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Le Pacte VS L'Ordre
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 Le chemin du retour [Hièlstan]

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Rilend Ansakh
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MessageSujet: Re: Le chemin du retour [Hièlstan]   Mer 25 Jan 2017, 01:39

[sourire. Puis regard lointain. Réflexion.]

"Moi...
Je pense - non, je suis intimement convaincue - qu'il serait possible pour moi d'être mère et marchombre. Pour être tout à fait honnête, je suis presque certaine que je le serai un jour. Enfin..."


[secoue la tête avec un petit rire]

"A vrai dire, une moitié de la question ne se pose pas. Je suis marchombre. Et ce, quels que puissent être mes capacités physiques, mon mode de vie...la Voie est à la fois la raison qui me pousse en avant et mon but. Ce qui ne signifie pas que tout le reste soit accessoire...simplement qu'il s'y intègrera nécessairement pour peu que moi, j'y trouve un sens."

[regard et sourire d'excuse]

"J'imagine que ce n'est pas très clair, mais si j'essaie d'être plus précise, je vais m'emmêler..."

[soupir]

"L'autre question étant : est-ce que je souhaite l'être ?
Pour le moment, oui. Un jour.
Mais pour l'heure, un autre projet qui me tient beaucoup à coeur risque de réclamer beaucoup de mon temps et de mon énergie, à plus court terme. Et j'ai le sentiment que mon chemin, dans l'immédiat, passe par ce projet-là avant tout autre bouleversement. "


[petit rire. Puis long silence.]

"Les enfants ont souvent tendance à imaginer qu'ils vivent dans une histoire, à traiter leur vie quotidienne comme telle. A comprendre énormément de choses, très naturellement, presque par instinct...peut-être est-ce lié. Peut-être est-ce leur facilité à percevoir et interpréter, sans y réfléchir, ces détails, qui leur procure ce sentiment de cohérence."

[soupir, plus nostalgique cette fois-ci]

"Quand j'étais enfant, j'avais souvent cette impression que tout autour de moi s'enchaînait de manière parfaitement évidente. Qu'il s'agisse d'épisodes joyeux ou plus sombres, là n'est pas la question..."
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Hièlstan Filsèvres
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MessageSujet: Re: Le chemin du retour [Hièlstan]   Mer 25 Jan 2017, 19:38

[silence pensif]

"J'aime beaucoup ta conception des choses, quand à la maternité couplée à ta voie. Je la trouve intelligente et belle. J'aimerais bien pouvoir la partager, malheureusement, après des années de réflexion, je n'en suis pas parvenu au même point.
En fait... En fait, tu l'as peut-être noté, je donne beaucoup aux autres. Pour moi c'est... C'est essentiel. Chaque être humain a la même importance à mes yeux, même si j'ai plus d'affection pour certains. Mais vois-tu, si ma meilleure amie était blessée et que l'on me présentait un cas plus grave, alors le cas plus grave passerait en premier.
Je crains que d'avoir un enfant ne m'empêche de donner aux autres. Je pense que les liens affectif avec un enfant sont trop puissants pour que je puisse continuer à être Rêveur tel que je le suis actuellement.

Et qui dit enfant dit souvent compagne... Ce serait deux êtres qui prendraient une place immense dans ma vie, et malheureusement, je ne sais pas si je peux accorder cette place à deux personne particulière.
Il y a tant de monde ici..."


[silence]

"Ce projet dont tu parles, tu veux m'en parler ?"
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Rilend Ansakh
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MessageSujet: Re: Le chemin du retour [Hièlstan]   Jeu 26 Jan 2017, 23:47

[regard intense. Pensif]

"Je comprends ce que tu veux dire.
D'être père risquerait de modifier en profondeur ta perception actuelle des priorités...et donc, par extension, le Rêveur que tu es aujourd'hui."


[Détourne les yeux vers le feu]

"Il est vrai que je n'ai pas ce problème ; sans parler d'égoïsme pour autant, je ne suis pas du genre à donner beaucoup aux autres. A l'exception de ceux à qui je choisis de consacrer du temps ou des préoccupations, mais ils sont peu nombreux et croisent assez rarement mon chemin. Le reste du temps...il n'y a personne qui pourrait pâtir de me voir consacrer davantage à un enfant."

[haussement d'épaules.
Long silence avant que Hièlstan ne pose sa question.
Tourne la tête vers lui avec un sourire malicieux et gourmand.]

"Enseigner !"

[petit rire]

"Je pense que tu t'en doutes, les marchombres ne le deviennent pas tout seuls ! Il y a un temps pour tout, et l'apprentissage est nécessaire...L'idée me trotte dans la tête depuis un moment, mais j'ai décidé de la concrétiser. Ce qui constitue un engagement non négligeable..."

[petit sourire complice]

"A vrai dire, c'est un peu à toi que je dois l'idée !"

