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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Si je suis le chat, tu es la souris? [Nuhadu]

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Naïs Jol
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MessageSujet: Si je suis le chat, tu es la souris? [Nuhadu]   Mer 02 Nov 2011, 17:27

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Me voilà de retour à Al-Jeit. Combien de temps n’y ai-je pas mis les pieds ? Quelques mois sans doute, mais je ne saurais l’affirmer avec précision. C’est sûr, c’est une grande ville, bruyante, vivante. Toutefois, la capitale n’est vraiment pas, à mon sens, la perfection que certains décrivent comme telle. Je me souviens encore, comme si c’était hier, des quartiers aristocratiques de la ville, aux demeures palatiales dorées à souhait. C’est un univers malsain, corrompu où les hauts dignitaires de ce système vivent dans l’opulence à l’abri de leurs palais qu’on aurait dit sculptés dans la dentelle. Certes, l’architecture est absolument magnifique – et je pense que personne ne prétendra jamais le contraire – mais elle apparaît presque irréelle, un peu comme un épinard dans la gueule d’un carnivore. La modestie des quartiers alentour ne semble alors que plus importante face à ce monde – très fermé – de richesse.

Samoan…

Je viens de laisser Océan, mon cheval, superbe étalon de trois ans, au palefrenier du coin. C’est une connaissance de longue date, toutefois, je reste quand même sur mes gardes au cas où il lui prendrait l’envie de dénoncer ma présence dans la capitale. Voilà cinq ans que ma tête est mise à prix pour une somme plus qu’intéressante. Hélas, c’est ça d’avoir des relations ! Je déambule donc dans une grande rue pavée de la ville à la recherche de mon chasseur de prime, prêtant temporairement services à la famille de mon ex-amant. La dernière fois, il m’a filé entre les doigts mais aujourd’hui, il ne m’échappera pas, j’en fais la promesse. Après tout, que croit-il ? JE suis le chasseur et il est ma proie. J’entends les chuchotements, tout bas, des gens qui se demandent si je suis bien celle qu’évoquent les placards. Oui, mes pauvres amis, c’est bien moi !! Je reconnais le bar de la dernière fois à l’odeur d’alcool mélangée à celle de la pisse, des hommes. Ces types n’ont souvent plus rien à perdre et préfèrent se noyer dans l’alcool plutôt que de faire face à la réalité.


≈≈≈ Inconnu ≈≈≈

« Si ! J’en suis sûr ! C’était elle et Niro me l’a confirmé : elle est passée chez lui pour y laisser son cheval. Il la connaît depuis longtemps ! »


≈≈≈ Chasseur de prime ≈≈≈

Que de bonnes nouvelles aujourd’hui ! Je crois qu’aujourd’hui rien ne pourra altérer ma bonne humeur. Elle est de retour et cette fois-ci elle ne sortira pas vivante de cette ville. Al-Jeit sera le tombeau de cette petite garce. Ainsi, je pourrais empocher ma récompense. Avec tout cet argent, je pourrais me payer toutes les prostituées de la ville. Elle viens d’entrer sur mon territoire, je vais lui montrer qui fait la loi. Je me tourne vers Nils, un homme solide gaillard aux biceps plus qu’impressionnants et qu’il vaut mieux compter dans ses amis. Je suis certain qu’il dépasse les cent kilogrammes.

- « Nils, prépare-toi, on se met en chasse ! »
- « Elle est revenue, je suppose ? »
- « Tout juste »
- « Il était temps, mes lames commençaient à rouiller… »


J’affichais un sourire sadique. Je connais pratiquement tout le monde dans le quartier. Elle est fichue ! Et je me surpris à imaginer avec un réel plaisir toutes les manières dont je pourrais lui faire payer son affront. Jamais personne ne m’avait échappé. Avant elle, je parvenais à tuer mes victimes du premier coup. Mais je reconnais qu’elle est vraiment spéciale. Elle possède un petit je ne sais quoi de peu commun, mais je ne saurais dire quoi avec précision.

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Je n’ai pas besoin de voir pour sentir tous les regards brûler dans mon dos. Je viens de pénétrer dans le bar et le brouhaha ambiant s’est mué en un étrange silence avant de reprendre, imperturbable. Cela me fit sourire. L’un d’entre eux ne tarderait sûrement pas à aller cafter ma présence à mon vieil ami le chasseur de prime. Les rumeurs circulaient drôlement vite dans cette ville. Parfait ! Avec un peu de chance, je n’aurais même pas à le chercher, c’est lui qui me tombera dessus à bras raccourcis. Après avoir tranquillement siroté mon verre d’eau, mélangé à du jus de citron, – je préfère toujours rester lucide – je suis ressortie. Eh quoi ?! Je ne vais pas l’attendre ici toute ma vie ! D’une part, s’il débarquait ici ça serait difficile de ressortir et d’autre part, il mettra peut-être trois plombes pour me trouver et je ne compte pas du tout, mais alors pas du tout, rester inactive durant tout ce temps. De toute façon, je ne compte pas quitter le quartier avant d’en avoir fini, alors il finira bien par me trouver, le bougre.

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Nuhadu Darkmoon
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MessageSujet: Re: Si je suis le chat, tu es la souris? [Nuhadu]   Mer 02 Nov 2011, 19:30

Une nuit longue où la pluie n'a pas cessé de l'émerveiller.

L'apprenti Marchombre ouvre les yeux dans le noir le plus total. A-t-il vraiment ouvert les yeux ? Comment savoir quand la nuit existe pour tous ou seulement pour soit ? Les lèvres s'étirent avec les membres, las, fatigués et endoloris. Quelques coupures doivent encore serpenter sur sa peau, fort heureusement peu profondes et aucunement gênantes. L'envie de quitter ce lit n'est pas assez forte pour que le geste s'amorce, provoquant le mécontentement du jeune homme s'élève en un grognement. Il l'a prit aux loups celui-la, s'en servant pour trouver motivation et force. Les souvenir qu'évoquent ce simple son suffisent largement à le faire bouger. Il ne peut pas se lever ? Il tombera alors !

Il roule sur lui même, le draps ayant trouvé place dans un coin du lit dans son sommeil, trouve la limite de sa prison de rêve et se retrouve à quatre pattes à ses pieds. Il fait noir.. Nuit ? Profitant de l'appui de ses bras, qui malgré les courbatures ne lui feront pas l'affront de céder, il se relève doucement. Que va-t-il faire maintenant ? Quel programme pour cette journée ? Son cerveau n'est pas encore réveillé, machine capricieuse qu'il faut chauffer avant de solliciter, et finalement ne lui transmet qu'un souvenir pour le faire attendre. Une Marchombre marquée par l'age.. Bella. Son premier maître de courte durée, comme si elle s'était rendue compte au milieu de son cours, qu'il était temps pour elle de passer la main. Mais comme le temps n'avait pas d'emprise sur ses capacités physiques, il n'avait pas limité son impact sur le jeune homme. Respect et admiration se mêle toujours dans ses souvenirs alors qu'il entame de mémoire les étirement qu'elle lui avait enseigné. Il goutte à la fraîcheur de l'ombre en se mouvent entre ses tentacules immatérielles, il se laisse guider par son instinct et les sensations de son corps, ne pouvant user de ses yeux pour juger de ses progrès, et de ses objectifs.

Il s'étire pour s'étirer. Pour le plaisir de sentir son corps s'éveiller et les courbatures s'acharner sur lui sans résultat.
Et pendant que ses muscles sont mis à l'épreuve, un autre revient à la vie et entreprend de répondre à sa question. Que faire ?

Deux jours qu'il est à Al-Jeit, peut-être trois puisque les volets sont fermés et qu'ils ne laissent aucun rayons témoigner en la faveur du soleil ou de la lune. C'est trop, il n'en avait qu'un en vue à l'origine. Il dut bien en passer un autre pour se remettre de ces rencontres.. Un petit rire le secoue en souvenir de la pluie et de la danse qui la suivit. Mais aujourd'hui ? Le départ ?

Chaque chose en son temps ! Finir ses étirement, ouvrir les volets et la suite lui viendra bien en idée !

Choses dîtes, choses faites. Noir mais pas nuit. Il a bien dormi dans son antre, assez longtemps pour laisser le soleil le précéder de plusieurs heures. Les rayons effleurent les yeux sombres et leur rend le don qu'il avait abandonner pour rêver. Il observe les rues grouillantes du haut de sa chambre, cherchant l'ordre du jour. Entamer le retour à l'Académie ou bien profiter un peu de la journée ?

Un sourire joueur sur les babines, les crocs dans leurs fourreaux et les yeux brillants, le jeune loup quitte l'auberge d'une démarche assurée. Il y a un lieux qu'il n'a pas eut l'occasion d'explorer depuis un moment, et quitte à se mêler à l’oppressante foule de la ville, autant que ce soit pour un pèlerinage ! Après tout, c'est en ce lieux sacré qu'il a trouvé sa vocation, et avec tout les doutes des jours précédents, un petit retour au source ne lui fera pas de mal. Car il n'y eut jamais plus sage, que l'ivrogne qui lui compta la loufoquissime légende d'une école de la liberté, il se lança à la recherche de la taverne qui empestera le plus l'alcool de cette ville ! Les préjugées faisant souvent bien les choses, il se dirige vers ce qu'il a compris être les quartiers les plus pauvres d'Al-Jeit.

L'odeur est répugnante, les gens l'évite mais il est bondé à en suffoquer, l'ambiance hurle la camaraderie de ceux qui frappent dans le dos armés de poignard ou de cette horrible hypocrisie mais c'est en tout point le genre d'endroit que cherchait l'homme à la peau sombre. Il n'a que rarement mis les pieds dans d'aussi minable établissement, et encore moins fréquemment dans une taverne depuis qu'il a découvert l'Académie. Son milieu est sans aucun doute l'extérieur, l'air, l'espace et le silence, mais il a appris à se mêler à d'autres dans sa période vagabond, et l'endroit où il est le plus facile de se fondre et d'observer dans une relative discrétion est sans aucun doute ses trou à rats ! Ici personne ne connaît grand monde mais tout le monde parle à gorge déployée, de façon plus ou moins intelligible. Un lieu sympathique pour se mettre à la page et entendre des récits amusants.

Le jeune homme tressé s'est vite fait oublier dans la salle, assis dans son coin une bière à la main qu'il sirote lentement, comme perdu dans ses pensées. Plutôt perdu dans les conversations. Tout le monde parle en même temps, mais quand un mot intéressant se présente ses oreilles se penchent discrètement sur la conversations qui l'a énoncé. Un tel s'est vanté plus tôt d'une aventure sulfureuse, un autre prédit que les Raïs finiront par attirer la colère de l'Empire et que ce dernier les réduira à l'impuissance grâce à ses Sentinelles, son interlocuteurs maudit le nom de .. Tss'Lich ? .. Un quelconque groupe qu'il ne faudrait pas oublier.. la suite tombant dans un délire sûrement causé par la boisson son oreille retombe sur les nouvelles d'Al-Far qui connaît de apparemment de gros problèmes de sécurité.

Il n'y en a pas un qui n'est pas son mot à dire, ou bien quelques autres isolés qui comme lui n'en ont qu'à leur pichet de bières sans montrer aucune raison de traîner ici. Un petit sourire, mue par les sons d'un homme un peu trop ivre, et le regard étincelant dans l'ombre de son petit espace, Nuhadu s'amuse. Il faut bien qu'il y est une raison pour supporter l'odeur et le brouhaha !

Mais un silence soudain le fait relever la tête. Une femme, l'une des rares ici, a pénétré dans la taverne. C'est dans ses moments que les regards de tout les hommes encore capable de tenir debout parcourent la même route sur un corps neuf. Mais contrairement à ce que pensait l'apprentie le chaos sonore reprend bien vite. Cette femme est-elle à ce point désagréable à regarder ? Les yeux de nuits s'aventurent curieux sur la haute et fine silhouette de ce qui semble être une magnifique jeune femme pourtant. Il note avec un sourire sa peau particulièrement halée, ne trouve que de beaux reflets dans ces cheveux sombres.. Il s'en voudrait presque d'apprécier la beauté de la jeune femme alors que deux jours plus tôt il arrivait ici pour retrouver celle qui possède son cœur. Il finit donc rapidement son inspection en passant sur le visage, curieux de savoir ce qui avait découragé ces messieurs de l'apostropher, de l'approcher ou de la commenter a haute voix alors que leur nature n'est pas la timidité.

Des yeux aux reflets d'or, qui se perdent dans le lointain.

Un léger haussement de sourcil alors qu'une connexion se fait dans l'esprit d'un jeune homme surprit. Pier ? Ou quelque chose comme ça.. Le garçon qu'il n'a que peu côtoyé mais qui l'a profondément marqué.. Aveugle.. ou presque. Mais l'effet était décidément le même : L'envie de détourner les yeux.. Mais pourquoi ? Qu'importe qu'il observe ces pupilles ? Elles ont quand même une belle couleur.. sous prétexte qu'elle ne peut savoir qu'il l'observe il devrait détourner les yeux ? Non, il ne le fera pas.. pas alors qu'un souvenir bien plus troublant refait surface. Des souvenirs, beaucoup ! Une démarche coulante, glissante, dansante ? Et une assurance très étrange..

