soleil dans un ciel de pluie. Un croissant de lune dans les ombres de la nuit. Pas envoleuse, pas tout à fait marchombre non plus. Aile de Corbeau quand ça lui chantait, gamine quand ça lui plaisait, femme quand elle s’acharnait. Elle vivait le présent comme nul autre sur cette terre, mordante, flamboyante, et menaçait de s’éteindre à tout moment, terrassée par le mal qui dessinait des arabesques sur son visage. Comme en cet instant. Si elle mourrait demain ? Gil disparaîtrait. Soit dans la folie, soit pour de bon. Elle était encore là, debout face à lui, le menton relevé dans le défi. S’il fallait que ces instants soient les derniers, alors soit. Gil non plus n’avait pas dit son dernier mot, et surtout, il était prêt à se damner pour lui prouver à quel point elle pouvait se tromper.

Il se pencha, glissa sa main derrière sa nuque et l’embrassa.

Ce n’était pas tout à fait comme avec Brindille. Un simple baiser échangé dans une ruelle sordide leur avait fait comprendre qu’entre eux, ce serait à jamais platonique. Là, il y avait de la colère, de la peur, de la tristesse dans une étreinte qui s’était fait attendre depuis longtemps ; bien sûr que Gil avait deviné les sentiments de Tsukia à son égard, et ce depuis leur première rencontre. Bien sûr qu’il était sincère quand il se disait fier d’être son frère de cœur. Bien sûr que ce n’était pas bien de faire ça. Mais quand on danse avec la mort, ni l’âge ni les sages résolutions ne sont des raisons suffisantes. Sans lâcher les lèvres de la jeune femme, Gil la souleva dans ses bras et la porta jusqu’au divan. Avec quelle tendresse brutale il la déshabilla ! Tantôt rude, tantôt doux, il lui fit l’amour sans jamais se détacher de son regard. Ce n’est que lorsqu’il la serra contre lui, frissonnante et alanguie, qu’un sourire espiègle naquit sur ses lèvres.

- Pas un boulet, murmura-t-il au creux de son oreille. Juste la plus grande emmerdeuse de tous les temps !


*


Ils se mirent en route à l’aube.
Gil n’avait pas prononcé une seule parole, mais un clin d’œil complice en direction de Tsukia avait exprimé ce qui ne serait jamais dit à haute voix : que cette nuit se reproduise ou non, c’était un secret et un choix qui n’appartenaient qu’à eux. Un formidable élan qui devait pousser Tsukia à tenir bon jusqu’à ce qu’ils mettent la main sur Dùnhild. Eugène les accompagnait. Il montait un petit cheval tout rond, chargé comme un mulet de livres, d’herbes et de décoctions. Vince insista pour les suivre en courant. Au début, chacun pensa qu’il allait se laisser distancer, mais devant son allure et la puissance de sa foulée, plus personne n’osa remettre en doute la parole de ce géant. Gil talonna Chante-Brume comme si c’était sa propre vie qui était en jeu.

Dùnhild, vieille canaille, tu as intérêt à ne pas me décevoir !




[Heu, ce n’était VRAIMENT pas prévu. Je n’ai VRAIMENT rien contrôlé. Gil a VRAIMENT fait ça tout seul. Alors si VRAIMENT quelque chose te dérange, n’hésite pas à me le dire, surtout. Je te laisse la suite, n’oublie pas que Gil ne peut pas trop s’éloigner puisqu’ensuite, il va retrouver Lëroya qui fait un barbecue avec des Brûleurs xD]

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Tsukia Til'Werin
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MessageSujet: Re: Pas un pour rattraper l'autre [Tsukia]   Mer 07 Fév 2018, 17:09

Et il m'embrasse.

J'ai envie de crier ''Quel con!''

De le gifle, peut-être aussi.

Mais il me soulève déjà, comme un poids plume... À peine si j'suis plus petite que lui, il va le sentir demain, s'il me pose pas bient--

Poof les fesses sur le divan. Puis il glisse ses mains sur mon visage, descend sur mes joues et dans mon cou... Alors c'est quoi l'plan, tu m’étrangle pour me prouver que j'vais pas mourir du poison..?

Quand ses mains descendent sur mes bras pour en retirer mes manches - dont une est à moitié fichu en l'air parce que je l'ai utilisée pour faire de la lame de mon katana pété une arme - je me demande si c'est une vengeance un peu bizarre pour l'avoir vu en serviette - et sans serviette - ou un truc du genre.

Cinq secondes à peine, avant que ses mains ne détachent mon pantalon.

Une seconde avant qu'il ne retire le sien.

Selon toute logique, je devrais l'arrêter, ou du moins lui dire d'être doux, que j'ai jamais fais avec un mec même si la ''preuve'' de ça as fiche le camp y'as un moment.

Mais à la place de me tais, pantelante, pendant qu'il s'enligne en me fixant dans les yeux.

Au fonds, y'as un peu de Gil en nous tous, sûrement, surtout vu comment je m'attire autant les ennuis que lui, et puis on se ressembles pas mal, avec nos yeux vairons...

Yeux qui se regardent.

Un regard un peu fou, plutôt désespéré.

Une poussée de reins un peu désespérée, plutôt folle.

Un gémissement.


He lives in you,
He lives in me.

He watches over,
Everything we see.

Into the waters,
Into the truth.

In your reflection...

...He lives in you...

Pas un mot échanger, pas une réplique, qu'elle soit Gilesque ou Tsukiesque.