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MessageSujet: Re: Le chemin du retour [Hièlstan]   Mer 01 Fév 2017, 13:53

[hoche la tête]

"Oui, Syndrell et toi avez toutes les deux mentionné des "maîtres"... C'est vrai que je ne m'étais même pas posé la question de savoir si tu enseignais ou pas ! Le fonctionnement de votre apprentissage doit être différent du notre.
Et pourquoi l'idée te vient-elle de moi ? Nous n'avons jamais vraiment parlé de ça, je crois ?"
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Rilend Ansakh
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MessageSujet: Re: Le chemin du retour [Hièlstan]   Sam 04 Fév 2017, 12:56

[éclat de rire]

"Non, non, jamais en effet !"

[sourire malicieux]

"Mais il se trouve que la dernière fois, quand j'ai essayé de te parler des marchombres et de notre Voie, cela m'a permis de me rendre compte que...j'aimais bien ce rôle de professeur. D'où cette idée !
D'ailleurs, comment fonctionne votre apprentissage, au début ? Êtes-vous attachés à un seul professeur, comme un compagnonnage, un par un ou à plusieurs ?"

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MessageSujet: Re: Le chemin du retour [Hièlstan]   Mar 07 Fév 2017, 21:35

"Ha ! Oui ça pour le coup, je m'en souviens. Tu t'étais bien débrouillée en tout cas !
Eh bien, je ne pense pas que votre apprentissage fonctionne comme le votre. Syndrell a évoqué son maître en tout cas, c'est ce que j'en déduis. Nous n'avons pas un maître attitré ; en fait, nous fonctionnons par classes ou groupes d'études. Chacun peut enseigner sur un sujet qu'il maîtrise, pourvu que les maîtres plus qualifiés que lui l'approuve. Il arrive même qu'un Rêveur initié du premier cercle, c'est-à-dire un débutant, enseigne, s'il a auparavant suivi une formation dans un domaine qui nous intéresse.
Donc pour certains, je suis "maître Filsèvres" ! Certains Rêveurs prennent goût à enseigner et y sont bons, et ils deviennent les maîtres référents, en quelque sorte, par une sorte de consensus tacite. D'autres sont moins à l'aise avec ça, comme pour vous.

Après, il y a des sortes de cours en effectifs plus réduits, notamment les cours où l'on apprend à Rêver, et puis il y a souvent des entretiens particuliers entre Maîtres et Rêveurs, au cas par cas, selon les demandes des uns et des autres.
C'est un système assez libre, afin que chacun puisse s'y retrouver, puisque tout le monde n'est pas capable d'apprendre de la même manière.

Donc maintenant, je sais que tu sais expliquer la Voie. Que dirais-tu de continuer à t'exercer avec moi en tentant de m'apprendre à monter convenablement ?"
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Rilend Ansakh
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MessageSujet: Re: Le chemin du retour [Hièlstan]   Dim 12 Fév 2017, 00:48

"Ha ! Oui ça pour le coup, je m'en souviens. Tu t'étais bien débrouillée en tout cas !"

Rilend se sentit gratifiée par cette gentille remarque. Le début d'apprentissage de cet élève hypothétique se rapprochait de jour en jour et la marchombre sentait croître en elle une certaine nervosité. Elle n'en était ni à redouter, ni à faussement anticiper, mais le doute qui la menait toujours de l'avant dansait sur le fil, encore moteur, presque toxique. Jour après jour, la question se faisait plus lancinante : saurait-elle s'y prendre, saurait-elle expliquer et prendre en charge le chemin d'un autre sur sa Voie ?

La jeune femme se rassurait d'entendre que pour au moins une personne, son exposé avait été utile et clair. Exposé dont Hièlstan avait d'ailleurs pris le relais en exposant par le détail le mode d'enseignement des Rêveurs. C'était un fonctionnement extrêmement différent de celui des marchombres, plus proche des cours que l'on dispensait aux jeunes Dessinateurs que du compagnonnage que d'autres professions prônaient. Et bien sûr, les classes des Rêveurs trônaient à mille lieues de l'abnégation et de l'obéissance parfaite et triennale de sa guilde.
C'était pourtant le plus adapté à un enseignement théorique et intellectuel, érudit même, quand la route des marchombres mêlait les compétences physiques et la philosophie.

"Donc pour certains, je suis "maître Filsèvres" ! Certains Rêveurs prennent goût à enseigner et y sont bons, et ils deviennent les maîtres référents, en quelque sorte, par une sorte de consensus tacite. D'autres sont moins à l'aise avec ça, comme pour vous."

Le titre fit sourire Rilend. Maître Filsèvres, hein ?
Et souleva une autre question, concernant le futur de l'Académie. Etait-il possible que, dans un futur lointain, la formation des jeunes gens s'appuie sur le même type de modèle pour les marchombres, de plus en plus collective ? Ils y perdraient leur âme...y perdraient-ils leur âme et leur Voie ?

"Donc maintenant, je sais que tu sais expliquer la Voie. Que dirais-tu de continuer à t'exercer avec moi en tentant de m'apprendre à monter convenablement ?"