Ne voit-elle vraiment rien ? Pier compensait sa vue par son ouïe, mais en ce lieu d'éructations et de grognements.. Comment fait-elle pour donner cette impression qu'elle a conscience de tout ? Et si seulement elle ne lui remémorait pas tout ces souvenirs de marchombres et d'envoleurs.. sa récente rencontre la rendu affreusement paranoïaque sur ce sujet.. Quiconque lui semble trop souple devient un potentiel marchombre ou envoleur..

Il finit par détourner le regard. Il est ici pour se fondre dans les ombres, pas pour attirer l'attention, et un homme qui fixe quelque chose est affreusement visible ! Il reprend un peu de cette bière dans sa bouche, une toute petite gorgée. L'alcool de l'air est suffisamment lourd pour qu'il ne s'en imbibe pas trop non plus. Il reprend tranquillement son écoute. Gardant la jeune femme dans son champs de vision, encadrée par deux tresses. Pourquoi cette obsession ? Qu'elle en soit ou non, ennemie ou pas.. il n'a pas besoin de savoir !

Et pourtant, lorsqu'elle se lève pour quitter l'endroit le plus mal famé d'Al-Jeit, il abandonne sa chope à peine consommée et la suit. Il a peur qu'elle ne l'entende.. Pier pouvait suivre Bella dans les cachot juste en tendant l'oreille.. Et elle ? Il observe les gens, dissèque du regard la foule en groupes, en tas, en ses nouvelles ombres pour se masquer. Se mêlent à eux dans l'espoir de perdre ses pas dans le chaos des leurs. Trop de précautions pour une femme isolée sans doute simple passante ? Les hautes bottes de cuir qu'elle porte témoignent d'une voyageuse.. le profil type du Marchombre..

Fondu dans les ombres, un loup étudie un chat égaré sur son territoire... craignant qu'il ne cache une panthère aux griffes plus acérées que ses crocs.

L'imagination est peut-être le plus gros défaut de Nuhadu.


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Naïs Jol
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MessageSujet: Re: Si je suis le chat, tu es la souris? [Nuhadu]   Ven 04 Nov 2011, 22:01

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

C’est malheureux à dire, mais ce quartier est un véritable dépotoir et, à l’odeur, il est dans le même état que vingt ans auparavant, voire pire même. Et dire que j’ai grandi ici. Je connais chaque visage, chaque nom notamment pour avoir tenté de m’intégrer aux autres enfants, en vain. Leurs parents sont tous aussi stupides, voire plus. Les adultes sont sensés se montrer plus rationnels, plus sages. J’ai appris à mes dépens que la réalité est tout autre : ils traitaient mes parents – paix à leurs âmes – comme les derniers des rejetons d’un Raï. La peur de l’inconnu chez ces gens est vraiment viscérale. Ca peut se comprendre, quoiqu’ils ne pourront jamais tomber plus bas que la situation où ils se trouvent. Je sais donc que, dans ce quartier, tout à chacun peut potentiellement indiquer ma présence à Mörth, chasseur de prime de son état. Cela fait maintenant un peu plus de trois mois que je le traque, qu’il me cherche – en vain – et que l’on joue au jeu du chat et de la souris. Tout a commencé quand j’ai su la récompense pour ma tête avait été augmentée. Je suis alors revenue une première fois à Al-Jeit et par la force des choses – et surtout de celle des ragots – j’ai donc su que la famille de Samoan avait engagé Mörth, vague mercenaire, chasseur de prime ne travaille que pour son propre compte. Il n’a pas dû être long à convaincre, suffit de voir la récompense. Mais aujourd’hui, assez joué ! Je me suis bien amusée durant trois mois, mais toutes les bonnes choses ont une fin. Et sa fin à lui ne tardera pas à venir.

Prochaine étape, le bordel de Dock. D’après ce que j’en sais, il a ouvert boutique il y a un peu plus de vingt ans. Dans son établissement, on trouve toutes sortes de filles et de femmes : des jeunes – orphelines qu’il ramasse dans un coin de rue et à qui il soumet ses règles sans vergogne – et des moins jeunes, des belles ou des particulièrement laides – qui souvent n’ont pas eu l’heureuse chance de trouver un bon parti -, des maigres – filles souvent malades et mourantes à qui il offre un lit et de la nourriture comestible matin, midi et soir – et des biens portantes… En bref, c’est une vraie face de Ts’Liche ce type. Je n’en doute pas, il sera particulièrement « ravi » de ma visite.

Alors que je déambule dans les rues, je tends l’oreille et perçois bien vite une démarche juste plus souple et plus légère mêlé à celle – plus lourde et traînante – des autres passants. À moins que ce ne soit mon imagination, cela fait un bout de temps que je l’entends. Serait-je suivie ? En tout cas, le bonhomme semble être seul, ce qui me fait douter qu’il soit un des hommes de main de Mörth. Même si ça serait surprenant, c’est toutefois une hypothèse à ne pas éliminer. Je pourrais le coincer, là, dans une ruelle sombre et infréquentée, juste pour voir ? Mais je secoue la tête et fais mine de ne m’être rendue compte de rien. Imperturbable, je continue ma route. J’aurais quand même deux, trois questions à lui poser à ce gaillard. Je m’en chargerai chez Dock.

≈≈≈ Dock ≈≈≈

Les affaires n’ont jamais mieux tourné qu’en ce moment. Je n’ai perdu qu’une fille ce mois-ci : une gamine de dix-sept ans, elle venait d’accoucher d’un enfant mort-né. Les sages-femmes ont fait tout ce qu’elles ont pu mais ce n’était pas assez pour la sauver. Dommage ! Elle était vraiment prometteuse cette gosse. En contrepartie, Minerve en a récupéré deux autres, deux petiotes errant dans la rue, orphelines apparemment. Elles ont respectivement dix ans et douze ans, c’est peut-être un jeune pour commencer à les faire travailler, mais toutes méthodes est bonne pour leur enseigner le métier.

J’ai appris tout à l’heure par Niro que Naïs rode de nouveau dans le coin. Une véritable tigresse, mais c’est presque à regret que je l’avoue : elle serait une véritable perle de mon harem. Dommage que Mörth doive la tuer. Une si jolie nuque, on n’en croise pas tous les jours – encore moins des lèvres aussi pulpeuses. Mais pourquoi je pense à elle au fait ? La porte s’ouvre soudainement à la volée, ce qui me fait sursauter. Je me retourne et qui voilà ? Naïs en chair et en os ! Tiens donc ! Quand on parlait du loup !! Minerve est à sa suite, l’air déconfit.

- « Oh Monsieur, je lui ai pourtant dit de ne pas rentrer, que vous étiez occupé et… »

Pauvre Minerve… Elle est tout affolée. Je ne lui laisse pas le temps de finir sa phrase.

- « Il n’y a pas de soucis Minerve, je m’en occupe. »

La pauvre femme s’en retourne toute confuse. Bien qu’elle ne puisse pas me voir, je plonge mon regard dans l’or des yeux de l’intruse. Je me demande bien ce qu’elle mijote ? Sa présence ne présage rien de bon.

- « Tu sais que n’est pas la bienvenue ici Naïs ? »

J’ai essayé de contrôler le tremblement de ma voix, sans grande réussite. Elle me fait tout de même carrément flipper. Dans le quartier, surtout parmi les stipendiés, les mercenaires, les chasseurs de primes – comme Mörth -, ou encore les tueurs à gages, que c’est une tueuse hors paire. Pire encore, une Envoleuse. Mais ce n’étaient que des rumeurs, pas vrai ?

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Que n’aurais-je pas donné pour voir le visage Dock suite à mon intrusion dans son bureau ? Rien qu’à imaginer son expression cela me fit sourire tout de même. Puis vint l’éternelle question détournée, à savoir « qu’est-ce que tu fiches ici ? » Question fichtrement intéressante, mais à laquelle je ne réponds jamais, le laissant sur sa faim. L’autre m’a même suivi jusqu’ici, chose stupide à mon sens ! J’espère au moins que sa curiosité ne troublera pas mes plans. Peut-être devrais-je continuer à l’ignorer. Non, vraiment c’est au-dessus de mes forces. Faisant mine de réfléchir à une réponse, j’adresse un de mes plus beau sourire à Dock, sereine.

- « Ça, tu me l’as déjà dit la dernière fois… Et puis la fois d’avant aussi. Fais gaffes ! Tu radotes, c’est un signe de vieillissement. »

Juste laisser une trace assez voyante pour que Mörth puisse me suivre à la trace, là où je veux, quand je veux. Je suis le prédateur, il est ma proie. Et aujourd’hui, il est temps d’en finir après trois mois de chasse.

- « Juste, transmets mes amitiés à Mörth »

Il balbutie un vague et froid « je n’y manquerai pas ». Je me retourne et m’apprête à partir avant de préciser :

- « Au fait, je prends le prochain client ! »

Pas la peine d’essayer de comprendre Dock, tu n’y arrivera pas ! Et de toute façon, je doute que ce mot fasse partie intégrante de ton vocabulaire !! Il s’agit juste d’une histoire entre moi et mon nouvel « admirateur ». Joignant le geste à la parole, j’ai tôt fais de repérer l’importun et de le rejoindre. Un petit sourire énigmatique se dessine sur mes lèvres. À nous deux !!

- « Eh bien ? Qu’attends pour monter ? »







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Nuhadu Darkmoon
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MessageSujet: Re: Si je suis le chat, tu es la souris? [Nuhadu]   Sam 05 Nov 2011, 12:06

Une épaule le percute, il se tourne légèrement pour amoindrir le choc, lâchant une rapide excuse à une personne qui n'en a cure. Il manque de rentrer dans un garçon qui court à contre-sens, de se prendre le bras énervé d'un homme qui désire avancer plus vite que lui et l'écarter de sa trajectoire.. Il n'aime pas sa place. Habituellement il se serait trouver un chemin entre toutes ses personnes, évitant aisément de se retrouver prit en sandwich ou de gêner ceux qui le gênerait en même temps. Habituellement il aurait prit le premier chemin vide de monde, ou même le chemin de la jeune femme, cas ses yeux dorés ont la magnifique faculté de fendre la foule, comme si un semblant de respect ou de frayeur les poussait à lui lâcher l'espace. Se faufiler derrière elle aurait été la méthode la plus simple !

Si seulement il ne la suivait pas justement. Il craignait à tout instant que les yeux de la jeune femme ne se tournent vers lui, a tort puisque ce sont de ses oreilles qu'il a craindre. Mais en se cachant dans la foule, il peine à la garder en vue ! Ce n'est pas si facile de se fondre dans cette rivière pleine de courants contraires et de surveiller intensément la cible de sa curiosité. Ne faire que l'un ou l'autre aurait sans doute était facile et instinctif, mais les deux en même temps lui donne l'affreuse impression d'être aussi balourd que toutes ses personnes qui l'entourent. Impression qu'il délaisse pour des pensées plus profondes.

Cette démarche fluide et envoûtante est-elle due à sa féminité ? N'ayant pas porter grand intérêt aux femmes avant d’entamer ses année de vagabondage, le jeune homme se retrouve incapable de répondre. Bien sûr les rares femmes dans cette rue n’arborent pas cette caractéristique.. mais elles n'ont pas son.. sa.. classe ? Elle lui donne l'impression d'un milieu bien supérieur a celui de ces gens. D'ailleurs, au fur et à mesure qu'ils progressent dans les ruelles, l'image de Nuhadu sur le quartier le plus mal famé d'Al-Jeit évolue.

La propreté des rues n'est certes pas la première préoccupation d'un empire, mais Al-Jeit jouissait de ce côté d'un certain ordre, mais ici devait s'établir la limite de leur volonté. Sans doute car les gens empruntent moins souvent cette ruelle ? En effet, Nuhadu se retrouve vite à court d'ombre et se contente de marcher en parallèle de la jeune femme d'un pas lent un peu traînard. Si elle peut vraiment interpréter les sons, il ne faudrait pas qu'elle le pense pressé de rester à son niveau. La précaution peut paraître inutile, mais celui qui n'en prend aucune est bien plus stupide que celui qui s'en garde trop. Les gens d'ici sont plutôt miteux, voir malhonnêtes. Les uns ont des regards brillants tournés vers la jeune femme, mais cette fois-ci aucun égard pour son handicap, le visage lui même ne doit aucunement les intéresser. Et lorsqu'ils tournent leurs yeux avides sur le garçon à la peau sombre, ce sont sur ses lames que les regards passent, avant de se détourner promptement... Qu'aurait-il pu lui arriver en ces lieux s'il n'était pas armé et sûr de lui ?