Tellement que les deux autres semblent se demander si on est en froid, Nounours semble même se dire qu'il voudrait écrabouiller Gil pour lui apprendre à créer des froids.

Son regard se détache de l'envoleur une seconde quand je tousse en crachant du sang.

Il s'approche pour tenter de m'aider à me redresser alors que je m'appuis d'une main sur le mur.

À la place, je me redresse seule en m'essuyant la bouche du revers de la main, du feu dans les yeux.

Tous me regardent un peu surpris, ce regard, ce n'est pas celui d'hier, pas celui d'une malade.

C'est le regard de Tsukia, de moi, la moi qui avait pris des vacances depuis l’annonce du poison.

Gil, lui, semble le moins surpris... Mais le plus rassuré.

Clin d'oeil.

Mouais, assez de clignage, mon grand, l'est temps de trouver cette ''vieille pie''...

...J'devrais sûrement vouloir cracher sur la tombe sans nom que Rage recevras, là de suite, mais à la place j'ai sacrément envie de lui dire merci.

Oh pas particulièrement pour hier - même si c'était un beau bonus - mais bien pour... Ça.

Il croyait me tuer?
Moi?

Désolé, mec, tout ce que t'as fais, c'est me rendre plus forte...

...Une battante.


After all of the stealing and cheating,
You probably think that I hold resentment for you,

But uh uh,
Oh no,
You're wrong.

'Cause if it wasn't for all that you tried to do,
Well I wouldn't know,
Just how capable,
I am to pull through...

...So I want to say thank you!

'Cause it makes me that much stronger,
Makes me work a little bit harder,
It makes me that much wiser,
So thanks for making me a fighter...

Made me learn a little bit faster,
Made my skin a little bit thicker,
Makes me that much smarter,
So thanks for making me a fighter..!

''Vieille pie''?

''Vieille folledingue'' aurait été plus juste, me dis-je en regardant la scène devant moi... On l'As trouvée... Pas loin de la ville en plus, elle rentrait...

...S'est fait attaquer par des bandits de grand chemins...

...Et elle les tabassent à coup de sac à main - ou peut importe ce que ce sac est, des champignons peut-être? - alors qu'il demandent pitié...

...Pas trop ''Vieille'' la vieille..!

Puis elle nous aperçoit, nous observent, et tombe sur Gilou.

Un grand sourire étire son visage alors qu'elle fiche un dernier coup au ''garnement'' qu'elle frappait et s'approche semblant un peu trop contente de retrouver Gil.

Lui, il grogne. Enfin, un genre de grognement, je crois, pas sûre de comment qualifié ça, bref, il as pas l'air d'être aussi pressé de la revoir, d'un coup.

Le grand envoleur aurait-il peur d'une petite vieille..?

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Pas un pour rattraper l'autre [Tsukia]   Mer 07 Fév 2018, 20:58

Chante-Brume fit un écart, surprise par l’engouement de cette drôle de bonne femme qui leur fonçait dessus. Gil n’était guère plus vaillant. Il grogna aussi fort que les pauvres bougres qui se faisaient défoncer à coup de sac, jeta un coup d’œil à Tsukia, tout pâlichonne en dépit de son regard déterminé… S’il n’y avait eu cette urgence vitale, il aurait détalé à bride abattue. Il se força donc à rester et à mettre pied à terre, même s’il se sentait plus en sécurité sur le dos de sa jument.

- Giiiil !
- Dùnhild,
marmonna l’interpelé. Il y avait lon…

Elle lui coupa littéralement le souffle en se jetant dans ses bras. Sans Chante-Brume, à qui il se raccrocha, il serait tombé ! Elle lui broya la cage thoracique – comment une personne aussi âgée pouvait-elle être aussi puissante ?? – et il n’eut d’autre choix que de se laisser faire. Avec un furtif sourire en coin, parce qu’il fallait bien l’avouer, la joie de cette insupportable vieille chouette le touchait un petit peu.

- Dùnhild.
- Voui ?
- Si tu ne me lâches pas, je vais mourir asphyxié.


Elle éclata de rire mais desserra son étreinte.

- Mourir, toi ? La bonne blague !

Il se massa les côtes en la fusillant du regard. Eugène avait eu raison : quand l’inventaire était supposé terminé, madame prenait tranquillement le chemin du retour. Ils n’étaient qu’à quelques lieues d’Al-Chen.

- Qu’est-ce ta belle gueule fiche ici, mon grand ? Tu as enfin réalisé que tu pouvais prendre un peu de bon temps avec une bête de sexe ?
- Ahem. Dùnhild, j’ai besoin de ton aide…
- Pour quoi, mon mignon ?


C’est à ce moment précis que la vieille herboriste parut se rendre compte de la présence d’autres gens.

- Gégène ? Que fais-tu là ? L’inventaire ?
- En partie terminé, miss,
répondit l’interpelé, apparemment indifférent au surnom que sa patronne lui donnait. Mais il y a eu quelques… imprévus à la boutique.
- Du genre ?
- Sanglants.
- Je vois. Et vous, jeunes filles, vous êtes qui ?
- La rouquine, c’est Brindille.
- Quel joli prénom ! J’aime beaucoup !


Brindille s’empourpra. C’était la première fois qu’on la complimentait sur le sobriquet qui lui servait de nom !

- Et voici Tsukia, termina Gil en désignant la jeune marchombre.

Dùnhild s’approcha de celle-ci. Elle lui prit le menton et tourna son visage, marbré de marques sombres.