Hièlstan tira la jeune femme de ces complexes considérations farfelues en glissant habilement sur le sujet de l'équitation. Sans doutes lui aussi en avait-il assez de demeurer assis et inactif, quoique la conversation soit plutôt agréable. Enserrés dans la chaleur du feu, dans le canapé qui épousait leurs deux corps, ils avaient laissé filer une bonne partie de l'après-midi en discussions animées. Comme un fourmillement, l'action et le désir d'action couraient dans les jambes de Rilend et elle se sentait prête à bouger, flairer l'air frais et le sentir picoter son visage. Puisque le Rêveur avait parlé de cheval, s'y ajoutait l'envie sourde et confuse au creux des cuisses, que tous les cavaliers connaissent bien et qui se rapproche d'autres désirs. Cette sensation indescriptible de genoux qui réclament un dos à serrer, à accompagner du bassin dans une débauche de puissance et de vitesse.

Rilend se redressa du canapé dans lequel ils s'était abîmés et là, le dos droit et assise encore, décroisant les jambes, elle laissa un sourire approbateur et chaleureux s'élargir lentement :

"Défi relevé !"

Puis la marchombre se leva souplement et, parce qu'ils étaient demeurés assis si longtemps, s'étira comme un chat. La Panthère l'avait laissée en paix tout au long du repas et du thé dans cet intérieur douillet, mais tout d'un coup elle se rappela à la femme. Elle ronronnait et grondait dans son ventre, pleine d'une vitalité qui ne demandait qu'à être dépensée. Courir entre les arbres, slalomer sous les fourrés après une proie affolée dont la peur vous chatouille les narines, se couler en ombre dans les ombres de la nuit...mais l'heure n'était pas encore aux exploits, plutôt à une balade paisible.
Pourtant, le fauve imprimait aux mouvements de la marchombre son aura et sa vigueur tandis qu'elle se faufilait entre la table et le mur comme si elle avait toujours vécu là, ramenant au passage la vaisselle là où Hièlstan avait posé le reste.

Le soleil du demi-jour déclinait doucement quand elle sortit, et sitôt le seuil franchi, elle ferma les yeux pour accueillir sa lumière froide et rasante. Le lac était animé, au loin, mais nul ne passait près de la maison : Hièlstan bénéficiait manifestement d'une belle tranquillité !
Tranquillité, comme celle qui les attendait dans l'écurie. Flèche leva une oreille curieuse et Vaillant émit ce hennissement roucoulant et bas de gorge qu'est celui des salutations amicales. Rilend sourit à son étalon et lui flatta la joue, puis ses doigts glissèrent et remontèrent jusqu'à cette petite zone où l'os s'enfonce, juste derrière l'oreille. Par là, on pouvait abattre un cheval moribond. Mais les doigts, aujourd'hui, étaient caressants et Vaillant pencha la tête pour les encourager.

Chacun de leur côté, efficaces, ils harnachèrent leurs montures. Quand Rilend prit la selle en main tandis que le puissant étalon mâchonnait son mors dans un cliquetis délicat, elle hésita. Sur ses bras, le complexe assemblage de bois, de cuir et d'acier pesait et fleurait bon la cire, mais elle avait presque envie de s'en passer...
En même temps, elle redoutait de glisser devant Hièlstan. Elle n'était jamais tombée de Vaillant à cru, mais qu'importait ! elle le redoutait. Au moins autant que de passer pour une vantarde.
La marchombre haussa les épaules et la selle cliqueta et grinça sur son support. Allons ! Ils n'allaient certainement pas accomplir des exploits équestres cet après-midi...

Elle mena donc Vaillant au sortir de l'écurie et, là, lui intima l'ordre de se tenir immobile. Le grand mâle se contint quelques secondes, le temps pour sa cavalière de fléchir les jambes et les détendre comme un ressort, une main sur le garrot du cheval et l'autre au creux du dos. Rapidement, elle avança son centre au-dessus de la musculature développée, creusée en son centre par le sillon de la colonne vertébrale. Puis elle passa la jambe par dessus la croupe de Vaillant sans autre forme de cérémonie et se cala confortablement, un peu plus en avant que lorsqu'elle montait avec une selle.
Dans une caresse secrète, sa main vint ébouriffer et remettre en place les longs crins noir corbeau à la base de l'encolure épaisse, et c'est alors que la jeune femme surprit le regard de Hièlstan.
Elle lui adressa un sourire accompagné d'un haussement d'épaule innocent :

"Je n'ai pas envie de mettre la selle. J'aime bien monter à cru, à son contact quand je le peux..."

Quand le jeune homme fut prêt, ils se mirent en route, et si Vaillant marcha en crabe et dansa quelques minutes sous l'effet de l'excitation, il se calma vite. Il se contenta de manifester son contentement en rouant l'encolure, poitrail bombé et genoux hauts. Un roi de l'esbroufe dont sa voisine n'avait rien à faire, même quand il tenta quelques murmures et ronflement qui tirèrent un petit rire à Rilend. Elle donna une explication à son compagnon de promenade, toujours amusée par l'exubérant étalon :

"Il aime bien Flèche, et il est en train d'essayer de lui faire du charme..."