Il s'en fiche, un autre soucis et se présente. La jeune femme s'approche d'un établissement bien moins reluisant que la précédente taverne. Certes, tout à sa devanture cri haut et fort aux personnes les moins bien intentionnées qu'il s'agit d'une antre de plaisir.. Nuhadu sent le dégoût l'envahir. Bien sûr qu'il sait ce que c'est, il a suffisamment erré dans sa vie pour en avoir déjà vu et toujours refusé d'y goûter ! Au fond de lui quelque chose le révulse sur le principe de ces lieux.. l'idée de choisir une femme comme il choisirait une pâtisserie, de tisser avec elle un lien purement charnel basé sur son unique envie, malgré tout ce qu'elle pourra penser de lui et de la rejeter à son immonde travail comme tant de gens l'auront fait avant lui et le feront après lui..

Il faut qu'il arrête de penser à ça. La bière nauséabonde est sur le point d'être rendue.

Il faut qu'il se calme. Ce qu'il reproche particulièrement à ce métier c'est l'état des bâtiments, et celui des femmes qui y vivent.. et surtout il ne comprend pas comment on peut vouloir d'une femme qui aura vu passer t'en d'hommes avant soit. Mais certains bordels sont bien mieux tenus, et alors on ne peut nier qu'il s'agit d'un métier.. après tout, chacun fait ce qu'il veut de son corps.. C'est une idée peu ragoutante, mais une idée parfois vraie.. Et qu'importe l'état de ce lieux, il n'a pas l'intention de.. d'en consommer les propositions, il n'est pas là pour ça.. et d'ailleurs pourquoi suivrait-il cette femme si loin ?

Pour savoir ce qu'elle peut bien faire ici.. bizarrement, il ne la voit aucunement jouer le rôle des autres femmes qui y vivent.. Alors pourquoi ? Il se mêle d'affaires qu'il ne comprend et qui le dépasse.. Mais il est curieux. C'est plus qu'il n'en faut pour qu'il avance et pénètre un monde qu'il ne pensait pas découvrir un jour..

L'intérieur est aussi infecte que l'extérieur, si ce n'est qu'ici l'ambiance taverne se mêle à des odeurs bien plus lourdes que la transpiration et l'haleine des ivrognes. Jamais dans sa vie il n'avait vu autant de femmes, encore moins avec de tels parodies de vêtements, pour certaines ça ne devait guère être plus qu'un morceaux de tissus noué autour de la taille. Des corps qui aurait pu être désirables étaient dévoilés sans n'attirer plus que la pitié du jeune homme. Il préféra chercher du regard sa proie, ignorant les tas de chair sans valeurs. Il chasse aussi la question qui essaie de l'obnubiler : ''Comment de tels endroits peuvent-ils exister ?''

Il ne repousse sans ménagement les femmes qui se proposent, le regard résigné de ces femmes arrive vraiment à charmer des hommes ? Il vient de trouver une porte ouverte d'où s'échappe quelques éclats de voix. Tentant sa chance il s'y engouffre, découvrant un couloir parés de quelques portes et au bout duquel une femme se tient dans l’entrebâillement d'une autre porte.

-Oh Monsieur, je lui ai pourtant dit de ne pas rentrer, que vous étiez occupé et…

C'est la femme qui parle et vu son état ce doit-être à cause de celle qu'il poursuit dans l'ombre.

-Il n’y a pas de soucis Minerve, je m’en occupe.

Frisson. Il doit vite trouver une cachette s'il ne veut pas qu'elle le trouve.. Il ouvre n'importe laquelle des portes et se cache dans un silence qu'il espère suffisant dans la salle qu'elle gardait. Il retient son souffle alors que les pas derrière la porte lui annonce qu'il est plus discret qu'il ne le pensait. Il attend quelques secondes avant de pousser un long soupir de soulagement. Il n'est pas dans son habitude de rentrer chez les gens ainsi.. d'ailleurs, il commence à se demander si sa curiosité vos tout ses efforts. Après tout cette femme peut faire sa vie tant qu'elle n'interfère pas avec la sienne.. Mais maintenant qu'il est arrivé jusque là, pourquoi ne pas essayer d'en savoir plus ? De toute façon pour ressortir il risque d'avoir des problèmes.. Soit !

Il ouvre doucement la porte, jette un œil dans le couloir. Tout y est fermé. Il ne risque plus rien pour le moment. Il se coule souplement vers la porte mystère, et pose son oreille tout contre le battant. Il arrive au milieu d'une conversation. Il n'y a que la voix d'un homme et d'une femme qui atteignent ses oreilles, sa proie ? Il y a intérêt vu les efforts qu'il a fait pour en arriver là !

-... Mes amitiés à Mörth

-Je n’y manquerai pas.

Qui que soit se Mörth il n'a pas l'air de rendre cet homme particulièrement joyeux. Des bruits de pas.. Se rapprochent-ils de la porte ? Il s'apprête à retourner dans sa cachette quand ils s'arrêtent et que la voix de la jeune femme s'élève à nouveau.

-Au fait, je prends le prochain client !

Ce serait-il trompé sur elle ? Peut-être finalement qu'elle travaille ici, elle ne serait pas le moins appétissant des présents de l'établissement, mais elle ne donnait pas cette impression qui ressortait si forte des tas de chairs de l'accueil. Il n'a aucunement l'intention de la suivre jusque dans ses ébats, il envisage donc la meilleur méthode pour sortir, tendant toujours l'oreille il entend les bottes sur le plancher. Il se faufile jusqu'à sa cachette et prête l'oreille à sa nouvelle porte qui était aussi l'ancienne.. Décidément cette histoire tourne en rond ! Les bruits de bottes se rapprochent, elle va passer son chemin et il n'aura plus qu'à trouver une ouverture ailleurs pour s'enfuir ni vu ni connu..
Sauf que les bottes s'arrêtent. Une main caresse la porte et trouve la poignée.. elle ne voit pas. Pas de doute c'est-elle... et elle l'a repéré.

La porte s'ouvre sur un sourire déstabilisant, Nuhadu tente en vain de jeter le regard étonné de celui qui est parfaitement à sa place... peu crédible de la part d'un homme seul dans un bordel et surtout inutile devant une aveugle... Mais alors qu'il allait trouver une réplique sans faille pour retourner la situation, elle prend la parole.

Eh bien ? Qu’attends pour monter ?

Un doute l'étreint.. Le prochain client.. c'est lui ?
Les pensées déferlent dans son esprit. L'image de Lacrya en haut d'une tour d'Al-Jeit qui lui reproche d'avoir pensé à caresser le corps de la jeune femme en face de lui. Il devrait dire non et la repousser tout de suite, ne surtout pas jouer avec ce qu'il soupçonne fortement d'être plus habile prédateur que lui.. Mais il ne peut pas fuir.. peut-être l'utiliser pour fuir ? Après tout, s'il ressort à son bras il passera plus inaperçue que les mains dans les poches.. Ensuite il sera toujours temps de s'expliquer. Il jouera donc le jeu, le sourire sur les lèvres.

-Je n'attendais que toi.

Il prend doucement le bras de la jeune femme dans le sien, ne trouvant aucun autre moyen de lui ''montrer'' qu'il allait la suivre.

-Guide moi donc, je crois que je suis perdu.

Être guidé par une aveugle.. Encore une fois il n'aurait jamais cru vivre ça.. Surtout qu'il ne sait toujours pas avec qui il joue. Il sortent ensemble attirant le regard curieux de la femme de tout à l'heure, Nuhadu ne lui prête même pas attention et suit le mouvement de sa compagne d'un instant vers les escaliers, qui mènent aux chambre supérieur. Allez savoir comment, elle semble connaître les lieux et trouve du premier coup une chambre inoccupée. Le jeune homme jette un regard réjouit vers la fenêtre et quitte le bras de la jeune femme.


-Je crois que j'ai des excuses à te faire, je ne suis malheureusement pas intéressé par les services de la maison.

Il n'ose pas avouer qu'il la suit depuis un moment, au cas où elle ne l'aurait pas remarqué. Pour le moment il envisage surtout de s'échapper de cet endroit et d'en revenir à son programme de base. Préparer son retour à l'Académie. Mais il ne peut quand même pas s'enfuir comme ça..ne serait-ce que parce que sa curiosité n'est qu'à peine entamée.

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MessageSujet: Re: Si je suis le chat, tu es la souris? [Nuhadu]   Lun 14 Nov 2011, 15:09

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Je surprends l'homme comme j'aurais pu démasquer mon propre fils après qu'il eut fait une bêtise. Et enfermé entre quatre murs, il était plutôt compliqué de s'enfuir. Bien piètre cachette qu'il avait choisi là, à mon avis. Il n'a toujours rien dit. Il n'ose pas peut-être. Au fond de moi, je songe que, heureusement, parfois la nature est vraiment bien faite. Je craints fort de n'avoir qu'un gamin en face de moi. Enfin sa voix brise le silence. Il tente de masquer sa peur sous une fausse assurance. Je le sais. Je le sens. Je l'entends. Il attrape mon bras, jouant le jeu avec moi. Sa main est rude et durcie par l'effort, mais elle garde encore la douceur de la jeunesse. Un peu trop jeune peut-être. Alors je le mène à travers le bordel. Je n'ai pas besoin de le connaître pour le conduire dans une chambre libre. De toute façon, les filles ici jouissent tellement fort qu'il est impossible de se tromper entre une chambre libre et occupé. Vérité ou mensonge? Je préfère ne pas me poser la question. Il ne vaut mieux pas de toute façon. La pièce où je viens de pénétrer ne semble pas avoir été aérée depuis un bon moment. Ça pue vraiment la mort. Je me dirige vers la fenêtre et l'ouvre en grand avant de m'asseoir à son rebord. Le gamin pourrait fort bien sortir dès que j'ai le dos tourné. Mon regard se pose sur l'homme sans le voir. En règle général, mes yeux ambrés, aveugles, suffisent à clouer sur place même le plus imposant des hommes. Cependant, je suis bien placée pour savoir qu'à cet âge-là, les actes ne sont pas toujours réfléchis.

Il reprend la parole. Sa voix grave légèrement éraillée est douce, différente de celle, plus dure, plus sèche d'hommes qui ont déjà vécu certaines expériences que je ne souhaiterais même pas à mon pire ennemi – quoi que… Tout cela pourquoi? Il m'offre des excuses. Pitoyable! C'est alors que l'idée me frappe : marchombre. Il ne dégage pas tellement la même aura qu'un maître, c'est certain. Mais apprenti. Mes traits se durcissent. Je me demande s'il le verra, mais quelle importance, il ne se doute sûrement pas de la merde noire dans laquelle il vient de se fourrer. Un million d'interrogations cognent dans ma tête. Les marchombres voudraient également ma peau? Impossible, ils sont bien trop occupés à adorer leur nature tellement chérie. Oui, mais d'un côté ils protègent un empire que je m'évertue à malmener avec les miens. Mon visage est à priori connu de tous, un marchombre aguerri – sinon un maître, quelqu'un avec un sacré bagage d'expériences – serait capable d'avoir ma peau pour de bon. Alors l'idée de le tuer, maintenant, me traverse l'esprit à la vitesse d'un éclair mais je la chasse aussitôt. Pourquoi enverraient-ils un apprenti à une mort certaine? Ils ne sont pas stupides à ce point quand même. Et même si c'était le cas, je me refuserai à le tuer. Il est bien trop jeune. C'est bien cela mon problème, je suis trop sentimentale. Ça risque fortement de me jouer un sacré mauvais tour un jour.

« On ne t’as jamais appris à ne pas te mêler de ce qui ne te regarde pas ? »

Je lui pose la question comme à mon fils que je pourrais très bien gronder pour les mêmes raisons. Ce n'est qu'un gamin après tout et je doute qu'il se rende tout à fait compte de sa bêtise. Soudain, je tends l'oreille…

≈≈≈ Mörth ≈≈≈

Ça y est, je la tiens !! Gorg l’a vue entrer dans le bordel de Dock. Nils a réuni quelques hommes. Chaque porte de l’établissement est gardée au moins par deux hommes. Elle ne peut plus s’enfuir. Et je vais enfin pouvoir sentir l’odeur de cet argent qui m’a été promis par ce Samoan si jamais je lui ramenais le cadavre de la fille. Sa famille est puissante d’après ce que j’ai cru comprendre, mais je m’en fous à vrai dire. Tout ce qui m’intéresse réellement à présent c’est l’argent – une somme dont personne n’oserait rêver même dans ses rêves les plus fous. L’informateur a également précisé que la garce ne semblait pas seule. Quelqu’un d’autre la suivait, un homme apparemment à la peau au moins aussi hâlée que la sienne. Son frère ? Un ami ? Qu’importe, s’il était avec elle je ne ferai sûrement pas de différence. Il mourrait avec elle, sauf que sa mort à lui, personne n’en saurait jamais rien.