- Eh bien, eh bien… Gilounet, je sais que tu as un penchant pour la Silencieuse, mais de là à en faire profiter ton apprentie…
- Ce n’est pas…
- Tu n’abuseras pas les yeux d’une vieille chouette comme moi, mon tout beau !
- Mais…
- Alors, jeune fille, ça baigne, à part le poison ?


Dùnhild ne l’écoutait plus. Gil secoua la tête. Tsukia ? Son apprentie ? Il se passa la main dans les cheveux, désespéré. C’est ce qu’elle avait plus ou moins sous-entendu quand elle avait enfin passé ses nerfs sur lui, mais il se refusait à y croire. Cette fille était marchombre, et c’était l’élève de Lib. Un jour, il avait envisagé de se l’accaparer, mais ce temps-là était désormais révolu. Il avait déjà une élève, Khamill, qu’il n’allait pas tarder à retrouver.

- Gégène ?
- Miss ?
- Précède-nous à la boutique. Fais chauffer de l’eau et laisse infuser quelques feuilles de menthe. Ajoute une pincée de citron.
- Pour l’antidote, miss ?
- Pour le thé, bougre d’âne !



*


C’est ainsi qu’ils se retrouvèrent de nouveau dans l’herboristerie. Le thé était déjà prêt et servi dans des tasses quand ils arrivèrent, si bien que Gil se retrouva avec la sienne à la main, sans avoir le droit de monter à l’étage – pas tant que Dùnhild s’occupait de sa cliente. Et le temps passait. Nerveux, Gil faisait les cent pas dans la boutique. Brindille tuait le temps en jouant aux cartes avec Vincent. En découvrant le géant, Dùnhild avait poussé un sifflement d’admiration, et quelque peu détourné son attention de Gil. Tant mieux ! Si elle pouvait jeter son dévolu sur le nordique plutôt que sur lui… Quand enfin la vieille femme les rejoignit, il faisait nuit noire. Eugène avait allumé quelques bougies et Gil s’était occupé de faire un feu dans la cheminée. Il posa le tisonnier et s’approcha de l’herboriste.

- Alors ?
- Alors elle dort.
- Le poison ?


Dùnhild passa une main sur son visage. Gil réalisa alors qu’elle était épuisée. Il la prit par le bras et la guida jusqu’à un fauteuil près de la cheminée, dans lequel elle se laissa tomber, puis il lui fourra une tasse entre les mains et déposa un châle sur ses épaules.

- Merci, dit-elle dans un sourire fatigué. Si je ne te savais pas inquiet, je penserais que tu me fais du charme…
- Je suis inquiet et charmeur,
sourit-il en s’accroupissant près de l’accoudoir. Dùnhild…
- C’était difficile. Je connais la Silencieuse, mais je ne l’avais encore jamais vue sous cette forme. Elle est couplée avec un autre poison, qu’on appelle le Dernier Souffle. Celui-là est fourbe. Il s’attaque aux voies respiratoires en traître.
- Dis-moi qu’elle va s’en sortir,
murmura Gil en crispant les doigts sur le fauteuil.
- Si elle passe la nuit, oui. J’ai purgé une grande partie de ce qui se baladait dans son corps, mais pour le reste, c’est à elle de voir.

Gil jura. Il se redressa et grimpa les marches quatre à quatre. Quand Vincent fit mine de repousser sa chaise pour le suivre, Brindille posa sa petite main sur son énorme poing.

- Laisse. Il va veiller sur elle.
- Sûre ?
- Certaine…
répondit Dùnhild, juste avant de s’assoupir.


*


L’aube est là. Un soleil tranquille s’infiltre par l’ouverture entre les volets et illumine doucement la chambre. Il dessine une ligne sur la joue de l’envoleur qui dort à poings fermés, sans pour autant le réveiller. Entre ses bras, une jeune fille dort aussi.

Paisiblement.

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Tsukia Til'Werin
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MessageSujet: Re: Pas un pour rattraper l'autre [Tsukia]   Ven 09 Fév 2018, 04:55

Ça fait mal.

Un mal de chien, bien plus mal que le couteau au ventre ou même que les batailles avec Gil...

Elle se concentre comme une folle, cette Dùnhild, à carrément voler au dessus de moi, je croirais être au bord de l'inconscience, mais j'peut même pas m'évanouir...

Puis soudain je la vois me fixer un peu, on dirais qu'elle se demande un peu si j'vais tenir le coup...

...Sérieux..?

Moi?

Mourir par un connard comme Rage?

C'est un saligot de sans nom, un imbécile des rues qui se croit roi parce qu'il est capable d'attaquer quelqu'un comme Brindille, un salopard d'assassin violeur qui ne mérite même pas de regarder le sol où je marche.

Moi..?

Moi je suis une marchombre chaotique, une envoleuse harmonieuse, une marchenvoleuse qui se joue des conventions et de la mort.

...Moi je suis l'héritière des Til'Werin..!


A glass can be broken into thousand pieces,
and still it can bleed you.

There is nothing true in this world...

Except pride.

You have to be proud of yourself,
To keep faith in your destiny.

When everything will be blown away,
Then only one thing can switch your attitude,
And keep you going.

Pride.

Pride is what makes you push through the pain...

...Because giving up hurts more.

- Vegeta,
Prince of all Saiyans,
DBZ -

J'ai froid.

Dùnhild m'as refilé une herbe et j'suis tombée dans l'inconscience.

Ça je sais, pourtant je réussis pas à m'éveiller, il fait noir et j'ai froid, après tout pourquoi diable est-ce que j’essaierais toujours de me battre comme ça?

Sûrement que j'avais une raison, mais je me souviens plus.