Puis ses yeux coulèrent sur la brave jument, certes pas de prime jeunesse mais encore belle dans son poil luisant de bête bien soignée.

"...mais on dirait qu'elle s'en moque un peu.
Alors dis-moi, par où va-t-on cette fois-ci ?"

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Hièlstan Filsèvres
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MessageSujet: Re: Le chemin du retour [Hièlstan]   Dim 26 Fév 2017, 21:13

Il la suivit vers le petit abri qui lui tenait lieu d'écurie, et fut soulagé de constater que tout se passait bien là-dedans ; Vaillant n'avait pas l'air trop agité, et Flèche pas perturbée par son voisin pour un sous. Ni par eux, d'ailleurs ; elle se laissa approcher sans trop d'exubérance, simplement un peu curieuse de ce qui allait se passer ensuite.
Hièlstan entreprit de la brosser vigoureusement pour l'équiper, tandis que Rilend s'occupait de sa propre monture, qui frémissait d'impatience. Curieux, il observa la Marchombre mener l'étalon au dehors, sans s'embarrasser ni de sa selle ni de son harnais. Un rituel particulier, peut-être ?

Et, d'un mouvement souple, sans préambule, elle se jucha à cru sur le dos de l'animal. Hièlstan faisait les yeux ronds : lui qui devait déjà bien s'accrocher à son pommeau de selle et à ses étriers !
Puis il sourit : elle lui en avait déjà parlé, de cette pratique ; on y était plus proche du cheval, on le sentait mieux, mais cela devait tout de même demander une certaine connaissance et un certain lien entre monture et cavalier.
Le lien, il était là ; il n'y avait qu'à les voir ensemble, la manière dont elle savait glisser sa main pile là où il fallait, comme si le cheval le lui avait murmuré, ces échanges silencieux qui circulaient entre l'humaine et l'animal...

Qui avait-il d'étonnant à cela, quand la jeune femme vivait quasiment avec son étalon, marchait à ses côtés avant même de le débourrer, et le traiter à chaque instant comme son compagnon et son égal ?
Si elle avait eu un homme dans sa vie, il aurait presque pu s'en montrer jaloux, songea Hièlstan avec amusement.
Il était toujours en train de le regarder quand elle tourna les yeux vers lui.


"Je n'ai pas envie de mettre la selle. J'aime bien monter à cru, à son contact quand je le peux..."

Il lui sourit largement.

"Je ne m'y risquerais pas encore... Ou alors, seul, que personne ne me voit tomber !"

Il évalua la hauteur du garot de Flèche en lui dispensant un dernier coup de brosse. Ce n'était pas une monture exceptionnellement grande, pas aussi haute que Vaillant, en tout cas, mais elle ne rentrait pas dans la catégorie des petits chevaux.

"Je ne suis même pas sur d'arriver à grimper là-haut sans étriers, à vrai dire. C'était impressionnant !"

Il lui adressa un clin d'oeil, puis se concentra ses les sangles et les lanières, pour finalement mettre le pied à l'étrier et enfourcher Flèche d'une manière tout-à-fait classique... Mais nettement moins leste que Rilend !
Il la mit au pas, et elle s'y prêta avec docilité ; plus fougueux, Vaillant fit montre d'un désir de partir au quart de tour que Rilend réprima sans difficulté.


"Il aime bien Flèche, et il est en train d'essayer de lui faire du charme..."

Hièlstan rigola et hocha la tête. Oui, même s'il n'y connaissait pas grand chose en comportement équin, il avait cru comprendre !

"...mais on dirait qu'elle s'en moque un peu.
Alors dis-moi, par où va-t-on cette fois-ci ?"


Elle s'en moquait totalement ; elle se laissait faire, placide, mais Hièlstan sentait qu'elle ne rechignerait pas à un petit galop, plus tard, et elle était probablement bien contente d'aller au devant d'herbe fraîche et de pousses tendres.

"On va suivre ce chemin. On va s'enfoncer dans les terres, en passant par la forêt. Ensuite on rejoindra la rive du lac plus au Sud. On va passer dans des collines qui se prêtent bien à lâcher la bride aux bêtes..."

Il jeta un regard oblique à Rilend, à cru.

"Façon de parler, évidemment !"

Une fois qu'ils eurent dépassé le bosquet qui masquait la plage abritée de Hièlstan, ils laissèrent les montures prendre un petit trot en guise d'échauffement. C'était l'allure qu'Hièlstan soutenait le moins facilement ; le trot de Flèche n'était pas très confortable (il n'avait guère de point de comparaison, mais Syndrell le lui avait dit). Ainsi, il devait faire un effort particulier pour se montrer liant, s'il ne voulait pas rebondir durement sur sa selle, ce qui était très inconfortable pour lui comme pour la jument.
Il se sentait une légère pression ; un oeil de maître était posé sur lui. Il fit bien attention à la manière dont était placé son bassin, à l'inclinaison de son buste, s'efforçant de reproduire les conseils que lui avaient prodigués Inwëlle et Syndrell, cavalières plus émérites que lui.
Quand il se sentit assez à l'aise, il se permit de reprendre la parole.