Avec un sourire mauvais, je m’entretiens avec Dock. Il paraît fier, comme s’il venait de capturer la tigresse. Pitoyable ! Toutefois, il m’étonne en me disant qu’elle s’était immiscée dans les affaires du bordel. Ça l’aurait bien arrangé, le porc, de la garder en vie. C’est vrai que moi-même je n’aurais pas craché dessus. Mais ce qu’il venait de dire confirmait donc qu’elle était bel et bien accompagné. Tant pis pour celui-là ! Lorsque je sors du bureau de Dock, je balaye la salle du regard.

- « Surtout, faites comme si tout était normal »

J’ai chuchoté. Il paraît qu’elle a une ouïe hors du commun. Il ne faut donc qu’elle ne se doute de rien. Je commence alors, suivi de Nils, à gravir l’escalier grinçant du harem. J’essaye de faire le moins de bruit possible. Mais une fois à l’étage, je suis face à un problème épineux. Dans quelle chambre se trouve-t-elle ?

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

… Un souffle saccadé et irrégulier me parvient. L’escalier grince sinistrement. Je reconnaîtrais cette démarche entre mille. À chaque fois c’est la même chose : il veut me cacher sa présence mais il fait pire que mieux ! À lui tout seul, il fait au moins autant de bruit qu’un véritable troupeau de buffle. Un cri suraigu me confirme sa présence dans l’établissement. Je soupire. Par la sainte culotte de l’empereur !! Qu’est-ce qu’il fiche ici ? Je n’avais pas l’intention de l’affronter dans cette chambre tellement minuscule que c’en est presque dérisoire. Et, encore, si j’avais été seule, cela aurait peut-être pu se faire. Mais je devais absolument faire sortir le gamin. Mörth n’hésiterait sûrement pas à le tuer.

Avec une légère moue, je désigne la fenêtre au jeune apprenti marchombre qui me fait face. Décidément, la vie est étrange parfois. Moi, Envoleuse, tueuse de marchombres accomplie, je m’apprête à en sauver un. Je murmure de façon presque inaudible, mais d’un ton sec.

- « Sors »

Je le sens hésiter. Il ne le sais peut-être pas, mais toutes les maisons d’Al-Jeit ont cette particularité d’être flanquées d’une fine corniche à chaque étage. J’attends donc qu’il se décide à se glisser par la fenêtre ouverte pour le suivre. Une fois dehors, je la referme délicatement. Me doutant que Mörth devait avoir prévu que je m’échapperai, je savais pertinemment que plusieurs hommes surveillaient chaque entrée de l’établissement. C’était évident. Il voulait ma peau, et il ne ferait sûrement pas dans la dentelle. Je prie pour que le garçon soit assez discret, je ne tiens pas à ce l’on se fasse repérer tous les deux. Je lui désigne la façade sud de la bâtisse pour qu’il continue à avancer. Elle donne sur une ruelle sombre où personne ne passe jamais. J’entends deux gaillards discuter, inattentifs. Je souris alors que je fis signe au gamin de monter sur le toit sans bruit. Je n’allais quand même pas partir comme cela. Profitant de l’ombre omniprésente, je me glisse sur le sol, silencieuse. Et je bondis, rapide, mortelle. J’empêche ma victime d’hurler et l’égorge d’un geste sec et propre. Comme je le désirais, son comparse donne l’alerte. J’aurais presque envie de lui dire merci. Malicieuse, je lui adresse mon plus beau sourire, un bref clin d’œil avant de remonter souplement sur la corniche. Et disparaître sur les toits… avec mon protégé.

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Nuhadu Darkmoon
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MessageSujet: Re: Si je suis le chat, tu es la souris? [Nuhadu]   Dim 20 Nov 2011, 00:32

Perdu dans un bordel. Dans une chambre avec femme, certes plutôt attirante, qu'il soupçonnait d'être un danger pour lui. Il n'était au final sûr que de peu de choses.. Elle l'avait tiré d'un mauvais pas en l'invitant ici, elle savait qu'il la suivait.. et son ouïe dépasse de loin celle de Pier. Et pourtant.. C'est en pensant à Lacrya que la gêne étreint le jeune homme.

Imaginons un peu la scène. La terrible Lacrya Sil'Morna, envoleuse talentueuse et plus qu'habile avec ses lames, découvre que son .. son quoi ? Amant ? Leur relation est complexe.. mais le mot est-il juste ? Mettons. Elle découvre que son amant s'est retrouvé dans un bordel, juste après qu'elle l'ai laissé, confiante dans les promesses qu'ils ont échangé.. Dans une chambre d'un bordel, avec une magnifique femme.. Du peu qu'il avait vu de la rage de la magnifique dame, il n'est pas bon d'en être la cible. La fameuse Syndrell était d'un niveau bien supérieur au sien, mais elle semblait porter du respect pour Lacrya...

Il y a de quoi craindre, si ce n'est pour sa vie au moins pour son cœur. Il n'a qu'une envie, c'est filer par la fenêtre qu'à ouverte son hôtesse, avant qu'une brise funeste ne fasse mauvaise éloge de lui à sa belle.. Mais d'un autre côté, il n'a pas fait tout ce chemin pour rien ! La source de sa curiosité est là devant lui, et il envisage de filer comme ça ? Il est perdu dans les méandre d'un esprit bien compliqué..

Qu'avait-il perçut de la femme finalement ? Qu'elle savait garder une aisance hors du commun, un pas plus fluide que bien des marchombres qu'il avait croisé.. et puis ? Elle l'avait trouvé sans problème, et deviné sa présence dans le bordel.. Pourquoi ne pas l'avoir tout simplement dénoncé à cet homme qui semblait tenir l'établissement ? Était-elle aussi curieuse que lui ? A en voir l'expression de son visage, elle n'apprécie pas ses excuses... l'a-t-il déçue en refusant de jouer les jeux que l'on peut entendre des pièces voisines ? Elle n'espérait sûrement pas qu'il soit un simple client.. si ? De toute façon il ne peut pas s'engager dedans, ne serait-ce que pour sa survie, il a échangé avec Lacrya des promesses tacites qu'il ne veut pas rompre. Même si les chances qu'elle soit un jour au courant de cette aventure soient quasi nulles.

Il ferait mieux de chasser toutes ses idées de son esprit..


On ne t’as jamais appris à ne pas te mêler de ce qui ne te regarde pas ?

Attaque direct.

Depuis combien de temps l'a-t-elle repéré ? Non, ce n'est pas la question qui le préoccupe.. Pour qui le prend-t-elle ? D'où sort ce ton supérieur et moralisateur ? Il a peut-être était pris la main dans le sac, mais il n'est pas question qu'il se sente ridicule ou inférieur devant elle ! A l'écouter il n'est rien de plus qu'un enfant ! Faut-il qu'elle soit aveugle pour.. ah oui.. Mais quand même ! Elle qui semblait jusqu'à présent percevoir tant de choses, elle le déçoit avec cette réflexion ! Il y a comme une bouffée de colère qui monte en lui.. Et qui s'estompe. Qu'importe ? Elle ne voit peut être pas aussi loin qu'elle en donne l'air.. Après tout, elle peut penser ce qu'elle veut, il sait ce qu'il vaut et il ne laissera personne d'autre en juger à sa place.

Mieux. Il sait ce qu'il veut-être, et il n'en démordra pas plus !

-En réalité, on m'a apprit que toute question avait des réponses, et qu'il faut avoir le courage de se mêler de tout pour les obtenir. Mon éducation est-elle mauvaise selon toi?

Sourire. Un autre jour, il aurait pu être gêné, affreusement gêné. Mais aujourd'hui il est joueur ! Alors il ne laissera le dernier mot que si elle parvient à lui clouer le bec ! Mais étrangement, elle ne réagit pas. Semble même ailleurs. Alors que jusque là elle semblait d'une assurance total, voilà qu'elle paraît soucieuse, peut-être un peu inquiète ? Ou juste très intéressé par autre chose ? Quoique ce soit, ça suffit à inquiéter le jeune homme tressé. Il cherche autour de lui ce qui pourrait à ce point troubler cette surprenante dame, mais visiblement, il n'a pas la capacité de percevoir le danger.

-Sors.

Plus qu'un ordre, c'est un conseil qui pénètre les oreilles de Nuhadu. Le moment n'étant pas à la discussion, il écoute et obéit sans perdre de temps. Il avait compris, dans le peu de temps passé avec Pier, que se servir des compétences d'autrui se révèle souvent fructueux. Des pas se font entendre, un peu trop proche de la porte de la chambre. Sans perdre de temps il se glisse sur la corniche, suivit par l'inconnue. Il se mue au silence, contenant les questions qui le tourmentent. Il est encore tombé dans une galère sans nom ! Il regarde autour de lui, se demandant par où il va pouvoir filer en évitant de.. de quoi au juste ? Qui est le danger ? Un signe de la femme aux yeux dorés lui indiquent de progresser le long de la corniche.. Après tout, elle semble connaître les lieux. Il se glisse donc tout le long du bâtiment.

Comment peut-on se retrouver dans de telles positions en suivant une simple fille aperçue dans une taverne ? Bon, il aurait peut être du s'abstenir.. Encore que l'occasion de s'amuser ne se présente pas si souvent, c'est peut-être le dernier jour qu'il passe à Al-Jeit avant de rentrer à l'Académie, autant en profiter ! Car oui, le fou sourit de la situation ! Alors qu'il est peut-être menacé par la présence de sa nouvelle amie, voilà qu'il trouve cela drôle ! Pire ! Il en oublit le doute qui l'avait fait suivre la jeune femme tant il se tourne vers cette menace inconnue avec l'envie d'en découvrir plus et peut-être d'en découdre un peu.. Tomber sur un adversaire normal, pour une fois, ne peut que lui permettre d'évaluer ses progrès et d'en profiter un peu !

Mais pour le moment, l'heure est au silence et à la discrétion. C'est en suivant ses deux principes clés qu'il finit par grimper sur le toit, à la demande muette de son guide non-voyant. La chose est légèrement ardue, du fait que deux personnes discutent juste en dessous d'eux, et qu'il semble important de les éviter. Ainsi donc, qui que soit l'ennemi de la jeune femme, il se compose en un groupe plus ou moins organisé. Nuhadu se hisse avec légèreté en haut du bâtiment, et se retourne pour tendre la main à une femme qui n'est déjà plus là.. Il la trouve en fait en bas et la voit égorger d'un geste l'un des gaillards qu'il évitait..

Le coup était rapide, précis.. porté par une aveugle mais terriblement précis. Il a sans doute était longuement répété, durement assimilé. Car il était parfait. La lame n'a qu'à peine brillée que l'homme tombe à terre dans un gargouillis.. Et son congénère appelle à l'aide, paniqué.. Paniqué par la jeune femme non voyante qui sous ses yeux gravit la bâtisse en un clin d'oeil..

L'inquiétude reprend place dans l'esprit de Nuhadu. Plus aucun doute n'est permis, elle a été formée, et elle à fini sa formation.. Alors du quel des camps est-elle émissaire ? Doit-il craindre pour sa vie en l'accompagnant ? Ou peut-il lui faire confiance ? Quelle est la différence entre le Marchombre et le Mercenaire ?

Le Chaos et l'Harmonie n'ont pas de visage.. Comment les différencier ?

Elle le rejoint, et file déjà.. Et il la suit. D'une part parce qu'il ne sait pas qui l'attend en bas
D'autre part, il faut savoir prendre des risques.. pour qu'une question obtienne réponse.


-Qui es-tu?

Ce n'est qu'un souffle lancé dans la course, un souffle qui se serait perdu pour toute autre oreille, mais il savait celles là assez aiguisée pour percevoir le plus faible des murmures.

La question est-elle stupide dans un moment pareil ? Oh que non ! Il doit savoir, sinon il restera figé quand le moment d'agir sera le plus important. Il doit savoir si son ennemi c'est elle.. bien que pour le moment elle semble le garder éloigné de l'action.. Mais il n'est pas stupide, ce qu'elle a fait là c'est de la provocation. Elle aurait pu tuer les deux, elle en a laissé un en vie pour attirer les autres. Qu'espère-t-elle tirer de ça ? Les marchombres ne s'abaisseraient jamais à risquer leur peau pour le plaisir de tuer un abruti isolé.. les envoleurs agissent sûrement de même.

Elle appâte quelqu'un.

Et cette personne est apparemment bien entouré.

Elle ne cracherait sûrement pas sur l'aide d'un escrimeur entraîné comme lui, mais faut-il qu'il l'aide elle ? Ou la personne qui la pourchasse ? Il n'a d'allégeance pour personne, pas plus qu'il ne se porte en justicier de l'empire. Mais dans le cas ou l'aveugle serait envoleuse.. que ferait-il ?

Encore une. Peut-être..