Et puis j'ai du feu dans les veines, pas sûr pourquoi, on dirais un véritable monstre, dragon de flammes qui menace de se matérialisé d'un moment à l'autre.

Chaleur.

Des bras.

J'peux choisir.

Le dragon, lui, m'offre une paix bien méritée, un calme certain et le tout avec une facilitée déconcertante.

Les bras m'offrent des baffes, des claques, potentiellement un coeur brisé, peut-être même à plusieurs reprises, sûrement plusieurs os brisés et fort probablement plusieurs dérouillées.

Je ne peux m'empêcher de sourire intérieurement.

Papa as toujours dis que le plus grand défaut des Til'werin, c'est notre fierté qui nous forces trop souvent à marcher le chemin de la difficulté.

Le dragon hurle, mécontent de me voir prendre le chemin des bras, redouble l'ardeur de ses flammes, dans mon corps, tente de me garder pour lui.

Je siffle de mécontentement.

Comme un serpent, peut-être, comme Kaünis, sûrement.

Ça m'emmerde, alors j'ai bien droit de siffler un peu.

Mais le gros lézard de feu veux pas se retirer.

Ben écoute, mon grand, si tu veux pas partir tout seul, va falloir t'apprendre les bonnes manières...

Il recule la tête prêt à mordre.

Je baisse la main à ma taille, prête à tuer.

Puis j'hésite une seconde.

Je me suis pourtant dis que je n'étais pas envoleuse, je ne tue pas par plaisir, ou du moins c'est ce que je me suis promis il y as à peine un jour au plus...

... Je l'ais promis à Gil, aussi.

Les flammes s'approchent.

Un corbeau vole jusqu'à mon épaule, me fixe.

Je soupire.

Au fond, dire que je n'apprécie pas me battre serait me mentir, c'est ça hein?

Que voulez-vous, je suppose qu'au final...

...J'suis un peu liée à cet imbécile de Gil par plus que juste les sentiments.


I've done some bad things in my life, Crow...
Things I'm not proud of.

I promised someone I love very much,
That I would never go back to being that person...

But for you...

...For you, I'll make an exception.

- Denzel Washington
The equalizer
(Slightly modified) -

J'ouvre un oeil.

J'y vois presque rien, Gil s'est fiche la main dans mon visage en dormant, le bougre...

...Et l'autre en plein sur un de mes seins.

Et il serre un peu de temps à autre en marmonnant, en plus, le bougre.

Une partie de moi me dis juste de l'embrasser pour lui apprendre à me tenter.

À la place, je murmure à peine.


Gil...

Il grogne, même en dormant, ça serait mignon...

...Si sa seconde main n'avait pas baissée pour rejoindre mon autre sein.


GIL...

Un peu plus fort cette fois, mais monsieur se colle la face dans mon dos en dormant et en marmonnant un truc incompréhensible, j'pense même qu'il as demander ''encore une minute''... Vraiment mec? VRAIMENT?!

Bon, j'vais être gentille et--

Ooooh non.

Dites moi qu'il viens pas de faire pouet pouet le sal-- Ah ben oui et il recommence, serrant un peu... Attention j'ai pas vraiment beaucoup de poitrine mais sérieux, pas une raison pour en faire des balles antistress hein!


GILIWYN SANGRELUNE!

Cette fois j'ai crié en me retournant, il devait être épuisé pour être si dur à réveiller, mais du coup j'avais oublier que je suis pas vraiment sur un lit double hein, du coup en me retournant youpla par terre, ça grogne de partout, la couverture vole par dessus, la porte s'ouvre en furie, Brindille et Nounours rentrent sur le qui vive en mode ''Attendez que j'défonce quiconque fait tout ce bruit'' et ils tombent sur moi, au dessus de Gil, ma jambe gauche entre les siennes juste sous un évident ''paquet matinal'' qui ne demande qu'à être déballé. Et pour couronner le tout, lui il me retient de tomber sur lui d'une belle poigne de mon sein droit.

Nounours aperçois ça et grogne, surtout envers Gil semble-t-il. Brindille rougit un peu.

Moi je fixe le cabochard qui m'as - encore - fait tomber du lit dans une position précaire.

Ettt Dùnhild entre dans la chambre toute contente, comme une fleur, avec un plat et deux bols de soupe et va ouvrir le rideau, du coup moi je m'enfui de la lumière en tirant le drap sur ma tête, et du coup sur celle de Gil aussi et me rapprochant dangereusement de lui.

Même dans la semi clarté du drap, je le vois me fixer d'un air peu sûr de mes intentions.

Ouais j'ai envie de t'embrasser, de suite, ça t'pose un problème..?


Oh la ferme.

C'est plus maugréer que vraiment dit... Mais pour le coup, je crois détecté un genre de demi sourire dans son regard, et je me retiens pas, j'éclate de rire.

Il semble que finalement, il n'y as pas que les Gilou qui résistes à la silencieuse, hein..?

Mais maintenant, faut que j'parle à Gil, du coup je mets promptement tout le monde sauf lui dehors et on prends les bols de soupes, puis on attends sans rien dire en silence.

Un peu que l'un parle pour que l'autre répondre sans trop savoir c'est le tour à qui alors...


...Commençons par le commencement, j'vais dire tout ce que j'ai dans la tête, un vrai feu la dedans et j'ai ais assez de comment ça ce passe...

First things first,
I'ma say all the words inside my head,
I'm fired up and tired of the way that things have been,
The way that things have been, oh...

Second things second,
Don't you tell me what you think that I can be,
I'm the one at the sail,
I'm the master of my sea, oh
The master of my sea, oh.