"Tu me l'as peut-être déjà dit, mais quand as-tu appris à monter ? Tu étais jeune ?"
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Rilend Ansakh
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MessageSujet: Re: Le chemin du retour [Hièlstan]   Lun 06 Mar 2017, 17:49

Le regard légèrement dérouté de Hièlstan tira un sourire à la marchombre : Rilend était intimement persuadée que, si elle avait mis la selle à l'envers ou décidé de se passer de la bride, il n'aurait pas été moins surpris !
Sa réponse, elle, la fit sourire d'une autre façon, plus amusée et un peu complice. Personne n'aimait tomber de cheval devant autrui et, quoique la Voie des Marchombres et celle des cavaliers soient pavées d'humilité, la jeune femme ne faisait pas non plus exception...Vaillant lui avait déjà fait vider les étriers à quelques reprises, trop fougueux, trop malicieux, trop en forme ou trop...vaillant, mais la jeune femme était au moins heureuse qu'il ne l'ait pas fait devant témoins. Depuis, elle s'était aguerrie, l'étalon avait appris à ménager l'humaine et le couple fonctionnait en bonne intelligence en s'affinant jour après jour.

Ils se connaissaient comme des amis, pas encore comme de vieux amants. Après tout, elle n'avait attaché ce cheval à ses pas qu'à peine un an auparavant...et une relation d'une année, coup de coeur ou pas, expérience ou pas, ne pourrait se comparer à l'habitude mutuelle et tranquille des hommes et des bêtes qui cheminent ensembles depuis des décennies.
Elle espérait aller aussi loin avec son grand bai impétueux...

"Je ne suis même pas sur d'arriver à grimper là-haut sans étriers, à vrai dire. C'était impressionnant !"

Rilend rit doucement et lui adressa un clin d'oeil :

"Que de l'esbroufe ! C'est une question de détente et de technique, un peu, et surtout d'habitude. Tout l'art consiste à trouver le point d'équilibre au-dessus du dos au plus vite...c'est un peu comme l'escalade, mais avec les chevaux comme avec les rochers, j'ai fini par terre plus souvent qu'à mon tour avant de savoir m'y prendre..."

Elle fit volter Vaillant et ils partirent de concert.

"Mais pouvoir sauter en selle à la volée, sans lui faire mal au dos pour autant ni le déséquilibrer, est très utile parfois."

Pour faire face à une embuscade ou fuir une situation par trop délicate, pour poursuivre, pour rattraper...Rilend ne le précisa pas, mais son ton de voix parla pour elle, voilé d'une façon aussi infime que perceptible. L'ombre ne dura pas une seule seconde, balayée aussi vite qu'évoquée par la jeune femme qui ne s'attardait pas sur ces considérations.
Sa formation et sa vie, avant et après elle, lui avaient appris le caractère inévitable de certaines réactions, de certains affrontements, et si elle savait bien qu'elle ne prendrait jamais plaisir à trancher une gorge ou à rattraper un fuyard au galop de Vaillant ou au bout d'une flèche, elle n'hésitait pas pour autant. Ou alors avant, après. Pas au présent.

Hièlstan avait lui aussi noté l'intérêt de Vaillant pour Flèche et Rilend leva les yeux au ciel en souriant devant l'exubérance de son jeune idiot d'étalon. Vaillant était son partenaire et elle oubliait parfois, devant sa maniabilité, sa bonne volonté et son caractère battant, qu'il était avant tout un grand poulain plein d'énergie et de l'enthousiasme désordonné des jeunes créatures.
Tandis que le Rêveur lui suggérait un chemin, Rilend glissa un regard vers lui et surprit le sien au moment où il parlait de lâcher la bride aux animaux. La marchombre n'était pas entièrement certaine de sa capacité à tenir sur un Vaillant bien en forme, malgré leurs longues galopades à cru dans les collines des alentours d'Al-Far ; pourtant, l'envie d'un bon galop, énergique et puissant, tiraillait ses muscles et son coeur. Ouvrir les doigts et plus encore, les genoux, relâcher le dos et l'articulation de la hanche pour ouvrir le chemin à Vaillant. Le laisser bondir dans le galop et l'emporter, chaque foulée plus ramassée, chaque élan plus rapide que le précédent, sur un dos dont la puissance houleuse surpassait celle de toute autre créature...

Percevant l'impatience de sa cavalière, le grand étalon encensa brusquement, hochant la tête et secouant le mors, et la jeune femme revint à lui dans un murmure. Son compagnon de route accepta de s'apaiser quelque peu le temps de franchir le bosquet qui abritait la maison et de prendre le trot.
Rilend laissa tomber ses jambes de chaque côté des flancs de l'étalon qui trottait à la façon des chevaux de sa race, mi-guerre mi-parade, en levant haut les genoux, rouant l'encolure pour exprimer son désir d'action et les pieds antérieurs fouettant légèrement vers l'extérieur à chaque pas. Ce qui apparaissait comme un défaut d'allure à des yeux néophytes n'altérait en rien la confortable locomotion du grand mâle et sa cavalière, réglant son souffle sur les à-coups du dos, la souplesse de ses coudes à celle de la bouche, doigts à peine tenus, se laissa porter.