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Naïs Jol
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MessageSujet: Re: Si je suis le chat, tu es la souris? [Nuhadu]   Dim 20 Nov 2011, 19:36

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

J’ai souris à sa réponse. Il se mêle en lui une pointe de rébellion à une certaine fougue. J’ai l’impression de m’entendre au même âge, c’est fou. Et d’ailleurs, je commence à l’apprécier ce garçon. Il me fait confiance apparemment et m’obéis sans protester. Et s’il n’avait pas voulu ? Un instant cette question traverse mon esprit, mais je hausse les épaules, indifférente. Bah, il fait ce qu’il veut après tout, même s’il se serait probablement fait tué avant d’avoir pu esquisser le moindre geste. Mörth n’aurait pas fait de différence. Nous étions dans la même pièce quelques minutes auparavant et, de son point de vue, toute personne surprise en ma compagnie est susceptible d’être un de mes alliés. Et c’est peut-être bien une des seules précautions réellement intelligentes que le chasseur de prime eut pris durant ces trois derniers mois. C’est d’ailleurs pour cela que je ne préfère pas m’attarder de trop à Al-Chen en moment, même si Seth me manque beaucoup. Il n’est pas impossible que le fils de troll ait quelques informateurs dans toutes les grandes villes de l’Empire.

Sans un mot, je fais signe au garçon de continuer sur les toits. J’entends que le monde s’agite en bas, mais heureusement, nous sommes hors de vue. J’espère qu’il sait courir en tout cas. Pour l’instant c’est la meilleure chose que nous puissions faire. Cependant, j’ai déjà ma petite idée du lieu où je l’affronterai dans quelques instant. Je ne compte pas m’amuser plus, surtout si le gamin est dans mes pattes. Je ne tiens pas vraiment à avoir sa mort sur la conscience. Alors il faut que je tue Mörth au plus vite.

Les toits sont légèrement pentus et glissant, alors j’aurais bien enlevé mes bottes, mais le temps presse – tant pis. Tandis que je réfléchis à la manière dont je vais maintenant pouvoir appâter ma proie, je m’élance dans une foulée longue mais pas trop rapide pour permettre au jeune apprenti de me suivre. Al-Jeit est mon terrain de jeu, idéale pour un apprentissage. Je me demande si son maître à lui l’y a déjà emmené ou alors compte y continuer sa formation. Si ce n’est pas le cas, c’est franchement dommage – enfin à mon avis. Mais je n’ai pas à interférer dans la manière d’organiser un cours d’un maître – et surtout pas d’un marchombre. D’un bond d’une facilité déconcertante, je me retrouve sur un autre îlot de vieilles bâtisses. Je me retourne, ne serait-ce que pour m’assurer que le gamin derrière moi ne risque pas de tomber. Tant qu’à le tirer d’un sacré mauvais pas, autant faire les choses bien, non ?

Je manque soudain d’éclater de rire quand j’entends au loin – mais si proche en même temps – une voix rageuse. Détrompes-toi Mörth…

≈≈≈ Mörth ≈≈≈

Fin hurle alors que je rentre brutalement dans une chambre enfin vide. Vide ? La salope, elle est en train de s’enfuir. Je me précipite vers la fenêtre fermée. Je l’ouvre : personne. Décidément, elle est rapide et je viens encore une fois de me faire avoir royalement. Je commence à bouillir intérieurement. La petite table décorative sur mon chemin vole à travers la pièce et s’écrase sur le mur opposé : brisée en mille morceaux. Je jette un regard noir à Nils qui fait signe aux autres hommes de redescendre.

- « Changement de plan ? »
- « Envoie Fin chercher d’autres hommes. Boucle le quartier. Il me la faut avant la fin de la journée »
- « C’est comme si c’était fait »

C’est bien, je sais que je peux toujours compter sur lui. Je dévale les escaliers à sa suite et sors par la porte sud, celle-là même que surveillait Fin. Dock est sur le seuil, soucieux de ma réaction. Fin se rongerait presque les ongles. Je le tuerais bien celui-là, rien que pour avoir laissé s’échapper la garce et son compagnon. Mais je ne le ferai pas, car elle est vraiment dangereuse et que je ne peux pas me permettre de perdre le moindre de mes hommes. Elle ne dois pas être encore bien loin.

- « Naïs !! Je sais que tu m’entends !! Tu peux fuir tant que tu veux, mais tu ne m’échapperas pas !! Tu ne m’échapperas pas »

Je le sais. Elle m’entend. Elle entend toujours tout.

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

… Détrompes-toi Mörth. Cette fois, je ne me retiens pas. Mon rire cristallin fends le silence partiel des toits de la ville. Il est vraiment pitoyable. Il ne se rend même pas compte que je mène le jeu depuis le début. Depuis trois mois, s’il sait où je suis, c’est bien parce que je laisse me trouver, à chaque fois. C’est un murmure qui répond comme un écho à mon rire. Qui je suis ? Par la sainte culotte de l’empereur, n’a-t-il vraiment pas de jugeote ou n’a-t-il tout simplement pas remarqué l’évidence. Je fais mine de l’ignorer un instant. Pour le moment j’ai un autre projet, alors je lui fais signe de me suivre. S’il est indéniablement trop curieux, j’espère au moins que la patience fait partie de ses qualités. Sinon tant pis pour lui. Je m’élance de nouveau, bondissant de toits en toits. Nous arrivons bientôt à un vaste carrefour que je ne connais que trop bien. La maison où j’ai grandi se trouve à quelques centaines de mètres de là.

- « Reste ici, je reviens »

Je me hisse sur une paroi qui s’élève sensiblement plus que les autres autour, un peu dysharmonique dans une ville où tout est précisément calculé pour refléter une uniformité parfaite. D’après mes dernières sources, il s’agit du repère de Mörth. Je me glisse silencieusement à travers une fenêtre étroite de la bâtisse. J’entends discuter à l’étage d’en dessous, trois voix précisément. Ma main effleure un large et solide bouclier. Je le fais tomber intentionnellement. Ca y est, ça s’agite. Un homme monte tandis que je me glisse discrètement par la même fenêtre où je suis arrivée. Il ne m’a pas vue. Au moment précis où ses pas résonnent exactement devant l’étroite source de lumière, je pénètre à nouveau dans la pièce, silencieuse. Je sens la stupeur de l’homme mais je suis plus rapide et il s’effondre avec un bruit sourd sur le plancher. Les deux autres continuent à discuter tranquillement, comme si de rien n’était. Il vont être drôlement surpris quand il me verront descendre. En un soupir, je suis déjà au bas de l’escalier. Je souris en réponse au « Hé, regarde, c’est elle ! ». Un léger tintement, puis un deuxième, me font comprendre que les deux gaillards ont dégainé un poignard – sinon une épée. L’un d’eux s’élance, et mortelle, j’utilise sa force trop hâtive pour le ceinturer et enfoncer l’arme jusqu’à la garde dans sa nuque. Le second hurle pour se donner du courage et se précipite vers moi. Mais avant qu’il n’esquisse aucun mouvement, je me coule derrière lui et lui brise la nuque. Morts, tous les deux. Je me mets alors à la recherche d’un produit inflammable, que je trouve rapidement : l’huile de vaseline. Mörth doit sûrement s’en servir pour graisser ses diverses lames. J’en asperge toute la baraque avec précaution. Il ne faudrait surtout pas que je m’asperge. Ceci fait, je m’empresse d’enflammer le tout avant de ressortir par la fenêtre tandis que des flammes géantes s’élèvent déjà.

Je rejoins le gamin en deux temps trois mouvement. Et maintenant ? Ah oui, il a posé une question. D’un signe de tête je l’invite à me suivre. Mieux vaut que l’on s’éloigne un peu avant de redescendre, même si de toute façon, les soupçons à propos de l’incendie se tourneront vers moi. Lorsque je juge que nous sommes assez loin, je commence à redescendre dans une ruelle étroite. Si j’ai bonne mémoire, il doit y en avoir un aussi ici. Je lance toutefois d’une voix douce mais ferme un rapide : « Tu connais la réponse »

Mes pieds touchent enfin le sol et je laisse mes doigts se balader sur la paroi de pierre appareillée. Je sens soudain le contact d’un papier rugueux et abîmé sous ma main. Le voilà mon fameux placards. Je connais par cœur les emplacements de tous ceux qui ont été affichés dans la ville. Bien avant que je ne quitte la ville, Atal les avait comptés pour moi et m’avait guidé à travers la capitale entière afin de m’en indiquer les exactes positions. J’attends que mon protégé d’un jour se rapproche avant de pointer du doigt l’affiche.

- « Si tu étais un peu plus observateur, tu aurais sûrement remarqué qu’il y en a cinq cent pareils dans toute la ville. L’aristocratie a proposé une récompense plus qu’intéressante pour ma tête. »

Je soupire un instant avant de reprendre.

- « Ces gens, Mörth surtout, ils sont prêts à tout pour me mettre le grappin dessus pour la fameuse récompense. Nous étions dans la même pièce tout à l’heure. Crois-moi, ils t’auraient tué sans poser de questions. Je pense que ce n’était pas dans tes projets. »

Je lui adresse un sourire énigmatique.

- « Alors, tu veux toujours savoir qui je suis ? »

Sans lui laisser le temps de répondre, je l’entraîne à travers le dédale de ruelles sombres et étroites. Je les connais toutes pour les avoir arpenté plus d’une fois en compagnie de Sen durant ma formation. Je laisse mes pas me guider vers une petite place dont les façades grimpent haut vers la voûte céleste. Les ruelles rayonnent autour de la petite place circulaire. L’endroit est sombre. Les murs sont flanqués de nombreuses fenêtres, interstices, corniches, et j’en passe. C’est ici que Mörth m’a filé entre les doigts la dernière fois. C’est donc ici que cette histoire doit se terminer. L’apprenti marchombre est toujours à mes côtés, mais pour peu qu’il sache un minimum se débrouiller en escalade, se faire discret et silencieux ou encore jouer avec les ombres, l’endroit était propice au combat.

Ca y est, je les entends…

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Nuhadu Darkmoon
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MessageSujet: Re: Si je suis le chat, tu es la souris? [Nuhadu]   Sam 10 Déc 2011, 12:55

Perdu, il ne comprend rien.
Il a couru sur des toits sans savoir ce qu'il devait fuir, toujours accompagné de la jeune femme qui ne mérite absolument pas l'appellation d'aveugle. Il la suivit sans savoir où ni pourquoi, juste mu par la certitude qu'elle savait où elle allait et ce qu'elle devait faire. Mais lui dans tout ça ?
Prit dans une histoire qui le dépasse.

Il l'a vu mettre le feu à une maison, tuer des gens... et il n'a sut que courir avec elle.

Observer, réfléchir, agir.

La deuxième étape bloque, l'observation n'est pas suffisante pour qu'il puisse trouver quoi faire.. L'unique question qui le taraude est de savoir qui il veut aider.. Pas ses actes, cette femme s'inscrit en criminelle.. mais l'est-elle réellement ? Ces hommes qui la poursuive ne sont-ils pas la cause de ses actions ?

Réfléchir, encore et encore.. mais pourquoi ?
Dans tout les cas, elle lui a fait comprendre que maintenant sa vie aussi est en danger.
Alors à quoi bon s'attarder à comprendre une histoire qui le dépasse..

Elle l'entraîne à nouveau sur les toits, puis finalement elle descend dans une rue. Elle va vite, étonnamment vite pour une aveugle. Comment fait-elle pour ne pas tomber d'un toit ? La mémoire ? Non, même elle a ses failles. Elle dépasse de loin les capacités qu'il avait vu en Pier. Comment fait-elle ?

Tu connais la réponse

Elle le souffle sans le regarder, avançant à une allure plus posé dans les ruelles. A côté d'elle il lui jette un regard curieux qu'elle ne pourra jamais voir, mais elle le renvoi à l'étape 2. Réfléchir. Bien sûr qu'il le sait, il s'est assez posé la question pour la considérer comme une Mercenaire du Chaos. Mais il aurait préféré ne plus en croiser de sa vie.. sauf une.
Il se retient pourtant de l'avouer. Ce genre de noms à tôt fait de provoquer des conflits, et pour le moment ils sont plus ou moins dans le même camp. Il aurait tort de la provoquer ou de s'attirer ses foudres.
Il avance dans l'ombre de la femme aux yeux perdus, espérant que les réponses se présenteront enfin.

Elle s'arrête. La main sur un avis de recherche usé par le temps.
Quand elle s'écarte il découvre son visage sous lequel une somme exceptionnelle encourageait à l'attraper.

Si tu étais un peu plus observateur, tu aurais sûrement remarqué qu’il y en a cinq cent pareils dans toute la ville. L’aristocratie a proposé une récompense plus qu’intéressante pour ma tête.

La tête penché, le garçon lui jette un regard désolé. Elle n'était donc qu'une proie.. Quoi qu'elle est pu faire pour mériter cette somme, elle est devenu la cible à abattre.