I was broken from a young age,
Taking my sulking to the masses,
Write down my poems for the few,
That looked at me,
Took to me,
Shook to me,
Feeling me.

Singing from heart ache from the pain,
Take up my message from the veins,
Speaking my lesson from the brain,
Seeing the beauty through the...

...Pain..!

You made me a,
You made me a believer,
Believer...

You break me down,
You build me up,
Believer...

...Believer...

Il me fixe, m'écoute.

Rageant de savoir qu'il m'écoute, mais risque de pas être d'accord...


J'vais être franche, rien à foutre de ce que t'en as à beurrer, que tu me considère pas comme ton apprentie, que tu dise que je suis ta soeur de coeur et blablabla, des beaux mots pour cacher un sens qu'on veux pas dire lalalère, on s'en fichent.

J'suis marchombre que tu dis pas vrai?

Bon ben alors j'suis libre.

Et je choisi de ne pas simplement faire un ''X'' sur ce que j'ai appris, ce que je vais encore apprendre à tes côtés, que t'aime ça ou non, tu va m'avoir dans les pattes encore longtemps et je compte bien en tirer tout ce que je peux et si les vieux boucs de marchombres aiment pas, qu'ils aillent se faire voir!

J'suis pas normale, l'ais jamais été, alors être à moitié envoleuse, ça m'vas. Et puis comme ça tu peux garder un oeil sur moi quand même...

...Faut bien que quelqu'un m'empêche de devenir une envoleuse au complet.

Allez, ton tour.


Et on se préparent aux objections, votre honneur..!

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Pas un pour rattraper l'autre [Tsukia]   Sam 10 Fév 2018, 14:19

Gil dormait comme un bébé. Il y avait un moment que ça ne lui était pas arrivé. En fait, il aurait dû pouvoir dormir ainsi une bonne semaine afin de récupérer tout le sommeil en retard qu’il se coltinait depuis un bail, sauf que visiblement, quelqu’un n’était pas de cet avis. Ce quelqu’un l’appelait. La voix, déformée par son rêve, ne lui permit pas d’en reconnaître l’auteur. Il remua légèrement, espérant que cela suffirait à éloigner l’importun. Mais non. Celui-ci s’acharna. Encore. Et encore. Et…

« GILIWYN SANGRELUNE ! »

Qu-waaaah ! Exactement comme cette fois à l’auberge, Gil vécut l’étrange expérience du réveil en même temps que la chute. Cette sensation d’émerger tout en glissant dans le vide, c’était… désarmant. Il eut le réflexe de tendre le bras pour rattraper Tsukia avant qu’elle tombe complètement, mais elle l’emporta dans son élan. Il roula, grogna, ferma les yeux… quand il les rouvrit, le monde avait cessé de tourner. En fait, l’instant s’était figé en un tableau des plus fantasques : lui allongé sur le tapis, Tsu à moitié avachie sur son ventre, les oreillers éparpillés tout autour d’eux, le drap glissant du lit, la porte ouverte sur le visage mi-confus, mi-amusé de Brindille et celui, mi-confus, mi-barbare de Vincent. Un bref instant, Gil s’entendit penser. Eh ben quoi, qu’est-ce qu’il y a encore ? Puis il réalisa que ses mains étaient plaquées sur la poitrine de Tsukia et que celle-ci était en sous-vêtements. Il remercia le ciel de sentir son pantalon sur ses hanches, juste avant de froncer les sourcils. Une minute. Il retint son souffle, baissa les yeux, et soupira. Bordel de pipe. Il était…

- En pleine forme ! s’écria Dùhnild en jaillissant dans la pièce. Et toi aussi, petite ! Vous ne perdez pas votre temps à ce que je vois…

Gil marmonna quelque chose d’inintelligible. Il aurait volontiers disparu sous terre, là. D’autant que Tsukia ne l’aidait pas du tout. Quand le soleil baigna la pièce, elle rabattit le drap sur sa tête, les isolant tous les deux. Son visage n’était qu’à quelques centimètres du sien et le tissu était trop léger pour empêcher la lumière d’éclairer leurs traits. Il l’observa longuement avant de plisser les yeux, un creux de sourire dans la joue. Qu’importait le ridicule de la situation ? Tsukia était vivante. Elle avait survécu à la Silencieuse. Et à en juger par son expression narquoise, elle ne comptait pas le libérer tout de suite. Il lui accorda ce temps-là de bon cœur, trop heureux de la sentir pleine de vie contre lui. Il avait passé la majeure partie de la nuit à veiller sur elle, baignant son front d’eau fraîche, murmurant des paroles qui n’avaient aucun sens – le langage de Tsu – et s’accrochant à un espoir de fou. Il s’était endormi sans s’en rendre compte. S’il s’était réveillé pour la trouver morte… un long frisson le secoua au moment précis où la gamine se redressa, jaillissant de sous le drap. Avec son efficacité naturelle, elle chassa tout le monde. Il en profita pour se lever à son tour et s’approcher de la fenêtre ouverte. Son bol de soupe entre les mains, il laissa planer son regard dans le jardin de l’herboriste. Une multitude de plantes poussaient là, sous forme d’arbustes, de plants, de fleurs ou encore de bourgeons étonnants piqués sur des tiges de bois. Il but une gorgée, grimaça en songeant qu’un café serait mille fois mieux passé, but encore un peu. Un raclement de gorge le fit se retourner.