Elle coula un nouveau regard vers Hièlstan, qui paraissait plus tendu qu'elle. Peut-être sa jument était-elle moins confortable...et peut-être, songea la marchombre, le Rêveur n'appréciait-il simplement pas le trot ! Cette allure rythmique et symétrique, merveilleux outil pour les dresseurs, garantie de lieues parcourues sans fatigue pour les voyageurs, n'était pas la plus confortable qui soit pour un débutant relatif.

Elle ne pouvait s'empêcher d'analyser sa posture au passage. Les genoux un peu serrés, le centre de gravité trop retenu, trop haut, les épaules un peu trop basculées en arrière - mais mieux valait trop que pas assez, quand on ne savait pas encore vraiment utiliser son dos, son bassin et l'articulation de la cuisse pour accompagner les mouvements du dos. Au moins, cela évitait au cavalier les inconfortables frottements dans le cuir de la selle, et au cheval le heurt, à chaque pas, de la symphyse pubienne rencontrant le dos à travers la selle. Et Flèche trottait à l'aise, la tête libre, la bouche et par extension le dos détendu. La jument était certes excellemment dressée, mais même la meilleure des montures n'aurait pu manifester cette cession confiante de la mâchoire avec un cavalier aux mains rudes ou à la monte trop raide. Dans l'arc de ses oreilles, allant d'avant en arrière à l'occasion, le plissement discret des naseaux, Rilend pouvait sentir la tranquillité et l'attention de l'animal.

Sous elle, Vaillant avait décidé d'agir de même et son dos commençait à se tendre. Elle sentait, à chaque foulée, l'ondulation quasi-sinueuse de la colonne et la houle des muscles, le choc des sabots sur le sol amorti par le sublime, délicat, complexe arrangement de muscles et de tendons qui suspendait quatre ou cinq quintaux au-dessus de quatre pieds moins vastes que les semelles d'un homme. Les oreilles de l'étalon demeuraient pour l'une pointée en avant, pour l'autre oscillante, allant de l'avant puis pivotant vers Rilend pour demande d'instruction, proposition, suggestion, interrogation. Vaillant ayant obtenu l'indication qu'il demandait, ou interprété celle qu'il avait reçu, pointait derechef les deux oreilles vers l'avant, tête en place et rênes flottantes, retenu par la tension du dos de sa cavalière.
De temps à autres, une caresse.
Et dans le double battement rythmique de quatre pied fouettant le sol deux à deux, une voix qui ramena la femme à son compagnon de promenade :

"Tu me l'as peut-être déjà dit, mais quand as-tu appris à monter ? Tu étais jeune ?"

Rilend secoua la tête en souriant.

"Non. Enfin, si, j'étais jeune, mais pas autant que tu sembles l'imaginer. J'ai appris à monter à cheval...durant mon apprentissage. J'avais quelque chose comme...
- instant de réflexion - dix-sept ans, peut-être seize ou dix-huit."

Et elle avait oublié qu'elle ne connaissait pas son âge exact.
Au fil des ans et sans sa famille de naissance pour compter les années, les approximations s'étaient accumulées. D'abord, les longs jours d'Al-Far, mornes et sans fin, dangereux ou troublés et noyés par la faim, la fièvre ou le froid. Rares étaient les gamins des rues qui savaient quel jours ils étaient au-delà des classiques fêtes, et rares ceux qui avaient la moindre idée de leur âge réel ou de leur date d'anniversaire. Et parmi ceux qui s'en souvenaient, qu'ils aient une mère pour compter les jours ou simplement un repère fiable, combien fêtaient le passage des ans ?
Rilend évaluait néanmoins son âge à celui qu'elle avait évoqué, vers la fin de l'adolescence, quand la Panthère s'était manifestée et l'avait acculée à la fuite. Par la suite, le décompte avait repris en précision, jusqu'à sa chute de cheval et les années passées auprès de sa famille de fermiers. Avec un effort, elle aurait peut-être pu extirper de cette période une certaine évaluation du temps, un décompte des saisons...mais les premiers mois passés auprès d'eux, peut-être les premières années étaient flous.
En tous cas, aujourd'hui, elle avait entre trente et quarante ans, trente-cinq par commodité. Rilend secoua la tête en souriant :

"En tous cas, j'étais plutôt en fin d'adolescence...mais j'ai aimé ça, et beaucoup monté par la suite, ce qui compense ces débuts tardifs !"