Ces gens, Mörth surtout, ils sont prêts à tout pour me mettre le grappin dessus pour la fameuse récompense. Nous étions dans la même pièce tout à l’heure. Crois-moi, ils t’auraient tué sans poser de questions. Je pense que ce n’était pas dans tes projets.

En effet, mourir n'était pas dans ses projets, mais puisqu'il est dedans jusqu'au cou, il n'a pas l'intention de rester en arrière tout au long de ce drôle de jeu.


Alors, tu veux toujours savoir qui je suis ?

Et elle reprend sa route, affreusement déterminée, laissant Nuhadu murmurer ses pensées dans le vide.

-Ceux qui s'attardent aux apparences ne sont pas si observateurs que cela. Ça ne me dit pas qui tu es, mais seulement ce que tu es pour les hommes les plus hypocrites de l'empire.

Qu'importe qu'elle l'entende ou non. Maintenant il sait qu'il veut l'aider, quel qu'en soit la manière. Il l'accompagne jusqu'à une place encadrée de hauts murs. Un endroit peu fréquenté et sans doute faite pour obtenir du calme. Elle s'arrête là et il attend un moment qu'elle se décide à agir, mais il semblerait que toute ses cartes soient étalés. Est-ce au tour de son adversaire de jouer ?
Nuhadu s'approche d'un mur pour s'y adosser, conscient qu'il faudra attendre un moment. Il caresse pensivement ses épées, se demandant s'il faudra les sortir, où si une fois encore elle sera plus rapide que lui.
Des rumeurs se font entendre. Ils sont nombreux.. Il prend le couteau de Raven en main. S'il peut en avoir un par surprise il ne s'en privera pas. Quand il s'agit de survie les règles n'existent plus.


-Me permettras-tu de t'aider pour te remercier ? Je te dois peut-être la vie après tout.

[pardon du retard, et de plus c'est court ^^']

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Naïs Jol
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MessageSujet: Re: Si je suis le chat, tu es la souris? [Nuhadu]   Mer 18 Jan 2012, 17:51

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Les hommes de Mörth font au moins autant de bruit qu’un troupeau de buffles, s’approchant dangereusement de la petite place. Je me demande si finalement l’affronter aujourd’hui n’est pas une bonne idée. Le gamin semble déterminé à m’aider, mais a-t-il seulement une fois combattu pour sa vie ? Un doute m’étreint. Or, dans une situation pareille, le doute n’est pas permis. Je le balaye, littéralement. Il saura se débrouiller : il le faut. Je soupire.

- « Ces hommes sont prêts à tous pour nous tuer : n’ait pas surtout pas pitié d’eux ! Tue-les »

Je me glisse dans l’ombre d’un mur, l’invitant à me suivre, avant de continuer.

- « Tu auras compris, je suppose, que si nous les prenons de front, nous n’avons aucune chance ?! Fonds toi dans l’environnement : ici, en l’occurrence, ombres, fenêtres, interstices, corniches… »

Tandis qu’ils se rapprochent de plus en plus, je bondis : trois prises me séparent de la corniche, cinq mètres plus haut, sur laquelle je me hisse d’un geste souple.

- « Gardes tes appuis bien souples. Ne réfléchis pas trop, ni pas assez : cela pourrait bien te coûter la vie ! »

Un sourire et un clin d’œil pour le mettre avant de continuer.

- « Et n’hésite pas à attaquer par derrière… »

Serais-je en train d’offrir un premier enseignement à un apprenti marchombre ? Situation complètement surréaliste, et pourtant bien réelle. Enfin, j’ai confiance, il ne m’échappera pas…

≈≈≈ Mörth ≈≈≈

- « Comment diable… ? »

Sous l’effet de la surprise et de la colère à la fois, je ne parviens pas à finir ma phrase. Envolée. Ils se sont envolés. J’aurais pourtant juré qu’il était là quelques secondes auparavant. Je soupire en restant toutefois sur mes gardes, ils peuvent être n’importe où. Telle que je la connais, elle dois là, tout près, tapie dans l’ombre, attendant de bondir à la gorge de mes hommes. Eux aussi… Ils ont fait tellement de bruit qu’elle a dû nous entendre arriver à plusieurs dizaines de mètres à la ronde.

Je fais doucement glisser ma lame hors de son fourreau. Elle n’est pas très grande, mais de très bonne facture. Je lève les yeux, effectuant constamment des tours sur moi-même dans l’espoir de la voir venir. Espoir vain, j’en suis pourtant conscient.

Un gargouillis me parvient au loin tandis que l’agitation se fait sentir autour de moi. Je me précipite. Les hommes s’écartent pour me laisser voir un pauvre bougre s’étouffant dans son sang, égorgé. C’est une blessure nette et propre. Elle est ici…

- « Surveillez vos arrières !! »

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Les sentir céder tout doucement à la panique, c’est une chose réellement appréciable. D’un bond, je me réceptionne sur la corniche voisine, dans l’ombre. Je me glisse au sol, comme précédemment. Je me baisse au sol, silencieuse, et ramasse un cailloux que je fais rouler au pied d’un autre homme. Il n’a pas le temps d’être surpris que déjà je saisis sa pomme d’Adam et la brise d’un geste rapide et sec. Cette fois ça y est, l’alarme est donnée. Ils savent que je suis là. L’affrontement peut commencer.

J’espère que le gamin aura la jugeote de passer par derrière…




[A mon tour de m'excuser pour le retard et la piètre qualité de ce post... ]

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MessageSujet: Re: Si je suis le chat, tu es la souris? [Nuhadu]   Dim 22 Jan 2012, 01:11

Ils ne tarderont pas à apparaître, c'est une certitude qui l'étreint. Leur nombre est plutôt imposant, à moins qu'ils ne soient parmi les plus bruyants des hommes de l'Empire. Il aurait pu espérer que cela attire les gardes de la cité, mais il avait une petite notion du pouvoir de l'aristocratie.. Si elle en avait après la belle femme, alors il y avait assez d'argent pour graisser les pattes. Et les avis de recherches ne jouent pas en leurs faveur. Mieux valait des mercenaires.
Et il les connaissait mieux que les gardes.

La femme s'agite, courre se réfugier dans une ombre. Elle n'est visiblement pas tenté par l'idée d'un choc frontal. En effet, ça aurait été stupide.. Peut-être pourrait-il lui servir de diversion ? Mais elle lui fait signe de la rejoindre. Il hésite, mais elle lui parle. Il ne peut pas lui faire faux bond.
Il s'élance derrière elle pour écouter ses conseils. Ils sont tous désespérément inutiles et classiques.. Le prend-t-elle vraiment pour un gosse ? Il ne se retient qu'à grande peine de l'envoyer balader.

Dans des moments comme celui-là, comment peut-elle s'inquiéter pour lui ? Il est loin d'être inexpérimenté. Il a combattu dans sa vie, souvent. Même si ce n'est que récemment qu'il ai vraiment approché la mort.. Mais il se savait capable de la donner et il n'y avait qu'un combattant expérimenté pour passer ses lames. Les mercenaires ont rarement reçus une véritable formation au maniement des armes. Nuhadu avait eut la chance d'en croiser un...
Et la chance qu'il lui offre ses lames. Autant que leurs secret.

Il range le couteau de Raven, et grimpe à son tour le long du mur, allant quêter sa propre cachette. Il se retrouve plongé dans une ombre. Et les hommes déferlent dans la place. Ils s'arrêtent sur la place, s'interrogeant, s'inquiétant. L'un d'eux est plus expressif que les autres. Son visage est un masque de colère.. Il ne sait pas qu'il est vu.. Et pourtant il cherche où se trouvent ses ennemis. Il les guette, tire sa lame. Il sait que le combat aura lieu ici..

Serait-ce Mörth ?

Il dégaine le couteau de lancer. Et attend. L'effet de surprise sera un atout indéniable.
Une ombre passe. Rapide, d'un endroit inattendu. Un homme s'écroule, la gorge barrée d'un affreux filet de sang.

Inspiration.

Il en a déjà vu, du sang et des gens mourir. Par l'épée ou la lance ou la hache. Il connaît, même s'il ne s'est jamais abandonné à l'offrir. Et il ne le fera pas aujourd'hui.. L'espère-t-il.
Quelque chose lui souffle qu'il ne doit pas toucher au meneur.. Sans doute le fait qu'elle ait sembler le connaître personnellement.. et le haïr aussi.

Le poignard se fiche dans la jambe d'un homme qui lui tournait le dos. Prenant appui sur le rebord du toit, il se jette du bâtiment.. Si haut ?
Il se laisse lourdement tomber sur l'homme plié sur sa blessure. Le choc le jette à terre sûrement pas en état de combattre.
Le bruit n'attire pas les regards. Un autre mort bien plus bruyant les a attiré plus loin.

Deux lames étincelantes glissent de leurs fourreaux. Il a le temps d'ouvrir deux bras et une jambe avant que sa présence ne soit pleinement remarquée. Loin de l'effrayer, un sourire étire ses lèvres. Ils ne sont pas organisés, tout juste un ramassis hétéroclite de voleurs à la tire et d'abrutis qui assassinent en groupe. Il le devine à la façon qu'ils ont de se jeter en masse sur leurs adversaires, de se détourner d'un bloc ou de se demander qui il doive attaquer. La femme avait-elle vraiment peur pour lui ? Sa façon à elle de se battre la mettait en bien plus mauvaise position que Nuhadu.

Il écarte ses appuis, lâche ses adversaires des yeux, les gardant tout juste dans son champs de vision. Une lame se dresse devant lui, brillant sous la lumière du soleil. Elle est sa défense contre toutes les lames de son adversaires. Unique, elle risquerait d'être dépassée..
Mais dans l'ombre de Nuhadu, sa jumelle attend son heure pour briller. Elle est l'attaque qui prendra la vie de tout imprudent s'élançant contre lui. Et ça ne manque pas. L'un d'eux se croyant soutenu par les autres se jette en avant immédiatement.

Son épée s'abat avec violence sur le marchombre. Défense glisse contre la lame, l'incite à fouetter l'air au loin. Et avant qu'elle n'ait pu revenir, attaque déchire l'épaule du pauvre inconscient. Défense revient avec violence lui entamer le flanc, et un coup de pied envoie le déchet dans les bras de ses compagnons.

Il reprend sa posture. Le sourire s'élargit.
Une légère hésitation plane dans le groupe qui lui en veut, la facilité avec laquelle il a défet leur compagnon trop pressé les surprends.
Mais ils sont nombreux, et ensemble ils se jettent sur lui.

Il sourit.
Le chant des lames l'emplit, vibrant, saisissant. Leur sifflements dans l'air est merveilleux, comme toujours et l'envie de tuer l'homme d'un coup avait été immense. Il aurait été si facile de transpercer son cœur ! Elles auraient aimé, avide de sang qu'elles sont.

Mais fallait-il que la première mort qu'il offrit sois pour cet chose insignifiante ?
Il ne lui aurait tiré aucun remord, il l'aurait si facilement oublié. Il ne peut se le permettre. On a pas le droit d'oublier les morts que l'on donne.

Une énormes épées tombe sur sa tête. Il fait un pas de côté, la laisse frapper le sol et tranche au niveau du poignet, une autre le pousse à reculer, une autre à parer, il frappe mais ne touche pas. Ils sont nombreux.. Pas assez pour deux lames. Trop pour ses lames.
Ils se gênent, ils sont obligés de se contourner et derrière il pousse ceux de devant, les déstabilisent. Il frappe, deux fois. Défense abandonne son rôle pour l'ouverture qui se présente. Un homme tombe au sol, le sang ruisselant de ses genoux.

Tant de sang pour les lumineuses jumelles. Ça faisait longtemps que Nuhadu n'avait pas eut à se battre pour sa vie. Il en oubli même qu'il le fais pour une autre aussi.

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MessageSujet: Re: Si je suis le chat, tu es la souris? [Nuhadu]   Ven 27 Jan 2012, 17:58

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Un sifflement fend l’air. Je me glisse sous un coup de poing, qui au lieu de m’atteindre, s’écrase sur une mâchoire toute proche. Elle craque méchamment sous l’impact. J’effleure un corps, saisissant au passage un poignard, qui malgré sa moyenne manufacture fera entièrement l’affaire. Déjà la lame se fraye un chemin jusqu’à une jugulaire. Au son des lames qui s’entrechoquent, à l’opposé, je me doute que le gamin ne se débrouille pas si mal que cela – pour l’instant du moins.