Tsukia buvait sa soupe, elle aussi. Elle ne s’était pas rhabillée. Appuyé contre la fenêtre, Gil détailla ce corps mince et ferme dont il avait pris possession la veille. Impossible de nier que cette fille était craquante, surtout dévêtue ainsi, les cheveux emmêlés et le regard brillant. Il soutint tranquillement ce regard qui incarnait l’effronterie même. Il assumait parfaitement sa décision. Si elle voulait remettre ça, il ne dirait pas non. Mais son affection pour elle demeurait inchangée : il l’aimait plus fort qu’un frère, c’était évident, mais moins passionnément qu’un amant. Ça aussi, c’était clair. Va falloir te remplumer un peu, songea-t-il en examinant, par-dessus son bol, les côtes saillantes de Tsukia. Qui se mit soudain à parler. Elle entama son discours par un « commençons » qui annonça tout de suite la couleur : ç’allait être long ! Retenant un soupir, Gil se hissa sur le rebord de la fenêtre et resta là, assis dans la lumière du jour, la fraîcheur d’un matin d’hiver faisant à peine frissonner la peau nue de son torse. Son bol à la main, il sirota sa soupe sans interrompre les explications. Qui, comme prévu, étaient seulement liées entre elles par un vague thème.

- Allez, ton tour.
- D’accord.


Il réfléchit un instant, les yeux au fond de son bol vide. Tsukia n’était pas n’importe qui. Elle donnait l’impression d’être une gosse écervelée mais c’était tout le contraire : il y en avait là-dedans, ça cogitait même sûrement trop parfois. Aucun doute que ce qu’elle attendait de lui, c’était de la franchise. Il fallait jouer cartes sur table.

- Je ne peux pas te former, j’ai déjà un élève et toi, tu es celui de Lib. Mais ça tu le sais déjà, ajouta-t-il en la voyant réagir. Et ce n’est pas ce que tu es en train de dire, oui. Je veux juste que tu comprennes… En plus, en ce qui concerne la transmission de connaissances, je ne suis pas le plus désigné. Mes méthodes ne plaisent pas à tout le monde. Comme je me fiche un peu de l’avis des gens, ça ne me fait rien.

Il fit la moue. C’est vrai que son enseignement ne rentrait pas dans la norme, d’où ses démêlées avec l’Ordre et l’aversion que la plupart des Mentaï lui vouaient. Ah non, ça c’était parce qu’il avait tué plusieurs des leurs… Tu divagues mon vieux. Reste concentré.

- Tu sais… la vérité, c’est que le jour où je t’ai vue pour la première fois, quand j’ai su que tu étais une marchombre, j’ai pensé que tu t’étais plantée. Ou que les marchombres s’étaient plantés, comme tu veux. Et puis j’ai appris à te connaître un peu. Je crois que tu n’es pas faite pour être classée dans une case, c’est tout. Pour le reste, tu as toute ta place là où tu te trouves et telle que tu es : une apprentie marchombre qui expérimente quelques poisons avec un envoleur…

Gil sourit. Il plaisantait, son ton était léger mais l’intensité de son regard prouvait à quel point il était sincère.

- Si j’ai un truc, un seul truc à t’apprendre, c’est à pas te faire tuer tous les deux jours. Ça va demander du temps. Si je peux te permettre de vivre au moins jusqu’à tes quarante piges, ce sera déjà bien… !

Bon, là il la taquinait vraiment. Quoique ! C’était quand même elle qui s’était pris un couteau et qui avait failli claquer empoisonnée à seulement deux jours d’intervalle ! Marchombre, envoleuse, ce n’était pas même pas la question en fait. Elle marchait dans ses traces et il aurait carrément dû paniquer à cette idée, la prévenir qu’elle allait en baver… Au lieu de cela, il se contenta de sourire d’un air un peu niais. Elle marchait dans ses pas. C’était aussi simple que ça ! Posant son bol, il se redressa et s’approcha de Tsukia. Elle voulait apprendre ? Très bien. Il n’y avait plus qu’à.

- Avec des gants de couleur claire et imprégnés d’une certaine substance que Dùnhild doit bien posséder quelque part dans sa boutique, il est possible de deviner la présence d’un poison sur une lame adverse.

Il lui prit son bol des mains, le posa sur une commode avant de se tourner vers elle pour lui attraper une main.

- Si le plat de la lame, en caressant ta paume protégée, génère une légère coloration sur ton gant, c’est que tu ne dois pas la laisser te couper. Le poison ne doit pas entrer en contact avec ton sang ou ta peau. Généralement, porter des vêtements et des protections qui couvrent le corps et ne laissent pas d’endroits à découvert est déjà une solution. Mais un tissu ça se déchire. Et à moins de porter un masque en permanence, le visage reste plus vulnérable.

Tout en continuant de parler, il attrapa les poignets de Tsu et les leva devant son front en les croisant.

- Donc, protège ton visage. Empêche cette lame de venir s’y frotter. Bloque-là.

Il glissa son bras entre les poignets croisés.

- Dérobe-là.

De sa main libre, il lui montra comment faire pivoter ses bras de façon à imprimer une torsion : à vitesse et à puissance réelles, son bras pourrait se briser. Une lame fragile aussi, tandis qu’une du type de celle de Rage serait brusquement plaquée sur le côté, un mouvement surprenant et difficile à anticiper qui prenait l’adversaire de court et lui faisait lâcher prise.

- Recommence, plus vite, moins haut. Enfer, c’est ça que tu appelles « vite » ? On dirait une grand-mère escargot. Encore. Ton dos. Vrille pas ton… Là. Et maintenant… bien. Recommence.