Comme pour ponctuer ses mots, Vaillant redressa la tête, couina brusquement, lança un coup de cul puis rentra les fesses et tenta une échappée brusque que sa cavalière jugula avec des mains hautes, des épaules redressées et un "Ooooh !" grave et apaisant, interrompant la tentative de jeu de sa monture.
Elle coula un sourire vers Hièlstan :

"Tu t'en sors plutôt bien ! Tu te plais en selle ? "

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MessageSujet: Re: Le chemin du retour [Hièlstan]   Lun 06 Mar 2017, 21:11

"Si je... Oui, euh... Oui ça va, bon, le trot, ce n'est pas mon allure préférée. Elle a un galop très doux, idéal pour les débutants, mais un trot un peu moins facile à gérer... Non pas que je puisse faire beaucoup de comparaisons, c'est Syndrell qui m'a confirmé mes impressions, en fait.
Après, je suis un marcheur dans l'âme, je ne pense pas que l'équitation devienne une passion un jour... Mais c'est une manière plaisante de se déplacer. C'est sportif, on ne s'ennuie pas, on est toujours sollicité, et le lien avec la bête est bien plus intéressant que quand on guide son attelage depuis le banc d'une charrette."


[fronce les sourcils]

"Excuse-moi mais... Ce que tu m'as dit m'a un peu... Tu ne te rappelles plus précisément de cette période, ou alors tu... Tu ne sais pas précisément ton âge ?"
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Rilend Ansakh
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MessageSujet: Re: Le chemin du retour [Hièlstan]   Mar 07 Mar 2017, 01:39

Rilend rit doucement en abaissant les mains pour laisser Vaillant, calmé désormais, trotter plus librement. L'étalon conserva son attitude, plutôt haute, même une fois les rênes non plus simplement souples mais totalement abandonnées sur son encolure. Sa crinière noire et rêche, brillante, caressait les phalanges de la cavalière. La marchombre sentait, à ses narines, monter l'odeur de la sueur qui poissait les racines des crins, où l'acajou devenait encre et la robe douce et fine de longs poils épais et presque ondulés.

"Oui, le trot n'est pas franchement l'allure la plus agréable qui soit, au début !"

Elle, trottait à la mode des postiers et des voyageurs légers, quand elle avait une selle, se levant un temps sur deux. L'allure devenait plus fatigante pour le cavalier et parfois, dans sa selle, elle se laissait aller et reposait sa musculature. Mais elle était également plus confortable et pour l'homme, et pour la bête, pour peu que le premier ait la décence de se rasseoir en douceur sans se laisser tomber dans le siège de tout son poids.
Aujourd'hui, à cru, Rilend ne cherchait pas à se lever une foulée sur deux. Il lui était arrivé de le faire, comme un exercice - il était intéressant de savoir dégager son poids de la selle pour l'avancer si besoin était, par exemple pour franchir un obstacle et ce, même si les étriers avaient glissé des pieds. Cet après-midi là, cependant, leur balade était davantage d'agrément que d'entraînement et Rilend se laissait donc porter par son partenaire.

Elle hocha la tête en souriant quand Hièlstan évoqua son opinion sur l'équitation, et lui donna la réplique en flattant négligemment Vaillant qui ramena une oreille vers elle. Leur trot, à Flèche et lui, s'était accentué, plus long, plus rapide aussi au fur et à mesure que leurs muscles se déliaient et que leur souffle gagnait en profondeur. La légère transpiration, épaisse, qui leur collait aux poils et était apparue dans les premières minutes de marche n'augmentait plus maintenant que les chevaux étaient échauffés. Elle s'évaporerait très lentement, tant elle était gluante, et améliorerait d'autant l'évacuation de la chaleur produite par ces montagnes de muscles.
Sous ses cuisses, Rilend sentait elle aussi la température de la peau et du poil de Vaillant, sa propre chaleur en regard de celle de l'étalon. En hiver, la sensation était des plus agréables.

"Sportif...c'est certain. Je me rappelle, quand j'ai commencé à monter, d'avoir plusieurs fois fini la journée à pieds. Tant qu'on n'y est pas vraiment accoutumé, les journées en selle sont parfois passablement longues et...inconfortables."

Petit sourire.
Elle faisait allusion à ce malheur de cavalier acharné et débutant, dont le fondement frotte sans cesse dans la selle, de droite et de gauche, d'avant en arrière. Quel cavalier n'avait jamais grimacé en sentant la selle écarter ses cuisses endolories, soupiré quand ses fesses meurtries à force de rebonds protestaient vigoureusement ? Lequel, parmi les voyageurs et cavaliers, n'avait jamais constaté que la peau d'une certaine partie postérieure de son anatomie desquamait en réponse aux frottements répétés ?
Elle avait marché plus souvent qu'à son tour, à ses débuts...jusqu'à ce que, après quelques jours, les courbatures impitoyables à l'intérieur des cuisses ne la poussent à remonter en selle : moins douloureux que de cheminer à pied !

Parce que Rilend avait jeté un oeil à Hièlstan tout en mentionnant à demi-mot ces malheurs, elle avait pu voir son expression se modifier brièvement. Un froncement de sourcils, un air légèrement soucieux et hésitant, qui intriguèrent la jeune femme jusqu'à ce qu'elle en reçoive une explication.