La danse reprend quand l’éclat d’une lame brillant au soleil réchauffe doucement ma peau. Je m’esquive sur le côté, insaisissable, tandis que l’acier fend le vide. Désemparé, l’homme grogne, mais n’a pas le temps de réaliser que je suis à présent dans son dos. Une demie seconde, et il s’écroule dans la poussière avec un bruit sourd. Mort. Il faut un certain temps à ses compagnons d’armes pour s’organiser à nouveau, histoire de choisir qui aura le privilège de pouvoir essayer me tuer. J’en profite…

Un clignement de paupières, et je virevolte à nouveau. Depuis cinq ans environ, je suis une habituée de ce genre de situations. Si cela ne tenait qu’à moi, je me serais encore bien amusée à les narguer quelques semaines de plus. Mais il en va de la sécurité de Seth. Et je ne plaisante pas là-dessus. Jamais ! Je bondis, encore, cherchant un moyen de briser le mur humain entre moi et Mörth. Je ne le connais que trop bien pour le savoir capable de n’importe quoi, même stupide. Ce type est un danger public, sans formation réelle, mais incroyablement redoutable. Vaudrait mieux que je le coince avant qu’il ne décide d’abandonner lâchement ses hommes, ou – pire – que le gamin ne décide de s’en charger, ce qui signerait sa mort presque certaine.

Le chant de deux lames un peu trop proches résonne doucement. Dans un réflexe que je n’aurais même pas imaginé possible, je me baisse, laissant les deux hommes s’embrocher mutuellement dans leur élan. De l’autre côté, le gamin semble toujours tenir sur ses deux jambes. C’est bon signe. En revanche, Mörth n’a encore rien tenté de particulièrement stupide : je n’aime pas ça du tout !

≈≈≈Mörth ≈≈≈

Diable ! J’avais oublié, depuis la dernière fois, que cette femme est une véritable tigresse. Aveugle hein ? Tu parles, je ne l’ai jamais cru ! À ce train-là, et avec cette bande d’incapable, on aura tôt fait de se retrouver face à face. Je ne tiens pas tellement à me mesurer à elle dans un combat à la loyale, je suis presque certain d’y perdre ma tête. Je hoche la tête tandis que quelques hommes s’effondrent, encore, entre moi et elle. Mais ai-je dit que ce combat se déroulerait loyalement ?

Une idée…
Un sourire…

Nils, un peu devant moi, beugle des ordres à tout va. Je tends le bras, et attrape son épaule. Il se retourne, surpris. Je lui fais signe de me rejoindre, ce qu’il fait.

- « Tu veux quoi, là ? »

Je lui intime de se taire. Je préfère ne pas parler, elle entendrait à coup sûr. Lentement, je me tourne dans la direction opposée. Le garçon ne se débrouille pas trop mal, mais sûrement pas aussi bien qu’elle. La voilà ma solution. Une lame sous sa gorge, et j’en tirerai ce que je voudrais. Comme quand j’ai pris un enfant en otage pour la faire chanter, il y a bientôt deux mois maintenant. Elle est bien trop sensible, trop « gentille », c’est ce qui finira par la perdre. Nils pige tout de suite ce que je lui demande. Dans un dernier regard je lui fais savoir que je le veux vivant, c’est impératif.


[Voilà, un peu court, mais je n'avais pas envie de parler plus pour ne rien dire. Et si je prends un peu trop de liberté, n'hésite pas =)]

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MessageSujet: Re: Si je suis le chat, tu es la souris? [Nuhadu]   Dim 29 Jan 2012, 15:44

Le sourire a disparut. Le visage figé dans la concentration, il n'a plus le temps de se réjouir.
Deux lames, c'est mortel. Mais face à une dizaine d'armes..
Il n'a plus d'ouverture, ou trop éphémères pour qu'il s'y jette, et les assauts de ses adversaires deviennent plus brutaux et directs qu'auparavant. Ce qui ne l'aide pas, c'est qu'il doive sans cesse reculer pour les empêcher de l'encercler, moment à partir duquel il ne ferait plus long feux. La vérité est là. La technique ne fait pas tout.. le nombre peut la surpasser.
Mais il ne l'entend pas de cette oreille !

Le chant vibrant des lames est frustré ! Ces déchets les frappent comme des brutes, manquant de les briser. C'est un risque trop grand. Leur finesse n'est absolument pas adaptée au blocage. Jusqu'à présent, il s'était relativement campé sur une position propice à la riposte, mais il ne gagnera pas s'il ne peut pas attaquer. Il inspire un bon coup, à la recherche du moment parfait pour changer de rythme..
Il esquive une lame et se jette contre l'un de ses ennemis. Toujours aussi peu dégourdis, ils restent un moment surpris. Un moment plus court que le précédent. Il n'eut que le temps de planter sa lame dans le ventre du malchanceux avant que leurs attaques ne reprennent. Il se sépare du corps, et plonge sous les lames ennemis pour entailler une cheville par ci, un genou par là. Et il s'écarte à nouveau, sans prendre le temps de souffler. Une hache rencontre bruyamment le sol. Il se redresse pour frapper.. de peu. Et un poing le fait décoller du sol, le jetant à terre.

Sa salive à l'odeur du sang.. bizarre non ?
Il se relève immédiatement. Hors de question qu'il montre un instant de faiblesse, même si ça tête lui semble affreusement douloureuse. Le filet de sang qui s'écoule de ses lèvres ne mérite même pas qu'il l'essuie. La seule source d'intérêt, ce sont les hommes qui lui font face. Et la montagne de muscle au milieu d'eux qui l'a envoyé baladé.

Pourquoi ne pas se jeter sur lui pendant qu'il se relevait ?
Ils s'avancent vers lui, beaucoup plus doucement qu'auparavant. Prudence ? Ils n'en avaient pas fait un cas jusqu'à présent.. Alors quoi ?

Il redresse défense devant lui, s'immobilisant dans l'attente du nouveau choc.. L'aveugle s'en sortait-elle mieux que lui ? Combien peuvent-ils encore être ? N'a-t-elle pas été un peu présomptueuse de penser qu'ils puissent s'en sortir ? Qu'elle le puisse seule ?

Le regard durci, il prend conscience qu'il n'est qu'un lapin que l'on veut piéger. Elle le peut seule. Mais pas avec lui dans leurs mains.. Voilà pourquoi ils se sont fait plus doux.. Ils veulent l'utiliser contre elle.

Alors quoi ? Frapper ? Et prendre le risque de se faire attraper ?
Un marchombre qui se ferait attraper par ça ? Quelle horreur ! Non, il ne les laissera pas faire.

Un rapide coup d’œil autour derrière lui apprend qu'ils veulent le pousser contre un mur.. Et ils y arriveraient sans aucun doute. Mais pouvaient-ils savoir qu'un mur n'est pas une barrière pour lui ?

Il inspire un bon coup.. Et courre. Aussi vite qu'on le lui a appris, il s'élance vers le mur et jette ses lames par dessus. Derrière lui, des cris. Il grimpe, comme jamais il ne l'avait fait de sa vie ! Si, une fois.. Mais c'était des loups qui le pourchassaient. Inutile d'espérer chanter avec ces gars là.. d'autant qu'ils sauraient peut être grimper.

Il arrive sur un toit plat, où l'attendent gentiment ses épées. Il les récupère avec joie, et s'en retourne vers ses adversaires. Certains ont déjà entrepris de le suivre. D'autres hésitent.
Ça lui fera gagner du temps. Et surtout, il aura moins d'adversaire à affronter à la fois. C'était plutôt une bonne idée ! Du moins... si aucun d'eux n'avait d'arcs.

Si seulement il avait emmené le sien.. même avec ses piètres talents de tireur, il pourrait être plus utile. Mais il n'aimait pas traîner cet objet avec lui. Il avait beau être magnifique, il n'en restait pas moins trop encombrant pour ce qu'il s'en servait.
Il jeta un œil dans la direction de son'' amie''. Elle était entourée par beaucoup plus d'hommes que lui même.. mais un certains nombre d'entre eux gisaient au sol.
Qui que soit ce Mörth, il ne doit pas lui rester longtemps à vivre.

Et pour ce pauvre Nuhadu ? Combien de temps lui reste-t-il?


[J'ai rien à redire ^^]

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MessageSujet: Re: Si je suis le chat, tu es la souris? [Nuhadu]   Ven 17 Fév 2012, 19:54

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Un sifflement.
Une flèche qui fuse, rapide.
Mortelle…

- « Bouge !! »

* *
*


Vive, rapide, je me coule contre les corps des assaillants, un peu comme une chorégraphie terriblement mortelle. Ces gars-là n’ont pas forcément choisi de se battre pour Mörth. Pour nombre d’entre eux, il s’agit juste d’un gagne pain suffisamment intéressant pour subvenir correctement à leurs besoins. Il faut bien nourrir les familles et les petites bouches qui la composent. Alors, là, ils se battent pour leur vie, sans aucune technique, maladroitement. Toutefois, je n’ai aucuns scrupules à ôter un souffle. Ils se battent contre moi, tant pis pour eux. Mon jeune protégé semble plutôt bien se débrouiller jusqu’ici, malgré les adversaires qui continuent de l’encercler. Toujours plus nombreux, ils préfèrent se battre lâchement contre un gamin qui a moins deux fois leur âge plutôt que de voir la mort en face et mourir en homme – en vrai.

Exaspérant…

Ma main trouve le chemin d’une nuque, la brisant au passage, tandis que le poignard dans l’autre, éventre le pauvre diable qui a le malheur de croiser mon chemin. Cela m’a toujours étonné de la part de Mörth, lui qui pourtant, en tant que fine lame, est vraiment bon combattant, de ne s’entourer que d’incapables. Je le sens. Aucun de ceux qui me défient n’ont reçu de formation véritable. Heureusement pour moi, tant pis pour eux.

Quelques-uns commencent à céder à la panique. Les mouvements se font de plus en plus saccadés et désordonnés : chaos, total. Bientôt, plus aucune résistance ne m’est opposé. Mon premier réflexe, bizarrement, n’est pas de retrouver Mörth au milieu de l’enfer de la petite place, au contraire ma toute première réaction est de me soucier du jeune apprenti marchombre. Cela serait idiot qu’il ne revienne pas entier à son maître, surtout que j’imagine assez bien la surprise de ce dernier s’il ne se présentait pas à leur prochain rendez-vous. Je ne préfère surtout pas me demander pourquoi je pense à cela à l’instant présent, d’autant que c’est stupide.

Et puis, je perçois au plus profond de moi une sorte de sourde angoisse. Je réalise enfin que Mörth vient de commettre la plus grosse bêtise de sa vie. Le gamin n’a rien à voir avec mes histoires. L’immonde face de Ts’Liche, je vais lui faire regretter amèrement sa venue au monde ! Un soupir, et je me calme tandis que l’écho de voix graves résonnent dans la petite place sombre. Les rayons du soleil n’y pénètrent déjà plus. Pourtant, il n’est pas si tard.

Passant doucement ma main à ma ceinture, je vérifie : un, deux et trois étoiles de jet, offertes par Sen à la fin de ma formation. Alors seulement, je grimpe souplement, rejoignant Mörth et ses fidèles sur les toits en moins de temps qu’il ne faut pour éternuer. Finalement, ce n’était peut-être pas totalement stupide de me soucier du gamin en premier lieu…

≈≈≈ Mörth ≈≈≈

- « Tu n’aurais jamais dû, Mörth… »

Mes yeux gris glacés se posent sur la femme au teint basané. Un étrange sentiment de victoire mêlé à de la fierté s’empare doucement de moi. Moi, Mörth Crowley, je suis le premier à piéger la belle et puissante Naïs Jol. J’en soupirerai presque d’aise rien qu’en songeant à la récompense gracieuse qui m’attend déjà. Son murmure manque de me faire éclater de rire. Et que crois-t-elle pouvoir faire ? Ne se rend-elle pas compte que je suis largement en position de force ? Je vais vite le lui faire avaler moi. Cela va être rapidement expédié tout ça. Nils et Thorv tiennent l’homme en joue. Il est jeune, très jeune. Mais il semble avoir pactisé avec cette sorcière, alors tant pis pour lui. Il mourra. Mais avant, autant m’amuser un peu. Lentement, je profite qu’il ne puisse plus esquisser le moindre mouvement pour tracer une ligne de feu sur sa joue.

- « Il n’est ni mon frangin, ni mon ami. Tu peux le tuer, si toutefois tu les as pour le faire ! »

Ah, c’est tout ce que tu as de mieux à dire Naïs ? Cependant, avant que je n’ai pu esquisser un seul geste, la tigresse bondit, phénoménale. Déjà, elle abat Thorv, qui, pris de vitesse n’a pas eu le temps de défendre sa vie. Et puis, cela fuse. De partout. Non trois : ses étoiles de jets. Aveugle ? Mon œil ! Ses tirs ne manquent jamais leur cible. L’une d’elles, fichée dans l’épaule de Nils, envoie le géant au tapis. Quant à moi, j’esquive la deuxième arme de jet. Plus qu’une, et je m’élance vers le garçon.