Cinq minutes plus tard, Brindille toqua à la porte – et leur annonça qu’au lieu de cinq minutes, c’était carrément une heure qui venait de s’écouler. Tsukia avait besoin de se reposer. Pas nécessairement de dormir, mais au moins de manger quelque chose d’un peu plus solide, et de s’asseoir au lieu de s’échiner à parer le moindre coup porté à son visage. Gil ne l’avait pas ménagée. Elle venait de passer la pire nuit de sa vie, avait lutté contre le poison qui brûlait dans ses veines, y avait survécu de peu, mais pour Gil, c’était déjà de l’histoire ancienne. Il ne faisait pas les choses à moitié. Elle lui demandait de lui apprendre des trucs, il lui apprenait des trucs. Avec elle, c’était franchement pénible. Elle était tellement impulsive, tellement bornée, tellement… tellement Tsu qu’il ne put s’empêcher d’admirer la patience de Libertée. Il grogna beaucoup au cours de cette heure d’entraînement, et Tsukia reçut pas moins de six coups au visage, trois au menton, deux sur les joues et un au front.

- Bon, ben t’es morte, décréta-t-il une fois Brindille repartie. Empoisonnée par six blessures différentes. Il est temps d’aller hanter les autres, maintenant.

Il passa près d’elle et, chose qu’il ne ferait pas avec l’un de ses élèves, passa brièvement le bras autour de son cou pour l’attirer contre lui. Il planta un baiser brutal sur le sommet de son crâne avant de la lâcher pour se diriger tranquillement vers la porte.

- Habille-toi un peu avant de descendre. Sinon ton ours en peluche va me mettre au tapis.

Comme c’était probablement la vérité, Gil enfila lui-même son tabard, passa la main dans ses cheveux comme si cela pouvait les discipliner un peu, et descendit les marches avec les deux bols. Il les déposa dans la cuisine où Eugène s’affairait. Il coupait minutieusement des légumes, sans doute pour un autre potage, avec une telle dévotion que Gil leva les yeux au ciel en le regardant faire. Quand il sortit, ce fut pour se retrouver nez à nez avec Dùnhild.

- Le sexe ne fait pas le printemps, dit-elle en pointant son doigt jusqu’à presser le bout de son nez.
- Non, répliqua-t-il en glissant ses pouces dans ses poches. C’est l’inverse. Le printemps fait le sexe.
- Haha ! Bien répondu. Et maintenant pousse-toi, veux-tu ? Il faut que je fasse sécher les herbes que j’ai cueillies ce matin. A moins que tu ne comptes m’embrasser ?
- Ça va te faire perdre le rythme. Et puis c’est encore l’hiver.


Elle gloussa et il s’écarta pour la laisser passer, un rien désabusé. La seconde personne qu’il croisa fut Brindille.

- Je ne te remercie pas !
- D’accord. Pourquoi ?
- Pendant que monsieur dormait dans un divan moelleux, moi je cherchais désespérément une position pas trop douloureuse sur ce fichu fauteuil, encouragée par les ronflements sonores de Vince !
- Eugène n’avait pas un peu de place dans sa chambre ?
- Il grince des dents.


Gil haussa un sourcil pour montrer le peu de cas que ça lui faisait. Exaspérée, Brindille le poussa pour s’aventurer à son tour dans la cuisine.

- De toute façon c’est moi qui dort avec Tsu cette nuit, lâcha-t-elle avant de disparaître.

Il jeta un coup d’œil au fauteuil et décida qu’en temps voulu, il laisserait parler son autorité. Pas question qu’il dorme là-dessus. Surtout pas dans la même pièce que le géant. Celui-ci lui tomba enfin dessus. Logique. Il ne manquait plus que lui. Il se débrouilla pour dominer Gil de toute sa hauteur, ce qui n’était franchement pas difficile, et posa son énorme main sur le revers de son tabard. La puissance écrasante qui émanait de sa personne aurait pu faire couiner Gil, si lui-même n’avait pas été imposant à sa manière. En fait, Vincent l’observait avec une certaine curiosité dans le regard. Ça rassura Gil. Il n’allait pas se faire cabosser tout de suite…

- T’as sauvé ma nièce.
- N’exagérons rien, c’est Dùnhild qui a fait tout le boulot.
- Tu savais où la trouver. T’as pas abandonné Tsu.
- Difficile de la laisser tomber tellement elle s’accroche…
- J’suis sérieux !
- Génial ! Moi aussi !

Vincent plissa les yeux et Gil fit de même. Puis le géant grogna et lâcha prise.

- Mais je veux plus la voir comme ça avec toi.
- T’es qui pour attendre ça, son chaperon ?
- L’oncle, c’est pire qu’un chaperon.
- Je sais pas, j’en ai jamais eu.


Mais Gil réfléchit un instant à cette idée. Etant donné qu’il était prêt à tout pour protéger cette gamine, il avait un bon aperçu de ce que le nordique essayait de lui faire comprendre. Alors il hocha la tête et planta son regard dépareillé dans celui, incroyablement clair, du colosse.

- Elle a hérité de toi le côté barbare et un peu borné. T’en fais pas. Elle sait se défendre.

Enfin, comme elle est maladroite elle peut se faire tuer en descendant les escaliers, songea-t-il, mais il se garda bien de faire cette remarque à haute voix et fila dans la boutique, à peu près au moment où Tsukia arrivait justement en bas des marches.

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MessageSujet: Re: Pas un pour rattraper l'autre [Tsukia]   Jeu 15 Fév 2018, 06:44

Survivre à la silencieuse, surtout coupée avec un autre poison tout aussi mortel, ce n'était pas quelque chose d'aisé, ni de donné à tout le monde, même avec les soins de Dùnhild.