"Excuse-moi mais... Ce que tu m'as dit m'a un peu... Tu ne te rappelles plus précisément de cette période, ou alors tu... Tu ne sais pas précisément ton âge ?"

La question était à la fois évidente.
Et si difficile.
Rilend avait encore en tête la réaction du Rêveur, à leur première rencontre, quand elle avait mentionné à demi-mot les enfants des rues et son passé dans ce milieu insalubre et violent. Elle doutait de susciter de nouveau le même choc chez l'homme, qui avait certainement eu l'occasion de constater que la marchombre n'avait pas vécu une vie des plus roses avant de trouver l'Académie. Néanmoins, elle craignait de s'attirer une réaction apitoyée - quoiqu'elle doutât que ce soit le style de Hièlstan - ou pire, gênée.
Elle répondit donc du tac au tac :

"Les deux !"

Avec un sourire léger. Ce n'était pas si grave. Ce n'était rien, et elle avait depuis longtemps fait la paix avec cet aspect des choses. Elle avait même une famille...depuis moins longtemps.
Elle flatta Vaillant pour se laisser quelques secondes de réflexion avant de reprendre la parole.

"Tu l'avais sans doute compris, mais je me suis plus ou moins débrouillée seule, quand je vivais à Al-Far. La notion de l'écoulement du temps devient vite floue dans ce genre de circonstances. A part quelques grands évènements : certaines fêtes, par exemple, il n'y a pour ainsi dire aucun repère fiable.
Je ne me souviens pas vraiment d'un anniversaire au-delà de mes onze ans et j'avais treize ans quand ma mère est morte
- le ton restait léger - et au-delà de ça...je dirais qu'environ quatre ans se sont écoulés, mais peut-être était-ce cinq, ou six. J'ai tranché pour quatre : au pire, ça me rajeunit !"

Léger rire.
Par dessous une crainte sourde et infime, celle de passer auprès du Rêveur pour quelqu'un de peu éduqué, l'un de ces voyageurs quelque peu perdus et même plus fichus de connaître leur date de naissance. Un lourdaud peu éduqué qu'elle n'était pas ; auprès de ses parents, jeune, elle avait appris le plaisir des livres et du savoir et sa culture, étiolée après ses années de misère, lui était revenue avec le plaisir de la lecture quand elle avait eu l'occasion de renouer avec cette pratique de population privilégiée...
Crainte idiote et injustifiée, absurde.
Et l'autre partie de la réponse était bien difficile à formuler de façon claire, acceptable et suffisamment épurée. Rilend s'y essaya néanmoins avec maladresse et incertitude.
Et simplicité.

"Et pour l'autre...en fait, au cours de mon apprentissage, j'avais déjà eu l'idée d'essayer de retrouver la trace de Skif et Cara. J'avais emprunté un cheval pour faire la route jusqu'à Al-Far...un cheval que je connaissais bien et que je ne montais pas du tout pour la première fois, loin de là.
Mais il m'a apparemment désarçonnée - je ne m'en souviens pas mais c'est la seule explication possible - et quand j'ai repris conscience, je n'avais plus aucune idée de qui j'étais, ni où j'étais.
C'est un fermier des Collines de Taj qui m'avait trouvée et j'ai vécu avec eux...un certain temps. J'en ai une idée assez floue, au moins pour les premiers mois, ne serait-ce que parce que j'ai mis un peu de temps à vraiment reprendre mes esprits. Et ensuite, puisque j'avais oublié jusqu'au mot "marchombre" et que je me trouvais bien parmi eux, je suis restée là-bas plusieurs années."

La marchombre eut un sourire presque nostalgique quand l'image de Yann vint flotter dans son esprit, mais elle fut vite balayée, n'éveillant plus en elle qu'un souvenir ému et une vieille amitié.

"Pour eux, j'étais Liana. C'est plutôt joli, mais des trois noms que j'ai pu utiliser, je préfère le mien. De façon parfaitement objective, bien entendu !"

Clin d'oeil.
Un autre silence flotta, léger, patient, le temps que la cavalière reprenne.

"un soir, un homme est arrivé à la ferme. Un marchombre, et son arrivée a été comme une sorte de déclencheur ; je me suis souvenue brusquement de...eh bien, de tout. Et j'ai décidé de revenir et de reprendre mon apprentissage."

Elle jeta un coup d'oeil incertain à Hièlstan.

"C'est étrange parfois, comme le cerveau fonctionne...
Cela commence à faire beaucoup trop d'inconnues dans l'équation pour que j'aie une idée précise de l'âge que j'ai. Cela dit...si je serais incapable de donner un chiffre avec une absolue certitude, l'écart potentiel n'est que de quelques années. Autant dire : pas grand chose."


Elle esquissa un sourire malicieux, une grimace de gosse qui va dire une bêtise. A vrai dire, Rilend se moquait bien de connaître son âge ; elle n'était pas de ces êtres qui éprouvent le besoin de tout classer, noter et quantifier.

"Et puis bon, c'est assez évident pour tout le monde que j'ai vingt ans, non ?"

Rires.

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