Mais…

≈≈≈ Nils ≈≈≈

La sale garce ! Cette saloperie me brûle la peau et les veines. Je ne serais pas étonné qu’elle ait trempé le tranchant des lames dans du poison. Ma vision se trouble un peu, mais je peux apercevoir Mörth s’effondrer. Personne ici n’a vraiment eu le temps de comprendre ce qu’il se passait. Je comprends vraiment pourquoi l’aristocratie la redoute, surtout si elle se l’est mise à dos. Ce genre de femme, mieux vaut compter parmi ses amis que ses ennemis. Dans un effort je retire l’arme de jet fiché salement dans mon épaule. Alors que Naïs gratifie le gamin d’une tape amicale comme pour le féliciter, je me traîne doucement jusqu’à mon arc. Il faut que je fasse vite. A partir du moment où elle m’entendra, je n’aurait plus beaucoup de temps.

Je bande l’arc.
Il me paraît incroyablement lourd…

* *
*


≈≈≈ Naïs ≈≈≈



Un sifflement.
Une flèche qui fuse, rapide.
Mortelle…

- « Bouge !! »

J’ai juste le temps de plonger et de me réceptionner dans un roulade un peu brusque. Je ne sais pas trop à qui elle était destinée cette flèche, mais je ne me pose plus de question. Je m’élance. Nils sais pertinemment qu’il n’a plus le temps d’encocher une deuxième flèche. Alors il esquive un peu maladroitement mais efficacement quelques uns de mes coups, jusqu’à ce que je décide de m’emparer d’une flèche dans le carquois. Deux pas en arrière, une feinte de sa part qui trace une légère ligne de feu sur ma joue, et puis deux pas en avant. Et je l’achève.

Fini…
Enfin fini…

Je vais bien. Et l’apprenti marchombre ?


[Par la sainte culotte de l'empereur, comme dirait l'autre, elle en aura mis du temps avant de se dessiner cette suite... Désolée du retard]

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MessageSujet: Re: Si je suis le chat, tu es la souris? [Nuhadu]   Jeu 01 Mar 2012, 16:55

Sur son toit perché, un garçon s'était cru à l'abri.
Ironie fut heureuse de le contredire quand le nombre de ses assaillants le surpassa. Les lames eurent beau étinceler et frapper, elles ne vinrent à bout que de bien peu d'entre eux, avant qu'une voix dans son dos ne le somma de s'arrêter. En effet à quoi bon s'acharner quand deux arcs sont pointés sur lui ?
Il ne s'était pas attendu à ce qu'on le contourne pour le prendre à revers, tactique que lui avait pourtant conseillée la fameuse aveugle. Le voilà bien en mal de protester et laisse tomber ses épées ruisselantes de sang sur le sol. Un vilain coup de pied dans les jambes le jette à genoux et l'un d'entre eux, visiblement le fameux Mörth, se saisit de ses tresses pour lui relever la tête et posées le fil de sa lame sur sa gorge.

Le doute n'est plus permit, il est un otage. Étrangement, il comprend le fourbe qui le tient. Qui peut bien rivaliser avec la furie qui tue sans relâche en contrebas ? Désormais le reste des combattant se focalise sur elle, bien peu nombreux face aux cadavres qui l'entourent. Ils n'ont aucune chance ainsi, aucun d'entre eux n'a ne serait-ce que le talent d'un soldat.. alors tuer une envoleuse accomplie.. Pauvres fous qui se jettent à la mort ainsi.

Il ne reste bientôt plus rien qu'elle puisse se mettre sous la dent.. Effrayante. Nuhadu était bien mal à l'aise de la voir faire tant d'effort alors qu'il était sur le point d'offrir à ses adversaire un moyen de la piéger. Il aimerait bien tenter de s'échapper, mais il sait sa vie perdu au moindre faux pas..
Est-ce que sa vie vaut celle de cette femme cependant ?
Est-ce que sa vie à le moindre intérêt pour cette femme ?

Elle l'avait traîné avec elle parce qu'il avait été prit au piège avec elle, mais cette fois il s'était engagé en connaissance de cause, elle n'avait aucun remord à avoir quand à sa mort.

-Je serais vous, je profiterais qu'elle ne soit pas encore arrivée pour filer. Elle à l'air d'en avoir sérieusement après vous.

Une lueur amusée passe dans son regard alors qu'il voit l'un des archers tressaillir, comme conscient du risque qu'il prend en voulant jouer au plus malin avec elle, mais le chef lui se contente d'un petit rictus en tirant plus violemment sur les tresses.
Nuhadu ne lâche pas un son. Il a déjà frôlé la mort plusieurs fois, une de plus ou une de moins.. Le tout était de savoir si celle-ci serait définitive. Qu'il se fasse à l'idée.

La jeune femme ne met pas bien longtemps à tourner son regard vide vers eux. Même d'ici on peut voir le masque de haine qui tire sa peau. L'idée est étrange, mais elle est bien plus belle quand elle n'est pas pleine de haine. Ce Mörth espère vraiment s'en sortir vivant ?
En quelques instants elle parvient jusqu'à nous, comme si elle avait survolé la mur. Une tension affreusement lourde prend les quatre hommes encore en vie sur le toit. Oui quatre, même Nuhadu est inquiet de la suite, il y a ici deux arcs qui peuvent les tuer, elle comme lui. Même tout les talents qu'elle a étalé sous ses yeux lui semblent bien peu devant cette menace. Et pourtant, elle est là, se jetant dans la gueule du loup et déterminée à le tuer.

Tu n’aurais jamais dû, Mörth…

L'homme semble s'en amusé plus qu'autre chose, entaillant victorieusement la joue de son otage. A quoi bon, celle qui lui fait face est aveugle, il ne risque pas d'obtenir quoique ce soit en agissant ainsi. Peut-être est-il juste imbus de fierté et qu'il se félicite ainsi.. Le garçon ne bronche pas. Il ne donnera pas cette joie à un pareil lâche.

Il n’est ni mon frangin, ni mon ami. Tu peux le tuer, si toutefois tu les as pour le faire !

Nuhadu sourit. Il avait raison, elle ne perdra pas sa revanche pour lui et il lui en est même reconnaissant. Il ne mourra pas comme un fardeau. Il ferme les yeux et attend de recevoir le coup de grâce. Avec un peu de chance, l'idiot le tuera de fureur en comprenant qu'il a perdu son temps et qu'il perdra la vie par la même.

Un bruit de chute se fait entendre dans l'instant qui suit, le poussant à rouvrir les yeux sur une scène étrange.. Tous sont.. à terre ? Sauf elle, qui le relève et lui frappe joyeusement l'épaule alors qu'il ouvre des yeux ébahis sur la scène..

-Comment..
Bouge !!

Sans prendre le temps de réfléchir il se jette à terre, entendant tout juste le sifflement d'une flèche fuser derrière lui. Ce n'était pas fini ? Mais il n'y a donc pas de repos avec ce genre de femme ?
Il lève la tête et voit l'aveugle qui frappe un homme titubant qui parvient pourtant à lui survivre quelques temps, même à la blesser au visage. Avant qu'une flèche ne se plante en lui et le fasse retomber mollement sur le sol.

Nuhadu se relève et parcourt les autres corps du regard pour s'assurer qu'aucun autre ne va leur jouer de tour.

-C'était le dernier?

Il s'approche de son sauveur et découvre le filet de sang qui s'écoule de sa joue. En touchant sa propre marque encore brûlante il trouve le moyen de sourire. Le destin aime décidément bien jouer avec lui.

-On dirait qu'on va garder le même souvenir de ce jour. Tu n'as pas été blessée par les autres?

Plus que de l'inquiétude, c'est de l'admiration qui le prend en ne trouvant aucune marque sur elle. Lui même s'était prit de nombreux coups, même s'il s'était plutôt bien préservé des lames, et elle avait de surcroît bien plus d'adversaire que lui. Est-elle seulement humaine ?

Un éclat attire son attention. Ses lames.. il avait faillit les oublier, il faudra qu'il retrouve le couteau de Raven dans l'amas de cadavre en bas.. L'idée de fouiller tout ça le fait grimacer, mais au moins il peut déjà récupérer les jumelles étincelantes. Il aurait été bien triste qu'un de ses minables se soit emparé de ce précieux cadeau.

-J'espère sérieusement que ce n'est pas tout les jours comme ça pour toi.. Surtout pour les curieux comme moi que tu pourrais croiser d'ailleurs ! Ça m'apprendra à observer les jolies femmes tient.

Il essayait de plaisanter un peu pour se remettre de toute ces émotions. Il avait encore faillit mourir, il faut dire qu'il collectionne les fins, notamment les fins ridicules.

Récapitulons tout ça :
-Egorgé pour avoir plaisanté avec une folle au bord d'Ombreuse.
-Assassiné pour avoir croisé une envoleuse le nord de l'Empire.
-Etranglé pour avoir porvoqué un homme qui avait puisé dans ses vivres dans les montagnes de l'est.
-Mangé par un ours élastique pour avoir joué avec un écureuil.. peut-être bien la plus stupide de ses mort..
-Ah ! Noyé sous une cascade pour avoir rêvasse dans l'eau.
-Et là.. égorgé pour avoir suivi une femme dans un bordel.

Décidément, il n'a pas beaucoup de chance.


[Je te retourne l'expression Razz j'ai été un peu lent sur ce coup là]

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MessageSujet: Re: Si je suis le chat, tu es la souris? [Nuhadu]   Jeu 15 Mar 2012, 19:45

- « Je suis ravie de te l'entendre dire même si je me doute bien que ta curiosité n'a pas fini de te mener au devant de certains dangers...
(sourire en coin)

D'ailleurs, il me semble que je ne suis pas la première Envoleuse qui croise ton chemin, je me trompe?»
(sourire énigmatique)

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MessageSujet: Re: Si je suis le chat, tu es la souris? [Nuhadu]   Dim 25 Mar 2012, 18:23

-Comment dis-tu Envoleuse? C'est drôle comme nom, on pourrait penser que c'est celui d'un oiseau tu ne penses pas?

La question est directe et elle est sûre d'elle.
Ce n'est pas la crainte qui pousse le Marchombre à prendre ce ton moqueur plus que de de répondre par l'affirmative. Il se demande surtout quand il a pu laisser transparaître une telle information. Il faut reconnaître que c'est une chose curieuse! Elle ne peut pas décrypter les mimiques de son visage et il n'a pas le souvenir d'avoir parlé de Lacrya ou d'une de ses rares rencontres avec le chaos. Alors comment peut-elle parvenir à de telles conclusion sans aucun signe de sa part?

Si. Il y a forcément un signe qui a du lui échapper. Les Envoleurs ne lisent pas dans les pensées, ils déchiffrent les signes, devinent ou encore ont de la chance.. mais aucun d'eux ne peut être capable de fouiller son esprit!

-Bien sûr tu n'es pas un oiseau, alors je suppose que c'est une guilde.. Elle aussi est en froid avec la noblesse?

Il ne prend même pas la peine de feindre la naïveté. Tout d'abord ce serait stupide, n'importe quel idiot pourrait sans douter en voyant la haine que les hautes castes portent à Naïs. Il n'est pas stupide et ne se passera pas en tant que tel. Elle sait visiblement des choses sur lui et chercher à comprendre ce qui l'a trahit passe d'une part par reconnaître qu'elle a deviné juste.. mais il n'ira pas jusqu'à s'affirmer Marchombre avant qu'elle ne témoigne de l'avoir deviné. Il ne faut pas être fou non plus.

Et puis.. il ferait mieux de récupérer le couteau que lui a offert Raven avant que la garde ne vienne jeter un coup d'oeil dans le coin.

-Je dois récupérer un truc, mais comme tu l'as dit je suis loin d'avoir satisfait ma curiosité. Et si on allait dans un endroit.. moins malodorant?

Plus que la sueur, l'odeur du sang commence à embaumer les lieux.
Il se laisse glisser tant bien que mal au bas du mur, les blessures nouvelles s'ajoutant aux courbatures qu'il doit à Lacrya. Étonnant, mais cette course poursuite les a presque chassées. A croire que seul l'exercice peut nous en délivrer!
Il ne lui faut pas longtemps pour retrouver un homme encore vivant, adossé à un mur, la jambe en sang et le couteau du jeune homme en main.
En regardant bien, plusieurs personnes vivent encore par là. Les hommes qu'il s'était contenté de mettre hors-jeu.. Par pitié? Il avait tout de même finit par en tuer.. faut-il qu'il les achève?

L'homme en face de lui jette mollement le couteau, suppliant qu'on le laisse s'en aller.. Seul, il n'a plus le courage de se battre. N'importe qui ayant vu le massacre de l'envoleuse en ferait de même. Le problème est là qu'il les a attaqué, lui et elle.

Nuhadu n'est pas un justicier. Il n'est pas Humaniste non plus. Il vit sa vie et évite de nuire à celle des autres dans la mesure de ses humeurs et du possible. Dans un combat, il n'y a pas d'humeur, pas de questions pas de doutes. Il frappe pour mettre hors combat et c'est tout. Après coup..

Le jeune homme tressé ramasse son couteau, fixant la lame ensanglantée.

Les lâches qui ne s'assument pas méritent-ils de vivre?

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