La plupart des gens, après une telle épreuve, se serait promit de ne plus risquer de se casser le cou de la sorte.

La plupart des gens ne se nommaient pas Tsukia Til'Werin, se dit le nordique en s'étouffant presque sur son café quand sa nièce, qui aurait du être en mode repos, descendit les escaliers en surfant à moitié la rampe, puis se jetant en bas du dernier mètre pour se réceptionner en lui collant en plein front un papier - Qui sentait la résine, qui diable utilisait une colle de résine sur le front de quelqu'un!? - sur lequel elle avait inscrit ''Je choisi mes relations, merci'' du côté des yeux de son ''tonton nounours'' ...

... Et un gros ''J'aime les nounours roses!'' de l'autre côté pour se moquer un peu.

Le tout en chantant.

Décidément, Tsukia n'était vraiment pas comme tout le monde, nordique ou pas..!


Got a figure like a pin-up,
Got a figure like a doll,
Don't care if you think I'm dumb,
I don't care at all.

Candy bear,
Sweety pie,
I wanna be adored,
I'm the girl you'd die for.

I chew you up and I'll spit you out,
'Cause that's what young love is all about.

So pull me closer and kiss me hard,
I'm gonna pop your bubblegum heart..!

I'm Miss SugarPink,
Liquor, liquor lips,
Hit me with your sweet love,
Steal me with a kiss..!

I'm Miss SugarPink,
Liquor, liquor lips,
I'm gonna be a bubblegum bitch...

...I'm gonna be your bubblegum bitch!



Je déteste quand quelqu'un crois avoir à me protéger.

Surtout de Gil! J'veux dire sérieux, Nounours? T'étais où, toi, quand j'me foutais en bas d'un toit hein?

Nulle part...

...Gil, j'peux toujours compté sur lui, même quand ça me plais pas.

Et puis je suis sûre qu'avec un peu de pratique, je vais l'avoir, ce truc de la lame... Et après, j'lui demanderais un autre truc.

Et un autre.

Et un autre...

...Jusqu'à le vaincre en duel, et plus encore.

Du coup j'attrape du papier, écrit un mot... Trèèès gentil... Pour nounours et attrape la colle de résine - Ça lui apprendras à me prendre pour une petite fille sans défenses! - puis m'élance hors de la chambre, glissant sur le trois quart de la rampe pour sauter en bas ensuite, coller la note en plein front de monsieur géant d'un saut et faire quelque pas dansants jusqu'à Gil en chantant, plaquant mes lèvres sur les siennes dans un baiser surprise, il recule à moitié sous l'effet de la surprise, mais me regarde surtout en mode ''Hep oh, tu VEUX qu'il m'étrangle où bien..?'' une seconde.

Je recule mes lèvres en finissant la dernière phrase de mon refrain et lui piquant un clin d'oeil. Il as l'air plutôt désespéré, mais content que je sois moi même en même temps.

Alors Gilou, tu veux que j'sois ta boule de gomme..?

Je continue ma chanson en faisant une ou deux références évidentes à Gil et s'il semble faire de son mieux pour m'ignorer dans une façon tout à fait gilesque de faire ''Non mais moi j'ai un café à boire, ne me regardez pas'', Dùnhild, elle, ne s'empêche pas de rire en entendant et en voyant à quel point il l'as pas manqué, son coup, le cupidon qui m'as eu, parce que si monsieur l'envoleur veux être tranquille, il seras pas servit facilement avec moi...

...Et j'ai aucune intention de lui fiche la paix..!


Queentex, Latex,
I'm your Wonder-Maid,
Life gave me some lemons,
So I made some lemonade.

Soda Pop, Soda Pop,
Baby, here I come,
Straight to number one.

Oh, dear diary,
I met a boy,
He made my dull heart light up with joy.

Oh dear diary,
We fell apart,
Welcome to the life of Electra Heart..!

I'm Miss SugarPink,
Liquor, liquor lips,
Hit me with your sweet love,
Steal me with a kiss..!

I'm Miss SugarPink,
Liquor, liquor lips,
I'm gonna be a bubblegum bitch...

...I'm gonna be your bubblegum bitch..!



Gil nous regardent, je sais qu'il était supposé partir, mais ça fait une heure qu'il as dit ça, pour finir par m'observer apprendre à Brindille à se sortir de ses emmerdes toute seule.

Bon des cours avec moi, c'est pas des vrais cours d'auto défense hein, mais je lui apprends les bases de l’effronterie-- Pardon, des frontaliers...

Elle apprends bien, surtout que moi aussi j'apprends pas mal, entre autre parce que Gil, même s'il avait dit qu'il partirait, ne peux s'empêcher de glisser son grain de sel ici et là en grognant des ''Ta garde est trop basse'' ou des petits ''Mais plus vite bon sang'' autant à moi qu'à Brindille.

Moi aussi, je suis pressée de partir, retrouver Lib...

...Mais, tout comme Gil, je réalise que si Brindille se retrouve dans la merde, entre temps, il sera très difficile pour l'un de nous de le savoir et venir à temps - Cette fille doit apprendre à se défendre un minimum contre un adversaire plus grand, fort voir même doué qu'elle.

Au moins assez pour duré jusqu'à notre prochaine virée familiale..!


I'm Miss SugarPink,
Liquor, liquor lips,
Hit me with your sweet love,
Steal me with a kiss.

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Liquor, liquor lips,
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